Chapitre 15: Dire qu'on a jamais menti est un mensonge.

Les semaines passaient, et chacun essayait de réparer ou encore d'oublier les erreurs qu'il avait commis durant l'année. C'était le cas pour Hermione Granger, Drago Malefoy et Blaise Zabini.

En ce début de mois de juin, l'été pointait enfin le bout de son nez. Certains élèves étaient partis bronzer dans le parc, tandis que d'autres se cachaient à l'ombre des arbres, discutant et riant joyeusement. Allongées tranquillement sous l'arbre d'Hermione, celle-ci et ses amies Ginny et Lavande profitaient pleinement de leur samedi après-midi ensoleillé de début d'été. Ginny, la plus blanche des trois, voulait à tout prix prendre enfin des couleurs et n'avait pas tardé à s'exposer au soleil, refusant l'ombre rafraîchissante de l'arbre. Hermione et Lavande, plus prudentes, restaient sous les branches pleines de feuilles cachant le soleil.

« Qu'est ce qu'on est bien. Soupira Lavande. Les cours sont bientôt terminés, nous n'avons aucun examen à réviser cette année et nous sommes tranquillement dehors à profiter du soleil.

- Parle pour toi. Grommela Ginny. J'ai mes BUSE, moi cette année.

- Oh mais ça, c'est facile comme bonjour. Rétorqua Lavande, sûre d'elle. Bonne élève que tu es, tu l'as facilement. En plus, tu as combien de points à avoir?

- Euh une petite vingtaine, je crois.

- Eh ben voilà! Y'en a qui ont une quarantaine de points à rattraper, ils ne révisent quasiment pas et ils l'ont avec plusieurs optimales. Alors toi, tu n'as même pas de soucis à te faire.

- C'est gentil Lavande, mais je vise quand même toutes les optimales, alors je vais réviser.

- Je suis entourée d'intellos. Soupira Lavande. »

Hermione et Ginny lui donnèrent un petit coup dans le bras, ce qui la fit rire. Elle fut suivie par ses amies et elles refermèrent les yeux, tranquillement. Quelques mètres plus loin se trouvait la bande attitrée de Serpentard, à savoir Malefoy, Zabini, Parkinson, Crabbe et Goyle. Ces derniers, assis à l'ombre d'un arbre, discutaient tout en dégustant leurs habituels gâteaux, tandis que Parkinson faisait la bronzette en parlant avec Millicent Bulstrode, assise à côté. Malefoy et Zabini, quant à eux, jouaient au Frisbee. Lorsqu'ils en eurent assez, ils pensèrent à longer le lac. Chacun en maillot de bain, Drago cherchait désespérément à bronzer un peu, tandis que Blaise n'en avait que faire, étant déjà noir de peau d'origine.

« T'as une sacré chance, pauvre cocu. Soupira Drago. T'es déjà bien galbé, et en plus super black! Et moi, je galère comme un fou pour avoir ne serait-ce qu'un minimum de bronzage.

- Oh, ne te plains pas. Je te signale que tu as beaucoup plus d'abdos que moi. On ne peut pas tout avoir.

- C'est pas faux, mais étant très proche de la perfection, j'estime pouvoir tout demander. »

Blaise soupira face au manque de modestie de son ami et ils continuèrent de marcher, discutant de choses et d'autres. Ils passèrent devant le coin où se trouvaient tous les Gryffondor et Blaise la chercha donc du regard. Il la vit, allongée sous cet arbre où elle se trouvait toujours, avec ses amies. Elle paraissait vraiment paisible. C'était la première fois qu'il la voyait en maillot de bain, et il dut s'avouer qu'elle avait des formes vraiment généreuses. Ce fut apparemment aussi l'avis de Drago, qui siffla.

« Finalement, quelque chose de sympathique se cache sous les pulls miteux de Granger. Dit-il en riant à Blaise.

- Tu étais en train de la regarder? Grogna Blaise, ne pouvant pas s'empêcher d'être jaloux.

- Euh non, j'ai juste tourné la tête et je l'ai... vu. Répondit Drago, mal à l'aise.

- Je ne te crois pas, Malefoy. Tu n'arrives toujours pas à l'oublier?

- Écoute, évitons de parler de ça, d'accord? Continuons de discuter de choses futiles et sans importance. »

Il prend encore la fuite, pensa Blaise avec amertume. Néanmoins, il le lança sur un sujet de Quidditch, ce qui plut nettement mieux à Drago. De son côté, Hermione regardait les deux garçons passer derrière ses lunettes de soleil.

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En milieu d'après-midi, alors que le soleil commençait à cogner assez fort, quelques élèves prirent la fuite, ne voulant pas ressembler à des écrevisses. Ce fut le cas des trois Gryffondor et du groupe de Serpentard. Ils se croisèrent en chemin, et comme Hermione en avait pris l'habitude, elle ignora soigneusement le regard de Drago fixé sur elle. Blaise voulut aller parler à Hermione. Il en avait rarement eu l'occasion depuis cet après-midi désastreux à Pré-au-Lard. Il pensait sérieusement qu'elle l'évitait et se défilait dès qu'il réussissait à la coincer. Il fit un pas en avant mais les trois jeunes femmes accélérèrent subitement le pas, et Blaise laissa donc tomber. C'était peine perdue. Il se tourna vers son meilleur ami, cherchant un peu de réconfort.

« C'est quoi le problème d'Hermione, à ton avis? Lui demanda-t-il.

- Je ne sais pas. C'est vrai que c'est un sérieux gâchis de cacher un corps comme ça derrière de si horribles fringues...

- Je ne veux pas parler de ça, idiot! Le coupa Blaise, agacé.

- Ah, tu parles du fait qu'elle t'évite tout le temps?

- Oui!

- J'en sais fichtrement rien, Zabini. Peut-être qu'elle a ses règles.

- Depuis trois semaines?

- On ne sait pas vraiment comment elle fonctionne, cette fille, au fond. Ricana Drago.

- Tu es donc incapable de rester sérieux plus de deux minutes, Malefoy?

- C'est en effet hors de mes capacités. »

Appelé par Pansy, Drago s'éloigna de Blaise et discuta avec la jeune fille. Seul avec ses pensées, le jeune métisse, ne pouvant pas compter sur l'aide de son imbécile d'ami, continua de chercher tout seul la raison pour laquelle Hermione l'évitait. Mais après tout, quel était le meilleur moyen pour le savoir que d'aller lui demander directement? Se maudissant de ne pas y avoir pensé plus tôt, il accéléra le pas et passa devant tous ses amis.

« Qu'est ce qu'il a Blaise? Le feu au cul? S'étonna Pansy, voyant son ami marcher aussi vite.

- Je ne sais pas mais ça ne me dit rien qui vaille. Répondit Drago, les sourcils froncés. »

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« Hermy, il y a Blaise qui vient par ici.

- Dis lui que je suis aux toilettes. »

Hermione acheva sa phrase en courant vers les escaliers. Ginny se retrouva donc seule et soupira en voyant son amie réagir ainsi. Le Serpentard ne tarda pas à arriver vers la jeune rouquine et lui demanda essoufflé où était Hermione.

« Elle est partie aux toilettes. Répondit impassiblement Ginny.

- C'est vrai ou c'est encore une de ses excuses débiles?

- Écoute Zabini, il faudrait peut-être que tu apprennes à lâcher l'affaire.

- C'est elle qui t'a demandé de me dire ça? Demanda-t-il, sarcastique.

- Non, ça vient de moi. D'accord, tu veux des réponses? Oui, elle t'évite. Mais ce n'est pas en lui courant après toute la journée que ça va y changer quelque chose. Laisse la vivre un peu! Tu devrais savoir que tout ne tourne pas parfaitement bien dans sa vie.

- Je suis au courant que sa grand-mère est morte il y a pas longtemps, mais ce n'est pas une raison pour m'éviter tout le temps.

- S'il n'y avait que ça. Soupira Ginny.

- Quoi, il y a... autre chose? S'enquit Blaise, intrigué.

- Évidemment, gros nigaud! Tu étais sur quelle planète ces dernières semaines?

- Où tu veux en venir, Weasley?

- Tu le fais exprès, c'est pas possible! Bon, tu m'exaspère, je m'en vais. Et ne t'avise pas de courir encore après Hermione aujourd'hui. Elle a besoin d'être au calme. »

Ginny appuya ses paroles par un regard menaçant et grimpa à son tour les escaliers pour retrouver son amie. Blaise ne comprenait toujours pas la réaction de la rouquine. Pourquoi lui avoir parlé ainsi? Il n'était tout de même pas au courant de chaque détail de la vie d'Hermione! Il donna un coup de pied dans le mur et se retira aux étages, sous les regards curieux des gens autour. Ginny retrouva Hermione dans leur salle commune, en train de lire le roman qu'elle avait rageusement laissé tomber quelques semaines plus tôt.

« Je croyais que l'histoire d'amour était trop simplette pour toi. Fit remarquer Ginny, en s'asseyant à côté de son amie.

- Certes, mais je n'ai rien d'autre à lire, alors autant se contenter de la médiocrité.

- C'est si bidon que ça?

- Eh bien, l'auteur a la main du poète, il n'y a pas à dire. J'aime beaucoup la façon dont elle écrit, mais l'histoire est vraiment trop gnangnan. Ça me donnerait presque la gerbe.

- Je vois.

- Tu as réussi à te débarrasser de Blaise? Demanda Hermione, lisant en même temps.

- Oui mais c'est un véritable snargalouf, ce type! J'ai bien cru qu'il me tiendrait la jambe un moment.

- Je ne supporte plus cette situation.

- Dans ce cas, il faudrait peut-être que tu ailles lui dire une bonne fois pour toutes. Parce que plus tu vas fuir, moins ça va régler tes problèmes. »

Ginny sursauta légèrement lorsqu'Hermione referma brutalement le livre et se leva d'un air décidé.

« Tu as raison. Je vais arrêter de me cacher maintenant, et aller lui dire entre quatre yeux la vérité!

- Ah là, je reconnais la vraie Hermione! Vas-y, et ne te défile pas! Il faut qu'il comprenne pour de bon. »

Hermione approuva et passa le portrait sous le regard fier de Ginny. La jeune femme, plus décidée que lorsqu'elle était allée avouer ses sentiments à Malefoy, chercha le jeune Serpentard à travers tout le château. Elle le trouva dans un coin du septième étage, marchant de long en large près d'un mur. Il semblait anxieux. Lorsqu'il la vit, il s'arrêta sur place.

« Tu peux t'enfuir, c'est bon. J'ai bien compris qu'il ne fallait plus que je te cours après. Lui dit-il.

- Je suis justement venue te voir. »

Blaise parut étonné.

« Ah bon?

- Je voulais te dire quelque chose. »

Elle s'assit contre un mur et Blaise l'imita. Elle garda le silence un petit moment, puis se décida enfin à parler.

« Ce que je vais te dire va probablement te faire mal mais... Je préfère être honnête avec toi, plutôt que te laisser espérer pour rien.

- Je sens que la suite ne va pas me plaire. Marmonna-t-il.

- Quand tu m'as dit que tu m'aimais, je... pensais que j'allais être heureuse, que ça allait m'emballer. Mais je n'ai rien ressenti de tout ça. J'ai trouvé ça bizarre sur le coup, alors je n'ai rien dit. Puis j'y ai réfléchi. Et si je n'avais rien éprouvé, c'est tout simplement parce que je ne partage pas tes sentiments.

-...

- Du moins, je ne les partage plus. C'était le cas avant mais... Plus maintenant. Se rattrapa-t-elle, voulant y aller en douceur.

-...

- Je suis vraiment désolée, si tu savais. J'ai été amoureuse de toi, un moment. Mais c'est terminé, et...

- Je vais le tuer. La coupa-t-il en se levant. »

Hermione resta énormément perplexe face à la réaction de Blaise. Il n'avait pas dit "Je vais te tuer" mais "Je vais le tuer". Qui était donc le "le" en question?

« Blaise, attends! Cria-t-elle pour l'arrêter. De qui tu parles?

- Ne te mêle pas de ça.

- Mais enfin, c'est contre moi que tu devrais être en colère, pas contre quelqu'un d'autre!

- Quand on ne sait pas, on se la ferme Granger. »

Les yeux de Blaise étaient noirs de colère. Hermione recula discrètement. Elle avait momentanément oubliée qu'il était devenu un Mangemort et que ses réactions pouvaient par conséquent être imprévisibles et dangereuses.

Le Serpentard n'écouta plus Hermione et se précipita à travers le château en courant. Hermione commença à le suivre, mais le perdit rapidement de vue. Elle était vraiment inquiète: de qui parlait-il quand il disait le tuer?

000

« MALEFOY! »

Ce cri de colère avait retenti dans toute la salle commune de Serpentard, et devant les yeux qui lançaient des éclairs de Blaise, tous les élèves présents se hâtèrent de s'en aller, sans paraître trop suspect. Le métisse en colère se retrouva donc seul au milieu de la Salle Commune. Il cria de nouveau le nom de celui qu'il disait "traître".

« Montre toi, espèce de pauvre lâche! »

Le concerné sortit de sa chambre, une serviette nouée autour de la taille.

« Qu'est ce qu'il y a, Zabini? J'étais en train de prendre ma douche et... »

Blaise ne le laissa pas terminer et se précipita sur lui. Il l'empoigna et le plaqua contre le mur le plus proche. Drago poussa un cri de douleur et entreprit de se libérer.

« Mais qu'est ce qui te prend? S'insurgea Drago.

- Ce qui me prend? Tu t'es bien foutu de ma gueule, hein! Ça devait être amusant de me faire passer pour le pauvre con de l'histoire!

- Enfin, de quoi est ce que tu parles?

- Tu m'as fait croire qu'Hermione m'aimait! Alors que ce n'est pas le cas! »

Blaise relâcha un peu son emprise et respira difficilement, envahi par la rage. Drago avait l'air d'un pauvre petit animal pris au piège.

« Comment tu...

- Elle me l'a dit! Le coupa Blaise. Elle est venue me voir pour me dire qu'elle n'était pas amoureuse de moi, qu'elle était désolée bla bla bla. Et qu'en plus, ça faisait déjà un moment qu'elle ne m'aimait plus! Ce que j'aimerais maintenant savoir, c'est POURQUOI tu m'as menti sur ça!

- Peut-être que si tu me laissais respirer, je pourrais t'expliquer. »

Blaise trouva cette remarque pertinente et s'éloigna de Drago. Ce dernier respira de nouveau et se massa la gorge.

« Je te préviens Malefoy. Si c'est pour encore me dire des conneries, tu peux être sûr que tu signes ton arrêt de mort. Le menaça Blaise.

- Dans tous les cas, que je te dise la vérité ou pas, tu vas avoir envie de me tuer.

- Pourquoi tu m'as menti? Continua-t-il, déglutissant à grande peine.

- Tu te rappelles, quand je t'ai dit que Granger était venue me voir? Eh bien, poursuivit Drago après le hochement de tête de Blaise, elle n'est pas venue pour me dire qu'elle était amoureuse de toi.

- Pourquoi, alors?

- Pour... me dire qu'elle était amoureuse de moi. »

Blaise eut l'impression de se faire engloutir par une violente tornade. Ses mains tremblèrent et il bégaya des paroles incompréhensibles.

« Elle est amoureuse de toi? S'exclama-t-il.

- C'est ce qu'elle a dit. Répondit Drago, calmement.

- Et tu m'as dit qu'elle était amoureuse de moi?

- Je n'allais pas te briser le cœur, non plus. Tu es quand même mon ami, aux dernières nouvelles.

- Tu m'as menti dans le seul but de m'éviter de souffrir? »

Drago hocha difficilement la tête, se sentant rongé par la culpabilité. Blaise ne s'attendait apparemment pas à cette version.

« Je suis un... monstre. Souffla alors Blaise.

- Quoi? S'étonna Drago, s'étant attendu à se faire massacrer.

- Vous êtes tous les deux amoureux l'un de l'autre et par pur égoïsme, je vous ai empêché d'être ensemble. Je ne suis qu'un monstre.

- Ce n'était pas de l'égoïsme! C'est parce que tu ne voulais pas nous perdre tous les deux, je suppose. »

Blaise tourna en rond. Drago attendait, inquiet, le verdict.

« Tu es vraiment quelqu'un d'exceptionnel, Drago. Ne rien avoir dit dans le seul but de ne pas me faire souffrir: seul un vrai ami aurait pu faire ça.

- Alors, tu ne m'en veux pas? Souffla Drago, rassuré.

- Bien sûr que si. J'aurais largement préféré que tu me dises la vérité dès la première fois.

- Mais fais preuve de bon sens, enfin! Si je t'ai menti, c'était pour que tu ne souffres pas! (et pour épargner ma peau aussi, je l'avoue.)

- Et à ton avis, je ne souffre pas plus, en ce moment?

- Qu'est ce que ça signifie, ce petit discours?

- Je ne pourrai pas être ami avec quelqu'un qui est incapable de me dire la vérité. Désolé. »

Sur ce, il fit un dernier sourire amical à Drago et repartit dans sa chambre. Ce dernier resta de marbre dans la salle commune. Comment avait-il pu en arriver là, bon sang? Tout ça à cause d'une fille! Il s'était toujours juré de ne jamais laisser une fille se mettre en travers de son amitié!

Et si le problème ne venait pas de Granger? Et s'il venait tout simplement de lui?

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Hermione n'était pas tranquille, alors qu'elle discutait avec Ginny et Lavande. Elle ne savait toujours pas ce qu'était parti faire Blaise, et ça l'inquiétait légèrement. Elle prétexta une envie de bouffée d'air frais et elle sortit dans les couloirs. En chemin, elle croisa un blond qui semblait aussi agité qu'elle. Comme d'habitude, son cœur se serra et elle lui passa devant, l'ignorant.

« Granger! Reviens ici. »

Il avait dit ça si brutalement que ça l'arrêta sur place. Elle se tourna vers lui.

« Non mais pour qui tu te prends à me parler comme ça? S'insurgea-t-elle. Écoute, espèce de pauvre abruti sans cervelle, je commence à en avoir sérieusement marre de toi et tes piques infantiles. Va falloir que t'apprennes à grandir et à me foutre la paix! On a plus onze ans et j'ai autre chose à faire que t'écouter te foutre de moi ouvertement et m'in... »

Elle n'eut pas le temps de terminer sa tirade, car Drago s'était jeté sur elle et l'embrassait désormais à pleine bouche. Il s'accrochait à elle, comme s'il avait besoin de ses lèvres pour vivre. Il la serrait contre elle, comme s'il avait peur qu'elle ne lui glisse des mains et qu'elle s'échappe à jamais. Elle le bourra de coups et se débattit pour qu'il la lâche mais elle finit par cesser de lutter et s'abandonner à ses lèvres. Dieu, qu'il embrassait bien. Elle était enivrée et aurait pu rester là, dans ses bras à l'embrasser, toute la soirée. Mais il se détacha d'elle. Il avait l'air tout aussi transi qu'elle.

« Pourquoi tu me fais souffrir comme ça? Murmura-t-elle, les yeux embués. »

Il ne répondit pas et lui caressa doucement le visage, un bras entourant toujours la taille de la jeune femme. Elle était au bord de l'évanouissement.

« Arrête. Le pria-t-elle, en tentant de se libérer. »

Il essuya du doigt une larme qui s'était échappée de l'œil de la jeune femme, et celle-ci se sentait de plus en plus mal. C'était quoi, son but?

« Tu crois que tu ne m'as pas assez fait souffrir? Se rebella-t-elle, réussissant enfin à se libérer. Qu'est ce que tu cherches à prouver? Je crois que tu m'as suffisamment humiliée pour le restant de mes jours.

- Je ne cherche pas à me moquer de toi, Hermione. Dit-il alors d'une voix doucereuse.

- D'accord. Tu m'embrasses, après tu m'appelles par mon prénom. C'est quoi, la suite? Tu vas me demander de t'épouser? Sache que c'est un non catégorique.

- Je t'aime. »

Elle le gifla si violemment que sa tête bascula de côté. Il tâtonna sa joue et se remit face à la jeune femme. Elle avait les yeux rouges et des larmes roulaient sur ses joues.

« Tu es un monstre, Drago Malefoy! Se contenta-t-elle de dire, la voix coupée par les sanglots. C'est inhumain de jouer avec les sentiments des gens de la sorte!

- Pour une fois que je suis sérieux. Laisse moi expliqu... »

Elle se jeta sur lui et le roua de coups sur la poitrine. Comme elle était affaiblie par sa crise de larmes, Drago avait à peine l'impression de se faire frapper. Il ne sentait que de légères tapes.

« Je te déteste, tu n'es qu'un pauvre type, je te hais, je te méprise, je te déteste, je te déteste, je te... »

Elle se laissa doucement tomber mais Drago l'en empêcha et la prit dans ses bras. Elle ne prenait même plus la peine de le frapper, elle se contentait de pleurer doucement. Il la porta un moment. Comme elle ne réagissait plus, il se demanda si elle ne s'était pas endormie. Il la regarda et en effet, elle dormait d'un sommeil profond. Tant mieux, au moins elle ne le giflerait ou frapperait pas sans qu'il ne le voit venir.

Il l'avait amené sous ce fameux saule pleureur, le seul endroit où il était sûr que personne ne viendrait les importuner. Il jeta des sorts tout autour pour être absolument certain d'être tranquilles et une fois fait, s'assit contre le tronc, attendant que la jeune femme hystérique daigne se réveiller. Il jouait avec des brindilles d'herbe, et comme Hermione ne se réveillait toujours pas, il voulut passer le temps en chantonnant des airs de chansons moldues. D'habitude, il ne s'abaisserait jamais à faire ce genre de choses mais là, il s'ennuyait vraiment trop et puis, certaines chansons moldues ne sont pas si médiocres que ça.

Totalement assommée, Hermione se réveilla lentement mais surement. Elle entrouvrit les yeux, et ne reconnut pas l'endroit où elle se trouvait. Une fois sa vision totalement recouvert, elle vit les feuilles pendantes du saule pleureur où elle avait l'habitude d'aller. Mais elle constata rapidement qu'elle n'était pas seule en voyant une silhouette contre l'arbre.

Des sons lui parvinrent rapidement aux oreilles. Elle reconnut une chanson du célèbre groupe moldu des derniers mois, Oasis. Il lui semblait que c'était la silhouette qui chantait. Mais elle n'était pas sûre. Elle eut envie de rire tant la personne chantait mal. Son rire se coinça dans sa gorge lorsqu'elle reconnut qui chantait. Tout lui revint alors en mémoire: la colère de Blaise, l'anxiété qu'elle avait eu... Le baiser et les paroles de Drago.

Celui-ci n'avait pas remarqué qu'Hermione s'était réveillée, donc il continuait de chanter, en arrachant les brindilles d'herbe se trouvant sous sa main. L'envie de rire de la jeune femme ressurgit lorsqu'il entama le refrain.

There are many things that I would like to say to you,
But I don't know how.
Because maybe, you're gonna be the one that saves me,
And after all, you're my wonderwa...

Il s'arrêta en plein milieu lorsqu'il entendit un gloussement. Il devint rouge et vit qu'Hermione était toujours allongée, mais les yeux grands ouverts et un fou rire l'ayant saisi.

« Je peux savoir ce qui te fait rire, Granger? Lança Drago, vexé qu'elle se moque aussi ouvertement de lui.

- Tu devrais prendre des cours de chants. Réussit-elle à dire entre deux éclats de rire.

- Oh, ça va hein. Et puis, t'étais censée dormir, pas écouter. »

Après quelques secondes de rire intensif, elle réussit enfin à se calmer. Elle se mit en position assise, et regarda Drago. Il s'était tu, mais continuait d'arracher les brindilles d'herbe sur le sol. Il avait l'air soucieux. Elle aurait voulu être encore en colère contre lui, après ce qu'il lui avait fait. Mais elle n'y arrivait pas. Elle était trop amoureuse de lui pour lui en vouloir longtemps (lamentable, hein?). Elle se rapprocha de lui, et le regarda un moment.

« Est ce que tu étais sérieux tout à l'heure? Lui demanda-t-elle alors.

- Comment ça? Rétorqua-t-il, sans quitter la pelouse des yeux.

- Quand tu m'as... embrassé et que tu m'as dit que tu m'aimais. Je ne sais plus quoi penser, moi. Un coup tu me détestes de tout ton être, un coup on se rapproche et je sens quelque chose de fort se tisser entre nous, ensuite tu me brises le cœur en me disant que tu ne pourras jamais m'aimer et enfin, tu m'embrasses en mettant une telle passion dans ton baiser que je me sens perdue. A la fin, je ne sais plus quoi penser. Je ne sais plus si je dois t'aimer ou te détester. »

Il lâcha enfin des yeux la verdure et posa son regard gris dans le sien. L'estomac de la jeune femme se retourna tant il la regardait intensément.

« On t'a déjà dit que tu étais naïve? Finit-il par dire.

- Un bon paquet de fois. Grogna-t-elle.

- C'est peut-être parce que c'est la vérité. Dit-il en souriant.

- Si c'est pour m'insulter, je peux d'ors et déjà m'en aller...

- Mais laisse moi finir! La coupa-t-il, en la rasseyant de force. Il te suffit d'un ton convaincant et tu gobes tout. Il faut que tu saches que l'être humain est maître dans l'art du mensonge.

- Avec toi, je l'ai vite compris, ne t'inquiètes pas pour moi. Répliqua-t-elle, avec un ton de reproche dans la voix.

- Je mentais, ce jour là. Toutes ces horreurs que j'ai dit, je n'en pensais pas un seul mot. Continua-t-il, sans prendre en compte la remarque d'Hermione.

- Dans ce cas, pourquoi tu me les as dites?

- Il est grand, noir de peau et il est capable de te casser la figure en moins de temps qu'il ne le faut pour dire "pouf" si tu le contraries trop. »

Blaise. Évidemment. Hermione se mordit les lèvres, tic qu'elle n'avait pas quitté depuis cet après-midi avec le concerné.

« C'est vrai, ça? Tu m'a repoussé juste parce que Blaise s'intéressait déjà à moi?

- C'est la règle d'or de l'amitié: ne touche pas à la meuf qui plaît à ton pote.

- Dans ce cas, tu es le meilleur ami qui puisse exister. Mais j'ai quand même du mal à te croire. Ajouta-t-elle après un silence.

- En plus d'être gobe-tout, t'es bornée comme c'est pas permis! S'exclama Drago, en soupirant.

- Tu m'as déjà menti une fois, et tu as l'air d'être un expert en la matière. Qui me dit que tu n'es pas encore en train de me déverser un tissu de conneries? »

Sur ce, il soupira de nouveau et lui attrapa le visage pour l'embrasser. Elle était incapable de parler lorsqu'il se sépara d'elle.

« Tu me crois, maintenant? Demanda-t-il, d'un ton légèrement exaspéré. »

Elle ne dit ni oui ni non, mais resta paralysée sur place.

« On a perdu sa langue? La charria-t-il.

- Prouve le moi.

- Pardon?

- Si tu es réellement amoureux de moi, prouve le.

- T'es sérieuse là, Granger? S'esclaffa-t-il.

- Comme jamais, Malefoy. Vas-y. J'attends.

- Mais qu'est ce que tu veux que je fasse d'autres? Je ne vois pas.

- Bien. »

Elle se leva sans plus un mot et avant de sortir du saule pleureur, se retourna et lui dit:

« Dès que tu as trouvé un moyen, fais moi signe. »

Elle passa sous les longues feuilles et repartit en direction du château. Drago poussa un grognement de frustration et sortit à son tour du saule, plusieurs minutes plus tard.

...

Ravi(e)s du retournement de situation? Ouais, ce n'est pas encore concrétisé mais au moins, ça a avancé. Ok je me la ferme.

Outre, j'espère que ça vous a plu! Et au passage, je réponds aux reviews sur le chapitre précédent :)

AudeHP43 : Ahah, je suis ravie qu'elle te plaise. C'est vrai que les chapitres sont ridiculement courts, mais j'essaye toujours de m'améliorer :)

Ya Omri : Blaise et Draco, pauvres petites âmes en peine qui tournent en bourique à cause d'une fille lol On voit pas ça souvent.

SWAGang : Lol C'est pas grave. Je suis contente de savoir que tu sois fan de ma fic, ça fait vraiment plaisir ahah.

Bon, bisous à vous tous et toutes et à domani pour la suite! :D

Morgane.