Chapitre 19: Une attaque imprévue.

Ginny sortit de son dernier examen, le sourire aux lèvres. Hermione et Lavande étaient venues l'attendre, rejointes peu après par Harry. Elle se jeta dans les bras de son petit ami et soupira.

« C'est enfin fini. Je n'en voyais plus la fin!

- Tu penses avoir réussi? S'enquit Lavande.

- Il y a intérêt! Vu le temps que j'ai planché là dessus. Mais je pense que oui.

- Tant mieux! On fêtera ça avec une bonne Biéraubeurre aux Trois Balais, ce soir.

- Avec grand plaisir! Approuva Ginny. »

Les filles laissèrent Ginny seule avec Harry. Ils avaient vraiment envie d'être tous les deux, vu qu'ils n'avaient pas pu rester souvent ensemble à cause des révisions de Ginny. Lavande et Hermione allèrent donc s'assoir dans la cour de Poudlard. Elles restèrent silencieuses au début, mais Lavande brisa rapidement le silence.

« Et l'année prochaine, ce sera notre dernière dans le château. Ça te fait pas bizarre, toi? De savoir qu'on va faire notre dernière rentrée à Poudlard?

- Si, ça me fait plutôt bizarre, j'avoue. »

Elles discutèrent un moment de cela lorsque soudain, une détonation plutôt féroce se fit entendre. Les deux filles sursautèrent et se redressèrent brusquement. Elles virent alors une masse d'élèves surgir de plusieurs couloirs et courir vers elles. Lavande se tourna vers Hermione, paniquée.

« Tu as ta baguette? Lui demanda-t-elle, presque en criant.

- Elle ne me quitte jamais. Répondit simplement Hermione, en brandissant sa baguette devant elle. Mets toi derrière moi. »

Lavande ne se fit pas prier et se plaça derrière Hermione, tremblante de peur. De plus en plus d'élèves sortaient des couloirs et bientôt, il n'y avait plus un chat. Sur ses gardes, Hermione se cramponnait à sa baguette, à l'affut du moindre bruit traitre. C'est alors qu'elle vit deux silhouettes noires sortir également. Elle reconnut la première et protégea un peu plus Lavande à cette vue. La première silhouette éclata d'un rire funeste et s'avança en trainant des pieds jusqu'à Hermione et Lavande.

« Tiens! Qui vois-je? La petite Sang-de-Bourbe amie de Pottidiot. S'exclama-t-elle, en riant à nouveau.

- Ne vous approchez pas de nous. Grinça Hermione, d'un ton qu'elle aurait voulu menaçant mais qui trahissait son stresse. »

La personne tourna autour des filles. Lavande ne bougeait plus, trop terrorisée pour faire le moindre mouvement. Hermione ne fléchissait pas et agrippait avec conviction sa baguette.

« Tu n'as pas tellement grandi depuis l'année dernière. Néanmoins, tu as l'air encore plus courageuse. »

Elle attrapa des mèches de cheveux d'Hermione, qui serra les dents.

« Qu'est ce que vous voulez? Lança durement Hermione.

- Moi? Je ne veux rien. C'est le Seigneur des Ténébres qui veut quelque chose. Et c'est d'ailleurs ton cher ami Blaise qui va le lui apporter. »

Hermione déglutit difficilement à l'entente de ce nom.

« Qu'est ce que ça veut dire?

- Mais enfin ma chérie! S'exclama Bellatrix. Ton Blaisounet est un Mangemort! Redescends sur Terre! S'il est encore à Poudlard depuis qu'il a la Marque, c'est uniquement pour assouvir les souhaits de notre bien aimé Seigneur.

- Laisse tomber Bella. Dit alors l'autre personne présente. Allons plutôt rejoindre nos forces, nous étions juste là pour faire fuir tout le monde.

- Hmm... Oui, t'as raison. Grommela Bellatrix, apparemment à contre cœur. »

Elle lança un dernier regard meurtrier à Hermione et commença à se retirer avec le Mangemort qu'Hermione avait reconnu comme Antonin Dolohov. Peu confiante, elle les suivit du regard, Lavande toujours pétrifiée derrière elle. L'instinct d'Hermione ne la trompa pas, car au moment où elle s'y attendait le moins, Bellatrix se retourna brusquement vers elles, avec le sourire le plus mauvais qu'elle n'avait jamais vu.

« Avada Kedav...

- Protego! Cria Hermione sans réfléchir. »

Le sort de mort percuta de plein fouet celui d'Hermione, les annulant ainsi tous les deux. Bellatrix parut en colère, mais n'eut pas le temps de répliquer, tirée en avant par Dolohov. Une fois les Mangemorts éloignés, Hermione se sentit respirer de nouveau et se tourna vers Lavande, qui était aussi pâle qu'un linge.

« Est ce que ça va? Lui demanda Hermione.

- Ça va. Répondit Lavande d'une voix éteinte. Où est Ron? »

Elle paraissait désormais énormément paniquée, ce qui ne calma pas Hermione. Elle s'inquiétait: où étaient donc tous ses amis? Mais une chose en particulier tournait dans sa tête: où était Drago? Elle attrapa alors la main de Lavande et elles se ruèrent là où tous les autres élèves étaient passés quelques minutes auparavant. Elle vit alors une foule massive rassemblée. Elle se rapprocha, la main de Lavande toujours dans la sienne. Elle soupira alors violemment lorsqu'elle vit deux chevelures rousses plus loin. Elle accourut vers eux et se jeta sur Ginny.

« Mon Dieu, j'ai eu tellement peur qu'il vous soit arrivé quelque chose. Dit Hermione, la voix brisée.

- On a eu encore plus peur pour vous! S'exclama alors Ginny, enlaçant Lavande qui venait de se jeter sur Ron. Où étiez-vous?

- Dans la cour, on discutait quand on les a tous vu se précipiter dehors et... »

Mais elle se coupa dans son récit quand elle vit son meilleur ami Harry accroupi au sol, plus loin. Tout le monde formait un cercle élargi autour de lui. Hermione, intriguée, regarda plus attentivement. Elle retint un cri lorsqu'elle remarqua que son ami était effondré sur un corps. Elle se tourna vers Ginny, des tas de questions pendues à ses lèvres. Ginny, les larmes aux yeux, lui dit simplement:

« Dumbledore. »

En entendant cela, le cœur d'Hermione se noua. Comment était-ce possible? Dumbledore? Le sorcier le plus puissant de leur génération était... mort? Impossible. Ce n'était tout simplement pas envisageable. Ginny se précipita sur Harry et le serra fort contre lui. Il avait l'air détruit. Hermione, aveuglée par les larmes qui affluaient dans ses yeux, regarda au loin et aperçut une tête blonde, qui semblait tout aussi horrifiée que tout le monde. Elle ne vit pas Blaise. Si Bellatrix avait dit vrai, alors il avait du s'enfuir avec tous les autres Mangemort. Mais Hermione ne savait pas de quelle mission avait-il été chargé. Elle regarda alors à nouveau Dumbledore, et une idée lui traversa l'esprit. Elle espérait se tromper.

Elle sursauta lorsqu'elle sentit une main dans la sienne. Elle tourna la tête et reconnut Seamus. Totalement bouleversée, la présence de celui-ci la rassura étrangement, et elle se jeta dans ses bras, avec besoin de réconfort. Il passa ses bras autour de la taille de la jeune femme et la laissa pleurer en paix. Chaque personne présente semblait horriblement affligée. Quelques unes pleuraient, encore sous le choc de la vision de leur directeur décédé, tandis que d'autres avait encore la main sur la bouche, choqués. Les professeurs, en tête de tout le monde, levèrent alors leur baguette au ciel, en signe de respect. Tous les élèves firent de même, pour rendre une dernier hommage à leur directeur. Hermione s'éloigna de Seamus et leva sa baguette en l'air. Celui-ci en fit de même. Pourtant, ils ne s'étaient pas lâché la main.

000

Le Poudlard Express arriverait en début d'après-midi. Les valises des élèves étaient prêtes et se trouvaient déjà dans le grand couloir. Ils prenaient leur dernier repas de l'année dans la Grande Salle. Mais l'ambiance n'était pas comme d'habitude. La mort de Dumbledore remontant à seulement deux jours, personne ne s'en était encore remis. Le déjeuner se fit donc dans un silence total. Une fois fait, les professeurs saluèrent les élèves, avec un sourire qu'ils voulurent convaincants mais qui ne leurra personne.

Une fois dans le train, chacun put plonger dans ses pensées. Harry, Ron, Hermione, Lavande, Ginny et Seamus se mirent dans le même compartiment. Ron essaya de détendre l'atmosphère avec quelques vannes, qui firent à peine sourire ses amis. Il finit par laisser tomber. Après quelques heures de train, Seamus se leva pour aller un peu avec Dean. Il embrassa Hermione sur la joue et sortit. Lavande le suivit, afin d'aller voir sa meilleure amie Parvati par la même occasion. Le trio se retrouva donc seul, avec Ginny endormie dans les bras de Harry. Celui-ci ferma la porte du compartiment une fois Lavande sortie et regarda Ron et Hermione d'un air grave.

« Je vais terminer ce que Dumbledore a commencé. Dit-il alors.

- Comment ça, tu... tu vas te lancer à la chasse aux Horcruxes? S'étonna Ron. Mais enfin Harry, tu n'as aucune idée d'où les trouver, à quoi ils ressemblent. Ce serait comme chercher une aiguille dans une meule de foin.

- J'ai pris ma décision, Ron. Je sais que je pars de rien, mais je tiens vraiment à trouver tous ces Horcruxes. Ils sont la clé pour détruire Voldemort et je ne reculerai devant rien.

- Et ma sœur? Tu as pensé à elle? Tu crois vraiment qu'elle va te laisser partir pour trouver des fragments de l'âme de Tu-Sais-Qui? Elle va psychoter en disant que tu vas y laisser ta peau et autre.

- Elle comprendra. Souffla Harry, en caressant les cheveux de Ginny, toujours endormie dans ses bras. »

Ron et Hermione s'échangèrent un regard, peu sûrs. Le plan de Harry avait l'air vraiment bancal.

« Tu ne comptes pas y aller tout seul, rassure moi? Demanda alors Hermione.

- Bien sûr que si. C'est à moi de m'en occuper.

- Après toutes ces années Harry, tu continues à être borné. Dit Hermione en souriant faiblement. Tu as vraiment cru qu'on allait te laisser faire ça tout seul? Et puis, ne rêve pas: les Horcruxes ne vont pas te tomber dans les bras. Tu ne t'en sortiras pas tout seul.

- Vous ne pensez quand même pas... Souffla Harry.

- Oh que si, on le pense. S'exclama Ron. On va venir avec toi. Tu ne vas pas te débarrasser de nous comme ça. »

Harry voulut contredire ses deux meilleurs amis, leur dire que c'était beaucoup trop dangereux, mais la témérité et l'obstination qu'il lut dans leurs regards l'en dissuada. Il se contenta alors de sourire, ce qu'ils lui retournèrent. Comme depuis toujours, ils sortiraient de ce cauchemar ensemble.

Six mois plus tard.

Avec toujours une extrême prudence, Hermione sortit de chez elle afin d'aller s'approvisionner en nourriture. Elle savait que les supermarchés Moldus ne seraient pas les plus aptes à être attaqués mais elle restait tout de même vigilante. Une heure plus tard, elle rentra dans sa maison vide, des paquets de course dans les bras. Elle exerça les quelques sorts de protection habituels autour de sa maison et rangea tout ce qu'elle venait d'acheter. Une fois fait, elle alla s'assoir dans son canapé et fixa l'écran de télé noir d'un air absent. Nous étions le vingt-deux décembre, et Hermione Granger était toujours aussi seule qu'il y a deux mois, quand elle était retournée dans sa maison vide.

En effet, elle était partie à la recherche des Horcruxes avec Harry et Ron, mais suite à un moment dangereux, Harry avait insisté pour que Ron et Hermione retournent chez eux. Ils n'avaient pas pliés, jusqu'à ce qu'Hermione manque de se faire tuer par des Rafleurs. A ce moment, Harry ne lui avait pas laissé le choix et l'avait transplané . Elle n'avait jamais pu les retrouver, et elle s'était promis que le jour où elle les retrouverait, ils ne s'en sortiraient pas comme ça.

Elle alluma alors la télévision et regarda d'un air absent un feuilleton Moldu populaire. Elle n'avait pas la tête à regarder des séries comiques, mais au moins ça lui changeait les idées le temps de quarante minutes. Elle sursauta violemment lorsqu'elle entendit quelqu'un toquer. Elle éteignit toutes les lumières et s'avança prudemment à l'entrée. On lui chuchota alors "Lavande Brown. Ton livre préféré est Les Contes de Beedles le Barde". Hermione respira de nouveau et ouvrit sa porte. Son amie Lavande se trouvait sur le seuil et elle entra rapidement. Hermione ferma tout aussi rapidement la porte et enlaça son amie.

« Tu es venue toute seule? Demanda Hermione, s'asseyant sur le canapé avec son amie.

- Oui. J'avais proposé à Ginny de venir avec moi, mais sa mère n'a pas voulu.

- Pourquoi? S'étonna Hermione, en allant préparer deux cafés.

- Mrs Weasley ne laisse plus sortir ses enfants tout seul, et encore moins Ginny. C'est la plus jeune et en plus, c'est une fille. Tu sais comment sont les parents à ce niveau là.

- C'est vrai. Et toi, tes parents n'ont rien dit?

- Oh, j'ai fait des pieds et des mains pour venir, crois moi. Ça n'a pas été facile, mais j'ai convaincu ma mère en jouant la carte de la prudence et de la rapidité. C'est pour ça que je ne vais pas rester plus d'une heure, ma Hermy désolée. »

Hermione haussa les épaules et revint s'assoir près de Lavande, lui tendant une tasse de café qu'elle accepta avec plaisir. Elle en but une gorgée et posa la tasse sur la table basse face à elles.

« Tu es sûre que tu ne veux pas venir à la maison? Ma mère dit que ça ne pose vraiment aucun problèmes. Tu peux rester autant de temps que tu le voudras, notre chambre d'amis est toujours inoccupée.

- C'est vraiment gentil de ta part et de celle de tes parents Lav, mais je vous mettrai en danger en venant chez vous. N'oublie pas que je suis une Née Moldue et que je suis recherchée pour être jugée au Ministère de la Magie.

- Mais c'est bientôt Noël! Tu ne vas pas le passer toute seule dans ta petite maison vide. Tu serais tellement mieux autour d'un bon repas avec nous.

- Non, ce serait trop dangereux.

- On saura te protéger. Et puis, si ça t'inquiète vraiment trop, on ira au Square Grimmaud avec les membres de l'Ordre et nos amis. »

Hermione soupira face à l'entêtement de Lavande. Mais lorsqu'elle croisa le regard suppliant de son amie, elle céda.

« D'accord. Je veux bien passer le réveillon avec vous tous, mais alors au Square Grimmaud comme tu dis et je ne resterai pas plus d'une journée.

- Super! S'exclama Lavande en enlaçant son amie. Ça ne fera de mal à personne de passer un peu de temps ensemble. En essayant d'oublier les temps durs. »

Il y eut un silence durant lequel on entendait juste la télé en fond et les gorgées de café que buvaient les deux jeunes femmes.

« Tu manques beaucoup à Seamus, tu sais. Finit par dire Lavande. »

Hermione ne répondit pas, buvant à nouveau une gorgée de café. Elle n'aurait jamais cru rester avec lui après Poudlard, étant donné qu'elle était sortie avec lui pour taire les ragots sur sa possible relation avec Harry. Mais il s'était avéré qu'elle appréciait énormément le jeune homme. Elle n'avait pas de sentiments, non, mais elle était étrangement calme et apaisée lorsqu'il était avec elle, et c'était le seul, en dehors de Harry et Ron, à savoir véritablement la rassurer. Voilà pourquoi elle était toujours en couple avec lui, six mois plus tard.

Quant à lui, il avait avoué à Hermione pendant le mariage de Bill et Fleur que s'il avait accepté de sortir avec elle, c'était pour rendre jaloux une fille de Serdaigle pour qui il avait le béguin. Il avait avoué s'être senti horriblement minable de faire ça, mais Hermione lui avait souri et lui avait dit pourquoi elle voulait sortir avec lui. Il avait alors ri et, pensant qu'ils étaient quittes, étaient tout de même restés ensemble. Ils ne seraient jamais comme un vrai couple, mais ils étaient tellement rassurés de la présence de l'autre à leurs côtés qu'ils ne voulaient pas gâcher cela.

Hermione revint sur Terre et demanda à Lavande des nouvelles de tous les autres. De tous ses amis qu'elle n'avait pas vu depuis leur dernière réunion, qui remontait maintenant à un mois. Ça faisait déjà deux mois qu'elle était revenue chez elle de force. Lavande s'excusa et partit en tout hâte, avant la tombée de la nuit. Elle serra son amie très fort contre elle et Hermione ferma la porte derrière elle. De nouveau seule, Hermione se prépara son dîner et augmenta le son de la télévision, pour avoir comme une sorte de présence avec elle. Elle mangea dans le silence.

000

Un vacarme assourdissant réveilla Hermione. La main sur son cœur affolé, elle regarda l'heure: quel était donc ce bruit survenu au beau milieu de la nuit? Elle attrapa maladroitement sa baguette et, le souffle court, sortit de sa chambre. Le bruit venait d'en bas, de son salon pour être exact. Tâchant de contrôler la panique grondante en elle, elle descendit discrètement les escaliers, prête à bondir sur le premier être indésirable présent chez elle.

Longeant le mur, elle put apercevoir une silhouette dans son salon. Aux aguets, elle continua à avancer sans faire le moindre bruit et, une fois près du parasite, brandit sa baguette. La personne sortit également la sienne et Hermione toucha brutalement l'interrupteur, afin de voir en face de qui elle se trouvait. Le bourdonnement qui résonnait à ses tympans se calma lorsqu'elle reconnut Drago.

« Bon sang Malefoy mais qu'est ce que tu fiches ici? Tu m'as fichu une de ces trouilles! S'exclama Hermione, mais sans abaisser sans baguette.

- Je vois ça. Railla-t-il, rangeant sa baguette dans sa poche. Excuse moi, mais je pensais pas que cette maison était habitée. Tes sorts fonctionnent très bien, en tout cas. On aurait dit qu'il n'y avait pas âme qui vive.

- Mais que fais-tu chez moi, à la fin? Explosa Hermione, à bout de nerfs.

- Je cherchais un endroit où domiciler quelques jours. Et tu peux baisser ta baguette maintenant, c'est bon je ne vais pas t'attaquer! »

Il paraissait vexé qu'elle soit si méfiante en sa présence. Non sans un regard suspicieux, Hermione rangea lentement sa baguette.

« Je ne fais confiance qu'à une poignée de gens, ces temps-ci. Dit-elle simplement.

- Comme tout le monde, en fait. Tu permets que j'emprunte tes toilettes? »

Hermione acquiesça et lui montra où aller. Une fois qu'elle fut de nouveau seule, elle évalua la situation. Drago Malefoy, qu'elle n'avait pas vu depuis des mois, venait d'entrer chez elle. A cette pensée, son cœur s'enflamma dans sa poitrine. Elle tenta de se maitriser et attendit qu'il revienne pour lui poser des questions. Une minute plus tard, il revint. Elle s'était assise dans sa cuisine. Il examinait les lieux autour de lui.

« C'est bien une maison de Moldu, ça. Fit-il remarquer avec un sourire mesquin avant de s'assoir.

- Comment es-tu entré chez moi? Demanda-t-elle, sans relever ce qu'il venait de dire.

- En crochetant la serrure, pardi. Ça n'a pas été très facile, je te l'accorde, mais j'ai fini par réussir. Tu devrais peaufiner tes sorts de protection. Je ne critique rien, bien sûr, se rattrapa-t-il après le regard noir d'Hermione, mais je conseille.

- Et pourquoi tu voulais rentrer chez moi?

- Les Mangemorts me cherchent. Ils veulent me recruter dans leurs rangs. Mais moi, je n'en ai vraiment pas envie. Quand je vois ce qu'est devenu Blaise, ça ne fait que m'encourager à prendre la fuite au plus loin. »

En entendant le nom de Blaise, Hermione sentit un poids sur son estomac.

« Comment va-t-il? Demanda-t-elle.

- Comment il va? S'exclama Drago. Mais enfin, à ton avis, comment peut-il aller après avoir vu Dumbledore se faire tuer sous ses yeux par Rogue et s'être fait lourdement punir par Tu-Sais-Qui? Il n'est plus le même que celui que tu as connu à Poudlard. C'est devenu une véritable machine à tuer.

- C'est quand, la dernière fois que tu l'as vu?

- Il y a plusieurs semaines, pas loin des côtes irlandaises. On dirait que le guignol sans nez cherche à élargir ses terrains d'attaque.

- C'est flippant. Souffla Hermione.

- Je n'aurais pas pu dire mieux. Approuva Drago. »

Il y eut un silence pendant lequel Drago détailla la jeune femme. Son visage avait perdu de ses couleurs et elle semblait réellement fatiguée. Mais elle était pourtant toujours aussi belle. Elle remarqua qu'il la dévisageait et rougit légèrement.

« Quoi? S'étonna-t-elle.

- J'ai beaucoup pensé à toi ces derniers temps. »

Elle baissa les yeux et rougit de plus belle. Il sourit à cette vision. Au moins, elle était toujours sensible à ce qu'il disait.

« Bon, et si tu me montrais la chambre d'amis? S'exclama alors Drago, en se levant.

- Ah, parce que même en sachant que la maison est habitée, tu comptes tout de même parasiter? S'étonna Hermione.

- Ça ne change absolument rien que tu sois là. Au contraire, ça m'arrange: on ne sera pas trop de deux sorciers, si jamais on se fait attaquer.

- Mais enfin, je suis une Née Moldue! Je suis recherchée, tu t'exposes encore plus au danger en restant avec moi.

- Rien à foutre, je suis crevé, j'ai vadrouillé toute la journée et j'ai juste envie de pieuter, là. On réfléchira à tout ça demain. Bon, tu me la montres cette chambre d'amis? »

Hermione le regarda avec des yeux ronds, interloquée. Néanmoins, elle soupira et le pria de le suivre. Ils montèrent à l'étage et elle lui indiqua une pièce.

« La voilà, ta chambre d'amis. Elle n'a pas été utilisée depuis au moins deux ans, donc il n'y aura pas de traces de moldus, au cas où ça te répugne.

- Ça conviendra, merci beaucoup Granger. »

Il entra dans la chambre et s'allongea sur le lit. Il soupira de contentement et ferma les yeux. Hermione le regarda un instant, pensant qu'il était toujours aussi beau. Se sentant voyeuse, elle détourna le regard.

« Je retourne me coucher, je suis aussi exténuée que toi. Bonne nuit. Dit-elle alors, gênée. »

Elle s'attendait à une réponse mais non. Elle le regarda de nouveau et fut étonnée de le voir endormi. Il devait réellement être fatigué, alors. Elle sourit face à cette vision. Il avait l'air si doux et innocent quand il dormait. Elle éteignit la lumière, ferma doucement la porte et retourna se coucher. Pour une fois, elle s'endormit rapidement et avec une impression de sûreté. Car pour la première fois depuis deux mois, elle n'était pas toute seule en insécurité.

000

Aux alentours de neuf heures, Hermione s'extirpa lentement d'un bon sommeil et se leva doucement. Elle passa devant la chambre où dormait Drago. Elle était toujours fermée. Il était toujours en train de dormir. Ça ne l'étonna pas, il avait réellement l'air fatigué cette nuit quand il était entré chez elle. Elle descendit sans bruit les escaliers et se prépara un bon petit déjeuner. Une fois l'estomac remplit, elle remonta toujours sans bruit à l'étage pour prendre une douche. Elle ne pensa pas à verrouiller la porte, comme elle avait toujours été seule pendant deux mois, elle avait pris l'habitude de ne pas être importunée. Elle enleva son pyjama et fit couler l'eau. Elle entra dans la douche et tira le rideau derrière elle. Elle se lava tranquillement, l'eau chaude coulant sur sa peau lui faisant le plus grand bien.

Après quelques minutes, alors qu'elle se lavait les cheveux, elle coupa l'eau afin de l'économiser et étala bien le shampoing dans sa chevelure. Elle se pétrifia lorsqu'elle entendit des cliquetis provenant d'à côté. Elle tira lentement le rideau et étouffa un cri lorsqu'elle vit Drago devant le lavabo, en train de se laver les dents.

« Mais qu'est ce que tu fais là? S'insurgea-t-elle, serrant le rideau contre son corps nu.

- Je suis venu me faire un brin de toilettes. J'attendais que tu sortes de la douche pour prendre la mienne. Répondit-il nonchalamment,

- Un léger détail ne t'aurait pas échappé, par hasard? »

Il tourna machinalement la tête vers elle, haussant les épaules penaud. Elle leva les yeux au ciel et se montra du doigt.

« Je suis nue comme un vers! Ça t'aurait fait quoi d'attendre encore quelques minutes?

- Oh ça va, je t'ai déjà vu sans tes fringues, calme toi.

- Je veux que tu sortes. Dit-elle d'une voix posée.

- D'accord mais fais vite, ou je serai obligé de te rejoindre dans la douche. »

Elle lui lança de l'eau dessus, et il se contenta d'exploser de rire en fermant la porte. Frustrée, elle refit couler l'eau et se rinça les cheveux. Elle sortit, en vérifiant avant si la salle de bains était bien vide et s'habilla à la hâte. Elle sécha rapidement ses cheveux et sortit de la salle de bains. Elle passa devant la chambre de Drago, qui était en train de ranger des vêtements dans le placard.

« Ah, enfin! S'exclama-t-il en la voyant. »

Il sortit de la chambre et se rua dans la salle de bains. Elle entendit le verrou, et alla reposer son pyjama dans sa chambre. Elle descendit au rez-de-chaussée et comme elle avait l'habitude de faire, s'installa sur le canapé avec une tasse de café, en regardant une série idiote. Quelques minutes plus tard, elle fut rejoint par Drago, qui était simplement en jean, le torse nu et sans chaussettes. Il avait les cheveux mouillés et en bataille. Lorsqu'il s'assit près d'elle, elle tenta de cacher le rouge qui lui était monté aux joues.

« C'est quoi, ça? Demanda-t-il en désignant la télé du doigt.

- Une télévision. Répondit Hermione.

- Et ça sert à quoi?

- A tuer le temps.

- Ne me dis pas que tu as passé les derniers mois scotchée à cette boite parlante!

- Tu voulais que je fasse quoi d'autres? Si je mets les pieds dans le monde sorcier, je me fais attrapée avant d'avoir pu dire "Quidditch".

- Mais tu ne sortais même pas côté moldu? S'effara-t-il.

- J'avais trop peur. Avoua-t-elle à mi voix.

- Bon eh bien maintenant que je suis là, tu n'as plus à avoir peur! S'exclama-t-il, en se levant.

- Tu es aussi recherché, pauvre crétin. Rassis toi et attends que la journée passe.

- Je ne vais pas rester assis comme un débile toute la journée! Mais viens, il n'y a pas de sorciers du côté moldu. Et puis, de toute façon, on ne vas pas nous reconnaître! Si on ne fait pas usage de la magie, on passera pour de simples moldus. »

Il tendit sa main à Hermione, qui le couva d'un regard exaspéré.

« Tu as des tendances suicidaires, ces derniers temps? Railla-t-elle.

- Je veux juste te changer les idées. Tu as quoi à y perdre?

- La vie, rien de plus.

- Ce que tu peux être bornée, c'est énervant! Allez quoi, te fais pas prier. Tu vas finir par te laisser mourir toute seule en restant ici. »

Elle soupira d'exaspération, mais finit néanmoins par accepter la main qu'il lui tendait. Une fois qu'elle avait posé sa main dans la sienne, Drago la tira subitement pour la remettre debout, si subitement qu'elle faillit les faire tomber à la renverse. Il avait empêché la chute et désormais, ils étaient si près l'un de l'autre qu'elle pouvait sentir son souffle dans son cou. Ils se regardaient intensément, sans faire le moindre mouvement. Le cœur d'Hermione s'emballa si vivement qu'elle cru qu'il allait bondir de sa poitrine. Elle détacha difficilement son regard de Drago et baissa les yeux au sol, reculant quelque peu.

« Il fait froid dehors, je vais aller m'habiller plus chaudement. »

Sans un autre regard, elle s'échappa de cette emprise et grimpa les escaliers deux à deux. Une fois dans sa chambre, elle ferma la porte et s'appuya contre celle-ci, confuse. Après tout ce temps, elle aurait cru que les sentiments qu'elle éprouvait pour Drago se serait étouffés. Il lui était arrivé de penser à lui, très souvent même, de se demander ce qu'il devenait, s'il était sauf ou en danger de mort. Mais elle n'aurait jamais pensé que les émotions qu'elle ressentait face à lui seraient encore plus fortes six mois après. Elle s'habilla, tâchant de se calmer et sortit de sa chambre. Drago était en bas et l'attendait. Il avait encore les cheveux mouillés, et Hermione ne pouvait s'empêcher de le trouver sexy ainsi. Lorsqu'il la vit, il sourit.

« T'en as mis, du temps. Bon, tu viens? »

Elle s'approcha timidement de lui et ils sortirent de la maison. Elle lança de nouveau des sorts de protection pour éviter qu'un visiteur indésiré entre chez elle. Enfin, emmitouflés dans leurs manteaux, bonnets et écharpes, ils avancèrent dans le froid de l'hiver. Hermione entreprit de lui poser des questions sur ce qu'il avait fait ces derniers mois, mais il lui dit qu'il valait mieux qu'ils ne parlent pas de ça, au risque de se faire démasquer s'il y avait des sorciers dans les parages. Elle lui expliqua alors tout sur le monde des Moldus. Il semblait fasciné: il n'avait jamais vu les Moldus de cette façon. Lorsqu'elle lui parla des boîtes de nuit, il parut très intéressé.

« Il y en a dans cette ville? Demanda-t-il, avec un sourire.

- Il est hors de question que tu ailles en boîte, Malefoy! S'exclama Hermione.

- Pourquoi pas? D'après ce que tu me dis, ça a l'air bien: on danse toute la nuit sur de la musique, on boit, on rencontre des filles. C'est l'endroit rêvé pour moi!

- Oui, mais c'est aussi un endroit où tu peux te faire casser la gueule, faire des conneries et... et... Il faut être majeur pour pouvoir y aller! Donc, tu ne pourras pas.

- J'ensorcelle le videur, y'a pas de problèmes.

- Mais non, ne compte pas sur moi pour t'emmener en boîte!

- Je rêve ou tu es jalouse, Granger? »

Entendre cela lui fit ravaler tous ses mots. Elle détourna la tête et cacha ses joues rougies.

« Non, je ne suis pas jalouse. Répondit-elle.

- Et tu as cru que j'allais te croire, en plus. Dit-il en ricanant. Tu as parfaitement le droit d'être jalouse, ce n'est pas interdit. Je trouve même ça très mignon.

- Mais je ne le suis pas. Riposta-t-elle. »

Il ne répondit rien et continua d'avancer. Hermione ne s'en plaignit pas. Las de marcher, ils s'assirent sur le premier banc qu'ils virent et Drago finit par poser la question qui le taraudait depuis qu'il avait revu Hermione.

« Tu sors toujours avec Finnigan?

- Oui, Drago. Répondit Hermione, sans le regarder.

- Évidemment, ça aurait été trop simple. »

Ne comprenant pas cette phrase, Hermione décida de ne pas répondre et de profiter de l'air frais du dehors. Comme elle n'avait pas beaucoup eu l'occasion de sortir ces dernières semaines, sentir le vent froid sur son visage lui fit un bien fou. Elle ferma les yeux et inspira lentement. En fin d'après-midi, ils rentrèrent chez Hermione. Une fois vérifié que la maison était bien vide, Hermione jeta les habituels sorts de protection, cette fois aidée par Drago. Tandis que celui-ci s'installait dans le canapé pour regarder la télé, Hermione alla préparer le diner. Elle avait opté pour une simple ratatouille.

Il était dix-neuf heures lorsqu'elle sortit le plat du four pour le laisser refroidir. Elle rejoignit Drago dans le salon, qui était toujours en train de regarder la télé. Elle s'assit à côté de lui, puis se raidit lorsqu'il passa son bras autour de ses épaules.

« Tu nous as préparé quoi de bon, ma petite sorcière? Demanda-t-il, en caressant l'épaule d'Hermione du bout des doigts.

- De la ra...tatouille. Dit-elle, le souffle coupé.

- C'est quoi, ça? Lança-t-il.

- Tu verras. Répondit-elle avec un sourire. »

Il la regarda alors, ce qu'elle fit également. Elle se perdit dans la contemplation de ces yeux gris-bleus. Elle voyait qu'il se rapprochait de plus en plus d'elle, que leurs lèvres n'étaient séparées que par quelques malheureux centimètres. Alors qu'elles se frôlèrent, le bip du micro-ondes fit revenir Hermione à la réalité et elle s'écarta de Drago. Visiblement vexé, il se reconcentra sur la télé, tandis qu'Hermione, le cœur battant à mille à l'heure, retourna dans la cuisine pour sortir le plat de pâtes réchauffés. Son cœur mit du temps à se calmer, puis elle appela Drago pour qu'il vienne manger. Il arriva d'un pas trainant et s'installa à table. Une fois assis, Hermione lui posa son assiette de ratatouille et de pâtes sous les yeux. Il fit une drôle de tête à la vue des légumes.

« Ne me dis pas que tu vas râler, parce que sinon tu te fais à manger tout seul. Soupira Hermione, en commençant à manger.

- Je suppose que je n'ai pas le choix, donc. Je vais devoir manger ce truc bizarre.

- En effet, tu vas devoir manger ce truc bizarre. »

Il la regarda, amusé puis porta une bouchée de légumes à sa bouche. Hermione guetta sa réaction. Il ne semblait pas plus emballé que ça, mais pas non plus dégoûté. Ça la rassura et ils mangèrent en silence, parlant de choses et d'autres de temps en temps. Après s'être resservi trois fois, Drago posa son assiette et ses couverts dans l'évier. Hermione l'imita quelques minutes plus tard, et se tourna vers lui, appuyé contre le frigo.

« Bon, tu veux quelque chose pour le dessert? Demanda-t-elle gaiement. »

Elle se retourna afin de commencer la vaisselle, et sursauta légèrement lorsqu'elle sentit une présence derrière elle, très très proche.

« Oui, je voudrais bien quelque chose pour le dessert. Répondit alors Drago, derrière elle.

- D'accord. Dit Hermione, en essayant d'ignorer les battements précipités de son cœur. Et qu'est ce que tu veux? »

Ses sens se mirent en alerte lorsqu'il se pencha vers elle. Et il lui susurra alors un mot à l'oreille, un seul mot qui déclencha des milliers de frissons à Hermione. Un misérable mot qui pouvait tout changer.

« Toi. »

Elle serra plus fort l'assiette qu'elle tenait et ne répondit rien, continuant de faire la vaisselle. Elle crut casser le verre qu'elle lavait alors lorsqu'il posa ses lèvres dans son cou. Des papillons s'envolèrent dans son ventre, et elle se sentait en état d'ivresse. Ensuite, il passa ses bras autour de la taille d'Hermione, continuant de l'embrasser dans le cou. Elle ferma les yeux, totalement impuissante. Elle voulait le repousser: lui dire que ce n'était pas possible, qu'elle était déjà avec quelqu'un et que ce serait mal pour eux deux de succomber. Mais elle ne pouvait pas faire ça. Cela faisait déjà plusieurs heures qu'elle était parcourue d'un désir ardent pour ce jeune homme qui avait refait irruption dans sa vie, un désir qu'elle tentait vainement de refouler.

Aussi, elle laissa son désir la contrôler et c'est ainsi qu'elle se retourna face à Drago et qu'elle l'embrassa à pleine bouche. Il lui rendit son baiser avec passion, et la souleva pour l'assoir. Elle enroula ses jambes autour de lui, en continuant de l'embrasser. Au moins vingt minutes plus tard, ils se retrouvèrent dans les bras l'un de l'autre, dans le lit de Drago, à bout de souffle. Ils s'endormirent un peu plus tard.

000

Il marchait lentement, peu sûr de sa destination. Mais il devait faire vite. Il devait les rejoindre. Aussi, il accéléra le pas et se retrouva rapidement au manoir Malefoy, nouveau QG. Lucius Malefoy, le père de son ami, l'accueillit et l'entraîna à l'étage. Il s'assit à côté de son père, puis attendit que la "réunion" passe. Voldemort expliquait ses nouveaux projets, qu'ils appliqueraient bientôt. Une fois que ce fut terminé, tous les Mangemorts transplanèrent du Manoir pour retourner chez eux. De retour chez lui, Blaise commença à grimper dans sa chambre lorsque son père l'appela.

« Où étais-tu, ces deux derniers jours? Lui demanda-t-il.

- En vadrouille. Et qu'est ce que ça peut bien te faire?

- Tu es mon fils. Même si je sais que tu peux parfaitement te défendre tout seul, je continue de m'inquiéter pour toi.

- Fallait y penser avant de me forcer à être un Mangemort. Cracha-t-il. »

Son père le dévisagea, sidéré. Blaise se dirigea dans sa chambre sans plus un regard. Il s'allongea sur son lit et laissa ses pensées divaguer.

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Hermione se réveilla lentement, et regarda autour d'elle, les yeux mi-clos. Le décor n'était pas le même qu'habituellement. D'abord perdue, les événements de la veille lui revinrent rapidement en mémoire. Elle avait couché avec Malefoy. Encore. Elle tombait beaucoup trop facilement dans ses bras à son goût! Elle allait se lever lorsque Drago, qui dormait toujours à côté d'elle, se retourna dans son sommeil pour atterrir sur Hermione. D'abord réticente, elle n'osa pas le repousser lorsqu'elle constata qu'il la serrait dans ses bras et avait posé sa tête blonde sur son épaule. Elle s'allongea donc et attendit qu'il la lâche. Une demi-heure était passée, et Drago s'accrochait toujours autant à Hermione. En poussant un soupir, elle décida de s'extirper toute seule. Tout ce qu'elle récolta, c'est un grognement de Drago dans son sommeil et qu'il la serra plus fort contre lui.

« Et merde. Laissa échapper Hermione. »

Non pas que ça lui déplaisait d'être dans les bras de Drago: elle s'avoua même que c'était l'extrême contraire. Mais elle aurait bien aimé se lever pour se doucher et préparer le petit-déjeuner. Car en effet, son ventre criait famine.

Son estomac réclamant son dû de plus en plus, Hermione décida de réveiller le pot-de-colle à côté d'elle. Elle le frappa légèrement sur la tête: il ne se réveilla pas. Elle le gifla sur la joue: il ne fit que ronfler plus fort. Finalement, elle prit le premier objet à sa portée et en cogna Malefoy. Cela fit son effet, car il se redressa brusquement en grommelant des paroles incompréhensibles. Il ouvrit difficilement les yeux et regarda Hermione, hébété.

« Qu'est ce que tu fiches dans mon lit, Granger? Bougonna-t-il, visiblement vexé qu'on l'ait réveillé.

- Ne me dis pas que tu as été frappé d'amnésie. »

D'abord perplexe, il regarda Hermione, qui cachait son corps nu avec le drap, puis se regarda également et il fit rapidement le rapprochement.

« On a encore couché, c'est ça?

- Dans le mille. Répondit Hermione, en enroulant le drap autour d'elle et sortant du lit. »

Elle enfila ses sous-vêtements, toujours avec le drap par dessus elle, et le reposa sur le lit une fois couverte. Elle attrapa à la hâte ses vêtements et sortit pour aller dans sa chambre. Drago, de nouveau seul, réfléchit à la situation. Il avait séduit Hermione et elle avait craqué. Pourtant, elle était toujours avec l'autre abruti de Finnigan. Cela voulait dire soi qu'il avait vraiment un pouvoir hypnotique convaincant, soit qu'Hermione ne tenait pas tant que ça à son petit ami, et qu'il ne la satisfaisait pas comme il fallait.

Il enfila un boxer à la va vite et descendit à la cuisine, d'où provenait une délicieuse odeur de toast grillé. Il vit Hermione, habillée comme la veille (sûrement qu'elle avait enfilé rapidement des vêtements avant d'aller se laver), qui préparait le petit déjeuner. Il s'assit sur le plan de travail et la regarda sans se lasser. Quelques minutes plus tard, elle déposa deux assiettes d'œuf au plat, de bacon et de toast sur la table. Drago se jeta sur l'une des assiettes et en dévora le contenu, ce qu'Hermione fit également. Ils mangèrent en silence et une fois leur estomac rempli, Hermione déposa les assiettes vides dans l'évier.

« Je vais prendre ma douche la première, j'essaye de faire vite. Dit Hermione à Drago, en se dirigeant vers les escaliers.

- Attends! S'exclama-t-il. »

Elle se retourna, un sourcil levé et il la rattrapa dans les escaliers.

« J'ai une meilleure idée. Dit-il alors avec un regard malicieux.

- Laisse tomber Malefoy, c'est ma maison, donc j'estime avoir parfaitement le droit de me laver la première. »

Il lui prit la main et la regarda si intensément que ses jambes en tremblèrent.

« Pourquoi on ne la prendrait pas tous les deux? »

Hermione frissonna à cette idée et retira sa main de celle de Drago.

« Non. J'ai déjà été bien cruche de te laisser m'avoir dans ton lit hier soir, je ne referai pas deux fois la même erreur. »

Si elle était aussi dure avec lui, c'est parce qu'elle se sentait coupable vis à vis de Seamus. La dernière chose qu'elle souhaitait, c'est le faire souffrir. Elle tenait réellement à lui. Même si elle était toujours très amoureuse de Drago, elle avait déjà quelqu'un dans sa vie, et elle ne voulait pas bouleverser l'équilibre qu'elle avait réussi plus ou moins à acquérir.

Redescendant les escaliers penaud, il alla s'assoir dans la cuisine, réfléchissant à ce qu'Hermione venait de lui dire. Elle regrettait à nouveau d'avoir couché avec lui. Allait-elle le regretter à chaque fois, bon sang? Se dit-il, sur les nerfs. Il se promit que la prochaine fois qu'il verrait Finnigan, il aurait une petite discussion avec lui.

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« Comment te sens-tu, Ron?

- J'ai connu mieux, mais je pense aller plutôt bien. On a réussi à détruire une saleté d'Horcruxe, Harry! Plus que trois! »

Harry partageait l'euphorie de son ami, mais depuis quelques jours, il pensait beaucoup à tous ses amis qu'il n'avait pas vu depuis le mariage de Bill et Fleur. Ginny lui manquait, Hermione lui manquait, Luna, Neville, Dean, Seamus, les jumeaux Weasley, tout le monde lui manquait. Et il en souffrait énormément ces derniers temps. Heureusement, il avait repris du poil de la bête lorsque Ron avait détruit le médaillon de Serpentard avec l'épée de Gryffondor. Ils approchaient du but et c'est tout ce que Harry souhaitait.

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Hermione s'avança vers Drago, qui était assis dans la cuisine. Elle ne lui avait pas encore dit qu'elle devait rejoindre les membres de l'Ordre, ainsi que ses amis au 12 Square Grimmaud afin de fêter Noël. Et bien qu'elle était soulagée de passer un peu de temps loin de lui, elle culpabilisait de le laisser seul le soir du réveillon.
L'ex Serpentard tourna la tête vers elle et resta de marbre lorsqu'il vit comment elle était vêtue.

« Tu vas quelque part? Demanda-t-il d'un ton méprisant.

- C'est très récent, et je n'ai pas pensé à t'en parler. Avoua-t-elle en rougissant légèrement. La nuit où tu as débarqué chez moi, Lavande était passé en fin de journée pour m'inviter à un repas de Noël. J'ai accepté.

- Bien. Passe une bonne journée.

- ... c'est tout? Pas d'autres réactions?

- Et qu'est ce que tu veux que je te dise d'autre? Tu n'es pas ma propriété privée.

- C'est drôle, j'aurais pensé qu'après ce qu'il s'est passé hier soir, tu réagirais différemment. Mais bon, si tu le prends bien, je ne vais pas m'en plaindre. »

Elle attrapa un manteau et s'avança vers la porte. Elle s'arrêta et se retourna lentement vers Drago, qui fixait le frigo d'un air absent.

« Je me sens mal de te laisser seul le soir de Noël. Lui avoua-t-elle.

- T'as pas à t'en faire pour moi, je suis plus un petit garçon. Répondit-il simplement, d'un ton hautain.

- Je ne m'en fais pas pour toi, je... Fais preuve d'un peu de bon sens! On appelle ça de la solidarité.

- Moi, j'appelle pas de la solidarité le fait de laisser celui avec qui on cohabite seul le vingt-quatre décembre.

- Je croyais que ça ne te faisait ni chaud ni froid que je m'en aille.

- C'est le cas. Mais toi, par contre, c'est à revoir. »

Il ne cessait de la contredire, ou de lui retourner ses phrases dans la figure.

« D'accord. Si tu en as rien à faire, je m'en vais. »

Face au manque de réponses de Drago, Hermione sortit, claquant la porte au passage. Elle respira doucement et jeta néanmoins quelques sorts autour de la maison, pour protéger Drago. C'est avec un lourd poids de culpabilité dans le ventre qu'elle transplana au Terrier.

Elle fut accueillie par une ambiance beaucoup plus chaleureuse et familiale que celle qu'elle avait vécu toute seule dans sa maison vide. Ginny lui sauta dans les bras, et elle fut immédiatement enlacée par tous les Weasley présents. Ça lui remis du baume au cœur et elle se promit de ne plus penser aux événements troublants de ces temps et de profiter.

Dix minutes plus tard, toute la famille Weasley et Hermione prit de la poudre de cheminette et atterrit au 12 Square Grimmaud. Ils furent rejoints quelques temps plus tard par Lupin, Tonks et Kingsbot. Puis enfin par Lavande, qui enlaça Hermione en la voyant.

« Je suis super heureuse que tu sois venue! S'exclama-t-elle.

- Je n'allais pas rater ça. Répondit Hermione avec un sourire bienveillant. »

Alors que Mr Weasley, aidée par Fred et George, montaient le sapin à coup de baguettes magiques et que Mrs Weasley s'affairait dans la cuisine avec les filles à préparer le repas du midi et le dîner, un bruit de crépitement se fit entendre du salon. Ginny et Hermione allèrent regarder ce qu'il se passait. Elles virent un jeune homme sortir de la cheminée, époussetant ses vêtements recouverts de sue.

« Bon sang, à chaque fois que j'utilise ce moyen de transport, je bouffe de la sue! S'exclama-t-il.

- Seamus? »

Hermione ne s'attendait certainement pas à le voir. A l'entente de son nom, il releva la tête. Lorsqu'il reconnut Hermione, son visage rayonna. Il se précipita vers elle et la serra dans ses bras à l'en étouffer. Ginny et Lavande échangèrent un regard entendu: l'effet de surprise était réussi.

« Mais qu'est ce que tu fais là? Demanda Hermione, toute surexcitée, ne s'attendant pas à voir arriver son petit ami.

- J'allais te poser la même question. Dit-il, en s'éloignant d'elle. »

Elle se retourna vers Ginny et Lavande, qui affichaient un air innocent.

« Vous avez manigancé ça quand, exactement?

- Dès que tu as dit que tu viendrais. Répondit Ginny.

- En tout cas, je ne pouvais pas espérer plus beau cadeau de Noël. Dit Seamus en prenant Hermione par la taille. »

Le teint d'Hermione vira au rouge pivoine, provoquant les railleries gentilles des jumeaux. Ce n'était pas tant les propos de Seamus qui la firent rougir, mais sa culpabilité. Après tout, elle avait couché avec un autre à peine quelques heures avant.

Tout le monde s'assit autour de la table et une vive discussion s'engagea. Hermione se sentit renaître de l'intérieur: c'était comme avant. Vers midi et demi, Mrs Weasley posa le repas sur la table. Personne ne se fit prier pour se jeter dessus et avala son repas avec appétit. Les compliments fusèrent et Molly rougit légèrement. Une fois le repas terminé, chacun vaqua à ses occupations. Évidemment, tout le monde estima normal de laisser Hermione et Seamus tous les deux, pour qu'ils se "retrouvent". Ils se retrouvèrent donc seuls dans un coin du salon, oubliés des autres. Seamus s'assit dans le canapé et fit signe à Hermione de s'assoir près de lui. Elle le fit et il passa son bras autour de ses épaules, tandis qu'elle appuyait sa tête sur son épaule. Comme à chaque fois qu'elle était avec lui, elle se sentit rassurée et apaisée.

« Du coup que je ne savais pas que tu venais, je n'ai même pas pris ton cadeau! Fit remarquer Seamus, jouant avec les mèches de cheveux de la jeune fille.

- Oh, mince. Moi non plus. »

Elle mentait. Elle n'avait même pas pris de cadeau à Seamus, pensant qu'elle ne le reverrait pas de si tôt. Elle en avait pris pour Ginny, Lavande et Mrs Weasley, en revanche. De quoi augmenter encore plus sa culpabilité.

« J'aimerais te demander quelque chose, Hermione. »

Le cœur de celle-ci fit un bond raté.

« Oui? Demanda-t-elle d'une petite voix.

- Je sais que tu vis toujours toute seule dans ta maison, et il ne passe pas un jour sans que je ne me demande si tu n'as pas été retrouvée, si tout se passe bien. Maintenant qu'on s'est revus, je suis rassurée de voir que tu as l'air d'aller bien. Mais je ne me sens pas de te laisser repartir chez toi, dans ta maison vide, sans bonne protections.

- Et? L'encouragea Hermione.

- Je me demandais si tu voulais venir vivre chez moi. »

...

Finiiiiiiii! Oui je sais, passer d'un coup à six mois après, ça fait un choc. Mais fallait faire avancer l'histoire, de quelque manière que ce soit.

Que va finalement être la réponse d'Hermione? Réponse au prochain chapitre.

Et je tenais à vous remercier pour vos supers gentilles reviews. Je les lis toutes sans exception, et même si je n'y réponds pas, je vous en remercie vraiment beaucoup. Ça me fait très plaisir. #keur

Bref, à demain!

Morgane.