Merci à Castle38, Jade212000 et Sweetylove30. =)

janeanteresa: Que ce soit dans le séminaire ou dans mes histoires, tout arrive. ^^ Mais bon, je me suis trahie, j'ai mis "Romance" dans le genre. :) Merci de ta review !

lovejisbon: Contente que cette scène t'ait plu. =)

Sam: J'espère ne pas te décevoir, je ferai de mon mieux ! =)

MissK369: Merci pour tes reviews, elles m'ont boostée ! :D J'espère réussir à te faire rire encore un peu durant cette histoire, et je suis très contente que tu apprécies ce début d'histoire. =) Et j'adore ton association entre le chien de LaFaille venait de mon lapin mais d'où vient la cuisinière ? lol très bonne question ! (mais j'ignore la réponse ^^)

FewTime: Bienvenue sur cette nouvelle folie ! Je suis contente que le coup de poing t'ait plu. Désolée pour les vieilles habitudes haine/amour envers Jane..! Et ton rattrapage de bus m'a fait sourire. ^^ Ma fic est placée sous l'humour, alors même s'il y aura des moments plus "sombres" (parce qu'ils ont des raisons d'avoir perdu confiance), je m'arrange pour mettre un minimum d'humour dans chaque chapitre. Gorby a bel et bien un rôle à jouer au fait. =) Et oui, enquête il y aura ! (on ne se refait pas...) Pour tes questions: je pars pour une durée indéterminée, je vais faire de mon mieux pour que ça ne dure pas deux semaines ! Et j'ai écrit actuellement 11 chapitres de cette histoire, il m'en reste donc 5 ou 6 à écrire mais j'ai déjà une autre idée, donc je suis motivée pour finir. Merci à toi d'être toujours là. =)

Enjoy: Contente que ce début ne t'ait pas déçue. =) Et les jambes de Lisbon reviendront lol Et tu as raison, une enquête se profile (je suis incorrigible...) J'espère que le camp que tu as choisi ne sera pas le mauvais ^^ et merci surtout !


Chapitre 2: Did you just fall ?

Lisbon arriva un peu en avance au réfectoire, elle s'était lassée de son livre et, par ennui –la télé n'était pas encore branchée-, elle avait cédé et décidé de partir à la recherche de Jane. Elle l'avait très vite retrouvé en grande conversation avec la cuisinière Mary. Exacerbée, elle avait abandonné toute idée de chercher la compagnie de cet enquiquineur, et pris place dans un coin du réfectoire.

Quelques binômes ne tardèrent pas à se montrer et s'installèrent joyeusement. Elle entendit beaucoup de disputes autour d'elle, et roula des yeux. Au moins, Jane et elle ne feraient pas tâches dans le paysage.

Elle observa les gens arriver, estima qu'ils devaient être au moins quarante, puis se lassa et plongea dans l'ennui le plus total. Lorsqu'elle releva la tête quelques minutes plus tard, Jane l'avait remarquée et venait vers elle avec un léger sourire.

-Alors ? s'enquit-elle. Vous aurez votre thé ?

-Elle fera de son mieux, triompha Jane en s'asseyant à côté d'elle à table.

-Je suppose qu'à l'heure qu'il est, elle est déjà folle de vous, s'exaspéra la brunette.

-Ne vous plaignez pas, vous serez bien contente quand vous aurez faim en pleine nuit.

-Ça va vous étonner Jane, mais la plupart des gens dorment la nuit.

-Vous n'êtes pas drôle Lisbon, se plaignit-il.

Elle ne s'abaissa pas à répondre et regarda par-dessus l'épaule de son consultant les derniers arrivants prendre place. Elle se décomposa sous les yeux étonnés de Jane et se pencha de façon à être cachée derrière lui.

-Oh non, gémit-elle. Pitié, n'invitez personne à venir à notre table.

-Quoi ? Qui ? s'affola Jane.

-Vous voyez les deux militaires ?

Jane fouilla la foule puis repéra en effet deux hommes en treillis.

-Affirmatif.

-Le brun s'appelle Jerry Halen, chuchota Lisbon.

-Et ?

-Et c'est un vieil ami de mon frère James.

-Et ?

-Et rien du tout, marmotta-t-elle. Contentez-vous de me cacher.

Jane fit aller son regard du brun à Lisbon puis un sourire naquit sur ses lèvres.

-Il est épris de vous ou vous êtes éprise de lui ?

-Jane, gronda-t-elle en le fusillant du regard.

-Oh allez Lisbon, ayez confiance

Elle leva les yeux au ciel mais céda :

-Il était amoureux de moi. Je ne l'ai pas vu depuis au moins trois ans, mais je n'ai aucune envie de vérifier si c'est toujours le cas.

-Jerry Halen, hein ?

-La ferme Jane.

-Lisbon ? sourit-il.

-Quoi ?

-Apprêtez-vous à me haïr.

-Plus que d'habitude ?

-Ahah… Jerry Halen ? appela-t-il en direction de l'intéressé.

-Oh non Jane, fermez-la ! protesta Lisbon, désespérée.

Malheureusement pour elle, le jeune homme avait entendu son nom et se tourna vers leur table, surpris. Jane lui adressa un grand sourire tout en se reculant un peu pour que Lisbon apparaisse.

-Teresa ? s'étonna-t-il.

-Salut Jerry, marmotta Lisbon dans un sourire coincé.

Jerry lui sourit puis fit signe à son coéquipier de le suivre vers la table de Jane et Lisbon.

-Je vais vous tuer Jane, je vais vraiment vous tuer, menaça Lisbon entre ses dents.

-Pour ça il vous faudrait une arme, et j'ai déjà retiré celle que vous gardiez dans vos chaussettes, répondit Jane à mi-voix.

-Mes chaussettes étaient rangées avec mes sous-vêtements, gronda-t-elle.

-Oui je sais, sourit Jane. J'ignorais que vous aimiez autant le rouge et le noir d'ailleurs…

Jane gémit de douleur et massa son mollet violemment meurtri par la chaussure de randonnée de Lisbon alors que Jerry Halen et son coéquipier s'asseyaient face à eux.

-Ça alors Teresa, s'enthousiasma Jerry. Tu vas bien ?

Lisbon acquiesça dans un sourire parfaitement faux puis tendit une main vers Jane.

-Le pitre à côté de moi, c'est Patrick Jane, présenta-t-elle.

-Mon coéquipier, Paul, répondit Jerry en désignant l'homme blond à la mine renfrognée à sa droite. Comment va James ? reprit-il.

-Oh, il va très bien, répondit Lisbon, toujours aussi peu encline à faire la conversation.

-Tant mieux, ça fait un bout de temps que je ne l'ai pas vu, mais pas autant que toi tout de même.

Lisbon acquiesça en se mordant les lèvres, faisant à peine semblant de s'impliquer dans la conversation sous les yeux amusés de Jane.

-Alors, vous avez des problèmes de couple tous les deux ? s'enquit alors Jerry, pas le moins du monde mal à l'aise.

Lisbon faillit recracher le verre d'eau qu'elle s'était servie puis se tourna vers Jane qui la regardait avec un sourire en coin.

-Jane et moi ne sommes en aucun cas un couple, nia-t-elle.

-Oh, vous êtes là pour le travail alors, sourit Jerry.

-C'est ça.

-Lisbon est complètement célibataire, signala Jane, goguenard.

Sa remarque fut suivie d'un regard noir et d'un violent coup de pied de la part de Lisbon. Jerry ouvrit la bouche pour intervenir mais –pour le plus grand soulagement de Lisbon– Matt Honing fit irruption afin de prendre la parole.

-Dans quelques instants, vous allez pouvoir goûter au talent de Mary ! Mais d'abord, j'aimerai vous présenter votre séjour. Le séminaire de Trust Creek présente une récompense pour les meilleurs d'entre vous. En effet, tout au long de votre séjour, vous cumulerez les points de confiance pour vous mener à la récompense ultime : la coupe de la confiance et les quelques cinq mille euros qui l'accompagnent.

L'annonce fut saluée par des applaudissements enthousiastes alors que Lisbon paraissait atterrée.

-On est tombé dans un parc d'attraction, bougonna-t-elle.

-Vous croyez qu'ils ont de la barbe à papa ? s'enquit Jane avec intérêt.

Elle lui adressa un regard blasé puis reporta son attention sur Matt Honing.

-Mais attention, pour ceux qui ne se montrent pas à la hauteur, c'est la punition ! A chaque activité, les deux perdants seront de corvée de cuisine !

Lisbon parut s'enfoncer un peu plus dans son siège alors que Jane tournait son regard vers le vieux Gorby, assis dans un coin de la salle. Il regardait la salle rire en secouant la tête, l'air triste de voir son si cher séminaire se transformer en camp de vacances pour adultes.

-J'en viens à votre après-midi et au tout premier exercice ! annonça alors avec enthousiasme Matt Honing. Chaque binôme effectuera une randonnée différente mais de même distance. Les derniers arrivés aideront Mary à préparer le dessert pour la fête de bienvenue de ce soir. A votre sortie du réfectoire, il vous sera remis une carte avec votre itinéraire, et une boussole. L'un sera chargé exclusivement de la boussole, l'autre de la carte, vous verrez vos noms indiqués sur l'un ou l'autre et saurez quelle tâche vous a été assignée. Attention, pas de tricherie, nous vérifierons les empreintes présentes sur les objets pour être sûr qu'il n'y a pas eu de changement de main.

Amusé par le coup de bluff (comme s'ils avaient les moyens de relever les empreintes sur plus de quarante cartes), Jane se tourna vers Lisbon qui avait fermé les yeux, souffrant en silence. Il imaginait déjà sa prière : pourvu que ce soit elle qui ait la carte. Il ne put s'empêcher de rire légèrement avant de reporter son attention sur Matt. Décidément, ils allaient de ridicule en ridicule.

-On vous remettra également une corde, il y a quelques crevasses dans le coin, et une fusée de détresse au cas où. Des questions ?

-Quand est-ce qu'on mange ? lança une voix parmi la foule.

Quelques rires suivirent la demande et Matt s'inclina en souriant, leur souhaitant bonne chance et bon appétit. Aussitôt, une dizaine de personnes se ruèrent sur les plats de service posés près de l'entrée du réfectoire.

-Tu veux que je te ramène quelque chose Teresa ? s'enquit Jerry avec espoir alors qu'il se levait pour aller se servir.

-Non merci, j'irai moi-même, répondit-elle poliment –mais avec un sourire coincé.

Jerry acquiesça avant de s'éloigner avec son coéquipier Paul. Lisbon soupira de soulagement sous le regard amusé de Jane.

-Quoi ? s'exaspéra-t-elle.

-Il a l'air gentil.

-C'est bien tout ce qu'il est, marmotta-t-elle.

Jane roula des yeux puis se leva, son assiette en mains.

-Vous voulez que je vous ramène quelque chose Lisbon ? suggéra-t-il dans un sourire charmeur.

Elle le fusilla du regard, puis lui tendit son assiette.

Quitte à être coincée avec lui dans cet enfer, autant qu'il se rende utile.

Le repas en compagnie de Jerry et son coéquipier fut tendu. Jane eut beau tenter quelques pointes d'humour, Jerry n'avait d'yeux et de conversation que pour Lisbon, laquelle n'était pas du tout coopérative et oubliait de lui répondre la moitié du temps –pour le plus grand amusement de Jane.

Lorsque Jerry et Paul déclarèrent qu'ils allaient rejoindre les autres dehors avant le départ, Lisbon fit promettre à Jane de ne plus jamais les réinviter à leur table, sous aucun prétexte.


Vers quatorze heures, on leur distribua cartes et boussoles et Lisbon faillit faire une crise d'angoisse lorsqu'elle vit qu'on avait assigné la carte à Jane et non à elle.

-Ne vous en faîtes pas Lisbon, je sais lire une carte, s'exaspéra Jane.

-C'est ça, et moi je suis medium.

-Vous m'insultez. Faites-moi un peu confiance, femme.

-Jane, c'est parce que je ne vous fais pas confiance qu'on est ici, s'énerva-t-elle.

-Justement, exercez-vous à me faire confiance, tout se passera bien.

-Je vous préviens, si on se retrouve de corvée ce soir…

-On perd du temps, la coupa-t-il en jetant un coup d'œil à la carte. Le chemin tracé dit d'aller par là, conclut-il après un examen rapide de la carte.

Il se mit en marche vers le sous-bois et Lisbon n'eut d'autres choix que de le suivre, s'accrochant à sa boussole comme à une bouée de sauvetage.

La première heure de marche se fit en silence. Lisbon était fermement décidée à être de mauvaise humeur, et Jane prenait son rôle de détenteur de carte très au sérieux. Il avait beau trouvé que tout ce séminaire était une mascarade, il comptait prouver à Lisbon qu'il savait prendre le contrôle et qu'il les ramènerait au camp en temps et en heure –sains et saufs accessoirement. Il en allait de son ego –et un peu de son envie de retrouver une Lisbon moins renfrognée.

Ils sortirent vite de la forêt et se retrouvèrent à se frayer un chemin parmi un paysage montagneux. La route devint dès lors plus difficile et Jane ralentit considérablement.

-On a droit à une pause ? s'enquit-il lorsqu'ils approchèrent de la deuxième heure.

-Dix minutes pas plus, répondit Lisbon en s'asseyant sur un rocher.

Jane se laissa tomber au sol, appuyant son dos contre le rocher où Lisbon était perchée. Elle sortit une bouteille d'eau pour en vider un bon quart et Jane regretta de n'avoir pas été aussi prévoyant qu'elle. Son costume était poussiéreux, sa chemise lui donnait chaud et lui collait à la peau, ses chaussures n'étaient pas le moins du monde adaptées, et il avait terriblement soif. Il bénit la brunette sur une centaine de générations lorsqu'elle lui tendit la bouteille.

-Ce séminaire est une arnaque, soupira Lisbon.

-Il n'a pas toujours été comme ça, vous savez ?

-D'où vous tenez ça ? s'étonna-t-elle en baissant les yeux vers lui.

-Le vieux gardien, Gorby, m'a expliqué que « Trust Creek » s'appelait « Gorby's Creek » avant, et que ça avait été un refuge pour les gens qui avaient des problèmes de confiance.

-Pourquoi a-t-il laissé cet endroit devenir un repère à idiots ?

-Il a perdu beaucoup d'argent après le meurtre de sa femme.

-Un meurtre ? releva Lisbon en fronçant les sourcils.

-Elle est morte il y a environ un an. D'après Gorby, ça n'a jamais été élucidé.

Lisbon garda un moment le silence, puis sourit doucement avant de reporter son attention sur Jane qui l'observait. Il sourit à son tour, content de voir ce premier vrai sourire.

-Avant qu'on nous supprime nos portables, je demanderai à VanPelt de me faire un résumé du dossier, annonça-t-elle.

-Vous pensez élucider le meurtre pendant notre séjour ? sourit-il, ravi.

-Vous avez une meilleure idée pour nous occuper ?

-Agent Lisbon, suggéreriez-vous de transgresser les règles et d'enquêter sans votre précieux badge ? s'amusa-t-il.

-Exactement, confirma-t-elle fièrement.

-Dans ce cas, j'ai le complice idéal pour nos crimes.

-Vous pensez au vieux Gorby ?

-Lui-même, sourit Jane. Vous n'aurez qu'à demander à Grace de trouver son numéro, on fera tout passer par lui une fois nos portables supprimés.

Lisbon acquiesça, puis jeta un coup d'œil à sa montre. Elle déclara qu'il était temps de repartir et Jane reprit son inspection de la carte.

Cette fois-ci, le chemin fut moins silencieux, ponctué de conversations légères et autres piques ironiques. La mauvaise humeur de Lisbon s'était momentanément envolée, pour le plus grand soulagement de Jane.

Ils firent une autre pause après une nouvelle heure de marche, cette fois silencieuse car l'un comme l'autre commençaient à sentir la fatigue s'emparer d'eux.

-On est encore loin ? s'exaspéra Lisbon en grimpant une pente abrupte.

Jane, déjà sur la terre plate au-dessus d'elle, examina la carte.

-On en a encore pour une bonne heure, déplora-t-il.

-Bon sang cette randonnée me tue, marmotta-t-elle.

-Je croyais que vous aviez fait de l'endurance au lycée, dit-il en lui tendant la main pour l'aider à venir à bout du dernier mètre de pente.

-L'endurance, ça n'a rien à voir avec une randonnée en milieu hostile. Je courais sur un terrain plat, et pas aussi longtemps que ça. Il est plus de dix-sept heures et nous sommes partis il y a trois heures. J'en ai marre.

Jane sourit mais ne commenta pas, se dirigeant vers le chemin indiqué.

-Ils nous avertissent sur la carte qu'il y a des crevasses dans le coin, signala-t-il. Regardez où vous mettez les pieds.

Lisbon acquiesça et garda dès lors le regard fiché sur le sol. Cependant, quelques minutes plus tard, elle entendit un bruit suspect suivi d'un glapissement et elle fit volte-face, alertée. Elle ne vit Jane nulle part et s'en inquiéta immédiatement.

-Jane ? appela-t-elle.

-Ici, répondit une voix étouffée.

Elle avança prudemment et constata qu'une crevasse peu profonde avait eu raison de son consultant.

-Jane ! vous allez bien ? s'inquiéta-t-elle en se mettant à genoux sur le rebord.

Le blond était affalé au fond, une grimace de douleur sur le visage.

-Je survivrai, marmotta-t-il finalement. Vous devriez vous écarter du…

Il eut à peine fini sa phrase que Lisbon sentit la terre se dérober sous elle et elle glissa dans la crevasse dans un léger cri avant d'atterrir sur Jane sans ménagement. Il poussa un grognement de douleur alors qu'elle gémissait, affalée sur lui. Elle posa ses mains de chaque côté de sa tête pour se redresser avec une grimace d'excuse.

-Je suis désolée… Je ne vous ai pas fait trop mal ?

-Disons que si un jour je doutais d'avoir des côtes ou une colonne vertébrale, ce n'est plus le cas grâce à vous, ironisa-t-il en tentant de reprendre son souffle.

-Vous pensez vous être cassé quelque chose ? s'inquiéta-t-elle.

-Là maintenant, je l'ignore, bougonna-t-il dans une grimace de douleur.

Elle posa une main sur ses côtes de droite puis appuya légèrement; il n'eut aucune réaction. Elle répéta l'action sur les côtes de gauche, toujours sans obtenir de cri de douleur, et soupira de soulagement. Elle ne lui avait rien cassé.

-Lisbon ? articula finalement Jane.

-Oui ?

-N'allez pas croire que je n'apprécie pas notre charmante position, mais j'ai vraiment besoin de respirer, lui signala-t-il.

Elle rougit violemment et se glissa à côté de lui, libérant son ventre et lui permettant d'enfin prendre une immense bouffée d'air. Il toussa à cause de la poussière et elle lui tendit la bouteille d'eau –heureusement intacte.

-Comment on fait pour sortir ? s'enquit-il en s'asseyant.

Lisbon observa la paroi puis le ciel au-dessus d'eux.

-Vous pensez pouvoir me faire la courte-échelle ?

-Il vous faudra plus que la courte-échelle pour remonter, l'informa-t-il.

-La courte-échelle me fera atteindre quelques pierres plus fiables dans la paroi.

Il accepta et se redressa avant de faire craquer son dos. Lisbon lui adressa un regard navré, se sentant légèrement coupable.

-Si je tombe, vous me rattrapez, hein ? vérifia-t-elle avant de poser son pied sur les mains qu'il lui présentait.

-Je crois que je vous ai déjà plutôt bien rattrapée tout à l'heure, ironisa-t-il.

-Je suis sérieuse Jane, je n'ai aucune envie de me casser quelque chose.

-Grimpez tranquille, je me ferai un plaisir de vous sauver si l'occasion se présente.

Elle le jaugea un moment puis, prudente, elle grimpa sur ses mains et put atteindre une pierre fiable. Elle en rechercha une autre, puis encore une autre, puis une autre, jusqu'à arriver en haut, saine et sauve.

Elle soupira de soulagement, puis sortit de son sac la corde donnée par Ben Jenkins, le guide joyeux. Elle repéra un arbre et fit passer la corde autour avant de revenir à la crevasse lancer une extrémité à Jane tout en prenant l'autre. Elle tendit la corde puis lui indiqua qu'il pouvait remonter en s'en aidant. Elle l'entendit bougonner, peu fier d'en arriver à faire du sport, lui le mentaliste.

Lorsqu'enfin il fut sur la terre ferme, il se laissa tomber de tout son long, et vit Lisbon faire de même à côté de lui, essoufflée. Ils restèrent un moment sans rien dire, cherchant leurs souffles, puis Jane se tourna vers elle. Ils échangèrent un long regard, puis tous deux éclatèrent d'un rire nerveux et incontrôlable.

Ils eurent besoin de quelques minutes avant de se remettre en route d'un pas un peu plus lent, rendu douloureux par leur chute et l'effort.

Lisbon ne put s'empêcher de se faire la réflexion que lorsqu'elle était montée le long de la paroi, elle s'en était remise entièrement à Jane, lui confiant sa vie. Elle savait qu'elle l'avait déjà fait auparavant, mais c'était devenu si rare dernièrement… Elle se demanda si ça pourrait se reproduire durant le séjour, puis chassa cette pensée pour se moquer de sa démarche de grand-père.

Il lui fit la grimace en la poussant légèrement, et récolta une moue vite interrompue lorsque Lisbon aperçut les chalets de bois devant eux. Jane ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement.

-Enfin ! Je rêve d'une douche ! triompha-t-il.

-Et moi donc, marmotta Lisbon.

-Je vous ai sauvé la vie, je passe le premier.

-Comment ça vous m'avez sauvé la vie ? protesta-t-elle. Je vous ai sauvé la vie, c'est moi qui vous ai sorti de ce trou !

-Et moi je vous ai servi d'amortisseur !

-Ça ne serait pas arrivé si vous n'aviez pas le nez en l'air tout le temps, vous étiez inattentif !

-Je regardais la carte ! s'indigna-t-il.

Elle lui lança un regard noir puis se dirigea vers le centre du village où les autres se rassemblaient. Jane la suivit, bougon. Ils furent soulagés d'apprendre qu'ils n'étaient pas les derniers à revenir : ils échappaient à la corvée de cuisine.

-On se retrouve à vingt heures pour un repas de fête, se réjouit Matt. D'ici là, je vous recommande les douches et baignoires !

Jane et Lisbon échangèrent un regard meurtrier alors que les autres se dirigeaient dans la bonne humeur vers leurs chalets. Ils se défièrent du regard un moment, puis, Jane lut un changement dans le comportement de Lisbon et fronça les sourcils, menaçant.

-N'y pensez même pas, protesta-t-il.

-Le premier arrivé, le premier douché, rétorqua-t-elle.

-Lisbon…

Ils restèrent immobiles un moment, le regard noir, puis, comme si quelqu'un avait donné le départ, ils partirent en courant vers le chalet numéro 16. Lisbon put alors prouver à Jane que oui, elle était rapide, et en effet, elle avait fait de l'endurance au lycée.

Elle arriva la première devant la salle de bain et lui adressa un sourire moqueur avant de poser la main sur la poignée. Elle fut interrompue par la main de Jane sur la sienne et se tourna pour l'injurier, il profita de la manœuvre pour glisser son autre main sur sa taille. Elle fronça les sourcils, surprise de la position de danse qu'il leur faisait prendre, puis, suspicieuse mais trop étonnée, elle vit Jane lui lancer un sourire charmeur, bien trop charmant. Elle baissa sa garde une demi-seconde, et en une pirouette dansante légère et douce, il échangea leur rôle. Elle ouvrit la bouche pour protester, outrée, mais le temps qu'elle trouve l'insulte appropriée, Jane avait refermé la porte de la salle de bain.

Elle eut beau hurler et taper contre la porte, seul le son de l'eau de la douche lui répondit. Lorsqu'elle entendit Jane entonner « Singing in the rain », elle fut tentée d'ouvrir la porte à coup de pied. Elle se souvint à temps qu'interrompre Jane sous une douche était le fantasme de beaucoup de femmes mais pas vraiment le sien –la situation en résultant serait bien trop embarrassante.

Elle se résigna à attendre qu'il sorte, mais se promit que tôt ou tard, elle se vengerait. Elle avait deux semaines pour y penser.


Le chapitre trois ("Are you game?" de son nom) sera en ligne jeudi en fin de matinée. Et d'ici jeudi, le bouton review est là s'il vous prend l'envie de me donner un avis. =)