Note de l'auteur :

Coucou :)

Alors voilà le dernier chapitre de cette fic ! Merci à tous pour l'avoir suivie, aimé, commenté, ajouté en favoris ou en alerte. Je vous laisse le découvrir et me donner votre avis ^^

Bonne lecture !


Chapitre 28 : Bon anniversaire Harry.


Précédemment dans « Et si Harry avait un autre choix ? » :

Harry partage son secret avec Cranberry et Sirius.

Sirius digère très mal cette nouvelle et passe tout son temps à faire des recherches pour tenter de sauver Harry.

C'est la fin de l'année scolaire, les examens sont passés. Enfin les vacances.

Et maintenant la suite…


La première chose qu'ils firent lorsqu'ils arrivèrent dans la propriété de Grodric's Hollow fut d'organiser une énorme partie de Quidditch. Ils avaient largement la place, et ils étaient suffisamment nombreux. Seul Sirius n'avait pas la tête à ça.

« Sirius, s'il te plaît » demanda Harry en allant le voir.

« Harry, tu ne peux pas me demander ça alors que… Bon sang Harry ! »

« Sirius, » commença Harry, « S'il te plaît. Je sais. Je sais qu'il me reste peu de temps. Je sais aussi que tu espères encore pouvoir me sauver. Mais c'est impossible. Et je suis sûr qu'au fond de toi tu le sais déjà. »

Sirius baissa la tête.

« Il n'est pas trop tard pour trouver quelque chose. »

« En revanche il sera bientôt trop tard pour passer du temps ensemble. S'il te plaît. Je veux juste passer du temps avec toi. Et avec les autres. Tu peux comprendre ça non ? Viens jouer avec nous, on va bien s'amuser. Mais sans toi, ça sera juste triste. »

« Harry… »

« Sirius s'il te plait ! Je te veux comme batteur. Sans toi mon équipe ne gagnera jamais ! »

« Tu es le meilleurs des attrapeurs Harry, ton équipe gagnera toujours. » Sourit Sirius.

Harry lui sourit en retour.

« Peut-être mais je te veux quand même dans mon équipe. Okay ? »

Sirius soupira longuement et repoussa les larmes qui perlaient dans ses yeux. Puis il se leva. Harry lui fit un grand sourire victorieux et le remercia. Sirius hocha la tête et le prit dans ses bras.

« Ca ne veut pas dire que j'abandonne Harry. » lui murmura-t-il en le serrant contre lui aussi fort qu'il le pouvait. Et cette fois, ce fut au tour d'Harry d'essayer de ne pas pleurer.

Deux équipes. D'un côté, l'équipe numéro 1, Harry, Sirius, Bill, Ginny, Hermione, Regulus et Ron. De l'autre, équipe numéro 2, James, Fred, Georges, Lily, Tonks, Fleur et Remus. Et un gagnant, l'équipe numéro 1. Ca c'est pourtant joué serré. Mais comme d'habitude, Harry n'avait pas froid aux yeux. Alors il forcément, il attrapait plus facilement le vif d'or… avec une cascade qui lui valu quelques remontrances ! Mais qu'importe, il était heureux. Il adorait voler, c'était son élément. Et ce qu'il aimait par-dessus tout était de passer du temps avec ses proches. Et là, ils avaient réuni les deux conditions qui faisaient de lui un homme comblé. Et lorsque Ginny alla l'embrasser, il se rendit compte qu'en fait il pouvait l'être encore plus.

Les vacances commençaient extrêmement bien !

Après le dîner, chacun retourna chez soi, le sourire aux lèvres. Hermione alla chez ses parents mais promis de revenir le lendemain. Puis ce furent le tour des Weasley. Ron devait passer le lendemain dans la matiné pour trainer avec Harry.

« Maman ? » appela Harry. « Euh.. Ginny peut rester ? » Lui demanda-t-il timidement.

Elle lui sourit en échangeant un regard complice à James qui se trouvait un peu plus loin, et accepta.

Depuis lors, Ginny semblait avoir emménagé au Manoir, qu'elle ne quittait que très rarement. Ce n'était pas pour déplaire à Harry bien sûr, qui adorait avoir sa petite amie avec lui. Ses parents aussi étaient heureux d'avoir Gin avec eux. Elle était très gentille et ils adoraient voir leur petit couple si heureux. Leur fils les rendait très fiers, et ils aimaient vraiment le voir être si amoureux de Ginny.

Pourtant ils faisaient tout pour ne pas être trop démonstratif face à eux. Mais c'était encore plus mignon. Ils se faisaient un petit bisou le matin, se tenaient discrètement la main sous la table, s'embrassait sur la joue. Surtout, ils se dévoraient du regard. Mais ça, ils n'en étaient probablement pas conscients, ce qui rendait le geste encore plus adorable. Puis, parfois, l'un ou l'autre disparaissait subitement d'un couloir, entrainé par l'autre dans un fougueux baiser, puis réapparaissait les joues rougies.

Sans compter qu'ils étaient loin de faire chambres à part. Enfin, officiellement si. James et Lily ne savaient pas vraiment s'ils pensaient vraiment arriver à leur faire croire qu'ils ne dormaient pas ensemble. Enfin cela dit, ils ne dormaient pas toujours. Mais ils étaient toujours très discrets. Les sorts de silences sont très efficaces. Bref, ils étaient heureux pour eux.

Le temps défilait à une vitesse folle. Ils ne cessaient de faire des sorties en famille ou entre amis, d'organiser des petites fêtes, de grands repas, des parties de Quidditch… Même Sirius, qui pourtant passait toujours le plus clair de son temps ailleurs, dans des bouquins, la mine morose, faisait toujours un effort pour être de la partie. Pour Harry.

Aucun d'eux n'avait déjà eu l'air si heureux. L'atmosphère semblait plus légère depuis la fin de la guerre. Mais ça ne se ressentait réellement que maintenant, à l'extérieur de Poudlard, dans la vraie vie. Les boutiques du Chemin de Traverse avaient rouverts, les accidents non expliqués chez les moldus avaient bien évidemment cessé, le taux de criminalité était extrêmement bas. Le monde sorcier tout entier semblait plus heureux, plus libre. Et tous semblait profiter de l'été pour savoir cette nouvelle vie.

Puis arriva le 31 juillet. Ce matin là, Harry se leva avec une énorme boule au ventre. Le temps était passé vite. Trop vite. Il avait l'impression de n'avoir rien eu le temps de faire. C'était normal d'un côté. Mais en y repensant, Harry se dit qu'il avait tout de même fait beaucoup. Il n'avait qu'à regarder autour de lui pour s'en rendre compte.

Il se trouvait dans un Manoir qui, jusqu'à il y a quelques mois, était une ruine synonyme de malheur et de souffrance et qui respirait désormais l'amour, la bonne humeur… Le bonheur. Ses parents étaient revenus à la vie, il avait enfin eu la chance de leur parler, de les connaître, de rire avec eux, de partager des choses avec eux, de les aimer et de se faire aimer en retour. Sirius était revenu aussi, il avait pu enfin connaître le vrai Sirius, pas celui qui était hanté par les démons d'Azkaban mais le grand Maraudeur qui était son parrain dévoué, le meilleur ami de son père, un grand farceur et un grand séducteur. Puis il avait pu consolider ses liens avec Remus, en dehors de la guerre, de son apprentissage de la défense contre les forces du mal. Il avait pu connaître les Maraudeurs, sa famille. Il avait pu voir les Weasley être heureux à nouveau avec le retour de Fred. Il avait pu voir ses amis trouver l'amour. Il avait lui-même pu trouver l'amour.

Tout ça…. Rien ne pourra jamais s'effacer de leurs mémoires. Il savait qu'ils se souviendraient toujours de lui. Et même si, dans un premier temps, ils seraient en colère, tôt ou tard ils ne se souviendront que lui comme avec de bons souvenirs. Et ça, il en était fier.

C'est avec une fébrilité à peine cachée qu'il surgit dans la cuisine. Il sentait son cœur battre à cent à l'heure. Il se demandait comment tous faisaient pour ne rien entendre. Il embrassa Ginny avec un peu plus de fougue qu'il le faisait habituellement devant ses parents, puis il les embrassa eux aussi.

« Joyeux anniversaire Harry ! »

Il les remercia silencieusement, pas vraiment sûr de pouvoir parler dans éclater en sanglots. Il n'aurait jamais imaginé que se serait si dur de les quitter. Il savait que ça ne serait pas évident le jour J. Mais être là, devant eux, faire comme si que tout aller bien alors que dans quelques heures il ne serait plus là… C'était vraiment trop.

Ses pensées s'arrêtèrent là parce que Sirius déboula dans la maison tel un fou. Il était décoiffé, ses habits étaient froissés, ses yeux étaient rougis et cerné.s Il avait la tête de l'homme trop inquiet pour fermer l'œil. Mais il sembla se calmer en voyant Harry. Après quelques secondes, n'y tenant plus, il se jeta sur lui pour le serrer contre lui. Harry lui rendit cette forte étreinte. Il se sentait vivant. Il s'accrocha à son parrain tel un enfant qui à peur d'aller se coucher à cause d'un méchant croque mitaine caché sous son lit. Remarquez, Sirius ne semblait pas non plus pressé de se séparer de lui. Et tous deux durent lutter contre les larmes.

« Tout vas bien ? » demanda finalement Lily, inquiète.

Ils se séparèrent en douceur et échangèrent un faible sourire. Et même si Sirius lui murmura un faible « oui » qui lui brula les lèvres, ses yeux criaient le contraire. Luisant de tristesse, de culpabilité, de colère. Tout se mélangeait en lui. Il ne pouvait pas le laisser partir. Mais il n'avait rien trouvé. Il avait échoué. Pourtant il avait tout tenté, il avait lu tout ce qui traitait de ce pacte. Tout. Il n'avait rien trouvé. A présent il priait pour un miracle. Il acceptait de se mettre à genou, il accepterait tous les sacrifices. Mais qu'on ne lui prenne pas Harry. C'était trop dur.

Harry lui serra l'épaule avec réconfort.

« Ca va aller Sirius » lui dit-il avec un sourire apaisé. « Tout ira bien. »

Sans répondre Sirius l'embrassa sur le front et quitta la pièce.

« Harry, tu nous expliques ? » demanda son père, inquiet.

« C'est rien, vous en faites pas. »

« Tu sais pourquoi Sirius est dans cet état depuis tout ce temps ? » demanda Lily.

« …Oui. » lâcha-t-il.

« Harry ! » s'écria son père.

« Je… vous comprendrez tout ce soir » leur dit-il. « Mais surtout, ne lui en voulez pas, il a réellement fait tout ce qu'il a pu et plus encore. Jamais. Promis ? »

« Mais Harry… »

« Promis ? » coupa-t-il.

« Bien sur » assurèrent-il sans trop savoir à quoi s'attendre.

A midi, ils se réunirent tous au Manoir et une grande nouvelle fut annoncée : un bébé arrivera bientôt dans la famille Potter ! James, qui avait balancé comme ça, l'air de rien, au milieu des conversations, éclata de rire en les voyant tous se figer. Puis tout le monde éclata de joie. Harry se jeta sur ses parents, les serrant le plus fort possible. Tout le monde applaudis. Au moins, deux héritiers des Maraudeurs se retrouveraient à Poudlard ensemble. Ce pauvre Château n'avait pas fini d'en voir de toutes les couleurs ! Pour Merlin sait qu'elle raison, James était persuadé que c'était une fille. Et selon lui, sa petite puce fera un joli petit couple avec le second fils de Remus. Un couple de Maraudeurs juniors. Parfait !

Puis le soir arriva. Bien trop tôt. Harry commençait à se sentir bizarre. Comme si quelque chose agissait à l'intérieur de lui. Il ne lui restait plus beaucoup de temps. Il alla voir Sirius.

« Sirius ? »

« Harry ! » répondit-il en se levant pour le serrer dans ses bras.

« Il faut que tu fasses quelque chose pour moi. »

« Tout ce que tu veux Harry, tu le sais. »

« C'est pour bientôt » lâcha Harry. « Je le sens en moi. »

Sirius sanglota alors qu'il serrait Harry encore plus fort et priait pour que ça ne soit horrible cauchemars.

« Sirius, s'il te plaît, quand ça… quand ça sera fait. Donne ça aux autres tu veux ? »

« Qu'est-ce que c'est ? » articula Sirius.

« Des lettres, à l'intention de chacun d'entre vous. Ils méritent une explication. »

« Harry… » Hoqueta Sirius.

Sirius n'imaginait pas que ça irait si vite. Il avait l'impression que cette année n'avait duré qu'une journée. C'était trop court. Il avait besoin de plus de temps. Même si au fond, il savait que le temps ne changerait rien, il ne serait jamais prêt à se séparer d'Harry. Il ne pouvait pas. Pas lui. Ses joues furent rapidement ravagées par le chagrin.

« Tu le fera ? »

Sirius, sans répondre, hocha la tête et fut secoué d'un nouveau sanglot. Et cette fois, Harry n'essaya pas de retenir sa peine. Et les larmes coulèrent à flot.

« Je t'aime » murmura Harry à travers ses larmes.

Sirius resserra son étreinte.

« Moi aussi je t'aime Harry. Je t'aime. » Et il répéta ses mots encore et encore.

Il était temps. Le moment été venu. Harry avait rassemblé tout le monde dans le salon du Manoir. Sirius s'installa dans un coin et bien qu'il essaya de le cacher, tout le monde remarqua les larmes qui sillonnaient son visage et les yeux rougis d'Harry.

« Je vous ai tous dis de venir ce soir parce que… je voulais juste vous dire que je vous aimais. Et que je ne regrettais aucun de tous les choix que j'ai fais cette année, et que si tout était à refaire, je le referais. »

« Harry ? Tu es sûr que ça va ? » Demanda son père. Harry n'exprimait que très rarement ses sentiments. Et quasiment jamais de manière si…publique. C'était assez surprenant comme discours, même complètement inquiétant. Et le sanglot étouffé de Sirius ne fit qu'ajouter de l'inquiétude à l'assemblée.

« Ca va oui. Je voulais juste être sûr que vous saviez tous que je vous aimais, et que c'est pour cela que nous avons pu passer autant de temps ensemble cette année. »

« Alors à nous ! » Déclara finalement Remus en essayant de masquer son inquiétude en détendant l'atmosphère.

« A nous ! » Répétèrent les autres avant de trinquer dans une joie quelque peu feinte.

Puis tout le monde serra Harry dans leurs bras. Et il fit quelque chose qu'il n'avait pas encore fait, et que son père lui avait qu'il avait fait des milliers de fois. Il embrassa Ginny à pleine bouche, devant tout le monde. Ils applaudirent tous, alors que les deux amoureux rougissaient. Ce qui ne les empêchaient pas de s'embrasser à nouveau.

Puis la soirée continua. Il souffla ses bougies, ouvrit ses cadeaux. Il était heureux, malgré les circonstances. Ou peut être, grâce aux circonstances. Chacun se mettait en groupe autour du buffet. Seul Harry restait à l'écart, tel un vieux sage. Il se contenait de regarder son entourage évoluer autour de lui. Il voulait graver ces images dans sa tête, il voulait les voir tous ensemble, heureux, une dernière fois. Il avait conscience que son petit discours les avait inquiété. Normal.

Il s'adossa contre l'angle d'un mur en croisant les bras et en les regardant longuement chacun leur tour.

Il s'était passé tellement de choses cette année. Ils avaient tous tellement évolués…

Teddy avait bien grandi. Harry avait laissé un lettre à son attention, lettre qu'il ne devra ouvrir qu'à son entrée à Poudlard. Il avait fait de même avec sa petite sœur (ou petit frère ?). Elle n'était pas encore née, il ne connaissait son existence que depuis quelques heures et pourtant il l'aimait déjà énormément. Il les aimait tous tellement… Mais il savait qu'il avait fait le bon choix et ne regrettait rien.

« Harry » commença son père en arrivant vers lui. « Qu'est-ce que tu me caches ? »

« Papa… Je te l'ai dit tu comprendras plus tard, c'est promis. »

« Tu me fais peur Harry, je n'aime pas ça. »

« Je sais, et j'en suis désolé » s'excusa son fils.

Puis Harry, n'y résistant plus, prit son père dans ses bras pour une longue étreinte.

« Je t'aime papa. Toujours. » Lui chuchota Harry avant de se séparer de lui.

Il senti une première douleur lui compresser légèrement le cœur. C'était le moment.

Il ne leur avait rien dit. Ils lui en auraient voulu, ils se seraient inquiété et il auraient voulu trouver une alternative, et il n'y en avait qu'une : que les morts retournent là où ils devraient être. Et il en était hors de question. C'était une chose à laquelle il ne voulait même pas penser. Heureusement pour lui, Sirius n'avait pas trouvé cette information. Normal d'ailleurs, il était peu probable qu'elle figure sur des écrits, c'était quelque chose de secret. Cela dit, même s'il l'avait trouvé, il n'aurait certainement pas pu exiger une telle chose.

Bien sûr, ce sera dur au début, ils seront tristes, ils lui en voudront. Mais ça passera avec le temps. Ils avaient tous une longue vie qui les attendait. Pleins d'événements, de bonheur, devant eux. Il savait. C'était écrit, décidé, signé.

Son regard, malgré lui, s'embuait. Bien sûr il aurait préféré pouvoir rester vivre avec eux. Epouser Ginny, avoir des enfants… Mais elle finirait par rencontrer quelqu'un d'autre. Et ce sera ce quelqu'un autre qui fera ce que lui, avait toujours voulu faire avec elle. C'était dur de se dire cela, mais il savait que c'était dans la logique des choses. Il ne lui en voulait pas. Au contraire. Il voulait qu'elle refasse sa vie. Qu'elle aille de l'avant. Tout comme les autres.

Finalement, c'était peut être comme ça que ça devait se finir. Son destin était de mourir, depuis toujours. Il avait survécu à Voldemort mais n'avait obtenu qu'un sursit.

Il senti une larme couler sur sa joue. Une autre vague de douleur arriva, mais il fit comme si ne rien n'était. Mais ses parents, Remus et Sirius le regardaient depuis son discours. Ils virent les larmes qui coulaient le long de ses joues. Et ils comprirent que quelque chose n'allait vraiment pas. Mais Harry leur fit un sourire. Comme pour les rassurer. Comme pour leur dire de ne pas s'en faire. Il croisa ensuite le regard de Ginny. Il l'a rassura d'un regard et lui murmura un je t'aime éternel. Il se sentait disparaître petit à petit. Il savait que l'heure était proche. Ron et Hermione étaient aux côtés de Ginny, discutant avec énergie. Il formait vraiment un beau couple. Ron ne le savait pas encore mais Hermione et lui seraient bientôt parents. Harry aurait aimé être là pour voir ce bout de chou grandir.

Il aurait voulu être là pour des tas d'autres choses. Mais il se consolait en se disant qu'il pourra toujours veiller sur eux de là-haut, en admettant qu'il y ait réellement un « là-haut ».

Dans quelques secondes, il sera minuit. Dans quelques secondes il sera parti. Il pouvait voir le regard de Sirius, désemparé, déboussolé. Perdu. Regulus l'épaula comme il le pouvait. Sirius aurait voulu crier, intervenir, agir. Faire quelque chose, n'importe quoi. Mais il était pétrifié. Il ne pouvait rien faire. Il pouvait juste regarder son filleul disparaître dans le néant. Et son cœur se fendait à cette idée.

Lorsque les douze coups de minuits commencèrent à sonner, Harry senti son corps disparaître entièrement. Il disparut ainsi sous les yeux de son parrain et de ses parents, qui ne purent rien faire.

Ce fut la panique, où était-il passé ?

Il y eu un moment de silence. Personne ne comprenait. Etait-ce une blague d'Harry ? Mais les sanglots de Sirius raisonnèrent et ils surent que c'était loin d'être une blague.

« Sirius ? » demanda James en s'approchant de lui à toute vitesse. « Dis moi Sirius, dis moi ce qu'il se passe. »

« Harry… Harry… Merlin… Harry… »

« Sirius je t'en prie ! » supplia Lily les larmes aux yeux.

Incapable de réellement parler, Sirius se contenta de lui tendre une liasse d'enveloppe.

James se chargea de lire à voix haute celle qui disait « A l'attention de tous ».

« Si vous lisez cette lettre, c'est que je suis parti.

Ne m'en voulez pas. Je l'ai fait parce que je le voulais.

Il y a quelque chose que je vous ai caché à tous. Tu n'étais pas censé le découvrir Sirius. Et je suis sincèrement désolé que tu l'ais sût. Les choses auraient été plus simples pour toi si tu n'avais rien sût. Mais si c'était à refaire, je le referai sans aucune hésitation. Ce fut l'année la plus belle de toute ma vie. Et cette année valait ce sacrifice, je sais que tu peux le comprendre, tu aurais fais pareil si tu en avais eu l'occasion.

Je crois que vous méritez des explications. Lorsque j'ai voulu utiliser la Pierre, j'ai rencontré des sortes d'entités supérieures. Je savais dans quel état vous seriez si je vous ramenais. Des morts vivants. Ca n'aurait pas réellement été vous. Alors j'ai passé un pacte avec eux. Un Pacte magique. Ils vous ramenaient à la vie sains d'esprit, avec vos souvenirs intacts, en bonne santé et pour une longue vie… à condition que moi, un an après votre résurrection, je vienne à eux. Vous avez compris j'imagine ? C'était ça le marché, vos vies contre la mienne. Ca me parait horrible dit de cette façon, mais c'est la vérité. Et au fond, c'est plutôt équitable. Et je ne le regrette pas. Et vous ne devez surtout pas regretter pour moi. C'était ma décision. Certainement la meilleure de toute ma vie.

Vous avez tous encore de nombreuses choses à faire. Vous avez tous une belle vie qui vous attend. J'aurai aimé en faire parti, c'est sûr. J'aurai aimé pouvoir assister à tous les événements qui vont se passer dans votre vie future. Mais je veillerai sur vous de là-haut.

Alors je ne veux pas vous voir avant très, très longtemps maintenant. Tournez la page. Allez de l'avant. Oubliez-moi. Et surtout, faites bien attention à vous.

Avec tout mon amour,

Harry. »

Un long silence accueilli la lecture de cette lettre. Et James eu du mal à la finir tellement sa gorge se nouait. Au fur et à mesure qu'il la lisait il se disait que c'était impossible, que c'était un cauchemar, qu'Harry n'avait pas pu faire ça, qu'il ne pouvait pas être mort. Pas comme ça, pas après tout ce qu'il avait surmonté. Pourtant, il devait se rendre à l'évidence. Harry avait disparu. Comment Harry avait-il pu faire cela ? C'était la question que tous se posaient.

La vie était tellement injuste.

Ils n'arrivaient pas à le croire. Ils ne pouvaient réaliser que Harry était parti. Pour toujours. Ca paraissait trop absurde pour être cohérent.

« Comment l'as-tu sût ? » Demanda faiblement Lily

« J'écoutais aux portes » répondit tout aussi faiblement Sirius. « J'ai entendu Harry en parler à Cranberry. »

« Quoi ? » s'exclama James. « Pourquoi… »

« Cranberry a fait le même pacte. Mais il lui reste plus de temps à vivre. » Répondit Sirius. « Je voulais vous le dire je vous assure. Mais Harry m'a supplié de ne pas le faire. Et j'ai essayé de trouver une solution, j'ai vraiment cherché. Mais… »

Il ne put finir sa phrase, la gorge nouée. Mais tout le monde savait : il n'avait rien trouvé parce qu'il n'existait aucune solution. Dans un silence seulement troublé de sanglots et de larmes, Lily s'approcha de Sirius et le serra dans ses bras.

Sans un mot, les autres les lettres furent distribuées.

« Papa, Maman,

Je sais que vous devez certainement m'en vouloir, et que vous ne devez sûrement pas comprendre pourquoi j'ai fais cela. Tout d'abord, ne vous en voulez pas. Si je vous ai ramené, c'est parce que je le voulais. C'était mon choix. Je savais ce que ça entraînerait.

Je sais que ça pourra peut-être paraître horrible mais… Vous finiriez par tourner la page, par m'oublier. Vous avez de nombreuses choses à faire dans votre vie. Vous allez avoir encore d'autres enfants. D'ailleurs, il y a une autre enveloppe ci-jointe, elle est pour le bébé à venir. Ce qui serait bien c'est que vous la lui donniez à son entrée à Poudlard. J'aimerai que malgré tout, elle (ou il, oui papa c'est possible que ça soit un garçon!) me connaisse un peu. Et même si je ne l'aurais jamais connu, dite-lui bien que je l'aime.

Sachez que je vous aime. Et que je suis heureux d'avoir pu passer du temps avec vous et de vous avoir connu.

Harry. »

« Sirius,

Je sais que tu t'en veux horriblement. Je sais que même si tu me comprends, tu n'arrives pas à accepter. Mais comme tu me l'avais dit il y a un an : « Je t'interdis de culpabiliser ! » . C'était mon choix, je ne le regrette pas. Bien sûr j'aurai aimé avoir plus de temps à passer avec vous. Mais c'est comme ça. Tu sais, je pense que c'était mon destin. Alors ne t'en veux pas, et ne m'en veux pas. Tout ira bien tu verras. Tu as une merveilleuse vie qui t'attend, même si tu aura du mal à le croire maintenant, crois-moi, je le sais, ça fait parti du pacte. Ai confiance.

Je suis content que Regulus et toi vous entendiez aussi bien à présent. Et j'espère que ça continuera encore longtemps. D'ailleurs remercie-le de ma part d'avoir gardé le secret si longtemps. Et si ça ne t'ennui pas, apporte la lettre que je lui ai écris à Cranberry.

Sache que j'ai compris des tas de choses au cours de ma vie. Notamment que la mort n'est qu'une aventure de plus dans la vie d'un homme, la plus belle, la plus mystérieuse, la plus effrayante, la plus importante, la plus longue et la plus courte ne même temps. Je suis sûr que tu devinera de qui je tiens cela. Je n'ai pas peur de mourir parce que j'ai fais tout ce que j'avais à faire avant de partir. J'ai passé une année fabuleuse. Exactement comme dans mes rêves, même les plus fous !

Et, au risque de tomber dans le mélodrame, je t'aime, et je veux que tu sois heureux, alors passe à autre chose. Dis-toi que là où je suis je connaîtrais la paix éternelle. Et n'oubli pas, comme tu me l'as dis un jour, je suis toujours là, et je le serais toujours, dans ton cœur.

Harry. »

« Gin',

Ne m'en veux pas ! Je t'en pris ! Pardonne-moi de t'avoir menti. Je n'aurai peut être pas du renouer avec toi sachant que le temps m'était compté. Mais je t'aime tellement Gin… Je ne pouvais pas imaginer vivre mes derniers instants sans t'avoir à mes côtés.

Je sais que tu m'en voudras quelque temps, que ce sera dur au début. Mais tu verras… Avec le temps, tout finira par s'arranger. Tu tourneras la page, tu me rangeras dans un coin de ta mémoire et tu continueras à vivre normalement. Il y a des tas de choses que j'aurai voulu faire avec toi me marier, avoir des enfants…Tu le sais. Mais tout cela, tu devras le faire avec quelqu'un d'autre. Je suis sûr que tu trouveras un homme qui te mérite, un homme assez bien pour toi pour que tu puisses envisager de fonder une famille avec lui. Tu verras. Tout se passera bien. Tu n'as pas à t'en faire. Et ne pleure pas. Je suis sûr que là où je suis, je suis bien et je veille sur toi, et sur tout les autres.

Je t'aime.

Harry. »

« Remus, Tonks,

Je compte sur vous pour veiller sur toute la petite famille. Je suis sûr que vous saurez trouver les bons mots pour convaincre les autres de passer à autre chose. N'est-ce pas ? Je compte sur vous. Remus, je compte sur toi pour te charger de mes parents, de Sirius et de Ginny. Je sais que la lettre que je leur ai laissé ne suffira pas. Et ils auront besoin de quelqu'un pour les en convaincre. Peut-être que ce ne sera pas facile pour toi non plus. Mais tu as toujours été le plus sage d'entre nous. Et tu sais à quel point retrouver toute ma famille me tenait à cœur. Je sais que tu me comprends. Alors fais en sorte que les autres me comprennent également et que s'il repense à moi parfois, ce ne soit avec de l'amertume, de la tristesse ou du regret. Je veux que la prochaine fois qu'ils pensent à moi, ce soit en souriant, et en racontant à quel point je pouvais être idiot parfois. Quant à toi, Tonks, je sais que tu sauras réconforter les autres, tu sauras leur changer les idées. Tu as un don pour cela.

Veillez bien sur mon filleul tous les deux ! Je lui ai laissé une lettre (ci-jointe) que j'aimerai que vous lui donniez à sa rentrée à Poudlard, et n'oubliez pas de lui dire à quel point son parrain l'aimait !

Veillez bien sur vous,

Harry. »

« Ron, Hermione,

Ne criez pas ! Je sais que si vous aviez l'occasion de me frapper, c'est ce que vous ferriez. Mais c'est mon choix. Et je ne le regrette pas. Je sais que vous pouvez le comprendre. Je me dis que peut-être c'était écrit que cela finirait comme cela. Peut être qu'au fond, je n'était pas destiné à vivre. Il ne faut pas en être triste. C'est comme ça.

Je suis tellement heureux de voir que votre couple marche si bien ! N'est-ce pas Hermione ? Tu devrais lui dire, il sera super heureux ! Je sais ce que tu penses : ce n'est pas le bon moment là tout de suite. Mais quand ce sera ? Je crois que c'est au contraire le moment parfait. Ca ramènera les sourires de tout le monde !

Nous avons vécu des tas de choses ensemble. Et vous avez toujours été là pour moi. Mais je crois qu'au fond de vous vous savez depuis le début que c'est moi qui partirait en premier. Et quel plus beau départ que celui de sauver ma famille ? Je meurs comme je le souhaitais. Et je meurs heureux, après une année extraordinaire.

Vous m'en voudrez peut-être un moment. Mais après vous verrez que lorsque vous vous rappellerez de moi, ce sera en souriant des bourdes que j'ai pu faire ou des règlements que nous avons brisés.

Veillez bien l'un sur l'autre,

Je vous aime,

Harry. »

Chacun des convives avaient sa lettre. Et tous pleuraient en la lisant difficilement.

Un moment après, une chouette arriva et déposa une lettre noire.

Elle venait d'un maître de cérémonie et il y avait un mot d'Harry.

« J'ai tout prévu pour la veillée funéraire. Vous n'avez pas à vous en faire. Cette lettre vous indiquera comment ça se déroulera. Et je vous ai également mis une sorte de beuglante qui se chargera de dire une lettre que j'ai écris pour cette occasion. Ce n'est pas tous les jours que quelqu'un à la chance d'écrire lui-même ce qu'il veut que l'on dise à son enterrement. Je sais, ce n'était pas drôle. Mais je me suis dit que ça vous arrangerez peut-être de ne pas avoir à faire de discours. »

Il avait réellement tout prévu. Ca leur faisait froid dans le dos. Et à l'idée qu'Harry avait vécue avec ce fardeau toute année leur brisait le cœur.

La cérémonie aurait lieu dans le parc de Poudlard et sa tombe se trouvera à côté de celle de Dumbledore, de Rogue et de celle des autres combattants de la Guerre.

Il avait également préparé son encart dans le journal, dans la rubrique nécromancie. Et le lendemain, l'encart qu'Harry avait prévu dans la Gazette se retrouvait finalement en première page. La nouvelle était d'ailleurs à la une de tous les journaux de Grande-Bretagne et d'ailleurs.

La nouvelle de sa mort s'était répandue comme une traînée de poudre, de même que le lieu et la date de son enterrement. Ou plutôt, de sa veillée funéraire. Car il n'y avait pas de corps, juste une série de photos rendant hommage au jeune sorcier.

Le parc de Poudlard était bondé. Des gens de tous le pays étaient venus y assister, ainsi que les élèves de Poudlard, les anciens étudiants, le personnel du Ministère, les elfes de maisons, les fantômes du Chateau, les survivants de la Grande Guerre, la famille, les amis… Les habitants de la forêt interdite étaient même venus le saluer une dernière fois à la lisière de la forêt.

Au premier rang, où se trouvaient les plus proches du défunt, tout le monde pleurait. Harry leur avait bien dit de ne pas être tristes pour lui. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire évidemment.

Ce fut le ministre de la magie qui se chargea de commencer la veillée.

« Nous sommes tous ici pour honorer une dernière fois la mémoire de Harry Potter, mort il y a trois jours. Certains d'entre vous ne sont pas au courant des conditions de sa mort. Nous m'avons donc demandé de vous l'expliquer brièvement. Comme vous le savez tous, il y a un an, après la Bataille Finale, Harry Potter à donné une conférence de presse au cours de laquelle il a représenté au monde des revenants. Nous tiendrons secret les moyens qu'il a utilisé pour les ramener mais sachez qu'il avait conclu un marché avec des puissances supérieures. C'était leurs vies contre la sienne. S'ils ramenaient les personnes qu'il désirait à la vie, il devait sacrifier la sienne un an plus tard. Comme vous vous en doutez, il a accepté. » Expliqua-t-il. « Harry Potter avait tout prévu avant sa mort. C'est lui qui a organisé cette journée. Il a également écrit une lettre qui va vous être lue immédiatement. »

Aussitôt, une lettre rouge se mit à flotter dans l'air et la voix d'Harry s'éleva, ce qui amena aussitôt un intense silence, uniquement occupé par les pleurs de certains.

« Bonjour à tous,

Je sais que c'est plutôt… morbide comme façon de procéder. Mais je me suis dit que cela éviterai à certain de faire des discours qu'ils n'ont pas forcément le courage de faire.

Ce n'est pas si facile que cela de faire un discours pour sa veillée funéraire. Et du coup, je ne sais plus trop quoi vous dire. Si ce n 'est… que je ne regrette en aucun cas ce que j'ai fais. Et, au risque de me répéter : si c'était à refaire, je le referais.

A force de faire des lettres pour demander à ce que l'on ne soit pas trop triste, je vais finir par attraper la grosse tête ! Mais c'est la vérité. Etre triste ne changera rien au fait que je ne suis plus là et que je ne reviendrais jamais. Et ça n'a rien d'exceptionnel. Je ne suis qu'un sorcier comme un autre. Je ne suis qu'un sorcier comme les milliers d'autres qui sont tombés. Par contre, si vous ne continuez pas votre vie comme avant, je viendrais vous hanter ! Je plaisante bien sûr… Mais je veillerai de là-haut. Et puis, je retrouverai pas mal de gens que je n'ai pas pu ramener. Je ne cesse de me demander si Collin me poursuivra toujours de partout avec son appareil photo là-haut… !

Je sais que c'est comme cela que ça devait se finir. J'ai réalisé mon rêve le plus cher, et j'ai passé une année fabuleuse qui vaut bien ce sacrifice. J'ai toujours su que je mourrai prématurément, c'était écrit. Alors autant que ce soit au profit de la vie des gens que j'aime.

Là où je suis à l'heure où vous entendez ces mots, je suis sûr que j'ai enfin trouvé la paix éternelle que je cherchais tant. Même s'il est certain que j'aurai préféré passer l'éternité aux côtés des mes proches, mourir est aussi une sorte de soulagement. Certaines blessures ne peuvent pas cicatriser. Alors ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais que quoiqu'il advienne, tout se passera bien. Comme disait Dumbledore, ce n'est qu'un voyage, rien de plus.

Je ne vois pas trop ce que pourrais dire d'autre, si ce n'est… Ne faites pas trop de bêtises ! N'oubliez pas que je veille au grain !

Et… bonne vie ! Moi je dois m'arrêter là car les autres ne vont tarder à se demander où je suis passé !

A dans très très très longtemps tout le monde.

Et n'oubliez pas que je vous aime. »

Evidemment la lettre était surtout adressée à ses proches.

Mais cette lettre provoqua un lourd silence et de nombreux sanglots.

Le fait de d'entendre la voix de Harry avait tout de même fait du bien à certain. C'était comme s'il était encore parmi eux. Mais malgré tout ce qu'il pouvait dire, certain ne pourraient jamais s'en remettre. Et ce qu'il ne savait pas, ce dont personne ne pouvait être sûr, c'était qu'il n'y avait pas de là-haut.

Sa biographie, entamée par Tonks et écrite par ses proches, sorti trois mois après sa mort. Elle contenait toutes les anecdotes liées à la vie du jeune sorcier. Son enfance, son adolescence. Ses exploits, ses amours, ses amitiés, ses valeurs. Personne ne l'oublia jamais. Au contraire ! Son histoire sera contée aux nouvelles générations comme un exemple de noblesse, de bonté, de générosité, d'amour et de courage.