Au vue de l'absence de réaction et d'interaction sur cette histoire, j'ai décidé que le chapitre 06, le prochain, serait le dernier.

J'espère que vous aimerez ce chapitre et la prochaine conclusion.


« Cher Élaphe,

Je ne te cache pas que j'ai été très déçu de ne pas te voir ce soir-là. J'aurais aimé partager la ferveur et l'excitation de ce match et te présenter mon ami de l'équipe de Quidditch d'Angleterre. Mais je comprends que parfois le hasard fait mal les choses. »

– Oui, approuva Ginny, c'est bien ça.

Elle avait débouché une bouteille de vin et aidait Hermione à rédiger sa réponse.

– Dis-lui qu'on savait que les Serpentard étaient lâches, ajouta-t-elle.

Enfin presque.

« J'ai un poste au département de contrôle et de régulation des créatures magiques. J'aime énormément ce que je fais car je souhaiterais améliorer les conditions de travail des elfes de maison. Ça doit, j'imagine, te paraître étrange et pourtant le sort abject réservé à ces créatures me révulse. L'indifférence à leur égard provoque plus de malheur que l'hostilité ouvertement déclarée. »

– Très joliment tourné, approuva Ginny. Si ça doit le faire fuir, qu'il fuit maintenant mais au moins sa réponse montrera qui il est vraiment.

– Sauf s'il ne répond pas, fit remarquer Hermione avec pragmatisme.

– Une non-réponse est aussi une réponse, dit Ginny avec philosophie.

« Je te souhaite bonne chance pour ton entretien et je te souhaite d'être embauché.

Pour ma part, j'ai décidé de faire quelques emplettes sur le chemin de Traverse mardi prochain. J'ai besoin d'un hibou !

– Hum hum, fit Ginny.

« Amitié,

Pattenrond »

Comme Ginny avait amené Hermès, le hibou de Percy qu'elle était allée chercher chez le vétérinaire après une aile froissée, elles purent poster la lettre de suite au service des petites annonces de La Gazette du Sorcier.

– Hermione, il te faut un hibou, décréta Ginny. Pas forcément un grand, un petit comme celui de Ron suffirait, mais sinon tu vas continuer à faire des aller-retours au bureau de Poste au lieu de le faire directement depuis chez toi.

Hermione ne répondit rien, les lèvres pincées à l'évocation du nom de Ron.

– Mardi, ajouta Ginny. Mardi, on va-t'en acheter un au Royaume du Hibou.


Le mardi suivant, elles étaient en congés toutes les deux et c'est par une belle journée froide d'automne que Ginny toqua à sa porte.

Il était onze heures du matin et Hermione enfila à la hâte un manteau, une écharpe et fourra ses mitaines dans sa poche. Elle attrapa son sac à main, embrassa son chat et descendit en compagnie de Ginny.

Le chemin de Traverse avait bonne mine. Les boutiques autrefois fermées par la guerre avaient réouvert. Ollivander était à nouveau là, vieux, affaibli mais heureux de retrouver cette routine familière et rassurante. Florian Fortârome avait été remplacé par son fils, également appelé Florian. On y trouvait les mêmes boutiques de vêtements, de Quidditch, l'apothicaire, Fleury & Bott, l'animalerie et bien sûr la boutique de Fred et George.

Les gens arpentaient à nouveau les rues en flânant, passant du temps devant les devantures, discutant dans la rue et profitant de la tranquillité des lieux. Tout cela avait un air de douce nostalgie.

Elles firent un arrêt chez Madame Guipure pour acheter de nouvelles robes. Hermione, qui appréciait de porter de la couleur après sa scolarité tout en noir, en acheta deux en lilas et rouge. Ginny fit de même et en prit une bleue qui jura merveilleusement avec ses cheveux. Elles prirent des chapeaux assortis et une paire de gants en cuir pour Hermione.

– C'est agréable, dit Ginny au bout d'un moment, de pouvoir dépenser de l'argent pour des choses neuves. J'aime ne pas être pauvre.

A présent, Ginny gagnait correctement sa vie comme joueuse débutant de Quidditch chez les Harpies de Holyhead. Certes ce n'était pas au point de Fred et George mais c'était suffisant à son bonheur. Tout comme Hermione.

Elles achetèrent ensuite un beignet puis prirent la direction de Fleury & Bott. La devanture du magasin était plus colorée que d'habitude et Hermione s'y arrêta bouche bée. La nouvelle version des Contes de Beedle le Barde qu'elle avait traduit était empilée dans la vitrine, accompagnée d'un grand panneau plein de couleurs annonçant une toute nouvelle et moderne traduction de ces contes si appréciés des petits et des grands. A côté de ça, sa photo était affichée : « Par Hermione Granger ».

Son cœur se mit à battre un peu plus fort et un sourire s'épanouit sur son visage. Elle entra dans la boutique et prit un exemplaire de son propre livre.

Maintenant qu'elle n'avait plus à acheter une dizaine de gros livres pour les cours, Hermione remplissait sa bibliothèque avec d'autres ouvrages plus légers, ou au contraire plus pointues. Elle jeta son dévolu sur deux livres d'enchantements et un roman sorcier à l'eau de rose vanté par Ginny.

Elle se dirigea ensuite vers le rayon dédié à la botanique et son regard fut attiré par deux silhouettes qui conversaient à voix basse près d'une pile de livres de Divination. Elle reconnut les hautes silhouettes de Blaise Zabini et Theodore Nott. Ils portaient tous les deux des sacs remplis de livres et Zabini avait même un long paquet évoquant un balais enveloppé de papier kraft.

– Qu'est-ce qu'il fait là ? chuchota Ginny d'un air furieux.

Elle venait de la rejoindre, un épais grimoire de technique de Quidditch sous le bras.

– Il achète des livres, répondit Hermione.

Zabini prit un des livres de Divination sur la pile, lit la quatrième de couverture puis le reposa négligemment.

– Il a un nouveau balais, remarqua Ginny. Je paris que c'est le nouveau Tornade 4000…

Hermione, que le Quidditch laissait indifférente, se contenta d'un simple « Hum » et l'entraîna vers le rayon dédié aux animaux de compagnie. Elle voulait trouver quelque chose pour s'occuper au mieux du hibou qu'elle comptait acheter.

– Qu'est-ce que tu penses de celui-là ? questionna Hermione qui avait jeté son dévolu sur « Adopter une chouette ou un hibou : méthode, conseils et astuces ».

– Pourquoi pas, dit Ginny. Je crois que c'est la version améliorée de celui que Percy a acheté quand mes parents lui ont offert Hermès.

Hermione hésita un instant puis en pris un autre qui était en présentation. Il était sobrement intitulé « Élever un hibou » et se voulait, d'après la petite carte laissé par le libraire, « L'ouvrage le plus complet à destination des débutants qui adopte leur premier hibou ».

– Celui-là a l'air pas mal, commenta Hermione.

Elle le rajouta à sa petite pile et Ginny et elle se dirigèrent vers les caisses. Le hasard voulut qu'elles soient derrière Zabini et Nott qui discutaient à voix basse mais pas suffisamment pour qu'Hermione et Ginny ne les entendent pas.

– Quand ? demanda Zabini.

– Mercredi matin, mais je n'ai pas trop d'espoir, soupira Nott.

– Pourquoi ? s'étonna Zabini.

Nott lui lança un regard qui semblait dire « Tu sais pourquoi » de ses yeux d'un bleu sombre. Puis, il remarqua Hermione et Ginny et se figea, ne sachant visiblement pas s'il devait les saluer, dire quelque chose ou hocher la tête. Il opta pour une quatrième solution en se détournant avec gêne. Zabini remarqua son étrange comportement et leur jeta un coup d'œil dédaigneux avant de se figer à son tour. Ginny lui fit un large sourire et agita la main.

Il cilla puis se détourna et échangea un regard avec Nott qui fixait à présent le dos du client qui le précédait au comptoir.

– Je dois te dire une chose, chuchota alors Ginny à Hermione.

– Quoi ?

– On joue la semaine prochaine contre son équipe.

Hermione tourna la tête si vite qu'une vive douleur la prit dans le cou.

– Quoi ? dit-elle en se massant la nuque.

– Je sais, soupira Ginny. J'ai appris ça hier.

Hermione laissa un sourire s'épanouir sur son visage.

– Quoi ? grogna Ginny.

– Un peu de compétition te fera du bien, décréta-t-elle.

Zabini et Nott partirent en leur jetant un dernier coup d'œil puis Hermione et Ginny payèrent leurs achats et sortirent de Fleury & Bott. A présent, des nuages flottaient paresseusement dans le ciel et le temps s'était rafraichit.

Elles achetèrent un chocolat bien chaud puis se rendirent enfin au Royaume du Hibou. Hermione eut un souvenir ému du jour où elle avait adopté Pattenrond. Son pauvre chat était resté une éternité dans la boutique dans l'attente de quelqu'un qui veuille bien l'acheter et elle n'avait jamais regretté son choix, pas une seule seconde.

A présent, elle lorgnait sur les petits hiboux qui somnolaient sur leurs perchoirs.

– Oh qu'ils sont mignons ! commenta Ginny. Regarde celui-là !

Elle désigna un petit hibou au pelage roux qui dormait la tête sous l'aile. Hermione sourit mais comme ils étaient tous adorables, elle sentit qu'ils auraient du mal à se décider.

– C'est pour une vie à Poudlard ? Un appartement ? Une maison ? demanda la vendeuse.

– Un appartement, répondit Hermione. Je veux envoyer du courrier et j'ai un chat, Pattenrond.

La vendeuse plissa ses yeux pâles.

– Une minute, dit-elle en levant un index. Vous z'êtes pas la gamine qui a acheté le gros chat orange qui traînait ici depuis une éternité ?

– Si, répondit Hermione en souriant.

– Et comment il va ce petit ? Je l'ai toujours bien aimé.

– Il va très bien, je prends soin de lui, assura Hermione.

– Je n'en doute pas ! Bon, pour vous et connaissant le chat, je vous conseille un petit.

Elle désigna les petits hiboux.

– Je vous fais un prix concernant ces deux-là, ajouta la vendeuse en désignant deux hiboux dormant l'un contre l'autre. Impossible de les séparer ces deux-là, allez savoir pourquoi.

Les deux petits hiboux étaient adorables. D'une couleur grise, ils semblaient très jeunes et probablement frères (ou sœurs).

– Prends-les ! dit Ginny avec un sourire. Ils sont trop mignons.

Hermione ressortit de la boutique avec une cage contenant les deux hiboux qui étaient serrés l'un contre l'autre, un peu intimidés. La vendeuse avait confirmé que c'était deux frères d'une même portée qui étaient devenus inséparables. Avant même qu'Hermione ait pu trouver un nom pour chacun de ses hiboux, Ginny était passée à l'action et suggéra :

– Albus et Dumbledore.

– Albus et Dumbledore, répéta Hermione.

– C'est un hommage, Hermione, un hommage !

Les hiboux ululèrent joyeusement.

De retour à l'appartement, Hermione installa les perchoirs, l'eau et la nourriture pendant que Ginny expliquait patiemment à un Pattenrond grognon que c'étaient là de nouveaux pensionnaires.

Albus et Dumbledore s'envolèrent joyeusement vers leurs perchoirs, près de la fenêtre du salon et s'endormirent paisiblement. Pattenrond sauta sur un fauteuil et après un dernier regard aux hiboux, s'assoupit à son tour.


« Chère Pattenrond,

Une fois de plus, je te présente mes excuses et j'espère vraiment que tu ne m'en veux pas trop. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous retrouver à une autre occasion ? Je vais assister au match entre les Pies de Montrose et les Harpies de Holyhead, le premier mercredi de décembre.

Ton engagement envers les elfes de maison est déconcertant car je t'avoue n'avoir jamais réellement réfléchi à leurs conditions de vie, mais quelque part, connaissant un peu ton envie de justice sociale, ça ne m'étonne pas tant que ça. J'espère que tu vas y arriver mais tu as l'air tenace alors n'hésite pas à me tenir au courant de tes avancées. »

– Hum, fit Ginny. Ouai, ça va, il répond bien.

– Mais qui est-ce ? s'exclama Harry.

Hermione hocha la tête en souriant et poursuivit sa lecture :

« Je n'ai pas eu le poste, c'est malheureux mais je m'en doutais. En revanche, j'ai un entretien… à Poudlard ! Apparemment, la directrice McGonagall cherche un assistant pour enseigner aux premières, deuxièmes et troisièmes années car elle a trop de travail. C'est à ma portée et j'ai toujours eu d'excellentes notes alors ça peut fonctionner.

Cela dit, pour me consoler, j'ai acheté un livre que Fleury & Bott a mis en avant le week-end dernier. C'est une toute nouvelle traduction des Contes de Beedle le Barde, revu, corrigé et enrichie par des notes. J'ai notamment trouvé très pertinent l'analyse du contes des Trois Frères par l'autrice. Je te le recommande chaudement. »

Hermione stoppa sa lecture, un sourire éclatant sur le visage. Ginny éclata de rire et dit :

– Quel charmeur !

– Tu devrais lui dire que c'est toi l'autrice de cette traduction, renchérit Harry.

Il sortit un peu de MiamHibou de sa poche et les donna à Albus et Dumbledore qui ululèrent joyeusement sur leurs perchoirs.

– Il saurait qui je suis alors, objecta Hermione. J'aime cette relation épistolaire.

– Et c'est un Serpentard, soupira Ginny.

– Mais un Serpentard qui a acheté une édition des Contes de Beedle le Barde en sachant pertinemment qu'il a été écrit par Hermione, souligna Harry.

– C'est vrai, admit Hermione en souriant.

– Ou alors il est miro, dit Ginny.

Ginny et elle avaient invité Harry à leur traditionnel repas du vendredi soir et lui avaient raconté l'histoire de la petite annonce.

Ginny déballa le repas qu'elles avaient acheté au restaurant indien de la rue moldue d'à-côté tandis qu'Hermione répondait à Élaphe.

– Vous croyez que c'est un Serpentard de notre promotion ? questionna Harry.

Hermione savait où il voulait en venir : beaucoup étaient des enfants de Mangemort et aucun enfant de Mangemort ne lui parlerait s'ils savaient qui elle était.

– En tout cas, dit Hermione pour dévier la conversation, Harry tu es le bienvenu pour venir dîner ici avec nous quand tu veux.

Harry eut un petit rire.

– Mais ce sont vos soirées entre filles, objecta-t-il.

– Un autre jour que le vendredi, précisa Hermione.

Harry observa Ginny qui s'affairait à préparer le thé dans la cuisine.

– Elle veut qu'on emménage ensemble, dit Harry en triturant un fil qui dépassait de son pull.

– Elle me l'a dit.

Harry paraissait nerveux.

– Je… J'aurais aimé me mettre en colocation avec Ron, révéla-t-il. Avec mon meilleur ami.

– Et pas ta petite amie ?

– Ça va juste un peu vite, avoua-t-il. Maintenant que Voldemort n'existe plus, je veux profiter de ma vie et Ginny a très envie de se marier, de vivre avec moi et tout ça mais je n'ai que dix-neuf ans !

– Les sorciers se marient bien trop jeunes, dit Hermione en posant une main sur son bras. Tu lui as dit ?

– Pas encore.

Ils se turent car Ginny revenait avec le thé sur un plateau.

Le mois de décembre arriva en apportant les premières neiges de la saison. Un matin, Hermione ouvrit ses fenêtres sur le manteau immaculé qui recouvrait le chemin de Traverse. C'était le premier mardi de décembre, la veille du match de Quidditch où elle devait rencontrer son correspondant. Son appartement sentait la peinture car elle avait décidé, avec l'accord de MrLacey le vieux propriétaire des lieux, de repeindre les murs du salon couleur lilas. Elle avait recouvert ses meubles de bâches de plastique achetées dans un magasin moldu et s'occupait à présent du dernier mur.

A onze heures, Ginny arriva avec du café, des beignets et un pot de peinture bleu pour repeindre les meubles de la cuisine.

– Ça va rendre très, très bien !

Elle posa les cafés sur la table basse et ouvrit les fenêtres pour laisser entrer Albus, le petit hibou qui portait une lettre dans ses serres et ululait joyeusement.

– Hermione, tu as du courrier.

Hermione descendit de l'escalier où, à l'aide de sa baguette magique, elle repeignait le haut du mur.

C'était une lettre d'Élaphe.

« Chère Pattenrond,

J'ai eu le poste d'assistant-professeur de Métamorphose ! J'en suis le premier surpris mais je commence la semaine prochaine. Je ne pensais honnêtement pas que je reviendrais si vite à Poudlard après l'avoir quitté mais c'est peut-être pour le mieux. »

– Pourquoi est-il surpris ? dit Hermione à Ginny qui buvait son café. Il dit lui-même qu'il a eu d'excellents résultats à ses ASPICs et McGonagall ne prendrait pas n'importe qui pour l'assister.

Mais Ginny ne sembla pas faire attention à elle. Elle fixait un pan de mur les yeux écarquillés.

– Ginny ?

– Hermione… Tu es toujours en contact avec McGonagall ?

– Eh bien, dit Hermione un peu étonnée, elle m'écrit à peu près une fois par mois pour me demander des nouvelles. Pourquoi ?

Ginny écarta les bras comme pour dire « mais enfin ! ».

– Envoie lui une lettre pour lui demander l'identité de ton Jules ! s'exclama-t-elle.

Hermione ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Tel un poisson rouge, elle fixait Ginny en songeant que, oui, elle pouvait faire ça. Comment tourner les choses ? Elle ne devait pas être trop frontale mais lui parler d'une rumeur qu'elle aurait entendu peut-être ? Oui, ça c'était bien.

– Je… Oui, je peux faire ça, admit-elle.

Un peu troublée, elle poursuivit sa lecture :

« Je serais au match à partir de dix-neuf heures. Un de mes amis joue chez les Pies de Montrose pour être honnête et je tiens à le voir avant. Je ne sais pas si nous pourrons nous voir en toute honnêteté mais je porterais mon écharpe de Serpentard. Je ne serais peut-être pas le seul mais au moins, tu seras presque sûre de m'avoir vu au moins une fois. Si tu fais pareil, j'aurais la même impression. »

– Un de ses amis joue chez les Pies ? s'exclama Ginny.

– Je vais porter mon écharpe et on verra bien.

– Et envoie une lettre à McGonagall !

« J'ai décidé d'emménager à Londres. Avant, j'habitais dans les Cotswolds mais c'est un peu loin et j'éprouve l'envie de me rapprocher d'un lieu plus… vivant ? Quelque chose comme ça.

Je ne sais pas trop pourquoi je te dis ça mais peut-être qu'un jour nous pourrons visiter un des musées moldus que tu aimes tant tous les deux. Je n'ai jamais côtoyé de moldu mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. »

– Oh, ça c'est mignon ! admit Ginny avec un sourire un peu triste.

– Oui, dit Hermione un peu rêveuse.

Ginny termina son café et s'attela à repeindre les meubles de la cuisine en bleu. Elle paraissait moins souriante, plus soucieuse qu'à l'ordinaire.

– Ginny ?

– Oui ?

– Tout va bien ? Tu as l'air préoccupé.

Ginny suspendit son geste et abaissant sa baguette. Elle poussa un soupir et se retourna vers Hermione.

– Je me suis disputée avec Harry. Il ne veut pas vivre avec moi. Pas encore, précisa-t-elle.

– Oh.

– Et moi, j'en ai marre de vivre avec mes parents, ajouta Ginny. Je veux plus de liberté, plus d'indépendance… En vérité, j'envie ton appartement et ce qu'il représente pour toi.

Assise sur le tapis du salon recouvert d'une bâche de plastique, Hermione observa sa si chère amie et une pensée émergea dans son esprit. Elle se mordit la lèvre, but le reste de son café, et dit :

– Ginny… J'ai une chambre de plus ici.

Ginny la regarda un instant sans comprendre.

– Tu veux dire…

– Viens vivre ici en colocation avec moi, proposa Hermione.

– Mais tu utilises cette chambre comme bibliothèque, objecta Ginny.

C'était vrai, tous les livres d'Hermione étaient organisés dans cette pièce qu'elle n'occupait pourtant pas vraiment. Elle aimait la chaleur de son salon et la vue sur le Chemin de Traverse.

– Oui mais je n'y vais jamais. Je prends un livre et je lis ici près du feu. On peut très bien installer mes bibliothèques ici, dans le salon.

Hermione pointa du doigts le mur où se trouvait la cheminée.

– Là et là. Les seules choses sur lesquelles je suis à cheval c'est la propreté et payer à l'heure, expliqua Hermione. Je te dégage les placards de droite pour que tu ranges ce que tu veux manger et on garde le vendredi soir comme repas commun, qu'en dis-tu ?

Ginny avait le regard dans le vague comme si elle imaginait avec délice sa nouvelle vie de liberté.

– Très bien, dit-elle d'une voix qui avait du mal à contenir son excitation. J'ai entraînement cinq fois par semaine et je dînerais tous les samedis et les mercredis chez mes parents. Ah, et j'ai Harry.

– Aucun problème pour Harry, dit Hermione en souriant. En revanche, je me lève tôt le matin, donc…

– Nous serons silencieux, assura Ginny avec un sourire en coin.

– Bien. Pas de fête inopinée non plus, okay ?

– Tu tiens à ta tranquillité, je sais.

Ginny prit une longue inspiration avant de dire :

– Tu me laisses quelques jours de réflexion ?