Chapitre 17: Le bonheur ne dure pas.

Le lendemain de la désastreuse soirée de fin d'année du professeur Slughorn, chacun fit la grasse matinée. Le nettoyage de la Grande Salle sans magie leur ayant pris très longtemps, ils n'avaient pu retourner dans leurs dortoirs qu'au milieu de la nuit. De ce fait, tout le monde était exténué.

Hermione était la première à s'être réveillée dans sa tour. Elle s'assit tranquillement dans sa Salle Commune, afin de lire le livre que lui avait envoyé sa mère. Plus elle avançait dans sa lecture, plus le livre lui plaisait. Au moins deux heures plus tard, Ron s'était levé et la rejoignit dans la salle. Elle posa momentanément son livre et posa sa tête sur l'épaule de son meilleur ami. Ils discutèrent un petit moment de choses et d'autres, quand le sujet fâcheux arriva dans la conversation.

« Alors, toi et Malefoy... Vous...

- On quoi, Ronald Weasley? L'encouragea Hermione.

- Je veux dire, vous... Est ce que vous êtes ensemble?

- Je ne sais pas.

- Quoi mais... Hier soir, il a avoué devant tout le monde qu'il t'aimait et en plus, il t'a embrassé Je pensais qu'après ça, ce serait clair pour vous deux.

- Eh bien non, ça ne l'est pas. »

Comme elle semblait agacée d'en parler, Ron ne dit plus rien et ferma les yeux, cherchant comment formuler ce qu'il voulait dire.

« Donc, ça veut dire que tu es toujours célibataire. Reprit-il après un silence.

- Où tu veux en venir, exactement? »

Il se tut à nouveau et le rouge lui monta légèrement aux joues. Hermione se releva alors brusquement, pas sûre d'avoir compris mais méfiante.

« Ron... Ne me dis pas que tu... Enfin bon sang, tu as une copine! S'insurgea-t-elle.

- Et alors? Ça ne veut rien dire.

- Bien sûr que si, ça veut dire quelque chose. Tu as eu ta chance en quatrième et même en cinquième année, tu ne l'as pas saisi alors maintenant c'est trop tard!

- Mais je crois que je t'aime encore! »

Hermione ferma les yeux à ses paroles et tenta vainement de respirer calmement.

« Ron Weasley. Je suppose que tu as compris que j'ai été amoureuse de toi pendant une longue période. Très amoureuse de toi. Mais je suis passée à autre chose quand j'ai cru comprendre que tu ne partageais pas les mêmes sentiments, ou du moins que tu ne voulais pas plus que de l'amitié avec moi. J'ai pris toutes les vacances d'été dernier pour t'oublier comme il se doit. Et même si ça a pris du temps, j'ai réussi.

- Hermione Granger, tu sais très bien que moi aussi, j'ai été amoureux de toi pendant une longue période! Et j'ai cru t'avoir oublié également. Mais quand j'ai vu cette vermine de Malefoy t'embrasser hier soir, j'ai cru recevoir un coup de couteau dans le cœur. J'ai cru qu'on me le lacérait très lentement! Il est clair que je ne t'ai pas totalement oublié et que j'ai encore des sentiments pour toi.

- Pourquoi tu viens me dire tout ça? Murmura Hermione, les larmes aux yeux. »

Il s'était dangereusement rapproché d'elle et leurs visages n'étaient désormais séparés que par quelques centimètres.

« Je sais qu'on a laissé passer pas mal d'occasions. Beaucoup de nos amis ont souvent tenté de nous tendre des perches, pour qu'on soit enfin ensemble. Et on ne les a jamais attrapé. Pourquoi? Parce qu'on était pas assez mûrs pour assumer une relation plus qu'amicale. Mais j'ai dix-sept ans et tu les auras bientôt aussi. On a grandi, changé, évolué. Et je sais que maintenant, on peut. On peut franchir le cap de l'amitié et aller bien plus loin.

- Ron, je ne pense pas que ce soit...

- Laisse nous une chance. Au moins... Une tentative! Pour savoir si nous sommes aptes à être ensemble. Une semaine. C'est tout ce que je te demande. Après, si ça ne marche pas, on arrêtera tout et on restera de simples bons amis.

- Tu oublies quelqu'un, on dirait. »

Il fronça sévèrement les sourcils, signe qu'il ne voyait pas de qui Hermione parlait. Exaspérée, elle lui donna une légère tape sur la tête.

« Elle a les cheveux frisés et est raide dingue de toi! Soupira Hermione.

- Ah, Lavande? Grommela Ron. Elle comprendra.

- Non Ron, quand on est très amoureuse de quelqu'un, on ne comprend pas forcément les choses du même œil qu'autrui. Tu risques de lui briser le cœur!

- C'est sûr, mais si elle est vraiment amoureuse comme tu le dis, elle me pardonnera assez rapidement.

- Tu te comportes comme un véritable goujat! Le cœur d'une fille n'est pas un jouet, un vulgaire gadget que l'on trouve dans la boutique de Fred et George. C'est comme un petit être délicat et fragile: il faut l'attentionner et le traiter avec soin et respect. Ce que tu n'as pas vraiment l'air de faire.

- Depuis le temps que je sors avec elle, je peux te dire que j'ai appris à la respecter et la traiter avec soin. Alors, ne t'inquiètes pas pour elle, elle ira très bien, je te dis.

- Mais moi, non. Je culpabiliserais trop. Alors, laisse immédiatement tomber cette idée saugrenue, je ne ferai pas de "test" pour savoir si on est fait pour être ensemble. Au cas où tu n'aurais pas encore saisi, je suis amoureuse de quelqu'un d'autre! »

Ces mots semblèrent blesser Ron beaucoup plus qu'autre chose.

« Pas besoin d'aller chercher très loin, n'est ce pas? C'est de l'autre fouine que t'es amoureuse, c'est ça?

- Oui, Ron. Et l'autre fouine a un nom. Il s'appelle...

- Je me contre-fiche de l'appeler par son nom ou son surnom, Hermione. Tu as oublié son comportement depuis notre première année? Il te traîte comme une moins que rien, te méprise.

- Mais il a changé. Et moi aussi. On a appris à se connaître autrement qu'en Sang-De-Bourbe ou Malefoy prétentieux.

- Il n'est pas pour toi, Hermy. Il te fera du mal.

- Oui, comme toi tu en ferais à Lavande en sortant avec moi.

- Tu ne pourrais pas oublier Lavande un court instant?

- Non Ronald, je ne peux pas l'oublier, parce qu'au fil du temps, c'est devenue mon amie. Et qu'entre amies, on ne se fait pas de coups aussi bas et grotesques.

- Bien. Je comprends. »

Pourtant, ce n'est pas l'impression qu'elle eut lorsqu'il fondit sur elle pour l'embrasser. Elle écarquilla les yeux de surprise mais se laissa faire, patiente, pour voir qu'est ce qu'il cherchait à prouver. Lorsqu'il s'éloigna doucement d'elle, il n'avait pas l'air tant emballé que ça. Il lui dit alors à voix basse:

« Tu as ressenti quoi, toi? »

Hermione se mordit la lèvre inférieure et réfléchit à toute vitesse. Il est vrai que ce baiser n'était pas si emballant que ça. Ce n'était en rien comparable à son baiser avec Drago. D'accord, embrasser Ron était agréable, mais avec Drago, elle avait des papillons dans le ventre, se sentait transportée ailleurs, coupée du monde et elle ne réussissait plus à aligner deux pensées correctement. Chose qu'elle n'avait absolument pas ressenti en embrassant Ron. Celui ci attendait toujours une réponse, anxieux.

« Ce n'est pas comme avec Drago. Répondit-elle simplement.

- Donc, tu n'as rien ressenti. En déduit Ron, n'ayant pas l'air si déçu que ça.

- Ne le prends pas mal, hein. S'empressa-t-elle de dire. Tu embrasses très bien, mais ce n'est pas comparable à Drago.

- Tu es en train de dire que la fouine embrasse mieux que moi? »

Il se mit alors à rire. Malgré elle, elle le suivit et lui donna un coup dans le bras.

« Ce que tu peux être stupide, Ronald.

- Bon, tu sais quoi? Oublie. Ça doit être la soirée d'hier qui m'a un peu perturbé. Ce baiser m'a bien prouvé que je ne ressens plus rien pour toi, et que c'est Lavande que j'aime véritablement.

- Ravie que tu sois redevenu toi même, mon cher. »

Ils échangèrent une poignée de main amicale, et se rassirent dans le canapé, continuant de discuter comme si rien de toute cela ne s'était passé.

Alors que midi n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez, ils furent rapidement rejoints par Harry, Ginny et Lavande. Ron et Hermione avaient conclu de ne jamais parler de leur entrevue incongrue à leurs amis, et encore moins à Lavande.

A quatorze heures, tous se rendirent avec peine à leur première retenue du mois. L'ambiance de la Grande Salle, où se trouvaient tous les élèves punis, était déprimante. Le professeur McGonagall arriva et leur expliqua quoi faire. Toujours sans magie, ils avaient à nettoyer le château. Déjà que la Grande Salle la veille les avaient achevé, dans ce cas qu'est ce que ce serait avec tout le château?

Harry, Ron, Hermione et Lavande avaient fait en sorte d'être ensemble. Sous les ordres de leur professeur, ils commencèrent par les escaliers. Ce qui risquait d'être extrêmement dur, puisqu'ils bougeaient sans arrêt. A un moment, Hermione et Ron étaient tous les deux en train de nettoyer un escalier quand celui-ci bougea soudainement. Ils ne bougèrent pas, continuant de nettoyer. Hermione n'avait pas vu qu'à ce moment, Drago passait. Et la discussion qu'elle avait avec Ron était plutôt... confidentielle.

« Et vaut mieux que personne ne sache ce qu'il s'est passé ce matin, Ron.

- Qu'est ce qu'il s'est passé ce matin? »

Hermione se crispa lorsqu'elle entendit cette voix. Elle se releva doucement pour se retrouver face à Drago Malefoy.

« Rien du tout. Répondit-elle posément.

- Apparemment si, puisque t'as demandé à Weasmoche de garder le silence.

- Je suis là! S'insurgea le concerné.

- On s'en fout. Rétorqua Drago, sans quitter Hermione des yeux. Alors Granger, il s'est passé quoi ce matin?

- Ça ne te regarde pas... Malefoy. »

Face au ton impérieux de la jeune fille, Drago siffla et se rapprocha d'elle, si près qu'elle pouvait détailler exactement ses yeux.

« Tout ce qui te concerne me regarde, mon ange. Susurra-t-il.

- Je n'en serais pas aussi sûre à ta place. Répliqua-t-elle. »

Le regard si doux et envoûtant qu'il avait posé sur elle cette soirée là avait totalement disparu. A la place, il y avait un regard dur et froid. Ron, inquiet que la situation ne tourne au vinaigre, s'interposa du mieux qu'il put.

« Laisse tomber, Malefoy. C'est entre Hermione et moi. »

Pour prouver ses dires, il prit la main de son amie et l'éloigna de Drago. Celui-ci ne put se contredire sur le fait qu'il voulait étriper Ron sur place. La façon dont les deux Gryffondor étaient proches le mettait hors de lui.

« Entre Granger et toi? Bien. Je vois. Pouffa Drago, masquant son énervement. Bon, je vous souhaite plein de bonheur et toutes autres futilités. Faites pas trop de gosses et m'invitez pas au mariage. Salut.

- Non mais attends, pourquoi tu réagis comme ça? S'insurgea Hermione, lâchant la main de Ron et courant après Drago, qui commençait à s'éloigner.

- Qu'est ce que ça peut bien te faire? Tu ne veux pas rester avec ton amoureux?

- Mais enfin, Ron et moi, on est pas ensembles! Il sort avec Lavande Brown!

- Ça ne veut rien dire. J'ai remarqué (et à mon avis, je ne suis pas le seul) que toi et lui vous trainez beaucoup ensemble, ces derniers temps. Tu ne crois pas que ça peut laisser filer des doutes?

- Mais il n'y a aucun doute à avoir. Ron et moi, nous sommes juste amis.

- Super, donc tu vas sûrement pouvoir me dire ce qu'il s'est passé entre toi et lui ce matin que tu ne veux pas ébruiter. »

Lui dire? A lui, l'homme qui l'avait embrassé pas plus tard qu'hier soir qu'un autre l'avait embrassé pas plus tard que ce matin? Ça serait joyeux, comme conversation. Hermione se pensait dans une impasse, jusqu'à ce qu'une sorte de sortie de secours lui apparaisse.

« C'est drôle, tout ça. Finit-elle par dire, se passant une main dans les cheveux.
- Je ne vois pas ce qui te fait rire.
- Je veux dire, ce qui est drôle, c'est que pendant quelques instants, j'ai cru que tu étais... jaloux. »

Dans le mille. Drago perdit visiblement toute son assurance, et les yeux rivés au sol, se passa une main dans la nuque.

« Moi? Jaloux? J'espère que tu plaisantes, Granger. Railla-t-il enfin.

- Je croyais avoir halluciné, mais quand j'y repense, ça n'avait pas trop l'air de t'enchanter que moi et Ron soyons aussi proches.

- Retiens bien une chose: s'il y a bien une personne dans ce monde de laquelle je ne me prendrais jamais à être jaloux, c'est bien le roux idiot et sans vergogne qui se trouve derrière toi. Pigé?

- Je n'ai jamais dit que c'était forcément de lui que tu étais jaloux. Mais tout simplement du fait qu'un garçon soit proche de moi.

- C'est bien beau de rêver Granger, mais je ne suis pas jaloux de quoi que ce soit.

- Est ce que le grand Drago Malefoy serait en train de se défiler?

- Fiche moi donc la paix et retourne à ton ménage.

- Dit-il alors que c'est lui qui est venu chercher la petite bête!

- C'était parce que je m'ennuyais. Mais tu as réussi à me mettre en rogne, bravo. Bon, je te laisse avec Weaslaid. Mais pas de bêtises, sinon je vous décalque contre un mur tous les deux.

- La jalousie est un vilain défaut. Ajouta sournoisement Hermione. »

Cette petite phrase fit l'effet d'une bombe à Drago, qui ne s'en sentit humilié que davantage. Il lança un regard noir à la jeune femme et repartit. Elle sourit, fière de cet impact et retourna passer le balai avec Ron.

A la fin de leur dur après-midi de nettoyage intensif, chaque élève de Gryffondor s'affala avec un profond soupir dans son lit respectif. Totalement à bout, Hermione entendit son amie Ginny entrer dans sa chambre, alors qu'elle venait de lui passer devant sans lui accorder la moindre attention.

« C'est nouveau de m'ignorer comme ça? Râla Ginny, en souriant.

- Excuse moi Gin mais je suis morte. J'ai l'impression qu'on m'a écrasé le corps tout entier avec un rouleau compresseur durant toute l'après-midi.

- Dire qu'il vous reste encore trois samedis comme ça.

- M'en parle pas. Rien que d'y penser, j'ai envie de me jeter par la fenêtre.

- Ne fais pas ce gâchis, voyons! »

Ginny s'assit au bout du lit, et regarda son amie, qui semblait réellement éreintée. Elle s'était rapidement changée et avait juste mis un t-shirt long, et elle ne cessait de s'aérer avec les mains, les yeux fermés et les cheveux attachés, pour ne pas qu'ils se collent à son visage déjà en sueur.

« Tu devrais aller prendre une douche. Lui suggéra Ginny.

- C'est ce que je ferai... quand j'aurai la force de me lever. »

Un toquement bref à la porte empêcha Ginny de rétorquer, et après un grognement mou de Hermione, la porte s'ouvrit sur un Ron et un Harry aussi épuisés que leur amie.

« On est venues voir si elle n'était pas morte.

- Pourquoi tu dis ça? S'étonna Ginny.

- Parce que depuis qu'on est rentrés, Neville et Seamus sont allongés sur leur lit et ne bougent plus d'un poil. S'ils ne respiraient plus, on croirait presque qu'ils ont rendu l'âme. Et Hermione, elle tient le coup?

- Elle n'a même pas la force de se lever pour aller prendre sa douche, alors...

- Foutez moi la paix, et laissez moi mourir en paix. Grommela Hermione.

- Bon, laissez moi faire. »

Ron se rapprocha alors du lit de la jeune femme et la prit dans ses bras. Il la déposa sur ses pieds près de la douche, et elle sembla sortir lentement de sa torpeur.

« Ce n'est pas un peu risqué de prendre une douche quand on a l'impression qu'on va tomber dans le coma d'une minute à l'autre? Demanda alors Hermione d'une voix molle.

- Mais non, l'eau va te réveiller. Répondit-il sûrement. Allez Hermignonne, dépêches toi de te laver, je pense que les autres ne voudront pas attendre trop longtemps. »

Elle sourit, approuvant ceci, et Ron sortit de la salle de bains, laissant sa meilleure amie prendre sa douche. Elle profitait depuis maintenant une demi-heure de son bon bain chaud, qui l'avait un peu réveillé et guéri ses membres endoloris. Elle jouait avec les bulles quand quelqu'un toqua à la porte.

« Hermione! Tu pourrais te dépêcher, s'il te plaît? Parce que les filles et moi, on aimerait bien se laver aussi. Si tu ne sors pas d'ici dix minutes, on force la porte! »

Hermione rit doucement et cinq minutes plus tard, elle sortait de la salle de bains, toute propre et fraîche, les cheveux en queue de cheval, dans la même tenue que précédemment. Ce t-shirt était super confortable.

« Désolée, les filles. J'ai laissé l'eau du bain, si vous la voulez. »

Les trois autres colocataires engagèrent un vif combat pour savoir laquelle avait parfaitement le droit d'entrer la première dans la salle de bains. Hermione, tranquille, sortit du dortoir et entreprit de rejoindre Ginny dans le dortoir des cinquièmes années quand elle croisa Ron au passage.

« Si tu venais voir Lavande, elle est partie prendre sa douche. Lui dit Hermione.

- Ah, mince. Grimaça Ron.

- Pourquoi tu venais la voir, sans être indiscrète?

- Je me sens encore mal par rapport à ce qu'il s'est passé ce matin, je... veux prouver que je tiens vraiment à elle.

- Tu n'as pas à t'inquiéter: elle n'en saura jamais rien. Le rassura-t-elle avec un sourire sincère. »

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Le lendemain, les Gryffondor, ainsi que la plupart des autres maisons se retrouvèrent au lac. Excepté les cinquièmes et septièmes années, plongés en plein dans leurs révisions. En se promenant avec Ron, Hermione passa devant les Serpentard, et notamment devant Drago, Pansy, Blaise et Millicent, qui étaient toujours accrochés ensemble. Dès que Blaise, Millicent et Pansy la virent, ils la dardèrent d'un regard mauvais et détournèrent immédiatement le regard. Par contre, Drago ne se gêna pas pour la dévisager sans retenue et même lui faire un sourire charmeur. Elle se contenta de rougir stupidement et continua à marcher, toujours en pleine discussion avec Ron.

« J'ai tellement peur que Lavande l'apprenne et me jette comme une vieille chaussette. Avoua Ron à mi voix.

- Pourquoi l'apprendrait-elle? Nous sommes les deux seuls à le savoir, et personnellement, je ne compte pas aller lui répéter. Toi, je ne sais pas mais...

- Moi non plus, voyons. Rit-il. Mais on ne sait jamais, tu sais les murs ont des oreilles.

- Bien sûr, mais on était tout seuls dans la Salle Commune, tout le monde roupillait à poings fermés, j'en suis sûre et certaine.

- Tant mieux. Tu images, Lav aurait débarqué juste au moment où je t'ai embrassé? »

Hermione s'imagina la scène et ne put réprimer une grimace de terreur, qui fit rire Ron. Elle rit également, puis eut alors l'étrange impression que leur conversation n'était plus privée. Elle se retourna brusquement et aperçu Drago, qui les avait apparemment suivi quand il l'avait vu.

« Weasley, t'es un homme mort. Dit brutalement Drago, les yeux remplis de haine.

- Attends Malefoy, tu n'as entendu qu'une bribe de la conversation, il y a... »

Il ne l'écouta guère et la poussa sur le côté, pour se retrouver face à Ron, qui ne cillait pas.

« Tu as embrassé Hermione contre son gré, c'est ça? Cracha Drago.

- Pas du tout. Répliqua automatiquement Ron. Enfin, ce n'était pas prévu au début mais ce n'est pas non plus comme si je lui avais fait mal...

- On ne t'a jamais dit qu'on ne forçait pas les gens à faire ce qu'ils ne veulent pas?

- Il faudrait qu'un jour, tu apprennes à te mêler de ce qui te regarde, Malefoy.

- Quand ça concerne celle que j'aime, j'estime avoir le droit de m'en mêler. »

A ces mots, Hermione ne put s'empêcher d'esquisser un sourire faiblard, qui s'évanouit vite lorsqu'elle vit Drago et Ron la main se rapprochant de plus en plus sur leur baguette.

« Si jamais tu la retouches encore une fois, je me chargerai personnellement de te tuer, Weasley. »

Après un sombre regard rempli de malveillance, Drago s'en alla et passa devant Hermione sans lui accorder un seul regard. Il retourna s'assoir avec ses amis et tenta de cacher sa mauvaise humeur derrière ce sourire moqueur dont il se séparait rarement. Hermione posa les yeux sur Ron, qui avait les siens rivés au sol. Son visage était rouge de fureur.

« Ron? Se hasarda-t-elle, se rapprochant de lui.

- Viens, on retourne voir les autres. »

Elle opina, comprenant qu'il ne voulait pas parler de ce qu'il venait de se passer. Ils repartirent en direction des Gryffondor, et Hermione prit grand soin de ne pas tourner la tête en passant devant les Serpentard. Une fois avec leurs amis, ils recouvrirent un sourire plus naturel. Ils passèrent tout le reste de l'après-midi au lac, à discuter, rire et profiter de leur dimanche avant de retourner dans les devoirs et le stresse des cours.

Alors qu'ils étaient sur le chemin de retour à leur Salle Commune, voulant prendre une douche avant le dîner, Hermione trainait un peu en arrière, les yeux se baladant partout, rêveuse. Elle surprit alors des éclats de voix provenant pas loin des cachots. Intriguée, elle s'aventura discrètement là d'où les voix venaient et se cacha derrière un mur, tentant de suivre la conversation déjà en cours. C'était une voix de fille et une voix de garçon. Voix qu'elle ne tarda pas à identifier.

« ... que tu n'as pas à te mêler de ça!

- Bien sûr que si! Tu es mon ami et je m'inquiète énormément pour toi.

- Mais arrête de t'inquiéter pour les autres et vis ta vie!

- Tu n'y arriveras pas tout seul, Blaise. Tu auras besoin d'aide tôt ou tard.

- Et c'est une pauvre trouillarde dans ton genre qui se proposera pour m'aider?

- Pas que moi. Je suis persuadée que Drago et Millicent, par amitié, t'aideront aussi.

- Millicent? Laisse moi rire. Cette fille est juste bonne à recopier les devoirs des autres et faire décoration dans la pièce. A part ça, elle ne sert pas à grand chose. Quand à Drago... on est même plus amis.

- C'est toi qui n'a plus voulu être ami avec lui. Lui continue de te considérer comme tel, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

- Bien sûr que si je l'ai remarqué et c'est ça qui me... dérange. Je me vois mal être ami avec le gars qui aime et a couché avec la fille que j'aime et m'a menti sur nombreuses choses. C'est un peu délicat.

- Ne me dis pas que vous en êtes encore à vous brouiller à cause de la Sang-de-Bourbe? »

A cette appellation, Hermione serra les poings et ferma les yeux, pour se contrôler.

« Pourrais-tu arrêter de l'appeler comme ça? S'écria Blaise. Elle a un nom.

- Oui, bon Granger, si tu préfères.

- Ce n'est pas seulement à cause d'elle qu'on se dispute, tu le sais bien.

- Certes, mais en partie. Insista Pansy.

- Tu sais quoi? Je perds du temps inutilement, là. Et je suis sûr que c'est ce que tu cherches à faire, donc maintenant tu me fous la paix et je vais terminer ce que le Maître m'a confié, peu importe ce que tu en penses. »

Pansy allait rétorquer à nouveau mais Blaise lui passa devant, en soufflant comme un rhinocéros. Hermione, par peur de se faire repérer, se faufila discrètement dans un couloir et se colla contre un mur, la respiration saccadée. Elle entendit finalement Blaise s'en aller vers des étages supérieurs tandis que Pansy retournait sans doute dans sa Salle Commune. Hermione retourna alors discrètement sur ses pas et s'apprêta à retourner également dans la tour de Gryffondor, quand elle repensa aux paroles de Blaise. "Ce que le Maître m'a confié". Qu'est ce que cela pouvait bien être?

Elle remonta rapidement les escaliers, toujours aussi discrètement et finit par rattraper le Serpentard, qui se dirigeait visiblement vers le septième étage. Plus curieuse que jamais, elle le suivit à pas de loups, en essayant de ne pas se faire remarquer. Ils arrivèrent rapidement dans le couloir du septième étage, et Hermione resta en retrait, observant Blaise de loin. Ce qu'elle craignait arriva: Blaise s'était placé devant un grand mur vide, et restait de marbre. Quelques instants plus tard, une porte apparut et Blaise s'engouffra à l'intérieur. Aussitôt, la porte ainsi que Blaise avaient disparu.

Hermione hésita un instant: devait-elle essayer d'aller le retrouver ou bien laisser tomber tout de suite? Après mûre réflexion, elle opta pour la deuxième option et retourna dans sa Salle Commune. En arrivant, elle alla immédiatement dans sa chambre pour lire, ayant besoin de se changer les idées.

000

« Tu cherches quelqu'un, Hermione? »

Ginny avait surpris Hermione le regard posé sur la table des Serpentard. Celle-ci s'empourpra légèrement et se tourna vers son amie.

« Non, j'avais le regard dans le vague. Répondit-elle simplement.

- Reviens un peu sur terre. J'ai besoin de parler d'autres choses que d'examens et optimals à avoir.

- Oui, c'est normal, excuse moi. Alors, de quoi veux-tu parler?

- De ta vie sentimentale. Dit-elle sournoisement.

- Pourquoi cela?

- Parce que tu es mon amie et que ça m'intéresse. »

A cet instant, elle croisa malencontreusement le regard de Drago Malefoy, qui continuait à la regarder sans relâche.

« Il ne se passe strictement rien dans ma vie sentimentale. Répondit Hermione sans quitter Drago des yeux.

- Pourtant, avec tous les rebondissements des événements récents, j'aurais pensé que c'était enfin plus clair.

- Mais non, rien n'est plus clair. J'en suis toujours à me demander si je suis, ou que j'ai vraiment déjà été, amoureuse de Blaise et qu'est ce que je dois faire avec Malefoy qui n'a pas l'air de savoir ce qu'il veut. Tu sais quoi? Finalement, je préférais quand j'étais désespérément seule et que personne ne s'intéressait à moi. Au moins, mes livres ne risquent pas de me rendre cinglée.

- Tu as cru que c'était tranquille et sans problèmes d'être amoureuse, ma Hermione? Ton livre moldu t'est un peu trop monté à la tête, je crois. »

Hermione fit une moue dubitative et recommença à manger, bien que l'appétit n'y était pas. Elle se demandait encore ce qu'était allé faire Blaise dans la Salle sur Demande, et surtout, pourquoi ça lui prenait autant de temps. Alors qu'elles entamaient le dessert, quelqu'un arriva dans la Grande Salle. Hermione se retourna et son cœur fit un raté lorsqu'elle vit Blaise s'avancer en traînant des pieds à la table des Serpentard. Il avait vraiment l'air... mal.

Dès qu'il s'assit, Drago passa à l'attaque et ne cessa de lui parler. Hermione, plus intriguée que jamais, jeta un sort informulé pour écouter toute leur conversation et fit mine de rien en dégustant sa tarte aux pommes. Avec le brouhaha ambiant de la Grande Salle, elle ne perçut que quelques mots.

« ... penses que... va marcher?

- J'espère, sinon le... très en colère.

- Tu es sûr que tu... besoin d'aide?

- ... déjà dit non! »

Surprise par la brutalité des paroles de Blaise, Hermione coupa le sort et termina de manger son dessert en silence. Elle suivit Ginny, Harry et Ron dans le silence le plus complet et ils retournèrent à leur Salle Commune. Elle prétexta une fatigue soudaine et monta immédiatement se coucher. Ce fut un sommeil sans rêves, du moins rêves dont elle ne se souvenait plus au réveil. Son premier cours de la journée était potions, avec les Serpentard de plus. Elle se prépara à la hâte et rejoignit Harry, Ron et Lavande qui l'attendaient dans la Salle Commune. Ils allèrent à pas tranquilles aux cachots.

Arrivés dans la salle, Lavande et Hermione s'installèrent à côté, tandis qu'Harry et Ron se plaçaient derrière elles. Hermione avait voulu se placer au premier rang, de façon à ne pas croiser le regard des autres Serpentard, qui la regardaient toujours mal depuis que Drago avait avoué être amoureux d'elle. Le professeur Slughorn fit une entrée fracassante, avec des tonnes de fioles dans les mains et tentant de garder un équilibre afin de ne pas tout faire tomber. Il aménagea les fioles côte à côte sur la table de pratiques et s'assit sans délicatesse derrière son bureau, affichant un grand sourire.

« Bonjour à tous et à toutes. Aujourd'hui, nous allons préparer de l'Amortentia! »

Des murmures surpris se propagèrent dans toute la salle. Slughorn ne se départit pas de son sourire et se leva, marchant les mains dans le dos dans la salle.

« Je comprend votre surprise. Il n'est pas au programme de sixième année de préparer ce philtre d'amour. En fait, il est au programme de septième année, essentiel pour vos ASPICS. Mais, comme nous avons terminé notre programme en avance, je pensais vous préparer à ce qui vous attend l'année prochaine, avec l'accord du professeur Dumbledore, évidemment. Ce philtre n'est pas le plus compliqué, mais pas le plus simple non plus. Aussi, je vous conseillerais d'être très attentif aux recommandations et aux instructions que je vais vous donner au tableau. Vous ferez ce philtre par deux. Et je vous conseillerais aussi de jeter un sort afin que votre odorat soit affaibli, auquel cas vous risqueriez de vite perdre l'esprit à cause de l'odeur influente du philtre. Sur ce, je vous souhaite bonne chance. »

Ron s'était précipité sur Lavande pour faire la manipulation avec elle, donc Harry et Hermione se retrouvèrent ensemble pour la préparation. Celle-ci fit un sourire narquois à son ami, qui ne pouvait pas compter sur l'aide du Prince cette fois-ci, comme la recette de la potion ne figurait pas dans leur manuel.

Slughorn inscrit de longues instructions au tableau, de nombreuses étapes que chacun et chacune tenta de suivre, alors qu'il ne cessait de déblatérer sur de possibles effets contraires des ingrédients si on appliquait pas correctement, etc... A la fin de ses instructions, il fit un grand sourire censé être encourageant à ses élèves et s'assit derrière son bureau, attendant un peu avant de faire un tour des tables. Harry, qui avait appris à compter sur l'aide du Prince, jeta une oeillade de chien battu à Hermione.

« Ne rêve pas Harry Potter, je ne ferai pas cette potion à ta place. Tu vas m'aider. Dit Hermione, mesquine.

- Mais tu sais bien que sans le Prince, je suis une larve en potions. Lui chuchota-t-il à l'oreille, implorant.

- C'est parce que tu ne fais aucun efforts. C'est l'occasion de montrer que tu es bien capable de faire tes preuves sans l'aide d'une personne qui a vécu avant toi.

- Le hic, c'est que je n'en suis pas capable, Hermione.

- Tu peux arrêter de te chercher des excuses et me passer la belladone? »

Harry soupira sans retenue et posa l'ingrédient dans la main de son amie. Elle fit ce petit sourire dont elle seule avait le secret et commença la potion, tandis qu'Harry lui passait les ingrédients et dictait les instructions. Alors qu'une demi-heure était déjà passée, Harry et Hermione inversèrent les rôles. Elle regarda son ami se débrouiller parfaitement, constatant avec plaisir qu'il n'avait nullement besoin de l'aide du Prince pour réussir brillamment la potion.

Elle tourna momentanément la tête, pensant qu'Harry se débrouillait très bien sans elle et regarda un peu autour d'elle, habitude qu'elle avait pris. Certains semblaient avoir des difficultés avec leur potion, tandis que d'autres y arrivaient plutôt bien. Elle constata néanmoins avec fierté qu'elle et Harry faisaient la meilleure potion. Chose que Slughorn confirma en passant près d'eux et en examinant leur chaudron.

« Tu vois, Harry, je te l'avais dit que tu n'avais pas besoin d'une tiers personne pour y arriver. Sourit Hermione. »

Elle fit un bisou sur la joue d'Harry, du genre qu'une mère fait à son fils et il en rit, continuant de préparer la potion. Pas loin, Drago qui travaillait avec Pansy avait vu la scène et roula des yeux.

« Quel idiot. Grommela-t-il.

- Tu es jaloux? Se hasarda Pansy, qui n'appréciait pas du tout le fait que son ami aime cette Granger.

- Jaloux de qui? De Potter? Tu te fous de moi, j'espère. Railla Drago.

- Pas jaloux de lui spécialement mais... du fait qu'il soit proche de Granger.

- Je n'en ai strictement rien à foutre.

- Mais enfin, tu... tu as avoué il n'y a pas longtemps que tu l'aimais.

- Et alors? Personne ne t'a dit que c'était peut-être un pari?

- Mais après, tu l'as embrassé. Je pensais...

- Tu penses trop, Parkinson. La coupa-t-il, las. Continue de t'occuper de la potion et oublie. »

Voyant qu'elle n'aurait pas plus d'informations, elle laissa tomber et se reconcentra sur la lecture des instructions. De leur côté, Harry et Hermione avaient presque achevé leur préparation, donc cette dernière entreprit de leur lancer un sort pour que leur odorat soit affaibli.

« Tu crois vraiment que c'est nécessaire? Demanda Harry, suspicieux.

- Si tu laisses trop l'arôme te monter à la tête, tu peux rapidement devenir fou, Harry. Alors oui, je suis sûre et certaine que c'est nécessaire. La potion est presque prête et c'est le meilleur moment pour nous jeter ce sort. Place toi face à moi. »

Ce ton autoritaire avait convaincu Harry et il se mit face à son amie, qui pointa sa baguette sur lui. Aussitôt, toutes les odeurs qu'il sentait alors dans la salle disparurent subitement. Il ne sentit plus rien. Il arrivait à respirer, mais plus à sentir.

« C'est très efficace. S'exclama Harry.

- Comme ça, tu ne seras pas tenté de plonger ta tête dans le chaudron. Allez, à mon tour maintenant. »

Elle pointa sa baguette sur elle-même, mais alors qu'elle allait prononcer le sort, elle fut interrompue par un bruit de métal qui tombe à terre. Tout le monde se retourna dans la direction d'où provenait le son et virent Lavande Brown complètement sonnée dans les bras de Ron. Leur chaudron de potion était à terre, ayant répandu tout le liquide sur le sol. Le professeur Slughorn accourut vers eux et regarda désastré le chaudron.

« Que s'est-il passé? S'exclama-t-il, regardant tour à tour Lavande et Ron.

- Notre potion était presque prête, j'allais lui lancer le sort de contre-odorat quand elle s'est mis à marmonner toute seule et à s'approcher du mélange. Si je ne l'avais pas rattrapé, elle aurait plongé sa tête dedans. Expliqua Ron.

- Vous ne vous y êtes pas pris à temps pour lancer le sort, Wannabe. Les vapeurs de la potion sont montées au cerveau de Miss Brown. Veuillez la faire sortir, qu'elle reprenne ses esprits. »

Le professeur avait eu peur, ça se voyait aux gouttes de sueur qui perlait sur son front et sa respiration saccadée. Ron, rouge de honte, prit sa petite amie dans les bras et ils sortirent doucement de la salle, sous les regards éberlués de tous les élèves. Lorsque la porte eut claqué, le professeur sembla redevenir lui même.

« Ce n'était rien. Un petit accident, qui arrive de temps à autre. Miss Brown va vite se remettre. Allez vous autre, continuez de préparer votre potion et j'ose espérer que vous avez tous lancé le sort de contre-odorat. »

Tout le monde approuva d'un hochement de tête. Hermione l'avait également fait, sauf qu'elle se rendit compte, affolée, qu'avec l'incident Lavande elle n'avait pas eu le temps de se jeter le sort! Elle tenta de contrôler la panique qui grondait en elle, et évita d'inspirer trop fort, pour ne pas sentir les odeurs. Harry, tout guilleret, continuait de préparer la potion.

Après quelques minutes, Hermione pensait avoir réussi à se maitriser. Jusqu'à ce que des odeurs d'herbe fraîchement coupée, de parchemin neuf et d'un autre qu'elle n'identifiait pas très bien arrive à ses narines. Elle se sentit submergée et elle ferma les yeux, humant ce délicieux parfum. Tous ses sens étaient en alerte, elle n'arrivait plus à formuler de pensées correctement. Elle n'entendait plus rien autour d'elle, jusqu'à ce qu'elle se fasse secouer.

« Hermione! Hurla quelqu'un. »

Elle revint alors à la réalité et vit Harry, qui la regardait comme si elle avait parlé Fourchelang.

« Qu'est ce qu'il t'est arrivé? S'inquiéta-t-il. Ça fait un moment que je te parle, tu ne m'entendais pas.

- Désolée, Harry je... Je ne me sens pas très bien. Avoua-t-elle faiblement. »

Il regarda tour à tour la potion qui bouillait dans le chaudron et son amie et en vint à une conclusion déplaisante.

« Hermione. Tu t'es bien jeté le sort du contre-odorat, n'est ce pas? Demanda Harry d'une voix posée.

- Je... n'en ai pas eu le temps. Il faut que je sorte, je commence à avoir mal à la tête.

- Ne bouge pas, je vais te jeter discrètement le sort, pour que Slug ne voit rien. Détends toi, pense à autre chose et laisse toi faire. »

Mais Hermione ne l'écoutait plus. Comme coupée du monde, elle s'avança lentement vers le chaudron, les odeurs lui montant au cerveau. Elle tentait d'identifier la troisième odeur, qu'elle ne tarda pas à reconnaître lorsqu'elle huma plus fortement. C'était un parfum. Un parfum d'homme. Le parfum de Drago Malefoy. Cette découverte ne l'étonna guère. L'Amortentia était une potion avec des odeurs différentes pour chacun selon ce qui l'attirait le plus. Hermione avait reconnu que le parfum que portait Drago sentait diablement bon. Pas étonnant qu'elle le sente dans la potion, alors.

« Hermione. Murmura Harry, la voix grinçante. Reviens ici tout de suite, que je te jette le sort.

- Ça sent bon... »

Il attrapa son amie par la taille et la tira doucement en arrière. Geste qui n'échappa pas au professeur Slughorn.

« Monsieur Potter, ce n'est pas le moment de flirter avec Miss Granger. Nous sommes en cours de potions. »

Lorsqu'ils entendirent cela, tous les élèves se retournèrent avec une mine surprise vers les concernés. Hermione, dans les vapes, ne sembla même pas l'avoir remarqué alors qu'Harry, lui, prit une grande teinte rouge pivoine sur la tête.

« Non Monsieur, je ne flirtais pas, je...

- Ne vous cherchez pas d'excuses, Potter. Vous avez seize ans, c'est tout à fait normal à votre âge. »

Slughorn fit un clin d'œil amusé à Harry, qui rougit de plus belle. Que penserait Ginny si elle venait à apprendre ça? Il reconcentra néanmoins son attention sur Hermione, qui continuait d'avancer comme un zombie vers la table. Il la prit par la main et la plaça face à lui, de sorte à la regarder dans les yeux.

« Écoute moi Hermione, tu n'es pas dans ton état normal. Ne bouge plus et laisse moi te jeter le sort de contre-odorat. »

Harry remarqua avec horreur qu'Hermione le dévorait du regard. Il fronça les sourcils.

« Hermione? Se hasarda-t-il. »

Ce regard de prédateur qu'elle lui lançait était légèrement flippant. Harry aurait mis sa main à couper que c'était l'effet de l'Amortentia. Cette potion était réellement dangereuse, alors. Même sans l'avoir bu, Hermione était sonnée. Avant que la situation ne dégénère, il se sépara d'elle.

« Monsieur! Hermione ne se sent pas bien. Puis-je l'amener à l'infirmerie? »

Il sentit alors deux bras l'enrouler et une voix sensuelle lui glisser à l'oreille:

« Salut, mon mignon. »

Il se raidit, reconnaissant la voix de son amie et se débattit discrètement pour se libérer des bras d'Hermione.

« C'est plutôt urgent. Ajouta-t-il à l'intention du professeur.

- Certainement, oui. Mais faites vite. Répondit Slughorn, intrigué par le comportement d'Hermione. »

Harry le remercia vivement et attrapa son amie par le main pour l'entraîner à l'extérieur de la salle. Une fois dans les couloirs, il se sentit soulagé. Slughorn les avait trouvé bizarre, mais n'avait pas vu qu'Hermione était sous l'emprise de la potion.

« Super. Bon, allez viens on va aller prendre l'air, ça va te faire du b... »

Il étouffa un cri de surprise lorsqu'il sentit deux mains prendre les siennes. Il se retrouva face à Hermione, qui affichait désormais une mine ahurie.

« Hermione? Tenta-t-il.

- J'ai l'impression d'être sur un petit nuage. Dit-elle, les yeux dans le vide.

- Si tu le dis. Allez, suis moi. »

Complètement à l'ouest, elle se laissa faire et suivit Harry, qui la tenait par la main. En chemin, il croisa Ron et Lavande, qui revenaient.

« Qu'est ce qu'elle a? Demanda Ron en pointant Hermione du regard.

- Elle n'a pas eu le temps de se lancer le contre-odorat et elle a senti de trop près la potion. Je l'emmène s'aérer un peu.

- D'accord.

- Et toi Lavande, ça va mieux? S'enquit Harry avec une voix de grand frère protecteur.

- Oui, ça va. Répondit la concernée. Ne t'en fais pas pour Hermione, plus vous allez vous éloigner de la salle, plus elle va retrouver ses esprits.

- Tu lui as bien lancé le sort, cette fois ci? Demanda Harry à Ron.

- Oui, c'est bon. Allez, à tout à l'heure. »

Harry salua le couple et continua d'avancer. Lavande avait raison: lorsqu'ils furent bien loin de la salle de classe, Hermione redescendit sur terre et afficha une mine affligée.

« Bon sang, je me suis vraiment comportée comme ça en plein cours? Quelle honte, oh non... S'horrifia-t-elle, cachant son visage dans ses mains.

- Ne t'en fais pas, personne n'a quasiment regardé. La rassura Harry, omettant l'intervention de Slughorn quand il l'avait prise dans ses bras pour l'éloigner de la potion.

- Bon, vas y lance moi le sort maintenant. »

Une fois que son odorat fut affaibli, ils retournèrent en cours et entrèrent, l'air de rien.

« Vous allez mieux, Miss? S'enquit le professeur, tous les regards tournés vers elle.

- Oui, beaucoup, merci. Répondit-elle tranquillement, soulagée de ne plus sentir l'Amortentia.

- Bien. J'ai constaté que vous aviez déjà terminé votre potion, vous pouvez vous assoir et attendre les retardataires. »

Ils s'exécutèrent et Harry fut contraint de lui raconter le passage gênant de tout à l'heure, au cas où on vienne lui en parler. Elle écarquilla les yeux.

« Et qu'est ce qu'il t'a pris de me prendre dans tes bras?

- Je te l'ai dit, parce que tu t'approchais trop de la potion. J'avais peur que tu fasses comme Lavande et te mette en tête de plonger la tête dedans.

- Super, maintenant tout le monde va croire qu'on veut sortir ensemble! Râla Hermione, les bras sur la poitrine.

- Il n'y a qu'à démentir. De toute façon, ça ne va pas être compliqué, je sors avec Ginny. Je n'ai qu'à montrer devant tout le monde que je suis vraiment amoureux d'elle et l'affaire sera étouffée dans l'œuf.

- Oui mais moi? Je vais passer pour la fille qui est désespérément amoureuse de son meilleur ami en secret, et Ginny va me détester!

- Il ne te reste plus qu'à te trouver un copain, toi aussi.

- Brillante idée, Harry. Tu n'as qu'à faire passer une audition, mais je ne pense pas qu'il y aura foule!

- Moi, je pense que si, au contraire. »

Le sourire narquois de son ami la laissa pantoise. Elle suivit son regard, qui se porta d'abord sur Blaise, ensuite sur Drago. Mais surtout sur Drago.

« N'y penses même pas. Le prévint Hermione.

- Mais enfin Mione, il est le candidat idéal! Bon, j'avoue que l'idée que tu sortes avec ce crétin fini ne m'enchante pas du tout, mais si tu veux faire taire les rumeurs qui ne vont pas tarder à se propager, c'est la meilleure solution.

- Mais enfin, pourquoi d'un coup, j'irais sortir avec Malefoy? Ça ferait suspect.

- Ben non, justement. Il a bien avoué vendredi soir devant tous les élèves de sixième année qu'il était amoureux de toi, non? Dans ce cas, continua-t-il après qu'Hermione ait hoché la tête, ça ne serait pas suspect. Ça voudra juste dire que suite à cette révélation, vous sortez ensemble et c'est tout.

- Mais les choses ne sont pas aussi faciles que ça, Harry. »

Elle pensait naturellement au baiser de Ron, et du fait que Drago soit au courant et vraiment en pétard, mais bien sûr elle n'en parla pas.

« Bon eh bien, prépare toi à endosser la cape de la meilleure amie amoureuse. Et crois moi, c'est pas une partie de plaisir. »

Hermione ronchonna, mais dut admettre que Harry avait raison. Si elle ne voulait pas que les rumeurs courent à son sujet, il fallait qu'elle sorte avec quelqu'un et au plus vite. Drago aurait en effet été le "candidat" parfait. Mais après ce qu'il avait entendu, qui disait qu'il voudrait encore d'elle?

...

Finished! J'espère que ce chapitre vous a plu.

L'épisode "Ron" aura perturbé l'histoire qui aurait pu commencer entre nos deux jeunes gens, et le comportement de plus en plus étrange de Blaise... Que va-t-il advenir par la suite? Ahah.

Morgane.