Chapitre 4: Il faut se rendre à l'évidence.
Dans trois jours, le fameux bal de Noël. Les filles étaient en total stresse, notamment celles qui n'avaient toujours pas de cavalier pour les accompagner. Les garçons ne laissaient rien paraître, mais le fait d'y aller seul les horrifiait encore plus que les filles. Hermione ne s'en préoccupait pas plus que ça. Du moment qu'elle pouvait se détendre et s'amuser, comme Ginny voulait qu'elle fasse, tout irait bien.
Pour la énième fois en deux jours, la Gryffondor était plantée devant son miroir, à regarder la robe que Ginny l'avait presque forcé à acheter. Elle n'était toujours pas convaincue de l'effet qu'elle aurait sur elle. Elle restait persuadée que dedans, elle ressemblerait à un boudin mal fagoté sur deux pattes. Quand elle exprimait cette pensée à voix haute, Ginny se contentait de soupirer voracement. Le sujet était alors clos pour les douze prochaines heures à venir.
« Encore en train de regarder cette robe?
- Je sais mais j'ai tellement peur qu'elle ne m'aille...
- Mais bien sûr que si, elle a été faite pour toi cette fichue robe! S'emporta Ginny. Va falloir que je te fasse un lavage de cerveau pour que tu imprimes ça?
- Pas la peine mais merci de l'intention. »
Elles rirent quelques secondes et s'assirent sur le lit d'Hermione. Ginny s'aventura alors sur la pente glissante.
« Et niveau garçon? Toujours pas de cavalier?
- Pour la quinzième fois de la journée - et encore, je n'ai pas compté - non, Ginny! Soupira Hermione.
- C'est pas possible, les garçons de cette école ont de sérieux problèmes de vue ou quoi?
- On finit vraiment par se le demander. »
Elle ne l'avait pas dit sérieusement mais Ginny fut ravie que son amie se valorise un minimum pour une fois. Même si ce n'était pas directement. Elles discutèrent ainsi pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que Ginny parle de nouveau d'une chose délicate.
« Et ton livre sur les moldus, toujours pas de nouvelles?
- Toujours pas! Je suis allée vérifier plusieurs fois à la bibliothèque, mais rien à faire il est introuvable. Dès que j'attrape l'imbécile qui me l'a volé...
- Ne réduis pas trop de personnes en miettes non plus.
- Les livres, c'est sacré. J'espère juste qu'il n'est pas tombé entre les mains d'un abruti. »
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« Tu comptes en faire quelque chose de ce bouquin, un jour?
- Je te l'ai déjà dit, je ne sais pas quoi en faire!
- Pourquoi tu te prends inutilement la tête? Ramène le à la bibliothèque.
- Mais si Granger se fait engueuler, après...
- Pour la énième fois, on en a rien à foutre de Granger. Soupira Drago. C'est bon, elle va bien survivre sans bouquin quelques temps.
- Tu m'énerves, Malefoy. Tu sais quoi? Je vais aller lui rendre directement, ça évitera des magouilles inutiles.
- T'es sérieux Zabini, tu vas aller voir Granger pour autre chose que des insul... »
Drago n'eut pas le temps de terminer sa phrase que le portrait se refermait déjà sur Blaise.
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Blaise avait agi sur un coup de tête, mais maintenant il doutait. Était-ce réellement une bonne idée? Et si Granger s'énervait et tentait de le tuer pour avoir posé ses mains de Serpentard sur le livre? Voilà qui est ridicule, mon petit Blaise, tu n'as rien à craindre d'une misérable Gryffondor.
Le premier endroit auquel il pensa la trouver était la bibliothèque. Pas là. Il tenta la Grande Salle: toujours pas là. Il tourna même autour de la tour des Gryffondor, mais c'était peine perdue. Où pouvait-elle bien être?
Subitement, il eut une idée et courut alors, espérant ne pas s'être trompé, car cavaler dans tout le château était assez fatiguant. Arrivé dans le parc, il fut ravi de constater qu'Hermione était bien là, assise sous le même arbre qu'il y a quelques mois, lorsqu'il avait eu de la peine pour elle.
Il s'approcha timidement. Elle semblait perdue dans ses pensées, le regard fixé sur l'horizon. Quelle approche? Il ne lui avait jamais parlé autrement qu'en l'insultant.
« Euh... Granger? Se hasarda-t-il. »
Elle releva la tête et lorsqu'elle vit qui s'était adressé à elle, elle se leva précipitamment et s'apprêta à partir. Blaise, perdu, l'arrêta en plein chemin.
« Attends, je voulais juste...
- Juste quoi? Le coupa Hermione. Me traiter, te moquer de ma coiffure? Navrée de te priver de ce plaisir mais j'ai d'autres soucis en tête en ce moment.
- ... te rendre ton livre. Termina-t-il comme si elle n'avait rien dit. »
Il sortit alors le livre de son sac et le tendit à Hermione. Les yeux de cette dernière alternaient entre le livre et celui qui lui rendait son livre. Elle n'en revenait pas.
« C'est une mauvaise blague? Se risqua-t-elle.
- Bien sûr que non! Ton livre est tombé pendant que tu marchais dans les couloirs, je me suis cogné dessus et quand j'ai vu à qui il était, je suis venu te le rendre. C'est normal.
- On dirait qu'un léger détail t'a échappé: toi et moi, on se déteste.
- Je sais, et ça n'a pas changé mais j'ai pensé que je n'allais pas m'encombrer avec ça.
- Sage décision. Bon, maintenant rends le moi et au revoir. »
Hermione lui arracha le livre des mains, en glissant un regard méprisant au passage. Blaise lui rendit, mais intérieurement il se sentait étrange. Ça vous arrive d'avoir des papillons dans le ventre quand vous rendez un livre à votre pire ennemie?
La Gryffondor s'éloignait quand soudain, Blaise ne sait pourquoi, cette question s'échappa de sa bouche:
« Tu vas au bal avec qui? »
La concernée s'arrêta brutalement et se tourna doucement vers lui. Elle semblait sidérée. Elle revint au pas de course vers lui et planta un regard dur dans les yeux du métisse.
« Je ne trouve pas ça drôle, Zabini.
- Ce n'était pas censé être amusant, Granger. Répliqua-t-il, du ton le plus méprisant qu'il pouvait. Tu vas me répondre ou alors tu as trop honte d'admettre que tu y vas seule?
- Qui te dit que je n'ai pas trouvé quelqu'un?
- Parce que je connais à peu près toutes les personnes masculines de cette école, et d'après ce que je sais, tu ne figures dans aucun des couples. Pas trop dur?
- Et toi, alors? Tu as trouvé une pauvre petite sotte pour t'accompagner?
- Pas besoin. Je claque des doigts à la dernière minute et elles lâcheront toutes leur cavalier pour espérer ne serait-ce avoir qu'un regard de moi.
- Tu es pitoyable. Cracha Hermione. Je ne sais même pas pourquoi je perds mon temps à te parler. »
Elle se retourna pour la dernière fois et avança rapidement, les nerfs en compote. Blaise, quant à lui, restait planté au milieu du parc, regardant la Gryffondor s'éloigner. Toutes ces émotions qu'il ressentait quand elle s'approchait trop près de lui, quand elle plantait ses yeux dans les siens, quand il entendait le son de sa voix: tout cela était beaucoup trop anormal. On ne pouvait pas ressentir ce genre de choses pour une fille qu'on déteste.
Et si Drago avait raison? Et si en fait, Hermione plaisait à Blaise?
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« Qu'est ce que Zabini faisait avec ton livre? S'enquit Harry.
- Aucune idée. Il a dit l'avoir trouvé dans un couloir et il est venu me le rendre.
- Méfie toi, Hermione. On ne peut pas faire confiance à un Serpentard.
- Merci de l'info, Harry. Dit ironiquement Hermione. »
Le trio inséparable était assis autour d'un bon feu dans leur Salle Commune, discutant de leurs événements de la journée. Évidemment, Hermione en était venu à parler de l'incident "Zabini".
« Et il ne t'a pas insulté une seule fois? S'étonna Ron.
- Pas du tout. C'est d'ailleurs ça qui était étrange. D'ordinaire, il n'en rate pas une.
- Je sens que lui et Malefoy préparent un mauvais coup. Surtout, fais bien attention à toi Hermione. La dernière chose qu'on souhaite, c'est qu'ils te fassent du mal.
- De toute façon, si la fouine ose toucher à un seul des cheveux d'Hermione, je me chargerai personnellement de lui. Déclara fermement Harry. »
Devant son air menaçant, ses deux amis ne purent s'empêcher de glousser, ce qu'Harry fit également. Ils basèrent le reste de leur soirée à parler de sujets plus joyeux, et vers minuit allèrent se coucher.
Hermione remuait et remuait encore dans son lit. Elle ne trouvait pas le sommeil. Elle n'arrêtait pas de penser à Blaise et ce livre. Et surtout à cette question: pourquoi avait-il soudain voulu savoir avec qui elle allait au bal?
Après ce qui lui parut une éternité, elle se laissa enfin aller dans les bras de Morphée. Elle rêva d'un certain Serpentard à la peau noire et au charme irrésistible...
Ils étaient dans la Grande Salle, décorée pour Noël. Probablement le fameux bal. Hermione dansait dans les bras de Blaise. Elle avait l'impression de flotter. Elle se sentait affreusement bien.
Le Serpentard était apparemment dans le même cas, car il couva Hermione d'un regard si amoureux qu'elle sentit ses joues picoter. Puis, il fit le geste interdit: il se pencha vers elle, de sorte que leurs visages ne soient séparés de quelques centimètres. Misérables centimètres.
Avant que leurs lèvres ne se touchent, Hermione se réveilla brusquement, le cœur battant anormalement trop vite. Elle était parcourue de sueurs froides le long du dos. Pourquoi rêvait-elle de lui, maintenant? Il fallait à tout prix qu'elle en parle à Ginny. Elle seule pouvait comprendre.
Hermione fut des premières à se réveiller le lendemain, et elle ne se gêna pas pour réveiller également Ginny. Elle ronchonna, mais finit néanmoins par écouter son amie.
Elles arrivèrent dans la Grande Salle très tôt, si bien qu'il y avait très peu de personnes, et au grand soulagement d'Hermione, personne de Serpentard. Elle attendit que Ginny soit assise pour lui raconter son entrevue de la veille avec Blaise, ainsi que son rêve. Son amie restait bouche bée face à cette révélation.
« Zabini? Tu tombes bien bas, ma Hermy. Fit remarquer Ginny.
- Je l'avais constaté toute seule, merci Ginny. Grogna Hermione, encore mal réveillée. Qu'est ce que ça veut dire, à ton avis? Pourquoi après une entrevue bizarre avec lui, je... rêve qu'on est ensemble au bal?
- Tu avais vraiment besoin de moi pour répondre à cette question? J'aurais largement pu dormir si tu avais un minimum de jugeotte. Ce que tu peux être naïve, Hermy.
- Je ne te permets pas de m'insulter. Alors?
- Mais enfin, même une gamine de trois ans pourrait te le dire.
- Mais dis le moi, à la fin! S'emporta Hermione.
- Doucement, petite lionne. La calma Ginny. La réponse est simple: il te plaît. »
Hermione était prête à tout entendre, sauf ça. Pardon? Zabini? Ce monstre grotesque et vicieux, lui plaire?
« Tu te trompes. Ce n'est pas... possible.
- La vérité est dure à entendre, je sais.
- Mais non, je... Enfin, comment pourrait-il me plaire? Il est infecte avec moi!
- C'est vrai que c'est de l'amour vache, dans ce cas...
- Ginny, soyons sérieuses deux minutes.
- Mais je suis sérieuse. Reprit Ginny, avec un visage des plus sérieux. Il faut se rendre à l'évidence: il te plaît, Hermione. »
La concernée crut que la terre s'arrêtait de tourner, que son cœur s'arrêtait de battre. Elle se sentait affreusement mal. Comment était-ce seulement envisageable qu'elle ait craqué pour Blaise Zabini?
Elle mourrait d'envie de contredire son amie. Mais étrangement, il n'y arrivait pas. Peut-être qu'inconsciemment, elle était d'accord avec elle. Et c'est ce qui l'effrayait le plus dans cette histoire.
...
Encore un chapitre misérablement court, je sais. Le chapitre suivant est plus long, promis!
Encore merci pour vos reviews sur les chapitres précédents, ça me fait vraiment plaisir. Je sais, je radote mais vraiment, je suis contente que ça plaise!
Le triangle amoureux promis va mettre un peu de temps à se mettre en place. Pour l'instant, ce n'est basé que sur Blaise/Hermione. Mais quand Draco va rentrer en scène... Ça va faire mal, ahah.
Bref, je me la ferme. Encore merci de lire cette fiction!
Morgane.
