Chapitre 14: Des cœurs brisés.
Hermione était parti loin dans le parc, sous le saule pleureur pour être exact. Elle voulait vider toutes les larmes de son corps avant de retourner avec un sourire voir ses amis. Elle s'assit contre le tronc de l'arbre et se laissa aller. Ça faisait énormément de bien de pleurer, c'est comme si le mal que venait de lui faire Drago s'en allait avec les larmes. Elle se berça, comme un bébé, et fit une grande maîtrise d'elle même pour se calmer. Elle ne pensait pas s'être déjà sentie aussi mal qu'à l'instant présent.
Comment avait-elle pu croire un seul moment que Drago partageait ses sentiments? Il avait raison sur une chose: elle était naïve. Beaucoup trop, même. C'était voué à l'échec depuis le début.
Après quelques minutes où elle se sentait plus calme, elle se releva et repartit vers le château. Avant de passer le portrait de la salle de Gryffondor, elle ferma les yeux et inspira un bon coup. Elle prononça le mot de passe et entra en souriant, ne voulant absolument rien laisser paraître devant ses amis.
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Je me hais. Ces trois mots tournaient en boucle dans la tête de Drago, tandis qu'il faisait ses devoirs avec Pansy, Blaise, Crabbe, Goyle et Millicent. Il avait le cœur en lambeau d'avoir fait souffrir Hermione comme ça. Mais il savait qu'il avait pris la bonne décision. Elle ne serait pas heureuse avec lui, et de plus, Blaise ne s'en serait pas remis. C'est pour ça qu'il n'avait dit et ne dira jamais rien à son meilleur ami de cette entrevue avec la jeune femme.
Par habitude, il copiait sur Pansy sans comprendre de quoi traitait le sujet. Il n'avait pas la tête à se soucier des potions ou des sortilèges de métamorphose.
Blaise avait déjà terminé ses devoirs et releva la tête. Son regard croisa Drago, qui ne semblait pas dans son assiette. Il pensa lui demander après si quelque chose n'allait pas. Une fois que Pansy eut fini, Drago termina de recopier la dernière ligne, fourra maladroitement ses affaires dans sa besogne et se releva pour retourner dans sa chambre. Blaise suivit son ami et l'arrêta en chemin.
« Est ce que ça va? Demanda Blaise, soucieux.
- Bien sûr que oui. Pourquoi ça n'irait pas? Répondit banalement Drago.
- Je ne sais pas, tu... n'as pas l'air au top de ta forme.
- Je suis juste un peu fatigué. Je te signale qu'il est quand même vingt-et-une heures passées et que j'ai eu une longue journée. Sur ce, je ne sais pas ce que tu comptes faire mais moi, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Sans plus un mot, Drago continua sa route, beaucoup trop mal à l'aise en présence de Blaise. Ce dernier ne comprenait pas le comportement de son ami. Il y avait anguille sous roche, ça il en était sûr.
Le blond redescendit les escaliers et décida d'aller vagabonder un peu dans le château. Après tout, on était vendredi soir et comme il n'y avait pas cours le lendemain, il pouvait se permettre de traîner jusqu'à minuit. Sans se faire pincer par les préfets, bien sûr. En chemin, il croisa la troupe inséparable de Gryffondor, c'est à dire Harry, Ron et évidemment Hermione. Celle-ci riait aux éclats, mais le cœur ne semblait pas y être. Son rire sonnait terriblement... faux. Lorsqu'elle passa près de lui, leur regard se croisa un bref instant, puis elle fut la première à baisser les yeux et continuer de rire aux blagues de Ron, sans avoir l'air de vraiment les écouter. Blaise, qui avait suivi Drago, fronça les sourcils. Elle semblait dans le même état que le blond. Mais que se passait-il, bon sang?
Une idée très déplaisante lui traversa alors l'esprit et la première chose qu'il fit fut de courir pour aller dans son dortoir. Une fois dans sa chambre, il le chercha, mais en entendant le son de l'eau qui coule, il en conclut qu'il prenait sa douche.
« Ce n'est pas grave. Je vais attendre. Se dit-il à lui même. »
Il s'assit sur le lit de Drago et ne bougea pas d'un cil. Au moins dix minutes plus tard, la porte de la salle de bains s'ouvrit et de la buée en sortit, ainsi qu'un jeune blond avec une serviette nouée autour de la taille. Il s'égouttait les cheveux et paraissait extrêmement fatigué. Une fois la buée dissipée, Drago vit quelqu'un assis sur son lit et fut pris de panique. Il soupira quand il reconnut Blaise.
« Ah, c'est toi. Dit-il simplement. Tu viens aussi te coucher?
- Qu'est ce qu'il s'est passé entre Hermione et toi? Demanda durement Blaise, ignorant la question de son ami. »
A cette question, Drago s'arrêta dans son geste et baissa les yeux au sol. Il parut perturbé l'espace de quelques instants, mais il reprit rapidement ses esprits pour ne pas sembler suspect et afficha un air narquois.
« A part le fait qu'on est couché pendant les vacances, il ne s'est rien passé Zabini. Répondit-il sarcastiquement.
- Ne joue pas au plus con que moi. J'ai vu que tu n'allais pas bien, et ça a l'air d'être également le cas d'Hermione. Alors, je repose ma question: qu'est ce qu'il s'est passé entre elle et toi?
- Strictement rien. Tu sais qu'en ayant choisi ton amitié, j'ai fait une croix définitive sur elle. Je pense qu'elle l'a bien compris. Elle doit avoir des soucis personnels, tu sais sa grand mère est morte pendant les vacances, elle n'a pas du s'en remettre.
- Sans doute, mais comment tu expliques que vous soyez dans le même état le même jour, elle et toi?
- Aucune idée. Personnellement, moi c'est la fatigue et la lassitude des cours, quant à elle, je ne sais pas du tout. Maintenant, si tu permets, j'aimerais que tu lèves tes fesses et me rende mon lit.
- Je ne bougerai pas d'ici tant que tu ne m'auras pas dit la vérité. »
Rien à faire, cet idiot ne me croit pas, pensa Drago avec amertume. Il allait donc être obligé de lui dire la vérité? Ça allait faire mal...
« Tout à l'heure, Granger est venue me voir, on a parlé un petit moment et...
- Et? L'incita à poursuivre Blaise.
- Et elle m'a dit qu'elle n'était pas amoureuse de moi, mais de toi. Donc, c'est toi qu'elle a choisi. Acheva Drago, un pincement au cœur. »
Blaise fut envahi d'une vague de bonheur, qu'il tenta de cacher à la mine dépitée de son ami.
« C'est vrai? Souffla-t-il. »
Drago ne répondit rien sur le coup. Bien sûr que non, ce n'est pas vrai mais tu as vraiment cru que j'allais te dire qu'elle me voulait moi et pas toi? Pensa-t-il.
« Évidemment que c'est vrai. Finit par dire Drago.
- Ouah, je... Je ne sais pas quoi dire. Alors, vous m'avez choisi tous les deux? Tu as fait une croix sur elle et elle une croix sur toi juste pour moi?
- En même temps, tu ne nous as pas trop laissé le choix. »
Face au regard noir de son ami, Drago afficha un sourire moqueur.
« Relax, je plaisantais. Elle n'a pas fait une croix sur moi, puisqu'elle m'a dit qu'elle n'était pas amoureuse de moi.
- Ça a du être dur pour toi. Compatis Blaise en posant une main sur l'épaule de son meilleur ami.
- Pourquoi tu dis ça? S'étonna Drago.
- Ben parce que tu m'as dit il n'y a pas plus tard que cet après-midi que tu l'aimais. Alors, j'en conclus que tu vis mal le fait qu'elle m'ait choisi.
- Ah... Ouais. Bafouilla Drago, mal à l'aise.
- En tout cas, tu ne peux pas savoir comme je suis heureux! Mon meilleur ami ne m'a pas lâché et la fille que j'aime m'a choisi, moi. C'est génial.
- Tu n'oublierais pas un petit détail, Zabini? »
Face au regard interrogateur de Blaise, Drago soupira et releva la manche de son ami. Il pointa du doigt le tatouage qui ondulait sur l'avant-bras de Blaise. Celui-ci s'empressa de cacher la marque et darda son ami d'un regard noir.
« Merci de me casser mon trip, Malefoy. Grogna-t-il.
- Je te ramène juste à la réalité. Maintenant que tu es l'un des leur, tu sais très bien que tu cours au danger de mort en sortant avec Granger.
- Je le sais mais je m'en contre-fiche. Après tout, personne n'est censé être au courant. Si elle et moi on est discrets, ça devrait le faire. Non?
- Si vous êtes très discrets, alors. »
Blaise fit une moue dubitative et se leva enfin du lit de Drago. Celui-ci, qui avait enfilé un boxer entre temps, s'allongea dans les draps et ferma les yeux. Blaise ouvrit la porte, et avant de sortir se retourna et dit à son ami:
« Maintenant, j'ai la preuve que tu es un vrai ami, Drago. Merci. »
Drago lui fit un signe à la "Peace & Love". Blaise sourit et ferma la porte. Une fois les pas de son ami éloignés de son ouïe, Drago soupira et rouvrit les yeux. Il venait de lui mentir ouvertement, et même s'il ne se sentait pas coupable, le trou béant dans sa poitrine s'ouvrit encore plus. Oui, car maintenant il savait que Blaise et Hermione allaient concrétiser leur relation, et qu'il allait devoir voir et écouter son ami répandre son bonheur d'être avec elle.
Il savait d'avance qu'il serait mort de jalousie et qu'il devrait faire preuve de toute la maîtrise de soi du monde pour ne pas laisser paraître sa colère. Il espérait néanmoins que son ami aurait un tant soit peu de compassion et ne déborderait pas de joie avant et après ses rendez-vous avec Granger, mais quand on est amoureux, on a envie de le crier sur tous les toits.
Drago arrêta de ruminer des pensées noires et tenta de trouver le sommeil. Il n'arrêtait pas de penser à elle. Dans quel état se trouvait-elle en ce moment? Était-elle avec Blaise? Et il tomba dans les bras de Morphée sans réponses à ces questions.
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« Je ne sais pas ce qu'a Hermione, mais elle n'a vraiment pas l'air bien.
- Je suis d'accord avec Ginny. Qu'est ce qu'il lui arrive, à votre avis? »
Ron et Ginny, assis sur le canapé de leur salle commune, cherchaient désespérément une réponse à cette question. Harry, quant à lui, pensait que ça avait un rapport avec Malefoy, mais n'étant pas sûr, il ne se fit pas de conclusion hâtive.
« C'est peut-être un coup de blues. Vous savez, sa grand-mère est décédée il n'y a pas si longtemps que ça. Tant qu'elle n'aura pas totalement fait son deuil, on ne sera plus avec la Hermione joyeuse et Je-Sais-Tout de d'habitude. Fit remarquer Harry.
- C'est en effet une solution. Mais j'ai comme dans l'intuition qu'il y a autre chose. Ajouta Ron. C'est ma meilleure amie, je commence à comprendre comment elle fonctionne et je l'ai rarement vu dans cet état là.
- Ron, elle a perdu quelqu'un de sa famille! S'emporta Ginny.
- Certes, mais qui te dit qu'il ne s'est pas passé autre chose entre temps? »
Le frère et la sœur ouvrirent un débat inutile, et Harry, trop fatigué pour prendre part à la dispute, se leva et rejoignit son amie dans sa chambre. Il ouvrit et la vit assise sur son lit, en train de lire. Il s'approcha doucement et s'assit près d'elle.
« Qu'est ce que tu lis? Lui demanda-t-il gentiment.
- Un roman moldu. C'est ma mère qui me l'a envoyé par courrier. Pour me changer les idées, soit disant. Tu parles. »
Elle le jeta alors par terre, chose qu'Harry ne l'avait jamais vu faire.
« Attends Hermy, tu viens de jeter un livre? Il y a vraiment quelque chose qui cloche. De quoi ce roman parle?
- D'une très belle histoire d'amour.
- Ben c'est bien, non?
- Non ce n'est pas bien! S'emporta Hermione. L'homme et la femme vivent un amour merveilleux, magique, sans aucun problèmes! Ils sont heureux! Je suis désolée, mais ce n'est qu'une ridicule pub mensongère! L'amour n'est pas un long fleuve tranquille, il y a des pierres en travers et quand on se cogne dedans, ça fait mal. Très très mal. »
La jeune femme se calma un peu et regarda le livre à terre. Harry pensait savoir pourquoi son amie semblait mal.
« Est ce que tu voudrais me parler de quelque chose, Hermione?
- Non... Murmura-t-elle, le regard voilé.
- Tu es sûre? Insista-t-il. »
Un ange passa, pendant lequel Harry aurait presque cru voir des larmes perler aux coins des yeux de sa meilleure amie. Elle finit par tourner lentement la tête vers lui et dire d'une voix tremblante.
« J'ai été vraiment trop conne.
- Pourquoi cela? S'étonna-t-il.
- Je suis allée voir Malefoy. »
Harry comprit et le montra par un hochement de tête.
« Et ça s'est mal passé? Continua-t-il.
- Très très mal.
- Raconte moi. »
Elle lui raconta en détails ce qu'il s'était passé avec Drago. A la fin de son récit, Harry semblait vraiment en colère.
« Comment a-t-il osé te parler comme ça? Je vais aller lui apprendre la vie, tu vas voir.
- Non Harry, ne t'en mêle pas je t'en prie. L'arrêta-t-elle, alors qu'il se levait. C'est derrière moi maintenant, tout ce que je veux c'est l'oublier.
- Mais enfin Hermione, il t'a encore traité comme une moins que rien! Tu as cru que j'allais laisser passer? Je suis navré mais il est hors de question que ce crétin sans cervelle s'en prenne à mes amis de la sorte!
- HARRY! »
Elle s'était levé et l'avait retenu par le bras. Il se tourna vers elle et elle lui sauta dans les bras, commençant à pleurer. N'osant pas la repousser, Harry entoura la taille d'Hermione de ses bras et lui caressa les cheveux, comme si ça suffirait à la calmer.
« Excuse moi, Hermione. Dit-il au bout d'un moment. Je me suis laissé contrôler par la colère et j'ai pas mesuré les conséquences. Ne t'en fais pas, je ne vais pas aller le voir. Si tu ne veux pas, je ne le ferai pas.
- Merci. Se contenta-t-elle de répondre. »
Harry la relâcha doucement et lui essuya les larmes qui roulaient encore sur ses joues avec les pouces. Elle esquissa un faible sourire et le remercia encore.
« Maintenant, je veux que tu arrêtes de penser à lui. Viens avec nous, on avait prévu de faire une soirée jeux de société. Ginny et Lavande seront là aussi. Ça te changera les idées.
- D'accord. Dit-elle après avoir séché ses larmes. »
Elle accepta la main qu'il lui tendait et ils redescendirent ensemble voir Ron et Ginny. Harry prit place à côté de sa petite amie et lui passa un bras autour des épaules. Lavande était déjà là et était bien enfouie dans les bras de Ron. En voyant ces deux couples qui semblaient s'être si bien trouvés face à elle, la gorge d'Hermione se noua, mais elle tâcha de l'ignorer. Elle préférait tenir la chandelle que se morfondre toute seule dans sa chambre.
« Alors, par quoi voulez-vous commencer? Demanda avec entrain Lavande. »
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Le lendemain, alors qu'elle déjeunait avec ses amis dans la Grande Salle, Hermione ne put s'empêcher de chercher Drago à la table des Serpentard. Il y était et semblait très fatigué. De longues cernes tiraient sous ses yeux, et il ne bougeait pas d'un poil. Elle espérait qu'il ait passé une aussi mauvaise nuit qu'elle. En effet, ses amis avaient réussi à lui changer les idées et elle avait même beaucoup rit lors de cette soirée. Mais une fois de retour dans sa chambre, seule et livrée à ses pensées, elle avait de nouveau broyé du noir et n'avait cessé de remuer dans son lit, sans trouver correctement le sommeil. Résultat: elle n'avait pas beaucoup dormi et était "fracassée", comme dirait Ron.
Drago aussi avait vu Hermione, et l'avait regardé pendant un long moment. Mais elle semblait bien décidée à l'ignorer. A quoi s'attendait-il, après tout? Il s'était comporté comme un monstre avec elle, il ne fallait pas s'attendre à des miracles. Blaise arriva enfin. Il avait apparemment eu du mal à sortir du lit. Drago savait qu'il était allé à une soirée sur Pré-au-Lard. Soirée à laquelle il serait volontiers allé s'il n'avait pas eu le moral à zéro. Son ami s'assit à côté de lui et lui donna une grande tape dans le dos.
« Bien dormi, Malefoy? S'exclama-t-il.
- Oh la ferme. Grommela Drago.
- J'en déduis donc que tu n'as pas bien dormi. Des cauchemars?
- Si j'avais fait des cauchemars, ça aurait voulu dire que j'avais au moins dormi. Or, ce n'est pas le cas. J'ai passé ma nuit à cogiter, je suis exténué.
- Mon pauvre. Tu devrais peut-être remonter te coucher.
- C'est ce que je vais faire. Après tout, qu'est ce que je peux faire d'autre? Et vu que j'ai plus le droit de voir Hermione, ça réduit les choix. »
Il avait dit cela sans s'en rendre compte et le regretta aussitôt. Blaise baissa le regard, il avait l'air peiné. Drago tenta de se rattraper.
« Bon là, c'est moi qui devrait me la fermer, j'en serais presque pathétique. Bon appétit, à toute. »
Il s'enfuit rapidement et arriva en peu de temps dans son dortoir. Bon sang pauvre idiot, tu te rends compte de ce que tu as dit devant Blaise? Se réprima-t-il mentalement. T'es vraiment passé pour un faible, et en plus tu lui as fait de la peine! Bon ça suffit maintenant Drago, essaye enfin de dormir et de ne plus penser à tout ça. Après quelques minutes à remuer, il trouva enfin le sommeil et dormit une bonne partie de la journée.
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Blaise attendait Hermione à la sortie de la Grande Salle, après le repas de midi. Il n'avait pas eu l'occasion de lui parler de la matinée mais il avait bien l'intention de rattraper ça. Elle parut enfin, toujours entourée de son habituelle troupe. En l'apercevant, Blaise sourit bêtement.
« Hermione! Cria-t-il pour qu'elle l'entende. »
Elle tourna la tête vers lui et sourit en le voyant. Elle dit quelque chose à ses amis et s'approcha de Blaise.
« Salut. Dit-elle simplement.
- Salut. Répéta-t-il, un grand sourire sur le visage. Ça va?
- Plutôt bien, et toi?
- Très très bien. Tu as prévu quelque chose cet après-midi?
- A part avancer quelques devoirs et traîner avec Ginny et Lavande, non rien de particulier.
- Parfait, dans ce cas, je te réserve. Rendez-vous à quatorze heures devant le château.
- Pour quoi faire? Lui demanda-t-elle, intriguée.
- Aller à Pré-au-Lard, bien sûr! Je te paye un coup à boire. A tout à l'heure. »
La joie ayant pris possession de lui, il l'embrassa sur la joue et partit en trottinant vers les cachots. Hermione tâta sa joue: elle se serait attendue à rougir stupidement et être heureuse de rejoindre Blaise, mais ce n'était pas du tout le cas. C'était même plutôt le contraire. Elle aurait largement préféré que ce soit un certain blond à la place de Blaise, mais elle s'était déjà interdit de penser à lui et essaya de se convaincre qu'elle était ravie de sortir avec Blaise cet après-midi. Elle monta donc dans sa tour pour se préparer.
A quatorze heures, elle arriva devant la château et il était là, comme prévu. Ils marchèrent jusqu'au village et discutèrent, comme à leur habitude. Ils entrèrent aux Trois Balais et Blaise commanda deux Biéraubeurre. Ils continuaient de discuter poliment. Hermione aurait espéré qu'en passant du temps avec lui comme avant, l'étincelle qu'elle avait eu il y a quelques mois en sa présence se raviverait, mais ce n'était toujours pas le cas. L'après-midi ne faisait que commencer.
Elle remarqua que Blaise ne semblait pas aussi détendu qu'il voulait le faire croire. Il jetait sans cesse des regards hagards autour de lui, et de plus il avait choisi une table tout au fond de la salle, bien isolée. Sa curiosité la titillant, elle finit par lui poser la question qui brûlait ses lèvres.
« Pourquoi tu as l'air si inquiet?
- Quoi, je... je ne suis pas inquiet. Affirma-t-il.
- Bien sûr que si. On dirait que tu as peur que quelqu'un nous voit ensemble. »
Blaise inspira longuement en fermant les yeux et les rouvrit en disant:
« C'est parce que c'est le cas.
- Comment ça? S'étonna-t-elle. »
Il lui fit signe de s'assoir à côté de lui sur la banquette, ce qu'elle fit. Il lança un Assurdiato autour d'eux et mit son bras sous la table. Il demanda à Hermione de regarder, et, à contre cœur, il retroussa sa manche. Hermione écarquilla les yeux d'horreur face à ce qu'elle voyait.
« C'est... la Marque des Ténèbres. Dit-elle dans un murmure.
- Oui. Répondit-il sombrement, en retroussant de nouveau sa manche pour cacher le tatouage.
- Bien. Dit-elle en déglutissant. Et pourquoi me l'as-tu montré?
- Pour que tu comprennes que si jamais un Mangemort ou autre partisan du Seigneur des Ténèbres me voit avec toi, il ira me dénoncer.
- Et que t'arrivera-t-il?
- Ben, il me tuera. Répondit-il, comme si c'était évident.
- Mais... Pourquoi? Qu'est ce que ça change que tu sois avec moi ou une autre f... »
Elle s'arrêta au milieu de sa phrase, soupirant. Évidemment. La raison était toute aussi stupide que sa question.
« C'est parce que je suis une née moldue. N'est ce pas? »
Il hocha la tête et elle se mordit les lèvres.
« Dans ce cas, pourquoi tu risques ta vie juste pour traîner avec moi? Demanda-t-elle.
- Mais enfin, parce que je t'aime Hermione. »
Face à cette révélation, elle n'en fut qu'encore plus gênée. Il y a encore quelques semaines, elle aurait été tellement emballée d'entendre ces mots de la bouche de Blaise. Mais aujourd'hui, ça ne lui faisait absolument rien. Elle éprouvait juste énormément de remords.
Blaise venait enfin d'avouer à Hermione les sentiments qu'il avait pour elle. Et pourtant, le manque de réaction de l'élue de son cour l'étonna. Il aurait pensé qu'après ce que Drago lui avait dit, Hermione aurait été heureuse d'apprendre qu'il l'aimait aussi. Mais elle ne montra rien. Sûrement est-elle trop émue pour parler, pensa-t-il.
« Tu as fini? Finit-il par demander en montrant le verre d'Hermione.
- Oui. Répondit-elle. »
Ils se levèrent, mais Blaise l'arrêta dans son geste.
« Si tu permets, c'est juste par précaution. »
Après cela, il pointa sa baguette sur elle et l'enveloppa d'une sorte de champ. Champ duquel il s'enveloppa également. C'était sûrement un sort qui les rendait invisible aux yeux des autres. Elle ne le connaissait pas. Sans doute un truc de Mangemort, songea-t-elle en soupirant.
Il la prit par la main, ce qui la gêna encore plus. Mais elle se laissa faire et ils sortirent discrètement du bar. Ils marchèrent en silence dans les rues, se parlant de ceci ou cela de temps à autres. Blaise n'avait toujours pas lâché la main d'Hermione, bien qu'elle espérait depuis déjà un moment qu'il le fasse. Mais il s'agrippait presque désespérément à elle. Après avoir fait le tour du village, ils retournèrent à Poudlard, toujours plongés dans le silence le plus complet. Blaise tourna la tête vers elle et la regarda. Elle ne semblait pas à l'aise.
« Est ce que ça va? Lui demanda-t-il.
- Oh, oui oui. Répondit-elle, redescendant sur terre.
- Tu es sûre?
- Évidemment. »
Elle n'avait visiblement pas envie de parler, alors Blaise n'insista pas. Il enleva le sort de protection lorsqu'ils eurent passé les grilles et en même temps, elle lui lâcha la main. Elle avait honte qu'on les voit ensemble ou quoi?
Devant le château, elle lui souhaita une bonne fin d'après-midi et se précipita à l'étage. Sûrement pour aller dans sa tour. Elle était partie si rapidement qu'il n'avait même pas eu le temps de lui dire au revoir. Penaud, il alla dans les cachots et traîna mollement dans sa chambre. Il vit que Drago était là, en train de dormir. Le blond avait l'air tellement fatigué ce matin que ça avait sûrement du lui faire du bien de dormir.
Blaise alla discrètement prendre une douche, ne souhaitant pas réveiller son ami, qui avait l'air si paisible. Une fois sous l'eau, il y resta un moment, comme si ça pourrait chasser ses pensées sur le drôle de comportement d'Hermione.
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Hermione, de retour dans son dortoir, raconta son après-midi à Ginny. Cette dernière sembla étonnée à la fin.
« Tu t'es ennuyée à ce point là?
- Pas vraiment ennuyée, mais j'en étais pas loin.
- Je croyais que tu aimais Blaise.
- Ben moi aussi, figure toi. Mais visiblement, je suis passée à autre chose.
- Cette autre chose ne serait pas blonde, avec des yeux gris-bleus et des abdos à faire rugir un puma? »
Hermione rit à cette question, mais reprit vite son sérieux.
« Dans le mille. Mais je n'ai plus envie de parler de lui, pas après ce qu'il m'a fait.
- Oui, Harry m'a raconté.
- Il te l'a dit? S'exclama Hermione, se sentant trahie. Ah ben d'accord, je ne peux même plus me confier en paix à mon meilleur ami sans qu'il ne court tout raconter à sa chérie! »
Ginny parut vexée de cette remarque, et tourna le dos à Hermione. Cette dernière, réalisant ce qu'elle venait de dire, prit son amie dans ses bras.
« Excuse moi Gin, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je suis un peu sur les nerfs en ce moment, ne prends pas mal ce que j'ai dit.
- Ça ne fait rien. Je comprends que tu sois un peu tendue. Mais bon, ne dis plus jamais ce genre de choses, peu importe dans quel état tu te trouves! C'est la première fois depuis que je sors avec Harry qu'il me dit ce que tu lui as confié, et il ne l'a pas fait dans le but de partager des ragots mais parce qu'il s'inquiète beaucoup pour toi et qu'il pensait que je pourrais peut-être t'aider.
- Je n'en aurais pas douté mais sur le coup, ça m'a fait bizarre de savoir qu'il te parle de nos conversations. Après tout, c'est mon meilleur ami depuis longtemps, et je ne suis pas habituée à ce qu'il ait une petite amie.
- Bon, n'en parlons plus. Maintenant, venons en à ce que tu cherches à éviter depuis tout à l'heure. A savoir: le problème Malefoy. »
Hermione se mordit les lèvres, comme lorsqu'elle était avec Blaise et baissa le regard vers ses chaussures.
« De quoi veux-tu qu'on parle à ce propos? Il n'y a absolument rien à dire: je lui ai dit que je l'aimais, il m'a rembarré sans me ménager, j'ai le coeur brisé et fin de l'histoire.
- Non Hermione, l'histoire est loin d'être terminée, car on a tous remarqué que tu le vivais très mal.
- C'est vrai, et alors? Vous comme moi ne pouvons rien y faire. Tout ce que je peux espérer, c'est que ça passe et que je ne sois plus amoureuse de lui.
- Passons maintenant au problème Zabini. Continua Ginny, sans prendre en compte ce que disait son amie. »
Hermione soupira. Ginny n'avait pas l'air de vouloir la lâcher de si tôt. Elles allaient y passer la soirée, si ça continuait comme ça.
« Le petit est amoureux de toi, il te l'a avoué dans l'après-midi et toi, ça ne t'a rien fait du tout. Comment se fait-il que tes sentiments pour lui se soient envolés si subitement?
- Peut-être parce que je n'en ai jamais eu.
- Tu te fiches de moi? Demanda Ginny après un silence.
- Mais non! Enfin, ce que je voulais dire, c'est que je n'ai peut-être jamais vraiment eu de sentiments pour lui. Bon, je ne nie pas le fait que j'ai été attirée par lui physiquement, ça c'est indéniable. Mais si j'avais vraiment été amoureuse de lui, je ne serai jamais tombée amoureuse de Malefoy par la suite. Non?
- Pas forcément. Ça m'est déjà arrivée d'être amoureuse de deux garçons en même temps. Et bien que j'aimais le deuxième, j'étais toujours aussi amoureuse du premier.
- Mais ce n'est pas ce qu'Harry et Lavande m'ont dit! S'exclama Hermione, stressée.
- Qu'est ce qu'ils t'ont dit? S'enquit Ginny, curieuse.
- Que si on était vraiment amoureuse d'une personne, on ne tomberait pas amoureuse d'une autre.
- Mais c'est ridicule! Ils ont sûrement vu ça dans un truc comme "Les feux de la magie" ou je ne sais quoi, mais c'est... Enfin Hermione! Tu gobes vraiment tout ce que les gens te disent?
- Il faut croire. Grommela la concernée.
- Écoute. Dit Ginny, en riant légèrement. Tout dépend du raisonnement des gens. Mais il a été prouvé et approuvé qu'il était tout à fait possible d'aimer deux personnes à la fois. A la base, nous ne sommes pas censés appartenir à une seule personne. L'être humain a besoin de se diversifier, d'aller "voir ailleurs" si je peux le dire comme ça.
- Je suis totalement paumée. Finit par dire Hermione.
- Je veux bien le croire. Bon, et tu penses réellement que tu n'as aucun sentiments pour Blaise ou c'est simplement psychologique, parce que mon crétin de petit copain et l'idiote petite copine de mon frère te l'ont dit? »
La jeune femme réfléchit un instant, ne sachant plus du tout quoi penser. Deux de ses amis lui disaient une chose, tandis qu'une autre de ses amies lui en disait une autre. Qui croire?
« Je n'en sais rien mais je commence à avoir sérieusement mal à la tête.
- Je vois. Bon, et si on allait manger? Il est déjà dix-neuf heures trente. »
Hermione approuva et suivit Ginny pour se rendre dans la Grande Salle. En chemin, elle repensa à tout ce que venait de lui dire son amie. Elle aurait vraiment psychoté à ce propos? Convaincue qu'elle ne pouvait pas aimer deux personnes à la fois, elle s'était persuadée qu'elle était amoureuse uniquement de Malefoy et pas de Blaise? C'est absurde. Ou alors, le subconscient est un outil qui fonctionne rudement bien.
Elle avala son repas avec appétit et participa même à la conversation des autres. Savoir qu'il y avait peut-être une chance pour qu'elle oublie Malefoy lui avait redonné la pêche. En parlant du loup, Hermione le croisa en sortant de la Grande Salle. Elle ne put empêcher son cœur de se serrer à la vision du beau blond, mais elle se sermonna mentalement et entreprit de passer devant lui avec toute la dignité dont elle était capable. Ginny lui avait pris le bras, par solidarité et elles ne tardèrent pas à passer devant Malefoy et sa bande.
Celui-ci vit la Gryffondor passer et sentit un poids sur son estomac en la voyant si sûre d'elle. Pour se reprendre et paraître le plus fort des deux, il n'hésita pas à la charrier.
« Tu ne t'es toujours pas coiffée la touffe, Granger? »
Il éclata d'un rire cinglant, que ses "amis" ne tardèrent pas à imiter. De son côté, Hermione fit comme si cela ne lui faisait rien mais elle ne supportait vraiment pas qu'il se comporte comme avant avec elle. Elle regrettait tant la complicité qu'ils avaient acquis au fil du temps. Tous ces efforts gâchés...
Ginny essuya une larme qui s'était échappé de l'œil d'Hermione et la rassura d'un regard. Le cœur en lambeaux, elles montèrent alors les escaliers et Ginny tenta de changer les idées de son amie.
...
Weeeeeeesh. Nan, ok, j'arrête. Bon, ce chapitre est pas terrible-terrible, mais faut bien faire avancer l'histoire. De gros sacrifices au nom de l'amitié, dur dur.
Oui donc, sinon, je disais sur Twitter que j'avais pas compris comment on faisait pour surmonter la limite des 15 documents téléchargés dans Doc Manager, donc je sais pas comment je vais faire pour publier après le chapitre 15... Va falloir que je trouve comment faire.
Oui je sais, on s'en fout de la life de l'auteur :p
Allez bande de noix de cocos, à la prochaine!
Morgane.
