Hello !
Je tiens à vous annoncer que cette nuit, aux alentours de 3h du matin, j'ai mis un point final à Trust Issues. Le résultat? 13 chapitres et un epilogue. =)
Merci un million de fois pour vos reviews !
Merci à Castle38, Jade212000, MissK369, Totorsg, alamanga, paffi, Marion-F et Karyanawel !
janeandteresa: Contente que la bagarre t'ait plu, je me suis éclatée avec cette petite idiotie :) Merci !
FewTime: Ton enthousiasme m'a fait chaud au coeur, quel plaisir, quelle review ! =) Je voulais évoquer dès le début ce qui s'était passé à la sortie de prison, j'avais d'abord pensé à un flash-back mais mon amour du dialogue et des "devinettes" a pris le dessus. Ravie que le résultat t'ait plu =) Oh, et si tu as aimé le pull, sache qu'on le revoit ^^ Merci mille fois pour cette review génialissime. =)
Calypsoh: Mais quelle review! Pfiou je ne sais guère où me mettre, ce fut un délice ! =) Je me suis sentie une de ces bouffées de fierté lol Et puis j'ai bien ri quand même, alors oui vraiment, j'ai adoré ta review! \o/ Oh et les furies de la scène surréaliste, c'est au début un délire mais j'ai essayé de rester les pieds sur terre, tu comprendras dans le prochain chapitre ! ^^ Je suis vraiment super mega contente que les différents éléments du chapitre t'ait plu =D Et puis tu as une façon d'interpréter qui me fascine! (parfois je me demande même si tu lis pas dans ma tête *regard suspicieux lol*) - Mon éternel gratitude !
enjoy: La scène Mary/Lisbon fut une grande éclate de ma part, mais comme j'ai un léger souci à laisser le burlesque tout guider, il y a une explication qui arrive ^^ J'aime beaucoup comment tu as lu les révélations sur ce qui s'est passé =) Et là où on voit que tu écris (et que tu écris bien ^^) c'est quand tu parles de la scène finale, wow merci :)
JulietS: Je comprends que cette Lisbon ait été bizarre, mais ça faisait une éternité que je rêvais d'écrire une scène où l'alcool modifie son caractère habituel en quelque chose de plus drôle. ^^ Je suis contente que le combat Lisbon/Mary t'ait plu, l'explication quant aux problèmes de santé mentale de Mary arrive lol. Oh et tu m'as bien fait rire avec "Gorby va être fier" xD Bref je suis contente que ça te plaise =D Merci beaucoup !
Chapitre 10 : Liars:
Jane entra dans le réfectoire tard dans la soirée, la moitié des binômes était déjà partie se coucher. Il repéra immédiatement Gorby en grande conversation avec Lisbon. Il l'observa un moment. Elle riait à ce que lui racontait leur ami, totalement inconsciente de sa présence, tout à fait à l'aise, comme si… Il se reprit, rien ne s'était passé.
Il était perdu, entre cette attirance indéniable envers elle et cette stupide peur de ne pas en avoir le droit, de ne pas savoir comment faire. Il savait que l'attirance existait chez elle aussi, et elle tenait à lui, mais –assez tristement– il ignorait si ça suffisait. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il lui restait une semaine à partager le quotidien de Lisbon, et il n'avait aucune idée géniale pour se tirer du mauvais pas dans lequel il s'était engagé ces sept derniers jours.
Il prit une profonde respiration, puis il se dirigea vers la table où Gorby et Lisbon riaient toujours. Il fut soulagé de voir qu'en le remarquant, Lisbon ne perdit pas un millième de son sourire. Il s'assit en face d'eux en leur demandant ce qui pouvait bien être aussi drôle.
-Ary me racontait comment était Hightower quand elle a fait ce séminaire, expliqua Lisbon. D'après lui, elle et son partenaire étaient de pires élèves que nous.
-Pires ? releva Jane, amusé. D'après mes sources, on est dans le top 5 côté points.
-Pardon ? s'étonna Lisbon.
-Je suis passé voir Mary avant de venir, Matt y était et il m'a confié que nous étions dans le top 5.
-Comment allait Mary ? s'enquit Gorby.
-Elle est encore un peu fatiguée, mais par-dessus tout elle est mortifiée. Elle répète des excuses en boucle, ça m'a presque assommé. Mais vous ignorez le mieux, figurez-vous que la fatigue n'était pas la seule cause de cette « crise » que nous avons vécu.
-Ah ?
-J'ai trouvé ça en passant dans la cuisine, annonça Jane en déposant un tube sur la table. La fatigue et ces petites choses font rarement bon ménage.
-Des amphétamines ? s'exclama Lisbon, les yeux écarquillés. Elle en prend ?
-Elle m'a juré que non, qu'elle ne connaissait pas l'existence de ce tube.
-Elle ment pour se couvrir, en déduisit Lisbon.
-Je ne crois pas, sourit Jane en prenant le tube entre deux doigts. Vous saviez que Martha et Jack passaient beaucoup de temps dans les cuisines ?
-Musclor et Godzilla ?
Gorby ne put s'empêcher de rire à l'entente des surnoms donnés par Lisbon et reçut un sourire entendu de la part de Jane.
-Mary n'était pas visée, poursuivit-il. Les jumeaux continuent de comploter contre la concurrence.
-Je vais finir par vraiment me les payer, marmotta Lisbon. Si j'avais mon badge, je les ferai arrêter.
-Et sous quel prétexte ? Mauvais joueurs ? se moqua Jane.
-Droguer quelqu'un, à son insu qui plus est, c'est illégal.
-De toute façon, vous n'avez pas votre badge, lui rappela-t-il. Mais on peut toujours leur donner une leçon…
-Vous êtes en train de suggérer qu'on s'abaisse à leur niveau ?
-Non, je suis en train de suggérer bien plus grand.
-C'est-à-dire ?
Jane lui offrit son plus beau sourire mystérieux et elle en fut immédiatement exaspérée. Cependant, lorsqu'elle se tourna vers Gorby qui riait, elle avait un léger sourire au coin des lèvres.
-Ary, vous auriez des radios ? demanda alors Jane.
-Jane, qu'est-ce que vous comptez faire ? l'interrompit Lisbon.
-Ne m'arrêtez pas Lisbon, le destin nous appelle.
-Jane…
-Ça sera très drôle, je vous le promets.
-Et très évolué je suppose ?
-Avec une intelligence comme la mienne, ça ne peut qu'être prometteur, lui garantit-il.
-Ary, vous avez des radios ? se résigna-t-elle.
-J'en ai à l'administration, sourit le vieil homme, plus qu'enthousiaste.
-Et dîtes-moi, reprit Jane, d'où est-ce qu'on contrôle l'électricité des chalets ?
Lisbon fronça les sourcils alors que Gorby lui expliquait que c'était aussi à l'administration. Jane eut un sourire carnassier qui ne disait rien de bon et demanda à Gorby s'il voulait se joindre à eux. Le vieil homme accepta avec une joie non dissimulée.
-Prêts ? s'enquit Jane dans la radio.
-Mes doigts me démangent déjà, répondit la voix rieuse de Gorby.
-Ça peut très mal tourner cette idée Jane, souffla Lisbon à côté de lui.
Il se tourna pour lui adresser un regard exaspéré. Elle soupira, résignée.
-Je suis prête aussi, marmotta-t-elle.
-Parfait, sourit Jane. Ary, je vous prie d'ouvrir le bal, Lisbon et moi nous occupons du reste.
Gorby reçut le feu vert alors que Jane se tournait à nouveau vers Lisbon.
-Vous avez les ficelles reliées aux volets ?
Elle lui tendit lesdites ficelles.
-Vous êtes sûr que le coup de feu est nécessaire ? tenta-t-elle encore une fois.
-Ils ont entendu comme nous tous la légende du militaire, le coup de feu est crucial Lisbon, s'indigna Jane.
-Dans ce cas, donnez-moi mon arme, je préfère être celle qui tire, même si c'est en l'air.
-Vous n'avez pas confiance ?
-Si, mais pas avec les armes à feu.
-Pourtant je ne suis pas si mauvais, protesta-t-il.
-Le sujet est clos, c'est moi qui tire, rendez-moi mon arme maintenant Jane, ordonna-t-elle.
Il soupira en cédant, lui tendant son bien.
-Attention, la lumière ne devrait pas tarder à grésiller, sourit-il en surveillant par la fenêtre qu'il voyait de là où ils étaient installés.
Les deux agents étaient en grande discussion au milieu de la pièce, ils gesticulaient en montrant la télé, se disputant sans doute sur le programme à regarder. Soudain, la lumière vacilla et la télé s'éteignit. Tous deux se figèrent, pas encore inquiets, pour l'instant surpris. La lumière redevint fixe un moment, puis recommença à vaciller. Jane les vit regarder autour d'eux, cherchant la raison de cette panne. Il se délecta de cette vue et adressa un regard blasé à Lisbon qui ne faisait même pas l'effort d'un sourire.
-Ça va mal finir, bougonna-t-elle.
Il roula des yeux en revenant aux jumeaux qui commençaient à froncer les sourcils. La lumière s'éteignit brutalement et Jane en profita pour tirer sur les ficelles reliées à quelques uns des volets du chalet des victimes. Le claquement incessant des volets arracha un cri à Martha alors que son frère allumait une lampe torche. La lumière revint un moment alors Jane s'arrêta, le temps de faire croire que tout allait bien… Puis la lumière s'éteignit à nouveau et il recommença à faire claquer les volets énergiquement. Il fit signe à Lisbon de tirer, elle roula des yeux mais s'exécuta, tirant en l'air.
Lorsque Gorby fit revenir définitivement le courant dans le chalet des jumeaux, ils étaient serrés l'un contre l'autre, tremblants et morts de peur. Jane rit silencieusement à cette vue, fier de son tour.
-Mission accomplie, merci Ary, triompha-t-il dans la radio.
-Ils ont la frousse ? s'enquit le vieil homme toujours enthousiaste.
-Ils vont passer une sale nuit, on peut en être sûrs.
-Partons avant qu'ils n'aient l'idée de sortir, souffla Lisbon en l'attrapant par la manche.
-Ils ne sortiront plus jamais la nuit Lisbon, sourit Jane en coupant la radio.
Elle lui adressa un regard blasé et il céda pour la suivre vers leur chalet.
-Vous n'êtes pas drôle, déplora-t-il en chemin.
-S'ils apprennent ce qu'on a fait, ils se vengeront, et si vous voulez mon avis, ces deux-là sont cinglés et n'ont aucune limite.
-Vous avez peur d'eux ?
-Ils ont drogué Mary sans scrupule, c'est tout de même un niveau au-dessus des vomitifs qu'ils voulaient mettre dans nos verres hier soir, se défendit-elle en ouvrant la porte du chalet.
-Ils vont se calmer maintenant, la peur qu'on leur a fichue devrait les faire réfléchir.
-Espérons-le, soupira Lisbon alors qu'elle attrapait son pull avant d'aller dans la salle de bain se changer.
Jane déplora mentalement le manque d'enthousiasme de la brunette tout en se laissant tomber sur le canapé. Il alluma la télé pour zapper sans vraiment regarder, riant toujours du mauvais tour qu'il venait de jouer.
Lisbon ressortit de la salle de bain pour venir s'asseoir à côté de lui. Il arrêta de zapper dès lors qu'il remarqua que le pull par-dessus le Jersey donnait l'impression qu'elle ne portait que le pull. Il se flagella mentalement et se concentra fortement sur la télévision.
-Vous aimez les vieux films d'horreur ou c'est pour rester dans le ton de la soirée ? s'enquit Lisbon.
Il remarqua alors qu'un vieux Dracula en noir et blanc était diffusé à la télévision. Il grimaça et entreprit de zapper à nouveau. Lisbon se lassa vite de son tour des chaînes et lui prit la télécommande. Elle s'arrêta sur une chaîne d'informations.
Du coin de l'œil, Jane vit que le pull n'aimait toujours pas rester sur l'épaule de Lisbon.
-Eh regardez, sourit Lisbon en montrant la télé. C'est Cho !
Jane examina plus consciencieusement l'écran et vit en effet que derrière la journaliste qui résumait l'arrestation du meurtrier d'un avocat, Cho était en grande conversation –si tant est que l'expression puisse un jour s'appliquer à Kimball Cho– avec deux policiers.
-Je vois qu'ils ne chôment pas, commenta Jane.
-Hightower a sûrement pris la tête de l'unité en notre absence, ça a dû les motiver.
-Nous ne sommes malheureusement pas irremplaçables, déplora-t-il.
-Surtout vous, se moqua-t-elle. A part nous coûter en thé, vous ne faîtes jamais rien d'utile.
-Vous êtes d'une mauvaise foi, c'est insultant, s'indigna-t-il en se détournant de la télévision. Et si de nous deux quelqu'un est inutile, c'est bien vous. Vous n'avez pas mes talents pour décrypter la vérité et arrêter les coupables.
Pour toute réponse, il reçut un coussin dans la figure, ce qui le fit éclater de rire.
-Désolé, rit-il, j'ai répliqué par réflexe, je n'en pensais pas un mot.
Il se prit un autre coussin et s'en indigna :
-Je me suis excusé !
-C'était pour vous rappeler de ne pas recommencer.
-Meh.
Il arrêta son bras avant que le coussin ne s'abatte sur lui une troisième fois et elle ne put qu'en rire.
-Celui-là aurait dû être pour la forme.
Il lui prit le coussin des mains en souriant puis relâcha son bras. Il profita de l'instant pour remonter le pull sur son épaule et il la vit se tendre imperceptiblement. Il retira sa main et se détourna, mais il sentit son regard continuer de l'interroger.
Lisbon finit par zapper sur une série qu'elle laissa, ramenant ses jambes contre elle sur le canapé. Jane s'installa plus confortablement puis tenta de s'intéresser à la télévision, seule excuse valable pour rester près de Lisbon. Il se sentit terriblement coupable de ne plus penser à elle que par intérêt, et il regrettait sincèrement le temps où les choses étaient moins compliquées, le temps où il n'avait pas à être gêné de sa proximité… Le temps où il pouvait encore la regarder dans les yeux pendant des heures sans jamais avoir soudain terriblement envie de l'embrasser.
Le plus étrange, c'était qu'auparavant, lorsqu'il avait le malheur de trouver une femme belle, son alliance se rappelait douloureusement à lui et il pouvait se morfondre pendant des heures. Certes, il avait eu sa vengeance, et il avait fait beaucoup de progrès quant à son renfermement sur lui-même depuis que Lisbon l'avait forcé à se prendre en main à sa sortie de prison, mais il ne s'était pas attendu à ce que la femme qui ne ferait pas brûler l'anneau soit Lisbon. La situation était aussi troublante que nouvelle, et s'il devait être honnête, il se sentait ridicule sur ce terrain-là.
Angela avait été la seule femme de sa vie, il l'avait rencontrée plutôt jeune, et il n'avait jamais vraiment regardé une autre femme qu'elle, ce qui réduisait son expérience à une personne, et le faisait se sentir petit et honteux. Il connaissait la séduction par cœur, mais il n'en savait que le côté platonique, il y avait plus de dix ans qu'il s'était persuadé qu'il était indigne d'aimer.
Et il ignorait toujours comment Lisbon s'y était prise pour le troubler à ce point, pour devenir soudain si… différente.
Il fut sorti de son dilemme intérieur par l'objet même de ses pensées embrouillées. Lisbon s'était endormie sur son épaule. Il se souvint que dans le bus, ce contact ne l'avait pas interpelé plus, ce soir, il le vivait autrement. Il hésita entre la réveiller pour lui dire d'aller se coucher ou la laisser dormir contre lui toute la nuit. La deuxième solution lui plaisait un peu trop, aussi glissa-t-il une main douce sur sa joue en l'appelant. Elle papillonna des yeux et pesta. Il ne put s'empêcher de sourire, il avait vraiment un sérieux problème concernant ses choix en matière de femme, quel genre d'homme s'intéressait à une femme qui ouvrait les yeux en jurant comme un vendeur de poissons ?
Elle s'étira en éteignant la télé, lui souhaita bonne nuit d'une voix groggy, puis se leva pour rejoindre son lit. Elle laissa tomber en chemin son pull et se glissa sous les couvertures.
Il compta mentalement jusqu'à cinq, puis…
-Arrêtez de me regarder dormir Jane, marmotta-t-elle sans rouvrir les yeux, déjà à moitié endormie.
Il sourit, se leva à son tour, puis se changea pour aller se coucher. Il se doutait qu'il ne dormirait pas beaucoup, il allait être assailli par la culpabilité que seul son passé pouvait faire ressurgir, un passé qui peuplait toujours le moindre de ses rêves. Mais il savait aussi que lorsqu'il ne dormirait pas, lorsqu'il devrait affronter la nuit et ses cauchemars, elle serait endormie, dans le lit voisin.
Et désormais, il ne connaissait pas meilleur réconfort.
Jour 8 :
Lorsque Lisbon ouvrit la porte en ce lundi matin ensoleillé, elle découvrit un plateau de petit déjeuner de la part de Mary. Elle s'en étonna mais l'attrapa pour le déposer sur son lit et s'intéresser au bout de papier plié glissé entre la tasse de Jane et le mug de café.
« Je vous prie d'accepter mes plus sincères excuses pour les évènements d'hier, je suis terriblement honteuse et regrette chaque mot comme chaque geste. – Mary. »
Lisbon sourit en jetant un coup d'œil au lit d'à côté où Jane dormait toujours profondément. Elle supposa qu'il n'était pas étranger à ce mot, malgré la probable sincérité de Mary. Et elle devait l'avouer, il avait encore visé juste, il était plutôt doué pour ces choses-là.
-Lisbon, arrêtez de me regarder dormir, grogna la voix endormie –mais amusée– de Jane.
Elle ne put que sourire alors qu'il ouvrait un œil moqueur à son intention. Elle leva les yeux au plafond pendant qu'il s'étirait avant d'ouvrir définitivement les yeux.
-Mary a ajouté le programme du jour ? s'enquit-il.
Lisbon tourna le bout de papier et vit qu'il indiquait leur activité de la matinée.
-Nous allons faire de l'escalade dans la salle de gym, avouez que vous en rêviez, ironisa-t-elle.
-Je vais peut-être rester dormir, marmotta-t-il en retombant sur son oreiller.
-Et louper les têtes de déterrés de Musclor et Godzilla après le mauvais tour de cette nuit ?
-Vous êtes si cruelle, déplora-t-il. Mais c'est bon, je me lève, capitula-t-il.
Elle sourit, fière d'elle alors qu'il allait s'enfermer dans la salle de bain.
Il ressortit quelques instants plus tard, sa chemise à moitié boutonnée, l'air songeur. Elle s'étonna de son accoutrement tout en l'observant fouiller son armoire, visiblement sceptique.
-Vous avez perdu quelque chose ? s'enquit-elle.
-L'une de mes vestes, répondit-il.
-Vous voulez dire celle que vous avez refusé de reprendre après me l'avoir mise sur les épaules ?
Il lui adressa un sourire, soulagé de comprendre cette disparition mystère.
-Sur un cintre, dans mon armoire, lui indiqua-t-elle.
Il la remercia et récupéra sa veste avant de retourner dans la salle de bain pour enfiler son veston et finir de s'habiller. Il ne put s'empêcher de remarquer que le parfum de Lisbon flottait encore sur la veste, ce fait allait fortement entraver sa concentration de la journée, mais il ne se serait changé pour rien au monde.
Le cours du coach sportif sur les nœuds en huit et la sécurité lorsqu'on faisait de l'escalade fut comme toutes les activités de Trust Creek : une perte de temps inutile et lassante. Le summum fut bien sûr cet instant fatidique où le mot « confiance » entra dans le cours et devint dès lors le sujet ou le COD de chaque phrase, au point de rendre le disque aussi rayé qu'insupportable.
-Il est hors de question que je grimpe jouer à Tarzan, conclut Jane lorsque le coach les assigna par binôme à des pistes d'escalade sur le mur, chacune distinguée par des couleurs différentes.
-Vous croyez que ça m'amuse et que j'ai envie de le faire ? ironisa Lisbon.
-C'est vous l'agent, c'est à vous de monter, rétorqua-t-il dans un sourire.
Elle le fusilla du regard mais s'équipa avant de ramener ses cheveux dans une queue de cheval et d'envisager le mur. Jane s'approcha alors de l'équipement afin d'assurer sa partenaire, peu enchanté de devoir enfiler cet espèce de baudrier mais bien rassuré à l'idée de garder les pieds sur terre. De plus, Lisbon n'avait émis aucune réticence à grimper alors qu'il était celui qui l'empêcherait de tomber, et c'était un pas de plus vers la confiance à laquelle il aspirait de sa part depuis le début.
Lisbon fut dans les plus rapides à grimper et Jane s'amusa de la voir jeter un regard noir à Jack –dit Musclor– lorsqu'ils arrivèrent en haut en même temps.
Une fois sur la terre ferme, elle ne tarda pas à se débarrasser de son équipement –presque aussi vite que Jane. Le coach les assaillit aussitôt.
-C'était un excellent travail d'équipe, on voit tout de suite que ça passe entre vous, les félicita-t-il non sans enthousiasme. Si on avait plus de temps, je vous demanderais d'inverser les rôles.
-Vous voyez sérieusement Lisbon m'assurer ? ironisa Jane. Je sais qu'elle a de la force, mais il y a un moment où la physique intervient mon cher, et la physique nous indique que je suis plus lourd que ma charmante partenaire.
Lisbon leva les yeux au ciel, plus amusée qu'autre chose alors que le coach bégayait que ce n'était pas exactement ce qu'il avait voulu dire. Il abandonna sous le regard aussi sceptique que condescendant de Jane et les libéra pour la fin de matinée.
Lorsqu'ils sortirent de la salle de sport, Lisbon ne se priva pas de rire.
-Vous l'avez traumatisé, s'amusa-t-elle.
-J'avoue avoir plutôt bien maîtrisé la situation, sourit-il en glissant ses mains dans ses poches. Ce qui nous laisse tout notre temps pour ce que je voulais faire.
-Que vouliez-vous faire ?
Elle s'était arrêtée pour le dévisager, suspicieuse. Il se contenta de lui adresser un sourire malicieux puis lui fit signe de le suivre, ce qu'elle fit non sans garder son appréhension visible dans chacun des pores de sa peau. Il la guida vers le chalet de Gorby, et ce fut seulement en voyant que le vieil homme était chez lui qu'elle se calma. Jane lui adressa un regard amusé.
-Que croyiez-vous que j'allais faire ? s'enquit-il, curieux.
-Je ne croyais rien du tout, marmotta-t-elle en rougissant légèrement. Que faisons-nous ici ?
-Le testament.
-Le testament ? répéta-t-elle sans comprendre.
-Je sais ce qui se cache derrière le testament d'Elly, et ça ne va pas vous plaire du tout.
-C'est-à-dire ?
-Que diriez-vous d'entrer en parler avec Gorby ? Je n'ai aucune envie de répéter deux fois la même chose.
Elle soupira mais céda, frappant à la porte d'entrée de leur ami commun. Gorby les accueillit avec un sourire surpris et les invita à prendre le thé, les installant sur son sofa.
-Alors les jeunes, qu'est-ce qui vous amène si tôt par ici ? demanda-t-il en prenant place dans son fauteuil, éloignant son chat d'un geste de la main.
Lisbon se tourna vers Jane, attendant de comprendre elle aussi.
-Je sais pourquoi Elly avait changé son testament, annonça-t-il. Et je crois que vous nous avez un peu menti à certains sujets.
Lisbon fronça les sourcils avant de tourner la tête vers son ami, l'interrogeant du regard. Gorby parut clairement mal à l'aise et évita son regard, soudain fermé.
-Vous étiez ruiné avant la mort d'Elly, pas vrai ? lança Jane après une gorgée de thé.
Seul un lourd silence lui répondit, Gorby refusait de les regarder.
-Ary, intervint Lisbon en attrapant la main du vieil homme, nous ne vous jugerons pas pour ça. Mais dîtes-nous la vérité.
-Nous voulions envoyer Noah dans une bonne université, il voulait changer de métier, répondit finalement Gorby. Nous nous sommes ruinés pour ça. Elly est allée jusqu'à prendre sur nos assurances vie.
-C'est pour ça qu'elle a changé de testament, compléta Jane. Elle savait qu'elle n'aurait rien à léguer sinon ce chalet et le séminaire.
-Mon testament est identique au sien en tout point, marmotta Gorby. Ça ne fait donc pas de son testament un mobile.
-Pourquoi vous ne l'avez pas dit plus tôt ? lui demanda Lisbon.
-Parce que ça nous aurait poussés à soupçonner son fils, répondit Jane à la place du vieil homme.
-Mais il vient de dire que les assurances vie…
-Il restait de l'argent sur celle d'Elly, plus que sur la vôtre, c'est ça ? fit Jane à l'intention de Gorby.
-Je n'ai plus d'assurance vie mais je tenais à ce qu'il reste de l'argent sur celle d'Elly, au cas où, marmotta Gorby.
-Et peu avant la mort de sa mère, Noah a dû renoncer à la grande université qu'il visait avec l'espoir de trouver un meilleur travail. Ça n'a pas dû beaucoup lui plaire…
-Noah n'aurait pas tué sa mère pour toutes les situations stables du monde ! s'indigna Gorby. Noah n'est pas votre coupable ! Elly se serait tirée elle-même cette balle plutôt que de voir son fils le faire ! Vous n'êtes qu'un gamin arrogant, qu'est-ce que vous savez des sacrifices qu'on peut faire pour l'amour d'un enfant ?
Lisbon sentit Jane se tendre à côté d'elle et se leva pour s'interposer avant que la douleur n'explose entre les deux hommes.
-Je vous crois Ary, intervint-elle. Mais nous devons savoir toute la vérité, Jane ne faisait que son travail.
-Eh bien il n'y va pas avec des pincettes, grogna le vieil homme en se renfrognant.
-Je sais, reconnut-elle. C'est pour ça qu'on va vous laisser, peut-être qu'un détail vous reviendra maintenant que nous savons tout.
Jane fit mine de protester mais elle le força à se lever d'un regard réprobateur et le dirigea vers la porte d'une main ferme autour de son poignet.
-J'avais d'autres questions, protesta Jane une fois dehors.
-Vous auriez pu me prévenir avant qu'on entre que votre projet était d'écraser le cœur d'un ami pour le bien de votre enquête ! pesta-t-elle.
-La vérité n'a pas de prix.
-Et c'est vous qui dîtes ça ? ironisa-t-elle, dédaigneuse. Vous avez été ignoble avec lui, Gorby est un ami, pas un suspect dans l'une de nos enquêtes au CBI !
-Un meurtre a été commis, celui de sa femme qui plus est, le mieux à faire était de commencer par nous dire la vérité !
-Gorby aimait sa femme plus que tout au monde, et il a perdu son fils à la mort d'Elly, Noah n'est jamais revenu ici, il ne vit même plus en Californie, j'ai vérifié !
-Peut-être la culpabilité, rétorqua Jane en haussant les épaules.
-Vous n'êtes qu'un monstre sans cœur, cracha-t-elle, le dégout évident dans ses traits.
Jane se décomposa immédiatement mais plutôt que de se calmer, Lisbon tourna les talons et disparut de sa vue en direction des chemins de randonnée. Il soupira lourdement mais ne bougea pas, comme s'il venait de recevoir un choc, comme si pour la première fois le dégoût de Lisbon l'avait blessé au plus profond de lui au lieu de rester en surface.
Il jeta un coup d'œil au chalet de Gorby et le dégoût s'empara de lui. Cette haine familière, cette haine envers lui-même, reprit ses droits, et, retrouvant un vieux masque douloureux mais impassible, il tourna les talons pour s'éloigner tant de son ami bafoué que du chemin emprunté par celle qu'il avait déçue.
Certes, ça ne finit pas sur une note joyeuse, mais j'espère que vous avez quand même apprécié un minimum ! =)
Je pense pouvoir poster la suite dans la nuit de samedi à dimanche. (Oh, et désolée je ne mets pas d'extrait cette fois-ci, je n'ai trouvé aucun passage à mettre.)
