Castle entra sans un mot et suivi Beckett, qui déjà, se dirigeait vers la cuisine. La première chose qu'il remarqua sur l'ilot de cuisine fut les dossiers qu'il lui avait apportés le matin même. Elle n'était pas dupe et avait perçu l'inquiétude de Castle à la vue des documents. Il savait qu'elle n'abandonnerait pas, mais il ne se doutait pas qu'il faisait maintenant partie de ses motivations.
Quant à Beckett, elle était hantée par l'idée de perdre Castle à cause de son propre acharnement pour le cas de sa mère. Si la disparition de sa mère avait été dramatique, envisager celle de Castle était inconcevable. Son dilemme restait irrésoluble et les pensées dans sa tête, inconséquentes. Elle savait que si elle abdiquait à retrouver l'assassin de sa mère pour bâtir une relation avec Rick, elle ne serait jamais en paix. Elle ne s'accorderait jamais le droit de s'épanouir pleinement. Elle avait tant d'estime et d'amour pour lui qu'elle préférait se faire violence et se refuser à lui plutôt que de ne lui donner accès qu'à la moitié d'elle-même. Il en souffrirait, ils finiraient par se déchirer et il la quitterait. Et là, c'est son cœur à elle qui ne serait bon qu'à être rôti sur le BBQ. Perdue dans son désir de vengeance, Kate ne savait pas comment, dans un combat ultime, mettre KO la dichotomie de ses pensées.
Mais tous ses efforts pour se convaincre étaient de plus en plus fragiles quand Castle était près d'elle. Dans le coin droit, ceinture jaune, sa volonté ne pouvait rien faire contre son adversaire du coin gauche, ceinture noire, représentant son amour pour Castle. Car il faut bien s'avouer que si elle l'avait laissé entrer chez elle ce soir, ce n'était pas parce qu'elle se sentait prête à se lancer dans la grande aventure.
Elle était maintenant assise avec son pot de crème glacée et une deuxième cuillère, qu'elle avait prise pour lui. Elle n'avait toujours rien dit et son regard le suppliait de faire de même. Castle, excité à la vue de la deuxième cuillère, s'assit enfin et respecta le désir de Kate. Et puis, se dit-il, quel gâchis ça aurait été de laisser fondre cette crème glacée aux fraises! Ils mangèrent en silence, mais ce silence n'était ni lourd ni gênant. Quand ils eurent terminé, elle se leva pour aller porter les deux cuillères dans l'évier. Il s'était levé en même temps qu'elle. Ils anticipaient les mouvements l'un de l'autre, mais ce soir Rick était tellement obnubilé par la réalité, qui dépassait enfin la fiction, qu'il préférait la laisser venir à lui pour ne pas la bousculer dans ses pensées. Kate revint vers lui, et sans un regard, attrapa délicatement le bas de sa chemise et le conduit vers sa chambre à coucher.
Il calqua instinctivement le rythme de ses pas sur le sien afin d'éviter de créer une tension avec sa chemise. Il pouvait, de cette manière, sentir les doigts froids de Kate sur sa peau. Après avoir passé le cadre de la porte de sa chambre à coucher, elle lâcha sa chemise, non sans avoir innocemment pris le temps de caresser son ventre de sa main. Elle se dirigea vers son lit, qui n'était pas défait et se coucha du côté droit, en décubitus latéral, son visage face au mur.
Rick n'avait toujours pas bougé. À sa droite, il remarqua une bibliothèque qui contenait la collection intégrale de ses romans. Cette découverte le fit sourire et lui donna le courage d'aller s'assoir sur le lit. La chambre renfermait déjà un peu de lui. Quand il fut assis, Kate s'étira pour fermer la lampe qui se trouvait sur la table de chevet de son côté. La pièce n'était désormais qu'éclairée par la lumière de la lampe sur la table de chevet proche de Castle. Il prit du temps pour enlever ses souliers, observant le reste de la chambre. Tout lui rappelait une Kate qu'il connaissait peu, mais qu'il devinait. Son regard tomba enfin sur un revolver placé sur la table de chevet. Il ne put s'empêcher d'émettre un petit rire sonore. Il retrouvait ainsi la Beckett qu'il connaissait, ce qui le ramenait un peu dans sa zone de confort.
Même si elle avait laissé entrer Rick dans son refuge, Kate était étrangement calme. Elle n'avait pas dormi depuis trente-six heures et la présence de Castle l'apaisait. Kate s'était maintenant retournée sur le dos et elle le regardait, lui qui était toujours assis, à la découverte de son sanctuaire. Elle se roula sur le ventre, s'approchant ainsi de lui, et tira le bras pour fermer la deuxième lampe. Castle l'avait contemplé sans broncher. Elle le regardait maintenant. Et avec la même délicatesse avec laquelle elle avait pris sa chemise un peu plus tôt, elle prit sa main et l'attira à elle en se repositionnant sur le dos. Elle ne lâcha la main de Rick qu'après s'être bien assurée de l'avoir déposée sur elle. Il se coucha en position latérale et se colla à elle. Il déplaça son bras pour venir poser sa main sur son épaule, ce qui lui avait permis au passage d'effleurer le menton de Kate de son pouce. Il l'entourait maintenant et cala son nez dans son cou. Son cœur battait la chamaille, elle devait le sentir. Elle pouvait également sentir son souffle sur sa peau. Il avait tant rêvé de ce moment. La senteur de cerise qu'elle dégageait. Il s'endormit rapidement sur ces dernières pensées. Au même moment, Kate colla sa joue sur la tête de Rick et sombra également dans le sommeil. Elle ne pensait… à rien.
Un petit oiseau qui se serait perché à la fenêtre pour les observer dormir n'aurait vu que deux êtres complètement amoureux. Lorsqu'ils étaient endormis, aucun subterfuge ne pouvait dissimuler leur profond attachement. Leurs corps tendaient naturellement à ce rapprochement. Ils devraient doucement apprendre à l'apprivoiser. Cet oiseau n'aurait pas pu percevoir leurs âmes brisées par une vie qui n'avait pas toujours été délicate avec eux. Leurs deux visages étaient sereins, leurs corps, détendus.
Kate se réveilla en premier au petit matin. Elle était couchée en position fœtus et faisait dos à Rick. Elle prit le temps de remettre de l'ordre dans ses idées et se retourna tranquillement vers Castle. Il dormait toujours et elle ne put s'empêcher de sourire en le regardant. Il était couché sur le dos, les deux bras élevés à la hauteur de sa tête, les deux mains ouvertes complètement, paumes vers le plafond. L'expression 'dormir comme un bébé' prenait ici tout son sens. Il semblait confiant et paisible.
Rick se réveilla quelques minutes plus tard et il s'étirait déjà quand il ouvrit les yeux. Il se figea, la bouche ouverte, puisqu'il avait retenu son bâillement, se rappelant qu'il n'était pas chez lui. Kate ne put s'empêcher d'éclater de rire devant la tête stupéfaite de Castle. Il se releva sur ses coudes, et la voyant rire, il sourit à son tour.
- Bon matin, lui dit-il en espérant que son haleine du matin ne se propageait pas trop.
C'était les premiers mots prononcés depuis la veille. La sonnerie du téléphone de Castle retentit à ce moment. C'était celle attribuée à Alexis. Castle porta la main à la poche de son pantalon, mais n'y trouvant pas son cellulaire, il lança un regard semi-paniqué à Kate. Elle lui pointa l'objet qui était au pied du lit.
- Allo ma puce!
Kate se leva et sortit de la chambre afin de lui laisser l'intimité nécessaire pour parler avec sa fille. Dès qu'elle referma la porte sur elle, l'angoisse la prit au ventre. Elle porta ses doigts à sa bouche et les mordilla, signe incontestable de sa nervosité. Rick sortirait éventuellement de la chambre et elle devrait lui parler. Elle savait qu'elle ne pouvait pas le laisser passer sa porte d'entrée sans lui avoir parlé. C'était maintenant, sinon elle perdrait le courage de le faire.
Elle se dirigea mécaniquement vers la cuisine et entreprit de faire du café. Son frigo était vide et Castle était un ogre le matin. Son angoisse augmenta d'un cran quand elle entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Quelques secondes plus tard, elle sentait son regard sur elle. Elle se retourna vers lui et essaya de masquer son malaise en disant la première chose qui lui passa par la tête :
- Euh..j'ai pas…j'ai plus de lait…
Elle se passa la main dans les cheveux et se retourna vers la cafetière. Catastrophe! Elle se sentait ridicule. Elle entendit Castle s'approcher et quand elle le vit apparaitre dans son champ de vision périphérique, elle lui tendit son café, laissant une distance raisonnable entre eux. Ses pensées auraient ainsi l'espace nécessaire pour être fonctionnelles.
Elle s'accrocha à son café, qui, quoique liquide, était plus solide qu'elle. Castle prit une gorgée du café noir. Par amour ou par politesse, il ne put le dire, il s'efforça de ne pas grimacer. Il releva la tête vers Kate. Celle-ci avait le regard dans son café et elle semblait calculer la hauteur du plongeon. Il déposa son café sur l'ilot.
- Kate, je…
Elle devait le couper impérativement et se lancer.
- Rick.
Il comprit par le ton de sa voix qu'il ne devrait pas la couper pour ce qu'elle avait à dire. Il la regardait. Elle n'osait toujours pas.
- Ok. Rick… c'est ok, oui… ok, bégaya-elle maladroitement.
Et comme ça, sans grand discours ou explications, elle lui donnait le feu vert. Si l'ilot ne lui avait pas servi d'accotement, il se serait probablement affaissé. Tout son corps s'était mis à frissonner. Il était sans mot, la joie était tellement puissante que même l'écrivain ne pouvait la qualifier. Kate leva finalement les yeux vers l'homme qu'elle aimait, intriguée par son silence. Castle puisa dans son regard la force de se rapprocher d'elle et approcha ses mains tremblantes de ses joues. De ses pouces, il caressait ses lèvres. Elle ferma les yeux. Trop longtemps ils avaient attendus ce contact si doux. Il passa ensuite ses mains sur le reste de son visage. Son menton, son nez, son front. Il voulait imprimer sur ses mains chacun des traits de son visage que ses yeux connaissaient déjà par cœur. Il traça le contour des yeux, de sa mâchoire et ses doigts se perdirent finalement dans son cou.
Kate gémissait doucement. Son corps frémissant trahissait l'intensité de son désir. Rick plissa les yeux légèrement. Il approcha sa bouche de la sienne et Kate fit la deuxième moitié du chemin. Leurs lèvres s'unissaient pour la première fois en douceur. Le contact de leurs deux langues avaient néanmoins fait croître leur besoin inassouvissable de proximité. Rick colla son corps entier contre celui de Kate et elle referma ses bras autour de lui. La passion les avait gagnés rapidement et ils se retrouvèrent bientôt contre le réfrigérateur. Ils n'avaient pas assez de leur cinq sens pour se découvrir. Ils se touchaient sans gêne… et le téléphone de Beckett sonna.
Castle déposa son front contre celui de Kate. Il respirait. Plutôt, son cœur respirait enfin. Kate lui caressa langoureusement le visage et se dégagea de la chaleur de son corps pour aller répondre.
Elle se racla la gorge et répondit
- Beckett.
Son regard était toujours plongé dans celui de Castle, ce qui marquait un progrès énorme pour elle. Castle n'avait pas bougé et son dos était toujours collé au réfrigérateur.
- O…, elle allait dire 'on'! J'arrive, rectifia-t-elle.
Elle raccrocha et annonça à Castle :
- Un autre corps a été retrouvé près du salon de coiffure. On doit y aller… maintenant.
- Je dois passer me changer.
Les deux se sourirent et se donnèrent rendez-vous sur le lieu du crime. Il la laissa se préparer et prit un taxi jusque chez-lui. Il croisa tout juste Alexis, qui préparait son sac à dos pour aller dormir ce soir chez Ashley. Une amie avait organisé une petite fête et avant d'accepter que sa fille s'y rende, Castle avait procédé à une interrogation en règle. Sa fille n'avait pas hésité à le taquiner à l'effet qu'il passait trop de temps avec Beckett et qu'il s'apparentait de plus en plus à un détective.
À peine une quinzaine de minutes plus tard, il embarquait à nouveau dans un taxi. Son premier arrêt était pour l'achat des deux cafés. En route vers la scène du crime, il ne pouvait s'empêcher de fredonner la chanson qui jouait à la radio. Il était heureux et amoureux comme jamais. Ce bonheur était égal à celui qu'il avait ressenti lors de la naissance d'Alexis. Katherine Beckett. Simplement son nom lui donnait des ailes. À l'approche du prétendu salon de coiffure, il se demanda comment se comporter avec elle. Lorsqu'il passa sous le ruban jaune, Esposito lui fit un signe de tête. Beckett était penchée au-dessus du corps. Elle se releva et regarda Castle comme elle l'avait fait depuis trois ans. Aucun malaise jusqu'à présent.
- Le café au lait de madame.
Il avait subtilement mit l'emphase sur le mot 'lait'. Elle comprenait l'allusion et lui répondit par de gros yeux. Mais Castle regardait déjà Esposito, qui l'informait que la nouvelle victime voulait également louer le fameux local.
Ils se retrouvèrent rapidement au poste à discuter des preuves amassées et à écouter les théories de Castle. La journée s'acheva vers 21 heures seulement.
Ryan se passa la main au visage et soupira.
- Jenny, va surement dormir quand je vais arriver, elle est fatiguée par les préparatifs du mariage.
Esposito enchaîna :
- Lanie finira dans une heure ou deux alors j'ai du temps à tuer.
La figure rhétorique d'Esposito fit éclater de rire Castle, mais il se contenta de répondre :
- Alexis dort chez son copain et ma mère a une répétition. Je me retrouvai abandonné dans cet immense appartement!
Il affichait un regard faussement paniqué. Les trois hommes se tournèrent vers Beckett, qui en perdit son sourire. Elle ne voulait pas parler de sa soirée. Elle jeta un coup d'œil subtil vers Castle et déclara :
- Il se fait tard…
C'était sa phrase passe-partout. Elle l'utilisait toujours pour se sortir d'embarras. Elle les entraina vers l'ascenseur. Ils discutèrent encore quelques minutes dans le stationnement. Bientôt Ryan se dirigeait vers sa voiture en leur faisant un signe de la main et Castle s'apprêtait à appeler un taxi. Esposito lui tapa l'épaule.
- Allez Bro, je te ramène.
Beckett avait le regard plongé dans son grand sac et tentait de retrouver ses clés. La proposition d'Esposito ne lui simplifiait pas les choses et elle devait réagir rapidement. Elle voulait Castle auprès d'elle pour la nuit. Sans lever les yeux de son sac, elle leur dit :
- Je m'en occupe. Je dois passer dans le coin… Tu feras un détour si tu dois revenir ici chercher Lanie… et moi je dois passer dans le coin.
Elle s'arrêta et releva la tête. Ils la regardaient, surpris, mais déjà elle se retournait vers sa voiture.
- Tu viens Castle?
Castle trottina jusqu'à Beckett. Quant à Esposito, il s'arrêta à mi-chemin de sa voiture et se retourna vers les deux partenaires. Quelque chose semblait avoir changé entre les deux, mais il n'aurait pas pu dire quoi exactement.
C'était silence dans la voiture. Le feu rouge décisif approchait. Si Kate prenait à gauche, elle venait le reconduire chez lui et si elle prenait à droite, ils allaient chez elle. Il n'osait rien dire, mais il espérait qu'elle choisirait le bon côté. Le feu tourna au vert et Kate tourna à droite. Castle eut un sourire, mais ne put s'empêcher de pointer vers la gauche.
- Ce n'est pas la direction pour se rendre chez moi…
Elle lui jeta un coup d'œil rapide, mais ne releva pas le commentaire. Rick prit un air faussement terrifié et s'accrocha à sa ceinture.
- Je suis victime d'un enlèvement… À l'aide!
Kate leva les yeux au ciel. Elle lui était reconnaissante de détendre l'atmosphère. Pour le reste du trajet, il resta silencieux, un magnifique sourire aux lèvres. Parce qu'ils étaient conditionnés à cacher leurs sentiments, rien dans leur démarche pour se rendre à l'appartement de Kate ne laissait supposer qu'ils étaient maintenant un couple.
L'atmosphère changea instantanément quand ils se retrouvèrent à l'abri des regards indiscrets. Rick ferma la porte et s'approcha de Kate. D'un même élan, ils s'étaient rués l'un sur l'autre. Ils avaient repris exactement où ils s'étaient laissés le matin même.
Ils s'embrassaient passionnément et déjà Kate s'attaquait aux boutons de la chemise de Rick. Toutefois, celui-ci avait en tête de prendre le temps de la découvrir et de l'amener progressivement à ébullition. Leur première fois s'était déroulée sauvagement et il s'était promis de savourer sa prochaine opportunité. S'il y en avait une, il n'aurait pas pu prédire l'avenir à ce moment. Rick prit délicatement les mains de Kate et entrelaça ses doigts avec les siens.
Délibérément lent, il couvrait son cou de longs baisers sensuels. Quand elle chercha sa bouche pour reprendre l'ascendant, il emprisonna délicatement son visage de ses grosses mains. Il sentait Kate émoustillée par son désir. Elle gémissait sans retenue.
Rick la guida vers la chambre à coucher. Kate avait l'impression que sa chambre se trouvait à des kilomètres. Elle se languissait de le sentir en elle. Et Rick, qui ne lui laissait pas prendre les devants… Quand elle se trouva à quelques pouces de son lit, elle s'y laissa tomber, entraînant Rick dans son vol plané.
Il s'écarta d'elle et prit quelques secondes pour la contempler. Elle était magnifique! Kate enroula ses mains autour du cou de Rick et tenta de l'attirer à elle. Il lui résista et quand elle décida de se rapprocher elle-même, il la plaqua élégamment contre le matelas. Elle avait un tempérament fougueux et rebelle. Ce n'était pas mince affaire de tenter d'assujettir son humeur bestiale. Elle était tributaire de son désir; son corps étant arqué par la force des convulsions qui la submergeaient.
Rick entreprit finalement de retirer la blouse de Kate. Délicatement, il avait détaché son soutien-gorge tandis qu'elle aurait voulu qu'il l'arrache. Elle tenta de s'attaquer à la chemise de Rick, mais il l'en empêcha. Il retira ensuite le pantalon et le sous-vêtement de Kate. Elle était maintenant nue contre lui. Il caressait sensuellement son corps de sa main droite tandis qu'il retenait les épaules de Kate contre le matelas de la main gauche. Il prenait le temps de la regarder, de la découvrir. Il déposa de longs baisers humides sur sa poitrine. Et puis sur son ventre.
Kate se sentait littéralement comme si elle allait exploser. Elle n'avait plus la maîtrise de son corps. Elle était dans l'attente interminable des prochains gestes de Rick. Elle aurait voulu lui crier qu'elle n'en pouvait plus, le presser de s'unir à elle, mais elle n'en avait plus la force. Elle manifestait son appétit par de lancinantes lamentations.
Ses doigts s'agrippaient aux cheveux de Rick, qui différait intentionnellement le moment où il allait plonger en elle. Quand il se décida finalement à détacher sa chemise, elle s'attaqua à sa ceinture dans un regain d'énergie. Il en était au quatrième bouton qu'elle avait déjà retiré son vêtement. Rick tremblait à présent. Pragmatique, Kate arracha les boutons non défaits de sa chemise. Ceci les fit sourire tous les deux. Ce n'était sûrement pas la dernière chemise qui subirait les foudres de Kate. Il ferait mieux d'en faire des provisions.
Se disant probablement que c'était sa chance de prendre le contrôle, Kate embrassa fougueusement Rick et tenta de le renverser sous elle. Elle n'y parvint pas, mais réussit tout de même à amener Rick à la limite du point de non-retour. Signal d'une supplication extrême, elle avait susurré le prénom de Rick à l'oreille de ce dernier.
Leurs deux corps se mélangeaient enfin. Rick n'avait pas pris le temps de lui laisser explorer son corps. Seul celui de Kate avait de l'importance à ses yeux.
Leurs mouvements étaient maintenant parfaitement accordés dans un délire sans précédent. Le spasme qui les secoua à quelques secondes d'intervalle les laissa haletant et complètement dévastés. Ce n'est qu'alors que Kate put renverser Rick sur le dos. Elle eut tout juste la force de déposer un baiser sur ses lèvres et elle laissa choir sa tête sur l'épaule de Rick. Ils étaient complètement épuisés et ils s'endormirent ainsi, nu l'un contre l'autre.
