Cette fic est écrite dans le cadre de la 150e nuit écriture du FoF (Forum Francophone) sur la contrainte "Interdiction d'utiliser le verbe Dire ou l'un de ses conjugués" et avec les thèmes "Le secret de la Licorne", et "J'ai flairé son foie son visage".

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J'espère que vous aimerez cette mini-fic que je ne prévois pas très longue. Surtout, n'hésitez pas à me donner votre avis !

(Si vous observez bien ce que je lis et écris, vous pouvez deviner l"identité du mystérieux correspondant)

Bonne lecture !


La petite annonce

Hermione avait une gueule de bois et une petite annonce dans les mains.

Elle avait accepté de l'écrire uniquement parce que la veille, quand Ginny et elle avaient descendu une bouteille entière de vin épicé, l'idée leur avait paru excellente.

C'était une soirée entre filles dont les deux avaient pris goût après la seconde guerre des sorciers dans un souci de ramener un peu d'insouciance dans leurs existences. Ces soirs-là, elles prenaient un dîner à emporter, quelques Bièraubeurres et passaient ensuite la soirée à se raconter leur semaine.

La nuit dernière, en revanche, avait été spéciale car Hermione avait un besoin particulier de se changer les idées. Ginny avait donc ramené une bouteille offerte par la tante Muriel à ses parents et qui prenait la poussière dans la cave depuis des années.

Mais à présent que la bouteille de vin était vide et qu'une migraine tambourinait à ses tempes, Hermione se sentit particulièrement stupide en relisant ce qu'elle avait écrit sur un morceau de parchemin et d'une écriture franchement hésitante:

« Jeune femme de vingt ans, fraîchement diplômée de Poudlard et d'une rare intelligence cherche correspondant pour échanger par courrier dans un premier temps. Aime apprendre sur tous les sujets, le tricot et la justice sociale. »

Hermione passa une main dans ses cheveux emmêlés, son annonce dans une main, une aspirine dans l'autre.

Sur le canapé du salon, Ginny ronflait. Seule une touffe de longs cheveux roux débordait de l'accoudoir pour retomber vers le sol, juste au-dessus de Pattenrond qui semblait être un prolongement de son amie.

Sur la table basse, les vestiges de leur soirée s'entassaient entre bouteille vide, saladier de chips et plusieurs numéros de La Gazette du Sorcier dont on avait découpé certains morceaux.

Hermione but son aspirine en grimaçant. Elle avait mal à la tête, mal à l'estomac et elle avait besoin d'une douche. Cependant, la perspective de quitter la chaise haute de l'ilot central de sa cuisine où elle avait réussi à se traîner après son douloureux réveil lui paraissait au-delà de ses forces. Ginny grogna dans son sommeil et se retourna sur le côté, un bras dépassant désormais de l'accoudoir.

Hermione posa sa petite annonce sur le plan de travail et l'examina une nouvelle fois dans l'espoir peut-être qu'une illumination allait percer les méandres de sa gueule de bois. Mais rien. Son cerveau semblait plonger dans le brouillard et ne produisait qu'un grésillement semblable à une radio qui chercherait la bonne station.

Dehors, le temps était frais et gris mais un rayon de soleil s'était glissé à travers les nuages pour illuminer le salon de l'appartement qu'elle louait sur le chemin de Traverse. C'était un appartement un peu vieux, avec un plancher qui grinçait mais charmant avec ses hautes fenêtres et sa tapisserie à fleurs roses, et qu'elle ne payait pas très cher. Certes, ça ne valait pas la ravissante petite maison que Mr et Mrs Weasley avaient dégoté pour Ron et elle mais ici elle était libre et c'était chez elle.

Elle se refusa à penser à sa rupture avec Ron, surtout pas un matin de gueule de bois. Pourtant, le visage constellé de taches de rousseur de son ex-petit-ami apparut devant ses yeux et cette pensée la poussa à se lever malgré son mal de tête pour aller prendre une douche.

Non, elle ne voulait vraiment pas penser à Ron.

Quand elle revint dans le salon, une demi-heure plus tard, Hermione trouva Ginny éveillée. Affalée sur le sofa, les yeux soulignés de larges cernes, elle lisait d'un œil morne le nouvel exemplaire de La Gazette du Sorcier qui avait dû arriver pendant qu'elle prenait sa douche.

Hermione, qui se sentait un peu mieux après l'aspirine et la douche, sentit une douce odeur de café flotter dans l'air.

– Bénis sois-tu pour le café, annonça Hermione en guise de bonjour.

Ginny sourit et reposa le journal sur ses genoux. Hermione se prit une grande tasse de café et s'installa sur le fauteuil en face.

En arrière-plan, la radio que Ginny avait allumé diffusait une chanson de Célestina Moldubec « Le secret de la licorne ».

– On devrait faire ça plus souvent, répondit Ginny en étouffant un bâillement. Sauf pour le vin.

– Ça m'a fait du bien, approuva Hermione.

Elle but une longue gorgée de son café tandis que Ginny relisait l'annonce qu'elles avaient écrit la veille. C'était l'idée de Ginny en vérité. Elles avaient parcouru la rubrique "Nouvelles rencontres" des derniers numéros et épluché les petites annonces mais aucune ne leurs plaisait. Ginny avait donc suggéré d'en écrire une.

– Excellent, marmonna-t-elle. On était inspirée. On la dépose quand ?

Hermione grimaça.

– Je ne sais pas si c'est une bonne idée…

– Mais si ! s'exclama Ginny. Écoutes, tu voulais te changer les idées et rencontrer de nouvelles personnes, non ? Plein de gens passent des annonces dans les pages de rencontre de La Gazette du Sorcier.

– Je sais, soupira Hermione, mais j'ai été à la une des journaux pendant presque un an depuis la fin de la guerre. Je n'ai pas tellement envie qu'on apprenne que Hermione Granger, héroïne de guerre, cherche un petit-copain par correspondance.

– Tu ne cherches pas un petit-copain mais un correspondant, corrigea Ginny en agitant son index devant elle. Au pire, ça ne donnera rien mais tu pourrais aussi rencontrer quelqu'un de bien.

Elle tendit l'annonce à Hermione qui la relut une énième fois.

– On garde le « d'une rare intelligence » ? questionna-t-elle.

« J'ai flairé son foie, son visage… », chantait Célestina.

– Oui, approuva Ginny en baissant le son de la radio. Ça fera peur aux crétins comme Ron.

Elles déjeunèrent d'une soupe de légumes légère et descendirent dans la fraîcheur de la fin de l'été.

C'était samedi et ni l'une ni l'autre ne travaillaient, elles eurent donc tout le temps de passer chez Madame Guipure pour de nouvelles robes et au Chaudron Baveur pour un chocolat chaud. Puis, elles déposèrent la petite annonce d'Hermione en riant avec insouciance, persuadées (pour l'une d'entre elle en tout cas) que personne n'y répondrait.

Et Hermione avait grand tort de penser ainsi.


A très bientôt pour la suite :-)