-Belle tentative d'humour monsieur Castle… mais pas le moment. Vous êtes en retard, je n'ai aucune envie de refaire le même discours. Mais comme je voulais vous voir spécialement Castle, je vous prie de me suivre dans mon bureau.
-Vous voulez me voir moi ?
Elle leva les yeux au ciel.
-Non, vous trois !
Ryan essaya de cacher son sourire du mieux qu'il put mais il reçut quand même une petite tape sur l'épaule. Un cadeau d'Esposito qui se dirigeait déjà vers le bureau. Castle marcha en dernier, regardant le bureau de Beckett vide bien sûr. Devait-il vraiment être ici sans elle ? C'était quand même elle sa muse, c'était elle qu'il devait suivre, même s'il savait faire partie de l'équipe entière. Il se sentit quelque peu mal à l'aise de se trouver ici sans sa partenaire. Il ne put se poser la question trop longtemps car à peine fut-il entré dans le bureau du capitaine que celle-ci s'adressa directement à lui.
-Monsieur Castle, j'ai eu vent de votre contrat avec l'ancien capitaine…
-Capitaine Roy Montgomery, coupa Esposito d'un ton sec.
Elle plongea ses yeux dans ceux du détective.
-Oui mais ne m'interrompez jamais…
Esposito ouvrit la bouche mais elle le fit taire d'un regard assez froid.
-Quand j'aurai fini avec Monsieur Castle, ça sera à votre tour de parler, pour l'instant je vous prie de vous taire.
Castle jeta un regard nerveux à Esposito, et serra les mâchoires. Personne n'avait vraiment parlé comme ça à personne au poste, sûrement pas Montgomery.
-Bon, comme je disais, je ne suis pas d'accord avec cet accord mais on m'a dit que je devais vous supporter. Mais je sais aussi que c'est le détective Beckett que vous suivez, donc je vous demanderais de quitter le poste jusqu'au retour du détective Beckett…
Castle ouvrit la bouche surpris. Il jeta un regard vers Esposito et Ryan qui semblèrent tout aussi surpris que lui.
-Ne cherchez pas appui des deux autres, c'est à vous que je m'adresse. L'héroïne de vos romans est bien le détective Beckett ?
-Euh, je… je m'inspire d'elle oui !
Tout le monde était trop sur le choc pour remarquer que Castle semblait anéanti. En plus de voir Beckett sur un lit d'hôpital, il devait quitter ses amis.
-Je ne vois pas le détective Beckett donc jusqu'à son retour, je ne veux pas vous voir ici. Est-ce clair ?
Castle resta là, les bras le long de son corps, le visage pâle, la bouche ouverte. Il n'était pas habitué à de telles situations, alors il était totalement figé sur place. Normalement c'est lui qui réussissait à clouer le bec des autres, jamais le contraire. Et là, cette femme d'une quarantaine d'années venait de lui de lui faire fermer son clapet et avec aplomb. Elle l'avait jeté comme une vieille chaussette.
-Mais… je…
-Assez !
Elle lui montra la porte de la main mais Castle ne bougea toujours pas, tandis que Ryan et Esposito n'étaient pas encore remis de leurs surprises.
-Dois-je appeler la sécurité Monsieur Castle ?
Castle secoua la tête et comme un zombie sortit du bureau. Il jeta un regard vers ses deux amis, qui semblèrent se faire sermonner pour leur supérieur. Il se dirigea sans vraiment le savoir vers l'ascenseur. Il était comme un automate, sans pensée, sans battement de cœur. Il ne savait pas quoi faire. Sans vraiment savoir, il appela un taxi et se rendit à l'hôpital. Une force le porta jusqu'à la porte de la chambre de Kate, à nouveau. Des voix lui parvenaient jusqu'aux oreilles, mais sans savoir pourquoi, sans frapper il entra dans la chambre.
-Rick, s'écria Jim, heureux.
Castle sourit au père de sa partenaire et plongea son regard dans celui de Kate, qui était assise sur la petite chaise au côté du lit.
-J'ai été remercié.
Kate leva un sourcil, interrogatif.
-Comment ça remercié ?
-Selon madame, je ne suis autorisé à être au poste que pour te suivre. Donc n'étant pas là, je ne dois pas y être non plus…
-Madame ?
Castle se dirigea vers le lit, et s'y assit. Ça faisait longtemps qu'ils n'avaient pas été si proches. Castle s'en raidit quelque peu, il n'avait pas pensé à la proximité quand il s'était assit sur le lit. Et il pouvait presque toucher Kate et c'était un peu trop tôt pour lui. Il ne s'était pas encore pardonné d'avoir été tout simplement lui-même au cimetière et non un super héros capable d'arrêter la balle qui avait blessé Kate.
-Castle ? Quelle madame ?
Il sortit de ses pensées et son regard alternait entre la jeune femme et son père.
-Le nouveau capitaine
Kate posa sa main sur le genou de Castle, ce qui le fit se raidir encore plus. Pas à cause de sa honte mais parce qu'il avait ressentit une vague de plaisir dans son ventre. Alors il se tassa un peu sur le lit, pour ne plus avoir de contact physique. La jeune femme quant à elle le prit pour un refus de proximité. Elle sera le poing et le déposa sur ses jambes.
-Le… le nouveau capitaine est une femme ?
-Oui et elle n'a pas l'air commode.
Jim lui n'avait perdu aucun échange entre les deux, leurs silences étaient plus parlants que leurs paroles. Leurs corps étaient attirés comme des aimants mais leurs têtes semblèrent se refuser l'une à l'autre. Mais il avait remarqué un changement dans sa fille, elle semblait vouloir attirer l'attention de Castle, mais lui se le refusait. Il refusait de voir les signes pourtant si évidents. Sa fille ne se cachait même plus. Il n'avait même pas remarqué que sa fille et Castle continuaient de parler du nouveau capitaine.
-… Pourtant ce n'était pas juste ça l'accord.
Castle ne put répondre car la porte s'ouvrit sur Josh, qui se figea à la vue de Castle près de Kate tandis que l'écrivain poussa un soupir à la vue de Josh. Il entra quand même, la tête haute.
-Monsieur Beckett… Castle.
Il s'approcha de sa compagne et se pencha pour déposer ses lèvres contre les siennes. Le regard de Castle était cloué sur le couple. Le couple, quant à lui, avait le regard posé sur Castle mais Rick ne remarqua que le regard victorieux de Josh tandis que le regard de la jeune femme semblait le supplier de faire quelque chose. Mais Castle se leva d'un bond, et avec un sourire tremblant dit au revoir à tout le monde. Quand il sortit, il se surprit de penser que son cœur souffrait, mais moins qu'hier. Il souhaitait vite d'être guéri de Beckett mais une main sur son épaule le fit sursauter. C'était Jim Beckett.
-N'abandonne pas mon garçon.
-Je n'ai plus la force de me battre…
-Tu t'es battu pour elle ? Vraiment ?
L'écrivain ne sut quoi répondre. Non il ne s'était jamais battu pour personne. Il ne croyait pas à ça. L'amour ne pouvait pas être juste ça, devoir se battre pour avoir la personne qu'on aime. Jim remarqua son silence.
-Elle n'a vécu depuis 12 ans que pour trouver les responsables de la mort de sa mère. Elle mérite qu'on se batte pour elle non ? Qu'on se batte pour lui montrer que l'amour n'est pas une faiblesse… Tu en penses quoi ? Elle a besoin d'une personne assez solide pour elle… Elle besoin qu'on lui montre à se fier à son cœur… Et je connais ma fille, son cœur est à toi… Mais bats-toi pour lui montrer qu'il t'appartient.
