Le cœur de Fred se serra un peu plus. Il avait mal et ne s'y attendait absolument pas. C'était comme si, on avait arraché une partie de son âme pour la piétiner inlassablement. Ça aurait dû être lui à la place de cet abruti de Dean ! Mais il n'avait pas saisi sa chance après tout. Ou peut-être qu'il n'en avait jamais eu aucune de toute façon. S'en était trop, il fallait qu'il parte. S'éloigner de cette fille qui venait de briser son cœur. Il monta l'escalier menant au dortoir quatre à quatre, si vite que personne ne le vit s'en aller. Il s'adossa alors à son lit et pleura. Il pleura comme jamais il n'avait pleuré. C'était tout simplement trop dur pour lui de voir sa belle embrasser un autre. Il ne pouvait pas rester auprès d'elle à espérer si elle ne le voyait même pas. Les larmes continuaient de couler sur ses joues, il ne prêta même pas attention au bras réconfortant qu'il l'entourait.
« Freddy... Je suis sûr qu'elle ne l'aime pas... »
Cette nuit-là, Fred pleura encore et encore. Il ne dormit pas, trop conscient de sa douleur. De son cœur brûlé à vif. Les garçons le forcèrent à descendre prendre le petit-déjeuner. Mais c'est sans grande conviction que Fred les suivit. À la grande table Eden mangeait en compagnie de Dean et de Ginny. Les garçons s'arrêtèrent et s'assirent trois mètres avant pour éviter ce supplice à Fred. Eden fuyait le regard de son roux. Tout ne s'était pas passé comme prévu. Fred n'avait sans doute rien vu et maintenant, elle n'avait pas assez de courage pour parler à Dean de ses vraies raisons pour n'avoir pas repoussé ses avances, puisqu'elle ne voulait pas sortir avec lui. La journée se passa avec lenteur, s'étirant de plus en plus en longueur. Ce n'est qu'arrivé au soir que Fred et Eden se parlèrent. Ils s'étaient percutés en empreignant le même chemin dans les couloirs.
« Salut ma puce, euh... Ça va comme tu veux ?
- Oui et toi ?
- Donc comme ça, tu sors avec Dean ? »
Il avait murmuré ses paroles dans un souffle.
« Je ne sais pas si on sort vraiment ensemble, tu sais.
- Pourtant ce n'est pas ce que lui prétend, il le... Eden ! »
Eden venait tout juste de s'évanouir. Elle avait eu cette visite qu'elle regrettait tant. Et elle venait de s'évanouir devant Fred, lui à qui à tout prix, elle voulait cacher la vérité. Elle rouvrit alors les yeux. Elle était allongée sur un lit blanc dans une pièce terne et neutre. L'infirmerie. Elle déplaça son regard vers la gauche et vit Fred qui la fixait intensément.
« Tu vas mieux ?
- Oui, c'était sans doute de la fatigue.
- Non. Je ne pense pas parce que les gens ne convulsent pas quand ils dorment.
- Eh bien, je ne sais pas moi... C'est juste que j'ai dû faire un cauchemar
- Oui si tu le dis. Mais tu sais, quand je t'ai amenée ici, Madame Pomfresh a dû retiré ta chemise pour t'examiner.
- Et tu as regardé ? Le ton d'Eden était sec et abrupt.
- Oui et j'ai vu des traces... Des cicatrices plus exactement.
- Oh ça, c'est quand j'étais petite, tu sais je montais souvent aux arbres et tombais.
- Ok. »
Elle lui mentait. Il le savait parce que la fille n'aurait jamais accepté que n'importe quel garçon profite de sa nudité lorsqu'elle était inconsciente. Au lieu de ça, elle avait vite fait l'impasse. Mais il n'avait pas envie de se disputer une fois de plus avec elle.
Les jours passèrent depuis cet incident. L'ambiance entre les deux adolescents était froide mais polie. Ils avaient à peine échangé quelques mots. Fred supportait mal la présence de Dean auprès de la blonde. Étrangement, elle semblait peinée d'être en sa compagnie. Cette pensée réchauffa un peu le cœur du rouquin, après tout ce n'était peut-être qu'une histoire de jours ! Eden n'en pouvait plus. Elle avait fait ça uniquement pour faire réagir Fred. Et maintenant, elle tenait la main de Dean en marchant en direction de la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Mais tout à coup, Dean se figea sur place.
« Regarde Didi, il n'y a personne dans ce couloir. Ça te dirait de passer à la vitesse supérieure ?
- ... Comment tu oses me parler comme ça ?! »
Eden fut choquée et paralysée sur le coup. Mais Dean ne semblait pas vouloir en rester là. Il la plaqua subitement contre le mur, de force. Elle se débâtit, mais il était beaucoup trop fort pour elle. Sa main se glissa si brutalement sous son chemisier que les boutons sautèrent un peu partout.
« Non ... Lâche-moi... Je t'en supplie...
- Tu laisses Weasley te toucher, mais pas les autres ? Ce n'est pas gentil de pas partager ! »
Il arracha son soutien-gorge avec force. Eden se débattit, mais il la frappa si fort au visage que sa tête heurta le mur avec violence. Fred et son groupe venaient à l'instant d'arriver dans le couloir habituellement désert. Ils venaient, en une fraction de seconde, assister à toute la scène. Il ne fallait pas plus de temps à Fred pour réagir. Son corps avait pris le pas sur le cerveau. Il frappa de toutes ses forces un Dean qui n'avait pas eu le temps de le voir venir. Il fallait qu'il meure. Fred le désirait éperdument. Il n'avait pas le droit de lui faire ça, il devait prendre soin d'elle, pas la faire souffrir. Il était dans un tel état de rage que chaque partie du corps de Dean Thomas était rouée de coups. Des cris et des bras le ramenèrent à la réalité. Neville et Lee le soulevèrent loin de sa victime. Dean était méconnaissable. Le sang formait de grandes flaques partout, son visage était tuméfié et sa jambe droite formait un angle peu naturel.
« Plus jamais tu ne touches à ma copine ! Sinon la prochaine fois, je te tue ! »
Un peu plus loin, Eden était inconsciente dans les bras de Ginny, à moitié nue. Du sang perlait de ses lèvres entrouvertes et un filet rouge s'égouttait de l'arrière de son crâne. Elle s'était réveillée quelques heures plus tard. Allongée sur un lit blanc, elle reconnut l'endroit comme étant l'infirmerie. Elle mit du temps cependant à réaliser qu'elle n'était pas seule. Tout autour de son lit, ses amis la regardaient d'en air inquiet.
« Freddy... »
Ils se regardèrent tous sans dire un mot. Le prénom du garçon était sorti instinctivement de sa bouche. Elle s'inquiétait pour lui. La dernière image qu'elle avait eue de lui, c'était un Fred avec un visage déformé par la rage qui frappait et frappait encore Dean. Elle l'avait entendu dire quelque chose, mais n'avait pas pu saisir les paroles alors que l'obscurité l'avait enveloppée de ses bras. Se fût Ginny qui rompra soudain le silence.
« Il est dans le couloir. On était trop nombreux à ton chevet du coup, madame Pomfresh l'a fait attendre dehors. »
Eden savait ce qui s'était passé mais elle n'avait pas envie d'en parler. Pas avec eux en tout ça. Pas tout de suite. Devant le silence buté de cette dernière, Ginny rajouta:
« Je pense que vous avez beaucoup de choses à vous dire.
- Oui, s'il vous plaît. »
La blonde, s'était exprimée d'une voix blanche. Elle redoutait les traits de son visage, mais avait éperdument besoin de sa présence à lui. Le groupe de Gryffondor sorti de l'infirmerie sans faire de bruit. Pendant quelques seconde interminables, Eden attendit.
Puis la porte s'ouvrit doucement. Fred était là, debout, à deux mètres de son lit. Sa chemise était en sang et ses lèvres tremblaient. La douleur sur les traits de Fred lui fit mal au cœur. Dans une tentative d'affection Eden lui sourira faiblement. Elle ne voulait pas voir son si beau visage triste. Fred courut et se précipita alors dans les bras de sa belle, qui les lui avait ouvert. Il la serra si fort, qu'Eden eut l'impression de transmettre un peu de sa peine sur ses épaules. Elle craqua. Elle pleura pendant ce qui lui sembla des heures. Ça lui fit du bien. Le garçon était venu s'allonger auprès d'elle sur le lit. Leurs bras étroitement entrelacés. Leurs jambes s'étaient entremêlées d'elles-mêmes. Il lui susurrait des mots de réconfort à l'oreille tout en la berçant. Elle se sentait apaisée quand il était là.
« J'espère que tu n'as pas eu trop d'ennuis pour m'avoir protégée...
- Non ne t'inquiète pas. Mais j'ai toujours envie de le tuer. Si je le revois, il est mort.
- Freddy, je n'aime pas quand t'es comme ça...
- Excuse moi ma puce.
- Non, c'est moi qui m'excuse. Tu avais totalement raison. »
Il porta sa main qui tenait la sienne à ses lèvres.
« Plus jamais je ne laisserai quelqu'un te faire du mal. Mais pourquoi tu es sorti avec lui ?
- Je ne sais pas Fred.
- N'en parlons plus. »
Dans les jours qui suivirent Fred ne quitta pas Eden. Toute l'école avait eu vent de l'histoire et plus personne n'eut de parole déplaçée envers la blonde. Surtout après avoir appris l'accès de rage de son protecteur. Tous les soirs, il la prenait dans ses bras sur le grand canapé et la serrait tout contre lui. Leurs mains ne se quittaient plus. Eden plongeait son visage dans son cou et respirait pendant des heures le parfum de son ange gardien. Parfois, Fred se penchait et déposait de tendre baiser sur sa nuque, ce qui suffisait à faire frissonner la jeune fille. Un soir alors que les derniers occupants avaient quitté la salle, Eden se mit à pleurer dans les bras de son Fred.
« Chut calme-toi, je suis là.
- Je ne veux pas dormir toute seule cette nuit... Je fais trop de cauchemars.
- Mais tu n'es pas toute seule dans le dortoir ma puce.
- Les filles n'osent plus me parler, elles se pensent responsable de m'avoir laissée seule l'autre jour.
- Alors dors avec moi. »
Fred était plus que sérieux. Il ne supportait pas la voir pleurer. Il attendit toutefois avec patience sa réponse.
« Oui. »
Il la souleva alors du canapé et l'emmena dans le dortoir le plus haut de la tour. C'était un dortoir abandonné depuis des années, au moins là-haut ils seraient tranquilles. Il était évident qu'ils ne pouvaient pas dormir avec leurs camarades dans le même lit sans les déranger. Il la déposa sur l'unique lit et parti. Il revenu cinq minutes plus tard avec un de ses tee-shirts et un short à la main.
« Tiens mets ça. Tu vas attraper froid sinon. »
Puis il se retourna et attendit poliment qu'Eden revête les vêtements qu'il lui avait donnés. Une fois les vêtements du garçon mis, elle lui demanda :
« Pourquoi les garçons ne sont pas tous comme toi avec les filles ? Aussi bon et généreux... »
Mon dieu, mais pourquoi avait-elle dit ça. Elle avait regretté aussitôt ses paroles. Fred avait rougi jusqu'aux oreilles. Puis à sa grande surprise, il lui sourit.
« Allez hop au lit ! »
Il la rejoignit sous les couvertures et se colla à elle comme si de rien n'était. Il ne se passa rien cette nuit-là. Mais Eden dormi d'un sommeil sans rêve et quand elle se réveilla, elle vit que le garçon avait le sourire aux lèvres en dormant.
Les jours suivants se déroulèrent sans embûche. Fred montrait toujours autant d'attention envers elle. C'était samedi matin et tous les élèves s'attelaient à prendre leur petit-déjeuner dans la Grande Salle. Eden était assise à côté de Fred comme à son habitude. Du coin de l'œil, ils virent arriver Charlotte. Eden se contracta à son approche. Elle avait embrassé Fred quelques semaines auparavant. Ce dernier ne se donna même pas la peine de se retourner pour lui faire face.
« Tu n'es pas obligé de revoir tes critères à la baisse, beau gosse. Tu sais sortir avec une traînée ne feras pas monter ta côte de popularités. Moi si tu veux, je peux te faire passer la nuit de tes rêves sans demander à être payée !
- Écoute Charlotte, je ne revois pas mes critères à la baisse, mais à la hausse. Et je te conseille tout de suite de prendre tes jambes à ton cou avant que je ne m'énerve réellement. La prochaine fois que tu dis du mal de ma copine, je te fais la peau. Compris ? »
Personne n'ajouta rien. Fred, s'était rendu compte de son lapsus, mais décida de faire comme si de rien n'était, Eden non plus ni fit pas référence.
Le soir arriva vite. Les garçons s'attardaient dans la Salle Commune. BOOM !
Le bruit provenait du dortoir des filles. Il avait résonné dans la salle commune à la vitesse d'une balle. Sans réfléchir, ils se levèrent tous, munis de leur baguette, ils foncèrent en haut des marches et entrèrent dans la chambre. Ginny était allongée par terre en se tenant le bras. Un peu plus loin, les filles revêtues de leur robe de chambre regardaient une Eden se débattant de toutes ses forces dans son lit. Elle avait les yeux fermés et des larmes coulaient sur ses joues.
« Écartez-vous ! Vous êtes folles ou quoi ?! C'est une sorcière je vous rappelle. Si vous vous tenez trop près d'elle, elle risque de vous agresser, amie ou pas.
- On a essayé de la calmer, mais elle se griffe de partout... »
En effet du sang perlait sur les draps. En examinant d'un peu plus près la scène, elle avait lacéré ses bras à coups d'ongle. Fred ne réfléchit pas davantage et s'avança. Il fut propulsé par une force magique à l'autre bout de la pièce. Il se releva et répéta l'opération. Après le quatrième essai, il peut enfin atteindre la sorcière. Il la prit dans ses bras avec force pour qu'elle arrête de se débattre.
« C'est moi ma puce. Tout va bien ce n'est qu'un mauvais rêve. »
Son corps fit une dernière embardée et se décontracta. Elle finit alors par ouvrir doucement les yeux.
« Freddy...
- Viens, je t'emmène faire un tour pour prendre l'air. »
Ils s'étaient aventurés non loin du potager d'Hagrid, le garde-chasse. Ils étaient assis sur le perron, mais ne se regardaient pas. La lune se reflétait sur leurs visages, leurs mains s'entrelaçaient et leurs épaules se frôlaient.
« Dis-moi.
- Je rêvais de Dean... Je revivais la scène, mais tu n'es jamais venu. Je me sens si sale, tu comprends ? Après tout, je ne vaux peut-être pas mieux que Charlotte comme tu l'as dis l'autre jour.
- Ma puce... Je ne sais pas quoi dire. Je suis vraiment désolé pour ce que je t'ai dit l'autre jour mais comprends que j'étais jal... Inquiet pour toi. Mais sache que je serais toujours là pour toi. Mais je pense qu'il y a autre chose aussi. Tu faisais comme la dernière fois quand tu avais tes convulsions.
- Je ne veux pas parler de ça s'il te plaît. »
Et ils restèrent là jusqu'au lever du jour sans prononcer le moindre mot. Ils n'avaient pas besoin de ça pour se comprendre, s'en était ainsi depuis toujours. Ils se décidèrent à bouger à grand regret pour aller prendre leur douche. Fred avait la finale de Quidditch dans quelques heures seulement. Tous les élèves s'étaient réunis pour voir la rencontre finale. Les Gryffondor contre les Serpentards. Le match fut le plus beau de l'année. Fred et George avaient tellement bien manié leur batte qu'ils avaient envoyé tous leurs adversaires à l'infirmerie. Leurs équipes leur devaient la victoire. Au moment de sortir des vestiaires tous se précipitèrent dans la tour pour fêter la victoire. Tous sauf une élève. Elle avait disparu de la foule peu après l'annonce du résultat final. Il la cherchait partout des yeux. Il savait qu'elle n'allait pas bien du tout.
« Vous n'avez pas vu Eden les gars ?
- Si, elle est montée dans le dortoir du troisième étage. Tu sais celui qui est abandonné. Elle était seule. »
Elle avait choisi de s'éloigner des autres, de la fête. Le dortoir des filles du troisième étage était le plus haut de la tour Gryfondor. Au moins ici, elle ne pouvait pas être retrouvée puisqu'il était abandonné depuis des années. Elle ne voulait pas l'être. Les draps lui offraient une protection face à ce monde si cruel. Les souvenirs de son enfance. De ce secret si lourd à porter. Elle voulait que personne ne voie cette faille ouverte si profondément en elle. Cette faiblesse qu'elle avait jusqu'à maintenant toujours gardée secrète, à l'abri des regards indiscrets. Elle était toujours enfouie au fond du lit quand soudainement, on frappa trois petits coups à la porte.
« Eden ? Tu es ici ma puce ? S'enquit la voix de Fred avec une nuance d'angoisse. »
Elle ne répondit pas. Pourquoi répondre après tout ? L'éclat de ses sanglots avait trahi ma présence, elle ne pouvait pas faire semblant de ne pas être ici. La porte s'ouvrit puis se referma aussitôt. Eden sentit une pression sur le lit. Fred s'était assis dos à elle.
« Pourquoi tu es venu ici ? Demanda-t-elle.
- Bah pour te trouver. Je m'inquiéter pour toi, tu sais. La fête sans toi ne me dit rien.
- Mais c'est ta fête, c'est ton équipe qui a gagné la coupe de Quidditch ! Tu ferais mieux de retourner voir tes amis...
- C'est avec toi que j'ai envie d'être. »
Sans prévenir, il souleva la couverture pour se glisser à ses côtés. Il lui glissa à l'oreille qu'il avait un peu froid. Il se blottit tendrement tout contre elle en passant ses mains liées autour de sa taille. Son contact l'apaisait. Dès qu'il était près d'elle tout l'illuminait. S'en était ainsi depuis le début. Mais le savait-il ? Savait-il à quel point elle l'aimait ? Oui, c'est vrai, elle était irrévocablement amoureuse de lui, et cela, depuis le premier regard. Tout ce qu'elle espérait au fond d'elle, c'est que ses gestes tendres étaient bien plus que des marques d'affection envers une petite sœur qu'on protège. Elle ne vit pas la crise de larmes venir. Tous ses doutes et toutes ses angoisses à propos de ses sentiments envers lui, lui sautèrent à la gorge.
« Eh bien, tu nous fais un concours de pleurs ? Tu es toute trempée... Allez, viens contre tonton Fred. »
Elle rit alors un peu entre deux sanglots. Il la retourna face à lui et la serra encore plus fort contre son torse. Sa main caressait ses cheveux. Il entremêlait instinctivement ses jambes aux siennes. Ils étaient dans leur bulle. Il la tenait au chaud et ses larmes avaient arrêté de rouler sur ses joues. Elle ferma les yeux, béate de son souffle chaud sur sa nuque. Il sentait une odeur sucrée de fleur. Il la rendait folle.
« Tu veux m'en parler ?
- Parler de quoi ?
- Bah de ce qui te met dans ce triste état ... »
Il avait prononcé ces mots avec tant de tendresse qu'elle en fut surprise.
« Je crois que j'ai peur de te perdre Fred. J'ai besoin de m'éloigner. Peur de faire un geste malheureux, de te blesser. Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes quoi que ce soit, mais je t'apprécie tellement que j'aie peur de souffrir. »
Elle avait exprimé cette peur tout haut. Elle avait dit qu'elle avait peur de le perdre. Mais qu'est-ce qui lui avait pris... Elle espéra qui n'ait pas saisi l'importance de ses sentiments envers lui. Ni celle du message. Que se passerait-il s'il comprenait ? L'embrasserait-il ou partirait-il à cause de sa trahison envers leur amitié ?... Le silence s'installa quelques secondes puis il parla d'une voix basse et tremblante.
« Je n'ai pas envie de te perdre non plus. »
Elle sentit soudain sa bouche se frayer un chemin sur mon front. Il y déposa un simple petit baiser. Pendant une fraction de seconde, elle se dit que tout était perdu. Elle était comme une sœur pour lui, rien de moins rien de plus. Le désarroi s'empara d'elle, mais il fit alors une chose à laquelle elle ne s'attendit pas. Sans prévenir sa main atteignit sa joue et il se pencha vers elle... Elle sentit son souffle brûlant à quelques centimètres de sa bouche. Il la fixait de ses yeux azur, un regard si intense qu'elle en perdit les mots. Un regard avec lequel personne ne l'avait jamais regardé. Le genre de regard qui voulait tout dire. Qui parlait à la place des mots eux-mêmes. Il l'aimait et il voulait l'embrasser. Il attendait un signe de sa part, quelque chose qui enlèverait cette barrière invisible entre eux.
« Je t'aime. »
