Chapitre 11: Je n'arrête pas de penser à toi.

Blaise montait à bord du Poudlard Express après avoir salué ses amis de Serpentard, qui restaient à l'école. Il avait espéré en voir un en particulier, mais celui-ci ne s'était pas présenté. C'est donc avec un pincement au cœur qu'il repartit chez lui. Il regarda le paysage défiler à travers les vitres, puis, cherchant à chasser la nostalgie, tenta de trouver le sommeil.

Pendant ce temps, à l'école, Drago était assis sur le rebord de la fenêtre de sa chambre, le regard fixé sur la pluie se déversant à l'extérieur. Une des principales raisons pour lesquelles il n'était pas sorti dire au revoir à ses amis rentrant chez eux: le sale temps.

Et une autre raison: il n'avait pas envie de voir Blaise. La dernière fois qu'ils avaient eu une conversation normale, c'était en cours de botanique pour qu'il lui passe le cache-oreilles.

Il soupira voracement, et l'ennui menaçant de s'emparer de lui, il se leva et descendit à la Grande Salle, où devaient se trouver tous les élèves restants, maintenant que le Poudlard Express était parti. Il avait raison. En arrivant, un flot de voix portantes atteint ses oreilles, et il partit s'assoir à sa table, le visage impassible. Pansy Parkinson était restée, il alla donc la rejoindre et entama une discussion avec elle, discussion qui ressemblait plutôt à un monologue, puisqu'elle ne lui laissait pas en placer une.

Son regard dériva inconsciemment à la table des Gryffondor, où Hermione se trouvait, en pleine discussion avec Potter. Tandis que Pansy déblatait sur sa famille et ses soucis dont personne ne se préoccupait, il se prit un soudain plaisir à regarder la Gryffondor. A la détailler. Elle ne le voyait pas, trop occupé à rire à gorge déployée avec son ami. Plus il la regardait, plus il se disait qu'elle était belle. Il repensa alors aux paroles de Blaise: "Si tu es vraiment mon ami, tu feras ce que je t'ai dit". Quel ultimatum à la con! pensa Drago.

« Tu m'écoutes? Dit alors Pansy.

- Hein? Oui oui, je t'écoute Parkinson. Mais je dois y aller, j'ai des trucs à faire. »

Sans lui donner plus d'explications, il se leva et s'éloigna à grands pas, l'air de la Grande Salle soudainement devenu trop étouffant pour lui. Hermione releva momentanément la tête, pendant que Harry discutait avec Seamus Finnigan. Elle vit alors Drago Malefoy passer, l'air plutôt pressé. Elle prétexta une envie d'aller aux toilettes et sortit de la salle, suivant Malefoy. Il se dirigeait dans les cachots, évidemment mais elle le suivit tout de même. En chemin, ils croisèrent Peeves, qui leur fit ses habituelles réflexions que tout le monde prenait soin d'ignorer désormais. Drago s'arrêta subitement en chemin, et resta de marbre. Ne sachant pas ce qu'il lui avait pris, Hermione s'arrêta également et resta silencieuse.

« Ça t'amuse de me suivre, petite vermine? »

Il se retourna brusquement, le visage fatigué. Hermione recula d'un pas, étonnée de cette réaction. Mais Drago se radoucit quand il vit que c'était elle.

« Excuse Granger, je croyais que c'était quelqu'un d'autre.

- Ça ne fait rien. Dit-elle.

- Pourquoi tu me suivais, d'ailleurs?

- Je ne sais pas, je... J'avais juste envie de te parler un peu.

- Au cas où tu aurais été frappé d'amnésie, la dernière fois qu'on s'est parlés tu m'as foutu une claque, Granger.

- Je m'en souviens très bien. Rétorqua-t-elle avec amertume. C'est justement pour ça que je te suivais: je veux qu'on oublie ça. On avait enfin réussi à avoir une... Bon, je ne dirais pas amitié, ce serait un trop grand mot mais on s'entendait tellement bien. Et, même si ça m'écorche la langue de l'avouer, j'adorais passer du temps avec toi.

- Plus qu'avec Blaise? Tenta alors Drago.

- Ne me parle pas de lui, s'il te plaît. Répondit-elle simplement, le rouge lui étant monté aux joues.

- Tu l'aimes vraiment, alors. Murmura-t-il après un court silence.

- Je...

- Blaise m'a dit un truc très intelligent cette nuit là. La coupa-t-il. Il m'a dit qu'il ne voulait pas te partager avec moi. Au début, ça m'a semblé idiot. Mais en y réfléchissant bien, j'ai compris qu'il avait raison. On ne peut pas te laisser te foutre en travers de notre amitié, Granger. Maintenant, si tu permets, je voudrais retourner dans ma chambre. »

Il la regarda quelques secondes, et se retourna pour partir. Elle le rattrapa et le prit par le bras, l'obligeant à s'arrêter.

« Qu'est ce que tu me veux, encore? Grogna-t-il.

- Je n'ai pas tout compris. Pourquoi ne voudrait-il pas te partager avec moi? Ça ne veut rien dire, puisque s'il dit ça, ça voudrait dire que tu as aussi le béguin pour moi, chose impossible. N'est ce pas? »

Le rouge monta aux joues de Drago. Il ne s'était pas vraiment rendu compte de ses paroles lorsqu'il les avait dites.

« Tu interprètes tout de travers, Granger. Je n'ai pas dit ça.

- Mais tu l'as clairement sous-entendu, Malefoy. Ne me prends pas pour une idiote.

- Lâche moi la grappe et va avec ton copain le balafré.

- Mais enfin, sois un homme, pour une fois! Dis moi la vérité! »

Hermione désirait vraiment une réponse. Être fixée là dessus. Drago, lui, n'en voyait pas l'utilité: après tout, elle était déjà folle de Blaise. Qu'est ce que ça pouvait bien lui foutre s'il lui disait qu'il l'aimait? Surtout que ce n'était même pas le cas! Ou bien... Non Drago, arrête de dire des conneries, se sermonna-t-il mentalement. C'est donc sur cette pensée qu'il se relâcha de la prise d'Hermione et qu'il s'en alla sans même la regarder. Hermione, quant à elle, restait figée au milieu du couloir. Il avait pris la fuite. Comme un lâche. Elle ne pouvait pas croire ça! Ni oui, ni non, ni merde. Il l'avait juste royalement ignoré.

En même temps, elle ne comprenait pas pourquoi elle lui avait demandé ça: après tout, elle était censé être amoureuse de Blaise, pas de... Malefoy. Bon sang ma petite Hermione, tu ne serais quand même pas tombé aussi amoureuse de ce petit con de Malefoy? S'horrifia-t-elle mentalement. Elle dévala les escaliers, espérant que ce petit effort physique chassera cette vérité qui la poursuivait pourtant au galop.

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Allongé sur son lit, Drago ne cessait de repenser à ce que Granger lui avait dit. Lui demander s'il avait le béguin pour elle. Ahah! Au moins, il aurait un peu rit en cette triste journée de pluie. Pourquoi avait-il fallu que son amitié avec Blaise soit abimée pour rien? Tout ça à cause d'une idiote Sang-De-Bourbe, qu'ils méprisaient tout deux il y a encore plusieurs mois! Et maintenant, Blaise était fou amoureux d'elle, quant à Drago, il était presque sûr d'être, non pas amoureux, mais au moins très attiré par elle. Quel véritable merdier!

En ce moment même, il devait se l'avouer, il avait très envie de la voir. Malgré la demande de son ami, les récents événements et la discussion étrange qu'il venait d'avoir avec la jeune fille, il se dit "Au diable!", se leva et partit d'un pas décidé chercher la jeune femme, voulant passer du temps avec elle. Il n'eut pas à aller loin, car en sortant du portrait, il la vit gravir les escaliers, d'un pas décidé également. Il lui fit un sourire narquois.

« Tu venais me voir, Granger? Railla-t-il.

- Ne t'accorde pas trop d'importance. J'étais juste en train de me... promener.

- Tu pleures? »

En effet, il n'avait pas immédiatement remarqué les yeux rouges et les traces de larmes séchées sur ses joues. Elle se cacha immédiatement le visage à cette remarque, et grommela des choses.

« Pourquoi tu pleures? Demanda-t-il, d'une voix douce, ce qui le surprit.

- Ça ne te regarde pas. Laisse moi passer, je n'ai pas fini mon tour.

- Fais pas ta mijaurée. Je vois bien que tu es super mal, et la seule chose qui serait capable de te soulager un peu, c'est d'en parler.

- La dernière personne avec qui je voudrais parler de mes problèmes, c'est toi.

- Tu es assez têtue, quand tu t'y mets. Allez viens. Ajouta-t-il après le silence de la jeune fille qui continuait de pleurer, ce qu'il respectait. Allons soulager ta peine autour d'un bon Whisky Pur Feu. »

Apparemment trop faible pour contester, elle accepta le bras que lui tendait le jeune homme et ils passèrent par le portrait. La Salle Commune était vide, tout le monde étant soit chez lui, soit sorti, ou certains rares dans leur chambre.

Drago et Hermione arrivèrent rapidement dans la chambre de ce premier, qui était vide, tous ses colocataires étant rentrés pour les vacances. En voyant le lit vide et intact de Blaise, Drago eut un petit pincement au cœur. Hermione n'avait pas encore réalisé où elle se trouvait et s'assit en tailleur sur le lit à deux places de Drago, les yeux rivés sur ses mains qui pianotaient sur ses jambes. Celui-ci, loin d'être mal à l'aise de la présence de la Gryffondor, ouvrit son placard et en sortit une bouteille de whisky. Il l'ouvrit et la tendit à Hermione. Elle le regarda alors, amusée.

« Les Serpentard ont le droit d'avoir une réserve à alcool dans leur chambre?

- Pas vraiment mais être un Malefoy offre quelques avantages. Lui dit-il, avec un clin d'œil.

- Toi, alors. Soupira-t-elle, en riant légèrement. »

Elle attrapa la bouteille qu'il lui tendait et en but deux petites gorgées. Elle s'essuya les commissures des lèvres et passa le whisky à Drago, qui en but une plus grande quantité qu'elle.

« Bon, maintenant que les présentations sont faites, tu vas me dire pourquoi tu pleurais tout à l'heure? Relança-t-il, après s'être essuyé la bouche du revers de la manche.

- C'est une histoire de famille. Tu vas peut-être trouver ça débile, toi.

- Dis toujours. Je suis capable d'avoir un minimum de compréhension quand je suis en train de picoler. »

Son but était de la faire sourire un peu, et cela marchait. Toujours les yeux fixés sur ses mains, elle sourit légèrement. Drago la contempla en silence, attendant respectueusement qu'elle réponde.

« J'ai reçu un courrier de ma mère, tout à l'heure. Je ne l'avais pas encore ouvert, j'avais attendu le départ de Ron pour le faire. Je suis montée dans ma chambre, ait lu la lettre et... je suis sortie m'aérer après avoir déchiré la lettre.

- Qu'est ce qu'il y avait de dit, dans cette lettre? Demanda Drago, curieux.

- C'est... ma grand-mère. Elle... est décédée dans la matinée. Et la... dernière fois que je l'ai vu, je lui avais promis que quand on se reverrait, je l'aiderai à terminer son tableau de peinture. Mais maintenant... ça n'arrivera plus jamais. »

Elle éclata de nouveau en sanglots, mais visiblement moins violemment que tout à l'heure. Elle baissa sa tête, respirant difficilement entre chaque crise de larmes. Drago fut pris de peine pour la jeune femme: elle avait l'air de tenir énormément à sa moldue de grand-mère. Elle releva alors la tête vers lui et planta son doux regard chocolat meurtri dans le sien. Elle ouvrit difficilement la bouche, les lèvres tremblantes, avant de dire:

« Tu peux me passer la bouteille? »

Il n'attendit pas et lui donna. Elle en but énormément d'un coup et Drago dut lui reprendre la bouteille des mains pour qu'elle ne la termine pas à elle seule.

« Doucement Granger, tu vas avoir mal à la tête si t'en bois trop d'un coup.

- Trop tard...

- Oh c'est pas vrai. Bon écoute, je crois que dans l'état où tu es maintenant, ce ne serait pas intelligent de retourner dans ta salle commune.

- Qu'est ce que tu insinues, Malefoy? Demanda-t-elle avant de roter subitement.

- Joli. Railla-t-il. J'insinue que tu ferais mieux de rester dormir là.

- Mais non, t'es fou toi. Je suis parfaitement en état de retourner dans ma chambre... »

Pour prouver ses dires, elle se releva et commença à avancer, avant de chanceler et de passer sa main sur son front.

« J'ai la tête qui tourne... Souffla-t-elle.

- Reviens ici, petite idiote. »

Il la prit dans ses bras et la redéposa sur son lit, l'allongeant cette fois-ci.

« Quand on a pas l'habitude de boire souvent, on ne se siffle pas une moitié de bouteille d'un coup, Granger.

- Je le saurai la prochaine fois... Ricana-t-elle, le bras sur ses yeux.

- Prochaine fois? Parce que tu comptes te retaper une cuite? Tu m'impressionnes de jour en jour, Granger. Alors, ma proposition t'intéresse, maintenant?

- Je dois bien avouer qu'elle est tentante, surtout dans ces draps douillets et qui sentent bon ton parfum... »

Elle s'enroula dans le lit et prit le coussin entre ses bras. Elle en huma l'odeur et soupira de bonheur.

« Ton parfum sent rudement bon, Malefoy.

- Ravi qu'il te plaise. Bon, et si t'arrêtais de sniffer mon coussin et que tu dormais, maintenant? »

Il lui prit le coussin des bras, et elle ronchonna. Il rit face à cette vision de petite fille boudeuse, et lui rendit le coussin. Elle le repoussa.

« Faudrait savoir ce que tu veux!

- Ce que je veux, c'est toi. Dit-elle d'une voix sûre. »

Drago haussa les sourcils et fit les gros yeux. Non, elle n'était pas sérieuse en disant cela. C'était l'alcool qui lui montait au cerveau.

« Tu es vraiment fatiguée, Granger. Dors, maintenant.

- Je ne suis pas fatiguée, arrête de me prendre pour une enfant, à la fin! Rouspéta-t-elle.

- En tout cas, l'alcool est en train de t'inonder la cervelle, alors dors, au moins tu vas décuver plus rapidement.

- Ton parfum sent vraiment délicieusement bon. »

Elle ne l'écoutait pas du tout, ce qui l'énervait quelque peu. Assis sur le lit, essayant de la raisonner, il ne vit pas la suite venir. Elle se redressa et enfouit sa tête dans le cou du Serpentard. Il se figea et ne bougea plus. Elle était beaucoup trop près de lui, là. Elle inspirait avec plaisir l'odeur du parfum de Drago. Elle ne s'en lassait pas.

Drago entreprit de la repousser après avoir repris ses esprits, mais elle se dégagea d'elle même et le regarda en poussant un soupir de contentement.
Il allait encore la rabrouer de dormir, mais elle s'approcha doucement de lui. Ses cheveux caressaient le visage de Drago. Leurs visages n'étaient séparés que par quelques millimètres. Ligne qu'il ne tarda pas à franchir, envahi par un désir soudain.

Il attrapa le visage d'Hermione avec ses mains et l'embrassa délicatement, mais voracement. Plus il l'embrassait, plus le désir enfoui en lui grondait et menaçait de jaillir.
Ressaisis-toi, Drago, elle n'est pas dans son état normal, elle est pompette. En temps normal, elle ne se serait même pas laisser faire, lâche là maintenant, lui hurlait sa conscience.

Mais il dit à sa conscience d'aller se faire foutre et il écrasa encore plus ses lèvres contre celles d'Hermione, qui semblait tout aussi brûlante de désir que lui. Il termina à califourchon sur elle, parsemant son cou de petits baisers. Maintenant qu'il était parti, c'était trop tard: plus rien ne pourrait l'arrêter. Elle lui déboutonna sa chemise, tandis qu'il lui enlevait son t-shirt.

L'inévitable allait arriver.

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Après une nuit de très peu de sommeil, Hermione se réveilla avec une gueule de bois. Elle s'étira longuement et ouvrit ses yeux. Elle fut surprise en voyant le décor de la chambre. Elle se remémora alors les événements de la veille: la mort de sa grand-mère, elle en pleurs, Malefoy l'accueillant pour la réconforter et... Elle n'arriva pas à se rappeler la suite de l'histoire. Elle avait bu d'un coup, et après une petite discussion avec Drago... Non. Pas possible. Elle ne pouvait pas avoir...

Pourtant, ses doutes se confirmèrent lorsqu'elle tourna la tête et vit le blond allongé à côté d'elle, dormant paisiblement. Elle étouffa un cri d'horreur et bondit hors du lit. Elle se rhabilla à la hâte, et s'apprêta à détaler discrètement quand elle entendit quelqu'un tousser derrière elle. Elle se figea et se retourna lentement.

« On peut savoir où tu vas? Lui demanda Drago.

- Je retourne dans la Salle Commune de Gryffondor, pardi! Il ne vaut mieux pas pour notre réputation à tous les deux que les gens sachent qu'on a passé la nuit ensemble. Tu ne crois pas?

- Tu te rappelles de ce qu'il s'est passé hier soir, rassure moi?

- Évidemment que je m'en rappelle! Pourquoi tu crois que je me sauve, là?

- Tu ne pourras pas toujours fuir, Granger. Je te signale que nous avons couché ensemble. Quoi que tu y fasses, c'est fait et c'est irrémédiable.

- J'étais dans un moment de faiblesse, hier! S'emporta-t-elle. Tu as profité de moi! Tu es écœurant!

- Excuse moi, ma chère, s'étouffa-t-il dans son rire, mais tu étais parfaitement consciente, et qui plus est, consentante. De plus, c'est toi qui a commencé en me reniflant le cou et en disant "Ton parfum sent trop bon".

- Tu m'imites très mal, sombre crétin! Bon ça suffit, je m'en vais!

- On remet ça quand tu veux, Granger! »

Elle ronchonna et sortit à toute hâte de la chambre de Drago. Seul avec ses pensées, il s'allongea et passa ses bras derrière sa tête. Il devait bien se l'avouer: il avait passé une nuit géniale avec la jeune femme. La vraie question se posait désormais à lui: était-il réellement amoureux de Hermione Granger? Parce qu'il ne pensait pas coucher avec elle il y a encore quelques semaines de cela.

...

Bon ben voilà. Comme vous avez pu le constater, Draco n'a pas du tout écouté l'avertissement de Blaisounet. Qu'est ce que cela va bien donner par la suite? Réponse... Demain!

Morgane.