Hey !

Ca fait un petit moment que j'ai commencé cette fanfic. Et du coup, je la continue par le biais des nuits du Fof, avec le thème Orchidoclaste (Ca veut dire casse couille. Evidemment, j'ai pensé à Joshua. Evidemment.)

Je doiiiiiis encore relire, donc il reste sans doute beaucoup de fautes lalala. MM, bref, je fais ça au plus vite !


Partie 2

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La deuxième fois qu'il le croise, Neku ne mâche pas sa colère. Cette fois, il attend à l'arrêt de bus. Les mains dans les poches, son casque sur les oreilles. Il en a pour quinze minutes à attendre le prochain passage. Sa carte contre ses doigts, il pense aux devoirs qui l'attendent, à cet album dont il guette la sortie avec impatience, et à ce type, vraiment bizarre, qu'il a croisé la dernière fois.

Il connaissait son nom. Pourtant, Neku est certain de ne l'avoir jamais vu. Est-ce que c'est un mec de son lycée ? Possible. L'établissement est grand, il l'aura sans doute vu croisé sans le remarquer. Sauf qu'il n'a cessé de faire attention depuis leur rencontre, et il ne l'a jamais vu.

Il enfonce son casque sur ses oreilles. Et comme la musique commence, deux iris mauves l'attrapent au vol.

— Toi !

Neku pourrait se précipiter vers lui. Mais Joshua - son nom lui revient. Au contraire, il l'observe l'œil amusé, son portable en main. Ses bouclettes flottent au vent. Le rouquin note que sa coupe n'est pas symétrique, et pourtant, sa coupe n'est pas dégueulasse.

— Neku ! Quelle heureuse surprise. Tu trainais dans le coin ? Deux fois qu'on se croise cette semaine, je vais finir par croire que tu me suis.

Oh, c'est la première fois qu'il ouvre la bouche et il a déjà envie de lui enfoncer la tête dans une bouche d'égout. C'est un don, en un sens, d'être à ce point horripilant.

— Qu'est-ce que tu fais ici ? il crache.

— Devant un arrêt de bus ? Eh bien, je pense que tu peux trouver la réponse toi-même.

— Tu sais très bien ce que je veux dire.

Il voudrait lui balancer son assurance crasse au visage, mais la voix de Neku se rapproche plus du marmonnement. La colère lui reste entre les dents.

Il a eu le temps de réfléchir depuis qu'il l'a croisé. Et s'il y a milles possibilités logiques pour que ce garçon connaisse son nom, il n'en reste pas moins agacé. Il a fait semblant de ne pas le connaître, et maintenant, il veut lui faire croire qu'ils se croisent par hasard. Neku n'est pas dupe.

— Tu n'es pas drôle, tu sais ? Joshua soupire.

Il range son téléphone, faussement agacé. Ses gestes maniérés font monter d'un cran l'irritation du lycéen. Qui bouge comme ça ? Avec cette lenteur, et… Et est-ce qu'il pourrait répondre à sa question ?

— C'était pas une blague. Qu'est-ce que tu fous là ? Et d'où tu connais mon nom ?

— Et si je te laissais deviner ? Je suis sûr que tu te poses tout un tas de questions. Tu as des théories ?

— Réponds.

Sa langue claque. Joshua ne s'en inquiète pas le moins du monde.

— Neku, Neku. Toujours aussi impatient. Tu devrais apprendre à faire confiance aux autres. Ça te serait bénéfique.

Mais il le fait exprès ? Il sait qu'il le fout en rogne, il ne peut pas ne pas l'avoir remarqué. Est-ce que c'est son objectif ? Le faire sortir de ses gonds pour obtenir il ne sait quelle réaction de lui ?

— Et si je te dis qu'on est du même établissement ? l'intrus répond enfin.

— Je t'ai jamais vu au lycée.

— Zut. Tu es plus futé que je ne le pensais.

Son sourire trahit la plaisanterie, et Neku doit fouiller dans les restes de calmes qu'il ne pensait pas posséder avant de rencontrer ce garçon.

— Je te propose un marché.

— Non.

— Tu devrais écouter avant de refuser, ça pourrait t'intéresser.

Ses bras sont trop fins, des baguettes prêtes à craquer. On a pas idée d'être aussi chiant quand on pourrait s'envoler au moindre coup de vent. Neku n'est pas violent, mais il…

Il ?

Il ne lui fera rien. Il le sait déjà.

Résigné, il pousse un soupir frustré.

— Je vais t'épargner un terrible mal de tête en te rassurant, Joshua commence. Ne cherche pas, tu ne me connais pas. Enfin, pas à ma connaissance, mais on est jamais à l'abri d'une surprise, hein ?

Bien. Ça répond à ses questions, en partie. Mais ça ne le rassure aucunement.

— Mais moi, je te connais.

Sa chemise. Elle est trop grande. Et mal fermée. Ce type se balade avec des fringues de riche qu'il porte comme le dernier des clochards. Sans doute un truc de bourgeois. Une monde que Neku ne peut pas comprendre - il s'habille toujours en attrapant le premier truc qui lui tombe sous la main.

— D'où ?

Ça le frappe après coup. Si Joshua sait son nom, alors il ne l'a pas juste croisé dans le bus. Neku rentre toujours seul, personne ne l'appelle. En fait, ça vaut aussi pour le lycée. Il traîne son casque dans les oreilles en attendant que filent les heures qui le séparent de la fin de la journée. A moins de l'avoir aperçue sur sa carte de transport, l'autre n'a aucun moyen de savoir comment est-ce qu'il se nomme.

— Allons, Neku. Ça n'a rien d'amusant si je te dis tout maintenant.

Il serre les poings. Amusant ? Son petit jeu n'est pas amusant. Il est flippant. Neku se souvient avoir cru, la première fois qu'il l'a croisé, que Joshua le draguait. Ses gestes effleurant et ses regards glissants lui ont foutu le doute. Mais là, il se demande s'il ne le stalke pas carrément. Est-ce qu'il ne ferait pas mieux d'en parler à ses parents, où de faire un détour par le commissariat ?

— J'ai pas envie de jouer.

— Quel dommage.

Joshua plonge sa main dans sa poche, et son cœur cogne brusque. Mais il n'en sort qu'un vieux portable à clapet qui date du siècle dernier. Celui qu'il avait en main quand il l'a aperçu.

— Tu devras trouver tes réponses tout seul, alors.

— Attends !

Sa réaction ne se fait pas attendre. Neku n'a pas plus que ça envie de lui faire la conversation seulement, il veut savoir. Ce gars le connaît. Il a eu vent de son existence, alors que rien ne les relie.

Et si c'était un truc perché ? Une secte en quête d'ados paumés, ou un arnaque bien ficelée ? Il n'a aucune raison de lui faire confiance. D'un autre côté, ce garçon a son âge. Quinze ans, sans doute. Peut-être seize. Et s'il a une manière douteuse d'aborder les gens, il n'en reste pas moins un adolescent. Neku n'a pas grand-chose à craindre d'un type tout juste sorti de sa période boutonneuse, si ?

— Qu'est-ce que tu veux, il lâche.

— Ce que je veux ?

Il ne manquait plus que ça. Joshua fait le perroquet, et son interlocuteur prend lui pour ne pas lui faire ravaler son bec.

— Pas grand chose. Je te l'ai dit, j'ai du mal à faire ami ami avec les gens de mon âge.

Son sourire de fouine s'allonge comme la pointe d'un couteau.

— Mais si on échangeait nos numéros, je serais peut-être plus enclin à discuter par sms ?

Sms. Personne ne dit sms. S'il parle comme ça au quotidien, pas étonnant qu'il ait du mal à se faire des amis. Enfin, c'est loin d'être le seul problème dans son comportement.

— C'est tout ? Neku demande, méfiant.

— Pour l'instant ?

— Sérieux.

Joshua hausse les épaules.

— Tu n'as qu'un seul moyen d'obtenir ce que tu veux. Ce qui nous fait un point commun, tu remarquera. Je peux aussi partir et te laisser te creuser la cervelle, si tu préfères, mais quelque chose me dit que ce n'est pas l'option qui t'intéresse le plus.

En effet, Neku déteste ne pas savoir. Il a besoin de réponse, au moins, pour ne pas s'imaginer qu'une terrible organisation le traque en secret. Il extrapole sans doute, et à tout les coups ce type l'aura vu sortir sa carte au moment de biper. Mais si la réponse est aussi simple, il préfère la confirmer.

C'est juste un numéro. Pas un rendez-vous étrange dans une ruelle, ni un contrat à signer. Si Joshua le soûle, il le bloque et c'est fini.

— File ton tel.

— Oh, Neku ! Je savais que je pouvais compter sur toi.

Il ignore sa joie mal placée, et il tape en vitesse son numéro dans le téléphone du gars. S'il veut lui parler, qu'il envoie le message en premier. Neku aura tout le loisir de l'ignorer pour se venger.

— Voilà.

— Merveilleux. Je te dis à bientôt, alors ?

— Mouais.

— On va devenir de grands amis, toi et moi.

— Dans tes rêves.

Joshua rit. Tant mieux si ça l'amuse qu'on l'envoie chier.

— Tu verras.

Le garçon s'éloigne, encore. Et encore une fois, la vue de son dos sonne comme une révélation pour le rouquin. D'une part, si Joshua file comme si de rien était, c'est qu'il n'est pas venu ici pour attendre le bus. Donc, il s'est déplacé tout spécialement pour sa petite personne. Flippant.

De deux, et Neku ne saurait dire d'où ça lui vient. Mais alors que le soleil déclinant découpe le dos fin de Joshua dans une lumière étouffée, une tristesse incompréhensible lui vient. Il ressent ça, parfois, cette mélancolie qu'il attribue à ses déprimes passagères. Comme une vieille douleur qui se réveille.

Il a déjà vu cette silhouette quelque part. Cette certitude lui brise le cœur.


Est-ce que Joshua est un petit con ? Toujours. Est-ce que je devrais scénariser cette histoire avant de faire n'importe quoi ? Evidemment. Est-ce que je vais le faire ? Ah. Ahahaha.

A la prochaine ?