Chapitre 8: Manquerait plus que je m'entiche de la fille qu'aime mon meilleur pote!

Les jours passaient, et le Serpentard et la Gryffondor autrefois rivales passaient de plus en plus de temps ensemble. Les gens de leur maison leur déconseillaient de faire ça, mais ils faisaient la sourde oreille.

Hermione était en totale plénitude. Elle passait énormément de bons moments avec Blaise, et elle commençait à réellement tomber amoureuse de lui.
Ginny était heureuse pour son amie, mais l'avis n'était pas partagé par Harry et Ron.

« Je n'ai pas confiance en lui, Hermy. Lui avoua Ron.

- Moi non plus. Qui sait s'ils ne te font pas un sale coup, lui et la fouine?

- S'ils me préparaient vraiment quelque chose, je l'aurais remarqué. J'ai appris à bien connaître Blaise, et je sais qu'il est sincère quand il est avec moi. Alors arrêtez de vous prendre pour mes parents et de me chouchouter, je suis grande, je sais gérer toute seule. »

Elle posa un regard plein de confiance sur ses amis, qui ne purent la contredire. Elle faisait plutôt tête de mule, quand elle s'y mettait.

Elle se leva et partit à son énième rendez-vous avec Blaise. Cette fois-ci, ils se voyaient à la bibliothèque, pour partager leurs avis sur des livres.

En chemin, elle croisa un groupe de filles. Des Serpentards, d'après ce qu'elle savait. Ses doutes se confirmèrent lorsqu'elles lui lancèrent un regard glacial quand elle passa. Elle entendit alors quelque chose qu'elle aurait préféré ne jamais entendre.

« ... et je crois bien que je plais à Blaise. Tu sais, Zabini. Piailla une des filles. Hier, on était dans la Salle Commune des Serpentard et on a parlé presque toute la soirée. Il a dit qu'il aimerait qu'on fasse ça plus souvent. J'ai des chances de sortir avec lui! »

La mine dépitée d'Hermione fit rire les filles. Elle s'éloigna au pas de course, la gorge nouée. Blaise lui avait dit qu'hier soir, ils ne pouvait pas se voir car il avait du retard sur ses devoirs et qu'il fallait qu'il les avance. Lui aurait-il... menti?

Elle avait presque envie de pleurer. Lorsque des larmes s'échappèrent de ses yeux, elle les essuya rageusement et tenta d'ignorer la douleur subite qui l'avait prise au cœur.

Au détour d'un couloir, elle percuta quelqu'un de plein fouet et manqua de tomber en arrière. Elle croisa le regard de Malefoy et soupira.

« Tu pourrais pas faire attention où tu mets les pieds, Granger? Râla-t-il, époussetant son t-shirt.

- Je pourrais te retourner la question. Répliqua-t-elle, le cœur en compote.

- Je rêve ou tu pleures? S'exclama-t-il, ayant vu les yeux rouges et les lèvres tremblantes de la jeune femme. »

Trop fatiguée pour continuer, elle décida de l'ignorer et passa devant lui sans lui répondre. Mais il la rattrapa par le bras, et la tourna vers lui de façon à ce qu'ils se retrouvent face à face.

« Je n'apprécie pas qu'on m'ignore, Granger. Qu'est ce qu'il t'arrive?

- Comme si ça t'intéressait. Souffla-t-elle, les yeux rivés sur ses chaussures. »

Il leva son menton, de façon à ce qu'elle le regarde dans les yeux.

« C'est à cause de Blaise? Tenta-t-il.

- Ça ne te regarde pas! S'emporta-t-elle, repoussant le Serpentard.

- Bien sûr que si, c'est mon meilleur ami je te rappelle!

- Je n'ai pas envie d'en parler avec toi...

- Tu fais erreur. Je suis le mieux placé pour te conseiller.

- Et pourquoi tu ferais ça? Tu me détestes.

- Parce que, pour la quinzième fois, Blaise est mon meilleur ami! Et même si, en effet, je n'approuve pas le fait que vous passiez beaucoup de temps ensemble, je dois faire avec, et si ça ne va pas entre vous, je suis là pour y remédier. Alors, tu vas me suivre sans broncher et m'expliquer ce qu'il se passe. »

A contre-cœur, Hermione suivit Drago à travers le château. Ils arrivèrent dans un couloir peu fréquenté, et ils s'assirent tous les deux contre une fenêtre.

« Alors? Relança Drago.

- Vous vous êtes bien fichus de moi, hein? Railla Hermione, un sourire faible aux lèvres. Ça devait être drôle de faire croire à la pauvre petite Sang-De-Bourbe qu'un Serpentard appréciait passer du temps avec elle et était même amoureux d'elle. Oh ouais, vous avez du vous taper de ces barres grâce à ma naïveté!

- Mais enfin, de quoi tu parles, Granger? S'étonna Drago à voix haute.

- Tu vois très bien de quoi je parle! Hurla-t-elle en se levant, à bout. Tu m'as fait croire que Zabini m'aimait, et il me l'a fait croire aussi! Tout n'était que du faux, c'était juste pour vous payer ma tronche, me ridiculiser, m'humilier, me... »

Elle n'arriva pas à terminer sa phrase et s'écroula au sol, une crise de pleurs l'ayant prise. Elle cacha son visage dans ses mains et laissa les larmes rouler sur ses joues.

Le Serpentard la regardait, impuissante. Il ne savait pas quoi faire: se moquer d'elle ou... la réconforter?

Il se mit à sa hauteur et attendit qu'elle se soit un peu calmée pour prendre la parole.

« Je ne sais absolument pas où tu es allée chercher cette idée mais je peux t'assurer que nous n'avons jamais une seule seconde penser à se moquer de toi avec ça. Blaise est vraiment amoureux de toi, je ne te mens pas.

- Pourquoi je te croirais? Croassa Hermione.

- Regarde moi. »

Encore une fois, il attrapa le visage de la Gryffondor sans lui demander son avis pour planter son regard dans le sien. Elle leva à contre cœur ses yeux emplis de larmes sur lui, et ne se concentra que sur les doux yeux gris de Malefoy.

« Je te dis la stricte vérité. Tu peux quand même voir dans mes yeux si je mens ou pas, non? Il paraît que c'est la fenêtre de l'âme ou une connerie dans le genre. Je suis pas très doué pour ce genre de choses. »

Il fut ravi de voir que sa remarque arracha un petit sourire à Hermione. C'était déjà un début.

« En tout cas, je te promets que je ne mens pas, Granger. Blaise est amoureux de toi, et pas un seul instant, on avait prévu de se payer ta tête avec ça.

- J'ai envie de te croire mais... Dans ce cas, pourquoi cette... cette fille a dit qu'elle allait sûrement sortir avec lui?

- Hein? Lâcha Drago, perplexe. »

Il libéra le visage d'Hermione, et la laissa expliquer ce qu'elle avait entendu dans les couloirs tout à l'heure. Drago ne put s'empêcher de ricaner.

« Millicent Bulstrode. Elle en rate pas une, celle là.

- Comment ça? Demanda Hermione, intriguée.

- Ça fait déjà un petit moment qu'elle a des vues sur Blaise. Et elle n'était pas franchement ravie de savoir que vous passiez du temps ensemble, toi et lui. Est ce qu'elle a vu que tu passais à côté quand elle l'a dit?

- Oui, elle et ses potiches de copines se sont même moquées de moi.

- En même temps, il y a de quoi. Railla Drago, avant de se faire réprimer du regard par Hermione. Désolé, c'est plus fort que moi. Bref, je disais donc qu'elle a sûrement dit ça uniquement pour te faire du mal. Et à ce que j'ai vu, elle a réussi.

- Ça m'a fait très mal de me dire que Blaise s'était fichu de moi, parce que... je me suis énormément attachée à lui. »

Drago ignorait pourquoi, mais en entendant ces mots, il eut un pincement au cœur.

« Si je peux te rassurer, Blaise ne jure plus que par toi, maintenant. Il me parle tellement de toi que parfois, je me jette un sort de surdité pour ne plus l'entendre. »

Même si les paroles des Serpentard n'étaient pas censés être gratifiantes, Hermione explosa tout de même de rire. Il l'imita, content qu'elle ait arrêté de brailler. Il était plutôt mal à l'aise quand elle pleurait devant lui.

« Bon, j'ai quand même mieux à faire que de rester avec toi, donc je me casse. Dit-il brusquement.

- Ah, j'avais presque oublié qu'on se détestait. Railla Hermione, exaspérée que le vrai Drago soit de retour.

- Moi, je n'ai pas oublié. A la base, si je suis resté avec toi, c'est uniquement parce que tu es la fille qui plaît à Blaise, sinon je ne t'aurais même pas calculé. »

Hermione leva les yeux au ciel et Drago fit un sourire mauvais. Il se leva alors et repartit en direction de sa Salle Commune.

Elle se retrouva seule au milieu du couloir et réfléchit à ce qu'il venait de se passer: elle avait eu une discussion normale avec Drago Malefoy. Il l'avait rassuré, avait été patient et doux avec elle, et ils avaient même ri ensemble à la fin. Elle gravait ce moment dans sa mémoire, car il risquerait de ne plus jamais se reproduire!

Elle se releva et allait repartir dans sa Salle Commune quand elle se rappela de quelque chose: Blaise! Elle avait quand même un rendez vous avec lui, et à cause de cette histoire, elle était monstrueusement en retard!

Elle cavala jusqu'à la bibliothèque et y entra, essoufflée. Elle eut peur qu'il soit parti, las de l'attendre mais il était là, assis à une table, en train de lire. Elle s'approcha et tira la chaise à côté de lui. Il leva la tête deux secondes et replongea immédiatement dans son livre.

« Tu es en retard. Dit-il simplement.

- Je sais, désolée j'ai eu un... contre-temps.

- Ça ne fait rien. Alors, ta journée? »

Ils se racontèrent alors leur journée en détails, mais Hermione avait la tête ailleurs. Elle n'arrêtait pas de penser à ce moment où elle avait été si proche de Drago. Il avait été tellement gentil avec elle...

« Tu rougis vraiment pour un rien, toi. Dit soudain Blaise, la tirant de ses rêveries.

- Quoi? S'étonna-t-elle.

- Je t'ai simplement dit que tu avais bon goût en matière de livres, tu t'es mis à rougir et à sourire comme une idiote. Je ne dis pas, c'est très mignon mais tout de même, tu rougis facilement. »

Il rit doucement et elle l'imita, mais elle se sentait affreusement honteuse. Elle n'avait pas écouté un traître mot de ce qu'il disait, elle était en train de penser à... Oh non. Elle avait réellement rougit et sourit en repensant à sa conversation avec Malefoy?

De son côté, Drago ne pouvait s'empêcher de penser à elle. Elle avait paru si vulnérable, si fragile. Jamais il ne l'avait vu pleurer, et encore moins à grosses larmes.
Lorsqu'il l'avait incité à la regarder dans les yeux, il s'était senti... ailleurs. Coupé de tout. Il ne voyait qu'elle et ses beaux yeux chocolats.

Doux seigneur... Qu'elle était belle.

Bon sang, Drago réveille toi! Se sermonna-t-il mentalement. C'est ta pire ennemie, une sang impure, et qui plus est, la fille que ton meilleur ami aime!

« Manquerait plus que je m'entiche de la fille qu'aime mon meilleur pote! Ne put-il s'empêcher de crier, à bout de nerfs. »

Il donna un coup de poing rageur dans son oreiller et s'allongea sur son lit. Il n'était que vingt-et-une heures, mais il était tellement à bout qu'il ne voulait qu'une chose: dormir.

...

Encore trop court, je parie? Je m'améliorerai après, promis.

Morgane.