Note de l'auteur : Coucou :) Merci pour vos review au précédent chapitre ^^ Voici l'avant dernier chapitre de cette fic ! Bonne lecture !


Chapitre 27 : Les beaux jours


Précédemment dans « Et si Harry avait fait un autre choix ? » :

Harry et le professeur Cranberry ont une sérieuse discussion à propos d'un contrat qu'ils ont tous les deux passés.

Sirius a découverts la vérité sur ce qu'à fait Harry.

Sirius devient obsédé par ses recherches : il veut à tout prix sauver Harry.

Regulus, même s'il n'y croit pas, l'aide dans ses recherches.

La Saint-Valentin, pour nos héros, se passe à merveilles : Hermione et Ron sautent le pas, Neville se lance avec Luna…

Et maintenant la suite…


Depuis la Saint-Valentin, Hermione et Ron étaient beaucoup plus à l'aise l'un avec l'autre, et ils étaient adorables à voir. Tout le monde se doutait bien de ce qui s'était passé, mais personne ne fit de remarques. Sauf, bien sûr, Sirius et James qui les taquinèrent un peu.

Puis Tonks prit une semaine de congé bien méritée et elle décida de s'installer à Poudlard avec Teddy. De cette façon, Remus aurait moins de trajet à faire. Et puis Poudlard était un endroit merveilleux, Teddy adorait ! Du coup, à chaque heure de pause, Remus pouvait retrouver sa famille, c'était un vrai bonheur. Et le reste de la journée, Tonks et Teddy faisaient de grandes promenades dans le parc de Poudlard. Tonks avait même usé de quelques sortilèges pour que Teddy puisse faire trempette dans le lac en toute sécurité. Et malgré son jeune âge, il était bien téméraire. Il voulait à tout prix aller dans la Forêt Interdite, Tonks était donc sans cesse en train de lui courir après, zigzagant parfois entre des élèves hilares !

Ce fut cette semaine là que la petite troupe reçu une super nouvelle. Enfin disons plutôt que Tonks annonça une grande nouvelle à tous. C'était un soir, ils avaient décidé de se faire un grand pique-nique dans le parc de Poudlard. Puis Tonks s'était levée.

« Hey ! J'ai quelque chose à vous dire » commença-t-elle un peu nerveuse.

« Enfin, on a quelque chose à vous dire » rectifia Remus en souriant, heureux comme jamais.

Ils captèrent aussitôt l'attention de tout le monde, même si la plupart avait déjà compris ce qu'elle allait dire.

« Oui. Remus et moi, et Teddy, accueillerons bientôt un petit bout de plus ! »

Aussitôt, les félicitations et les applaudissements fusèrent. Tout le monde embrassa tout le monde.

« Efficace notre petit loup hein Sirius ? » balança James.

« Ouais, mais doucement avec ma cousine Rem hein ! » averti Sirius en lui faisant une accolade amicale.

« Hey ! Cette fois c'est moi le parrain ! » S'écria James dans un élan de lucidité.

Tout le monde éclata de rire alors que Remus souriait avec complicité. Les Maraudeurs s'étaient toujours dit que tôt ou tard ils formeraient une réelle famille et que chacun serait le parrain d'un enfant de l'autre. Ils tiendraient parole bien sûr !

Remus était heureux de cette nouvelle, un enfant était le plus beau des cadeaux. Teddy était sa plus grande fierté. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Ils avaient eu de la chance avec Teddy, à qui les gènes du loup garou n'avaient pas été transmit. Mais que se passerait-il si leur nouvel enfant était porteur du gène ? Remus ne pourrait jamais se le pardonner. Et il était certain que son enfant ne pourrait jamais lui pardonner non plus. Tonks n'était pas inquiète en revanche. Elle avait foi en l'avenir. Elle disait que de toute façon, quoi qu'il arrive, cet enfant serait chéri de tous et que ça lui permettrait de surmonter sa condition. Mais Remus savait que tout l'amour du monde ne pouvait rien enlever de la honte et de la souffrance provoquées par une transformation. Il n'était pas sûr de pouvoir supporter la vue sa progéniture se transformant en loup, souffrant le martyr.

Une tape dans le dos de ses meilleurs amis le sorti de ses sombres pensées. Comme s'ils savaient à quoi il pensait, ils lui firent un sourire plein d'encouragement. Quoi qu'il arrive, ils seraient là. Comme toujours. C'était rassurant de se savoir épaulé, soutenu. Ca lui avait manqué pendant toutes ces années. Alors Remus plaça ces pensées dans un coin de sa tête et leur sourit en retour. Pour le moment, on célébrait la bonne nouvelle. Le reste attendrait. De toute façon, c'était impossible de faire marche arrière ! Ils passèrent donc le reste de la soirée a célébrer cette bonne nouvelle à coup de bierraubeures, jus de fruits, gâteaux et bonne humeur.

Même Sirius parvint à sourire, à se réjouir pour son ami. Pourtant il avait mal, chaque jour davantage. Lorsqu'il croisa le regard d'Harry, son cœur se serra. Il ne pouvait pas accepter l'inéluctable. Mais il vit, dans les yeux de son filleul, à quel point il était heureux en cet instant. Voir ce petit monde évoluer, savoir qu'un autre petit bout allait voir le jour, grâce à lui. Les savoir vivants et heureux. Sirius ne pouvait que le comprendre bien sûr. Il souhaiterait juste qu'il n'y ait pas une telle contrepartie à ce bonheur. Il comprenait également qu'il veuille garder le silence sur son sacrifice. Alors pour ce soir, Sirius essaya de faire semblant. Il ne voulait pas inquiéter ses amis, il ne voulait gâcher le bonheur de personne, surtout pas d'Harry. Il voulait que Remus et Tonks puissent profiter pleinement de cette bonne nouvelle. Et Harry l'en remercia du regard.

Cependant, tout le monde avait remarqué que Sirius avait un comportement étrange ces derniers temps. Il passait son temps à lire, ce qu'il détestait faire, à aller à bibliothèque, qui est un lieu qui l'insupporte et à être sérieux, alors que tout le monde sait bien que Sirius être sérieux annonce la fin du monde.

Lorsque ses parents avait demandé à Harry s'il savait quelque chose, celui-ci avait répondu, plus pour ce couvrir qu'autre chose, qu'il n'avait rien noté de vraiment bizarre. Mais James et Remus étaient vraiment inquiets pour leur ami. Ils le connaissaient mieux que quiconque et ils savaient que quelque chose n'allait pas. Pourtant Sirius refusait de se confier à qui que ce soit. Ca avait été comme ça au début de leur amitié, Sirius était très secret sur ce qu'il ressentait ou sur ses problèmes. Mais il s'était ouvert à mesure que leur amitié grandissait. Ils n'avaient, pour ainsi dire, pas de secret entre eux.

Et cette fois, il les rejetait. Etrange. Et inquiétant. Même Lily s'inquiétait. Et au fond, Harry également. Il ne pensait pas que Sirius réagirait si violemment. Oh bien sur il ne s'attendait pas à ce qu'il saute de joie. Mais il pensait qu'il comprendrait et qu'il essaierait de faire en sorte que ses dernières semaines de vie soient les plus merveilleuses possibles. Quoiqu'en fait, Sirius était un bon Maraudeur : il ne baissait jamais les bras et se battait pour ceux qu'il aimait. Harry n'aurait pas dû être surpris.

Quelques jours plus tard, alors que le mois d'avril débutait, Harry et le professeur Cranberry se retrouvaient à Pré-au-lard. Ils avaient prit l'habitude de se retrouver une fois par semaine, ou toutes les deux semaines selon leur emploi du temps. Ce qui était difficile s'était de s'éclipser quelques heures sans que les autres ne posent de question. Il était primordiale, pour conserver leur secret, que personne ne sache qu'ils se voyaient régulièrement. Ces rendez-vous quasi hebdomadaire leur faisait beaucoup de bien à tous les deux. Enfin, c'était parfois un peu morbide. En effet, la plupart du temps, ils se consacraient à préparer la mort de Harry. Autrement dit, à s'occuper de l'enterrement, de l'annonce dans le journal, etc. Harry hésitait encore quant à ses adieux. Il ne savait pas s'il devait leur écrire une lettre pour leur expliquer, laisser Cranberry et Sirius le faire pour lui ou bien s'il devait tout simplement les laisser dans l'ignorance.

« Que feriez-vous ? » demanda Harry. « Enfin, qu'allez-vous faire plutôt ? »

« Je laisserais ma sœur dans l'ignorance. » répondit-il faiblement.

« Alors… Elle ne sait rien ? »

« Non, et c'est mieux ainsi. » Répondit-il. « Elle et moi… on a longtemps été en froid. On avait des conceptions différentes de la vie. Malgré tout, je l'ai toujours beaucoup aimé. Quand j'ai appris qu'elle était au bord de la mort… Je n'ai pas pu. Je devais faire quelque chose. »

« Et maintenant ? Ca va mieux tous les deux ? »

« Je ne lui ai toujours pas reparlé » avoua Cranberry.

« Quoi ? Mais pourquoi ? Vous allez mourir professeur ! Vous méritez de passer du temps avec votre sœur. Vous méritez d'être heureux pour le temps qu'il vous reste. »

« C'est très gentil de t'en soucier Harry. Mais ce n'est pas nécessaire. Savoir que ma sœur est vivante et heureuse suffit amplement à mon bonheur. Je ne demande rien d'autre. Et je ne voudrais pas qu'elle culpabilise. »

« Vous pensez que c'est ce qu'ils vont ressentir ? » demanda Harry. « Mes proches ? Vous pensez qu'ils vont m'en vouloir ? Qu'ils vont se sentir coupable ? »

« Se sentir coupable, ça oui Harry, je ne peux pas le nier. Ils t'aiment et d'une certaine façon c'est à cause d'eux que tu vas mourir. Parce que tu les aimais trop pour vivre sans eux. Dis toi qu'eux aussi n'imaginent pas vivre sans toi. Ca sera dur. »

« Je ne suis pas irremplaçable professeur. »

« Harry, dans bien des domaines ce que tu dis est vrai. Mais dans les cœurs des gens, chaque personne est unique et irremplaçable. Tu n'as pas l'air de bien réaliser à quel point ils t'aiment et tiennent à toi. Surmonter ta mort, sachant la vérité, va être une épreuve épouvantable pour eux. » Répondit-il. « Cela dit, je pense que les laisser dans l'ignorance n'est pas la solution. Ils finiront par trouver. Et de toute façon, Black leur révélera la vérité tôt ou tard. Je pense que tu devrais leur expliquer toi-même. Avec tes propres mots, avec ton cœur. Tu sauras trouver les mots justes pour les aider à surmonter cette épreuve. »

Harry hocha la tête, songeur. Il avait peut-être raison.

« Harry ! Ou étais-tu ? » Lui demanda vivement Ginny en l'embrassant furtivement alors qu'il entrait dans la Salle Commune.

« Je suis juste allé me balader un peu. Il fait un temps superbe aujourd'hui ! »

« Ouais » approuva Ron. « C'est d'ailleurs pour ça qu'on pensait passer l'après-midi au bord du lac. Il fera plus frais et on profitera du soleil. »

« Oui, autant profiter de nos heures de libres » renchéri Neville, enthousiaste.

Harry hocha la tête avec un grand sourire. Ses amis savaient vraiment comment rassurer les gens, même s'ils n'en avaient pas vraiment conscience. Ils étaient géniaux.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Sirius sursauta et se retourna vivement vers l'un de ses meilleurs amis.

« Rien je… » Répondit Sirius en cherchant ses mots. « Ils ont l'air heureux. Ca fait plaisir à voir. »

James suivi donc son regard. Au bord du lac, sous un gros arbre qui faisait un peu d'ombre, Harry et ses amis profitaient de cette belle journée. Ginny s'adossait contre le torse d'Harry, Hermione avait calée sa tête sur l'épaule de Ron et Neville et Luna se tenaient timidement la main. Tous riaient aux éclats, et furent bientôt rejoints par d'autres amis. Effectivement, ils avaient l'air heureux. Et normaux. James et Sirius peinaient à imaginer ce que « être normal » pouvait représenter pour eux, qui avaient grandit bien trop vite.

« Ouais. » Confirma James. Mais il était à court de mots. Il ne savait plus comment parler à son frère de cœur. Et ça faisait mal. Il aurait voulu trouver les mots justes pour réconforter Sirius. Il aurait voulu qu'il se confie à lui, comme il le faisait toujours. Parce qu'il était évident que Sirius n'allait pas bien et qu'il cachait quelque chose. Par exemple, pourquoi était-il là, à les regarder s'amuser et profiter de la vie en ayant les larmes aux yeux ? James souffrait de voir son ami dans cet état. Et il s'en voulait de ne pas comprendre et de ne rien pouvoir faire. Alors il posa juste une main sur son épaule. Sans un mot, Sirius la recouvrit de la sienne avec une forte pression. Il s'accrochait à lui comme ç une bouée de sauvetage et le cœur de James failli exploser de peine.

« Dis-moi Sirius » le supplia-t-il

« Je ne peux rien te dire James » répondit faiblement Sirius tout en luttant contre des larmes parfois trop fortes pour lui. « Et je sais que lorsque tu l'apprendras tu sera furieux. Et je sais aussi que tu ne me pardonneras jamais ce secret. Mais je ne peux rien te dire James. »

James ne sut pas vraiment quoi répondre. Alors il garda le silence. Qu'est-ce qui pouvait mettre Sirius dans cet état ? Qu'est-ce qui pouvait être assez grave pour que Sirius pense que leur amitié n'y survivra pas ? Loin d'être satisfait pas cette réponse, James regrettait presque d'avoir insisté. Maintenant, il était encore plus inquiet. Et il n'était pas sûr de pouvoir y faire quelque chose.

Le soir, au dîner, la petite troupe de Gryffondor ne put s'empêcher de faire des siennes. Ron, Hermione, Harry et leurs amis étaient installés et discutaient avec animation tout en riant. Puis, lorsque les plats arrivèrent, Ron délaissa sa petite amie pour se jeter sur la nourriture. Les autres le regardèrent avec effarement pendant un moment. Hermione, un peu vexée mais aussi amusée lui lança une cuillère de purée à la figure.

« Mais ça va pas ? » s'exclama Ron en relevant la tête avec une mine choquée.

« Excuse moi, je croyais que seule la nourriture t'intéressais et que tu aimerais avoir un contact plus direct avec elle. »

Après un instant de silence, Harry éclata de rire. Enfin jusqu'à ce que Ron le contraigne au silence avec une cuisse de poulet envoyé en pleine figure. De là parti la plus grande bataille de nourriture que Poudlard ait jamais connu.

En effet, Harry voulu riposter mais Ron esquiva et la boule de pain atteignit une élève de Serdaigle. Et ainsi de suite. Si bien que les quatre maisons prirent part aux festivités. Et mêmes quelques professeurs.

Pour certains, ce fut comme une évidence. James, inconscient du regard courroucé de sa femme et du professeur McGonagall se jeta dans la bataille un plat de purée à la main, tout joyeux. Mais malgré le fait qu'elle désapprouvait se comportement, la Directrice ne pu s'empêcher de riposter lorsqu'elle fut aspergée de jus de citrouille.

Même Sirius prit part à la bataille. Il n'était pas d'humeur bien sûr mais lorsque Remus et James le prirent en sandwich et le bombardèrent de nourriture, il se senti ramené en arrière, dans sa jeunesse, et son insouciance et sa bonne humeur prirent le dessus. Et ce bazar ne pu finir que lorsque tous les plats furent vides.

Mais malgré le désordre occasionné, tous avait le sourire aux lèvres. Ce fut une bonne partie de plaisir ! Cela dit, ce fut beaucoup moins marrant lorsque la Directrice, histoire de faire bonne figure, exigea que tous les élèves participent au nettoyage de la Grande Salle. Selon elle, et elle n'avait pas tord, les elfes de maisons n'avaient pas à assumer leurs bêtises.

« Tu as parlé à Sirius ? » demanda Lily un peu plus tard alors que James, Remus et elle trainaient dans les quartiers de ce dernier. Après cette joyeuse bataille, les choses sérieuses revenaient au galop.

James hocha la tête les yeux un peu dans le vide et capta immédiatement toute leur attention.

« Je ne sais pas ce que c'est. » Annonça-t-il d'abord. « Mais Sirius pense que ça va détruire notre amitié, que je ne lui pardonnerais jamais. » Expliqua-t-il. « En fait, je ne suis pas sûr de vouloir savoir. »

« Je trouve ça inquiétant » marmonna Lily.

« Sirius sait très bien que notre amitié peut survivre à tout. » Ajouta Remus en fronçant les sourcils. « Je veux dire, on en a vu des belles et des pas mûres ensembles. Qu'est-ce que qui pourrait être trop grave pour ne pas être surmonté ? L'idée même que tu le rejettes est absurde. »

« Je suis bien d'accord Rem » Approuva James. « Mais j'en sais pas plus que toi, et ça m'inquiète. »

« Peut être que son frère sait quelque chose ? » proposa Lily. « Ils sont tout le temps fourrés ensemble en ce moment. Regulus passe même le plus clair de son temps à Poudlard. Peut être que ça a un rapport. »

Les deux hommes hochèrent la tête mais gardèrent le silence, inquiets pour leur ami et quelque peu effrayés de découvrir un secret qui paraissait si dangereux.

« Il pleurait Rem, il semblait… au bord du gouffre. Et je n'ai rien pu faire. » Murmura James presque au bord des larmes lui aussi. « Et je ne sais pas quoi faire pour lui. Je ne comprends pas… »

Remus ne répondit pas mais lui fit une accolade. Lui aussi était inquiet. Que pouvait bien leur cacher Sirius ?

Mais ce ne fut que trois semaines plus tard qu'ils purent coincer Regulus. Soit il n'était pas beaucoup venu au Château, soit il s'était fait très discret. Dans les deux cas, nos compères n'avaient pas encore pu lui parler. Et ils n'avaient pas vraiment essayé de reparler à Sirius. Il n'aurait rien dit de toute façon. Alors ils lui lançaient simplement quelques regards inquiets ou rassurants. Mais Sirius les remarquait à peine en réalité. Il était toujours omnibulé par ses recherches qui le faisait tourner en rond. Pourtant il n'abandonnait pas, au grand damne de son frère cadet qui était à bout lui aussi.

« Regulus ! » appela Remus en lui faisant signe de l'attendre.

L'homme sortait tout juste du bureau de Sirius alors Remus, James et Lily sautèrent sur l'occasion.

Lorsqu'il les vit, Regulus soupira. Il savait ce qu'ils voulaient. Et il savait aussi qu'il ne pourrait rien leur dire. Sirius le tuerait. Potter aussi. Et à vrai dire, lui aussi s'en voudrait à mort. Il se devait de garder le silence.

« Salut » leur dit-il simplement, attendant de voir quel sens prendrait la discussion.

Ils hochèrent la tête, peu enclin aux banalités d'usages.

« Que se passe-t-il au juste avec Sirius ? » balança James tout de go.

Regulus soupira davantage et se passa une main sur son visage fatigué.

« Si je pouvais vous le dire, je le ferais, croyez moi. Vous… vous mériteriez de savoir. » Répondit-il avec hésitation. « Mais j'ai fais une promesse, que je ne trahirais pas. »

« Regulus… » Commença Lily.

« Écoute-moi bien » La coupa James avec une colère à peine contenue. « Sirius est mon meilleur ami depuis toujours. Je le considère comme mon frère. Je l'aime à un point que t'as pas idée. Et en ce moment il ne va pas bien du tout et je n'aime vraiment pas ça. Alors tu vas me dire ce qui cloche. Tout de suite. »

« James, je sais à quel point vous êtes proche ok ? Crois-moi, je le sais. » Répondit-il presque amèrement. « Et je te le répète, j'ai fais une promesse. Je ne la trahirais pas, je n'en ai pas le droit. »

« Pourquoi ça ? » demanda Remus en fronçant les sourcils. « S'il se passe quelque chose de grave, on doit être au courant. »

« Je suis d'accord, mais c'est une décision qui ne m'appartiens pas. Et si vous deviez apprendre la vérité… ce n'est pas de moi qu'elle devrait venir. » Répondit-il tristement. « Je suis vraiment désolé, croyez-moi. Je dois y aller. »

Et avant qu'on puisse l'en empêcher il fila à toute vitesse. Pas facile comme conversation. Qu'était-il supposé dire aux parents de la personne qui s'était sacrifié pour qu'il revienne à la vie ? D'accord il n'était pas la seule personne à avoir été ramené mais ça n'enlevait rien de sa culpabilité. Peut-être que sans lui Harry aurait gagné une année de plus après tout. Ils ignoraient tout du fonctionnement très exact de ce pacte. Tout ce qu'ils savaient c'est qu'il était extrêmement rare qu'une personne n'hérite que d'une seule année. En réalité, il n'y avait que très peu d'information sur ce pacte dans les livres. C'était quelque chose qui relevait plus d'une légende populaire que d'une réelle connaissance. La plupart des gens n'y croyait pas. La plupart de ce qui y croyait avait peur de ce pacte relevant d'une magie noire extrêmement complexe. Et les autres… Les autres étaient dans l'espoir de parvenir, un jour, à avoir suffisamment de courage pour se lancer dans cette quête.

Regulus savait bien que ce qu'il leur avis ne les rendraient que plus inquiets qu'ils ne l'étaient. Pas que pouvait-il dire d'autre ? Il comprenait leur besoin de réponse bien sûr. Mais il ne pouvait pas trahir Sirius. Ni Harry.

C''est donc très frustrés et énervés qu'il laissa le trio, qui se retrouvait toujours déboussolé. Ca avait l'air plus que sérieux. Et plus le temps passait, plus ils s'inquiétaient et moins ils avaient d'informations.

Mais à mesure que le temps passait, un autre évènement arrivait à grand pas. Les examens de fin d'année. Plus encore : les ASPICs. Non pas que Harry était inquiet, en réalité avoir ses ASPIC lui importait peu. On peut aisément le comprendre. Cependant, il tenait tout de même à donner le change, il devait faire bonne figure. Et puis, avoir ses ASPIC était tout de même un challenge. En revanche, comme toujours, Hermione était tout le temps plongée dans ses bouquins. Et vous savez quoi ? L'avantage de bien connaître les professeurs c'est qu'on peu les déranger très souvent pour leur poser des questions. Et Hermione en usait et en abusait. Elle ne cessait d'aller voir Lily. Et toute les deux s'étaient bien trouvées : autant mordue l'une que l'autre des cours, des bouquins, des examens… Et elles étaient toutes les deux sans cesse sur le dos des autres étudiants. Sans grand surprise, Lily avait adoré l'idée du planning de révision qu'avait Hermione, elle-même procédait de la même façon. Du coup, Harry, Ron, Dean, Neville, Luna et les autres se retrouvaient avec un super programme. Chargé. Très chargé. Trop chargé pour qu'ils le respectent bien sûr.

« Ronald ! » s'écria Hermione excédée. « La semaine de révision que nous offrent les professeurs sert à réviser et non pas à… à fainéanter comme tu le fais ! »

« Hey ! Je ne fainéante pas ! »

« Ah oui ? Et qu'as-tu fais de productif aujourd'hui ? »

« J'ai amélioré ma technique de vol avec Harry. Et je me suis exercé aux échecs… »

« Avec Harry » Coupa Hermione. « Oui c'est bien ce que je disais. Tu dois réviser ! » Lui dit-elle en lui collant un livre de potion entre les mains.

« Mais Hermione ! Les examens commencent dans six jours ! On a… »

« Ronald Weasley ! Si tu oses me dire qu'on a largement le temps tu risques de le regretter ! » Coupa Hermione une fois de plus en haussant le tons.

Et oui, c'était comme ça Hermione pendant les examens. Susceptible au possible, nerveuse, anxieuse…

Ron et Harry échangèrent un regard complice. Lorsqu'Hermione était dans cet état ce n'était même pas la peine de discuter, il fallait juste obéir. Alors ils prirent chacun un livre et plongèrent dans une lecture pour le moins pénible.

« Bien chef, oui chef » dirent-ils d'une même voix faisant rire leurs amis. Enfin sauf Hermione bien sûr. Elle se contenta de se replonger dans un livre traitant Arithmancie en fronçant les sourcils.

« Alors, comment avancent les révisions ? » demanda James à son rejeton.

« Bah… comme d'habitude. Hermione nous oblige à travailler. »

James rigola. Ce Trio le ferait toujours bien rire. A bien des égards ils lui rappelaient les Maraudeurs. A l'époque, Remus était toujours derrière eux pour les faire travailler et leur remonter les bretelles lorsqu'ils allaient vraiment trop loin. Et pour eux, se faire gronder par Remus était bien pire que de l'être par Dumbledore ou de recevoir des retenues. Parce qu'au fond, décevoir quelqu'un ça blesse, mais pas tant que ça. Mais décevoir quelqu'un que l'on aime… il n'y a rien de pire. Alors quand Remus montait sur ses grands chevaux, James, Sirius et Peter savaient qu'ils avaient largement dépassé les limites et qu'il allait falloir se racheter une bonne conduite. A vrai dire, sans Remus pour les motiver, les autres Maraudeurs n'auraient probablement jamais obtenu leur diplôme. Ils étaient certes très doués, mais le talent ne vaut rien sans travail. C'est ce que dis toujours Remus. Lily aussi à bien y réfléchir. Et ils avaient entièrement raison. On s'en rend compte avec le temps.

Enfin bref, voir ce petit bout de femme diriger deux gaillards comme Harry et Ron était plutôt drôle. Il n'y avait pas qu'eux d'ailleurs. Elle terrorisait tout Poudlard pendant les périodes d'examens. Même les professeurs !

James donna une tape dans le dos de son fils.

« Dans ce cas, une bonne pause est amplement méritée non ? » lui dit-il en souriant.

C'est donc tout naturellement qu'ils se dirigèrent vers le stade pour un petit duel d'attrapeur, comme à leur habitude. Mais en chemin, Harry se cacha soudainement derrière une statue. Son père le regarda interloqué et surpris. Alors qu'il allait lui demander ce qu'il faisait, son fils lui fit signe de se taire.

« Si Hermione me voit aller jouer au Quidditch, je suis cuit ! » lui chuchota-t-il.

James dû se retenir d'éclater de rire. Mais lorsque Hermione fut hors de vue, il pu enfin rire à gorge déployée.

« Ca va c'est pas drôle » grogna son fils en lui tapant l'épaule.

« Oh si Harry ! »

« Tu va voir si tu rigolera toujours sur le terrain ! » le défia-t-il.

« Oh, tu vas voir ! » lui répondit-il en essayant de l'attraper.

Mais Harry fut plus rapide est esquiva. C'est donc dans une belle course poursuite qu'ils se rendirent au stade.

Le reste de la semaine se déroula donc dans un plus grand sérieux. Hermione avait formellement interdit aux garçons de faire une farce pendant cette période. Et comme ils ne tenaient pas à se faire réduire en bouillie, ils avaient promis. Le pire, ce fut le dimanche. Hermione était intenable. Dès qu'elle rencontrait quelqu'un, elle lui demandait de l'interroger sur quelque chose… et se corrigeait elle-même. Et si quelqu'un avait le malheur de chahuter, ils en prenaient pour leur grade. Selon elle, aucun étudiant ne devrait être en train de s'amuser en cette veille d'examens. Tout le monde aurait une épreuve le lendemain matin, des premières années aux dernières. En tant que Préfète elle exigeait donc le respect le plus total de la règle du silence, sauf pour parler de cours évidemment. Elle était un peu extrême bien sûr, mais elle était assez angoissée. Elle présentait un nombre incalculable de matière à ses ASPICs, et ne voulait en rater aucune. Elle s'exigeait un O dans chaque matière. Et au pire, deux efforts exceptionnel. Mais hors de question d'obtenir un Acceptable. Enfin de toute façon, ce n'est pas comme si elle avait des chances d'en avoir. Elle était bien trop douée à l'état naturel. Alors avec les révisions… On vous laisse imaginer !

Comme on le sait tous, une fois que le premier examen est passé, les autres s'enchaînent à une vitesse incroyable. Ils avaient commencé par la DCFM à l'écrit, le lundi matin, les Potions l'après-midi. Le lendemain avait eu lieu l'examen de métamorphose et d'Arithmancie. Seuls les examens pratiques se faisaient en fin de semaine, condensés du vendredi matin au samedi soir. Autant dire que c'était une semaine intense. Ils n'eurent pas le temps de faire quoique se soit d'autre : révision, examen, révision, pétage de câble, révision, examen, stress… Dure semaine donc. C'est à peine s'ils trouvaient le temps de s'embrasser.

C'est donc avec une immense joie qu'ils virent arriver le samedi soir. Enfin ! Certain allèrent même jusqu'à brûler quelques uns de leurs cours, sacrilège selon Hermione. Et s'ils n'avaient pas tous été tant fatigués ils auraient probablement une gigantesque fête ! Mais ça n'était pas très raisonnable. Avec tout le travail qu'ils avaient accumulé, personne n'avait préparé sa valise. Or, le Poudlard Expresse décollait le lendemain matin à 11 heures pour les ramener chez eux. Pour les septièmes années c'était un étrange sentiment qui les habitait alors qu'ils bouclaient leurs valises. Ne plus venir à Poudlard… C'est un grand changement. Peut être trop grand. Il faut dire qu'ils en avaient vécu des choses dans ce Château !

Alors avant d'embarquer, ils se réunirent tous aux portes du Château. Une haie d'honneur, un adieu. Bien sûr ils savaient que si l'envie leur prenait ils pourraient venir y faire un tour. Certains d'entre eux y deviendrait peut être professeur un jour. D'autre y enverrons leurs enfants. Dans tous les cas, ça n'était pas fini. Cela dit, il y avait une différence entre venir occasionnellement et y vivre. Poudlard était leur chez eux. Et ils avaient un énorme pincement au cœur de le quitter.

Le trajet jusqu'à Londres fut très émouvant. Tous jouaient, riaient, pleuraient, s'embrassaient, se juraient de garder contact, prenaient des photos. Il n'y avait plus de maison désormais. Ils étaient simplement devenus des anciens de Poudlard. Bien sûr, ils seraient toujours Gryffondor, Serpentard, Serdaigle ou Pouffsouffle. C'était dans leur personnalité. C'était une part d'eux-mêmes. Et ça devait même apparaitre sur leur CV ! Mais c'était différent. Et pour les aux revoir, l'emblème de leur maison n'avait aucune importance.

Les dernières embrassades se firent sur le quai 9 ¾. Ce sera étrange de ne plus y venir. Tous se dirent au revoir. Se promirent de se revoir. Puis tous se quittèrent, certains pour ne plus se revoir.


Voilà voilà !

Review ? :)