Chapter 2: Attirance et jalousie

« Allez viens Didi. Ça sera marrant.

- Bon ok. Mais je ne connais pas les règles...

- Je vais t'apprendre. Allez, passe-moi le mascara maintenant. »

Ginny Weasley, du haut de son mètre soixante, venaient de convaincre Eden de rejoindre toute la troupe des septième année en haut de la tour d'astronomie pour un jeu très à la mode dans le monde sorcier. La bouteille. Eden redoutait ce jeu, il lui rappelait un peu trop ces jeux moldus. Une heure plus tard, les filles étaient arrivées dans la salle pleine à craquer. Mickaël Bree avait réussi à se procurer de l'alcool dans les cuisines et une radio pour la musique.

« Ils sont là. »

Les filles s'approchèrent et s'assirent en rond par terre là où les garçons leur avaient gardé une place. Fred étant à la gauche d'Eden, elle se détendit. Il lui offrit un sourire qui lui rendit tout son courage pour la suite. Le problème avec les jumeaux, c'est qu'ils étaient très enjôleurs. On ne savait jamais vraiment s'ils draguaient pour le plaisir de séduire ou parce qu'une fille leur plaisait. Eden avait très vite remarqué cet aspect de leur personnalité. Tout comme le fait d'être capable de distinguer Fred de George.

Évidemment, lorsqu'elle regardait Fred ça ne lui faisait pas le même effet que si elle observait George. Mais à part leur posture, leur façon de parler ainsi que quelques différences physiques à peine perceptibles, les différencier était un jeu d'enfant. Eden s'était vite rendu compte que tout espoir était inutile. Âpres tout, ils avaient tellement de filles à leurs pieds.

Le jeu commençait et les rires éclatèrent. Lee venait de faire le poirier dans toute la salle, Ginny avoua qu'elle dormait encore avec son doudou. Chose qu'Eden savait depuis longtemps. Puis une chose se produisit. Lors d'un excès de rire Fred avait posé sa main sur celle d'Eden. Mais au lieu de retirer la sienne, Eden prit la main de Fred dans la sienne comme si de rien n'était. Celui-ci exerça une légère pression sur la sienne. Fred était aux anges. Pendant ce temps Eden se demandait si cette action avait été volontaire de la part du beau roux.

« Fred, c'est à toi ! S'exclamaient Ginny et Lee.

- Action ou vérité ? Demanda Neville.

- Euh... Action ! Dit Fred avec appréhension. »

George se pencha alors vers Neville et Ginny. Après un court moment, il annonça :

« Tu vois toutes ses filles dans la pièce ? Nous ordonnons d'aller embrasser celle que tu trouves la plus belle de toute. Mais attention pas un petit bisou de deux secondes. Ça serait trop facile. Nous, on veut un baiser de cinéma d'une minute au moins ! »

Quelques filles qui avaient entendu le défi de Fred aux alentours bombèrent un peu plus la poitrine. Eden était partagée entre le rire et la jalousie. Elle n'appréciait guerre de voir son Freddy embrasser comme ça une fille sous ses yeux bien qu'il ne sorte pas avec elle.

« Bon bah au moins je n'ai pas besoin de me lever ! »

Il avait dit ça en rigolant, mais Eden ne rigolait pas. Johanna était juste à côté de lui et c'était une fille séduisante. Alors qu'elle se perdait dans ses pensées, elle sentit soudainement la main de Fred se décoller de la sienne et senti qu'il lui relevait le menton. Les lèvres de Fred atteignirent les siennes. La main gauche de Fred alla caresser la joue d'Eden. Son baiser se voulait doux. Ce geste lui avait demandé beaucoup de courage. Pendant une fraction de seconde, il eut peur que la blonde ne le rejette. Puis à sa grande surprise, elle répondit à son baiser. La terre ne tourna plus pendant une seconde, une heure, un mois. Peu importe Fred s'en fichait. Il goûtait les lèvres de la fille qui avait commencé peu à peu a envahir son esprit et elle ne le repoussait pas, au contraire. Une odeur de menthe et de rosée monta à son cerveau. Ses lèvres étaient si pulpeuses, si délicates. Il sentit son souffle chaud d'entre ses lèvres ainsi que sa respiration saccadée. Lui ferais-je de l'effet ? Le cœur de Fred s'emballa de plus belle.

« Hum hum »

Neville venait de s'éclaircir la gorge de façon peu naturelle. D'un même mouvement, Eden et Fred se décolèrent. Leur bulle venait de se briser. Reportant leur attention sur Neville, Fred rangea ses deux mains dans ses poches. Fred et Eden avaient maintenant tout deux le rouge aux joues. Il avait peur de reprendre la main de la blonde après ce baiser. Les garçons avaient réussi leur coup. Fred n'avait plus qu'à faire le reste du travail. Le jeu reprit de plus belle mais bientôt Eden se leva et expliqua qu'elle allait se coucher. En grand galant, Fred se proposa de la raccompagner puisqu'il fallait traverser le parc et remonter tout le château pour accéder à leurs dortoirs respectifs en pleine nuit.

« Prends ma veste, tu vas attraper froid comme ça. »

Eden portait une robe de coton blanc avec une ceinture dorée juste en dessous de sa poitrine pour souligner son décolleté. Même habillée simplement Fred trouvait qu'elle avait une certaine élégance.

« Merci. »

Avec un grand sourire, Eden se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur la joue de Fred. Un baiser si proche du coin de ses lèvres que Fred regretta de ne pas avoir tourné la tête pour l'embrasser sans restriction. Ils recommencèrent à marcher en parlant de choses et d'autres sans jamais faire référence au baiser.

« Alors, le baiser avec mon frère, c'était comment ?

- Ginny ! Rouspèta Eden.

- Bah quoi, vous êtes embrassés pendant 5 minutes au moins ! Puis t'es ma meilleure amie et c'est mon frère, donc j'ai le droit de savoir ! »

Il s'était écoulé deux semaines depuis cette fameuse soirée. Et Eden le sentait bien, entre elle et lui tout était resté de même. Toutefois, la blonde finit par avouer à Ginny que ça avait été le moment le plus fantastique qu'elle ait connu depuis bien longtemps.

« Ça t'a plu alors ! T'es amoureuse ma vielle.

- Oui, mais pas lui et c'est bien la source du problème, il me prend pour sa petite sœur...

- Peut-être pas, tu sais. J'ai jamais vu mon frère se comporter de cette manière. Certes, il n'est pas trop entreprenant, mais je suis sure qu'il n'ose rien faire. Lui qui est si dragueur d'habitude ! Il te respecte trop ma vielle ou alors il a peur de ta réaction. Parce que je l'ai déjà vu aller embrasser plusieurs filles à pleine bouche, comme ça d'un coup !

- Ouais... Je n'ai pas trop envie d'entendre parler de ses ex Gin. Mais que dois-je faire alors ?

- Tu viens à la maison pour les vacances de Noël chez nous ! De toute façon, tu n'as pas trop le choix. J'ai reçu un hibou de maman me demandant de t'inviter. J'ai un plan d'attaque. En attendant, je te conseille d'être plus tactile avec lui. »

Eden était bien obligée de le reconnaître. Fred ne ferait pas le premier pas si elle ne montrait pas plus d'intérêt à ses gestes. Elle se dirigea alors à l'autre bout de la cour pour joindre les gestes à la parole. Fred la regarda et sans un mot, elle se blottit dans ses bras. Le geste avait semblé naturel. Fred la serra encore plus fort contre lui tandis qu'il continuer de discuter avec Lee sans prêter attention au regard de son frère qui les observait, un sourire mutin au coin de la bouche. Puis au fur à mesure que le temps passait, Fred emmena Eden faire des promenades pour parler de tout et de rien. Quelques semaines plus tard, il lui prit discrètement la main alors qu'ils s'étaient installés au bord du lac avec tout le groupe. Puis ce fut Fred qui prit Eden dans les bras lorsqu'elle ne s'y attendait pas. Il était dans la grande salle, Eden parlait à Ginny des cours qu'elle avait eu quelques heures plus tôt lorsque Fred lui encercla la taille d'un geste tendre. Il déposa un baiser dans ses cheveux et resta là. Eden finit par entremêler ses doigts aux siens, qui reposaient sur son ventre. Elle avait fait semblant de ne pas être troublée par cette approche.

Puis au fur et mesure que le temps passait, Fred lui donna un surnom affectueux. « Ma puce. » Il était sorti comme ça de sa bouche alors qu'il lui demandait simplement si elle comptait les accompagner le week-end prochain à Pré-au-lard. La veille du départ des vacances de Noël approcha. Tout le monde était autour de la cheminée dans la salle commune de Gryffondor. Eden venait de revenir de son cours de potion. Voyant des yeux qu'aucune place n'était libre, elle s'avança discrètement face à Fred, qui était en grande conversation avec George, assis sur un grand fauteuil. C'est alors qu'elle passa les bras autour du cou de Fred et s'assit sur ses genoux, en se blottissant contre lui. Fred l'entoura de ses bras et enfoui son visage dans les cheveux couleur soleil. Ils restèrent comme ça plusieurs minutes sans bouger ni parler. C'était si inattendu de sa part pensa Fred mais il ne fit aucun geste pour la repousser. Une heure plus tard, il sentit que les forces d'Eden la quittaient.

Elle dormait profondément dans ses bras. Sans bruit, il la souleva et la porta jusqu'à son lit dans le dortoir des filles. Ginny le laissa passer sans trop de questions. Il s'allongea sur son lit et lui embrassa le front.

« Bonne nuit ma puce. »

Et il parti.

Le Terrier. Cette grande maison penchée était merveilleuse aux yeux d'Eden. Ils étaient arrivés deux jours plus tôt pour les vacances de Noël. La mère des Weasley était la personne la plus gentille de toutes. Son mari était passionné par les moldus, de ce fait, Eden était harcelée de questions à propos de leur mode de vie mais cela la fit rire. Bien que la famille Weasley fût une grande famille leurs enfants avaient tous leur propre chambre. C'est pourquoi Eden dormait seule dans l'ancienne chambre de Bill. Mais ce soir-là, elle avait prévu de faire au saut dans la chambre de Fred avant de prendre sa douche. C'était Ginny qui lui en avait donné l'idée quelques heures plus tôt.

« Tu vas dans sa chambre, tu fais style de discuter de tout et rien et tu te rapproches de lui doucement et tu verras bien. Mais si mon frère ne répond pas il faudra penser à lui demander s'il est devenu gay.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Bah si un mec de son âge ne succombe pas aux avances d'une fille comme toi, dans sa chambre, à l'abri des regards, je ne vois pas ce qui reste à faire. C'est peut-être un peu tiré par les cheveux mais ça vaut le coup de tenter ! »

Eden se tenait devant la chambre de Fred. Il était 23 heures. Elle toqua à la porte et entendit Fred répondre d'entrer. Sa chambre était belle. Spacieuse, avec un lit deux places et des photos accrochées partout. Il se tenait au milieu de la pièce vêtue seulement d'une serviette de bain autour de la taille. Elle cachait juste ce qu'il fallait. Il adoptait une attitude sexy et décontractée qui s'évanouit aussitôt de son visage quand il vit que Eden Walt était dans sa chambre. La fille qui appréciait le plus était dans sa chambre et lui, il était vêtu que d'une serviette ! Eden rougit à la vision d'un Fred si dévêtu et se retourna. Elle avait eu le temps d'apercevoir le torse musclé et accueillant du jeune homme. Cela la fit sourire.

« Désolé, je ne voulais pas te déranger.

- Tu ne me déranges pas. Attends juste deux minutes que j'enfile quelque chose. Je pensais que c'était Ron. »

Eden s'approcha des photos accrochées en face d'elle. Il y avait des photos de tous ses amis et une photo d'elle. Elle dans ses bras. Elle ne savait même pas qu'une photo avait été prise à son insu, mais le fait qu'il l'ait accrochée la toucha. Soudain, elle sentit sa main dans la sienne. Elle sentit son souffle sur sa nuque et son parfum si envoûtant. Il s'était rapproché derrière elle.

« C'est Lee qui a pris la photo. Il me l'envoyée par courrier hier.

- On est magnifiques dessus. »

Eden se retourna pour observer Fred de plus près. Puis l'atmosphère changea. Ils n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Elle remarqua alors qu'il ne portait qu'un short en coton. Il l'a regardait intensément. Elle était bouleversée par ce regard. Leurs respirations se firent plus rapides.

La main libre de Fred alla se placer doucement derrière la nuque d'Eden et son autre main alla se placer sur la taille de cette dernière. Puis il se pencha et lui embrassa le cou, avec tant de délicatesse ! La jeune fille se laissa faire et tendit un peu plus le cou en arrière pour lui laisser plus d'espace dans sa manœuvre de séduction. Oui Fred était en train de la draguer. Le cœur de ce dernier battait la chamade, il avait remarqué le geste de sa belle qui l'invitait à continuer. Avec une infinie délicatesse, les mains de Fred commençaient à caresser Eden. Il avait glissé sa main droite sous le débardeur de la fille pour la placer au bas de son dos. L'autre commença à parcourir son visage en prenant bien soin d'éviter ses lèvres. Il avait envie d'elle. C'était plus fort que lui, il fallait qu'il tente quelque chose. Il l'embrassa alors son visage. Il commença par les pommettes et descendit sous sa gorge. Eden sentit alors, Fred avait envie d'elle. Elle sentait cette bosse contre sa jambe, mais cela ne la dérangea pas le moins du monde. Elle se sentait désirée et s'abandonnait dans ses bras. Tout doucement Fred remonta le long de sa gorge et embrassa la commissure de ses lèvres.

« Eden ! La salle de bains est libre ! S'exclama Mme Weasley de la cuisine.

- Je devrais peut-être y aller, si ta mère rentre maintenant... »

Elle avait murmuré ses paroles avec tant d'amertume. Fred se mordit la lèvre. Une minute de plus et il l'aurait embrassée. Ce n'était pas juste. Il l'a regarda s'éloigner et sortir de la pièce sans bruit.

La fin des vacances arriva trop vite au goût de Fred. Déjà deux semaines s'étaient écoulées depuis sa tentative de séduction. Eden n'avait pas réfréné ses envies, mais le garçon avait peur de retenter sa chance. Après tout, c'était peut-être un moment d'égarement pour elle.

Ils étaient revenus au château ce soir-là. Et comme d'habitude, la tour de Gryffondor était en émulation. Ils n'avaient jamais besoin d'occasion pour faire la fête. Eden lui souriait au loin. Elle était en compagnie de Johanna et Ginny qui semblaient en grande conversation entre filles. Il décida de les laisser tranquille et alla se caler sur le canapé près de la cheminée. C'est là qu'une Charlotte ivre alla s'asseoir avec lui. Elle était en septième année et elle lui courait après depuis quelques temps. Elle avait de toute évidence trop bu. Elle s'était assise pratiquement sur Fred. Cette fille lui aurait plu autrefois s'il n'avait pas rencontré Eden. Mais ce soir en particulier, il la trouva encore moins attirante qu'avant. Elle avait opté pour une mini-jupe indécente et un décolleté si plongeant qu'on n'avait pas de peine à deviner les pourtours de sa poitrine. C'était vulgaire et il détestait ça.

« Si tu veux, on peut aller dans mon lit, joli cœur... »

Elle avait dit ses paroles avec beaucoup d'obscénité dans la voix. Mais elle était ivre et il ne fallait pas lui en vouloir pour ça. Il décida de se montrer poli en refusant gentiment ses avances. Il lui répondit qu'il ne voulait pas et fit un geste qu'il regretta aussitôt. Il avait amorcé un mouvement pour la repousser mais Charlotte l'interpréta autrement et enroula ses bras autour du cou de Fred et l'embrassa en pleine bouche. Fred, surpris, resta paralysé, les yeux ouverts. Il reprit enfin ses esprits et repoussa la Gryffondor. Mais à ce même moment, il vit la crinière blonde sortir de la salle commune à grand pas. Il tenta de se relever à grande peine et couru à son tour hors de la salle.

« Eden ! Attends-moi... »

C'était trop tard. Elle avait disparu de son champ de vision.

Eden était au bord des larmes. Les filles l'avaient vu partir en courant après avoir assisté au baiser de Fred et Charlotte. Aussitôt, elles s'étaient précipitées à la tour d'astronomie. Eden se cachait souvent là-bas. Elle était recroquevillée sur elle et pleurait en silence.

« C'est qu'un imbécile. Un immonde crétin ! Aller dans les bras de cette pétasse !

- Laisse tomber Gin... J'en ai marre. Il ne me remarquera jamais de toute façon.

- Si, moi, j'ai un plan.

- On ne peut pas dire que le premier ait été concluant !

- Fais-nous confiance un peu !

- Oui, Johanna a un plan et il va marcher à coup sûr. »

Pendant que Ginny séchait les larmes d'Eden, elle le lui exposa. Rendre jaloux Fred. Pour cela, il suffisait de faire semblant de ne rien ressentir par rapport à ce qu'elle avait vu s'il lui en parlait. Ensuite, elle devait trouver le moyen de séduire un garçon de Gryffondor pour être sûr que Fred la voit en train de flirter. Après tout, la jeune fille était désespérée et il lui suffisait seulement d'embrasser rapidement un garçon devant lui pour attirer son regard. Puis après tout, peut-être qu'elle n'aurait à embrasser personne.

« Ok. Je pense que de toute façon, c'est la seule chance qui me reste. »

Le lendemain Eden était affairée à la bibliothèque. Elle se concentrait sur un devoir lorsque quelqu'un se racla la gorge derrière elle. Dean Thomas demandait son attention. Il est vrai qu'il était mignon mais totalement dépourvu de cervelle.

Depuis quelque temps, la blonde avait remarqué ses regards appuyés envers elle et les regards mauvais que lui lançait Fred. Ce dernier avait prétendu ne pas l'aimer suite à une querelle sur le Quidditch. Il ferait sans doute l'affaire...

« Oui Dean ?

- Je me demandais si tu voulais faire un tour dehors avec moi ?

- Oui bien sûr, j'arrive. »

Ils étaient tous les deux dans le parc en train de discuter de la fête qui aurait lieu ce soir dans la tour de Gryffondor. Dean avait négligemment posé un bras sur la taille de la blonde, qui ne l'avait pas repoussée. Elle n'aimait pas ce contact mais il fallait qu'elle tienne le coup. Elle savait pertinemment que Fred se trouvait près du lac à cette heure de la journée. Avant la fin de la cloche Dean la serra brièvement dans ses bras et s'en alla. Il ne cachait pas du tout ses intentions de l'embrasser mais Eden avait décidé d'y répondre ce soir devant tout le monde pour être sure que Fred profite de la scène.

En allant en cours, elle vit le roux la stopper dans sa marche. Il s'était figé devant elle, les pieds bien ancrés dans le sol. Son regard lui fit froid dans le dos. Il avait les bras croisés sur sa poitrine, chose inhabituelle, mais qui lui rappela la posture de Molly lorsque l'orage n'était pas loin.

« On m'a dit que tu sortais avec Dean.

- Ça ne te regarde pas Fred. Et non, je ne sors pas avec Dean.

- ... Oui, ça ne me regarde pas, mais c'est un abruti et un obsédé Eden. Ce n'est pas un mec pour toi !

- Et pourquoi Dean ne serais pas un mec pour moi selon toi ?

- Parce que je sais qu'il a autre chose dans la tête que des simples bisous.

- Ha oui ! Et bah voyons, moi, je ne me fais pas astiquer par charlotte la chaudasse du château au moins !

- Mais... Mais... Ça n'avait rien à voir et je ne voulais pas qu'elle...

- T'as rien d'autre à répondre ? » Elle l'avait arrêtée en plein milieu de sa phrase.

« ... S'il te plaît ne le revois pas. Ou sinon, je ne te considérais pas mieux que Charlotte, à chercher les ennuis comme ça ! »

La gifle partie si vite que Fred fut pris au dépourvu. Bien qu'elle ne le blesse pas physiquement, cette giffle l'avait poignardée en plein cœur. Ils restèrent plusieurs secondes sans dire un mot, ni bouger.

« Je ne comprends même pas comment j'ai pu penser que tu étais spécial. »

Elle avait craché ces mots avec tant de froideur que ce fut le coup de couteau en trop qui acheva Fred. Une larme coula sur sa joue mais il ne chercha même pas à la cacher. Il avait été trop loin. Il avait franchi la limite à ne pas franchir. La jeune femme était partie sans accorder un regard en arrière au Gryffondor. Fred en resta sans voix. Elle était en colère contre lui. Elle avait pour la première fois haussé le ton contre lui et l'avait même giflé. Il avait tout foutu en l'air. Pourtant, son frère l'avait prévenu de ne pas lui parler de Dean. Il avait su aussitôt que Fred ne serait pas resté calme et cohérent face à sa jalousie naissante. Il avait appris leur étreinte par Alicia qui s'était fait un malin plaisir à dire du mal sur Eden pendant le cours de potion.

Le soir venu, ils ne s'étaient toujours pas parler depuis ce court dialogue dans les couloirs. Il la regardait du coin des yeux, rire à toutes les plaisanteries du garçon qui avait pris sa place. Elle souriait. Quelque chose était différent dans son sourire. L'amour ? Non Fred ne voulait pas le croire. C'était un sourire nerveux. Oui, un sourire nerveux parce qu'elle ne l'aimait pas tout simplement. Il s'en convainquit et décida de reporter son attention sur autre chose lorsque des exclamations retentir dans la pièce. Les mecs sifflaient et les filles gloussaient. Ce que vit Fred fut une vision d'horreur.