Chapitre 16: Le repas de fin d'année.

« Un quoi?

- Un repas de fin d'année, jeune gens. Répéta le professeur Slughorn, avec son rire de morse. Comme vous le savez, nous abordons la mi-juin et les examens des cinquièmes et septièmes années ne vont pas tarder à débuter. Étant donné que vous êtes dans l'année de "transition", si je puis dire, autant en profiter et déguster un bon repas entre nous pendant que les autres trimeront dans leurs chambres, croulant sous les livres. »

Il accompagna ses paroles d'un rire, mais personne ne le suivit. Aussi, il toussota et reprit plus sérieusement.

« En tout cas, c'est un repas ouvert à tous et à toutes. J'ai demandé son accord au professeur Dumbledore pour avoir la Grande Salle un vendredi soir. Il nous faudra de la place, comme il y aura les quatre maisons. Il ne me manque plus qu'une date à fixer. Qu'est ce qui vous arrange le plus? »

Comprenant que ce repas serait très certainement obligatoire, chacun décida de choisir une date arrangeant telle ou telle maison, et un débat fut ouvert entre Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Le professeur Slughorn, ravi que son idée de repas suscite autant de réaction chez les jeunes, s'assit gentiment derrière son bureau, la main sur son ventre bedonnant, et attendit qu'un vote soit fait entre eux pour intervenir.

Ayant enfin choisi une date après un quart d'heure de débat, le professeur libéra ses élèves. Le professeur Rogue étant en pleine préparation des BUSE et ASPIC, les élèves de Gryffondor et Serpentard avaient une heure de libre avant leur prochain cours. Aussi, ils se précipitèrent dans le parc pour faire bronzette.
Les Gryffondor d'un côté et les Serpentard de l'autre, chacun buvait avec délice les rayons du soleil, allongé tranquillement sur la pelouse.

« Encore une année qui touche à sa fin. Soupira Ron, Lavande allongée à côté de lui.

- Elle est passée rudement vite, vous ne trouvez pas? Fit remarquer Neville. »

Tous approuvèrent. A cette remarque, Hermione ferma les yeux et se laissa aller dans ses pensées. Oh oui, l'année était passée même très vite. Les évènements aussi. Ils avaient défilés sans qu'elle puisse les voir. Cela faisait presque deux semaines que Malefoy lui avait fait cette drôle de déclaration sous le saule pleureur. Depuis qu'elle lui avait imposé de faire ses preuves, ils ne s'étaient pas reparlés. Il y avait parfois des regards discrets dans les couloirs, en cours et dans la Grande Salle, mais c'est tout. Elle finissait par croire qu'il s'était réellement moqué d'elle...

« A quoi tu penses, Hermy? Lui demanda Harry, s'allongeant à côté d'elle.

- Au repas de Slug. Répondit-elle, revenant sur terre.

- Quelle idée il a eu, celui là! Déjà que ses repas du club étaient barbants, mais alors là. Avec les Serpentard, en plus! Il veut qu'on s'entretue?

- Il pensait que ça nous ferait plaisir. Tu le connais, il est soucieux des autres.

- Mouais. Je me demande quand Dumbledore va nous amener dans cette fameuse caverne où Jedusor a mis un Horcruxe. Cela fait un moment que nous en parlons, mais il ne m'a toujours pas dit quand nous y allions.

- Sans doute attend-t-il un moment importun.

- Oui, je pense aussi. »

Le silence se fit entre les deux jeunes gens, et aucun ne s'en plaignit.

« Bon sang Parkinson, tu pourrais pas me lâcher deux secondes?

- Mais Blaise, c'est pour ton bien que je dis ça! Pourquoi tu...

- Lâche moi! »

Il la poussa pour l'éloigner de lui, et elle parut troublée. Les Gryffondor se lancèrent des regards inquisiteurs. Drôle de comportement. La plus inquiète était Hermione. Ces derniers temps, le comportement du Serpentard était agressif et distant. Il ne parlait quasiment à plus aucun de ses amis, envoyait balader les gens qui osaient le regarder de travers et avait les traits marqués par la fatigue et l'inquiétude.

« Je suis capable de prendre mes décisions tout seul. Dit-il alors, plus calmement.

- Je peux t'aider. Je suis ton amie...

- Personne ne peut m'aider. »

Il s'en alla à toute vitesse, laissant Pansy pantoise. Hermione et Ginny échangèrent un regard. La jeune Weasley était au courant de l'entrevue d'Hermione et Blaise, et savait que ce dernier se comportait étrangement depuis.

« Ce n'est tout de même pas parce que tu l'as refoulé qu'il est comme ça, j'espère? Chuchota Ginny, se rapprochant de son amie.

- Je n'en sais rien. Avoua Hermione. Mais je ne pense pas. Ses problèmes ont l'air de dépasser la déception amoureuse. »

Ginny approuva d'un hochement de tête, et elles regardèrent toutes deux le grand Serpentard rentrer dans le château.

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Blaise marchait rageusement dans le château, se dirigeant vers le septième étage. Son avant-bras brûlait, lui faisant souffrir le martyre. Maudit tatouage! S'arrêtant devant ce fameux mur où il avait l'habitude de passer, il ferma les yeux, en serrant son bras, comme pour faire un garrot. Malheureusement, la douleur ne passait toujours pas. Tandis que dans le mur se formait une grande porte, Blaise repensa douloureusement à cette nuit là...

Il était plus d'une heure du matin lorsque Blaise, alors qu'il profitait tranquillement de sa soirée à Pré-au-Lard, transplanait de force dans un endroit qu'il ne connaissait que trop bien. Avant de penser à se demander ce qu'il fabriquait au manoir Malefoy, une masse de personnes encapuchonnées s'étaient réunies autour de lui, en cercle. L'inquiétude se lisait sur son visage, alors que la plus imposante des personnes s'approchait de lui. La personne enlevait sa capuche, montrant son visage. Blaise soupirait en reconnaissant son paternel.

« Père. Avait-il annoncé, poliment.

- Mon fils. Avait rétorqué Zabini Senior en posant une main sur l'épaule de son fils. Tu as été convoqué par le Seigneur des Ténébres. Il va enfin te confier une mission. »

Blaise avait lu de la fierté dans le regard de son père, et afin de ne pas le décevoir, il décidait de se montrer digne de ce qui lui serait confié. Chaque personne s'inclinait alors légèrement lorsqu'une autre avait transplané dans la pièce. Blaise s'était senti obligé d'en faire de même.

« Merci à tous d'être venu. Déclarait une voix perchée et sifflante. En cette soirée de début d'été, le jeune Zabini se verra attribué d'une mission de la plus haute importance...

- Nous en sommes absolument honorés, ainsi que Blaise. Vous ne le regretterez pas, mon Seigneur, il ne vous décevra pas...

- Tais toi, Zabini! L'interrompait la voix, tandis que le père de Blaise faisait le silence. Je disais donc: Blaise, approche. »

Le concerné, craignant quelque peu la suite, avait avancé vers celui qu'il appelait désormais "son maître". Il n'osait même pas le regarder dans les yeux. Le Seigneur des Ténébres avait soudainement soulevé sa manche et regardait avidement la Marque qui ondulait sur l'avant-bras de Blaise.

« Elle sent que la suite va lui plaire. Tu vois, s'exclama-t-il avec vigueur en mettant le doigts sur la tête du serpent. Elle est avide d'aventures. »

Blaise n'avait rien répondu et continuait de fixer le plancher, les yeux rouges de son Maître ne le mettant pas du tout à l'aise. Voldemort l'avait ensuite lâché et tournait autour de lui.

« Tu es le plus apte à remplir convenablement cette mission.

- Je suis prêt à accepter, mon seigneur. Avait alors dit Blaise, sous le regard incitatif de son père.

- Bien. Avait approuvé Voldemort. De toute façon, que tu acceptes ou non, tu auras quand même l'obligation de le faire. »

Déglutissant difficilement, Blaise se secoua la tête pour ne plus repenser à cette horrible soirée et poussa la poignée de la grande porte. Il disparut derrière. Il en avait pour quelques bonnes heures au moins.

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« On se demande quand même ce qui ne tourne pas rond chez Blaise.

- Tu peux pas lâcher l'affaire, Pansy? De toute façon, aussi obstinée que tu sois, tu ne le sauras jamais.

- Pourquoi ce pessimisme?

- C'est du réalisme. »

Même Drago Malefoy, son meilleur ami, se comportait bizarrement. Pansy se demandait quelle épidémie les avait tous frappés, à la fin!

« Et toi, ça ne t'intéresse pas de savoir pourquoi ton ami est dans cet état? Relança-t-elle.

- Tu sais bien que Blaise ne me parle plus depuis un bon moment.

- Ça non plus, je ne l'ai toujours pas compris. Comment deux amis soudés comme vous ont pu arrêter de se parler du jour au lendemain?

- Et si tu arrêtais d'essayer de comprendre les choses et que tu t'occupais de tes oignons, Parkinson? »

Face au comportement grognon de Drago, Pansy leva les yeux au ciel et se reconcentra sur sa lecture du journal. Drago s'allongea dans le canapé, virant au passage un couple qui se bécotaient au bout.

« La Marque des Ténébres a été aperçu dans le ciel pas loin d'ici! S'exclama alors Pansy.

- Montre moi ça. »

Drago avait arraché le journal des mains de son amie et parcourait des yeux l'article.

« Cette histoire ne sent pas bon. Déclara alors Drago.

- Pas bon du tout. Ajouta Pansy. »

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« Le repas de Slughy est demain soir, et je n'ai toujours rien à me mettre!

- Elle est sérieuse, là? Lavande, ton armoire est remplie de fringues! S'exclama Ron.

- Oui, mais pas de vêtements de soirée.

- Tu n'as qu'à remettre ce que tu avais mis au bal de Noël. Proposa Harry.

- Et puis quoi, encore? Ça va vraiment faire la fille qui n'a rien à se mettre sur le dos. Hermy, t'aurais pas un truc à me prêter? Hermy? »

Les trois amis se tournèrent vers la concernée, qui était encore en train de lire en faisant semblant de les écouter.

« Encore en train de lire ça? Je croyais qu'il était nul! S'étonna Lavande. »

Hermione ne répondit toujours pas, les yeux absorbés par sa lecture. Son amie leva les yeux au ciel et chercha une excuse pour la faire revenir sur terre.

« Je rêve ou Pattenrond est en train de déchirer les pages de ton livre de potions?

- Pardon? »

Hermione s'était levé précipitamment et s'apprêtait apparemment à faire la peau au chat, ce qui fit bien rire les trois autres. Hermione rit également après.

« Excusez moi, mais j'étais dans un passage du livre assez... intense, dirons nous.

- Il s'y passe quoi? Demanda Ron, bien qu'il n'en ait rien à faire.

- Le couple principal se réconcilie, c'est important.

- Dis tout de suite que ces Moldus sont plus intéressants que nous. Railla Ron.

- Mais non, mais c'est un passage important, comprenez ça...

- Pas besoin de te justifier. La coupa Harry, avec sourire.

- Il n'est pas si nul que ça, finalement, puisque tu ne le lâches plus. Fit remarquer Lavande.

- Ben en fait, j'ai eu beaucoup de mal à accrocher au début mais ce livre est pas mal. Et la façon d'écrire de l'auteur me plaît beaucoup. Ça joue.

- Il faudra que je le lise, alors. »

Hermione sourit à Lavande.

« Bref, parlons de choses plus importantes. Tu as quelque chose à me prêter pour la soirée de demain? Relança Lavande.

- Sûrement. Viens, on va regarder. »

Lavande suivit son amie et elles entrèrent dans la chambre d'Hermione, à la recherche d'une tenue décente. Après presque une demi-heure de recherche, Lavande avait enfin opté pour une tenue qui lui allait "à peu près". Hermione, elle, se contenterait d'un simple t-shirt lâche qui laissait une épaule dénudée et un slim.

« Pas plus? S'étonna son amie.

- Pour quoi faire? C'est un dîner barbant, pas un speed dating. »

Certains élèves attendaient déjà devant la Grande Salle. Quelques un s'étaient mis sur leur trente-et-un, d'autres avaient opté pour une tenue plus décontractée.
Drago faisait parti de la deuxième catégorie, et il attendait sagement que son morse de professeur de potions daigne se montrer. Il était debout contre le mur, les bras croisés sur la poitrine. L'attitude parfaite du mauvais garçon.

Il était avec Pansy Parkinson, Millicent Bulstrode et ses inséparables Crabbe et Goyle. Il levait sans arrêt les yeux pour voir si Blaise venait, mais ce n'était pas le cas. Sans doute ne voudrait-il pas se mêler à la masse. La énième fois où il leva les yeux vers les escaliers, il y resta accroché. Elle venait d'arriver. Même si elle n'était pas au top niveau vêtements, elle restait incroyablement séduisante.

« Drago! L'appela Pansy.

- Quoi? L'agressa-t-il, agacé. »

Elle lui montra Blaise, qui descendait à son tour les escaliers. Il était donc finalement venu. Lorsqu'il passa près d'Hermione, il s'arrêta un instant et la regarda. Elle soutint son regard mais fut tirée en avant par Lavande. Ce regard avait été beaucoup trop lourd de sens pour Drago, qui avait détourné le sien.

« A quoi tu joues? Murmura Lavande à Hermione.

- Je ne sais pas, je... Son regard était bizarre. Presque... mauvais.

- N'y pense plus et profite de la soirée. »

Elle approuva le conseil de son amie et elles allèrent attendre devant la Grande Salle avec les autres élèves. Elles furent bientôt rejointes par Harry et Ron. Encore une fois, Hermione se sentit mise à l'écart face au couple. Elle discuta donc avec Harry jusqu'à ce que Slughorn arrive enfin.

« Veuillez m'excuser pour ce retard, mais nous, les professeurs, sommes très pris en ce moment, avec la préparation des examens et tout ça. Mais vous le savez déjà. Rit-il. »

Il ne se fit pas plus attendre et ouvrit la Grande Salle. Les tables avaient été placées en énorme carré dans la pièce. Elle était décorée à l'ordinaire, à l'exception d'un grand drapeau dressé sur le plafond magique, où était inscrit "Merci pour cette année". Drago examina l'inscription et fit une moue.

« Si tu le dis. Soupira-t-il. »

Ils prirent tous places, comme d'habitude, entre maison. Le professeur sembla outré.

« Mais enfin! Je n'ai pas demandé à ce que les tables soient placées ainsi pour que vous preniez place comme tous les jours! Mélangez vous! »

Tout le monde se regarda mais personne ne bougea.

« Avez-vous des problèmes d'audition ce soir? Insista le professeur. Je veux que vous vous mélangiez. Pas de table Gryffondor, de table Poufsouffle ou autre. C'est un repas de fin d'année, d'échanges entre élèves. Où est l'échange si vous n'allez pas vers les autres? Allez, du nerf! »

Sur les ordres de leur professeur, certains et certaines changèrent de place. Il y eut un grand brouhaha pendant quelques secondes, et enfin tout le monde fut de nouveau assis. Slughorn sourit.

« C'est beaucoup mieux ainsi. »

Il prit place sur la grande chaise, que tout le monde avait cherché à éviter pour ne pas être placé à côté du professeur Slughorn. Neville Londubat et Millicent Bulstrode n'avaient pas été assez rapides.

« Bien! Maintenant, nous pouvons commencer. »

A ces mots, de la nourriture apparut en masse sur la table. Chacun et chacune piocha dans les plats et mangea à sa faim. D'abord gênés, les gens ne tardèrent pas à parler et la Grande Salle fut bientôt remplie de l'habituelle tumulte des repas.

Harry, Ron et Hermione avaient joué des coudes pour pouvoir être à côté. Sous les directives d'Hermione, ils s'étaient placés très loin de Drago Malefoy et Blaise Zabini. Hermione était au milieu des deux garçons, tandis que Ron était à côté de Lavande et Harry à côté de Seamus. Malheureusement pour eux, leur professeur passait en revue toute la salle, et finit par les voir à côté. Il plaça sa baguette contre sa gorge pour amplifier sa voix.

« Messieurs Potter, Weasley et Miss Granger. C'était finement joué, mais on n'échappe pas à mon œil de lynx. C'est un repas pour partager avec les autres, pas rester avec son groupe d'amis. Monsieur Potter, veuillez changer de place avec Monsieur McLaggen et... oh Wendy, changez avec Miss Bulstrode.

- Ce n'est pas possible. S'horrifia mentalement Hermione. »

Millicent était ravie de ne plus être à côté de Slughorn et c'est avec un grand sourire qu'elle se leva et s'assit à la place de Ron, alors que lui allait d'un pas traînant à la place de Millicent. Cette dernière darda Hermione d'un regard noir et une fois qu'elle eut son assiette devant elle, l'évita copieusement.

Cormac et Harry changèrent rapidement de place, et ce premier fit un sourire des plus ravageurs à Hermione. Elle n'y répondit pas et se fixa l'objectif de ne regarder ni à sa droite, ni à sa gauche et de regarder uniquement son assiette. Drago regardait Cormac faire du charme à Hermione et il serra le poing sur sa jambe.

« Bien! C'est beaucoup mieux comme ceci. Désormais, je ne vous interromps plus, continuez à vous amuser! S'exclama Slughorn.

- Ah, parce qu'on est en train de s'amuser, là? Demanda Drago à Pansy, qui gloussa. »

Hermione était réellement accablée d'être au milieu de Millicent Bulstrode et Cormac McLaggen. C'était bien sa veine...

Ce dernier n'arrêtait pas de la dévorer du regard. "Regarde ton assiette Hermione, regarde ton assiette", se répétait-elle en boucle. Elle jeta un regard de détresse à Lavande, qui lui répondit par un regard signifiant "Je compatis". Son regard dériva un peu partout dans la salle, et elle tomba évidemment sur Malefoy. Il était en grande discussion avec Pansy Parkinson, et ils riaient même aux éclats. C'était injuste! Malefoy était entre Parkinson et Goyle, et personne ne lui avait rien dit à lui!

Elle chercha ensuite Blaise et le trouva pas loin de Slug, coincé entre Neville et Cho Chang. Il remuait la nourriture dans son assiette avec la fourchette, mais n'y touchait pas. Il avait la tête appuyé sur un de ses bras et semblait s'ennuyer ferme. Hermione ne put s'empêcher de sourire mesquinement lorsque Slughorn obligea Malefoy à changer de place et s'assoir entre Susan Bones et Parvati Patil.

« Slughy a dit que ce repas devait être un échange. J'aimerais beaucoup échanger avec toi, Granger, et pas seulement une conversation polie. »

Quel personnage infecte, s'insurgea Hermione mentalement. Ne réponds pas à ce qu'il te dit, ignore le royalement. Il finira peut-être par lâcher l'affaire...

« Au fait, tu sors toujours avec Zabini? »

Manqué.

« Écoute Cormac, je ne suis pas intéressée, d'accord? Laisse tomber.

- Ouais laisse tomber McLaggen, de toute façon qui voudrait perdre son temps avec cette raté?

- Ton intervention n'était pas nécessaire, Bulstrode. Rétorqua Hermione, à bout de nerfs.

- Oh que si, elle l'était. Je ne comprends même pas ce que ces garçons te trouvent. Tu es aussi barbante et inutile qu'un bouquin sur les moldus.

- Tu as plutôt intérêt à la fermer si tu tiens à ta langue.

- C'est une menace, Granger?

- Que tu ne devrais pas prendre à la légère, Bulstrode. »

Les deux filles se faisaient désormais face, avec un regard des plus noirs. Cormac et Lavande n'osaient pas intervenir pour les calmer, vu qu'elles avaient déjà assez l'air remontées.

« Ne me provoque pas, sale Sang-de-Bourbe. »

Ce fut le mot de trop. Hermione la gifla. Millicent toucha sa joue avec une mine horrifiée et gifla Hermione à son tour. Elles commencèrent alors à se tirer les cheveux, se pincer, se griffer, un vrai combat de catch féminin. Elles tombèrent de leurs chaises, mais se remirent vite debout pour continuer le combat. Tous les élèves s'étaient levés pour voir ce qu'il se passait. Certains les encourageaient, d'autres les priaient d'arrêter, mais la première catégorie était plus nombreuse.

Le professeur Slughorn, choqué, se leva en hâte de sa chaise et accourut vers les deux filles.

« Mesdemoiselles! Veuillez cesser immédiatemment ceci! Hurla-t-il, en tentant de s'interposer. »

Mais elles n'écoutaient pas, trop prises dans leur jeu. Slughorn, n'ayant pas d'autres solutions, pointa sa baguette et un rais de lumière en sortit. Il passa entre les deux filles, qui furent éloignées l'une de l'autre par un puissant sort. Sous le choc, elles tombèrent au sol.

« J'espère qu'il y a plus de peur que de mal. Dit le professeur, rangeant sa baguette. Vous viendrez toutes les deux en retenue demain à dix-huit heures. Miss Bulstrode, veuillez changer de place avec Monsieur... Malefoy, tiens. Et les prochains qui manquent de s'entretuer seront renvoyés sur le champ de l'école pour une durée déterminée! »

Il avait vraiment l'air furieux et déçu. Hermione et Millicent se lancèrent une dernière fois un regard de défi et cette dernière partit à la place de Drago. Hermione se rassit, tandis que le garçon dont elle était amoureuse prenait place à côté d'elle. Le professeur retourna à sa place et fut d'une humeur ronchon les dix minutes qui suivirent. La bonne humeur revint au bout d'un quart d'heure, détendant l'atmosphère.

Hermione était satisfaite de ne plus être à côté de Millicent, mais maintenant elle était à côté de Malefoy, et elle était encore à se demander si c'était pire. Et Cormac qui continuait de la regarder voracement. Elle avait envie de vomir. Alors qu'elle terminait son plat principal, elle faillit recracher sa viande dans l'assiette.

« Je rêve ou tu viens de me faire du pied, McLaggen? S'insurgea-t-elle en tournant la tête vers le concerné.

- Je ne l'ai pas fait exprès. Répondit-il. Je me serais bien excusé, mais je ne suis pas désolé du tout.

- Tu me dégoûtes. Je t'ai déjà dit que je n'étais pas intéressée.

- Tu le seras dès que tu auras passé la nuit avec m...

- Tu ne l'as pas entendu? Fous lui la paix, McLaggen. »

Hermione se tourna interloqué vers son voisin de gauche, qui foudroyait Cormac du regard. Ce dernier le défia du regard.

« Un souci, Malefoy? Ricana-t-il.

- Quand une cause est perdue, autant laisser tomber l'affaire.

- Mêle toi donc de ce qui te regarde.

- Granger ne veut pas de toi, alors passe à autre chose.

- Depuis quand c'est toi qui me dicte quoi faire?

- Je fais ce que je veux, alors tu te contentes de la fermer et de m'obéir. »

Cormac poussa la chaise d'Hermione afin qu'elle ne soit pas entre lui et cet imbécile qui se permettait de mal lui parler.

« Tu ne sais pas à qui tu t'adresses, Malefoy. Mon père...

- Je me contre-fous de ton paternel, McLaggen. Le mien est placé plus haut hiérarchiquement que le tien, alors quand on ne sait pas, on se la ferme.

- Tu vas déguster, si tu continues.

- Eh bien, vas-y. Je t'attends. »

Cormac poussa la chaise d'Hermione encore plus loin et n'hésita pas une seconde à se jeter sur Drago, qui l'évita de justesse. Cormac se prit le dossier de la chaise en plein dans la figure et parut sur une autre planète pendant quelques secondes. Drago se moquait de lui ouvertement, plié en deux. Si bien qu'il ne vit pas le coup de poing atterrir dans sa mâchoire. Il répliqua presque tout aussi violemment et les deux garçons roulèrent à terre.

« Mais ce n'est pas croyable! S'insurgea Slughorn, en répétant le même sort que la demi-heure d'avant. Ce n'est pas le renvoi dont vous allez écoper, tous les deux, mais je me ferais une joie immense d'écrire une missive à vos pères pour leur parler en détails de votre comportement honteux! »

Les deux garçons baissèrent les yeux au sol et Slughorn fut une fois de plus obligé de changer de place Cormac. Il plaça Neville à la place. Hermione fut soulagée: enfin un ami à côté d'elle. Drago ne mangeait pas son bifteck, mais s'en servait pour calmer la douleur à sa dent. Il avait appuyé le bout de viande contre sa joue et restait ainsi, attendant que le mal passe.

« Et toi, ça va Hermione? Demanda alors Neville.

- Moi? Oh euh oui. Bulstrode n'a pas eu le temps de m'amocher.

- Tant mieux. Il y a vraiment une ambiance de bagarre, ce soir. Je me demande qui seront les prochains.

- Ce n'est pas drôle, Neville! Quelqu'un va finir par être blessé, ou pire: être renvoyé de l'école!

- Il faudrait revoir l'ordre de tes priorités, Granger.

- On ne t'a rien demandé, Malefoy. »

Il avait écouté la conversation et n'avait pas pu s'empêcher de commenter.

« Comment va ta dent? Se força-t-elle à demander, ne voulant pas d'une bagarre de plus.

- J'ai connu meilleur. Grogna-t-il, pressant plus le bifteck.

- Je fais un effort pour être sympa avec toi, tu pourrais en faire un aussi!

- Là tu vois, j'en ai rien à foutre de ta sympathie. J'ai taille de mal à ma molaire et j'ai monstrueusement envie de tuer l'autre con de McLaggen. Alors ne viens pas me prendre la tête dans ce genre de moments. »

Il n'aimait pas être dur comme ça avec elle, mais quand il était en colère, il n'arrivait pas à parler posément. Le regard de la femme qu'il aimait se voila et elle tourna la tête vers Neville, pour continuer à lui parler. Il lui avait probablement fait de la peine, mais il se rattraperait une fois calmé.

Un bruit cristallin résonna à leurs oreilles. Tout le monde se tourna vers le professeur Slughorn, qui s'était mis debout avec son verre à la main.

« Malgré ces petits incidents, nous passons une agréable soirée. Et j'aimerais porter un toast. A Poudlard, ainsi qu'à vous, mes chers élèves qui avaient si bien travaillé cette année. J'ai été enchanté de vous faire cours, et j'espère que vous continuerez sur cette voie l'année prochaine. A la votre! »

Il leva bien haut son verre avec un énorme sourire, et tout le monde se sentit obligé d'en faire de même. Pour laisser un bon souvenir à leur professeur, les élèves se forcèrent à sourire et crier "A la votre!", le verre bien levé. En abaissant son verre, Parvati en renversa malencontreusement le contenu sur le t-shirt de Millicent. Celle-ci hurla d'horreur.

« Regarde ce que tu as fait, sombre idiote! Un vêtement de marque! Tu sais combien ça coûte, ce genre d'habit? Non, évidemment, tu ne peux pas le savoir, vu les torchons avec lesquels tu t'habilles.

- Je ne l'ai pas fait exprès. Et je ne te permets pas de me parler ainsi!

- Tu as raison. »

Parvati fut agréablement surprise, mais sa joie s'évapora rapidement lorsqu'elle reçut le contenu du verre de Millicent sur sa robe.

« Mieux vaut être quittes. Ajouta Millicent avec un sourire mauvais. »

Parvati, le regard lançant des flammes, attrapa une poignée de purée dans son assiette et l'aplatit dans la coiffure de Millicent. Toutes les personnes, suivant la scène depuis tout à l'heure, poussèrent un petit cri d'exclamation. Millicent fermait les yeux, la bouche grande ouverte, tandis que la purée coulait dans ses cheveux.

« Ta coiffure me dérangeait atrocement. C'est beaucoup mieux ainsi. Dit Parvati, avec le même sourire que Millicent quelques secondes plus tôt. »

Millicent, bouillante de rage, attrapa son assiette où il ne restait que la purée et l'aplatit sur le visage de Parvati. Les cris d'exclamations furent plus forts. Le Serpentard à côté de Parvati se mit à ricaner. Celle-ci se retourna vers lui, la face pleine de purée, ce qui déclencha le fou rire de son voisin.

« Ça te fait rire? S'insurgea-t-elle. »

Elle attrapa le pichet à vin et le versa sur la tête du Serpentard. Elle le regarda s'écouler, tandis que la victime, impuissante, avait désormais les cheveux et le visage puant et collant. Il se vengea sur son voisin, qui se moquait de lui, en lui glissant un bifteck dans le caleçon. Très rapidement, cette crise de nourriture se propagea sur toutes les tables, et une bataille fut déclarée.

Chacun armé de munitions, les tables avaient été renversées et les gens se cachaient derrière, lançant la nourriture à travers la pièce. Rapidement, tout le monde fut recouvert de purée, de vin ou autre de la tête aux pieds. Le professeur Slughorn s'était réfugié derrière son siège après avoir tenté de calmer tout le monde et avoir reçu un bifteck dans la figure. Il ne contrôlait rien du tout, et ça tournait réellement au massacre.

« Arrêtez! Cria-t-il à grande peine. Vous allez finir par vous blesser! »

Pour toute réponse, un pichet d'eau le frôla de près.

« C'est la première et dernière fois que je fais un repas de fin d'année avec des élèves. Dit-il. »

Il se cacha de nouveau derrière son siège et décida d'attendre que ça leur passe. Le problème, c'est que cette bataille au début barbare avait fini par devenir un jeu. Tout le monde riait aux éclats, le corps recouvert de nourriture et de boisson. Aussi, il entreprit de ramper jusqu'à la sortie et aller chercher de l'aide.

Hermione avait rejoint Harry et Ron d'un côté de la salle, et ils s'en donnaient à cœur joie depuis que Millicent avait été assommée par un pichet de vin mal envoyé. De leur côté, Drago, Blaise et Pansy s'étaient faufilés dans un coin tranquille de la salle, ne voulant pas participer à cet assaut puéril de nourriture. Enfin, ce n'était pas vraiment l'avis de Drago.

« Mais pourquoi on se cache? Je veux y retourner, moi! S'exclama-t-il, tiré de force par ses amis dans un recoin.

- Tu te fiches de moi? S'esclaffa Pansy. On n'a plus dix ans, je te signale. Tout ça à cause de cette imbécile de Millicent. Si elle s'était contenté de râler, Parvati aurait dit "Désolée" et on en serait pas là maintenant.

- Eh bien moi, je dis merci à Millicent, les batailles de bouffe c'est mythique! Tu crois qu'il y en a eu beaucoup, à Poudlard, depuis que l'école a été fondée? A mon avis, on est l'une des premières égéries à avoir osé en faire une.

- Si Dumbledore vient à apprendre ça, on risque de sérieux ennuis. Fit remarquer Pansy, les traits tirés par le sérieux.

- Il va l'apprendre, ça c'est sûr. Si Slughorn n'est pas frappé d'amnésie subitement.

- Il faudrait lui jeter un Oubliettes. Suggéra Blaise.

- Bien, mais c'est pas moi qui m'en chargera. Répondit machinalement Drago. »

Pansy allait rétorquer lorsqu'elle reçut un liquide collant sur tout le corps. Elle afficha une mine choquée et chercha le responsable. Elle se leva alors brusquement et hurla d'une voix perçante:

« Si je te chope, pauvre débile, je peux te dire que tu vas prendre cher! »

Bien qu'ils étaient censés ne plus se parler, Blaise et Drago échangèrent un regard amusé en voyant Pansy s'énerver et prendre ainsi part à la bataille, pour trouver le coupable. Drago balaya rapidement la salle du regard avant de s'arrêter avec un battement de cœur beaucoup trop fort à son goût. Il venait de voir quelqu'un. De la voir. Avec ses deux meilleurs amis et de la nourriture dans les mains, elle riait. Riait aux éclats. Comme il ne l'avait jamais vu. A son souvenir, jamais elle n'avait autant ri. Après, il n'avait sûrement pas eu de moments de complicité avec elle comme Potty et Weasmoche avaient du en avoir. Bien qu'elle soit couverte de nourriture, d'eau, les cheveux emmêlés, sa tenue débraillée et le visage dégoulinant, elle restait incroyablement belle. Jamais il ne comprendrait ceci. Ce n'était pas qu'elle était belle à proprement parler, en vérité mais elle avait un charme fou indéniable.

« Elle est belle, n'est-ce pas? »

La voix rauque de Blaise l'avait interrompu dans sa contemplation.

« Qui ça? Demanda Drago, bêtement.

- A ton avis. Répondit-il simplement, le regard dans le néant.

- Pourquoi tu me balances ça d'un co...

- Oh je t'en prie, je te connais mieux que ma poche. J'ai vu comment tu la dévorais des yeux à l'instant.

- J'étais pas en train de la... dévorer des yeux. Déglutit Drago.

- Tellement que j'ai cru qu'ils allaient s'échapper de tes orbites. »

Drago ne put s'empêcher d'esquisser un sourire à cette remarque, ce qui fut également le cas de Blaise. Pendant quelques secondes, ils avaient retrouvé leur ancienne complicité, complicité qui avait tant manqué au blond. Mais elle fut vite envolée en éclats lorsque Pansy revint. Ils s'étaient attendus à la voir accablée et furieuse, mais au lieu de cela, elle semblait euphorique et débordante de joie.

« Je viens de foutre une raclée phénoménale à Weasley fille. Vous pouvez pas savoir comme c'est exaltant! Et j'ai pas l'intention de m'arrêter là! Je vais balancer des parts de tartes dans la tronche de tous ces niais de Gryffi tu vas voir. Ils vont plus se sentir pisser, après!

- ... Qui êtes-vous et qu'avez vous fait de Pansy Parkinson? S'exclama Drago, choquée du comportement de son amie.

- Je lui ai appris à se décrisper et péter un bon coup! »

Sur ce, elle poussa un hurlement de joie et retourna à la bataille, en poussant à terre Seamus Finnigan au passage. Drago pouffa légèrement et se leva, pour rejoindre son amie. Il jeta une oeillade à Blaise, qui ne bougea pas.

« Tu ne viens pas? Tenta-t-il.

- Je crois que je ferais mieux d'aller me coucher. »

Drago ne chercha pas à dissimuler sa déception et c'est sans lui accorder le moindre regard que Blaise sortit de la Grande Salle.

De son côté, Hermione devait se l'avouer: elle s'amusait comme une petite folle. Faisant partie du club de favoris du professeur Slughorn, elle avait eu l'occasion à plusieurs reprises durant l'année de faire des repas avec lui. Mais celui-là était de loin le plus amusant et fascinant qu'elle ait fait. Alors qu'elle se relevait et débordait d'une excitation pour le jeu sans limite, son cœur s'arrêta momentanément de battre lorsque quelqu'un se faufila derrière elle. Elle sentit un souffle chaud dans sa nuque et une voix envoûtante lui susurrer au creux de l'oreille:

« Moi aussi, je peux jouer? »

Sa respiration se fit saccadée et elle fut incapable de faire le moindre mouvement. Elle continua d'inspirer et expirer difficilement et chercha à se libérer de cette emprise qu'il exerçait toujours sur elle.

« Même avec de la bouillasse qui sent atrocement mauvais dans les cheveux, tu restes sexy à tomber par terre. Comment tu fais? Continua-t-il dans son petit manège.

- Malefoy... Commença-t-elle. »

Mais elle s'arrêta net lorsqu'elle le sentit s'éloigner de lui. Avait-il senti la gêne qui émanait autant d'elle? Elle se retourna mais ne s'attendait certainement pas à ce qu'elle vit. Si Drago s'était éloigné, ce n'était pas parce qu'il avait ressenti la gêne d'Hermione. Mais parce que Harry l'avait tiré de force. Maintenant, ils étaient tous les deux face à face, avec un regard mauvais.

« A quoi tu joues, Potter? Cracha Drago.

- Je pourrais te retourner la question... Malefoy. Rétorqua le concerné.

- Même quand je ne te fais rien, tu viens me chercher les embrouilles. On dirait que tu ne peux pas te passer de moi. Railla le Serpentard.

- Je voudrais que tu cesses d'importuner sans arrêt Hermione.

- Je fais ce que je veux. Et puis, s'en est-elle déjà plainte? »

Question à laquelle Harry ne répondit que par un silence.

« Évidemment qu'elle ne s'en est jamais plainte. Rajouta Drago, avec un sourire moqueur. Alors maintenant, mêle toi de ce qui te regarde et laisse la vivre tranquille. Aux dernières nouvelles, tu n'es pas son père.

- Je sais qu'elle ne dit rien, mais qui te dit que ça ne l'affecte pas?

- Ce que tu peux être lourd, Potty! »

Harry n'insista pas plus longtemps et regarda tour à tour les deux jeunes gens qui se détestaient auparavant.

« Je vous avais prévenu de ne pas tomber amoureux. Ne put-il s'empêcher de glisser. »

Son regard dériva évidemment sur Hermione, qui baissa les yeux, honteuse. Harry lança un dernier regard plein de rancoeur à Drago et retourna avec Ron. Le blond se tourna vers la Gryffondor, qui semblait toute retournée.

« Ce St Potter, alors. Souffla Drago. Il en rate pas une. »

Hermione ne répondait toujours pas. Avait-elle soudain été frappée d'amnésie?

« Si Harry ne t'avait pas tiré, je t'aurais probablement sauté dessus. »

A cette remarque, le sourire de Drago tomba et il fit une mine de cent pieds de long. Après un petit silence, il reprit, goguenard:

« Dans ce cas, me reste plus qu'à tuer Potter.

- Non! Heureusement qu'il avait fait ça. Cela fait déjà suffisamment longtemps que je me fais fureur pour ne pas craquer, j'aurais vraiment été faible en craquant aussi bêtement. Je ne veux pas Malefoy, tu m'entends? Il ne se passera rien entre nous tant que tu ne m'auras pas prouvé que tu m'aimes sincèrement et que ce n'est pas qu'un jeu pour toi.

- T'es casse-pieds, Granger! Entendre les trois mots de ma bouche sans ombre d'ironie ne t'a donc pas suffi?

- Ce que j'ai bien compris en me rapprochant de toi cette année, c'est que tu es un vil menteur et que tu sais être très convaincant.

- Mais je ne mentais pas!

- Dans ce cas, prouve le moi! S'écria Hermione, à bout. »

Pour une fois qu'elle s'amusait vraiment sans faire semblant, il fallait qu'il vienne encore tout gâcher. On dirait qu'il n'aimait pas la voir heureuse quand il n'en était pas la raison. Drago, à bout également, ne savait plus que faire. Il voulait, il voulait vraiment prouver à Hermione qu'il tenait réellement à elle. Que ce n'était pas que des paroles en l'air.

La première solution qui lui vint à l'esprit fut totalement folle et irrationnelle, mais il ne voyait pas que faire d'autre. Alors qu'elle commençait à s'éloigner, peinée, vers ses amis, il la devança et arriva le premier devant Harry et Ron, qui le regardaient bizarrement. Il planta son dur regard acier dans celui plus doux vert de son pire ennemi.

« Oui, tu m'avais prévenu de ne pas tomber amoureux de Granger. Débuta Drago. Et tu as vraiment cru que j'allais écouter les mises en garde d'un pauvre balafré stupide dans ton genre? En plus, je te déteste. Mais là n'est pas la question, pour une fois. Mine de rien, j'ai essayé de respecter ton conseil. Tu as vraiment cru que ce serait simple comme bonjour de ne pas tomber sous son charme? Cette fille est une déesse échappée du ciel. Elle est la perfection réincarnée. Bon, elle a pas mal de défauts, comme chaque être humain qui se respecte. Elle est bornée, naïve, trop intello à mon goût... Mais quand on aime quelqu'un, ajouta-t-il après un regard noir de Ron, on aime autant ses qualités que ses défauts. Et c'est mon cas. Oui, Potty. J'aime ton idiote d'amie naïve de première, Je-Sais-Tout horriblement agaçante et qui passe son temps dans ses bouquins. Oui, je suis amoureux de Hermione Granger! »

Il avait crié cette phrase, ce qui suffit à faire cesser pour de bon, semblait-il, la bataille de nourriture. Chaque regard dans la salle était tourné vers le Serpentard orgueilleux et méprisant qui venait d'avouer publiquement qu'il aimait la Gryffondor courageuse et d'une intelligence énervante.

« QUOI? »

Pansy Parkinson avait arrêté de se servir de Susan Bones comme punching-ball et, tenant toujours sa victime par le col, regardait interloquée celui qu'elle croyait être l'ami qui lui confiait tout. Face à ces mines déconfites, le sourire de Drago ne s'agrandit que plus.

« Vous avez bien entendu. Ai-je besoin de répéter pour les oreilles plus... difficiles?

- Je crois que je vais vomir. »

Cette fois, c'était Millicent qui avait parlé et elle semblait réellement au bord de la nausée. Encore en train de se battre contre Parvati, elle avait cessé net le combat en entendant les révélations de l'homme avec qui elle avait couché.

Le professeur Slughorn, qui avait pris la fuite pour avoir de l'aide, venait de revenir avec le professeur McGonagall. Cette dernière afficha une mine horrifiée en voyant l'état de la salle et des élèves.

« Mais que s'est-il passé? On dirait qu'une horde de trolls est passée par ici! S'insurgea McGonagall, une main sur le cœur.

- Une petite... dispute qui a tourné au massacre.

- Dispute? Vous appelez ça une dispute, Horace? Ils ont mis la Grande Salle sans dessus dessous! Et tout cette nourriture gaspillée! »

Désormais, elle n'étais plus horrifiée mais en colère. Terriblement en colère. Les élèves sentirent que la suite n'allait pas être joyeuse.

« Vous tous! Sans AUCUNE exception! Vous serez tous collés jusqu'à la fin de l'année scolaire! Vous pouvez dire adieu à votre temps libre de révisions et examens des cinquièmes et septièmes années. Vous serez collés chaque samedi après-midi, de quatorze heures à dix-sept heures. Durant ce temps, vous nettoierez l'école. Toute l'école. »

A ces mots, les élèves blêmirent. Le château, ainsi que ce qui l'entourait, était immensément grand. Cela promettait d'être cauchemardesque! McGonagall, après un énième regard choqué sur la salle, tourna les talons, sa cape virevoltant en même temps. Slughorn, resté sur place, reprit rapidement ses esprits.

« Une punition également de ma part: vous ne sortirez pas d'ici tant que la salle ne sera pas propre et bien rangée. Vous allez nettoyer votre massacre. Personne ne sort tant que le sol ne brille pas. Et bien évidemment: pas de magie. »

Slughorn fit un sourire mesquin et sortit de la salle, fermant les deux grandes portes d'un coup de baguette magique. Tout le monde grogna, soupira, souffla, s'énerva.

« Ça va nous prendre toute la nuit pour nettoyer ça sans magie! Fit remarquer Lavande, très fatiguée.

- Parce que tu as cru qu'on allait écouter ce vieux morse? Railla Millicent. »

Elle sortit sa baguette magique et exécuta un mouvement du poignet, se servant d'un sortilège informulé. Sa mine se décomposa lorsque ça ne marcha pas, même au bout de la troisième tentative.

« Et toi, tu as vraiment cru que le vieux morse serait aussi naïf que ça? Rétorqua Lavande, un sourire moqueur aux lèvres.

- On va devoir tout se coltiner sans magie, donc. Comprit Dean. »

Affligé, chaque élève se répartit une tâche et le grand nettoyage commençait. Une heure plus tard, la plupart d'entre eux se sentaient horriblement fatigués, ne tenant quasiment plus sur leurs jambes. Quelques un n'avaient d'ailleurs pas tenu et s'étaient endormi debout, la tête sur leur balai.

Drago passa à côté de Neville, qui dormait debout en ronflant, et ne se gêna pas pour le faire tomber à terre d'une pichenette. Même quand il eut touché le sol dans un vacarme, le Gryffondor ne se réveilla pas. Drago, faisant partie des élèves exténués, avait remarqué que quelques regards vrillaient parfois sur lui. Après tout, même si l'intervention de McGonagall et la punition de Slughorn avait fait pâlir tout le monde, personne n'avait oublié la déclaration d'amour qu'avait fait Drago Malefoy à Hermione Granger.

Depuis, il n'avait pas eu l'occasion de reparler à la jeune femme, et il était même presque certain qu'elle l'évitait. Et que d'un certain côté, il l'évitait également. Lorsqu'il ramassa quelques déchets par ci par là et que la silhouette de la jeune Gryffondor passa près de lui, il fixa idiotement le sol. Mais alors que les secondes passaient, la silhouette semblait s'être arrêtée. Il releva difficilement les yeux.

« Il faut qu'on parle, Malefoy. Dit alors Hermione, d'un ton décidé.

- Ça ne peut pas attendre demain, Granger? Je suis assez fatigué et qui plus est, on en est à peine à la moitié du nettoyage. Alors...

- Non Drago, ça ne peut pas attendre. Le coupa-t-elle. Tu as avoué à Harry que tu m'aimais. Et devant tout le monde, qui plus est.

- C'est exact, au moins tu n'es ni aveugle, ni sourde je suis rassuré. Railla-t-il. Et alors?

- Alors... Assume.

- Très bien. Grommela-t-il. »

Hermione ne savait absolument pas où il voulait en venir en disant cela, mais elle le découvrit assez rapidement lorsque des lèvres débordantes de passion s'écrasèrent contre les siennes. Elle fut agréablement surprise et ferma les yeux, se laissant emporter par ce flot d'émotions qui émanait de Drago et d'elle même. Il passa sa main contre sa taille, l'attirant ainsi plus proche de lui. Elle passa ses bras autour de son cou, laissant ainsi tomber balai et serpillère.

On aurait dit que le temps s'était arrêté. Que le lieu où ils se trouvaient s'effaçait. Que les personnes autour d'eux disparaissaient. Et qu'ils n'étaient que tous les deux, deux âmes dévorées de passion enivrante l'une pour l'autre.

C'est Drago qui mit fit à ce baiser lourd de sens. Difficilement, mais sûrement. Hermione rouvrit doucement les yeux. Il y lut un certain trouble, mais également du désir. Il sourit en voyant cela. Au moins, il pouvait être certain que ses sentiments étaient partagés. Un raclement de gorge inapproprié les fit revenir au moment présent. Drago regarda autour de lui et se rendit compte avec un certain amusement que tout le monde les fixait.

« Quoi? Vous n'avez jamais vu des gens se rouler une galoche ou quoi? S'exclama-t-il, moqueur. »

Cette remarque détourna le regard de pas mal de personnes, sauf de quelques unes. Comme Harry Potter, Ron Weasley, Pansy Parkinson et Millicent Bulstrode. Ce premier s'avança vers eux, incertain.

« Alors quoi? Quelle est la suite des événements? Demanda-t-il, l'air gêné. Tu vas sortir avec elle?

- Je ne sais pas et pour l'instant, je m'en fiche. »

Drago fit un clin d'œil complice à Hermione, qui ne put s'empêcher de sourire. Harry, avec une moue dubitative, se retira à contre cœur pour terminer le grand nettoyage.

...

Ne criez pas victoire trop vite, hein. Vous avez forcément du comprendre que je n'aime pas les histoires de love trop faciles.

Je crois que c'est le plus long chapitre que j'ai écrit depuis le début. J'espère que la longueur est satisfaisante.

Une petite review pour me laisser votre avis? :)

Zoubi, mes camarades.

Morgane.