Bonjour à tous !

Avant tout, merci beaucoup pour vos reviews, je ne m'attendais pas à autant de commentaires positifs et à autant d'enthousiasme. Je m'excuse du retard que j'ai pris pour poster ce chapitre, mais je me suis rendu compte en réfléchissant à la manière dont j'allais tourner la suite qu'il y avait des événements que je ne comprenais absolument pas dans la chronologie de Rowling. J'ai donc passé une bonne partie de mon temps à réfléchir et à débattre avec des amis pour tenter de comprendre. En effet, je me refuse à faire la moindre incohérence avec l'univers de J.K. et je pense qu'elle nous a laissé suffisamment d'éléments pour que l'on puisse ne pas en faire. Sauf que j'ai longtemps cru que c'était elle qui avait commis une erreur et laissé traîner une énorme incohérence. Mon fiancé n'a cessé de me répéter que j'étais trop tatillonne et que le principe d'une fic était de se permettre des libertés sur les choses que l'on ne savait pas et que l'auteur expliquait mal mais je n'ai rien voulu savoir. J'ai finalement trouvé la seule solution plausible après avoir relu pas mal de passages d'un peu tous les tomes d'Harry Potter. Du coup si certaines choses ne vous paraissent pas logiques ou pas claires, n'hésitez pas à me poser des questions à présent, j'ai réponse à tout ! Merci à mon frère qui a supporté de m'entendre monologuer durant plus d'une heure en lui faisant relire des passages du tome 3 pour me prouver que je tenais bien la seule solution possible^^. Sur ce, je pense que je vous ai suffisamment raconté ma vie pour aujourd'hui et même pour les trois mois à venir, alors place à la fiction !

Juillet-août 1980

Je poussai la porte branlante du vieil immeuble gris qui abritait mon logement. C'était un petit bâtiment délabré d'à peine trois étages situé au cœur d'un quartier modeste de Londres. La porte d'entrée ne se fermait plus réellement mais aucun locataire ne s'en souciait, de toute façon aucun voleur sain d'esprit n'aurait l'idée d'aller chercher quoi que ce soit de valeur dans cet endroit miteux. C'était probablement ce fait même qui m'avait fait choisir ce taudit comme résidence : il me semblait qu'aucun Mangemort, ni Voldemort lui-même, n'aurait jamais l'idée d'aller me chercher ici. Je n'étais pas particulièrement recherché, en tout cas pas plus que les autres membres de l'Ordre du Phénix, mais contrairement à eux, contrairement à James et Lily qui avaient aménagé dans le charmant cottage de la famille de Cornedrue après la mort de ses parents, j'avais peur, une peur tenace et permanente que l'on me trouve, que l'on me torture, que l'on me tue… Cet endroit misérable, sans que je puisse m'expliquer pourquoi, me donnait une sorte de sentiment de sécurité, le même sentiment que j'avais autrefois chaque fois que je me trouvais en compagnie des trois autres maraudeurs et que je n'arrivais plus vraiment à éprouver depuis quelque temps, même lorsque je passais du temps auprès d'eux tous, ce qui était d'ailleurs de plus en plus rare. James et Lily avaient aménagé à Godric's Hollow et, sur les conseils de Dumbledore, y passaient de plus en plus de temps depuis que Lily était enceinte. Sirius s'était trouvé un petit appartement en plein centre de Londres et il semblait ne vivre que pour l'Ordre, perpétuellement en mission, nous le voyions de moins en moins souvent. Quant à Remus, il logeait la plupart du temps au quartier général et il était comme souvent secret et mystérieux j'ignorais s'il se confiait davantage aux autres, mais j'avais pour ma part de plus en plus de mal à lui parler.

Je posai le pied sur la dernière marche de l'escalier poussiéreux et j'arrivai sur le palier du troisième et dernier étage. Mon appartement, si on pouvait l'appeler ainsi, était celui du fond, juste sous la charpente du toit. C'était en réalité plus un réduit qu'autre chose, un lit, une table, quelques meubles d'appoint pour le rangement et un petit coin cuisine. L'endroit était sombre et peu confortable et Sirius se plaisait à l'appeler le trou à rat, un nom qui lui convenait particulièrement bien compte tenu de l'animal en lequel je savais me transformer.

Nous étions le dernier jour de juillet et ce jour-là, il régnait dans mon trou à rat une chaleur suffocante que même les éventails magiques offerts par Lily lors de mon dernier anniversaire, enchantés pour s'agiter tous seuls, ne parvenaient pas à dissiper. Je refermai la porte avec lassitude et la couvris de quelques sortilèges de protection avant de m'affaler sur mon lit. L'été était particulièrement chaud cette année et je me pris à songer à Lily qui était dans ses derniers jours de grossesse. J'espérais qu'il faisait meilleur à Godric's Hollow. C'était un village tout à fait charmant où mes deux amis s'étaient immédiatement très bien intégrés. Ils avaient établi d'excellentes relations avec leurs voisins dès les premiers jours et, comme partout où ils se rendaient, ils s'étaient très rapidement fait apprécier. Je n'avais pas cette faculté. Depuis un an à présent, je travaillais au ministère de la magie comme secrétaire et je n'avais aucun collègue avec qui je m'entendisse suffisamment bien pour échanger davantage qu'un bonjour.

La journée qui venait de s'écouler n'avait pas dérogé à la règle, mais au fond cela me convenait plutôt bien. Au ministère, très peu de gens me remarquaient, je faisais mon travail mécaniquement, personne ne me posait de questions et mon patron direct semblait plutôt satisfait de moi. Cette vie n'avait absolument rien de palpitant, néanmoins elle présentait quelques avantages qui suffisaient à me la rendre tout à fait acceptable. En effet, depuis quelque temps, l'Ordre du Phénix suspectait des Mangemorts d'avoir infiltré le ministère de la magie et mon patron, Augustus Rookwood, faisait partie des sorciers que nous avions particulièrement décidé de garder à l'œil. Mon poste de secrétaire était donc tou indiqué pour surveiller ce que pouvait éventuellement préparer Rookwood. Néanmoins, nous n'avions pour l'instant aucune preuve permettant de l'appréhender. Cette position représentait pour moi un réel avantage car, depuis que je faisais ce travail au Ministère, les autres membres de l'Ordre considéraient que j'avais suffisamment à faire en surveillant les faits et gestes de mon patron et de ses collègues et ne m'envoyaient plus en mission dans le vif des combats. Je me rendais utile auprès de la résistance contre le mage noir et je faisais honneur à l'amitié que m'accordaient les autres maraudeurs et Lily tout en ayant le sentiment de ne pas prendre trop de risques.

J'allumai d'un geste machinal le poste de radio sorcier posé sur ma table de nuit et je me calai un peu plus confortablement contre mon oreiller pour écouter les informations.

Il y avait encore eu des meurtres horribles, des tas de moldus assassinés, on nous renouvelait des conseils de prudence, il me semblait depuis quelques années entendre tous les jours les mêmes nouvelles avec seulement des noms et des lieux différents. Notre petite résistance était bien médiocre et le ministère était devenu franchement incompétent, d'autant plus qu'il était à moitié rongé de l'intérieur. Un jour, inévitablement, le Seigneur des Ténèbres prendrait le contrôle du pays, du continent, du monde… Les journalistes des radios sorcières ne relateraient plus d'horreurs, mais les exploits et la gloire de notre nouveau maître à tous… Et ce jour-là, qu'adviendrait-il de l'ordre du Phénix ? Ce jour-là, dans quel camp vaudrait-il mieux être ? Ce jour-là, tous ces gens qui avaient des familles, des enfants, ne feraient-ils pas mieux de se mettre au service du mage noir et de bénéficier de tous les avantages qu'il voudrait bien accorder à ses suiveurs plutôt que de lutter vainement et de périr ? Qu'avions-nous encore à gagner à nous battre ainsi ?

Je fus brutalement arraché à mes rêveries par plusieurs coups énergiques frappés à ma porte. Un peu hagard, je me levai, j'éteignis la radio d'un coup de baguette rageur et je me passai la main sur le front comme pour évacuer les restes d'un mauvais rêve. C'est alors que je réalisai que j'avais abondamment transpiré et que ma main était glacée et tremblante. Comment pouvais-je avoir de telles idées, comment pouvais-je imaginer que le monde serait mieux du côté de Voldemort ? Comment pouvais-je, ne serait-ce qu'en pensée, trahir mes amis, eux qui étaient si forts, si courageux ? Mais étaient-ils encore les plus forts ? Je me dirigeai vers la porte en prenant de profondes inspirations pour chasser ces pensées qui me dérangeaient et je posai la main sur la poignée.

« Qui est là ?

-C'est Sirius ! Ouvre c'est urgent ! »

Je sentis mon cœur se mettre à cogner dans ma poitrine, mais mes réflexes de protection, comme chez tous les membres de l'Ordre et plus généralement tous les sorciers, étaient tellement ancrés en moi à présent que je répondis immédiatement et avant toute autre chose :

« Comment fait-on disparaitre le contenu de la carte du maraudeur ?

-Méfait accompli, répondit la voix excitée de Sirius derrière le panneau de bois. »

J'ouvris immédiatement la porte.

« Ca va, c'est bien toi, fis-je stupidement tout en laissant entrer Sirius et en lui donnant une grande tape dans le dos, geste qu'il me rendit avec autant de fougue en ricanant de ma remarque de son rire presque canin.

-Queudver, enchaîna-t-il aussitôt visiblement essouflé, Lily a accouché, c'est James qui vient de me prévenir et qui m'a envoyé l'annoncer aux autres ! »

Je poussai des exclamations de surprise et de joie. C'était une merveilleuse nouvelle et je me sentais brusquement empli d'une jubilation sans bornes. A cet instant, personne au monde n'aurait pu réussir à me faire croire que les pensées noires que j'avais nourries quelques minutes seulement auparavant étaient miennes.

« On peut aller voir le bébé, m'enthousiasmai-je, Lily va bien ? IL est beau ? C'est un garçon ou une fille ? James doit être complètement fou de joie ! »

Je sautillais presque sur place et Sirius se mit à nouveau à rire de ce rire communicatif qui ressemblait à un aboiement.

« On y va tout de suite, Lily est en parfaite santé juste un peu fatiguée, c'est un petit garçon qui s'appelle Harry et James, oui, est presque aussi excité que toi. »

Il ponctua sa réflexion d'une grimace à mon intention et me poussa vers la porte.

Lors de la réunion suivante de l'Ordre au quartier général, Lily n'était pas là mais James avait apporté suffisamment de photos pour passer une journée à les commenter. Le petit Harry était un bébé magnifique au sujet duquel tout le monde ne cessait de s'extasier, et je n'étais pas en reste, moi qui pourtant n'aimait pas particulièrement les enfants. Si les divers mariages qui avaient eu lieu dans mon entourage et la joie de tous ces gens alors qu'ils côtoyaient quotidiennement la mort avaient suscité en moi de la mélancolie et parfois même une pointe de jalousie, la naissance de cet enfant m'apparaissait comme un présage d'espoir. C'était Sirius qui avait été choisi comme parrain de Harry et il n'y avait pas lieu de s'en étonner, Sirius et James étaient plus proches que n'importe qui d'autre au monde,mais je me sentais tout de même un peu comme l'oncle de ce petit, comme quelqu'un de sa famille.

Avant que la réunion puisse réellement commencer, il se passa une bonne demi-heure où, malgré des décès encore récents parmi les membres de l'Ordre, la liesse fut générale. Alice et Franck venaient eux aussi d'avoir un bébé, Neville, et les deux pères échangeaient leurs impressions avec force enthousiasme. Les femmes se faisaient passer les photos du petit en parlant et en riant et il y eut même un moment où Hagrid, le garde-chasse semi-géant de Poudlard qui avait toujours bien aimé notre petit groupe quand nous étions à l'école, vint me voir, me posa l'une de ses énormes mains sur l'épaule et me déclara :

« Tu sembles vraiment content Peter. Ca faisait longtemps que t'avais pas eu l'air aussi joyeux, ça fait plaisir à voir. »

Ses yeux étaient brillants et il ne faisait aucun doute qu'il avait versé quelques larmes d'émotion en regardant les photos du bébé. Seul Dumbledore ne semblait pas partager le bonheur général. A dire vrai, il semblait même particulièrement soucieux, assis seul dans un coin de la pièce et je sentais que nous risquions d'apprendre des informations qui nous couperaient toute envie de faire la fête au cours de la réunion.

Pourtant, il n'en fut rien. Depuis notre dernière rencontre, peu de choses avaient évolué et la réunion fut rapide. Chacun fit un petit point de ses activités, mais nous n'apprîmes ni décès, ni disparition inquiétante et peu à peu, les gens quittèrent la maison qui nous servait de quartier général sans que j'aie le sentiment d'avoir eu une explication satisfaisante à l'angoisse manifeste du directeur de Poudlard. Il nous avait simplement recommandé de demeurer les plus discrets possibles au sujet de la naissance de Harry et de Neville, mais il n'y avait à cela rien de très anormal nous savions tous que les enfants ou les conjoints constituaient un moyen facile de faire pression sur les membres de l'ordre pour les Mangemorts.

Assis sur un pouf dans le salon de la maison qui nous servait de quartier général, j'écoutais parler Hagrid et Arthur Weasley en attendant les autres maraudeurs. Nous devions en effet nous retrouver pour manger et passer un bout de l'après-midi ensemble et je commençais à me demander ce qu'ils pouvaient bien faire. Arthur parlait au demi-géant de son travail au Ministère, mais je n'écoutais que d'une oreille distraite. J'avais hâte de quitter cet endroit et de profiter de mes amis, d'évoquer les bons souvenirs, de parler d'autre chose que de Mangemorts et de ténèbres.

Mais je ne revis pas James ce jour-là. Ce fut Sirius, seul, qui vint finalement me rejoindre.

« Eh, Queudver, viens un peu par ici, faut que je te parle. »

J'adressai un signe amical de la main à Hagrid et Arthur et je suivis mon ami brun celui-ci m'entraîna dans une autre pièce de la maison et referma la porte derrière nous. Je fus un peu rassuré de voir que Remus lui aussi était là mais je trouvais ce comportement intrigant. Pourquoi tant de mystère ? Ce n'était pas vraiment le genre de Patmol qui plus est et je sentais malgré moi mes entrailles se contracter sous l'effet d'une inquiétude grandissante.

« Peter, Remus, nous fit-il en nous regardant bien en face, ce qui ne fit qu'accroître mon inquiétude car il était rare de l'entendre nous appeler par nos prénoms, Dumbledore a confié à James qu'il pense que Harry est en danger. »

La surprise et l'incompréhension apparurent dans le doux regard de Remus tandis que je poussais une exclamation inquiète. Bien sûr, Harry était en danger comme nous tous, mais si Sirius nous en parlait ainsi, c'était que quelque chose de plus grave était en question et je ne voyais absolument pas ce qu'un petit bébé pouvait avoir d'intéressant ou de gênant aux yeux du mage noir.

« Comment ça ? demandai-je pour relancer Sirius qui ne semblait pas disposé à poursuivre et qui avait l'air subitement pensif.

-Eh bien c'est un peu curieux, Dumbledore n'a pas voulu lui en dire plus et pourtant vous connaissez Cornedrue, il a insisté. A priori, il a de bonnes raisons de penser que Voldemort est convaincu qu'il a intérêt à faire disparaître le petit, et Queudver, pas la peine de faire un bond de vingt mètres quand je dis son nom. Voldemort, Voldemort, Voldemort ! »

Malgré mes tentatives pour conserver un semblant de self-control, je sentis mon corps se mettre à trembler et je laissai échapper une sorte de gémissement. Je ne pouvais toujours pas supporter d'entendre ce nom.

Remus, lui, était resté calme et il regardait toujours Sirius, semblant attendre la suite.

« Dumbledore a conseillé à James de prendre un gardien du secret pour protéger le lieu où ils sont installés avec Lily et Harry. James a immédiatement pensé à moi. Dumbledore a suggéré qu'il serait peut-être encore plus sûr qu'il soit lui-même leur gardien du secret, mais Cornedrue a catégoriquement refusé. Il a dit à Dumbledore qu'il avait une totale confiance en moi et puis qu'il n'était peut-être pas une très bonne chose que Dumbledore soit à la fois le gardien du secret du quartier général de l'Ordre et de sa maison. Deux secrets gardés par la même personne est une prise de risque…»

Je n'étais pas étonné par ce choix et personne n'aurait jamais songé à reprocher à Sirius la pointe de fierté qui transparaissait dans sa voix en nous annonçant cette nouvelle. Patmol était le plus proche ami de James et on ne faisait pas plus loyal et digne de confiance. Il mourrait sans hésiter plutôt que de révéler où habitaient ses meilleurs amis et cette pensée me fit froid dans le dos. Je savais que jamais on ne me confierait un tel rôle, et je savais aussi que mes amis savaient parfaitement que je serais incapable de l'assumer. Je sentis ma vieille amie l'amertume me gagner mais je tentai de ne pas y faire attention. J'avais l'habitude à la longue d'être le moins brillant, le moins méritant, d'être toujours dans leur ombre et au fond ce devait être ma faute si j'étais ainsi.

« Je suppose que tu dois donc nous redire l'adresse de leur maison de Godric's Hollow, même si nous la connaissions déjà, pour qu'on puisse leur rendre visite, fit sagement Remus, coupant court à mes pensées négatives. »

Il était demeuré calme mais je sentais une pointe d'inquiétude transparaître dans sa voix.

« Exactement, répondit Sirius en lui souriant. »

Sirius nous redonna l'adresse et nous expliqua que suite à cette nouvelle, James avait préféré rentrer et retrouver sa femme et son fils. Nous restâmes encore un long moment à parler tous les trois, essayant de comprendre ce qui pouvait pousser Dumbledore à faire prendre au jeune couple tant de précautions, mais il ne ressortit rien de très constructif de cette discussion et nous nous séparâmes dans un état d'esprit bien différent de celui que j'avais imaginé, joyeux et plein de bons souvenirs nous étions tous pensifs et un peu inquiets.

Les premiers jours du mois d'août avaient apporté avec eux une série d'orages et c'est sous une pluie battante, morose et traînant les pieds que je m'acheminai vers chez moi à travers les rues grises de Londres. Je me sentais petit, insignifiant au milieu de ces gouttes d'eau qui tombaient par dizaines, brouillant ma visibilité et trempant mes vêtements et je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire de la fin de mon week-end.

Je marchais lentement, essayant de ne penser à rien quand brusquement, une voix traînante et glaciale me parvint d'une rue particulièrement sombre sur ma droite que je n'avais même pas remarquée et me figea sur place, incapable d'effectuer le moindre mouvement.

« Pettigrow ? »

Je connaissais cette voix. Elle était devenue plus grave, plus mûre que la dernière fois que je l'avais entendue, mais elle était chargée de la même malveillance, du même dédain que lorsque je l'entendais parler neuf ans plus tôt, alors que je n'étais encore qu'un petit garçon de onze ans. Au même instant, un coup de tonnerre plus violent que les autres fit trembler la ville et je sentis mon corps se couvrir d'une sueur froide. Alors que je me tournais pour voir la personne qui m'avait interpelée, une main crispée dans ma poche sur ma baguette magique, un éclair éblouissant vint illuminer la ruelle, découvrant à mes yeux un homme de haute taille tout vêtu de noir et au visage recouvert d'une cagoule a travers deux fentes dans le tissu, la vive lumière révéla un instant deux yeux gris et froids qui me fixaient intensément, avant de se dissiper, replongeant le lieu dans la pénombre.