Hello ! Me voici un peu plus tôt que je ne le pensais pour ce septième chapitre !
Attention, quelques éléments de la saison 3 se baladent dans le chapitre. =)
Merci, mille mercis à Pepe64, paffi, Sweetylove30, alamanga, Djam, Castle38, Totorsg et Jade212000. =)
janeandteresa: Je suis ravie que confessions et rires te plaisent, ce chapitre-ci devrait amener lui aussi son lot de confessions, j'espère que ça te plaira ! =) Merci
lovejisbon: Oui je suis remise ! (J'ai vaincu cette fichue bronchite - en plein mois d'aout quoi... Bref !) Je suis contente de lire que c'est de mieux en mieux, je fais ce que je peux pour que ça reste pas trop mauvais, alors ça fait plaisir. ^^ Merci !
JulietS: Je suis super super contente de lire que ça te plait, et je ne t'en veux point de ne pas t'être manifestée, ça me fait encore plus plaisir de te retrouver. =) Ce chapitre a également un côté sombre, disons que j'y aborde d'où vient ce fameux problème de confiance, à toi de juger si c'est à la hauteur du reste. =) En tout cas ça m'a fait super plaisir de lire ta review et la citation que tu fais, je l'avais oubliée donc j'ai ri toute seule, tss... ^^' Merci !
Enjoy: Je suis super contente que les deux derniers t'aient plu ! =D Je voulais effectivement une dispute pour repartir sur d'autres bases. Et je suis hyper méga contente que la scène où Jane faiblit face à Lisbon et a un petit peu envie de l'embrasser t'ait plu, elle me stressait cette fichue scène. =) Merci mille fois.
Calypsoh: Tu as l'oeil pour situer les histoires dans la chronologie de la série, chapeau. ^^ Mais tu vas voir, j'ai trouvé une explication bien à moi de la perte de confiance (j'espère qu'elle ne sera pas trop décevante mais bref ! ^^) Oh, et figure-toi que pour le chat, j'avais une irrésistible envie de l'appeler Bouh... Alors je lui ai pas donné de nom. x) Le sujet Mary revient, j'ai prévu une apothéose pour cette petite intrigue parallèle lol. Pareil pour le maillot de bain... j'ai honte tellement cette fic est bourrée de délires Dämoniens. ^^' C'est vrai que Gorby, c'est LE jisbonien de la fic lol mais ça me faisait beaucoup rire quand j'ai écrit alors j'ai gardé. =) Pour les bandes annonces, rendez-vous en fin de chapitre ;) Et merci surtout !
Chapitre 7: Red John's Fate:
Jane fut réveillé brutalement par l'air de hard rock d'une scène d'action. Il poussa un profond soupir et laissa retomber sa tête sur le tatami. Après avoir juré dans sa tête contre tous les idiots de la terre –et en particulier ceux du séminaire– il se redressa à l'aide de ses coudes et sonda la salle du regard. Il repéra quelques endormis, d'autres concentrés sur le film, et certains autres qui discutaient discrètement. Il ramena finalement son regard sur Lisbon, toujours recroquevillée à côté de lui.
Il remarqua qu'elle avait la chair de poule et s'assit pour pouvoir enlever sa veste et la déposer sur elle délicatement. Il l'observa un moment, comme si la regarder pouvait lui expliquer ces sensations bizarres qu'elle éveillait. Il avait beau être intelligent, le phénomène Lisbon lui échappait, et ça piquait légèrement son orgueil.
-Qu'est-ce que j'ai dit à propos de me regarder dormir ? s'enquit Lisbon, les yeux fermés.
-Qui vous dit que je vous regardais ?
-Osez me dire que vous ne le faisiez pas, rétorqua-t-elle en ouvrant les yeux.
-Je ne le faisais pas, sourit-il.
-Menteur, le railla-t-elle.
-Meh, marmotta-t-il avant de se détourner vers l'écran géant.
Lisbon roula des yeux puis se redressa à temps pour voir la dernière scène du film. Le générique défila alors que Ben Jenkins rallumait les lumières et demandait si ça avait plu.
-Je peux répondre non ? la supplia Jane.
-Hors de question, ça nous ferait un mauvais point, Musclor et Godzilla ont adoré le film.
-Dommage, soupira-t-il en se levant.
Il aida Lisbon à se remettre sur pieds mais refusa de reprendre sa veste, arguant qu'elle en avait plus besoin que lui. Elle haussa les épaules avant d'enfiler la veste et de suivre le mouvement des binômes qui quittaient la salle. Jane ne la suivit pas, mais elle commençait à avoir l'habitude. Il allait sûrement mener son enquête, fouiner dans la vie de Trust Creek et son passé.
En attendant, elle avait un chat à ramener à Gorby.
La maison de Ary Gorby n'était pas très grande, équipée du strict nécessaire, mais chaleureuse malgré tout. Il n'y avait qu'une photo, comme pour tenter sans conviction de meubler ce grand vide qu'Elly avait laissé. Chaque mur, chaque meuble, étaient ornés de bibelots sans âme. Le reste était d'une autre mode.
Lisbon accepta la tasse de café que lui proposa le vieil homme avec joie, et s'installa dans le petit salon avec lui. A vrai dire, le salon et la cuisine ne faisaient qu'un, et le salon ne se composait que d'un divan, un fauteuil, une table basse et une vieille télévision.
Le chat trouva sa place à côté de Lisbon sur le canapé alors que Gorby prenait place dans le fauteuil.
-Alors, ce film ? s'enquit Gorby non sans un peu de malice.
-J'ai dormi, avoua Lisbon sans aucune honte.
Il rit légèrement avant de boire une gorgée de café.
-Et monsieur Jane ?
-Oh, il a dormi aussi, sourit Lisbon.
-Quelle symbiose, s'amusa-t-il.
-Il faut croire.
-Et où est-il désormais ?
-Il mène l'enquête, avoua Lisbon dans un sourire désolé.
-Oh… et, il avance ?
-Je ne sais pas vraiment. Il fouine un peu partout, se fait son idée. Mais pour l'instant, à part un point d'observation depuis le grenier, il n'a rien de concret.
-Un point d'observation ? releva Gorby.
-Eh bien, il a découvert que depuis le grenier, un fenestron donnait sur votre maison, il y a une vue dégagée. Quelqu'un aurait pu observer vos allées et venues de là-haut.
Gorby acquiesça, la mine douloureuse et lointaine, secoué par de vieux fantômes.
-Notre fils avait mené son enquête lui aussi, vous savez ? souffla-t-il.
-J'ignorais que vous aviez un fils.
-Il s'appelle Noah, il a trente-deux ans. Il a grandi ici à Gorby's Creek, et depuis son plus jeune âge, les mots qui revenaient le plus souvent dans sa bouche étaient : « un jour, ça sera à moi ».
-Il voulait reprendre l'entreprise familiale ? sourit doucement Lisbon.
-De tout son cœur, oui, acquiesça-t-il. Mais j'ai dû vendre, pour ne pas crouler sous les dettes et perdre tout accès à cet endroit.
-Il l'a mal pris ?
-Il ne veut plus me voir... Elly est morte, et quelques mois plus tard, mon fils est parti loin de moi. Je suis passé de l'homme le plus heureux de la terre au plus misérable, en quelques mois. Tout ce qu'il me reste c'est le chat d'Elly, et des photos dans mes tiroirs.
-Je suis désolée Ary, compatit-elle en prenant sa main dans la sienne.
Il serra sa main, luttant contre l'émotion qui le submergeait et menaçait une fois encore de le faire échouer sur le rivage des regrets.
-Vous avez dit que votre fils avait mené son enquête ? reprit Lisbon.
-Il m'avait parlé du grenier, il m'a dit que des cartons avaient été déplacés pour l'accès au fenestron et qu'il trouvait ça étrange, parce que la fenêtre donnait sur notre maison.
-A-t-il découvert d'autre chose ?
-Non, déplora Gorby. Tous ceux à qui il posait des questions lui parlaient de légendes locales et autres âneries attrape-touristes.
-C'est-à-dire ?
-Dans le village le plus proche, il y a des gens un peu superstitieux qui racontent qu'il y a dix ans, un militaire s'est éjecté au-dessus de cette forêt alors que son avion était sur le point d'exploser. La légende dit qu'il vit toujours dans la forêt et qu'il s'en prend aux touristes qui s'approchent trop de son repère, les prenant pour des ennemis.
-Charmant, ironisa Lisbon. Mais je ne vois pas l'intérêt de cette légende dans le cas présent.
-C'est à cause de l'arme à feu de ce mystérieux militaire, marmotta Gorby. La légende dit qu'il utilise un M16, comme tout bon soldat américain. L'arme qui a tué Elly est la même.
-Mais on n'a jamais retrouvé l'arme, argua Lisbon.
-L'expert balistique nous a expliqués que les munitions du M16 étaient les 223 Remington. La douille qui a été déposée devant chez nous le lendemain était une 223 Remington.
-Tuer une civile chez elle en temps de paix, ce n'est pas très courant pour un militaire.
-Ce n'est qu'une légende, sourit tristement Gorby. On n'a jamais trouvé de militaire dans la forêt.
-Laissez-moi deviner, personne n'a pu en témoigner parce que personne n'est jamais revenu.
Gorby ne put s'empêcher de sourire en finissant sa tasse.
-Je commence à croire que vous partagez beaucoup plus avec monsieur Jane que ce que vous avez bien voulu me dire, plaisanta-t-il. Vous avez le même sens de l'humour.
-Mon Dieu, ne redîtes jamais une chose pareille devant lui, rit-elle.
Gorby accepta en souriant, puis se leva pour laver sa tasse et celle de Lisbon. Il resta un moment à l'évier, laissant Lisbon plonger dans ses pensées.
La légende était idiote, mais savoir quelle arme chercher, c'était déjà une piste –à condition que le tueur ait gardé l'arme depuis un an. Et le grenier était définitivement une piste à suivre, il faudrait qu'elle le confirme à Jane. Du reste, elle ne voyait pas vraiment où chercher. D'après le dossier, personne n'était suspect, Elly était aimée de tous. Même Matt Honing était irréprochable malgré son insistance auprès des Gorby pour acheter l'endroit. Le jour du meurtre, il était avec Gorby, l'aidant à ramener les randonneurs.
-J'ai trouvé un vieux magazine en rangeant mon bureau hier soir, dit Gorby en revenant s'asseoir.
-Ah ?
-La couverture parlait d'un medium, un certain Patrick Jane.
Lisbon acquiesça, les lèvres pincées, un peu embarrassée.
-Apparemment c'était un très bon medium, que lui est-il arrivé ?
-Il a perdu son troisième œil, mentit Lisbon –non sans ironie.
-Teresa..?
-Ce n'est pas un vrai medium, avoua-t-elle. Il se servait de son sens de l'observation et de ses déductions géniales pour donner un peu d'espoir et de rêve aux gens, c'est tout.
-La mort de sa femme l'a fait arrêter, c'est ça ?
-Vous avez entendu parler du tueur en série John LeRouge ? se résigna-t-elle.
-Oui, vaguement, acquiesça Gorby. Ici les nouvelles ne sont pas toujours fraiches, c'est isolé. C'est ce psychopathe qui a tué sa femme ?
Lisbon hocha la tête, peu à l'aise sur le sujet.
-Jane a travaillé pour la police afin d'arrêter John LeRouge. Un soir il l'a défié en direct à la télévision, et lorsqu'il est rentré chez lui, John LeRouge avait assassiné sa femme et sa petite fille.
Gorby posa une main sur sa bouche entrouverte. Lisbon releva les yeux vers lui en haussant les épaules, sans savoir quoi ajouter. Elle vit les yeux de Gorby faire le reste du chemin, déduire l'histoire qui suivait, puis se fermer pour bloquer les images désolantes qui s'imposaient.
-Quel âge avait sa fille ? osa-t-il demander.
-Elle venait d'avoir six ans. Elle en aurait plus de seize aujourd'hui.
Gorby acquiesça, le regard dans le vide, perdu dans une histoire qui, pour la première fois depuis un an, n'était pas la sienne. Et il imagina une douleur différente de celle qui le taraudait, une douleur qui avait régi la vie de cet étonnant personnage si joyeux qu'était Jane.
-Il s'en est remis, non ? souffla-t-il.
-Ça dépend des jours, reconnut Lisbon. Mais il n'a jamais retiré l'alliance. Je ne crois pas qu'il le pourra un jour, même s'il tombait amoureux d'une autre femme. Ce qui est plutôt impossible, puisqu'il s'empêche de tomber amoureux et repousse les gens qui lui sont trop proches.
-Mais pas vous, signala Gorby.
-Il avait besoin de moi, je dirige l'équipe qui a été chargée de l'affaire John LeRouge.
-Il y a plus que ça, lui assura-t-il. Je ne connaissais peut-être pas la moitié de qui il était jusque là, mais je suis sûr d'une chose, il tient à vous.
-Sûrement, reconnut-elle en haussant les épaules.
Gorby replongea dans le silence, comme s'il cherchait quelque chose, quelque chose qui échappait à sa conscience.
-Pourquoi ne lui faîtes-vous pas confiance ? demanda-t-il pour la énième fois.
-Vous devriez le comprendre encore mieux désormais, il est instable.
-C'est l'excuse que vous vous donnez, sourit tristement le vieil homme. Je sens que vous aimeriez avoir confiance en lui, mais quelque chose vous en empêche.
-Vous êtes medium ? ironisa-t-elle.
-Teresa…
Lisbon soupira et détourna le regard, le fixant sur un point invisible sur sa gauche. Elle sembla s'y perdre un moment, comme si elle revivait quelque chose. Le souvenir semblait difficile, et sa voix un peu rauque renforça l'impression.
-Il y a quelques mois, Jane a réussi à piéger John LeRouge. Les membres de mon équipe ont dû le laisser seul pour venir me prêter main forte afin de maîtriser un complice de John LeRouge. Lorsqu'ils se sont faits face, je n'étais pas là…
-Il l'a tué ?
Lisbon acquiesça en fermant les yeux.
-Il a tiré trois fois, de sang-froid. Quand je l'ai appris, j'étais dans une ambulance et on m'emmenait à l'hôpital pour me retirer une balle de l'épaule.
-La vengeance est rarement la solution, soupira Gorby. Mais certains en ont besoin pour trouver la paix.
-Je ne sais même pas si Jane l'a trouvée pour tout vous dire, déplora Lisbon, la mine triste.
-Comment est-il sorti de prison ?
-Il y a passé deux mois, le temps du procès. Le patron du CBI et quelques grands de l'Etat de Californie qui trouvaient Jane utiles sont intervenus en sa faveur. Il a été libéré mais il a écopé de six ans de prison avec sursis, quatre ans de travail d'intérêt général auprès du CBI, et l'obligation de se présenter une fois par semaine chez un psychothérapeute pour une durée indéterminée.
-La peine n'était pas si terrible compte tenu de ce qu'il a fait, tenta Gorby pour la ramener vers la légèreté.
Lisbon eut un rire amer.
-Jane déteste les psys. A chaque fois qu'il doit y aller, il essaye de m'amener avec lui parce qu'il est persuadé que je plais à son thérapeute.
-Vous êtes sa diversion, sourit Gorby.
-Le pire, c'est que je n'ai toujours pas compris pourquoi la moitié du temps j'accepte. J'ai déjà dû refuser six ou sept rancards de la part de ce pauvre homme.
Gorby ne put s'empêcher de rire, mais retrouva son sérieux en voyant l'air lointain de Lisbon.
-Il a tué un homme foncièrement mauvais, argua-t-il.
-Je sais, admit-elle dans un sourire un peu coincé. Et c'est sûrement mieux comme ça, John LeRouge avait tellement de complices qu'il se serait échappé en un rien de temps.
-Alors pourquoi avez-vous perdu confiance en lui ? souffla Gorby en attrapant l'une de ses mains.
Lisbon regarda leurs mains un moment, puis les sépara, se détournant.
-Les médecins m'ont retenue trois jours à l'hôpital, dit-elle finalement. J'avais perdu beaucoup de sang. Et on m'a confisqué mon téléphone. Lorsque je suis sortie, Jane avait déjà été transféré dans une prison, en isolation, et mes supérieurs m'ont interdit d'aller le voir.
-Pourquoi ?
-Parce qu'ils étaient tous persuadés que j'allais soit le tuer de mes mains, soit le faire sortir. Ils ont préféré « la voie légale ».
La colère était sous-jacente dans sa voix, Gorby le sentait, c'était comme si elle avait refoulé cette impuissance au plus profond d'elle, pour l'étouffer. Et soudain, il comprit. Toute cette colère, elle n'allait pas contre Jane.
-Ce n'est pas en lui que vous n'avez pas confiance, souffla-t-il. C'est en vous-même.
Lisbon le regarda enfin, une larme avait coulé sur sa joue lorsqu'elle acquiesça. Elle effaça la larme d'un doigt tremblant, agacée par sa faiblesse.
-Je l'ai abandonné, sourit-elle tristement. Je n'étais pas là.
-Mais vous n'auriez rien pu faire, tenta le vieil homme.
-Si j'avais été là lorsqu'il a tiré, Jane n'aurait pas quitté le Centre Commercial menotté, le dénouement aurait été différent. Ou même, si j'avais été là lorsqu'il a été incarcéré, j'aurais pu parler en sa faveur, et il n'aurait sûrement pas passé autant de temps en prison.
-Teresa…
-Jane a toujours dit que quoi qu'il arrive, il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour m'aider. Et je ne lui ai jamais dit parce que c'était une sorte d'accord tacite entre nous, mais moi aussi je comptais respecter cette promesse et lui venir en aide s'il en avait besoin. C'était mon ami, et je n'ai rien pu faire.
-Mais c'est toujours votre ami, argua Gorby d'une voix douce.
-Peut-être, souffla douloureusement Lisbon. Mais ce n'est plus pareil. Parce que je dois vivre avec le fait que je n'étais pas là.
Gorby se tut, la blessure était trop profonde pour que sa parole ait un quelconque poids. Il songea tristement que les vieilles méthodes d'approche d'Elly fonctionnaient encore bien. Il avait fini par découvrir d'où venait ce problème de confiance.
Mais seule Elly aurait su comment y remédier.
Le réfectoire était plein lorsque Jane entra en soirée. Il se faufila un chemin jusqu'à Lisbon et Gorby, à leur table habituelle, et se posta face à eux.
-Des découvertes intéressantes ? s'enquit Lisbon avant de manger la dernière feuille de salade de son assiette.
-Je crains que non, déplora Jane. A moins de prêter attention aux légendes locales, je n'ai rien de tangible.
-On vous a raconté l'histoire du militaire ? s'informa Lisbon.
Jane acquiesça, surpris, puis posa son assiette pour s'asseoir face à ses amis.
-C'est Mary qui me l'a racontée, expliqua-t-il. Elle avait l'air plutôt effrayée d'ailleurs, m'est avis qu'elle n'a pas encore compris le sens du mot légende.
-Ça vous surprend ? ironisa Lisbon.
-Et on recommence avec l'agressivité envers cette pauvre Mary, s'amusa Jane. C'est viscéral, son nom fait mouche à chaque fois.
Gorby rit discrètement alors que Lisbon adressait un regard noir à Jane.
-Vous avez tort, répondit-elle finalement. Et pour vous le prouver, je vais avoir une discussion avec elle à l'instant.
-Voyez-vous ça ? se moqua Jane.
-Je vais lui demander ce qu'elle a pour le dessert, développa-t-elle tout en se levant.
Jane rit, vite rejoint par Gorby, alors que la brunette s'éloignait en toute dignité, son assiette à la main.
-Elle est incroyable, s'amusa Jane en secouant la tête, presque incrédule.
-On pourrait croire qu'après tant de temps à la côtoyer, vous y soyez habitué, nota Gorby.
-Et pourtant, elle sait se montrer surprenante, sourit Jane. Bien souvent, elle n'en a pas conscience bien sûr, mais ça serait moitié moins drôle si elle pouvait tout contrôler comme elle aime tant le croire.
-Vous êtes attaché à elle.
-Je ne serais sûrement plus là sans elle, répondit tout simplement Jane.
-Elle a dû vous dire que c'était son job de vous garder en vie, plaisanta doucement le vieil homme.
Jane acquiesça en souriant, le regard vissé sur Lisbon quelques mètres plus loin. Elle était en grande conversation hypocrite avec Mary, il le lisait à sa façon de sourire un peu trop exagérée, et à son tic quasi nerveux de se passer la main dans les cheveux régulièrement. Elle prenait sur elle pour ne pas faire demi-tour. Fichue fierté.
Il ne la quitta pas du regard lorsqu'il reprit la parole :
-Mais ce n'était pas son job de me forcer à me remettre sur pied.
-Vous voulez parler de quand vous avez tué John LeRouge ? s'informa Gorby.
-Disons que le soulagement ressenti à l'acte n'a pas duré aussi longtemps que je l'espérais, marmotta Jane, dorénavant fermé.
-Elle a une grande force de caractère et un grand sens de l'honneur.
-Elle est flic, sourit Jane, encore un peu lointain.
-Et elle tient à vous, ce qui n'est pas négligeable, nota Gorby dans un sourire communicatif. Vous avez confiance en elle ?
-Ce n'est pas parce que je ne lui dis pas tout que je n'ai pas confiance en elle.
-Ça ne répond pas vraiment à ma question…
Jane quitta Lisbon du regard pour se tourner vers son ami, un léger sourire amusé aux lèvres.
-J'ai confiance en elle, ce séminaire est inutile pour ma part. Mais j'apprécie que vous ayez essayé la leçon sur moi Ary.
Gorby rit légèrement en repoussant son assiette pour poser ses bras croisés sur la table. Jane lui offrit un regard joyeux, puis retourna à son observation de Lisbon qui désormais était aux prises avec Jerry, le fameux soupirant qui n'avait pas encore compris que c'était sans espoir.
-Je suis là pour elle, avoua Jane. Parce que je sais que dans le fond, elle en a besoin.
-C'est ce que je pense aussi, admit son ami. Mais elle n'en a pas encore conscience malheureusement.
-Patience, il reste une semaine, répondit Jane. Et en parlant de patience, je crois qu'elle va la perdre si je ne la sauve pas des griffes de son prétendant.
Jane quitta la table pour se diriger vers le buffet. Mary lui jeta un regard plein d'espoir mais il se contenta d'un bref sourire avant de rejoindre Lisbon. Il glissa une main dans son dos, la faisant sursauter, puis mit en place son sourire digne d'une publicité sous le regard vaguement perdu et étonné de Lisbon.
-Jerry, c'est vous qui retenez ma chère coéquipière ? s'enquit-il sur un ton redoutablement froid sans pour autant se départir de son sourire.
Lisbon fut tentée de lui demander ce qu'il fichait, mais elle sentit la main de Jane exercer une légère pression sur sa taille, comme s'il avait saisi ce qu'elle pensait.
-Eh bien, nous échangions quelques mots, reconnut Jerry en se frottant la nuque, l'air embarrassé.
-Ces quelques mots ayant été échangés, vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que je la reprenne alors ?
Jerry se contenta de faire signe que non, le regard fuyant, et Jane fit pivoter Lisbon après avoir salué Jerry brièvement, la ramenant vers la table où Gorby les observait en souriant.
-Et maintenant, qui est jaloux ? se moqua Lisbon en chemin, la main de Jane toujours autour de sa taille.
-Je venais à votre rescousse, se défendit Jane sans tourner la tête vers elle.
Elle le regarda un moment, l'air amusé, puis se détacha de lui pour reprendre sa place, non sans avoir avant glissé un « mais bien sûr » qui laissa Jane un peu frustré d'être intervenu.
Il aurait aimé pouvoir se dire qu'il n'aurait pas dû aller la récupérer, mais il savait très bien ce qu'il avait fait. Si ça avait été Mary qui avait retenu Lisbon, il n'aurait jamais senti un besoin si urgent d'aller la rejoindre.
Le pire, songea-t-il en croisant un regard furtif et amusé de Lisbon, c'était qu'elle avait très bien compris le combat intérieur qu'il commençait à mener.
J'espère que cette explication sur le manque de confiance vous a plu ? Et j'espère également que le chapitre entier vous a plu ! =)
Sur la demande de Calypsoh, voici un extrait du chapitre suivant, en ligne lundi !
"-Arrêtez de me détester Lisbon, sourit Jane avec amusement, je ne suis pas votre ennemi.
Elle lui répondit dans un sourire, se refusant à toute clarté [...].
-Vous serez ma cavalière au bal ? s'enquit-il sur le ton d'un enfant de cinq ans.
[...]
-On dirait que vous m'invitez au bal de promo du lycée, s'amusa-t-elle.
-Jerry vous avait invitée ?
-Personne ne m'avait invitée, rectifia-t-elle."
