Hello !
Aujourd'hui, point de gros retard, quel miracle, n'est-il pas? :) Je vous dois cependant des excuses concernant le nombre de chapitres. J'avais annoncé 15 + épilogue, mais m'étant remise à écrire, je réalise que je n'atteindrai pas 15. Milles excuses par avance !
D'immenses mercis à leelou09, Pepe64, alamanga, ziva2010, Jade212000, Castle38, Totorsg, Marion-F et krolinette.
Calypsoh: J'adore ta dissertation sur l'amour rend pas si aveugle que ça lol (y avait des spots autour de la piscine ! x) ) Et tu as tout à fait compris l'idée de Lisbon qui joue sur un terrain inconnu de Jane, je trouvais ça drôle alors... ^^' Oh et ton dialogue sur tatamis m'a bien fait rire! Et oui oui pour la métaphore des maths, la chiante, c'est bien Lisbon x) Je dois dire que dans ce chapitre j'ai poussé loin, mais c'était tellement drôle (pour moi en tout cas). Je suis contente que tu ais aimé ! =D
janeandteresa: Exactement, il y a une femme que l'on ignorait en Lisbon, elle s'était bien cachée. lol Merci !
MissK369: Je suis encore navrée pour mon retard, vraiment ! J'étais à l'heure ce soir, mais le temps de répondre aux reviews et minuit est passé... désolée ! J'ai vu que nos points de vue sur Lisbon divergent un peu, je l'ai toujours vue bien plus forte que Jane ne le croit –et plus forte que Jane accessoirement. (Et c'est sans rentrer dans les détails lol) Mais bon, je rappelle qu'elle était un peu alcoolisée elle agit donc un peu bizarrement. Et comme ça ne t'a pas trop déstabilisée, j'en suis ravie. =) Merci !
FewTime: Je suis contente que tu ais aimé ma phrase sur l'indécence, je me suis amusée lorsque je l'ai écrite. ^^ (D'ailleurs comme tu l'as remarqué je me suis amusée sur tout le chapitre, au risque du n'importe quoi..! lol) En fait c'est vraiment le chapitre où je me suis lâchée, et j'en ai presque honte à vrai dire. Mais comme ça a fait rire, et que c'était le but, je suis soulagée ! Pour ce qui est de la pente glissante, je me la garde en main ;) Merci beaucoup pour ta review. =)
Enjoy: Tu as posté juste à temps pour que je puisse te répondre et wow, ta review m'a fait sautiller sur ma chaise tout en étant morte de rire, tout bonnement génial. ^^ Je suis super contente que ce chapitre t'ait fait rire, c'est un peu le chapitre n'importe quoi. ^^ En bref j'ai adoré ta review, merci mille fois ! =D
Chapitre 9: Sunday, Bloody Sunday:
Jour 7 :
Lorsque Lisbon ouvrit les yeux, elle eut l'impression d'être passée sous une voiture pendant la nuit. Elle se redressa en glissant sa main dans ses cheveux, cherchant à quel moment elle avait arrêté de compter les verres de bière –probablement peu avant de laisser Jane jouer avec cette stupide serviette.
Lorsque les souvenirs de la nuit précédente eurent fait leur chemin, elle écarquilla les yeux et se tourna vers le lit voisin. Jane y dormait paisiblement, la tête sous l'oreiller pour se cacher du soleil qui avait filtré par les rideaux légers.
Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle avait fait, et elle n'était même pas sûre de se le pardonner un jour. Jouer avec les nerfs de Jane quand l'occasion se présentait, elle n'avait rien contre, mais de là à flirter avec lui ? Elle eut l'impression d'être une adolescente un lendemain de cuite qui n'a plus qu'une idée : ne plus jamais sortir à la lumière du jour. Elle se sentait horriblement honteuse, et terriblement ridicule. Il s'agissait de Jane, et on ne flirtait pas à ce niveau avec quelqu'un comme Jane, l'alcool n'était même pas une excuse acceptable.
Elle se maudit mentalement, se cognant volontairement la tête contre le mur derrière elle. La seule pensée réconfortante qu'elle eut fut que Jane avait lui-même bu beaucoup.
Soupirant, elle finit par quitter son lit et alla s'enfermer dans la salle de bain, avec pour seul espoir de se noyer dans le bain qu'elle fit couler.
Jane fut réveillé par la porte de la salle de bain et se redressa en sursaut, cherchant autour de lui d'où venait l'attaque. Une fois rassuré, il se laissa retomber sur son oreiller dans un profond soupir et jeta un coup d'œil au réveil qui indiquait neuf heures. Il protesta vivement contre ce réveil matinal un dimanche, se tourna dans son lit, puis replongea dans le sommeil.
…
Lorsque Jane rouvrit les yeux, le réveil affichait presque midi et le bruit de feuilles qu'on manipule encore et encore interrompait de temps à autre le silence qui régnait dans le chalet. Il se tourna vers le lit de sa voisine et y trouva Lisbon, assise en tailleur sur son lit, des feuilles éparpillées devant elle. Il remarqua qu'elle avait opté pour le confort, revêtant un jean troué et un pull bien trop large qui glissait sans arrêt de son épaule droite. Apparemment, elle était tellement absorbée par ce qu'elle lisait qu'elle ne s'aperçut pas qu'il était réveillé.
Elle fit une légère grimace en se penchant pour attraper une feuille et la lire. Machinalement, elle remonta le pull sur son épaule dénudée, mais ne broncha pas lorsque quelques secondes plus tard son pull glissa à nouveau.
-Bonjour Lisbon, finit-il par lancer avant de bayer copieusement.
Elle releva la tête, surprise, puis lui adressa un léger sourire avant de replonger dans sa lecture.
-Bien dormi ? s'enquit-elle sans se détacher de ce qu'elle faisait.
-Comme un bébé, marmotta-t-il en se réinstallant plus confortablement sur son côté gauche. Le réveil n'a pas été trop dur ?
-Il fut légèrement douloureux, admit-elle dans une légère grimace.
-Et qu'est-ce que vous faîtes avec tous ces papiers ?
-J'enquête, répondit-elle en reposant la feuille pour en attraper une autre.
Il roula des yeux, il avait beau aimer les mystères et détester ne pas avoir le fin mot de l'histoire, il n'avait pas pour autant envie de se jeter sur un vieux dossier au réveil. Mais l'épaule de Lisbon le narguait, il se devait d'intervenir. Il se leva donc, et se dirigea vers elle pour attraper fermement le pull et le remonter sur son épaule.
Elle le dévisagea, à mi-chemin entre la surprise et le choc. Il fit la grimace, visiblement, il allait devoir éviter de suivre ses impulsions au réveil. Il fut soulagé lorsqu'elle retourna à sa feuille.
-Du nouveau ? s'enquit-il à regret.
-J'ai découvert que Parish n'avait pas vraiment d'alibi pour le meurtre, mais je ne pense pas qu'il soit responsable. Le seul crime qu'il ait commis, c'est de se croire capable d'enseigner.
-Je suis sûr que vous venez de lui briser le cœur s'il a entendu ça, déplora Jane en s'asseyant dans un coin libre du lit.
-Ce n'est pas le plus intéressant, continua-t-elle. Figurez-vous que Ben Jenkins et Matt Honing ont été militaires tous les deux.
-Et les enquêteurs de l'époque n'y ont pas fait attention ?
-Ils ne le savaient pas, ce n'était pas dans leurs dossiers, sourit Lisbon. C'est VanPelt qui les a trouvés dans une vieille coupure de journal. Elle m'a tout fait passer par Gorby ce matin.
-C'est secret de faire l'armée maintenant ?
-Faire l'armée, non. Mais se faire renvoyer pour détournement de matériel et revente au marché noir, oui.
-On dirait que Matt avait déjà le sens des affaires, ironisa Jane.
-Je suppose que son riche père a fait effacer cette partie-là de son dossier et par conséquent de celui du complice de son fils.
-Ça les rend plus suspects, constata-t-il.
-Surtout que l'armée n'a pas pu récupérer la dernière cargaison volée…
Un immense sourire naquit sur les lèvres de Jane :
-Laissez-moi deviner, il s'agissait de M16 et de munitions 223 Remington ?
-Dans le mil, sourit-elle.
-Vous êtes douée, la félicita-t-il. Vous devriez songer à devenir flic.
Elle roula des yeux alors qu'il riait légèrement.
-Continuez de travailler comme ça, l'encouragea-t-il tout en se levant pour aller dans la salle de bain.
-Il faut bien que l'un de nous le fasse, se moqua-t-elle.
-Ouch, celle-là, vous allez la regretter Lisbon, la menaça-t-il dans un sourire avant de fermer la porte.
Elle secoua la tête en souriant, puis retourna à ses recherches.
Quelques secondes plus tard, son pull glissait de son épaule.
Lorsque Jane ressortit de la salle de bain, il ne put s'empêcher d'adresser un regard noir au pull de Lisbon qui avait encore glissé. Ce bout de laine ne lui facilitait pas la tâche.
-Pas de petit déjeuner ? s'enquit-il en rangeant ses affaires dans l'armoire.
-Vous voulez rire ? Il est midi, lui rappela-t-elle en levant les yeux de ses papiers.
-Encore une raison d'avoir faim, rétorqua-t-il. Il reste un beignet ?
-Il n'y en avait pas.
Il fronça les sourcils, surpris, ce qui fit naître un sourire amusé sur les lèvres de Lisbon.
-Apparemment Mary n'était pas d'humeur à vous faire plaisir, le nargua-t-elle.
-J'espère que vous plaiderez coupable.
-Je ne vous ai pas forcé à être mon cavalier plutôt que le sien, lui rappela-t-elle.
-Meh, si elle jette mon thé, je refuserai de m'approcher de vous en public, pesta-t-il.
Elle rit en entassant ses papiers, puis se leva du lit en s'étirant avant de retirer son pull. Elle tira Jane de sa concentration gênante en se raclant la gorge. Il détourna immédiatement le regard et elle s'abstint de commenter son comportement de plus en plus étrange.
-Allons manger, dit-elle en se dirigeant vers la porte. Avec un peu de chance, vous pourrez convaincre Mary que vous êtes toujours l'homme de sa vie.
-Très drôle, marmotta-t-il en la suivant à l'extérieur.
-Si vous voulez, vous l'occupez pendant que je vais dérober la boîte de thé avant qu'elle ne la jette en pleurant parce que vous ne l'avez pas encore demandée en mariage…
Il lui adressa un coup d'œil amusé en enfilant ses mains dans ses poches mais ne répondit pas à cette attaque sarcastique.
-Vous avez découvert le testament d'Elly ? demanda-t-il pour changer de sujet.
-Vous voulez dire celui qui lègue tout à son fils Noah ? Je ne crois pas que Noah soit coupable.
-Moi non plus, confirma-t-il. Mais il y avait un premier testament.
-Comment vous savez ça ? s'étonna-t-elle.
-Je l'ai trouvé dans le grenier en fouillant un peu, lui confia-t-il dans un sourire.
-Ce n'est pas parce qu'on travaille sans badge qu'on peut se permettre ce genre de choses Jane.
-Je n'ai jamais eu de badge, vous vous souvenez ?
-Vous êtes terriblement agaçant, vous le savez ?
Il la défia du regard un instant, rieur, puis ils reprirent leur marche vers le réfectoire.
-Le premier testament lègue 10% de l'héritage aux employés de 'Gorby's Creek', dit-il. C'est une toute autre histoire maintenant, n'est-ce pas ?
-Pourquoi elle a changé ? s'étonna Lisbon.
-Je l'ignore, on exprime rarement ses raisons sur un papier de notaire.
-Il faut demander à Gorby ce qu'il en est.
-Je suis aussi de cet avis. Mais je pense avoir déjà une petite idée sur ce qui s'est passé.
-Et je suppose que vous n'allez pas partager ?
Il ouvrit la bouche pour répondre dans un immense sourire mais elle le coupa :
-Non, attendez, laissez-moi deviner : ça ne serait pas aussi amusant si je savais tout maintenant.
-Vous venez de me voler un grand moment de plaisir, déplora-t-il.
-Je sais, sourit-elle. Mais ça m'a épargné un grand moment d'agacement.
-Je croyais qu'on avait dépassé le stade où vous ne me supportez pas.
-Je croyais qu'on avait dépassé le stade où vous êtes un gamin immature qui joue avec mes nerfs.
-Rangez les armes, femme, je ne vois pas le mal à joindre l'utile à l'agréable.
Elle roula des yeux en entrant dans le réfectoire dont il tenait la porte pour elle. Ils traversèrent la salle vers leur place habituelle où Gorby les attendait.
-Alors les jeunes, on se dispute déjà ? sourit-il alors qu'ils s'asseyaient avec lui.
-C'est elle qui a commencé, dénonça Jane.
-Parfaitement mature, s'exaspéra-t-elle.
-Ça s'est bien passé hier ? s'enquit Gorby pour éviter une autre guérilla.
-Lisbon a bu.
-Et vous aussi, protesta Lisbon en jetant un regard noir à Jane.
-Ça vous a enfin décidé à passer au niveau supérieur au moins ?
Lisbon et Jane arrêtèrent d'échanger leurs regards noirs pour se tourner vers le vieil homme, ébahis.
-Je dois dire que je suis assez curieux de découvrir ce que vous entendez par « niveau supérieur », l'informa Jane.
-Si vous me demandez, c'est que vous ne l'avez pas fait, rit Gorby. Dommage, vous auriez été bien sur ce mur dans la salle des souvenirs.
Jane blêmit alors que Lisbon fronçait les sourcils sans voir où leur ami voulait en venir.
-Peu importe, trancha Gorby dans un sourire. Les dossiers que je vous ai fait parvenir vous ont-ils aidé Teresa ?
-Je ne saurai le dire, reconnut-elle. En revanche, sauriez-vous pourquoi Elly a changé son testament ?
-Elle n'a jamais voulu me le dire, avoua-t-il. Elly aimait garder ses secrets. Elle vivait mieux comme ça, alors je la laissais faire. J'avais confiance en elle, et elle n'a jamais trahi cette confiance.
Lisbon tourna fugitivement son regard vers Jane, troublée par un semblant de ressemblance, puis elle revint à ce que disait Gorby.
-Vous n'avez même pas un indice ? tenta-t-elle.
-Elle avait sûrement une bonne raison de le faire, elle m'a dit que ça devait être fait, rien de plus.
-Et selon vous, un conflit avec l'un de vos anciens employés pourrait en être la cause ?
-Ça m'étonnerait qu'Elly ait déshérité ces gens juste parce qu'elle ne supportait pas lorsque Mary tombait amoureuse du premier gentleman.
-C'est-à-dire ?
-N'allez pas croire qu'Elly n'aimait pas Mary, c'était un sarcasme, sourit le vieil homme.
-Ary…
-Elly n'aimait pas que Mary flirte avec ses protégés. Elle trouvait ça déplacé et ridicule.
-Elle n'est pas la seule, plaisanta Jane en jetant un coup d'œil malicieux à la brunette à côté de lui.
Lisbon ne put s'empêcher de sourire légèrement mais se reprit vite.
-Donc vous ne voyez personne ? insista-t-elle.
-Ecoutez Teresa, c'est rare de dire d'une personne qu'elle fût parfaite et que ça se révèle vrai lorsque les flics enquêtent, mais Elly était vraiment quelqu'un de bien. Elle n'a jamais causé de tort à qui que ce soit. Quelqu'un l'a tuée, et je vis avec cette douleur chaque jour, et encore plus, je dois accepter qu'on l'ait tuée sans raison réelle. Qui que ce soit, il ne connaissait pas Elly, il n'avait pas compris qui elle était. Cherchez des défauts, vous en trouverez sans doute, mais on ne tue pas quelqu'un pour le genre de défauts que vous trouverez chez Elly.
-Je suis désolée. Le métier a pris le dessus.
Gorby lui sourit doucement, puis les invita à aller chercher à manger avant que les autres n'aient tout fini.
-Je le crois, déclara Lisbon devant le buffet. Je crois sincèrement qu'Elly était quelqu'un de bien.
-Je le crois aussi, reconnut Jane. Mais vous savez comme moi que tout le monde n'a pas pensé cela. Et vous savez mieux que quiconque qu'on tue pour un rien.
Elle acquiesça en se pinçant les lèvres, s'intéressant à l'un des plats plus loin. Elle fut sortie de son choix par l'apparition de Mary dans son champ de vision.
-Vous m'avez volé mon cavalier, siffla-t-elle entre ses dents.
-Pardon ? s'étonna Lisbon, prise de court.
-Patrick était mon cavalier.
-Je ne crois pas non, répondit Lisbon, visiblement choquée par le caractère surréaliste de ce qui se passait.
-Il aurait dû danser toute la nuit avec moi.
-D'accord… Je crois que vous êtes un peu dérangée Mary, lui signala-t-elle dans un sourire coincé.
-Vous n'aviez pas le droit de vous mettre en nous, gronda Mary. Il est avec moi, il se fiche de votre partenariat pour le séminaire. Quand ça sera fini, il restera avec moi.
-Vous n'avez pas dormi depuis combien de temps ?
-Vous me l'avez volé, et vous allez le payer.
-Vous êtes givrée, s'exaspéra Lisbon en s'éloignant, préférant arrêter tout de suite cette conversation effrayante.
-Me tourne pas le dos, pétasse !
Lisbon écarquilla les yeux puis fit volte-face sous les yeux de tout le réfectoire, soudain intéressé.
-Pardon ?
-T'as bien entendu, t'es une pétasse, insista Mary.
-Je crois que vous avez grand besoin d'un psy Mary, l'informa Lisbon en se détournant à nouveau.
Elle sentit quelque chose heurter l'arrière de sa tête et se tourna une fois encore pour découvrir que Mary lui avait lancé un petit pain. Elle hésita entre éclater de rire et se jeter sur la blonde pour la massacrer.
Jane -qui avait fini par trouver intéressant ce long échange entre les deux femmes et qui s'avançait avec l'espoir d'entendre ce qui se disait- n'intervint pas assez vite pour éviter que Lisbon ne choisisse la deuxième solution.
La minute suivante, Mary était recouverte de purée.
Jane contempla le spectacle, une main sur la bouche, figé sur place tout comme le reste de la salle devenue silencieuse. Mais avant que Jane ne retrouve ses esprits, Mary avait lancé le contenu d'un plat de salade dans la figure de Lisbon. Perdant patience de seconde en seconde, la brune attrapa le pichet d'eau qu'elle envoya à la cuisinière. La suite se débarrassa de l'espèce de ralenti et fut bien trop rapide, même pour Jane.
Les deux femmes se jetèrent l'une sur l'autre avec la ferme intention de ne plus s'en tenir aux intermédiaires. Pour sa défense, Lisbon affirmerait plus tard qu'elle avait été sur les nerfs toute la semaine et qu'elle était habituée à arrêter des criminels.
Jane n'osa pas intervenir, de peur de se prendre un coup, cependant, Lisbon géra facilement la blonde dans une prise qui l'immobilisa –malheureusement la prise n'empêcha pas Mary de lâcher des jurons à l'intention de Lisbon.
Le reste des participants applaudirent avec enthousiasme jusqu'à ce que Gorby et Jane s'en mêlent enfin. Le vieil homme força Lisbon à se relever alors que Jane retenait Mary. La blonde se serra contre Jane en fondant en larmes, arguant que Lisbon était méchante. Jane resta les bras ballants, sans savoir comment réagir alors que Lisbon roulait des yeux, toujours exacerbée.
-Je crois qu'elle manque cruellement de sommeil, nota Gorby en relâchant Lisbon. Elle ne nous avait jamais fait une crise de nerfs aussi impressionnante.
-Parce que ça lui prend souvent de se jeter sur les gens comme ça ? Vous auriez pu prévenir, marmotta Lisbon.
Gorby lui adressa un regard désolé puis s'affaira à détacher Mary de Jane. Elle tenta de se débattre mais finit par abandonner. Elle suivit docilement le vieil homme vers la cuisine alors que Jane s'époussetait tant bien que mal.
-Le spectacle est fini, râla Lisbon à l'intention des curieux qui avaient toujours le nez en l'air.
Elle soupira en voyant que très peu détournaient le regard et décida que s'éclipser serait plus sage. En passant devant Jane, elle ne put s'empêcher de glisser :
-Je vous l'avais dit qu'elle n'était pas nette.
Jane ne put qu'acquiescer, encore sous le choc, puis il la suivit vers le chalet 16 sans un mot.
Lisbon se laissa tomber sur les marches du perron, Jane l'imita toujours sans rien dire.
-Vous savez que beaucoup d'hommes seraient ravis de savoir que deux femmes se sont battues pour lui ? ironisa Lisbon.
-Vous vous êtes battues pour moi ? s'étonna-t-il, soudain amusé par la situation.
-Elle m'en voulait parce que j'ai volé son cavalier, elle est folle de vous dans le sens clinique du terme.
-Et vous vous êtes battue pour lui prouver que je vous appartenais ? plaisanta-t-il.
-Manquerait plus que ça, marmotta-t-elle. J'ai un minimum d'amour propre et elle a tenté de m'humilier. Je me devais de la maîtriser.
-Pauvre Mary, soupira Jane dans un sourire.
-Pauvre Mary ? s'indigna Lisbon.
-Si j'avais dit pauvre Lisbon vous m'auriez arraché la tête, lui signala-t-il.
-N'en profitez pas pour vous apitoyer sur le sort de cette folle.
Jane ne se priva pas de rire, un peu moqueur.
-Quand elle va avoir repris ses esprits, elle sera terriblement honteuse et n'osera plus sortir en public.
-C'est pas ma faute si elle a oublié de dormir, bougonna Lisbon, butée.
-Elle était dans un état second, je suis sûr qu'elle viendra vous faire des excuses lorsqu'elle aura récupéré. Elle n'a rien du monstre de tout à l'heure.
-Au moins vous reconnaissez que c'était un monstre…
Il éclata de rire, arrachant un semblant de sourire à Lisbon, incapable de rester bougonne.
-Remarquez que si elle a fait ce genre de crise il y a un an, elle peut être notre meurtrière, reprit-elle.
-Mary est incapable de tuer, nia Jane.
-Etrangement, ce n'est pas l'impression qu'elle vient de me donner, ironisa la brunette.
Il se tourna vers elle avec un sourire, plus qu'amusé par son attitude. Elle était bornée, les yeux fixés droit devant elle, tendue au possible. Il remarqua que sa lèvre inférieure saignait légèrement et sortit un mouchoir propre de sa poche de veston. Elle se raidit lorsqu'il passa un doigt sous son menton pour lui faire tourner la tête vers lui, et alors qu'il effaçait toute trace de sang, il sentit son regard perdu chercher à comprendre ce qui lui prenait en détaillant chaque parcelle de son visage.
Il retira ses mains aussitôt sa tâche finie, et lui adressa un léger sourire, cette fois dénué de moquerie.
-Merci, souffla-t-elle. Je… Je vais aller me doucher, elle ne m'a pas ratée.
Il acquiesça sans rien dire, la laissant se lever et rentrer dans le chalet.
Une fois sûr qu'elle était dans la salle de bain, il reprit le chemin du réfectoire.
Lorsque Lisbon eut terminé sa douche, son pull trop large à nouveau sur le dos, elle remarqua que la porte du chalet était ouverte, lui révélant Jane assis sur les marches comme s'il n'avait pas bougé.
Elle le rejoignit et nota qu'en fait il avait sûrement bougé puisqu'il avait de quoi manger. Elle s'assit à côté de lui et accepta avec plaisir le sandwich qu'il lui tendit.
-Mary dort, l'informa-t-il. Gorby l'a forcée à prendre des somnifères lorsqu'elle lui a avoué qu'elle n'était pas allée se coucher depuis mercredi.
-Tout s'explique, ironisa Lisbon en attrapant la bouteille d'eau qu'il avait dans les mains. Vous l'avez totalement retournée, ajouta-t-elle non sans humour après avoir bu.
-Je n'y suis pour rien si elle aime se ruiner la santé, protesta Jane.
-C'est vous qui lui avez donné des insomnies, c'est l'effet Jane.
-Vous semblez parler en connaissance de cause, se moqua-t-il. Vous avez quelque chose à m'avouer ?
Elle préféra terminer son sandwich plutôt que répondre. Il s'en amusa mais n'insista pas, croquant dans la pomme qu'il avait entamée avant qu'elle n'arrive. Il l'observa attraper les fraises qu'il avait rapportée et jugea qu'il avait vu juste en les choisissant.
-Vous ne m'en voulez pas trop ? s'enquit-il finalement.
-Pourquoi je devrai vous en vouloir ?
-Mary…
-Ce n'est pas votre faute si elle est cinglée, le coupa-t-elle. Et puis je n'avais pas besoin de ça pour ne pas l'apprécier.
-Ça je le savais déjà, sourit-il.
Elle roula des yeux en retournant à ses fraises. Jane l'observa du coin de l'œil. Il perdit un peu de son sourire, comme happé par ses souvenirs. Lisbon ne mit pas longtemps à le remarquer et reposa les fraises à côté d'elle.
-Je ne vous ai jamais remercié pour ce que vous avez fait, se lança-t-il maladroitement.
-Vous voulez vraiment en parler maintenant ?
-Je n'ai pas été très reconnaissant, alors…
-Vous n'avez pas à me remercier Jane, l'interrompit-elle.
-Je vous en ai voulu, vous savez ?
-Je crois que vous me l'avez plutôt fait savoir lorsque vous avez répété une dizaine de fois au combien vous me haïssiez.
Il baissa les yeux, embarrassé. Elle posa une main légère sur son épaule.
-Vous étiez en colère Jane, ça ne comptait pas.
-Pourquoi vous êtes venue me chercher ? souffla-t-il en redressant la tête.
-Ça faisait trois jours que vous dormiez à la belle étoile au milieu d'un cimetière, étrangement, j'ai songé que votre santé mentale risquait d'en pâtir si personne ne vous forçait à rentrer chez vous.
-Et vous n'y êtes pas allé de main morte, lui fit-il remarquer dans un léger sourire.
-Je vous rappelle que j'ai essayé la douceur avant, ça n'a eu aucun effet alors je suis passée au stade supérieur, répondit-elle en haussant les épaules.
-Vous m'avez menacé de me faire renvoyer en prison, il n'y a pas eu beaucoup de transition entre la douceur et la brutalité.
-J'ai fait avec les moyens que j'avais à ma disposition. Vous n'étiez pas disposé à entendre autre chose que la menace.
-De là à me gifler…
-Je crois que vous éludez plutôt toute la partie où vous me hurliez dessus, rétorqua-t-elle. Et vous ne hurliez pas la Bible.
Il se pinça les lèvres, l'air navré mais un peu souriant. Il préférait réussir à en sourire.
-Merci Lisbon, conclut-il avec toute sa sincérité. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si vous n'aviez pas été là.
-Vous auriez fini par vous en sortir, assura-t-elle. Vous vous en sortez toujours.
-Peut-être, reconnut-il, mais c'était tout de même plus facile avec votre aide.
-Je peux enregistrer cette conversation et vous la ressortir d'ici quelques jours ?
Il rit en secouant la tête.
-Vous voulez vraiment changer de sujet, ne put-il s'empêcher de faire remarquer.
-Ce n'est pas ça, nia-t-elle, embarrassée.
-Vous détestez les remerciements presque autant que moi, sourit-il en se tournant vers elle.
-C'est mon métier d'aider mon prochain.
Elle roula des yeux en l'entendant se moquer ouvertement d'elle et croisa les bras sur ses genoux.
-Je suis un peu déçu, notifia-t-il, je nous croyais au-delà de nos statuts civils.
-Je l'ai fait parce que vous êtes mon ami, content ? s'agaça-t-elle.
-C'est mieux, confirma-t-il.
-Est-ce qu'on peut changer de sujet ?
-Non, répondit-il simplement. J'aimerai savoir combien de temps vous avez passé dans votre voiture à m'observer avant de vous décider à venir me remuer.
Il la vit crisper sa mâchoire alors qu'elle évitait son regard.
-Je voulais m'assurer que vous ne faisiez rien de stupide, marmotta-t-elle à regret.
-Je ne vous ai remarqué que le matin du deuxième jour, mais vous étiez là avant, n'est-ce pas ?
-Je vous ai suivi dès votre sortie de prison, admit-elle d'une voix bougonne.
-Vous vous preniez pour mon ange gardien ? sourit-il.
-C'est ça, marmotta-t-elle dans l'espoir d'abréger la conversation.
Il laissa un silence lourd s'installer avant de reprendre :
-Et si vous me disiez la vérité Lisbon ?
Elle se tourna finalement vers lui et ils restèrent un moment sans bouger ni parler, espérant faire céder l'autre. Comme d'habitude, ce fut Jane qui gagna.
-J'avais peur, souffla-t-elle. Vous auriez pu faire quelque chose de stupide dans l'état où vous étiez.
-Alors vous avez enduré toutes les horreurs que je vous ai dites, parce que vous aviez peur pour moi ?
-Je tiens à vous, d'accord ? trancha-t-elle, agacée de devoir se confier. Et vous avez cette horrible habitude d'être égoïste, alors j'ai jugé plus sage de vous surveiller.
-Vous avez passé des jours et des nuits dans votre voiture…
-Et alors ? s'exaspéra-t-elle. Qu'est-ce que j'aurai pu faire d'autre ? Vous ne vouliez ni me voir, ni me parler. Vous avez passé trois jours dans un cimetière avant de vous barricader dans votre chambre de motel, ce n'est pas un comportement qui rassure, croyez-moi. Et puis pourquoi c'est si important maintenant ? C'est du passé, vous allez mieux, je vais mieux et…
Il la coupa, posant sa main sur ses lèvres. Elle le repoussa avant de détourner le regard.
-Je suis désolé, s'excusa-t-il. Je suis sincèrement désolé de ce que je vous ai fait traverser.
-Je me fiche de vos excuses Jane, murmura-t-elle. J'ai fait ce que j'avais à faire, point.
Il acquiesça, abandonnant finalement ce terrain glissant.
-Vous tenez vraiment à moi ? plaisanta-t-il.
Elle ne put s'empêcher de sourire, chassant l'eau qui avait tenté d'assaillir ses yeux dans son agacement, et elle l'autorisa enfin à croiser son regard.
-Je prends ça pour un oui, souffla-t-il dans un sourire.
Elle lui rendit son sourire, soulagée qu'il s'éloigne des souvenirs douloureux de cette époque pas assez lointaine. Elle s'en sentit plus à l'aise, et en profita pour manger une nouvelle fraise.
-Que diriez-vous d'aller faire un tour pour digérer tout ça ? dit-il en se levant.
Il tendit une main vers elle pour l'inviter et elle acquiesça, abandonnant un peu à regret ses fraises pour prendre sa main. Il la fit lever, puis il oublia de relâcher sa main. Elle se demanda furtivement s'il n'avait pas suggéré de quitter le perron juste pour en arriver à cette situation. Cette pensée se chassa d'elle-même lorsqu'elle reconnut le regard que Jane faisait aller de ses yeux à ses lèvres. Elle frissonna légèrement, sans savoir comment lui échapper. Mais lorsqu'il effleura ses lèvres –non sans hésitation– elle se réveilla et posa un doigt sur sa bouche pour l'arrêter le plus doucement possible, avant qu'il ne regrette son geste.
-Je… hésita-t-elle. Je crois que je vais examiner encore un peu les dossiers finalement.
-Lisbon…
-C'est une très mauvaise idée, le coupa-t-elle. N'essayez pas de discuter, croyez-moi, ça vaut mieux.
Elle se détacha de lui dans un sourire désolé puis remonta les marches du perron rapidement pour s'enfermer dans le chalet. Elle ne put s'empêcher de cogner sa tête contre la porte en fermant les yeux, maudissant Jane.
Pourquoi fallait-il qu'il complique toujours tout ?
Ok là j'ai un peu peur de vos réactions, je l'avoue... Mais n'allez pas croire que je fais exprès de partir loin d'une connexion dès demain matin, non non non ! Je devrai pouvoir me connecter mardi dans la journée, j'espère que vous n'aurez pas fui d'ici là ! =)
Et pour l'attente, un extrait !
"-Jane, qu'est-ce que vous comptez faire ? l'interrompit Lisbon.
-Ne m'arrêtez pas Lisbon, le destin nous appelle.
-Jane…
-Ça sera très drôle, je vous le promets.
-Et très évolué je suppose ?
-Avec une intelligence comme la mienne, ça ne peut qu'être prometteur, lui garantit-il."
