Chapitre 5: Le bal.

« Demain c'est le bal, bon sang demain y'a le bal de Noël et je n'ai toujours personne pour m'accompagner!

- Ce n'est pas en paniquant comme ça que tu vas trouver quelqu'un, Ron. »

Harry et Ron, assis dans leur Salle Commune, parlaient depuis un bon moment déjà de la soirée du lendemain. Ron était paniqué à l'idée de ne pas avoir de cavalière. Son ami tentait de le rassurer, sans grand succès.

Assise dans un fauteuil un peu plus loin, Lavande Brown suivait discrètement toute la conversation.

« Et si ce n'est pas en paniquant, c'est comment alors? Je te signale que toi, tu n'as pas eu à faire d'effort pour y aller avec quelqu'un! Moi j'ai beau tendre des perches à quelques filles, ça ne fonctionne pas!

- Il y en a forcément qui n'ont toujours trouvé personne et qui seraient ravies d'y aller avec toi.

- C'est cela, oui. Qui voudrait aller au bal avec le pauvre ami paumé de Harry Potter? Soupira Ron. C'est mort, je laisse tomber. Je me ferai porter malade et je ne viendrai pas.

- C'est comme ça que tu règles les problèmes? En prenant la fuite? Je te croyais plus courageux que ça, Ron.

- Autant ne pas se voiler la face. Aucune fille ne veut de moi. »

Plus apitoyé que jamais, Ron s'enfonça dans le canapé et se plaignit d'interminables minutes sur son sort. Agacé du comportement de son meilleur ami, Harry réfléchit en quelques secondes. Il fallait qu'il trouve une cavalière à Ron. Mais comment?

Son regard s'arrêta alors sur Lavande Brown, qui jetait parfois des coups d'œil hagards dans leur direction. Un sourire s'étala sur le visage de l'Élu, et il se leva pour aller parler à Lavande.

Celle ci, voyant qu'Harry s'avançait vers elle, fit mine de rien en plongeant la tête dans son livre de potions.

« Bonjour, Lavande. S'avança Harry, le plus gentiment possible. Tout va bien?

- A merveille, oui. Répondit-elle à toute vitesse, le nez dans son livre. Et toi?

- Très bien. Je pourrais te poser une question? »

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« Et elle a accepté d'y aller avec lui? S'enquit Hermione.

- Je n'avais même pas terminé de parler qu'elle a hurlé oui. Rit Harry. Maintenant, Ron a repris du poil de la bête et s'active à trouver une bonne tenue pour demain soir.

- C'est génial que tu lui ais trouvé une cavalière, Harry. Dit Ginny, contente pour son frère. J'avais peur qu'il ne déprime encore longtemps.

- Et pourquoi Lavande, au juste?

- Ça faisait un moment que j'avais vu la façon dont elle le regardait. »

Les trois amis discutèrent encore un moment du bal et du nouveau couple Ron/Lavande, jusqu'à ce que la conversation dérive sur ce qu'Hermione cherchait à tout prix à éviter.

« Et ton cavalier à toi, Hermy? La taquina Harry.

- Je... n'en ai toujours pas. Souffla-t-elle, rouge de honte.

- Il va encore falloir que je joue les entremetteurs?

- Ne t'en mêle pas, Harry. Elle est assez grande pour se débrouiller toute seule. Affirma Ginny, approuvée par son amie.

- Gin a raison. Je vais faire ma petite recherche et voir auprès des garçons que je connais s'ils sont toujours seuls.

- Du moment que tu n'y vas pas avec Malefoy, je ne m'oppose à rien. Avoua Harry avec un sourire moqueur.

- Si je me retrouve à y aller avec ce gros raté, vous pourrez définitivement me classer de désespérée de la vie. »

Ils rirent ensemble, et une fois leur déjeuner terminé, ils se levèrent pour aller à leurs cours respectifs. La journée se passa sans trop d'encombres, Hermione glissant parfois des mots sur le bal à ses amis masculins.

A la fin de la journée, elle était toujours aussi seule. Elle allait finir par croire que la gente masculine la fuyait.

Afin de se détendre, elle se rendit à la bibliothèque et se plongea dans la lecture de son livre sur les moldus. Lorsqu'elle se rappela qui avait été la dernière personne à avoir touché ce livre, elle sentit ses joues rosir. Elle pensa alors à Blaise. Lui, avait-il trouvé une cavalière? Oh et puis, qu'est ce qu'elle en avait à faire, de toute façon.

Elle alla reposer le livre dans sa rangée quand elle l'eut fini, et en chercha un autre. Au cas où elle n'aurait toujours personne d'ici demain soir, autant occuper sa soirée en se faisant passer pour malade.

Son regard s'arrêta sur un jeune homme, qui la dévisageait sans discrétion. Gênée, elle fit mine de ne pas l'avoir vue et continua sa recherche. Mais le garçon ne semblait pas l'entendre de cette oreille et se rapprocha d'elle.

« Salut. S'avança-t-il, avec un sourire charmeur.

- Salut. Répondit-elle, mal à l'aise. »

Ron lui avait déjà parlé de Cormac McLaggen. Ce garçon arrogant et imbu de lui-même, qui avait apparemment des vues sur elle. Peu intéressée par ce genre de personne, elle resta impassible et chercha un moyen de s'échapper.

« Je suis McLaggen. Cormac McLaggen. Ajouta-t-il malicieusement. Mais tu le savais sans doute déjà.

- Non, je ne le savais pas. Mentit-elle, dans le seul but de le faire déguerpir.

- Eh bien... Maintenant, tu le sais. Assura-t-il, ne s'attendant apparemment pas à cette réaction d'Hermione.

- Perspicace. Je ne t'ai jamais vu à la bibliothèque avant. Une soudaine passion pour la lecture?

- En fait, ce n'est pas pour lire que je suis venu ici. Mais pour voir une fille que j'apprécie beaucoup. »

La Gryffondor le sentait venir. Il n'allait pas tarder à lui proposer d'aller au bal avec lui. Il fallait qu'elle se prépare à une excuse idiote pour refuser. Elle préférait encore aller au bal toute seule plutôt que d'y aller avec ce prétentieux.

« Je vois. Dit-elle simplement, plus intéressée par la rangée de livres que par Cormac.

- Je me demandais, juste comme ça, si... cette fille voudrait bien aller au bal de Noël avec moi. Je n'avais pas encore eu l'occasion de lui proposer, mais maintenant que nous sommes dans un endroit tranquille tous les deux.

- Et moi je me demandais, juste comme ça: cette fille ne serait pas moi, par hasard?

- En fait, oui. Avoua-t-il, l'air faussement gêné. Alors? Ça te dirait de m'accompagner au bal?

- Écoute Cormac, je... »

Elle allait l'envoyer balader dans les règles de la politesse avant de croiser le regard du Serpentard métisse qui lui avait rendu son livre quelques jours avant. Il était non loin d'eux. Momentanément, elle oublia McLaggen et se perdit dans les yeux de Blaise.

Elle se força à se détacher pour revenir à la réalité et à McLaggen.

« Alors? S'impatienta Cormac.

- Je... pense que... je serais ravie d'aller au bal avec toi. Finit-elle.

- Génial! Je t'attendrai devant la Grande Salle à dix-neuf heures. Ne soit pas en retard. »

Il lui fit un clin d'œil et s'éloigna d'une démarche assurée. Hermione ne revenait pas de ce qu'elle venait de faire. Elle avait accepté d'aller au bal avec cet idiot de McLaggen? Mais enfin qu'est ce qu'il lui était passé par la tête?

Inconsciemment, elle regarda Blaise, qui semblait renfrogné. Il attrapa à la hâte ses affaires et sortit de la bibliothèque.

Hermione fit rapidement un lien apeurant: elle n'aurait quand même pas dit oui à McLaggen juste pour rendre Zabini jaloux?

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« TU Y VAS AVEC QUI? S'étouffa Ginny.

- Avec McLaggen. Mais je ne sais pas pourquoi j'ai dit oui, je m'apprêtais à dire non et à la dernière minute j'ai accepté.

- Qu'est ce qui a bien pu te passer par la tête, enfin Hermy? Ce n'est qu'un looser sans cervelle!

- Je sais! »

Ginny était paniquée pour son amie. Elle ne la croyait pas si désespérée.

« Je peux comprendre que le fait d'y aller seule t'alarmait. Mais de là à accepter d'y aller avec McLaggen...

- Oui bon je crois que j'ai compris. Coupa Hermione, lasse. Qu'est ce que je fais, maintenant?

- Eh bien... Tu vas assumer tes actes et aller au bal de Noël avec lui.

- Mais j'en ai pas envie! S'insurgea Hermione.

- Dans ce cas, pourquoi tu lui as dit oui? »

Ginny marquait un point. Elle aurait tout aussi bien pu refuser, et elle n'en serait pas là. Tout ça à cause de cet idiot de Zabini qui lui a embrouillé l'esprit!

« Promets moi de ne pas me juger si je te le dis. Dit Hermione après un silence.

- Je suis ton amie, je ne suis pas là pour te juger. Assura Ginny. Alors?

- Quand Cormac m'a demandé d'aller au bal avec lui, j'allais lui dire non, et à ce moment là j'ai croisé le regard de Zabini... Et j'ai eu une soudaine envie de dire oui à McLaggen.

- Ah je vois, tout devient plus limpide, maintenant. Sourit Ginny.

- Qu'est ce que ça veut dire?

- Que tu as voulu rendre Blaise jaloux en acceptant l'invitation d'un autre garçon devant lui. »

C'était bien ce qu'Hermione avait pensé, mais l'entendre de la bouche d'une autre personne... Dur à encaisser.

« J'ai eu une fois de plus raison. Se vanta Ginny. Ce mec t'a tapé dans l'œil.

- Mais enfin, pourquoi? Pourquoi lui et pas quelqu'un d'autre? Se lamenta Hermione.

- On ne choisit jamais la personne dont on s'éprend. Ça nous tombe tout bêtement dessus. »

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Le grand soir était arrivé. L'ambiance était à son comble dans Poudlard, autant chez les professeurs que chez les élèves.

Hermione et Ginny se préparaient dans la chambre de cette dernière. Hermione fut la dernière à être prête et sortit de la salle de bain, sous le regard émerveillé de son amie.

« Hermy, tu es carrément canon! Une beauté! S'exclama Ginny.

- Arrête un peu tes bêtises. Rougit Hermione, flattée.

- Il faut que les garçons te voient! »

Elle la tira de sa chambre et déboula dans celle d'Harry et Ron, sans prévenir. En voyant leur amie Hermione, ils restèrent tout deux bouche bée. Hermione ne put s'empêcher de glousser.

« Mione, tu es... tu es... Débuta Harry, bégayant.

- Resplendissante. Termina Ron, ébahi.

- Tu vois, je te l'avais dit. S'exclama Ginny, fière d'elle. Allez viens, on va les attendre en bas. »

Blaise et Drago se trouvaient déjà près de la Grande Salle, attendant leur cavalière. Le blond semblait s'ennuyer ferme.

« Quand elle veut, hein. Soupira-t-il.

- Tu sais bien qu'une fille met toujours un temps fou à se préparer. Glissa Blaise.

- Je pensais quand même que Chang ferait une exception avec moi.

- Ce que tu peux être prétentieux.

- Je n'arrive toujours pas à croire qu'avec le choix que tu avais, tu ais fini avec Parkinson. Je l'aime beaucoup, mais quand même, elle fait tellement garçon manqué.

- Tu sais déjà pourquoi on y va tous les deux. S'exaspèra Blaise. C'est en toute amitié, parce qu'on n'a trouvé personne tous les deux.

- Quand même, Parkinson... Ajouta Drago après un silence. »

Blaise n'écouta plus son ami, les yeux rivés sur la personne qui était en train de descendre les escaliers. D'autres personnes s'étaient tus et braquaient leur regard sur la beauté qui venait d'arriver.

Le Serpentard était ébloui par tant de splendeur: jamais il n'aurait cru qu'Hermione Granger pouvait être belle à ce point. Celle-ci, un sourire gêné sur le visage, descendait doucement les escaliers, savourant probablement la seule minute de gloire qu'elle aurait dans sa vie.

Avec sa robe bleue nuit bustier, parsemée d'étoiles, une ceinture noire soutenant sa poitrine, la robe serrée à la taille et se prolongeant jusqu'en haut de ses genoux, ses discrètes petites ballerines noires et ses cheveux attachés en chignon avec juste quelques mèches bouclés s'en échappant, elle était... magnifique.

Drago ne put s'empêcher d'admirer la Gyffondor, comme les autres. Il était comme... Hypnotisé. Il eut envie de se foutre une paire de claques. Une fois échappé du pouvoir d'Hermione, il réveilla son ami Blaise, qui était totalement sous l'emprise de la rouge et or.

« Bon sang Blaise, revient à la réalité, t'es en train de mater Granger, je te signale! S'horrifia Drago, claquant des doigts devant les yeux de son ami. Il ne manque plus que la bave et tu es parfait pour la catégorie du pathétique.

- Oh lâche moi, Malefoy. S'énerva Blaise, revenu à la réalité. Je ne la matais pas.

- C'est ça, et moi je suis le meilleur ami de Potter. Ironisa Drago. Bon j'en ai ma claque, si tu vois Chang dis lui que je suis dans la salle. »

Drago entra dans la Grande Salle, laissant Blaise tout seul. Sans son ami pour l'emmerder, il reporta son attention sur Hermione. Il ne se lassait pas de la regarder. Celle-ci croisa son regard et sembla intimidée. Elle baissa rapidement les yeux et s'avança vers son cavalier. Pendant deux secondes, Blaise aurait juré qu'elle avait rougi en le regardant. C'était probablement dû aux lumières tamisées.

Il ne put s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie en voyant cette beauté fatale avec ce con de McLaggen. Comment une fille intelligente comme elle pouvait-elle s'intéresser à ce pauvre minable?

Il ne put penser plus longtemps, car Pansy venait d'arriver et lui prit le bras pour entrer dans la salle.

La soirée battait son plein, chacun s'amusait comme il le pouvait. Ginny dansait avec son frère et Lavande. Ils riaient comme des enfants. Harry, quant à lui, était au stand et buvait son Whisky-Pur-Feu, dardant d'un regard noir Malefoy et Cho Chang, qui discutaient dans un coin de la salle. Malgré le fait qu'il appréciait Ginny et soit venu avec elle à la soirée, il ne put s'empêcher d'être jaloux en voyant son ex petite amie avec son pire ennemi.

Il tourna la tête, regardant un peu partout dans la salle et vit un pan de robe bleue nuit disparaître sous une table. Intrigué, il y alla et souleva la nappe. Ce qu'il vit provoqua en lui une violente envie de rire: Hermione se trouvait accroupie sous la table, des mèches lui volant un peu partout dans le visage. Elle semblait essoufflée.

« Tu as perdu un bout de tarte, Hermy? Demanda-t-il, se contrôlant pour ne pas exploser de rire.

- Non! Je me suis échappée! Je discutais tranquillement avec Cormac, et sans que je m'en rende compte, on s'est retrouvé sous une branche de gui. Je l'ai bien vu venir, et j'ai prétexté une envie d'aller aux toilettes. Oh mon Dieu, j'espère qu'il ne m'a pas vu me cacher sous cette table. Vite Harry, viens avec moi, si on te voit, on va se demander ce que tu fais et McLaggen va savoir que je suis là. S'horrifia-t-elle en tirant Harry avec elle sous la table.

- Tu ne serais pas un peu parano? Rit-il.

- Pas du tout! Il est hors de question que ce snargalouf pose sa bouche sur la mienne. »

Hermione souleva discrètement la nappe pour surveiller les environs. Harry, ne pouvant plus se retenir, s'écroula par terre et rit tellement fort qu'Hermione lui sauta dessus pour qu'il la ferme.

« Ça n'a rien de drôle, Potter! S'indigna-t-elle. Et arrête de rire aussi fort, les gens vont finir par...

- Hermione? Entendit-elle au dessus de la table.

- Oh non! S'horrifia-t-elle. »

Elle se faufila à quatre pattes à l'autre bout de la table et sortit discrètement. Elle s'enfuit à toutes jambes pour se mêler dans la foule. Pendant ce temps, Cormac se glissait sous la table, où Harry était toujours, plié en deux.

« Qu'est ce que tu fais mort de rire sous une table, Potter? S'interrogea Cormac.

- Rien je... Rien. Essaya-t-il de dire.

- Dis, t'aurais pas vu Granger? On parlait tranquillement et je sais pas pourquoi d'un coup, elle a eu le feu au cul et s'est sauvé.

- Elle est probablement allée se... refaire une beauté.

- Je ne sais pas ce qui te fait rire à ce point, mais tu es légèrement flippant.

- Je rêve ou y'a des voix qui viennent d'en dessous la table? »

La nappe se souleva brusquement, et Drago se retrouva face à un Cormac McLaggen sonné et un Harry Potter écroulé de rire, tous deux accroupis sous la table. Le Serpentard leva un sourcil dubitatif. Qu'est ce que deux personnes du même sexe foutaient sous une table?

« T'as viré de bord, Potter? Ricana Drago.

- Non Malefoy, tais toi il avait enfin réussi à se cal... »

Le fou rire du Gryffondor reprit de plus belle avant que Cormac n'ait pu finir sa phrase. Il darda le Serpentard d'un regard noir et se pressa de sortir de sous cette table où ça commençait à devenir glauque pour retrouver sa cavalière.

Drago ne comprenait toujours pas pourquoi Potter était mort de rire. Il essaya de lui tirer les vers du nez, mais il n'arrivait pas à s'arrêter de rire. Cela exaspéra Drago et avant qu'il ait pu répliqué, il fut tiré en arrière par quelqu'un. Il allait râler avant de se retrouver nez à nez avec Severus Rogue.

« Que faisiez-vous sous la table, Monsieur Malefoy? Dit doucement son professeur de DCFM.

- Je, rien, enfin je cherchais quelque... »

Rogue ne le laissa pas terminer sa phrase et souleva brusquement la nappe. Il y vit Potter, tenant ses côtes avec ses mains, en train de rire. Il abaissa de nouveau la nappe et couva son élève d'un regard très interrogateur. Drago se contenta de hausser les épaules, penaud, et retourna vers sa cavalière, à qui il était venu à l'origine prendre à boire.

Rogue resta quelques secondes devant la nappe, regardant tour à tour Malefoy qui s'éloignait et Potter sous la table. Il haussa les sourcils et se retira à la table des professeurs.

Pendant ce temps, Cormac avait retrouvé Hermione, assise sur une chaise. Elle s'était mis le plus loin possible de la branche de gui et avait décidé de ne pas bouger, afin de ne pas tenter le diable.

S'ennuyant fermement et un slow ayant été annoncé, Hermione trouva une excuse pour sortir de la Grande Salle et aller prendre l'air. Elle alla dans le parc, une habitude lorsqu'elle avait besoin de s'aérer, et contempla le reflet de la lune sur le lac. Elle frissonna légèrement, le froid hivernal l'ayant pris. Elle entendit une branche craquer et sursauta. Elle se retourna, apercevant Blaise Zabini.

« Tu m'as fait peur. Soupira-t-elle, avant de se reconcentrer sur la vue du lac.

- Désolé. Dit-il, au plus grand étonnement d'Hermione: un Serpentard, s'excuser auprès d'elle?

- Qu'est ce que tu fais là? Demanda-t-elle, ne voulant pas se prendre la tête à se disputer avec lui.

- J'étouffais dans la Grande Salle. Entre Parkinson qui ne me lâchait plus et la musique qui perce les tympans, il fallait que je m'aère.

- Bienvenu au club. Ne put-elle s'empêcher de soupirer.

- Quoi, McLaggen te soule? Demanda-t-il, un sourire victorieux au bout des lèvres.

- Quoi oh euh non. S'empressa-t-elle d'inventer, ne voulant pas s'avouer vaincue. Je parlais de... la musique.

- Évidemment. Approuva-t-il, sachant qu'elle mentait. »

Il s'était rapproché d'elle et contemplait également le paysage.

« C'est magnifique. Dit-il après un silence.

- On a une superbe vue d'ici. Approuva-t-elle. »

Un ange passa. Ils étaient tout deux perdus dans leurs pensées. A un moment, Blaise regarda Hermione, et la vit trembler.

« Tu as froid? Lui demanda-t-il.

- Un petit peu. Répondit-elle, les mains frottant ses bras. »

Il ne saura jamais pourquoi, mais en entendant cela, il retira sa veste et la passa autour des épaules de la Gryffondor. Elle resta surprise de ce comportement et posa sur lui un regard interrogateur.

« Je n'allais pas te regarder te lamenter. Inventa Blaise.

- Raison égoïste, ça ne m'étonne pas. Chuchota-t-elle. »

Néanmoins, elle passa ses bras dans la veste verte et argent de Blaise, et soupira de soulagement. Elle avait nettement plus chaud. Elle le remercia avec un sourire, qu'il, à son plus grand étonnement, lui rendit.

Soudain, ils ne regardèrent plus le lac. Ils étaient face à face et sondaient leur regard. Hermione frissonna de nouveau. Pourtant, elle n'avait plus froid.

Son cœur s'alarma brutalement lorsqu'elle vit le regard de Blaise loucher sur ses lèvres. Elle déglutit péniblement, mais n'arriva pas à bouger. Ses jambes étaient déconnectées de son cerveau.

Le visage du Serpentard se rapprochait de plus en plus du sien. Lentement, certes, mais pourtant rapidement aux yeux d'Hermione.

Bon sang Hermione, bouge fais quelque chose! Se lamenta-t-elle intérieurement.

Alors qu'ils n'étaient séparés que par quelques millimètres, elle reprit ses esprits et fit un pas de côté. Sauvée!

« Merci encore pour la veste. Je... retourne à l'intérieur. »

Elle la retira, lui rendit et se précipita en courant dans la salle. Elle n'avait plus froid, en effet. Elle avait même très chaud. Le rouge lui était monté aux joues, c'est ce qui lui avait permis de prendre la fuite.

Blaise, quant à lui, ne pouvait bouger non plus. Il était coupé de la réalité. Il avait failli embrasser Hermione Granger. Ça ne tournait définitivement plus rond chez lui...

...

Ce chapitre est un peu plus long que les précédents. Encore court, certes, mais néanmoins un peu plus long.

Mystérieux rapprochement inapproprié entre Blaise et Hermione... Qu'est ce que cela va-t-il donner par la suite? Ahah!

Les chapitres suivants seront bourrés de remises en questions et interrogations dans le vide: une boucle infernale à l'étau resserrant de plus en plus les personnages.

N'hésitez pas avec les reviews, gentils gens! Bisous.

Morgane.