Nom d'un surfeur australien, j'ai honte, j'ai loupé le jour de post ! =O

Je cède à vos menaces et poste de ce pas le chapitre 8, avec toutes mes excuses et un grand sourire, pour éviter les objets tranchants et explosifs ! =)

Mercis à alamanga, Pepe64, paffi, Jade212000, Totorsg, Naftali, Sweetylove30, filament-de-lune et MissK369. =)

janeandteresa: Je suis contente que les confessions aient été à la hauteur, merci du compliment. =)

FewTime: Désolée d'avoir posté si vite et d'être maintenant en retard ! Je suis ravie que tu ais aimé les deux derniers chapitres. =) Surtout le passage où Jane a légèrement envie d'embrasser Lisbon que j'espérais justement pas trop balourd. Et aussi le passage des confidences de Lisbon bien sûr qui me faisait atrocement stresser ! Et puis ta lecture de Jane, ta réconciliation avec lui en prime, ça m'a fait très plaisir ! =D Merci, mille mercis.

JulietS: Je suis ravie de lire que l'explication ne te paraît pas trop nulle. =) Et c'est vrai que l'enquête n'avance pas ^^ Pour 2 raisons: d'abord à l'origine il n'y a pas d'enquête, et ensuite, il y a une raison bien particulière que Lisbon fait avouer à Jane plus tard dans l'histoire. =) Mary aura son heure de gloire, ravie qu'elle t'amuse. ^^ Quant à la baignade, c'est le début du chapitre ! Et pour tes questions, il y a 15 chapitres minimum, et je ne publierai pas l'OS sur Castle parce que j'ai vraiment trop peur du ridicule, je suis désolée :/ Merci en tout cas ! =)

Enjoy: C'est vrai que Gorby le médiateur, ça lui irait bien. =) Je dois dire que je voulais me freiner dans ses apparitions, mais au final, il me plaît beaucoup trop. ^^' La communication viendra d'une façon ou d'une autre, promis ! =D et merci !

lovejisbon: Milles excuses, je pars me cacher dès que ce chapitre sera posté, j'en déduis que ça te plait toujours alors... merci ! :)

Cdt63: Ta review m'a mis la pub d'une certaine marque de saucisses dans la tête, je crois que mon retard est justement puni grâce à toi ! x) Je te présente mes plus plates excuses ! (Et merci hein ! ^^)

Calypsoh: J'ai décidé de réintégrer les BA, tu as eu une bonne idée. ^^ Quant à ta review, je fus ravie de lire que la relation Gorby/Lisbon te plaisait. =) Et j'ai effectivement admiré ta rime ! lol Le fils de Gorby n'apparaît pas physiquement, mais il a en effet son rôle. =) Et surtout, surtout ! Je suis très contente que cette version de la réaction de Lisbon ne t'ait pas déçue. Oh, et pour Lisbon et la salade, c'était un peu une sorte de private joke, je me demandais si quelqu'un finirait par le remarquer, tu es l'heureuse gagnante du défi lol En tout cas merci pour tout !


Chapitre 8: Wicked Games - and Alcohol:

Jane jeta un coup d'œil agacé au réveil qui indiquait minuit passé. Il éteignit la télé et tendit l'oreille, en quête d'un bruit qui lui indiquerait une présence, mais seuls les animaux de la nuit lui répondirent. Il soupira et se leva pour faire les cent pas dans le chalet. Lisbon s'était éclipsée à la fin du repas, et depuis il ne l'avait pas revue. Non pas qu'il s'inquiétât, il s'était souvenu qu'elle avait exprimé le souhait d'essayer la piscine pour se rafraîchir avant d'aller dormir, mais il trouvait le temps long, et il avait espéré passer le reste de la soirée à discuter avec elle.

Parler avec Gorby l'avait convaincu qu'il voulait vraiment regagner une confiance absolue entre Lisbon et lui, et il aurait du mal à mettre son plan à exécution si la principale intéressée jouait les abonnées absentes.

Ce qui le dérangeait le plus –à son grand damne– c'était que la seule pensée de Jerry ou un autre homme du séminaire allant nager avec elle pesait comme du plomb sur sa poitrine. Et il savait malheureusement qu'on appelait ça la jalousie, mais il préférait encore présenter les choses autrement et se voir en possessif. La jalousie était bien trop ambiguë, et il n'était pas encore prêt à s'avancer sur ce terrain-là. Être possessif, ça n'avait certes rien de sain, mais au moins, ça avait toujours fait partie de sa personnalité : il aimait être le centre du monde pour son entourage.

Il tenta de faire le vide dans sa tête mais un nouveau regard pour l'heure lui fit perdre tout sens de la retenue. Il attrapa la lampe torche accrochée à côté de la porte et quitta le chalet pour se diriger vers la piscine.

Quelques spots étaient allumés autour, et le bruit de l'eau brassée lui indiqua que quelqu'un nageait. L'absence de voix commença à le rassurer et lorsqu'il vit qu'une seule personne s'appliquait à faire des longueurs, il sentit le soulagement relaxer ses muscles tendus.

Il resta un moment à observer Lisbon faire des va-et-vient de là où il était. Et à vrai dire, il serait retourné dans le chalet sans lui avoir fait connaître sa présence si elle n'avait pas appelé son nom, s'arrêtant au milieu du bassin. Il se crispa, légèrement embarrassé, et s'avança jusqu'au bord de la piscine.

-Me regarder dormir, c'est effrayant, l'informa-t-elle. Mais me regarder nager à la dérobée, ça frise l'indécence.

Il lui adressa un regard exaspéré alors qu'elle souriait, fière d'elle. Elle nagea jusqu'à l'échelle et sortit de l'eau avant d'essorer ses cheveux. Jane prit note qu'elle avait opté pour le deux-pièces puis fit son possible pour s'intéresser à la nuit noire, feignant de lui prêter un intérêt tout particulier.

Il se sentit véritablement ridicule seulement lorsqu'il l'entendit rire, moqueuse. Pour sa défense, il n'avait vu que très peu –voire pas du tout– de femmes dénudées depuis un moment, et il s'agissait de Lisbon. (Il n'avait pas besoin de rajouter les jolies courbes de son corps à la liste déjà trop longue de détails gênants qu'il remarquait désormais à son sujet.)

-Pourquoi êtes-vous là ? s'enquit-elle, les mains sur les hanches.

-Je m'inquiétais, marmotta-t-il, désormais intéressé par les reflets de l'eau dans la nuit.

Lisbon laissa tomber ses mains le long de son corps, un sourire aux lèvres.

-Vous vous inquiétiez, ou vous aviez peur que Jerry ne me rejoigne ? s'amusa-t-elle en faisant quelques pas vers lui.

Elle nota qu'il fit un pas en arrière sans lever les yeux.

-Je n'ai rien à craindre de Jerry, c'est vous qui devriez le craindre, se reprit Jane. Il veut vous sauter dessus. D'ailleurs vous devriez vous habiller un peu plus, il pourrait avoir de mauvaises idées.

-Vous parlez toujours de Jerry bien sûr ?

Elle vit Jane pâlir, mais il se reprit très vite.

-De qui voudriez-vous que je parle ?

-Je ne sais pas, sourit-elle, de plus en plus amusée alors qu'elle réduisait encore l'écart entre eux.

Jane recula cette fois de deux pas, refusant toujours de croiser son regard. Elle mentirait si elle disait détester la situation. Ce n'était pas tous les jours qu'elle avait le dessus sur Patrick Jane. Et elle avait une merveilleuse idée en tête.

-Peut-être de vous ? suggéra-t-elle.

-Moi ? Vous êtes sérieuse ?

-On ne peut plus sérieuse, souffla-t-elle en avançant de trois pas.

Elle n'était qu'à quelques centimètres de lui, et elle put capter sa respiration inégale malgré son visage toujours parfaitement illisible. Mais elle n'eut guère que quelques secondes pour le faire, car Jane recula presque aussitôt, comme brûlé. Lisbon eut alors un sourire triomphant et posa ses mains sur son torse. Cette fois, il plongea dans son regard.

-Qu'est-ce que vous faîtes ? s'étonna-t-il, les sourcils froncés.

-Moi ? sourit-elle.

-Oui vous, à moins qu'un esprit ne se cache parmi nous, rétorqua-t-il.

-Je vous fais prendre un bain de minuit, répondit-elle dans un immense sourire et en le poussant.

Il perdit l'équilibre facilement et tomba dans la piscine, éclaboussant Lisbon au passage. Elle éclata de rire alors qu'il refaisait surface en toussant et crachant l'eau qu'il avait avalée.

-Ce n'est pas drôle ! protesta-t-il.

-Ça vous apprendra à me regarder nager à mon insu ! rétorqua-t-elle en riant toujours.

-Ce n'était pas à votre insu puisque vous l'avez remarqué !

-Vous êtes un mauvais perdant, sourit-elle, triomphante. Et un mauvais perdant mouillé qui plus est.

Elle attrapa sa serviette sur l'un des transats pour la mettre sur ses épaules, puis prit ses affaires et se dirigea vers leur chalet d'un pas léger et joyeux. Jane roula des yeux, exacerbé, puis quitta la piscine et la suivit, trempé des pieds à la tête.

Au moins, ça lui avait remis les idées en place : ne pas se laisser divertir par Lisbon, jamais.


Jour 6 :

Lisbon adressa un regard meurtrier au coach sportif qui les obligeait de si bon matin à faire de l'exercice. Elle n'avait rien contre le sport, elle le pratiquait volontiers elle-même, mais passer la matinée à faire des roulades sur des tatamis, ça atteignait largement ses limites. La seule chose qui la réjouissait, c'était de voir Jane peiner et de l'entendre se plaindre toutes les deux minutes au sujet de tel ou tel muscle qu'il se serait froissé.

Et elle ne se retenait pas de lui jeter des coups d'œil moqueur dès que sa propre condition le lui permettait.

Vers dix heures, le coach eut pitié de ses élèves et arrêta toute activité.

-Vous pouvez souffler dix minutes, leur sourit-il. Mais après il faudra rejoindre le bâtiment de l'administration. La secrétaire vous montrera où trouver des tenues pour le bal de cet après-midi.

-Ce truc est une mauvaise blague, ronchonna Lisbon alors que Jane s'étendait de tout son long en poussant un immense soupir de soulagement.

-Une mauvaise blague qui aura raison de moi, déplora-t-il en fermant les yeux et se tenant les côtes, l'air douloureux.

-Dans ce cas, je vais peut-être demander quelques minutes de sport en plus, s'amusa Lisbon en se penchant au-dessus de lui pour être sure qu'il saisisse son regard moqueur.

-Ahah très drôle, marmotta-t-il dans une grimace.

-Point de côté ? s'enquit-elle en désignant son ventre.

-Abdos.

-Auto hypnotisez-vous pour chasser le mal.

Il roula des yeux, amusé, puis tourna la tête vers elle.

-Arrêtez de me détester Lisbon, je ne suis pas votre ennemi.

Elle lui répondit dans un sourire, se refusant à toute clarté, puis s'allongea à côté de lui.

-Vous serez ma cavalière au bal ? s'enquit-il sur le ton d'un enfant de cinq ans.

Elle rit avant de tourner la tête vers lui.

-On dirait que vous m'invitez au bal de promo du lycée, s'amusa-t-elle.

-Jerry vous avait invitée ?

-Personne ne m'avait invitée, rectifia-t-elle. J'étais serveuse ce soir-là.

-Vous n'avez pas eu le droit de danser ?

-Non, mais lorsque mes frères l'ont appris, ils ont passé la soirée suivante à me faire danser à tour de rôle sur de vieux Cds de mes parents.

-Je parie que ça valait tous les bals de promo, sourit-il.

Elle acquiesça en souriant.

-Oui, ça les valait largement.

-Je peux être votre cavalier ? demanda-t-il pour la deuxième fois.

-De toute façon je n'avais pas d'autre demande, céda-t-elle.

-Jerry…

-Arrêtez avec lui, protesta-t-elle en souriant. Il n'y a nulle autre personne avec qui j'irai à ce bal.

Elle vit son regard briller de malice mais l'arrêta avant toute plaisanterie déplaisante :

-Je ne compte pas laisser Musclor et Godzilla gagner, je suis donc forcée de rester avec vous pour berner les organisateurs.

Jane ne put s'empêcher de rire.

-Et moi qui me sentais honoré, plaisanta-t-il.

-Jane, vous fréquenter est une corvée pour moi, vous devriez vous y faire, se moqua-t-elle tout en se levant.

-Cruelle.

Elle lui sourit puis lui tendit la main pour l'aider à se relever. Il hésita un moment puis céda et se remit sur pied. Il lâcha très vite sa main, ce que Lisbon nota derrière un sourire amusé avant de se détourner pour sortir la première de la salle de torture. Jane la talonna aussitôt pour lui demander si elle comptait vraiment aller chercher une tenue.

Et les chamailleries qui s'ensuivirent ne rassurèrent pas seulement Jane cette fois.


Lisbon observa la salle d'un air morne avant de boire une gorgée de bière. De la musique insupportable était crachée par des haut-parleurs disposés un peu partout, certaines personnes dansaient là où les tables du réfectoire avaient été écartées, d'autres gravitaient aux alentours du buffet qui faisait aussi office de bar. Et ça durait depuis trois heures déjà.

Gorby était absent, ce qu'elle avait regretté amèrement. Jane avait passé une heure avec elle, ils s'étaient chamaillés encore, fidèles aux habitudes, puis il était parti embêter d'autres personnes, avant de finir sur la piste de danse avec Mary. La jeune femme était d'ailleurs aux anges et rayonnait littéralement.

Lisbon lui adressa un autre air renfrogné –qui ne fut pas capté– puis regarda avec espoir l'heure… Elle ne put que soupirer.

-Je peux être votre cavalier maintenant ? s'enquit la voix de Jane derrière elle.

Etonnée, Lisbon redressa la tête, cherchant machinalement Mary sur la piste de danse. Elle la trouva de nouveau au buffet, et croisa son regard envieux. Elle finit par se tourner pour voir Jane lui tendre la main.

-Allez Lisbon, vous avez boudé pendant deux heures, j'aimerais vraiment être votre cavalier maintenant.

-Mary semble toute disposée à l'être, répliqua-t-elle. Je suis toujours fâchée.

-Je ne savais pas que c'était un crime d'exprimer à voix haute le souhait de vous voir dans une jolie robe plus souvent.

-Vous ne l'avez pas dit comme ça, marmotta-t-elle.

-Ah bon ? Et comment je l'ai dit ? sourit-il en haussant un sourcil.

-Vous l'avez dit comme si… comme si…

-Oui ?

-Peu importe, bougonna-t-elle, renfrognée.

-Vous avez une silhouette qui vous permet de porter ce genre de robe, et comme cela vous met à votre avantage, vous devriez en porter plus souvent. Je ne vois rien de vexant là-dedans.

-C'est parce que cette fois vous le dîtes comme si vous récitiez une formule mathématique, protesta-t-elle, un peu embrouillée.

-C'est tout calculé : vous êtes belle en robe.

-Et en jean, non ?

-Vous devenez fortement agaçante Lisbon, déplora-t-il sans pour autant se départir de son sourire. Et puis depuis quand vous en avez quelque chose à faire de ce que je pense de votre apparence ? La dernière fois que j'ai vérifiée, je vous ai juste fait un compliment, chose que vous préférez ignorer d'habitude.

-Et c'est moi l'agaçante, ironisa-t-elle en finissant sa bière.

-Je peux savoir pourquoi vous ne voulez pas danser avec moi ?

Elle le dévisagea, soudain muette, puis quitta ses yeux. Elle aurait dû s'y attendre, Jane était un détecteur de mensonges, alors découvrir ce genre de choses, c'était la routine.

-Ce n'est pas que je ne veux pas.

-Alors qu'est-ce que c'est ?

S'il existait une façon de lui dire qu'elle redoutait de danser avec lui parce qu'elle était de moins en moins sûre de savoir où se situait désormais la limite à ne pas franchir entre eux –sans être ridicule ou honteuse ou embarrassée– elle était preneuse.

Humiliée pour humiliée, autant ne pas lui attribuer la victoire.

-Vous avez dit vouloir être mon cavalier, et vous avez dansé avec Mary.

Jane éclata de rire en secouant la tête, comme si elle avait raconté la blague la plus idiote qu'il ait entendu.

-La vraie raison ? s'enquit-il dans un vestige de rire.

-Allons danser, bougonna-t-elle en attrapant sa main pour l'entraîner avec elle vers la piste.

Il sourit, clairement amusé par son comportement, puis il la fit danser, elle, et son air grognon aussi. Il ne lui fallut que la moitié de la première danse pour réussir à faire naître un sourire sur son visage, et vers la fin de la chanson, elle était détendue et se prêtait à ses pas de danse fantaisistes en riant.

Dire qu'il était fier de lui aurait été une bien faible expression. Il avait réussi en une chanson à lui faire oublier toute futilité, de ses réticences à Mary. Elle était joyeuse soudain, rayonnante et drôle, et ce fut à son tour à lui d'oublier, du nombre de chansons dansées à Mary qui le regardait encore avec espoir.


Jane fit une fois encore disparaître la serviette en papier sous les yeux amusés de Lisbon, assise face à lui dans un coin de la salle toujours aussi bruyante et agitée. Il l'observa se concentrer, la laissa balader son regard sur toute la table, slalomant entre les verres, assiettes, bouteilles, avant d'arriver à lui. Elle observa d'abord ses mains et fit mine de le toucher mais il les retira, lui rappelant les règles du jeu. Elle roula des yeux, exaspérée, mais retira ses mains pour les remplacer par son regard. Elle examina longuement ses manches puis son veston, à la recherche d'une bosse qui le trahirait. Elle passa à son col, fronçant les sourcils légèrement dans sa concentration.

Et lui affichait toujours un sourire parfait, mi-charmeur, mi-charmé. Ce jeu de recherches lui plaisait beaucoup, le regard de Lisbon glissait sur lui en l'analysant dans ses moindres détails, et elle y mettait une intensité qui rendait le jeu juste un peu plus que ce qu'il devrait être.

Son sourire s'agrandit en voyant le vert des yeux de son adversaire monter le long de son cou pour s'attarder un instant vers ses oreilles, puis elle se déplaça vers ses pommettes, jusqu'à ses yeux.

Il ne sut lequel de leurs deux sourires perdit en premier de son intensité, mais elle resta bien trop longtemps sur ses yeux. Elle finit par esquisser un sourire étrange, comme si elle hésitait entre l'amusement et l'étonnement, puis elle roula des yeux et leva ses mains vides, impuissante.

-Je capitule, se rendit-elle. Où était la serviette ?

Jane sourit et leva une main vers elle pour la glisser vers ses cheveux. La serviette y apparut miraculeusement, et il la déposa face à elle victorieux.

-Si vous n'aviez pas été si absorbée par vos observations, vous auriez pensé à regarder ailleurs, triompha-t-il malicieusement.

Elle plissa légèrement les yeux, menaçante, puis afficha brièvement un sourire en coin.

-Si vous voulez jouer à ce jeu-là, vous allez encore perdre Jane, s'amusa-t-elle.

-Quel jeu ? feignit-il en évitant son regard –le souvenir de la piscine était encore trop présent.

Elle allait répondre mais fut interrompue par Jerry et son coéquipier Paul qui vinrent s'asseoir avec eux, plutôt enivrés -en tout cas plus qu'eux.

-On a déjoué un complot ! assura Jerry sur un ton qui se voulait celui de la confidence.

-Un complot ? releva Jane, mi-amusé, mi-écœuré par l'état extrême de l'homme.

-Ouais ouais ouais, acquiesça vigoureusement Jerry.

-Et de qui ?

-Les deux agents du FBI là, comment ils s'appellent Paulo ? Ah oui ! Martha et… et… Jay… John ? Jim ?

-Jack, l'interrompit Lisbon, pressée d'en finir.

-Jack ! C'est ça ! T'as toujours été si intelligente…

Les yeux de Jerry se remplirent d'étoiles d'admiration alors qu'il fixait Lisbon amoureusement.

-Du Lisbon tout craché, ricana Jane.

Il fut récompensé par un coup de pied qui eut pour seul résultat de le faire rire un peu plus.

-Enfin bref, se reprit l'enivré, qu'est-ce que je disais Paulo ? Oh je sais ! Le complot !

-Le fameux… ironisa Jane.

Lisbon lui fit les gros yeux : plus Jerry s'éparpillait dans son esprit alcoolisé, moins ils avaient de chance de se coucher avant minuit.

-Ils voulaient mettre des trucs qui font vomir dans vos verres pour que vous soyez malades ! annonça finalement Jerry. Mais avec Paulo, on les a surpris, et comme on sait que vous ne voulez pas être évacués du camp en urgence, on a déjoué le complot !

Lisbon ne put s'empêcher de sembler exaspérée. Certes, un vomitif ne faisait pas rêver, mais si ça avait pu la mener à quitter ce trou à rats… Elle croisa le regard amusé de Jane et soupira :

-Merci Jerry, nous te devons beaucoup, s'abaissa-t-elle à formuler.

-Pas de quoi Tessa ! Terra… Tess… Ter…

-De rien, le coupa la Teresa en question alors que Jane retenait tant bien que mal son rire.

-Et vous monsieur Jane, reprit Jerry, vous travaillez avec Te… avec elle.

-En effet, confirma Jane. Et ?

-Comment est-ce qu'elle est ? Elle est toujours aussi…

Jerry ne finit pas sa phrase sous le regard noir de Lisbon. Jane ne put s'empêcher de pouffer légèrement et le regard noir lui fut alors destiné. Il regagna un air plus sérieux tant bien que mal alors que Jerry le regardait avec espoir. Paul avait abandonné toute tentative d'exister à leurs yeux, le front collé à la table, il s'était endormi profondément à côté de Jane.

-Lisbon a charmé tout l'étage, sourit Jane. Même les suspects ne lui résistent pas…

-Jane, si vous racontez ça… le menaça-t-elle.

Il sentit le pied de Lisbon entrer en contact avec son mollet et y rester en guise d'avertissement. Il sourit puis retourna à un Jerry fasciné.

-D'ailleurs, reprit Jane comme si elle n'avait pas parlé, c'est à cause de l'un de ces suspects que nous sommes là…

Il attendit un peu le choc, mais rien ne vint, le pied de Lisbon resta immobile le long de sa jambe.

-Ah oui ? Qu'est-ce qu'il a fait ? s'enquit avidement Jerry.

-Eh bien, je l'avais un peu hypnotisé, et il a trouvé Lisbon si charmante ce jour-là, qu'il lui a sauté dessus.

-Comment ça ? s'enquit Jerry, enthousiaste.

Jane guetta une réaction de Lisbon, et comme il n'y en avait aucune, il décida de pousser sa chance.

-Eh bien, il l'a ceinturée pour l'emb…

Il s'interrompit, surpris par le premier mouvement de Lisbon depuis un moment. Il l'interrogea du regard, comme pour lui demander ce qu'elle faisait, mais ses yeux verts égayés -et un peu alcoolisés- ne trahirent rien. Pourtant, il était sûr de ce qu'elle avait fait, il avait senti son pied remonter le long de sa jambe avant de revenir à sa place initiale.

-Il l'a ceinturée pour l'embrasser, continua Jane non sans avoir secoué la tête pour chasser l'étrangeté. Et il a fallu plusieurs pers…

Il s'arrêta encore, cette fois véritablement mal à l'aise, alors que Lisbon lui faisait ouvertement ce qu'on appelait plus communément du pied. Il inspira profondément pour ne pas se montrer déstabilisé –c'était tout ce qu'elle attendait de lui.

-Il a fallu plusieurs personnes pour maîtriser le pauvre homme…

Il fit une autre pause, malgré sa concentration et son self-control implacable -certes endommagés par l'alcool-, il devait admettre que Lisbon était terriblement déstabilisante.

-Et aussi pour libérer notre Lisbon sans défense… termina Jane dans un sourire faux pour l'intéressée.

Elle lui rendit son sourire, redoutable, en arrêtant son pied au niveau de son genou. Il put enfin reprendre une respiration normale alors que Jerry riait en tapant le poing sur la table.

-Et si nous dansions une dernière fois ? suggéra Jane dans un immense effort pour rompre le contact gênant.

-Mais bien sûr, sourit Lisbon, parfaite hypocrite.

Jane se leva immédiatement, comme s'il avait senti sa jambe brûler tout ce temps, et lui tendit la main pour l'emmener vers la piste de danse.

Ils n'échangèrent pas un mot, Jane parce qu'il était tendu et attentif au moindre geste suspect de Lisbon, et elle parce qu'elle savourait cette opportunité de faire taire Patrick Jane. Vers la fin de la chanson cependant, Lisbon se mit sur la pointe des pieds pour glisser malicieusement à son oreille :

-Un conseil Jane, à ce genre de jeux, ne pariez jamais contre moi. Vous n'imaginez même pas ce que vous pourriez endurer…

-Je me souviendrai du conseil, marmotta-t-il. Mais la prochaine fois, dîtes-moi au moins à quels jeux nous jouons.

Elle lui sourit et se détacha de son étreinte alors même que la chanson prenait fin.

-Ne me tentez pas, s'amusa-t-elle, je pourrais vous répondre.

Puis elle se détourna et quitta enfin la fête, le pas léger. En la regardant partir, Jane songea qu'elle était plus redoutable qu'il ne l'avait pensé. Il allait devoir se méfier pour ne pas se brûler plus.

Car il savait très bien, dans le fond, à quels jeux troublants ils jouaient.


Le résumé parlait de flirt, et flirt il y a eu. Maintenant à vous de décider si je dois me cacher ou si on se donne rendez-vous vendredi soir pour la suite ! =)

D'ici là, voici un extrait:

"-Alors les jeunes, on se dispute déjà ? sourit Gorby.

-C'est elle qui a commencé, dénonça Jane.

-Parfaitement mature, s'exaspéra-t-elle.

-Ça s'est bien passé hier ? s'enquit Gorby.

-Lisbon a bu.

-Et vous aussi, protesta Lisbon en jetant un regard noir à Jane.

-Ça vous a enfin décidé à passer au niveau supérieur au moins...?"