Chapitre 21: La guerre commence.
Quelques semaines après la désastreuse soirée de Noël au Square Grimmaud, Hermione s'était trouvé un nouveau passe temps: tenter de retrouver ses deux meilleurs amis, partis à la recherche des Horcruxes sans elle. Depuis que Drago était parti, que ses amies étaient retournés à l'école et qu'il faisait plus froid que jamais,
Hermione s'ennuyait à mourir et ne voulait pas sombrer dans une espèce de dépression. Alors, voilà sa nouvelle occupation: traquer ses propres amis. Un jour de début février, elle pensait tenir une piste. Surexcitée, elle approfondit les possibilités lorsqu'un vacarme monstre retentit dehors. Soudain inquiète, elle s'approcha doucement de la fenêtre et souleva le rideau. Ce qu'elle vit l'effraya: trois moldus, des adolescents qui devaient avoir à peine quelques années de moins qu'elle, face à une grande silhouette imposante, encapuchonnée. Hermione reconnut immédiatement de quel type de personne il s'agissait et se rua à l'extérieur sans réfléchir, baguette à la main.
« Laisse les tranquille! Hurla-t-elle à la silhouette, pointant sa baguette vers elle d'un air menaçant. »
La silhouette se tourna vers Hermione, pas le moins du monde impressionnée. Hermione mesura les conséquences de ce qu'elle venait de faire: elle, une Née Moldue recherchée par le Ministère de la Magie, qui se cache seule, sans aucune autre défense que sa baguette magique, venait de s'afficher ouvertement devant un Mangemort et trois Moldus. Elle était mal, très mal.
Les adolescents les regardaient tour à tour interloqués, ne sachant pas s'ils devaient s'enfuir sans prendre de risques. Avant qu'ils n'aient eu le temps de faire le moindre mouvement, le Mangemort les stupéfixia sans prévenir. Hermione étouffa un cri.
« Ne les touche pas. S'écria-t-elle en se précipitant sur le Mangemort.
- Arrête de gueuler, pauvre idiote. Répliqua-t-il. »
Elle se figea et examina attentivement le Mangemort. Cette voix... Elle jurait l'avoir déjà entendu quelque part. Elle la connaissait même très bien. Alors, le Mangemort retira sa capuche et Hermione en resta paralysée.
« Non... Ce n'est pas possible. Souffla-t-elle, la main sur la poitrine. »
Tandis qu'elle se remettait de ses émotions, le grand métisse lança le sort Oubliettes aux moldus.
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« Hermione n'est jamais là quand on a besoin d'elle. »
Tandis qu'Harry se débarrassait des corps évanouis des Rafleurs, Ron regardait autour d'eux si d'autres n'allaient pas surgir à tout instant.
« Plus le temps passe, plus je me dis que ça a été une très mauvaise idée de la renvoyer après cette attaque de Rafleurs, Harry. Après tout, c'est elle qui raisonne le mieux de nous trois et elle sait garder son calme.
- Je t'avoue que j'ai souvent pensé à la faire revenir ces derniers jours, mais qui sait où elle se trouve, maintenant? Je te signale qu'elle est recherchée par le Ministère de la Magie en tant que Née Moldue et qu'elle doit sûrement être autant en fuite que nous.
- Honnêtement, je ne pense pas. Avoua Ron.
- Écoute. Soupira Harry, une fois débarrassé des Rafleurs. Elle me manque autant qu'à toi, et il est vrai qu'on avancerait cent fois plus vite avec elle, mais on ne peut pas passer le reste du temps à se morfondre de son absence. La guerre est proche, plus que jamais, et on doit s'empresser de retrouver les Horcruxes qui restent et les détruire. Tu comprends ça?
- Oui. Grommela Ron, apparemment pas convaincu. »
Harry opina et ils transplanèrent pour la énième fois en quelques mois afin d'aller à la banque Gringotts, pour récupérer l'un des Horcruxes.
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« Je ne sais vraiment pas si j'ai bien fait de laisser entrer un Mangemort chez moi, mais de toute façon je transplanerai si jamais tu tentes quoi que ce soit, et même si tu ne tentes rien maintenant, je m'en irais tout de même après. Donc, en attendant que tu ne m'attaques, je peux me permettre de t'offrir quelque chose à boire? »
Blaise la fixait, pas l'air autant amusé que ça. Hermione, avec une moue face au peu de réaction de Blaise, n'attendit pas de réponses et lui servit un verre d'eau.
« Je n'ai que ça, pas de Biéraubeurre ni de Whisky-Pur-Feu, désolée. Dit-elle en lui tendant le verre.
- Ça ira. Répondit Blaise d'une voix rauque. »
Il semblait fatigué, même éreinté. Et on aurait dit qu'il avait pris plusieurs années en quelques mois. Il but son verre d'eau d'une traite et Hermione n'attendit pas qu'il lui demande, elle le resservit. Il rebut d'une traite et sembla apaisé.
« Merci. Dit-il simplement.
- Et si tu me disais maintenant ce que tu voulais à ces enfants? Ou alors, c'est une mission top secrète de Mangemort que tu ne peux pas me dire. »
Il lui lança un regard si assassin qu'elle regretta ses paroles.
« Excuse moi, je ne voulais pas dire ça. Se rattrapa-t-elle, les yeux au sol. C'est juste que... Ça fait bizarre. Je veux dire de... te voir ainsi.
- Je ne leur voulais rien. Je passais dans la rue, comme ça. Ils se sont moqués de moi et ça m'a énervé. C'est tout bête.
- Donc, ce que tu es en train de me dire, c'est que tu allais les tuer juste parce qu'ils se sont moqués de toi?
- Non, pas les tuer. Je voulais juste leur faire peur. C'est tout.
- C'est tout? Répéta Hermione, incrédule. Eh bien, tu as vraiment changé. »
Il la regarda, impénétrable. Elle fit mine d'aller chercher quelque chose dans les placards, mais c'était simplement pour ne pas croiser son regard.
« Toi aussi, tu as changé. Fit remarquer Blaise. Et honnêtement je te préférais à Poudlard.
- Eh bien tant pis, j'ai changé. Si tu n'aimes pas comment je suis devenue, tu peux toujours t'en aller, je ne te retiens pas.
- Pourquoi tu réagis comme ça? »
Elle se retourna alors brusquement, le regard voilé.
« Parce que je déteste ce que tu es devenu. Je déteste te voir aussi fatigué, aussi dur, aussi... différent. Où est passé l'ancien Blaise, le Blaise drôle et joyeux?
- Il a été enterré le jour où on m'a fait cette foutue marque. Tu le sais bien.
- Tu n'as pas eu le choix, n'est ce pas? Ton père t'a obligé à devenir Mangemort.
- Finement observé, Miss Je-Sais-Tout. Railla Blaise avec un sourire mauvais. Il n'empêche qu'au début de notre année scolaire, je la voulais cette marque. Mais plus le temps passait et moins j'en voulais, de cette marque. Mais je n'ai pas pu faire marche arrière, j'étais déjà dedans. Et puis ensuite, le Seigneur des Ténèbres m'a confié cette mission. Mission que je devais exécuter si je voulais redorer le blason de ma famille.
- Tuer Dumbledore. Devina Hermione, la gorge nouée.
- Exact. J'ai fait introduire les Mangemorts dans l'école par l'Armoire à Disparaître de la Salle sur Demande, armoire que j'ai réparé pendant des mois. Puis, je me suis retrouvé à la Tour d'Astronomie avec Dumbledore, seul. Les Mangemorts nous ont ensuite rejoints, et comme je n'ai rien osé faire... Rogue l'a fait à ma place.
- Je savais cette version de l'histoire. Donc, tu n'as pas tué Dumbledore.
- Je ne m'en suis pas senti capable, sur le coup. Et je l'ai vite regretté, parce que... Le Seigneur des Ténèbres a tué ma mère.
- C'est horrible! S'horrifia Hermione.
- Pour lui, c'est rien. Il n'empêche que depuis ce jour là, mon père ne veut même plus me regarder dans les yeux.
- Je suis désolée, je... ne savais pas tout ça.
- J'ai pas besoin de ta pitié, Granger. D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je m'attarde là, alors que je suis censé retrouver... enfin, ça ne te regarde pas. »
Il se leva soudainement, sans prévenir et s'avança vers la porte. Hermione lui emboita le pas, décidément perdue.
« Tu as besoin d'aide, Blaise. Tu as besoin que quelqu'un te remette dans le droit chemin.
- Je n'ai besoin de rien, maintenant laisse moi sortir.
- Non! S'exclama Hermione, en s'appuyant sur la porte. Tu as besoin d'aide, c'est évident. Tu vas mal, je ne sais pas pourquoi, mais tu vas mal. Laisse moi t'aider. »
Une veine battait fortement sur le front de Blaise, qui serrait les dents.
« Je n'ai pas besoin d'aide. Lança-t-il durement. »
Il poussa Hermione et sortit rapidement de cette maison Moldue. Elle le suivit du regard, éberluée.
« C'est dommage. Se dit-elle. Ça m'aurait passé le temps et évité de mourir d'ennui. »
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Directement après avoir transplané, Harry et Ron se laissèrent tomber sur le sol plein de feuilles, au milieu de cette forêt déserte. Ils étaient surexcités.
« On en a un. Encore un. S'exclama Ron, à bout de souffle. On y est presque.
- Reste plus qu'à le détruire. Et ça risque d'être dur, vu que cet infâme Gripsec nous a volé l'épée de Gryffondor. Dire qu'il nous a trahi, ce sale gobelin!
- Il fallait s'y attendre. L'une des choses que j'ai bien retenu de nos cours, c'est qu'il ne faut jamais faire confiance à un gobelin. »
Harry ne répondit pas, ses yeux verts imperturbablement fixés au loin.
« On trouvera un moyen, Harry. Ajouta Ron. Je te le promets.
- C'est beau de promettre mais mieux vaut le faire quand on est sûrs que ce qu'on dit se réalisera. »
Quelques jours plus tard, ils décidèrent d'un commun accord de se rendre à Poudlard afin de retrouver les derniers Horcruxes. Inutile de prévenir qui que ce soit: l'effet de surprise y serait.
Alors qu'ils arrivaient dans une forêt peu fréquentée quelque part en Irlande, ils virent une silhouette s'avancer au loin. Instinctivement, Harry saisit sa baguette mais l'autre personne fut plus rapide. Harry se sentit décoller du sol et il fut propulsé contre l'arbre le plus proche. Il s'y fracassa et atterrit au sol, les membres endoloris. Ron, qui avait suivi la scène aussi vite que sa fatigue lui permettait, n'attendit pas pour attraper sa baguette. L'autre se rapprochait de lui, et Harry le reconnut aussitôt.
« Malefoy? S'étouffa-t-il, tentant de se remettre debout.
- Mais qu'est ce que tu fiches ici? S'exclama Ron.
- Je pourrais vous retourner la même question. Rétorqua Drago, en s'époussetant la cape.
- C'est quand même toi qui nous a attaqué! S'insurgea Harry, à présent relevé.
- Certes, mais tu as été le premier à sortir ta baguette! Répliqua Drago.
- Bon, vous allez jouer encore longtemps à celui qui a le dernier mot? S'énerva Ron. Malefoy nous a toujours pas expliqué ce qu'il faisait là.
- Ça ne te regarde pas, Weasmoche. Grogna le concerné, toujours la baguette dans la main.
- Toujours aussi puéril, à ce que je vois. Railla Ron.
- Alors, qu'est ce que deux abrutis de votre genre foutent ici? Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais pas mal de Rafleurs se sont lancés à votre poursuite.
- On est peut-être abrutis, mais pas ignorants Malefoy. »
Drago soupira et regarda à tour de rôles les deux ex Gryffondor. Ils avaient l'air à bout de forces, avec leur visage marqué par la fatigue, leurs cheveux en bataille et leurs vêtements sales. Une fois de plus, il se sentit supérieur, et il en tira avantage.
« Ça fait combien de temps que vous n'avez pas pris de douche? Railla-t-il.
- Tu n'as rien de mieux dans ton carnet à blagues débiles? S'étonna Ron.
- Pas quand je suis face à deux crasseux qui ont l'air d'avoir été privé de quinze nuits de sommeil. Sérieusement, qu'est ce que vous avez, les gars? »
Le ton soudainement devenu... "normal" de Drago choqua tellement les deux amis qu'ils ne masquèrent pas leur étonnement et écarquillèrent grand les yeux.
« Depuis quand tu te soucies de notre mal-être, Malefoy? Dit durement Harry.
- Jamais, mais vous avez tellement l'air mal que j'aurais presque pitié pour vous. Alors, c'est quoi votre problème?
- Des affaires personnelles, tu n'as pas à être au courant.
- Vraiment? Personnelles, tu es sûre? Parce que bon, l'intrusion dans la banque Gringotts, et en l'occurrence dans la chambre forte de Bellatrix Lestrange s'est répandue comme une trainée de poudre. Tout le monde se demande qui a bien pu faire ça. Franchement, il faut être stupide pour ne pas le deviner. »
Harry tenta de ne pas paraître suspect en cachant sa gêne mais Ron eut un peu plus de mal, les trahissant tous les deux.
« Qu'est ce que vous manigancez, sales Gryffondors?
- Rien du tout! Maintenant, occupe toi de tes oignons.
- Et où vous comptez aller, comme ça?
- Tu es sourd ou quoi? Mêle toi de ce qui te regarde. Répéta Harry, de plus en plus fatigué.
- Je vois, vous ne voulez rien me dire. Vous faites une erreur, peu importe ce que vous avez prévu de faire, j'aurais pu vous aider dommage. »
Il commença à s'éloigner quand la réplique cinglante de Ron le fit revenir en arrière.
« Un Mangemort, nous proposer de l'aide? Tu as vraiment cru qu'on tomberait aussi facilement dans le panneau? »
Drago se jeta sur Ron et lui empoigna le col du T-Shirt, ses yeux lançant des éclairs menaçants. Sans réfléchir plus longtemps, Harry sortit presque automatiquement sa baguette et la pointa sur Drago, attendant un faux mouvement de celui ci pour agir.
« Ne. Me. Traite. Plus. Jamais. De. Mangemort. Weasley. Grinça Drago, en appuyant chaque mot.
- C'est pourtant ce que tu es, non? Persista Ron, pas le moins du monde impressionné par le ton menaçant de son ennemi.
- Au risque de te décevoir, non. Je ne nie pas que j'ai fortement voulu le devenir à une époque, mais cette envie est partie en fumée quand j'ai vu ce qu'ils ont fait de mon meilleur ami.
- Zabini? Il a disparu de la circulation, lui, non? S'avança Harry, mais toujours baguette en main.
- Détrompe toi. Il suit ses parents, et en l'occurrence Tu-Sais-Qui comme un petit toutou. Comme eux, il tue tout ce qui se met en travers de son chemin, même si c'est un enfant de cinq ans. Il est devenu sans pitié. En tout cas, je suis peut-être quelqu'un de froid et qui aime faire du mal aux autres, mais je serais incapable de lever la main sur une femme, et encore moins sur un enfant.
- Touchant, ton petit discours, mais pourquoi devrions-nous te croire? Demanda alors Ron, que Drago avait relâché pendant qu'il parlait. »
Sans cacher son exaspération, Drago releva sa manche et montra son avant-bras vierge aux pires butés de Bouffondor. Ron parut très surpris, Harry également mais moins. L'ex Serpentard remit sa manche et fit un sourire goguenard à ses ennemis.
« Tu veux aussi me mettre sous Veritaserum ou ça te suffit, comme preuve? Railla Drago, avec un ton de reproche dans la voix.
- Bon, d'accord, tu n'es pas un Mangemort. Finit par admettre Ron. Mais ne crois pas que ça veut dire que je vais cesser de me méfier de toi.
- Je n'allais pas non plus m'attendre à des miracles venant de toi, Weasmoche.
- Allez viens Ron, il faut pas qu'on traine. Dit alors Harry, voyant que Ron se faisait violence pour ne pas foutre son poing dans la tronche de Drago.
- Peu importe ce que vous avez prévu de faire, je vous souhaite pas bonne chance! Hurla alors Drago. »
Les deux meilleurs amis ne relevèrent pas et s'éloignèrent du blond, qui s'amusait toujours autant de les tourner en bourrique. Il se retrouva de nouveau seul et avança dans la forêt, incertain de sa destination, comme toujours depuis qu'Hermione l'avait forcé à s'en aller. A la pensée de la jeune femme, une boule se forma dans son estomac. Tout ça à cause de cet abruti de Finnigan!
Drago n'avait pas été rassuré de la laisser repartir toute seule chez elle. Bien qu'elle se débrouille parfaitement pour se protéger, il savait parfaitement que les Mangemorts avaient des pouvoirs qu'elle même ne pourrait pas égaler.
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Le lendemain de la "visite" de Blaise, Hermione s'extirpa lentement d'un sommeil rempli de cauchemars. Elle avait affreusement mal dormi, se réveillant sans cesse à cause de mauvais rêves tous plus saugrenus les uns que les autres. Le premier avait été qu'elle se faisait attraper par une bande de Mangemorts, et que celui qui la livrait à Voldemort n'était autre que Blaise. Le suivant était qu'elle se promenait seule dans une forêt en pleine nuit et qu'elle tombait sur les cadavres d'Harry et Ron (elle s'était réveillée en pleurs). Ensuite, elle avait rêvé qu'elle retrouvait ses parents, qu'elle tentait de leur parler mais qu'ils ne l'entendaient pas. (là également, elle s'était réveillée en pleurant). Enfin, elle avait rêvé de son propre mariage, quelques années plus tard, avec nul autre que l'homme qu'elle avait obligé à partir suite à la crise de Seamus. Non non, elle ne considérait nullement ça comme un rêve, mais comme un terrible cauchemar. Si un jour, on lui avait dit qu'elle s'abaisserait à rêver de son mariage avec Drago Malefoy, elle aurait rit au nez de la personne.
Après avoir ruminer sa mauvaise nuit, elle se leva de son lit et descendit à la cuisine se préparer un bon petit déjeuner, histoire de penser à autre chose. Aujourd'hui, elle avait prévu de fuir. Encore. Ça faisait déjà beaucoup trop longtemps qu'elle était seule dans cette grande maison, sans toutes les protections nécessaires. Il fallait donc qu'elle parte au plus vite, avant qu'une douzaine de Mangemort assoiffés de sang débarque chez elle pendant qu'elle prenait sa douche.
C'est donc après avoir terminé de manger, s'être habillée et avoir mis tout ce qu'elle estimait nécessaire dans son sac soumis au sort d'extension qu'elle sortit avec amertume de chez elle et s'aventura seule dans ce monde sans pitié.
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Harry et Ron réfléchissaient toujours à un moyen d'entrer à Poudlard lorsqu'une bande de Rafleurs, accompagnés de quelques Mangemorts, passèrent pas loin. Harry jeta en quatrième vitesse la cape d'invisibilité sur lui et Ron, et ils attendirent qu'ils passent. Ils purent entendre des bribes de leur conversation.
« ... et on a encore raflé une bande de trois hier soir. Racontait avec avidité dans la voix l'un des Rafleurs, que les garçons reconnurent comme Scabior. Bon, ils étaient tous de Sang-Mêlé, donc on a du les laisser repartir mais on continue toujours à chercher pour autant.
- Tant mieux. Leur répondit l'un des Mangemorts, qui avait une voix froide et dure. N'oubliez pas que des Sangs-De-Bourbe trainent encore de partout dans notre pays, il faut tous les attraper et les juger.
- Vous inquiétez pas, M'sieur. Répondit un autre Rafleur, qui avait l'air très idiot. On les aura tous, ces vermines.
- Il y a intérêt pour vous, si vous ne voulez pas finir réduits en cendres. Menaça le Mangemort. Combien en restent-ils?
- Un petit nombre, mais pas trop important. Répondit Scabior, en jetant un coup d'oeil à une liste que lui avait tendu le Rafleur stupide. Il y a notamment Mary Cattermole, Dirk Cresswell, les frères Crivey, Justin Finch-Fletchley, Hermione Granger...
- Stop. L'interrompit le Mangemort, sous le regard interrogateur de Scabior. Hermione Granger? »
En entendant le nom de leur meilleure amie, les garçons avaient frissonné.
« Oui, elle est sur la liste des Sangs-De-Bourbe. Répondit Scabior. Pourquoi donc ce nom vous interpelle-t-il?
- Imbéciles de Rafleurs. Grommela le Mangemort, mais suffisamment fort pour que tout le monde entende. Granger est une amie proche de Potter, vous savez, celui qui est recherché dans tout le pays et que le Seigneur des Ténèbres recherche pour achever?
- On sait tout de même qui est Potter. Fit remarquer Scabior, vexé qu'on le prenne pour un idiot. Et qu'est ce que ça peut faire que cette Sang-De-Bourbe soit une des petites copines de Potter?
- Vous êtes peut-être dotés de dons de rafle, mais pas de cerveau. Soupira le Mangemort. Vous vous doutez bien que Potter, n'ayant plus de famille, est très attaché à ses amis. Atteignez ses proches, et vous atteignez Potter.
- Si j'ai bien compris ce que vous avez dit, vous voudriez que l'on mette cette Granger en tête de notre liste de Sang-De-Bourbe à rafler?
- Pour une fois, vous avez tout compris, Scabior. Bon allez, au boulot! Trouvez moi cette fille et faites votre travail. »
Aussitôt dit, les Rafleurs transplanèrent, afin d'accomplir ce que le Mangemort leur avait plus ou moins ordonné de faire. Le Mangemort transplana également quelques secondes après eux. C'est là qu'Harry retira le cape et jeta un regard apeuré à Ron.
« Il faut qu'on retrouve Hermione et qu'on la mette à l'abri! S'exclama-t-il, tendu.
- Et comment? Elle peut être n'importe où! Répliqua Ron, tendu également.
- Chez elle? Proposa le Survivant.
- Bien sûr, le premier endroit où ils iront la chercher. Railla le rouquin. Ça doit faire maintenant des mois qu'elle est en cavale, elle ne reste sûrement pas plus d'une semaine au même endroit.
- Tu as probablement raison... Il faut qu'on essaye de la contacter.
- Et là je répète: comment? Toutes les chouettes sont interceptées, et si nous ne savons pas où elle se trouve, nous ne pouvons pas se servir d'une cheminée.
- Dans ce cas, il va nous falloir trouver de l'aide de la seule personne qui est apte à savoir où Hermione se trouve. »
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Après avoir monté sa tente, Hermione jeta tous les sorts nécessaires à sa protection autour de la clairière où elle se trouva, et s'assit dans l'herbe, buvant à grande gorgé la bouteille d'eau qu'elle avait rempli dans le lac à côté. Elle alla ensuite dans la tente et s'allongea dans le maigre espace que celle ci permettait. Ça n'avait certainement rien à avoir avec la tente palace qu'elle partageait avec Ron et Harry, mais au moins elle aurait un minimum de sécurité.
Des bruits extérieurs la réveillèrent quelques heures plus tard, alors que la nuit tombait au loin. Elle sortit discrètement de la tente et chercha la source de ces bruits. Elle ne tarda pas à identifier une personne, longeant le lac. Elle s'avança prudemment à pas de loup et tenta de voir qui était-ce. Ce ne pouvait être qu'un simple Moldu, mais on n'était jamais trop prudents, pensa-t-elle.
A première vue, c'était un homme. Un homme qui ne devait être qu'à peine plus âgé qu'elle. Il avait les mains dans les poches et observait le soleil se coucher à l'horizon. Il était dos à elle, si bien qu'elle ne put juger que par sa grande taille, ses cheveux blonds en bataille et sa posture de bad-boy. Le cœur d'Hermione manqua alors de jaillir de sa poitrine. Ces cheveux... Cette posture... Non, ça ne pouvait pas être...
Se fichant totalement du bruit, elle s'effondra au sol et essaya de respirer normalement. Elle avait l'impression que le souffle lui manquait, qu'elle était happée par un tourbillon de sentiments infimes. Elle reconnaîtrait cet homme entre mille, cette façon de se tenir debout les mains dans les poches dans n'importe quelle foule, et également cette couleur de cheveux peu communes.
Évidemment, elle était invisible à ses yeux, et elle en était heureuse. Jamais elle n'aurait pu supporter qu'il se retourne, qu'il la voit, qu'il la regarde avec ses yeux gris imperturbables, qu'il s'approche d'elle, qu'il lui caresse le visage... S'il avait fait tout ça, elle serait probablement morte d'une crise cardiaque instantanée. Il finit néanmoins par se retourner et observer la forêt. Bien qu'il ne voyait qu'un tas d'arbres et des feuilles virevoltant un peu partout dans les airs, Hermione eut l'impression que c'était elle qu'il regardait et une boule noua sa gorge.
De son côté, Drago se sentait terriblement seul. Il repensait à sa rencontre avec St Potter et Weaslaid de la veille, ainsi qu'au souvenir de Granger ayant ravivé la douleur béante dans sa poitrine. Qu'il était pitoyable: il s'était toujours promis de ne jamais se laisser souffrir pour une femme, et voilà qu'une de ces dites femmes lacérait son coeur à chaque fois que ses pensées divaguaient vers elle.
C'est alors qu'en pensant à Hermione, il eut l'impression de ne plus être si seul que ça. Son intuition le trompant rarement, il se mit sur ses gardes et scruta les alentours. Il semblait bien n'y avoir personne. Par précaution, il pratiqua la légiliment et continua de regarder autour de lui. Pas une âme qui vive. Pas même un petit écureuil qui rejoignait sa petite famille au sommet d'un arbre. Il était définitivement seul.
Ne sachant toujours pas où aller, il s'éloigna vers le fond de la forêt, les bras ballants. La solitude, d'habitude, il aimait ça, il s'isolait même souvent à l'époque de Poudlard, mais depuis la veille, il se sentait tomber au fond d'un gouffre à chaque fois qu'il réalisait qu'il n'avait personne à ses côtés. Et surtout, qu'il ne l'avait pas elle à ses côtés.
Hermione sentit le souffle lui revenir plus naturellement au fur et à mesure que Drago disparaissait de son champ de vision. Elle n'avait pu le quitter des yeux, tant il semblait... triste. Lui qui d'habitude, avait toujours ce petit air moqueur et réjoui sur son agaçant beau visage, aujourd'hui il affichait juste une de ces mines impassibles que l'on montre dans la rue, lorsque tout ne va pas très bien à la maison. Hermione ne sut combien de temps elle resta à terre, les yeux rivés sur le soleil couchant. Toujours est-il que lorsqu'elle se releva enfin pour aller dans la tente, il faisait nuit noire.
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Blaise ne supportait plus cette voix haut perchée dans les aigus que presque seul un chien pourrait entendre. Cela faisait maintenant une heure (ce qui égalait presque à une éternité) que Face-de-Serpent exposait ses plans à tous ses fidèles sujets. Il comptait infiltrer Poudlard et torturer les proches de Potter pour qu'ils lui livrent des informations, et en l'occurrence, où l'Élu se trouvait.
C'est alors que Yaxley, le Mangemort du Ministère de la Magie, demanda à prendre la parole. Les autres Mangemorts parurent outrés qu'il ose prendre la parole alors que leur Maitre bien aimé discutait de ses envies de bains de sang.
« Maitre, puis-je? Se hasarda Yaxley, en tremblant légèrement.
- Bien entendu. Répondit Face-de-Serpent. Nous t'écoutons.
- Hier, dans la journée, tandis que je vérifiais la liste des Sang-de-Bourbe encore en liberté avec quelques Rafleurs, j'ai eu une idée qui, peut-être, pourrait vous intéresser. »
Il attendit que Voldemort hoche la tête en signe d'approbation pour poursuivre.
« L'une des amies proches de Potter est une Sang-de-Bourbe, et en l'occurrence, qui ne s'est toujours pas présentée à la Commission d'enregistrement des nés-Moldus. Donc, je me suis dit que, peut-être, si les Rafleurs la retrouvaient, nous pourrions nous servir d'elle pour atteindre Potter et l'obliger à se présenter à vous pour sauver son amie. »
Blaise ne savait que trop bien de qui parlait Yaxley, et une soudaine inquiétude le rongea de l'intérieur. Il tenta de la réprimer et de se reconcentrer sur ce qu'il se passait dans la salle.
Yaxley se tut, attendant avec appréhension la réponse de Voldemort. Celui-ci ne regardait plus personne, se contentant de caresser Nagini qui ondulait sur la table face à lui. Chaque Mangemort se demandait quelle serait la réaction de leur Maître: ils avaient peur qu'il s'énerve et les tue tous sur le champ. Pourtant, il n'en fit rien et releva ses yeux rouges vers eux, un sourire machiavélique s'étalant sur son visage.
« Ton idée n'est pas si mal que ça, Yaxley. Siffla alors Voldemort, sous les regards interloqués des autres Mangemorts. Il y a néanmoins un léger souci dans ton plan.
- Lequel? Déglutit Yaxley. »
Voldemort lança alors sans que personne ne s'y attende un sort de Stupéfixion à Yaxley, qui s'envola et retomba plus loin, les membres endoloris. Les yeux rouges du responsable lançaient des éclairs.
« Comment Potter saura-t-il que nous détenons Granger? S'exclama Voldemort. Tu y as pensé, à ça?
- Nous pourrions peut-être l'attirer à Poudlard. Suggéra une voix doucereuse. »
Tout l'attention se porta sur Severus Rogue.
« Bonne idée, Severus. Approuva Voldemort. Il faudrait répandre des rumeurs comme quoi nous détenons Granger et qu'on l'amène à Poudlard. Ça pourrait marcher. Potter se précipiterait pour la sauver. »
Tout le monde approuva: bien évidemment, personne n'aurait osé le contredire.
« Maintenant, il ne nous reste plus qu'à la trouver. Dit alors Voldemort d'une voix à glacer le sang. »
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Ce matin là, Hermione se réveilla avec un mauvais pressentiment. Mais elle ne s'attarda pas dessus, car elle était devenue un peu paranoïaque à force d'errer toute seule à travers les forêts désertes d'Europe. Elle remballa sa tente, et pensa à un nouvel endroit où elle pourrait "domicilier" pour quelques jours seulement. Le froid hivernal rendait son nez rouge, et elle enfonça encore plus son bonnet sur ses oreilles, qui menaçaient de tomber.
Elle avançait, faisant craquer les feuilles sous ses pieds, et juste avant de franchir la barrière invisible de protection qu'elle avait dressé, elle entendit des éclats de voix plus loin. Cela lui rappela une soirée de quand elle était à la poursuite des Horcruxes avec ses meilleurs amis, et comme dans son souvenir, elle se figea et se fit le plus silencieuse possible. C'était une bande de Rafleurs qui passaient dans les coins, au nombre de quatre. L'un d'eux semblait plus tendu que les autres.
« On ne l'a toujours pas trouvé. Grinça-t-il. Si on ne se dépêches pas, le Seigneur des Ténèbres va débarquer en personne pour tous nous arracher la tête un par un.
- On va la trouver, Scabior. Le rassura un autre. Elle ne peut pas se cacher éternellement.
- Certain, mais si elle est réellement en fuite, elle ne doit pas s'établir au même endroit plus de... »
Il s'arrêta autant de marcher que de parler. Il ne fit plus aucun mouvement, ce qui fit tambouriner le cœur d'Hermione de peur. Elle se retrouva projetée quelques mois auparavant: c'était exactement la même situation, sauf que cette fois-ci... Elle était seule.
« Scabior? L'interpella un autre Rafleur.
- Tais toi. Répondit brutalement le concerné. »
Il inspira sans retenue et expira avec plaisir. Un long sourire tout sauf innocent s'étira alors sur son visage.
« Je reconnais cette odeur. Je l'ai déjà sentie il y a quelques mois de cela.
- Scabior, il ne faut pas qu'on traine! Il faut qu'on trouve cette foutue Sang-de-Bourbe, sinon le Seigneur des Ténèbres va devenir fou.
- Attends un peu. Ronchonna Scabior. »
Il inspira à nouveau, et le sourire carnassier qu'il afficha par la suite ne signifiait pas que ça irait bien pour Hermione, qui avait presque arrêté de respirer.
« Nous ne sommes pas tout seuls. Dit alors Scabior. »
Le cerveau d'Hermione réfléchissait à tout vitesse: devait-elle rester bêtement plantée là, à espérer qu'ils allaient finir par partir ou bien s'enfuir à toutes jambes et transplaner dès qu'il en était possible pour elle? La deuxième solution lui parut plus raisonnée sur l'instant, et elle fit alors marche arrière, en courant le plus vite qu'elle le pouvait. Cela l'avait évidemment trahi et Scabior se lança à sa poursuite, ce que les autres Rafleurs ne comprirent pas. Une fois assez loin de lui, elle transplana et atterrit dans une forêt quelque part en Irlande, qu'elle avait visité avec ses parents étant petites. Malheureusement, elle n'avait pas transplané toute seule. Scabior s'était accroché à sa jambe.
« Enfin on te trouve. Dit-il d'une voix douce. »
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Harry et Ron avaient atterri à Pré-au-Lard en transplanant, et aussitôt une alarme se déclencha. Ils coururent à travers les rues enneigées pour se cacher, et au moment où tout leur semblait perdu, on leur ouvrit une porte. Ils s'y engouffrèrent sans hésiter et descendirent de minces escaliers pour atterrir dans une petite pièce dépourvue de lumière.
« Merde Harry, où on a encore atterri? Pestifera Ron.
- Aucune idée mais... Cet homme ressemblait étrangement à... »
Pas la peine d'achever sa phrase: Ron voyait très bien de qui voulait parler Harry. D'ailleurs, le concerné arriva après avoir visiblement verrouillé toutes fenêtres et portes.
« Êtes-vous devenus fous de vous aventurer là en des temps pareils? Leur dit le vieil homme qui les avait sauvé d'un ton mécontent. Tout le monde vous recherche, enfin.
- Nous devions venir, Monsieur. C'était capital. Dit Harry, troublé par la ressemblance du vieil homme avec son ancien directeur.
- Et qu'est ce qui pouvait être si "capital" pour que vous deveniez suicidaire, si ce n'est pas trop indiscret, Monsieur Potter?
- Je... ne peux pas vous en parler.
- Encore une mission de mon frère, n'est ce pas? Demanda sombrement le vieil homme.
- Vous êtes... Vous êtes Alberforth! Alberforth Dumbledore. S'exclama alors Ron. Mince alors, je me disais bien qu'il y avait une ressemblance.
- Bien vu, jeune homme. Railla le dénommé Alberforth. »
Il leur servit à chacun une chope de Biéraubeurre, qu'ils avalèrent en une gorgée. Albeforth marcha dans la pièce, les yeux rivés sur un tableau qui attira l'attention d'Harry.
« Qui est-elle? Demanda timidement Harry en désignant le portrait du doigt.
- Ma petite sœur. Répondit-il à voix basse. Ariana.
- Celle qui est morte très jeune? Se hasarda Ron.
- Elle même. »
Il ne dit plus rien et s'avança vers le portrait de sa sœur, qui le contemplait également.
« Vous êtes venus dans le but de retourner à Poudlard? Demanda finalement Alberforth, sans quitter le portrait de sa sœur du regard.
- Eh bien, oui. Répondit Harry sans plus attendre. Mais nous ne savons pas vraiment comment y rentrer, et...
- Va chercher les autres. Le coupa Alberforth, en parlant au portrait. »
Aussitôt, la représentation d'Ariana hocha vigoureusement la tête et s'éloigna dans le tableau. Quelques secondes plus tard, on ne voyait plus qu'un paysage dans le tableau.
« Où est-elle passée? S'étonna Ron, scrutant le tableau.
- Tu vas voir. Lui sourit Alberforth. »
En effet, quelques instants plus tard, Ariana revint au pas à son emplacement. Mais elle n'était plus seule. Quelqu'un était avec elle. Les deux jeunes hommes plissèrent les yeux pour essayer de reconnaître qui c'était et un grand sourire s'afficha sur leur visage lorsqu'ils reconnurent Neville Londubat.
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Scabior, tout fier, ramenait Hermione en la tenant par les cheveux à ses collègues Rafleurs. Ils restèrent stupéfaits un instant en reconnaissant la fille sur l'affiche que leur avait donné le Ministère pour qu'ils la retrouvent.
« Comment tu as...? S'étonna le Rafleur qui avait l'air idiot.
- Cette petite futée a cru m'échapper à la course, mais je cours toujours plus vite. Répondit Scabior, en caressant le visage d'Hermione, qui tourna brusquement la tête.
- C'est génial. On va pouvoir la ramener au Seigneur des Ténébres et tendre un piège à l'autre idiot de Potter! S'exclama le Rafleur idiot, avec un grand sourire.
- Oh, on n'est pas obligés de l'amener maintenant. On peut... s'amuser un petit peu. »
A ces mots, Hermione ferma brusquement les yeux et respira difficilement. Cette réaction amusa Scabior, qui aimait bien jouer avec ses victimes avant de les livrer.
« Dis moi, ma jolie, dit-il en jouant avec une mèche de cheveux d'Hermione. Qu'est ce que tu faisais toute seule sans défense dans une forêt isolée? »
Elle ne répondit rien et défia le regard du Rafleur.
« N'aie pas peur, on ne va pas te manger. Réitéra Scabior avec un sourire qui laissait des sueurs froides à Hermione. Enfin, eux je pense pas, moi ça reste à voir. Tu sens tellement bon. C'est quel parfum? »
Encore une fois, elle resta silencieuse et expira le plus calmement possible, tandis que Scabior continuait à jouer avec ses cheveux. Les autres Rafleurs regardaient la scène avec amusement.
« Aurais-tu laissé ta langue en Irlande, mon chou? Lui susurra-t-il à l'oreille. »
Elle ne répondit qu'en déglutissant bruyamment et Scabior la relâcha enfin. Elle se sentit respirer de nouveau.
« Elle est trop drôle, celle là. Dit Scabior en éclatant d'un rire cinglant. Allez va, ramenons là dans la Forêt Interdite, le Seigneur des Ténébres nous attend là bas. »
L'un des Rafleurs poussa Hermione dans le dos si violemment qu'elle en tomba par terre. Une larme s'échappa de ses yeux, mais elle l'essuya rageusement et se releva avec toute la dignité dont elle était encore capable, et avança à la suite de ces hommes dénués de compassion.
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« Je vous préviens, Poudlard a bien changé depuis le début de l'année. Vous n'allez sûrement plus rien reconnaître. Dit Neville à Harry et Ron, qui le suivaient dans un long couloir.
- On n'en doute pas, avec Rogue comme directeur. Dit Ron. »
Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent au bout du tunnel. Neville poussa une porte (qui devait être un tableau, comme chez Alberforth) et descendit le premier les escaliers. Harry et Ron attendirent, dans l'ombre, en observant la salle dans laquelle ils allaient entrer. C'était bien évidemment la Salle sur Demande, ça ils l'avaient tout de suite deviné, au vue de tous les matelas, lits, etc... qui s'y trouvaient, ainsi que la grande concentration d'élèves de l'école.
« Tiens, Neville est revenu! S'exclama un élève que Harry reconnut comme Seamus Finnigan. Qu'est ce qu'Alberforth te voulait?
- Vous allez voir. Répondit Neville avec un grand sourire. »
Harry et Ron prirent ça pour un accord et ils descendirent à leur tour les petits escaliers. La réaction des autres élèves fut instantanée. Harry et Ron furent accueillis par de grandes embrassades, des cris de joie et des sourires à mettre la larme à l'œil. Cela faisait longtemps que les deux amis n'avaient pas eu aussi chaud au cœur.
« Mais qu'est ce que vous faites ici? S'exclama Dean Thomas en serrant les deux garçons contre lui.
- Eh bien, nous sommes à la recherche de ce qui pourrait détruire Vous-Savez-Qui pour de bon. Répondit tout de suite Harry. »
Il ne put en dire plus, car Ginny et Lavande venaient d'arriver dans la salle. Elles regardaient Harry et Ron, stupéfaites. La première à réagir fut Lavande: elle courut jusqu'à Ron et lui sauta dans les bras. Il enlaça sa petite amie et lui caressa les cheveux. Elle s'accrochait désespérément à son cou, comme si elle avait peur qu'il s'en aille de nouveau.
Ginny, quant à elle, n'arrivait pas à bouger, à faire le moindre mouvement. Elle fixait Harry du regard, tandis que lui ne la quittait également pas des yeux. Personne ne parlait, on entendant juste les respirations régulières. Finalement, c'est Harry qui réagit et s'avança vers Ginny. Une fois près d'elle, il la prit dans ses bras et elle le serra si fort contre elle qu'il crut qu'il allait étouffer. La peur qui avait alors serré le ventre de l'Élu pendant ces longs mois s'envola légèrement.
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Dans la soirée, Hermione arriva dans la Forêt Interdite avec les Rafleurs. Elle vit un attroupement plus loin, sans aucun doute les Mangemorts. Elle remarqua rapidement Voldemort, le seul chauve présent. Scabior s'avança, en tirant Hermione par la manche.
« Mon Seigneur! Jubila-t-il. Regardez ce que je vous apporte. »
Il lâcha subitement Hermione et la jeta en face. Elle se retint de justesse pour ne pas tomber et se retrouva à seulement quelques mètres de Lord Voldemort pour la toute première fois de sa vie (et, elle l'espérait, la dernière). Celui ci daigna poser son regard de serpent sur la jeune femme, et aucune réaction visible ne passa sur son visage.
« Où l'avez-vous trouvé? Demanda-t-il alors sans quitter Hermione du regard.
- Dans une forêt, quelque part dans le Nord du pays. Elle était toute seule, c'était vraiment trop facile. »
Un silence pesant s'ensuivit. Tous les regards étaient braqués sur Hermione, qui crut qu'elle allait vomir sur place.
« J'ai entendu dire que Harry Potter avait été aperçu dans Pré-au-Lard. Dit alors Face-de-Serpent. C'est le moment idéal pour se servir de notre appât: il vient sans aucun doute se rendre à Poudlard, et lorsqu'il apprendra que nous détenons sa Sang-de-Bourbe de meilleure amie, il deviendra fou et fera ce que je lui dis au pied et à la lettre.
- C'est un plan brillant, mon Seigneur. Vraiment brillant. S'exclama une petite voix idiote, qu'Hermione reconnut comme celle de Bellatrix Lestrange.
- Évidemment, mais c'est surtout moi qui suis brillant. Corrigea Voldemort, sans une ombre de modestie.
- Bon, alors quelle est notre récompense? Lança Scabior, avec avidité. »
Voldemort le regarda. Scabior se dit à ce moment là qu'il aurait mieux fait de la fermer. Le Seigneur des Ténébres stupéfixia alors Hermione et la fit léviter.
« Votre récompense sera de rester en vie, sombre idiots. Siffla Voldemort. Allez, suivez moi. »
Tout en faisant léviter la jeune femme, Voldemort et sa bande de Mangemorts avancèrent le long de la forêt, suivis par une bande de Rafleurs boudeurs. Ils arrivèrent bientôt à la lisière de la forêt, et aperçurent le grand château face à eux. Pendant la marche, Hermione aperçut un grand métisse au visage dur. Son cœur se serra, et une autre larme s'échappa pour rouler doucement sur sa joue.
Lorsque Voldemort, en tête de la marche, s'arrêta brusquement, tout le monde s'arrêta également. Hermione cessa de flotter dans les airs et atterrit durement sur le sol. Elle retint un cri d'exclamation et se massa le dos, tandis qu'elle toussait bruyamment. Pas loin d'elle, Blaise la regardait, les dents serrées.
« Bellatrix? Dit alors la voix sifflante de Voldemort. »
L'interpellée réagit au quart de tour et se précipita pour se retrouver face à son Maitre bien aimé.
« Oui, mon Seigneur? Répondit-elle avec une euphorie non dissimulée.
- Veuillez emmener Miss Granger devant Poudlard, afin que tout le monde sache que nous la détenons. Je suis persuadé que Monsieur Potter a déjà infiltré le château et qu'il sera dans les premiers au courant.
- Tout de suite, Maitre! »
Bellatrix attrapa violemment Hermione par le bras et elle fila à la vitesse de la lumière devant l'entrée. Bien évidemment, elle fut arrêtée en chemin par les protections que possèdent l'école. Elle aperçut néanmoins quelqu'un dans la cour, qu'elle reconnut comme un professeur.
« Youhouuuuuuuuuu! Hurla-t-elle en sautillant de partout. »
Le professeur, qui n'était autre que Horace Slughorn, tourna la tête et son visage se décomposa lorsqu'il reconnut Bellatrix Lestrange, mais qu'en plus elle semblait avoir une prisonnière.
« Vous pouvez dire à tous vos petits imbéciles d'élèves que le Seigneur des Ténébres et toute son armée se trouve là. Et inutile de fuir, ahah, on aura accaparé le château avant même que vous n'ayez prévenu tout le monde! »
Slughorn resta de marbre, tentant d'identifier l'otage de Bellatrix. Il crut reconnaître l'une de ses anciennes élèves, mais n'étais pas sûr.
« Un problème? Relança alors Bellatrix, tirant d'avantage Hermione.
- Veuillez laisser immédiatement cette élève tranquille. Dit alors brusquement Horace, mais le tremblement dans sa voix le trahit.
- Une élève? Mais elle n'est plus élève ici, voyons. Dit Bellatrix en éclatant de rire. Ce n'est qu'une misérable Sang-de-Bourbe qui fait honte à la société magique. Regardez la, avec ses fringues horribles de Moldus et sa tignasse mal coupée. »
Horace crut alors reconnaître la personne et ses yeux s'écarquillèrent pour de bon. Il courut à l'intérieur pour prévenir le professeur McGonagall. Une fois le professeur hors de vue, Bellatrix bascula la tête en arrière pour rire de ce rire mauvais qui faisait froid dans le dos. Elle attrapa Hermione par les cheveux et cessa nettement de rire.
« Je ne sais pas ce qui me retient de te tuer, sale Sang-de-Bourbe. Cracha Bellatrix.
- Sûrement parce que votre Maitre adoré ne vous en a pas donné l'autorisation, et comme vous ne savez rien faire d'autre que son toutou. Grinça alors Hermione, parlant pour la première fois depuis plusieurs heures, si bien que sa voix était rouillée. »
Elle avait du faire preuve d'énormément de courage pour dire ça, et Bellatrix n'en sembla pas très ravie. Elle jeta Hermione à terre. Celle ci sentit du sang dans sa bouche, et se rendit compte qu'elle s'était écorchée la lèvre.
La suite devint alors floue. Elle se souvint que l'horrible Mangemorte avait dit quelque chose, la baguette pointée sur elle. Ensuite, elle se rappelle avoir été parcourue d'horribles sensations de douleurs. C'est comme si un feu ardent brûlait en elle. Elle se contorsionnait de douleur, priant le ciel pour que ça s'arrête. Puis après... le noir complet. Elle ne sut pas comment elle s'était retrouvée dans cette salle, avec des tas de gens marchant autour d'elle.
Elle se leva lentement, les membres endoloris comme jamais. Elle passa une main sur sa lèvre: elle ne saignait plus. Elle se sentait sale, avec toute cette terre dans ses cheveux et sur son visage. Tout se mit alors à tourner autour d'elle, et elle se tint la tête entre les mains.
« Tu t'es levée trop vite. »
Incrédule, Hermione entrouvrit légèrement la bouche quand elle vit qui lui passait un gant d'eau froid sur la tête pour que sa tête arrête de tourner. Il la fit doucement rallonger et laissa le gant sur son front.
« Attends encore un peu avant de te lever, et vas-y plus doucement. Lui sourit-il.
- Qu'est ce qui... Commença Hermione, mais elle s'arrêta de parler à cause d'une douleur soudaine au front.
- Les maux de têtes sont apparemment courants quand on a été soumis au sortilège Doloris. Lui expliqua-t-il.
- Doloris? Répéta-t-elle, interloquée. Qui m'a fait ça?
- Bellatrix Lestrange, bien sûr. C'est McGonagall qui t'a retrouvé comme ça, par terre en train de te tordre de douleur. Lestrange était stupéfixié à côté de toi. On ne sait pas qui l'a fait, mais en tout cas, cette personne t'a sauvé la vie. »
Tout allait beaucoup trop vite dans la tête d'Hermione. D'abord, Bellatrix lui avait jeté un Doloris, quelqu'un avait stupéfixié son agresseur, et maintenant, elle se retrouvait dans une grande pièce qu'elle n'avait jamais vu, avec Seamus Finnigan qui veillait sur elle. Comment tout ça avait pu se passer en si peu de temps?
« Elle t'a salement amochée, cette cinglée. Grommela Seamus dans sa barbe.
- Où on est? Finit-elle par demander.
- Dans la Salle sur Demande, bien sûr. McGonagall s'est empressée de t'amener à Ginny et Lavande, qui étaient sorties de la salle pour aller chercher je ne sais plus trop quoi.
- Et Rogue? Il est au courant que la moitié de Poudlard est ici?
- Bien sûr que non. Heureusement pour nous, d'ailleurs. Sinon, les Carrow n'auraient fait qu'une bouchée de nous tous.
- Les Carrow? Répéta Hermione.
- Le frère et la sœur Mangemorts. Ce ne sont pas des gens qui ont de la bonté d'âme, si tu vois ce que je veux dire.
- D'accord, je vois, et les autres? Je veux dire, Tu-Sais-Qui a prévu d'attaquer le château, parce qu'il sait qu'Harry est là... D'ailleurs, en parlant de ce sombre crétin qui se met toujours dans des situations impossibles tout seul, il est où?
- Dans les bras de Ginny au fond de la salle. Répondit Seamus, en s'asseyant à côté d'Hermione. Ça fait plus de dix minutes qu'ils sont comme ça, au moins. Je crois qu'ils rattrapent le temps perdu.
- Mais ils le rattraperont plus tard! Se révolta Hermione. Le château va être pris d'assaut par Face de Serpent, il faut vite faire quelque chose!
- Rallonge toi Hermione, tu vas finir par te faire vomir. »
Elle obtempéra en soufflant et croisa les bras sur sa poitrine.
« Arrête de bouder pour rien. Rit Seamus. Ne t'en fais pas pour le château, tous les membres du corps enseignant sont en train de s'occuper de sa protection.
- Ça m'étonnerait que Rogue soit d'accord.
- Lui et les Carrow ont pris la fuite quand il y a eu la scène dans la Grande Salle. Harry s'est faufilé dans la masse avec tous les membres de l'Ordre, tu aurais du voir ça, c'était magique. Rogue a eu peur et s'est enfui, et les Carrow l'ont suivi.
- J'aurais pu voir ça si je n'étais pas en train de comater. Râla Hermione.
- Dans quelques minutes, tu iras mieux ne t'inquiète pas. Pom-Pom t'a administré un remontant pendant ton sommeil. »
Hermione se passa les mains sur son visage et respira calmement. Elle reposa ses bras le long de son corps et détailla le plafond d'un air absent. Elle sentit alors une main se serrer dans la sienne.
« Ça va aller, ne t'en fais pas. La rassura Seamus, ce qui lui fit chaud au cœur. »
Dire que quelques semaines auparavant, il était parti avec le regard le plus haineux qu'elle avait jamais vu. Et désormais, ce regard était devenu rassurant et avenant. Hermione se sentit libérée d'un poids.
« Tant que tu es là, je... voulais m'excuser de ce qu'il s'est passé à Noël. Dit alors Hermione, les joues un peu rouges. Avec Malefoy.
- Ce n'est pas important, Hermione. Tout ce qui compte pour le moment, c'est que tu ailles mieux. Dit Seamus. »
Il voulait paraître détendu, mais Hermione avait senti sa main se crisper lorsqu'elle avait parlé de Drago.
« Tu peux aller chercher Harry et Ron, s'il te plaît? Demanda-t-elle alors timidement.
- Bien sûr. »
Il se leva et alla chercher les garçons. Hermione tenta de se rassoir, mais pas moyen, sa tête tournait toujours autant. Elle jurait que si elle mettait la main sur Bellatrix Lestrange, elle lui ferait la peau comme il se doit. A peine quelques secondes plus tard, elle vit une chevelure brune et une autre rouquine se précipiter sur elle. La chevelure brune l'enlaça de toutes ses forces.
« Hermione, mon Dieu Hermione, tu vas bien, Dieu merci. Haleta-t-il en la pressant contre elle.
- Lâche moi idiot, tu m'étouffes. Réussit-elle à dire. »
Il la desserra, et à peine put-elle de nouveau respirer que Ron fondit sur elle et l'enlaça à son tour. Il la relâcha quelques instants après, et elle expira longuement. Elle leur en voulait encore de l'avoir renvoyé chez elle quelques mois plus tôt, et même si elle était folle de joie de les revoir, elle comptait bien les faire mariner un peu pour se venger.
« Est ce que ça va? Lui demanda Harry, ses yeux verts brillants d'inquiétude.
- Je ne suis jamais sentie aussi bien. Répondit Hermione avec un sourire faux. Mes meilleurs amis m'ont abandonné toute seule pendant des mois, je me suis fait capturée par une bande de rafleurs complètement psychopathes, ils m'ont amené à Face de Serpent pour servir d'appât afin de t'attraper, cette cinglée de Bellatrix m'a fait le Doloris, j'ai failli en mourir et maintenant j'ai un mal de tête à faire jaillir mon cerveau par mes oreilles. Que demander de plus?
- Tu nous en veux? Se hasarda Ron.
- Bien sûr que non! S'exclama-t-elle avec un clignement d'yeux moqueur. Pourquoi vous en voudrais-je de n'en avoir fait qu'à votre tête comme toujours et de m'avoir laissé toute seule dans le danger? Il n'y a pas de soucis.
- On est vraiment désolés Hermy, on a fait ça pour ton bien, on a eu peur pour toi et...
- POUR MON BIEN? Explosa Hermione, ignorant le marteau piqueur qui résonnait dans sa tête. J'ai failli être tuée à cause de votre bêtise, tout ça parce que vous m'avez prise pour une faible petite fille! Je n'ai plus onze ans, les garçons, j'en ai presque dix-huit et je ne suis pas une fragile petite poupée de porcelaine! Alors, croyez moi que votre inquiètude envers moi me touche beaucoup, vraiment mais au fil des années, ça en devient ridicule et exaspérant! Oui, je vous en veux, j'aurais voulu rester avec vous, et au lieu de ça, je suis restée toute seule des mois dans la peur et l'angoisse. Je ne peux que vous remercier. »
Son mal de tête s'était dissipé. A croire qu'en laissant exploser sa colère, le mal était parti avec. Les garçons semblaient terriblement gênés: au moins le discours de la jeune femme les aura touché. Elle afficha une mine renfrognée et regarda dans le vide.
« Désolé, Hermione. Se hasarda alors Harry.
- Il me faudra plus que des excuses pour vous pardonner. Répliqua-t-elle.
- Tu ne vas tout de même pas nous bouder éternellement? S'offusqua Ron. Il y a une guerre qui se prépare, c'est pas le moment de faire tes caprices de princesse!
- Je ne vais pas vous bouder, je ne suis pas aussi puérile. Je vais simplement vous ignorer, ainsi j'espère que vous apprendrez de vos erreurs et que vos choix ne sont pas toujours les meilleurs. »
Elle se mit alors sur ses pieds et marcha jusqu'à ce qu'elle reconnut Luna, voulant discuter avec quelqu'un qui ne lui prendrait pas la tête. Les deux garçons regardaient toujours Hermione, interloquée.
« Elle a pété une durite ou quoi? S'exclama Ron.
- Non Ron, c'est juste sa colère, sa peur qu'elle refoule depuis plusieurs mois. Elle a fini par exploser, c'est normal. Déduit Harry.
- N'empêche, dit Ron après un silence, elle n'y est pas allée de main morte. »
Beaucoup de monde enlaça Hermione, heureux de savoir qu'elle s'en était sorti. Elle alla s'assoir à côté de Ginny, qui semblait encore aux anges d'avoir retrouvé Harry. Elle était inquiète, oui c'était sûr mais heureuse d'avoir retrouvé l'homme qu'elle aimait.
« Hermione... S'exclama Ginny, la bouche grande ouverte.
- Quoi? S'étonna la concernée.
- Qu'est ce que tu as sur le bras? »
Surprise, Hermione regarda son bras et crut qu'elle allait vomir tout ce qu'elle avait dans le corps. Bellatrix ne s'était pas contentée de lui infliger le Doloris: elle lui avait laissé un petit souvenir sur l'avant bras gauche.
Cette fois ci, elle craqua pour de bon. Les larmes roulèrent sur ses joues, elles dégringolèrent sans qu'elle ne puisse rien faire pour les arrêter. Elle avait l'impression que le mur de pierre qu'elle avait forgé autour d'elle pour se protéger de tous les dangers extérieurs s'était lamentablement effondré.
Ginny regarda le bras d'Hermione, et elle sembla bouleversée également. Elle prit son amie dans ses bras et même si ça ne la consolerait certainement pas, elle lui caressa doucement les cheveux.
Car en effet, comment consoler quelqu'un à qui on a scarifié "Sang-de-Bourbe" sur le bras?
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« Pourquoi Bella ne revient pas? Lança Voldemort, la colère se sentant dans sa voix.
- Vous voulez que j'aille voir, Maître? Se hasarda Lucius.
- Non! S'exclama Voldemort. Nous devons attendre encore. Nous devons attendre que Potter vienne. »
Tout le monde mourrait d'envie de le contredire et prendre le château d'assaut, mais contester le Maitre, c'était signer son arrêt de mort. Aussi, chaque Mangemort attendit, dans une patience masquée.
Blaise, au côté de ses parents, trouvait la situation de plus en plus grotesque. Il était évident qu'en ayant vu Bellatrix avec Hermione en otage, quelqu'un s'était chargé de la Mangemort et avait sauvé Hermione. Face de Serpent se faisait beaucoup trop de fausses idées. Autant attaquer le château tout de suite.
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Tout le monde sorti de la Salle sur Demande, tout Poudlard se réunit dans la Grande Salle, afin de décider quoi faire. Des bribes de voix fusaient de partout, chacun ayant sa théorie sur le point d'attaque. C'est lorsque la voix de Voldemort retentit à toutes les oreilles pour menacer de tuer tout le monde si Harry n'allait pas le retrouver dans la forêt interdite une heure après se fit entendre que tout le monde se calma. Il y eut ensuite un silence gênant, durant lequel tous les regards étaient braqués sur Harry.
« Pourquoi t'es revenu, sale idiot? Par ta faute, on va tous se faire tuer! »
La voix nasillarde de Millicent détourna l'attention de Harry. Une de ses camarades lui lança alors un sort, et elle s'évanouit au sol. Étonnés, les regards se braquèrent sur Pansy Parkinson, qui semblait quelque peu gênée.
« C'est parti tout seul. Dit-elle, avec une moue faussement désolée. »
Quelques uns rirent, mais le sérieux revint vite lorsque McGonagall éleva la voix. Finalement, le stratagème fut qu'ils allaient attendre l'attaque des Mangemorts et se battre dans le courage et l'adversité. Les membres de l'Ordre se postèrent à chaque entrée potentielle du château, tandis que les autres attendaient dans la cour, anxieux.
La suite, personne ne la vit venir. Des éclairs de lumières jaillirent de partout, des Mangemorts ainsi que des monstres de la Forêt Interdite déboulèrent sans prévenir. La bataille commença alors. Des sorts jaillissaient partout, tandis que chacun et chacune essayait de s'épargner. Évidemment, Harry, Ron et Hermione étaient partis dans le château afin de trouver et détruire les Horcruxes.
Tandis qu'ils couraient vers la Chambre des Secrets détruire la coupe de Poufsouffle et que Harry se dirigeait vers la tour de Serdaigle pour dénicher le possible Horcruxe, un Mangemort réussit à s'infiltrer dans le château. Hermione reçut un sort de saucisson et tomba à terre, ligotée. Ron s'arrêta momentanément, mais elle l'incita du regard à poursuivre sans elle. Il la regarda un instant mais se remit à courir. Elle attendit, anxieuse, son sort. Elle se doutait bien qu'elle allait mourir. Le Mangemort courut vers elle et la retourna sur le dos pour la regarder.
« Où vous courriez comme ça, toi et ton petit copain? Railla un grand homme au teint livide. »
Elle lui donna alors un coup de pied dans le tibia. Il parut surpris quelques secondes, mais se reprit vite. Il avait l'air très en colère.
« Tu vas me le payer, ignoble pauvre Sang-de-Bourbe. Grinça-t-il. »
Elle ferma les yeux, ne pouvant croire que c'était réellement la fin.
« Avada kedav...
- EXPELLIARMUS! »
Avant qu'il n'ait pu achever son sortilège, le Mangemort s'envola et atterrit au loin, se prenant en plein dans le mur. Il retomba au sol, assommé pour plusieurs heures au moins.
Tout s'était passé trop vite pour qu'elle ait pu suivre quoi que ce soit. Toujours est-il qu'on la délia rapidement et qu'elle ressentit son sang circuler dans ses veines. Elle se releva difficilement, et s'apprêtait à sauter au cou de son sauveur. Cette idée la quitta lorsqu'elle vit son visage.
« Qu'est ce que tu... Souffla-t-elle, choquée.
- Un simple merci suffira. Railla-t-il.
- Même en pleine guerre, tu trouves le temps de faire de l'humour? S'indigna-t-elle.
- Tu ne regardes jamais les films? Il y a toujours un rigolo pour détendre l'atmosphère trop tendue. »
Elle ne répondit rien et baissa les yeux au sol, ne voulant pas croiser ce regard si hypnotique.
« Est que ça va? Demanda doucement Drago.
- Eh bien, après avoir échappé par deux fois à la mort, je pense que je ça peut aller, ouais. Répondit-elle, toujours les yeux rivés par terre.
- Cette salope de Bellatrix. J'ai bien cru que j'allais la tuer sur place quand j'ai vu ce qu'elle te faisait. »
Cette phrase lui fit immédiatement relever les yeux vers Drago.
« C'était toi? Murmura-t-elle, à bout de souffle.
- Je me suis retenu de la tuer, mais je regrette. J'aurais du. Elle n'avait pas à te faire subir ça. Quelle garce...
- Tu m'as sauvé la vie. Deux fois. Conclut Hermione, interloquée.
- Oh, c'était trois fois rien, et puis la stupéfixier a été un jeu d'enfant. Se vanta Drago, pompeux. Cet idiot, encore mieux. Il ne m'a même pas vu venir. Voldy ne prend vraiment que des gens idiots dans ses rangs, il devrait un peu plus approfondir l'intellig... »
Il n'avait pas terminé sa phrase que la jeune femme lui sauta au cou. Elle le serra de toutes ses forces, la tête dans son cou. Drago, gêné de ce soudain rapprochement entre eux, resta de marbre et attendit qu'elle se dégage. Ce qu'elle fit au bout de quelques secondes, les larmes aux yeux.
« Merci, Drago. Merci. Souffla-t-elle, bouleversée.
- Oui bon, arrête cette scène larmoyante, on a autre chose à faire que se noyer dans la guimauve. Je propose plutôt que nous tentions de sauver notre vie.
- Mais enfin, je ne vais pas me cacher sans aider les autres! Se révolta Hermione.
- Tu es suicidaire, ces derniers temps?
- Écoute, il faut que j'aille retrouver Ron. Il est parti vers la Chambre des Secrets, on devait le détruire tous les deux mais à cause de ce Mangemort, je n'ai...
- Détruire quoi? »
Merde fut la première chose qui vint à l'esprit d'Hermione. Elle avait dévoilé une partie de ce qu'elle devait faire à Drago. Elle prit alors la fuite, en espérant qu'il ne la suive pas. Pourtant, c'est ce qu'il fit et il se retrouva bien vite avec elle dans la Chambre des Secrets. Elle vit Ron au loin, en train d'arracher un croc du Basilic. Elle se rua à sa suite.
« Ron! Hurla-t-elle. »
Il se retourna vivement et il fut soulagé de la voir.
« Tu vas bien? Lui demanda-t-il une fois qu'elle fut près de lui.
- Oui, ça va. Drago m'a sauvé, et...
- Drago? S'exclama Ron.
- Lui-même, Weaslaid. Ricana le concerné en s'avançant vers eux.
- Comme si te voir déjà la dernière fois ne nous avait pas suffisamment exaspéré. Soupira Ron.
- Quoi? Vous vous êtes vus? Quand? Demanda Hermione.
- Plus tard, pour l'instant on doit à tout prix se débarrasser de ce que tu sais. »
La jeune femme approuva, et il s'agenouilla en face de la coupe par terre. Il tendit le crochet de Basilic à Hermione, qui trembla légèrement en le tenant dans sa main. Drago, ne sachant pas du tout pourquoi ces deux ex Gryffondor se tenaient autour d'une vieille coupe laide et sans utilité avec une dent de Basilic mort, se tint un peu à l'écart. Hermione n'attendit pas plus longtemps et planta la dent dans la coupe. Aussitôt, l'âme de Voldemort présente dans l'objet se révolta contre ses agresseurs mais s'évanouit rapidement. Effrayée sur le moment, Hermione s'était jetée dans les bras de Drago, qui l'avait serré contre elle. Ils étaient toujours dans cette posture lorsque Ron rouvrit les yeux et les vit comme ça. Il leur fit un sourire goguenard. En remarquant comment ils étaient, Drago poussa légèrement Hermione et fit mine de rien, tandis que celle ci rougissait.
« On y va? Dit Ron, sans cacher son amusement.
- Oui, allons y. Répondit Hermione, morte de honte. »
Comment avait-elle pu autant se laisser aller en se jetant sur Malefoy? Tous les trois sortirent de la chambre et rejoignirent le mouvement de guerre. La bataille continua un moment, chacun donnait du sien. Au moment où elle s'y attendait le moins, néanmoins, Hermione se sentit heurter de plein fouet par un sort. Elle s'envola dans les air et atterrit violemment contre le mur le plus proche. Elle s'effondra à terre, et la dernière chose qu'elle entendit fut son prénom répété à plusieurs reprises par quelques personnes. Ensuite, elle s'évanouit.
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Combien de temps s'était écoulé depuis qu'elle avait sombré dans un long sommeil? Que s'était-il passé entre temps? Était-elle en fait morte? Hermione n'en avait strictement aucune idée. Elle pensait être quelque part entre la vie et la mort. Elle ignorait totalement où elle se trouvait, elle ne savait même pas si elle était encore endormie ou éveillée. Toujours est-il qu'elle distinguait des voix autour d'elle. Pas très nettement, mais elle arrivait à entendre quelques bribes de conversation.
« ... médicomage a dit que son coma serait indéterminé.
- Ça fait déjà deux semaines... elle se réveillera?
- ... sont optimistes mais... possible qu'elle... oubliée certaines choses.
- Comme?
- Ils ne savent pas. »
Sans savoir si elle s'était à nouveau "rendormie" ou juste si la conversation s'était arrêtée, elle n'entendit plus aucun bruit, aucun son.
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Comme tous les jours depuis les trois dernières semaines, Harry se présenta de bonne heure à Ste Mangouste. Il se dirigea vers la chambre 45 à l'étage 4 et toqua doucement. Comme chaque jour, c'est Molly qui vint lui ouvrir.
« Bonjour. Dit-il poliment.
- Bonjour, Harry. Lui répondit-elle. Entre, les autres sont déjà là. »
Il hocha la tête et rentra dans la pièce. Il vit Ron et Ginny, assis sur leurs chaises. Ils discutaient, tandis qu'Arthur Weasley s'entretenait avec un guérisseur au fond de la pièce. Il prit place entre Ron et Ginny. Celle-ci, encore en froid avec lui, détourna la tête et entama une discussion avec sa mère.
« Du nouveau? Demanda inutilement Harry à Ron.
- Pas grand chose. Lui répondit-il. Ils continuent de l'examiner chaque jour, elle est toujours dans le même état.
- Tu penses qu'elle nous aura oublié en se réveillant?
- Je n'espère pas... Souffla Ron. »
Il y eut alors du mouvement du côté de la salle où il y en avait rarement vu. Chacun s'arrêta dans sa conversation et braqua son regard sur la patiente. Elle remuait et disait des choses incompréhensibles. La première à réagir fut Ginny et elle se précipita au chevet de son amie. Elle prit sa main dans la sienne, jetant des coups d'oeils alarmés au guérisseur au fond de la salle.
« Qu'est ce qu'il lui arrive? S'exclama-t-elle.
- Je crois que votre petite protégée est en train de se réveiller. Dit il après un silence, un sourire encourageant sur le visage. »
Aussitôt dit, les paupières de la jeune fille se soulevèrent doucement. Elle regarda tout autour d'elle, l'air d'avoir avalé trois tonnes de cachets. Chaque personne dans la salle avait peur qu'elle les ait oublié, suite à ce sort. Pourtant, lorsqu'elle ouvrit enfin totalement les yeux, elle fronça les sourcils et regarda Ginny d'un air incrédule.
« Gin? Qu'est ce que... Murmura-t-elle, visiblement très fatiguée. »
Celle-ci soupira bruyamment et la serra contre elle.
« Par la barbe de Merlin, Hermione, tu vas bien bon sang, tu vas bien...
- Laissez lui le temps de se réveiller totalement. Lui dit doucement le médecin. Comment vous sentez-vous? Demanda-t-il d'une voix bienveillante à Hermione.
- Bizarre. Répondit-elle honnêtement, la voix rauque.
- C'est normal. Vous avez été dans une sorte de coma pendant trois semaines. Lui expliqua le médecin.
- Trois... semaines? S'étonna-t-elle.
- Eh oui. C'est ce qui s'appelle un gros dodo. Plaisanta-t-il. »
Elle regarda tour à tour Ginny, Harry, Ron, Molly et Arthur. Puis, finalement, elle posa une question qui lui brûlait les lèvres.
« Quel... quel jour sommes nous?
- Le vingt-six février. Lui répondit le guérisseur.
- De quelle année? Ajouta-t-elle.
- 1998. »
Le regard alarmé de la jeune fille ne rassura pas du tout le reste des personnes.
« Vous êtes sûr? Demanda-t-elle au médecin, qui ne semblait pas le moins du monde étonné de l'effarement de la jeune femme.
- Tout à fait.
- Hermione? Se hasarda alors Molly. Tu croyais que nous étions le combien?
- Je... Pensais qu'on était en 1997. »
Ron baissa les yeux au sol et Harry regarda son amie comme si elle venait de dire la pire des absurdités. Ginny resserra la pression de la main de son amie et Molly s'assit au bout du lit, tandis qu'Arthur, resté au bout de la salle, n'affichait aucune expression particulière.
« Qu'est ce que ça signifie, docteur? Demanda Molly.
- Nous allons faire des tests mais je pense bien que l'année qui vient de passer a été effacée de la mémoire de Miss Granger. »
Hermione ne comprenait absolument rien à tout ce que ce médicomage disait. Elle tourna la tête vers Ginny, cherchant un peu de réconfort. Mais elle se contenta de lui sourire sans grande conviction.
« Je pense qu'elle a besoin de repos, vous devriez la laisser quelques minutes seule, pour qu'elle puisse récupérer. Suggéra le médecin. Vous pourrez revenir la voir dans une dizaine de minutes. »
Tout le monde approuva, et ils sortirent en silence, chacun avec un sourire qui se voulait encourageant à Hermione. Elle leur rendit, incertaine et une fois tout le monde sorti, il ne restait plus qu'elle et le médicomage. Il s'approcha et s'assit sur la chaise en face d'elle.
« Je voudrais juste mettre quelques petites choses au point avec vous avant de vous laisser seule. Lui dit-il.
- D'accord. Dit-elle en hochant la tête.
- Vous avez reçu un sort, qui a laissé des séquelles à votre pallium, la partie du cerveau qui stocke votre mémoire. En l'occurrence, vous avez oublié toute l'année qui vient de s'écouler. Dites moi, à quand à peu près remonte votre dernier souvenir?
- Euh... Fin mars 1997, je crois. Répondit-elle, farfouillant dans sa mémoire.
- Oui, donc à peu près un an en effet.
- Et que s'est-il passé pendant toute cette année?
- Je pense que vos proches seront plus à même de vous l'expliquer que moi. Fit-il remarquer avec un sourire.
- Je vois. Merci beaucoup, docteur.
- Je vous en prie. Reposez vous bien. »
Il lui sourit une nouvelle fois et sortit de la pièce, fermant la porte au passage. Une fois seule, Hermione s'allongea sur le lit et ferma les yeux. Elle ignorait totalement comment, mais elle avait reçu un sort qui avait touché sa mémoire et avait réduit à néant les souvenirs qu'elle avait de cette année passée. Comment était-ce possible? Elle chercha, chercha à s'en donner mal à la tête, quelque chose, un événement qui aurait pu se passer récemment mais... Rien. Pas le moindre petit ridicule souvenir. Elle soupira de rage, et se tourna sur le côté, les yeux rivés sur la fenêtre laissant une vue du dehors. Le ciel était d'un bleu à faire rougir l'océan, avec juste quelques nuages éparses et un soleil éclatant. C'était une belle journée.
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Hermione fut autorisée à sortir le soir même. Elle passerait les prochains jours au Terrier avec les Weasley et Harry. Arrivés dans la maison, elle alla dans la chambre de Ginny avec celle ci pour installer ses affaires. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de parler de la dernière année écoulée avec eux, mais brûlant de curiosité, elle ne put attendre l'heure du dîner.
« Ginny? Se hasarda Hermione.
- Oui? Répondit la concernée.
- Tu ne voudrais pas me... raconter quelques petites choses qui se sont passées entre mars 1997 et les dernières semaines? Brièvement, bien sûr.
- Hmm... Oui, mais je n'étais pas tout le temps avec toi, je n'aurai pas grand chose à te dire.
- Pourquoi, on a pas refait l'année à Poudlard? S'étonna Hermione.
- Euh... Non. Tu... Enfin, toi, Harry et Ron êtes partis à la recherche des Horcruxes au lieu de retourner à Poudlard.
- C'est vrai? Oh, je vois... Et... Ensuite? Insista-t-elle en s'asseyant sur le lit de son amie.
- Eh bien, je ne sais pas, moi je suis allée à Poudlard.
- Ce que je veux dire, c'est on les a retrouvé, les Horcruxes?
- Il y a eu une grande bataille, Hermione.
- Quoi? Et... Je ne m'en souviens même plus?
- C'est d'ailleurs là que tu as reçu ce sort. Tu as été dans le coma pendant trois semaines.
- Ouah... Souffla Hermione. Et... Comment ça s'est terminé?
- Harry a vaincu tous les Horcruxes, donc Voldemort. C'est fini, tout est fini. Dit Ginny, le visage soudain plus radieux.
- Et je ne m'en souviens même pas... J'ai participé?
- Et comment. Tu t'es battu comme une bête, un peu comme nous tous en faite.
- J'ai du passer pour une idiote à m'évanouir en plein milieu de la bataille. Constata Hermione, se mordant la lèvre.
- Bien sûr que non! Au début, on a même tous eu très peur que tu sois morte mais ce n'était pas un Avada Kedavra que ce Mangemort t'a lancé. En fait... On ne sait pas trop quel sort il a voulu te lancer, sûrement un truc de magie noire.
- Bon... Vous me parlerez de la bataille plus en détails tout à l'heure. Raconte moi autre chose.
- Eh bien hmm... A quand remonte exactement ton dernier souvenir?
- La fin du mois de mars.
- Oh... Souffla Ginny, visiblement mal à l'aise.
- Gin? Il s'est passé quelque chose après mars?
- Eh bien, oui... Quelque chose d'assez considérable.
- Quoi? S'inquiéta Hermione.
- Toi et... Enfin, toi et Malefoy vous vous êtes beaucoup rapprochés... Et... Enfin, vous... Pendant les vacances de Pâques, vous l'avez... fait. Acheva Ginny, les oreilles un peu rouge. »
Conte toute attente, Hermione explosa de rire. Elle mit sa main pour son ventre, car elle commençait à en avoir mal. Ginny la regardait, sourcils froncés.
« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Fit-elle remarquer.
- Non, c'est juste que... Enfin... Moi et Malefoy, l'avoir fait? C'est vraiment la chose la plus ridicule que j'ai jamais entendu.
- Mais Hermione, ce n'est pas une blague. Ça s'est vraiment passé.
- Ne va pas me dire qu'on s'est rapprochés à ce point là.
- Mais si. Tu... bien sûr. Finit par dire Ginny, avec une moue désolée. Tu ne te souviens plus de rien d'intéressant. Juste de Blaise. »
Hermione fit alors une drôle de tête.
« Qu'est ce que tu as? S'inquiéta Ginny.
- C'est... bizarre. Je veux dire, avant je ressentais toujours un petit pincement au cœur en entendant parler de Blaise mais là... Rien du tout.
- Il s'en passe des choses, en un an. Je te raconterai tout l'épisode Malefoy et Zabini dans la soirée, quand on sera tranquille toutes les deux, tu veux bien?
- Oui. Et... Que s'est-il passé d'autres?
- Tu es sortie avec Seamus. Dit Ginny, les yeux au ciel, cherchant dans sa mémoire.
- Pardon? S'étouffa Hermione, riant à nouveau. Seamus? Seamus Finnigan?
- Tu en connais beaucoup d'autres?
- Non, mais... Ça me paraît assez invraisemblable.
- Et pourtant. Mais ce n'était pas parce que vous vous aimiez ou quoi, juste parce que tu voulais avoir un copain pour faire taire les rumeurs qui disaient que toi et Harry vouliez sortir ensemble...
- Des rumeurs? La coupa Hermione, interloquée. Suite à quoi?
- Je ne sais pas trop, il ne m'a pas tout... dit. Répondit Ginny, le regard soudain sombre.
- Ça va? S'enquit son amie.
- Oui, ne t'en fais pas. Bref, qu'est ce que je disais? Ah oui. Et Seamus est sorti avec toi pour rendre une fille jalouse.
- Dans ce cas, je suppose que nous deux, ça n'a pas duré très longtemps.
- Oh, un petit moment quand même.
- Combien? Se hasarda Hermione. »
Ginny réfléchit, comptant sur ses doigts.
« Un peu plus de six mois. Dit-elle finalement.
- Eh beh. Souffla Hermione. Et pourquoi on a rompu?
- Ça fait partie de l'épisode Malefoy-Zabini que je t'expliquerai en détails ce soir.
- D'accord.
- Les filles! Hurla une voix depuis le rez-de-chaussée. Le diner est prêt. »
Les deux filles sortirent de la chambre de Ginny et rejoignirent tout le monde en bas pour déguster un bon repas. Hermione remarqua qu'ils semblaient tous un peu trop... euphoriques. Au moment du dessert, elle finit par demander:
« Que vous arrive-t-il? »
Arthur et Molly échangèrent un coup d'œil.
« Ma chérie... Quelqu'un t'attend dehors. Finit par dire Molly.
- Qui? S'étonna Hermione.
- Va donc voir par toi même. Lui dit Molly en souriant. »
Hésitante, elle finit néanmoins par se lever et sous les regards encourageants de toute la tablée, sortit par la porte de la cuisine, qui menait sur le jardin. Elle scruta l'obscurité, à la recherche de cette personne qui l'attendait. Elle entendit alors une branche craquer et tourna la tête à sa droite. Elle distingua une silhouette, accoudée à un arbre. Incertaine, elle s'avança.
« Je commençais à me demander s'ils n'avaient pas oublié que j'étais là. Railla alors la personne en s'avançant également. »
Hermione resta figée sur place lorsque la silhouette se distingua nettement mieux dans les raies de lumière de la cuisine qui filtraient par la fenêtre et éclairaient son visage.
...
Vous qui me reprochiez de pas faire de chapitres assez longs, je suis sûre que celui la l'était tellement que vous en aviez marre. Mais bref.
Je sais, j'ai HORRIBLEMENT bâclé la bataille finale (shame on me) mais bien que je respecte et admire le travail de notre chère Jo Rowling, j'ai voulu me concentrer sur l'histoire d'amour, pas la bataille.
Bon, à part ça, j'espère que ce chapitre vous a plu. J'ai eu assez de mal à l'écrire, donc j'espère que le résultat n'est pas trop atroce.
N'hésitez pas pour les reviews.
Morgane.
