Titre : Je ne pensais pas
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Disclaimer : Je peux dire que tous les personnages de HP ainsi que l'histoire de base ne m'appartiennent nullement sinon, tout ne se serait pas passé de cette façon. Sirius ne serait pas mort, Harry et Drago seraient amoureux et heureux ensemble, Dumbledore serait toujours vivant et donnerait encore des bonbons au citron à ces élèves, Severus n'aurait pas les cheveux gras et enfin Cho serait morte à la place de mon cher Cédric.
Résumé : Drago aime Harry mais celui-ci sort avec Cho alors pour abréger ses souffrances Drago décide de se suicider.
Note : Attention ceci est un slash Harry/Drago avec des relations sexuelles explicite homosexuelles alors si ça ne vous plait pas cliquez sur "précédente".
Note 2 : Pour le bon fonctionnement de ma fic ne pas tenir compte du tome 5 et 6. Lucius n'est pas en prison.
Merci pour vos gentilles reviews, qui me font infiniment plaisir. ET MAINTENANTBONNE LECTURE
Je ne pensais pas.
Chapitre 14 : Un voile se lève.
Une fois la porte refermée derrière eux, Blaise se tourna vers son ami.
-T'aurais pu lui dire quelque chose quand même !
-Non je ne préfère pas, allons y !
Il lança plusieurs sorts sur son appartement et les deux sorciers transplanèrent après avoir fait un signe aux aurors postés en faction.
Harry se retrouva seul avec cette petite créature qui le regardait de ses yeux ronds. L'elfe se leva et exécuta une révérence un peu maladroite.
-Dobby est très heureux de vous revoir Harry Potter, Monsieur. Il se faisait beaucoup de soucis pour vous.
-Heu merci Dobby.
-Dobby va préparer le repas.
Dans un "plop", il disparut dans la cuisine.
Harry retourna dans la chambre et se jeta sur le lit. Ne plus se rappeler de son meilleur ami l'énervait prodigieusement. Mais plus encore que cela, l'indifférence de Draco l'avait profondément affectée. Il aurait au moins pu lui dire au "revoir".
Il s'inquiétait pour lui, et s'il lui arrivait quelque chose ? Il ressentait quelque chose pour le blond mais il ne savait pas quoi exactement. Ses souvenirs avaient disparu et ses sentiments étaient bien trop confus.
Il soupira, laissant son regard vagabonder dans la pièce. Ses yeux tombèrent sur le petit cadre qu'il avait remarqué le jour de son arrivée. Pourquoi état-il vide ? Est ce que Draco n'avait personne d'assez cher à ses yeux pour y mettre sa photo ?
Las de ses questions, il prit son livre et se replongea dans sa lecture. Les minutes s'égrainèrent puis se fut au tour des heures. Le temps passait trop lentement, surtout qu'il avait un mal fou à se concentrer sur sa lecture. Il ne cessait de penser à la mission de sauvetage et au risque que prenaient Blaise et Draco. L'angoisse le tenaillait. Il était tellement perdu dans ses pensés, qu'il sursauta quand Dobby apparut devant le lit.
-Le repas est prêt, Harry Potter, Monsieur.
Harry se releva sur ses coudes pour faire face à l'elfe.
-Désolé mais je n'ai pas faim.
-Harry Potter doit manger ! Il ne doit pas être inquiet, le grand Albus Dumbledore veille sur eux.
Le brun acquiesça et Dobby sortit. Il se leva, mais repensant au blond, une brusque montée de colère le foudroya.
-Putain pourquoi t'es partit comme un voleur.
Sous le coup de la colère, il attrapa un oreiller et le jeta de toutes ses forces pour se défouler. Celui-ci atterrit sur le cadre vide qui se renversa sous l'impact.
-Eh merde !
Il se précipita pour ramasser le résultat de ses bêtises. Il entreprit en premier lieu de ramasser les bouts de verre en évitant de se couper et les réunis dans sa main gauche. Puis, il retira le cadre d'argent et découvrit une épaisse feuille de papier blanc qu'il retourna.
Un sentiment de surprise le saisit violemment. De l'autre côté, se trouvait une photo de lui.
A cause du choc, il retira sa main brusquement, se coupant au passage avec un bout de verre.
-Aie !
Dobby arriva immédiatement.
-Harry Potter va bien, Monsieur ?
-Oui, je me suis juste coupé.
-Laissez faire Dobby, je vais vous soigner et réparer tout ça.
Il lança une invocation, la blessure disparue et le cadre se répara et se reposa sur la commode. Sous le coup de la surprise, Harry ne remarqua pas que la photographie s'était remise à l'endroit. Toujours choqué, il se rassit sur le lit.
Soudain un vacarme retentit dans le salon. Harry se précipita et tomba nez à nez avec Draco. Celui-ci était salement amoché. Des griffures recouvraient ses avant-bras, sa paupière gauche devenait violacée et du sang s'écoulait de sa lèvre fendue.
-Draco ça va ?
-Oui tout va bien, on a pu récupérer Ron mais les mangemorts se sont enfuient.
-Tu devrais aller te faire soigner.
Toute l'inquiétude que ressentait le survivant se reflétait dans ses prunelles vertes.
-J'y vais, je voulais juste vérifier que tout allait bien.
Le blond disparut aussi vite qu'il était apparut, non sans laisser entrevoir au griffondor un léger boitillement.
Harry se retrouva de nouveau seul, malmené par les sentiments qui déferlaient en lui. Draco faisait battre son cœur irrationnellement plus vite. Et pourquoi celui-ci s'inquiétait-il ainsi pour lui alors qu'il devait juste rester sagement à l'appartement. Il s'assit sur le canapé, ferma les yeux et se concentra. Il devait essayer de se rappeler de ce jeune homme, il voulait se remémorer le moindre souvenir. Il réfléchit à ce qu'il savait déjà pour essayer de retrouver la plus petite bribe de mémoire. Mais en vain, sa tête commençait à le faire souffrir. Une migraine l'empêcha de continuer.
Il resta assis, la tête penchée en arrière, avec pour seule compagnie ses sombres pensées.
Il faisait totalement noir dans le petit appartement et plus aucun bruit ne se faisait entendre. Dobby était sûrement partie suite au retour de Draco. Il avait hâte que celui-ci revienne. Il sentait au plus profond de lui qu'il ne ressentait pas que de l'amitié pour le blond. Quand il l'avait vu blessé, son cœur s'était soudainement emballé et une boule d'angoisse était née dans sa gorge. A ce moment là, il avait comprit l'étendu de ses sentiments. Mais celui-ci n'avait pas l'air de ressentir la même chose pour lui. Et pourtant, il y avait cette photo de lui. Une photo retournée. Qu'est ce que cela pouvait-il bien signifier ?
Un bruit sourd le sortit de ses pensés. Draco, Blaise et Ron venait d'apparaître. Le blond sourit en pénétrant dans son appartement mais tiqua en s'apercevant que la pièce était plongée dans le noir. Il alluma la lumière.
-Pourquoi restes-tu dans le noir ?
Harry se frotta les yeux. Une lueur de soulagement éclaira furtivement son regard quand il s'aperçut que le blond était entièrement guéri.
-J'ai mal à la tête.
Le serpentard prit un air soucieux.
-Je vais t'apporter un cachet.
Il partit dans la salle de bain. Pendant ce temps, Blaise s'avança vers Harry suivit de près par son petit ami.
-Harry, je te présente Ron.
Sous le coup de l'émotion, Ron se précipita sur Harry et le pris dans ses bras.
-Harry, tu m'as tellement manqué.
Le blond refit son apparition, un verre à la main. Le rouquin relâcha sa prise sur son meilleur ami et se recula jusqu'à se retrouver dans les bras de son amour.
-Tiens bois ça !
Harry le bu d'une traite et se retourna vers Ron qui était enlacé par Blaise. Draco posa également ses yeux sur le couple.
-Ça fait vraiment bizarre !
Il était étonné de l'harmonie de ce couple qu'il aurait jugé, il y a peu, d'improbable. Comme quoi, tout est possible.
Sous le regard insistant du serpentard, Ron se rembrunit. Après tout, il ne s'était jamais entendu avec Malfoy, les insultes avaient toujours été monnaie courante entre eux. A cause de leur passif, il prit la mouche.
-Mais c'est comme ça, j'aime Blaise et il m'aime, si ça te pose un problème, tant pis pour toi !
Les bonnes vieilles habitudes reprenant le dessus, le serpentard répliqua :
- Tu crois ça Weaslette ?
-Exactement !
-Aïe !
Tout le monde se tourna vers Harry qui se tenait la tête entre les mains. Draco se précipita sur lui.
-Harry, est-ce que ça va ?
Celui-ci releva les yeux et rencontra le regard du blond. Soudain, il revit comme dans un rêve sa vie passée. Son enfance chez les Dursley, la première fois qu'il avait rencontré Draco chez Madame Guipure, sa scolarité à Poudlard. Et dans cette déferlante d'images et de sentiments, le souvenir du regard haineux de Draco en découvrant la vérité après son amnésie le terrassa presque sur place.
Il baissa les yeux. Toute sa mémoire lui était revenue.
-Ca va ? Réponds-moi !
-Heu…
Non, il ne pouvait pas lui dire. Pas après cette image si violente. Il voulait le garder auprès de lui encore un peu. Il voulait le voir agir normalement avec lui encore quelques instants. Il ne voulait pas rentrer dans sa grande maison vide, pas si vite. Une voix dans sa tête cria "Jamais".
Il se reprit et colla un petit sourire sur son visage.
-Ca va !
Draco semblait sceptique. Son sourcil droit était relevé et ses lèvres serrées.
-Tu es sûr ? Tu ne veux que j'appelle Dumbledore ?
-Non, non, c'est pas la peine.
Zut ! Il avait répondu un peu trop vite. Il reprit plus lentement.
-Avec le cachet que tu m'as donné ça devrait aller.
-Bien, va te reposer dans la chambre alors, tu seras plus tranquille.
Harry hocha la tête. Il se leva, fit quelques pas puis finalement se retourna.
-Heu… Ron ?
-Oui ?
-Est-ce que tu pourrais venir avec moi s'il te plait, dit-il d'une toute petite voix.
-Oui bien sûr !
Blaise et Draco se lancèrent un regard surpris. Voyant cela, Harry crut bon de se justifier.
-Peut-être que je me rappellerais de quelque chose en parlant avec Ron.
Le rouquin, tout sourire, rejoignit son meilleur ami.
Une fois la porte refermée sur les deux griffondors, Harry se jeta sur lui, le serrant fort contre lui. Ron lui rendit son étreinte puis se dégagea légèrement.
-Tu te rappelle ?
Le brun le lâcha d'un air penaud.
-Depuis quand ?
-Ma mémoire est revenue quand tu t'es disputé avec Draco.
Ron soupira et s'assit au bord du lit.
-Pourquoi tu ne nous l'a pas dit ?
Des larmes apparurent dans les yeux d'Harry. Voyant cela, Ron se précipita et reprit son ami dans ses bras.
-Harry, calme-toi, ça va aller !
-Non ça n'ira pas ! Je ne veux pas le perdre. Pas encore. J'avais cru l'avoir perdu pour toujours et maintenant qu'on est si proche… je ne veux pas partir ! Je l'aime ! Je l'aime tant !
Ron comprenait très bien. Lui aussi avait ressentit cette peur au début de sa relation avec Blaise.
-Mais justement, tu l'a déjà perdu à cause d'un mensonge alors ne refait pas deux fois la même erreur. Dis-lui la vérité.
-Oui je sais bien, mais c'est plus facile à dire qu'à faire !
-Ecoute je vais rentrer avec Blaise et quand on sera partit, tu lui parles, ok ?
Harry acquiesça d'un air incertain. Mettant fin à leur étreinte ainsi qu'à leur conversation, Ron sortit, laissant Harry seul dans la chambre.
Quand il pénétra dans le salon, Draco et son fiancé était en pleine discussion. En le voyant arrivé, le blond laissa sa phrase en suspend.
-Alors ?
Le rouquin se sentit gêné sous le regard impatient du serpentard.
-Ca va !
-Hum !
-Blaise, on devrait rentrer à la maison.
Celui-ci dévorait des yeux l'amour de sa vie et approuva immédiatement dans un doux sourire. Il voulait le retrouver convenablement. Ces jours sans lui avaient été une vraie torture et maintenant, il ne rêvait plus que d'une chose, retrouver le réconfort de ses bras.
Ils transplanèrent l'un contre l'autre dans un dernier bonsoir, laissant Draco planté au milieu du salon. Celui-ci soupira en les voyant partir, tendrement enlacé. Il se demanda furtivement comment se serait d'être en couple avec Harry. Il se rendait de plus en plus compte qu'il appréciait de vivre avec lui. La vie à deux avait pas mal de bon côté, bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Et puis, c'était Harry. Malgré tout ce qui c'était passé, il vivait avec la personne qu'il aimait depuis si longtemps. C'était surtout ça qui lui plaisait, être auprès de lui. Il aurait aimé avoir une relation solide avec le brun. Mais est-ce encore possible ?
Dans un profond soupir, il se rendit dans la chambre où se trouvait encore le griffondor. Il le retrouva assis sur le lit, l'air songeur. Il avait la tête baissé et triturait ses mains d'un mouvement nerveux.
-Ca va mieux ?
Harry releva la tête, surpris, apparemment il ne l'avait pas entendu arriver.
-Ton mal de tête, ça va mieux ?
-Oui, oui, ça va mieux, merci !
Il avait une fois de plus répondu très rapidement, se qui fit douter Draco de sa réponse.
-Est-ce que quelque chose ne va pas ?
Harry voulait lui dire la vérité, vraiment, mais aucun son ne sortit de sa bouche. La peur lui broyait la gorge, le faisant perdre tout ses moyens. Face à cette constatation, il se replia un peu plus sur lui-même. Ça ne lui ressemblait pas, bon sang ! Il se sentait si faible en cet instant. Après tout ce qu'il avait du affronter dans sa vie, il ne parvenait même pas à avouer une vérité toute simple à l'homme en face de lui. Il devait se reprendre et foncer, comme avant ! Une bonne nuit de sommeil lui ferait du bien et demain, enfin, il lui dirait tout.
Draco l'observa tout ce temps d'un air inquiet. Puis il le vit relever subitement la tête, le regard un peu moins perdu.
-Non tout va bien !
Draco savait qu'il lui mentait mais il n'insista pas.
-Très bien ! Tu es fatigué ?
Harry acquiesça dans un murmure.
-Tu devrais te coucher, la journée a été éprouvante pour tout le monde. Je pense que je vais en faire de même après avoir prit une bonne douche.
Draco tira la couette et fit signe au brun de s'y allonger.
-Endors-toi, je me dépêche et je te rejoins.
Le survivant s'installa confortablement, couché sur le côté, le regard en direction de la porte de la salle de bain. Il laissa son esprit divaguer dans un imbroglio de mots d'excuses et d'explications.
Le blond sortit rapidement de la douche et c'est vêtu d'un pantalon de pyjama en satin noir, qu'il vint se coucher à côté du brun. Celui-ci garda les yeux clos. Il voulait éviter toute discussion pour l'instant. Il n'était définitivement pas en état.
-Fais de beaux rêves !
Draco savait-il qu'il ne dormait pas encore ? Harry ne répondit pas mais souris. Il aimait les gestes d'attention du blond.
Dans la pénombre de la chambre, il ne cessait de ressasser toutes ses angoisses l'empêchant de trouver le sommeil. Tout se bousculait dans sa tête. Puis, la fatigue prenant le dessus, il finit par s'endormir.
Le réveil digital indiquait 4 heures du matin quand Harry se réveilla en sursaut, un hurlement s'échappant de ses lèvres. Ce cri sortit le serpentard de son paisible sommeil, il fixa le brun avec inquiétude. Celui-ci essayait de reprendre une respiration normale pour calmer les battements de son cœur.
Des souvenirs de son combat acharné contre Bellatrix Letrange avaient refait surface, transformant ses rêves en cauchemars. Le souffle encore saccadé, il se tourna vers Draco, espérant ne pas l'avoir réveillé. Hélas, le blond avait les yeux posé sur lui.
-Ca va ?
Harry lui répondit d'un rapide "hum" et se recoucha lui tournant le dos. Il espérait ainsi clore toute discussion. Il voulait se rendormir et ne plus y penser mais c'était sans compter sur la curiosité et l'inquiétude du serpentard.
-Tu ne veux pas me raconter ton cauchemar ?
-Non !
-Tu devrais, je suis sûr que ça te ferais du bien d'en parler.
Il accompagna sa remarque d'une légère caresse sur l'épaule du brun. Harry se figea sous la déferlante d'émotions que ce geste provoqua en lui.
-Tu peux me faire confiance ! Je suis là !
-Je ne veux pas en parler !
Il dit cette phrase en détacha bien chaque syllabe. Sous l'intonation dure qu'avait la voix du griffondor, Draco retira sa main comme s'il s'était brûlé. Le Harry amnésique ne lui avait jamais parlé de cette façon, le vrai Harry par contre…
Un lourd silence s'installa dans la pièce. Harry, buté, essaya de se rendormir tandis que le blond, de son côté, était assiégé de nombreuses questions sur ce qu'il venait de se produire.
Pourquoi Harry n'avait-il pas voulu lui raconter son cauchemar. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier. Il essaya de retrouver le sommeil mais en vain. Bien trop d'interrogation se bousculaient dans son esprit. Avec toujours une même insidieuse question "et si Harry avait retrouvé la mémoire ?"
Après plusieurs heures de doutes et de confusions, Draco en était venu à la conclusion qu'il devait découvrir la vérité. Fort de cette décision, il s'apprêtait à se rendormir quand il s'aperçu qu'il était déjà 8 heures du matin. Tant pis pour ses huit heures de sommeil, il avait besoin d'un grand café noir. Il se leva sans bruit, attrapa un T-shirt et sortit de la chambre, direction la cuisine. Il enfila son haut et alluma la cafetière après avoir mit café et filtre. Le bruit caractéristique de l'appareil se fit entendre au moment où Draco grimpa sur l'un des tabourets.
Quand Harry pénétra dans la cuisine, il sut que quelque chose n'allait pas. Son hôte était assis devant une tasse de café fumante, un air sombre plaqué sur le visage. A peine ses yeux avaient croisé ceux de Draco qu'il comprit. Il connaissait ce regard. Draco se doutait que sa mémoire lui était revenue. Il rassembla tout le courage qu'il lui restait et s'assit en face de lui plongeant son regard dans le sien.
-Je me rappelle de tout !
Le blond retint sa respiration.
-Depuis quand ?
-Hier soir.
Ces yeux prirent une teinte orageuse.
-Tu ne me l'as pas dit !
Son ton accusateur lui fit perdre tous ses moyens. Harry avait retourné cette conversation des milliers de fois dans sa tête. Cependant, face au regard furieux qui le transperçait, tout se mélangeait dans sa tête. Toutes ses belles explications se perdaient dans un tumulte de mots et de sentiments.
-Ecoute, je…
-Tais-toi ! Je ne veux rien entendre.
Draco se sentit une fois de plus trahit. Il aurait pu lui dire immédiatement ou au moins après son cauchemar, mais non, comme à chaque fois, il n'avait pas pu lui dire la vérité. Peut-être que sans ce douloureux passif entre eux, il n'aurait pas ce sentiment si violent à chaque mensonge ou omission.
Il ne voulait pas entendre ses excuses. Pour le moment, il ne voulait même pas entendre un seul mot sortir de sa bouche.
-Je vais dans la chambre, surtout ne me suis pas, laisse moi tranquille !
Il s'enferma à clé. Il avait besoin de réfléchir. A ses sentiments en premier lieu et comment il voyait son avenir. Il aimait Harry depuis si longtemps, et pourtant, il avait toujours vu cet amour comme impossible. Tout les séparait depuis toujours. Autrefois, il avait cru l'homme de sa vie incessible et puis avait finalement découvert qu'il n'était qu'un menteur. Il l'avait mené en bateau.
Mais le plus difficile dans tout cela, c'était d'avoir apprit la vérité de la bouche de son père, de ce salaud ! A ce moment là, sa vie s'était écroulée. Et même s'il aimait toujours Harry, il n'arrivait pas à surmonter cette blessure. Dans un monde utopique, il ne désirerait que de vivre pour toujours avec lui. Mais là, il n'avait pas assez confiance. Il avait peur. Peur de se faire avoir, peur de souffrir encore.
Il resta allongé sur le lit fixant le plafond sans le voir vraiment, perdu dans ses pensées.
Harry de son côté se sentait désemparé. Il avait sentit son cœur se brisé, son regard fixé sur le dos du blond quand celui-ci s'était détourné de lui. Mais après tout, c'était bien de sa faute. C'est lui qui avait mentit, qui n'avait pas été honnête. Mais qu'est ce qu'il pouvait l'aimer ! Il n'avait jamais cessé de l'aimer !
L'amnésie du serpentard lui avait permis de voir derrière son masque. Et de fil en aiguille, il était tout naturellement tombé amoureux du jeune homme qu'il avait apprit à connaître. Mais ce bonheur lui avait été arraché avant même d'avoir réellement commencé. Pendant toutes ces années de séparation, il s'était maudit d'avoir gâché sa vie. Il s'était noyé dans les études puis dans le travail tout en montrant un bonheur feint à ses amis.
Et puis un jour où il se trouvait au QG des aurors, son collège avait pénétré en trombe dans son bureau. D'après une source sûre, une attaque de mangemorts allait se produire sur le chemin de traverse. Ils avaient transplanés avec toute une escouade d'aurors. Arrivé sur place, un groupe de mangemorts, mené par Bellatrix Letrange, leur était tombé dessus. S'en était suivit un combat acharné entre les deux camps. Le moment de surprise passé, les aurors avaient repris le dessus, mais c'était sans compter sur Bellatrix qui s'était servit d'une jeune recrue comme bouclier. Se retrouvant face au survivant, elle lui avait lancé un "Avada Kedavra" qu'il avait réussis à dévier en partie. Et puis ça avait été le trou noir.
Se retrouver amnésique avait été une expérience plutôt terrifiante. Pourtant, sans le savoir sur le moment, il avait retrouvé une partie de son bonheur, qu'il avait pensé perdu à jamais. Et maintenant, il devait faire face à l'indifférence de Draco, encore une fois. Un soupir de lassitude s'échappa de ses lèvres.
Il resta assis la tête entre les mains quelques minutes. Puis, soudain, il se redressa, un sursaut d'espoir au fond des yeux. Il allait tout faire pour le reconquérir ! Il l'aimait plus que tout alors hors de question de laisser tomber si facilement. Il se leva et avec assurance, attrapa une veste et sortit.
Il referma la porte le plus discrètement possible et remercia mentalement Merlin de ne pas avoir rencontré de résistance en sortant. Draco avait du oublier de remettre le sort de protection qui l'empêchait de sortir. Après toutes les émotions de la veille, c'était bien légitime. Il descendit l'escalier quatre à quatre, l'amour lui donnait des ailes. Il n'avait plus qu'une idée en tête ; trouver le cadeau parfait pour son bien-aimé. Perdu dans ses pensées, il ne réalisa qu'une fois dehors qu'il n'avait pas d'argent sur lui.
Il regarda autour de lui et son regard fut immédiatement attiré par un petit magasin de musique. Des ukulélés de couleurs vives trônaient dans la vitrine. Des rouges, des roses, des bleus, des verts, des jaunes, une myriade de couleur plus éclatante les unes que les autres illuminait la vitrine. Harry traversa la rue piétonne sans réfléchir et colla son nez sur la vitre. L'intérieur de la boutique avait l'air plutôt ordonné. On apercevait dans un coin un immense piano à queue d'un noir profond, suivit d'un lot de percussion. Des violons étaient alignés sur un présentoir devant une rangée de flûtes en tout genre. De l'autre côté se trouvait un alignement de guitares de formes et de couleurs différentes.
L'une d'entre elle attira son attention. C'était une guitare acoustique laqué noire. Il imagina tout de suite l'instrument entre les mains de Draco. Il savait que le blond aimait la musique. Il avait trouvé le cadeau parfait.
Il ne lui restait plus qu'à trouver un moyen de payement. Même s'il trouvait une banque mi-moldu, mi-sorcière, il aurait besoin de sa baguette pour accéder à son argent. Il s'écarta de la vitrine et s'élança dans la voix piétonne. Il fallait qu'il trouve une solution.
Pendant ce temps, Draco, toujours perdu dans ses pensées, était malmené par une multitude de sentiments contradictoires. Etendu sur son lit, il se prit la tête entre les mains. Il ne le comprenait pas. Il ne se comprenait plus. La vie était tellement facile quand elle ne se résumait qu'à ses petites habitudes et à l'écriture. Dans ses livres, il savait toujours quoi faire. Il se mettait à la place de l'un de ses personnages principaux et trouvait toujours une solution pour être avec la personne qu'il aimait, même si cet amour semblait impossible. Et là, en prenant un peu de recul, il avait l'impression de tout faire pour ne pas s'impliquer. A l'époque, il s'était sentit tellement trahit que ce sentiment s'était comme gravé dans sa chair. Il ne parvenait toujours à en faire abstraction. Pourtant Harry lui avait finalement dit la vérité cette fois, même si ça n'avait pas été immédiat. Mais après tout, avec tout ce qu'il s'était passé la veille !
Il décida finalement de se lever. Il devait avoir une discussion sérieuse avec Harry. Il sortit de sa chambre, prêt à écouter les explications du brun.
Quand il entra dans le salon, une boule d'angoisse le prit à la gorge. Harry n'était pas là ! Gardant son calme, il fouilla les autres pièces de l'appartement ainsi que le balcon, en vain ! La panique s'empara de lui face à ce constat. Il regarda partout autour de lui et s'aperçu que sa veste avait disparu. Sans perdre une seconde, il se jeta sur la porte après avoir attrapé sa baguette.
Il dévala les escaliers à perdre haleine, fou d'inquiétude. Harry ne devait pas sortir, c'était bien trop dangereux. Il était la cible de tous ces mangemorts en fuite. En plus il n'avait pas de baguette ! Merde, et s'il lui arrivait quelque chose ! Il lui avait dit de le laisser tranquille, bon sang !
Une fois dehors, il s'élança dans la voix piétonne, balayant la rue du regard. Ne le voyant pas, il se remit à courir, tous les sens en éveil. Il cherchait frénétiquement, fouillant chaque ruelle, chaque recoin, dévisageant les quelques piétons encore dehors. Il revint sur ses pas, se disant que peut-être il était partit de l'autre côté.
Quand soudain, il le vit. Il marchait tranquillement en plein milieu de l'avenue à quelques mètres de lui. Draco se stoppa reprenant son souffle. Un soulagement indescriptible le submergea. Il était là juste devant lui, rien ne lui était arrivé. Merci Merlin !
Un sourire se dessina sur son visage. Sourire qui s'effaça bien vite en apercevant un homme affublé d'une longue cape noire. Comme au ralentit, il le vit brandir sa baguette et avant même qu'il ne s'en rende compte, il se précipita sur Harry tout en hurlant son prénom. En quelques enjambés, il franchit la courte distance qui les séparait. Il brandit à son tour sa baguette tout en se jetant sur le brun pour le protéger de son corps. Il lança un "expelliarmus" à l'assaillant qui, se voyant repéré, transplana.
Draco se redressa et attrapa le brun par les épaules.
-Mais ça va pas la tête, tu veux te faire tuer ou quoi ?
Harry le regarda surpris. Tout s'était passé bien trop vite. Il n'arrivait pas encore à assimiler ce qu'il venait juste d'arriver. La douleur le rappela à l'ordre. Le serpentard le serrait trop fort. Il sentait ses doigts s'enfoncer dans sa chair.
-Draco, tu me fais mal !
Celui-ci lui lança un regard fou-furieux.
-Je te fais mal ! Je te fais mal ! T'as faillit te faire tuer bordel ! Tu te balade là, tranquille, complètement inconscient. T'as faillit te faire tuer tellement de fois et t'as toujours pas appris à être prudent ! Sérieux, faut que tu te fasses soigner, tu mens, tu joues les héros et maintenant t'es suicidaire. Tu les accumules !
Harry sentit la colère poindre le bout de son nez. De quel droit Draco osait lui balancer tout ça à la figure.
-Lâche-moi !
Le blond ne bougea pas et ne répondit rien, seul ses yeux lançaient des éclairs de colère. Harry sentit son sang ne faire qu'un tour. Il écarta les mains du serpentard d'un coup bref.
-D'abord tu te calmes. J'ai aucun compte à te rendre. Et puis de quel droit tu te permets de me dire ça. Tu te prends pour qui ? Ce pauvre petit Draco toujours tout seul dans son petit appart !
-Si je suis seul c'est par choix et franchement tout ça me donne raison !
-Par choix ! Laisse-moi rire ! Avec le caractère que t'as, ça m'étonne pas que personne ne veuille de toi !
Harry lui lança un sourire moqueur avant de reprendre de plus belle.
-J'suis sûr que t'es encore puceau !
Une grimace de dégout s'afficha sur le visage du blond qui devint rouge de colère.
-Salaud ! T'es vraiment qu'un enfoiré !
-J'ai tapé juste apparemment.
-Va te faire foutre !
-Ouh le petit dragon devient grossier. Ta vie d'ermite a tué ton sens de la répartie on dirait !
-Et toi, t'as pas changé. Ça te plait de m'enfoncer. Toi Saint Potter qui joue au super héros entouré de ta bande de toutou, le soi-disant griffondor courageux et honnête qui a finalement révélé sa vraie nature sournoise et sadique face au méchant serpentard amnésique. Tu me fais gerber !
Harry perdit son sourire sous la remarque et sentit son sang ne faire qu'un tour.
-Pour qui tu te prends ? Si t'es tout seul, c'est qu'il y a peut-être une raison ! T'as pas d'ami, t'es un écrivain raté, et c'est quoi cette photo de moi retourné dans ta chambre ?
Entendant cela, Draco sentit sa fureur reprendre de plus belle.
-Tu as osé fouiller chez moi, moi qui t'es accueilli ! J'aurai mieux fais de te laisser dans ta merde.
-C'est clair que j'aurais été cent fois mieux avec Ron ! Mais tu devais te sentir seul non ?
-J'ai juste eu pitié de toi !
-Pitié ! T'as eu pitié ! J'ai pas besoin de ta pitié !
Draco sentit ses vieux instincts sadiques se réveiller mais avant qu'il ne lance une phrase de plus qu'il pourrait vraiment regretter, il expira un bon coup, essayant de se reprendre.
-Ben alors t'as rien à répliquer ?
Le serpentard lui lança un regard glacial tout en articulant un "tais-toi" tranchant.
Il ferma les yeux tout en se pinçant l'arrête du nez. Quand il les rouvrit, il avait retrouvé un semblant de calme.
-Ca suffit, rentrons ! C'est dangereux de rester ici. Les mangemorts pourraient revenir et tu es toujours sous ma responsabilité.
Face au ton cassant et sans réplique du blond, Harry préféra s'abstenir de tout commentaire.
Ils rentrèrent en silence, chacun perdu dans ses pensées. Une fois dans l'appartement, Draco verrouilla sa porte de multiples sorts sans jeter le moindre regard à Harry. Celui-ci se précipita dans la chambre où il s'enferma dans un grand "CLAC".
A Suivre…
Coucou, j'espère que ce chapitre vous a plu, dites moi ce que vous en avez pensé.
Et à très bientôt pour le dernier chapitre.
