Hello !
Désolée d'avoir oublié la date, j'espère que ce chapitre "tournant" vous plaira... (Ce sont des jours comme ça que je regrette d'apprécier autant le Jisbon ! ^^)
Merci mille fois à Karyanawel, LouiseMentalist, paffi, Totorsg, Jade212000, alamanga, Marion-F et bluebird78. =)
janeandteresa: C'est vrai que les disputes, ça peut en dire pas mal. Pour ma part, je les aime un peu trop. =) Merci !
lovejisbon: Ah ! Ce pull =) Je devrais lui écrire un OS à lui tout seul lol (en même temps ces passages-là m'amusent). Désolée de ne pas avoir précisé la date et merci ! =)
MissK369: Je comprends que tu n'ais pas apprécié ce passage, à vrai dire l'idée c'était que les sentiments de Lisbon évoluent envers Jane, et donc elle ne tolère plus autant les écarts, tout ce qui lui rappelle pourquoi c'est une mauvaise idée de "l'aimer". Mais c'était affreusement mal écrit, donc mauvais passage! ^^ Désolée encore du retard mais j'avais eu une journée très mauvaise. Oh, et désolée mais pour le pull, je crois que c'était le dernier passage, je verrai si je peux en insérer un nouveau mais je ne suis pas sûre de pouvoir!
Enjoy: Alors ce chapitre était pas si mauvais que ça? x) Ton glissement du tricot au pull = Magique ! Je suis totalement fan x) Jane et le courage, ça ne fait pas toujours un, et fichtre, il a fallu que je l'utilise ici. =) Pour le jersey, ça vient de l'anglais, je l'utilise à cause des fics anglaises qui utilisent ce terme pour désigner le fameux t-shirt long que Lisbon utilise comme chemise de nuit. =) (J'avouerai ici que pour la séduction on repassera, mais apparemment, ça a plu à Jane vu comment il la reluquait dans le 3x9 ^^) Merci beaucoup Enjoy =)
Elsa: Merci beaucoup pour cette gentille review, ton compliment m'est allé droit au coeur ! =)
FewTime: Désolée, j'ai oublié d'écrire la date de post, j'étais encore un peu perturbée. Et saches que tes aléas cardiaques ne sont pas volontaires de ma part, je suis navrée =) Sinon je suis contente que ça t'ait plu quand même, c'est une agréable surprise !^^ Et puis, tu m'as quand même fait le plus beau compliment du monde en parlant des changements qui paraissent plutôt "naturels". =D Désolée que tu ais dû te fâcher avec Jane une fois encore... J'espère que le prochain chapitre sonnera comme une réconciliation ! ;) Merci mille fois chère FewTime, tu as illuminé ma journée. =)
Chapitre 12 : Don't stop me :
Lorsque Lisbon vit Jane revenir vers le chalet en soirée, elle était toujours en colère contre lui. Assise sur le perron avec le dossier de Gorby, elle fit mine de ne pas le voir approcher et ignora le timide « hey » qu'il formula du bout des lèvres.
Elle l'entendit soupirer puis le sentit s'asseoir à côté d'elle. Elle maintint le dossier à la hauteur de ses yeux, feignant un désintérêt total tout en relisant la même phrase depuis une bonne minute.
-Je suis désolé, souffla-t-il finalement. Je voulais juste retrouver ce que nous avions perdu, et j'ai jugé que cette histoire de meurtre pouvait attendre encore quelques jours.
-J'ai entendu vos excuses, répondit-elle sans se tourner vers lui. Laissez-moi juge de les accepter ou non.
Il acquiesça, impuissant, puis joignit ses mains devant lui, comme si elles allaient lui dire quoi faire.
-Je résoudrai l'affaire demain, conclut-il. Il faudra appeler l'équipe en début de matinée pour leur dire de passer dans l'après-midi, je leur préciserai le reste au téléphone.
-Vous avez toujours été nul avec les chefs d'accusation et les mandats, rétorqua-t-elle.
-Je crois que meurtre est un bon chef d'accusation pour demander un mandat d'arrêt à un juge.
-Pourquoi ne me dîtes-vous pas tout de suite qui est le meurtrier ?
-Parce que demain viendront les preuves, révélations et aveux. Vous me connaissez depuis des années Lisbon, et vous savez très bien que je finis toujours par vous faire arrêter le méchant.
-A quoi vous avance le jeu ? Qu'est-ce que ça vous apporte ce stupide suspens ?
-Ça m'évite de m'impliquer, répondit-il avec honnêteté.
Cette fois elle se tourna vers lui, curieuse.
-Si je présente les choses comme une équation à résoudre, une sorte de jeu, si je n'oublie pas l'humour, c'est parce que ça me protège contre la douleur que ces gens ressentent. Ça m'évite de m'identifier à eux. Parce qu'au fond, lorsque je dois leur faire face après avoir arrêté le tueur, ça me rappelle que je suis moi aussi une victime… Et je ne veux pas être une victime.
Lisbon n'osa même pas essayer d'ouvrir la bouche. Elle garda ses lèvres collées l'une à l'autre en une fine ligne qui révélait toute la tension qu'elle ressentait. Etait-il possible que Jane lui fasse confiance au point de lui révéler cette vulnérabilité qu'il cachait si bien d'habitude ? Ça lui paraissait presque surréaliste, et pour une fois, ce fut elle qui fut prise de l'irrésistible envie de l'embrasser. Mais elle se retint beaucoup mieux que ne l'aurait fait Jane à sa place, se contentant de prendre une profonde inspiration pour calmer son rythme cardiaque.
Jane lui offrit un faible sourire puis se détourna, un peu embarrassé d'être allé si loin pour lui prouver qu'il en valait la peine, lui dire qu'elle ne devait pas abandonner.
-Excuses acceptées, articula Lisbon d'une voix légèrement plus grave qu'à l'accoutumée… Mais il vaudrait mieux pour vous que vous ayez le bon tueur et des preuves qui tiennent la route, ajouta-t-elle d'une voix plus ferme, plus maîtrisée.
Il lui offrit un sourire en coin, la remerciant muettement.
-Et ça ne veut pas dire que je suis de meilleure humeur, termina-t-elle en retournant au dossier.
-Ni que vous avez à nouveau confiance, je me trompe ?
-Arrêtez avec ce mot, ce n'est pas parce qu'on est de corvée de séminaire que vous devez soudain en faire une nouvelle obsession, marmotta-t-elle.
-Vous ne m'avez toujours pas dit quel fut le plus beau jour de votre vie, coupa-t-il.
-Et ne comptez pas sur moi pour vous le dire.
Il rit doucement, séparant finalement ses mains pour les poser sur ses genoux repliés. Et pour la première fois depuis des années, il ne sentit pas le poids du monde s'abattre sur lui à l'idée de ce qu'il allait dire.
-Lorsque ma fille est née, ma femme a eu quelques complications et n'a pas pu l'accueillir comme il se devait, commença-t-il.
Lisbon se tendit immédiatement et bien que l'envie lui brulât chaque pore de peau, elle ne se tourna pas vers lui, n'osant croiser son regard lointain.
-C'est moi qui l'ai tenue dans mes bras le premier. Ça n'a duré que quelques secondes, ma femme était douée du même sens que vous pour ce qui est de toujours tout contrôler même lors d'une hémorragie.
Lisbon se remémora brièvement la blessure par balle qu'elle avait essuyée deux mois plus tôt. Elle entendait encore Jane la harceler pour qu'elle aille se faire soigner.
-Je ne sais pas si vous avez entendu parler de l'importance du premier contact entre l'enfant et ses parents, toujours est-il que les liens mère/enfant se forgent lors du tout premier contact, c'est ce qui –dit-on– les rend si forts. Cependant, j'ai été le premier à tenir notre enfant dans mes bras. Ça ne l'a pas empêchée d'aimer sa mère plus que tout au monde bien sûr, mais elle se reposait beaucoup sur moi. Ses peurs, ses joies, et toutes ses aventures… C'était à moi qu'elle les confiait, du moins beaucoup plus souvent qu'à sa mère.
Toujours incapable d'articuler quoi que ce soit ou de faire un geste vers lui, Lisbon était figée dans la contemplation du sol au bas du perron.
-Je crois qu'en connaissant cette histoire-là, vous pouvez deviner quel fut son premier mot, sourit doucement Jane en se tournant vers Lisbon.
Elle se racla la gorge, se souvenant à temps qu'elle était douée de la parole :
-Papa ? suggéra-t-elle à mi-voix.
Jane acquiesça en se pinçant les lèvres, un peu embarrassé.
-C'est peut-être idiot, reconnut-il finalement, mais maintenant que j'y repense, je crois que ça a été l'un des plus beaux jours de ma vie.
Il se tourna vers elle, comme pour lui demander son avis, mais au lieu d'entendre le son de sa voix, il sentit les lèvres de Lisbon se poser sur les siennes avec douceur. Et il perdit tout sens de la réalité. Cependant elle se recula presque aussitôt et voulut s'excuser, mortifiée, mais il ne lui en laissa pas le temps et retrouva le chemin de ses lèvres avec aisance.
Il posa une main sur sa joue, glissa l'autre dans ses cheveux, puis l'approcha de lui jusqu'à en avoir du mal à respirer. Il la sentit poser une main sur son genou et l'autre sur le perron pour garder l'équilibre tout en approfondissant ce qu'elle avait si bien commencé. Elle ne faisait que confirmer qu'il aurait dû se laisser aller à l'embrasser bien plus tôt et il émit un léger grognement lorsqu'elle mit fin à cet instant.
Elle ne put s'empêcher de rire légèrement, les joues rouges, le souffle court, elle se redressa un peu pour reprendre contenance.
-Je vous jure que je n'avais aucunement planifié cette réaction de votre part, plaisanta-t-il.
-Je suis désolée, souffla-t-elle dans un sourire honteux.
-Ne vous excusez surtout pas, ce fut un plaisir.
-Jane… tenta-t-elle, à nouveau sérieuse.
Il posa un doigt sur ses lèvres, préférant les empêcher de redescendre sur terre.
-Ne m'arrêtez pas Lisbon, murmura-t-il, pas maintenant que j'en ai le courage.
Elle ne put qu'acquiescer doucement, avec un peu d'appréhension, mais déjà bien trop sous son emprise pour reculer. Elle n'avait plus envie de l'arrêter, et si elle était honnête avec elle-même, elle voulait voir jusqu'où il pouvait aller.
L'instant suivant, il l'embrassait à nouveau, se faisant plus pressant, y mettant plus d'intensité, et si elle osait le qualifier ainsi, plus de passion.
Elle le sentit à peine la faire lever pour rentrer dans le chalet, et ses indications quant au chemin à suivre étaient si légères, si douces, qu'elles auraient pu tout aussi bien venir d'elle-même. Elle ne se soucia pas vraiment du lit qu'il choisit, bien trop occupée à le débarrasser de ce fichu costume trois-pièces (l'élégance portait bien trop de vêtements, c'était un fait).
Le reste fut dit dans des respirations saccadées, à moitié perdues sur la peau de l'autre, et des mots à mi-voix, courts, simples, presque sans signification.
D'aucuns disent que c'est un langage d'amants.
Jour 12 :
Lisbon se réveilla bien trop tôt à son goût, encore épuisée tant par la randonnée que par sa nuit écourtée. Elle vit que le réveil lui indiquait sept heures trente-sept, et soupira, ramenant la couverture sur son visage. L'odeur de Jane l'envahit alors et elle se retint à temps, avant de sourire comme une idiote. Elle entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir et risqua un coup d'œil hors de son refuge.
Jane lui adressa un léger sourire, déjà vêtu de son pantalon et d'une chemise propre –l'autre servant en ce moment-même de pyjama à la brunette dans son lit. Il s'approcha du lit et lui fit signe de lui laisser une place afin qu'il s'allonge à côté d'elle.
Elle accepta mais évita le contact, hésitante quant à ce qu'elle devait faire. Il dut le sentir, car il fut le premier à parler :
-Dis-moi ce que tu veux, mais je t'en supplie, évite le mot erreur.
Elle se tourna vers lui pour lui adresser un sourire désolé.
-Et ne nie pas que tu as passé une bonne nuit, ça serait insultant, ajouta-t-il. Mais ça c'est juste par égard pour mon ego.
-Je ne veux rien nier, le rassura-t-elle. Je me demandais juste où nous en étions.
-Chez pas mal de personne, ça pourrait constituer un début de relation, quoi que je ne sois pas le plus expérimenté sur ce terrain.
-Tu crois vraiment que toi et moi, ça marcherait ? s'étonna-t-elle.
-Ta surprise est légèrement blessante, mais étant donné les circonstances, je suppose que je dois me réjouir de n'avoir pas encore été expédié à Tombouctou.
Elle ne put s'empêcher de rire légèrement et se tourna vers lui dans le lit, posant une main sur son épaule.
-Ce que je veux dire c'est que ce que tu demandes, ce n'est pas un petit changement, ni un changement anodin, et peut-être que c'est aller trop vite, peut-être même que c'est… une mauvaise idée.
-Merci d'avoir évité le mot erreur, ironisa-t-il.
-Nous sommes amis, et malgré tout ce que j'ai pu dire, tout ce que tu as pu faire, je pense que nous sommes de très bons amis, et que nous nous débrouillons plutôt bien compte-tenu de qui nous sommes. Mais crois-tu que nous ayons le potentiel pour ce genre de relation ?
-Tu vas au moins m'épargner la liste des contre ?
Elle soupira lourdement, fermant les yeux pour se recomposer.
-Tu ne peux pas être sérieux juste une fois ?
-Crois-moi, je n'ai jamais été si sérieux, marmotta-t-il, le visage fermé.
-Ce n'est pas que je ne veux pas, continua-t-elle.
-Si tu me dis que c'est parce que tu ne peux pas, nous allons vraiment tomber dans le déjà-vu.
-Bon sang, range un peu ta dérision, s'agaça-t-elle. Sois adulte et fais face. Une amie peut supporter de se faire insulter et rejeter pendant un mois, elle peut supporter de passer ses nuits dans une voiture, dans un cimetière, pour veiller sur son ami, elle peut endurer la facture d'une chambre de motel pendant des jours alors qu'elle a déjà un appartement pour pouvoir garder un œil sur son ami, pour être là. Une amie peut tout entendre, tout supporter, et même s'effacer quand il le faut. Je peux être cette femme-là, et je crois te l'avoir déjà prouvé par le passé. Mais crois-tu qu'une amante peut endurer la moitié de ce que j'ai enduré, entendre la moitié de ce que j'ai entendu ? Je peux être là pour toi à chaque fois que tu en auras besoin, et je le ferai sans hésiter une seconde, parce que je ne te renierai jamais mon amitié. Mais je ne veux pas devenir l'une de ces femmes qui ont l'air d'avoir la corde au cou et que le chagrin rend amorphe, inutile, et fade. Je ne veux pas un jour me réveiller et réaliser qu'on n'a jamais su s'y prendre, et que je reste par habitude, par stupidité, plus que par réel attachement.
Jane resta silencieux un moment, sans savoir quoi dire, puis il se tourna vers elle, toute colère disparue. Elle perçut plus qu'elle ne vit la douleur qu'il retenait de son mieux. Elle se sentit horrible un instant, mais ils savaient tous deux qu'elle avait un peu raison, dans le fond.
Elle glissa sa main jusqu'à son cœur, et il lia leurs doigts. Elle sentit sa respiration s'alourdir sous ses doigts alors qu'elle collait son front contre sa tempe.
-Je déteste les conversations du lendemain, parvint-il à plaisanter. On m'avait pourtant prévenu.
-Pour une fois, j'aimerai avoir tort, souffla-t-elle en fermant les yeux.
-Ça aurait pu être pire, tu aurais pu vouloir ne plus jamais me revoir, tu aurais pu prononcer le mot erreur et nier l'attirance, les possibilités. Et puis, si j'en ai douté auparavant, maintenant je sais que nous n'avons plus aucun problème de confiance.
Elle ne put réfréner son léger sourire, et ne fit aucun geste pour l'empêcher de se tourner complètement vers elle afin de la coller à lui.
-J'ai un avis différent sur la question, tu veux l'entendre ? chuchota-t-il contre son oreille.
Elle acquiesça, se laissant aller à nicher sa tête dans son cou.
-Je pense que l'attirance est bien trop tentante pour les amis que nous sommes, je pense qu'il pourrait y avoir un millions de nuits de plus comme celle-ci –je pense même qu'on pourrait s'améliorer. Je pense aussi que la cannelle est un parfum charmant, et que je dors bien mieux avec toi. Je pense que ça peut marcher, à partir du moment où c'est ce que nous voulons –et tu n'imagines même pas à quel point je le veux. Je pense que ça fait une éternité que je te cherchais, et que tu serais vraiment cruelle si tu te dérobais. Et j'aimerai plus que tout au monde que tu me laisses une chance.
-Tu as fini ? murmura-t-elle en ouvrant les yeux.
-Si tu es convaincue, oui, sinon, j'ai encore une bonne centaine d'arguments.
-Donc, je n'ai pas le droit aux contre, mais tu as le droit aux pour ?
-Tu es tellement agaçante, soupira-t-il dans un léger sourire.
Elle se redressa pour capter son regard, un sourire aux coins des lèvres.
-Et pourtant, j'ai l'intime conviction que ça rentre dans la liste des pour, s'amusa-t-elle.
-Tu n'as pas idée à quel point…
-Je te jure que si, souffla-t-elle avant de l'embrasser.
Il réagit comme s'il avait attendu ce contact depuis une éternité, et, l'enlaçant presque trop fort, il la fit passer au-dessus de lui, glissant ses mains sous sa chemise qu'elle portait toujours.
-J'en déduis que mes arguments n'étaient pas si mauvais, articula-t-il entre deux baisers.
-Déduis-en ce que tu veux et arrange-toi pour que je ne change pas d'avis, répondit-elle en s'affairant à se débarrasser de la chemise qu'il avait enfilé quelques minutes plus tôt.
-Ça me va, prit-il le temps de conclure avant de la faire basculer sous lui.
Jane sécha le cours de Parish pour se rendre encore une fois au grenier mais Lisbon n'y prêta que peu attention, bien trop dépassée par les évènements. Elle ne savait plus si elle devait râler contre ce séminaire idiot ou rêvasser comme une idiote en repassant les derniers évènements en boucle dans son esprit. Elle finit par songer que certes la distraction était merveilleuse et très efficace, mais que penser au sexe au milieu de ses camarades de séminaire était vraiment trop inapproprié –et écœurant.
La légèreté qui la caractérisait depuis quelques heures lui permit cependant de passer la matinée sans une ombre au tableau et elle salua presque joyeusement Parish lorsqu'elle quitta la salle aux alentours de midi.
Dans le réfectoire, elle rejoignit Gorby à leur place habituelle et le salua avec un immense sourire aux lèvres. Elle fut récompensée par le rire du vieil homme.
-Et moi qui pensais que c'était vous qui aviez fait quelque chose à Jane pour qu'il ait l'air plus gamin que d'habitude, rit-il de bon cœur.
Elle rougit légèrement, embarrassée, et préféra attaquer l'assiette de riz qu'elle s'était servie.
-Ne vous en faîtes pas, le secret est gardé, sourit-il.
-Ça se voit tant que ça ? s'inquiéta-t-elle.
-Vous rayonnez un peu trop pour quelqu'un qui déteste ce séminaire.
-J'aurai dû faire une critique désobligeante au sujet de Mary, j'aurai été plus crédible, plaisanta-t-elle.
-Assurément, confirma Jane en s'asseyant à côté d'elle.
-Est-ce qu'une fois dans ta vie tu pourrais t'annoncer au lieu d'apparaître comme ça ? pesta-t-elle.
Il se contenta de lui sourire effrontément, puis lui prit son verre d'eau pour le vider. Elle lui adressa un regard noir en lui reprenant le verre.
-Je ne crois pas t'avoir autorisé à me voler.
-Si tu m'avais autorisé, on ne parlerait plus de vol, rétorqua-t-il malicieusement.
-Quoi qu'il en soit, si tu as soif, vas te chercher un verre, Mary sera ravie de le remplir.
-Nous y revoilà avec Mary, ricana-t-il. Moi qui pensais que ce qui est à toi est à moi…
-Tu confonds avec le mariage très cher, ironisa-t-elle. Ce qui est à moi reste à moi, et ce qui est à toi… fais-en ce que tu veux, je n'en ai rien à faire.
-Mary m'aurait laissé boire sans rien dire.
Elle lui donna une tape sur l'épaule, presque outrée qu'il ose retourner l'élément Mary contre elle. Il éclata de rire, vite imité de Gorby, avant d'attraper sa main pour entrelacer leurs doigts et porter le dos de sa main à ses lèvres. Elle leva les yeux au ciel, autant exaspérée qu'amusée.
-Au moins, certaines choses restent les mêmes, leur fit remarquer Gorby.
-J'y compte bien, répondit Jane.
Lisbon se contenta de leur adresser un sourire en coin, retournant à son riz.
-On m'a rapporté que vous aviez évité le cours de Monsieur Parish Jane, reprit Gorby.
-C'est plus fort que lui, répondit Lisbon à sa place, il faut toujours qu'il n'en fasse qu'à sa tête.
-Ne vous en faîtes pas, il a encore quelques années avant d'acquérir la sagesse, rit le vieil homme.
-J'avais mes raisons, se défendit Jane.
-Tu as toujours tes raisons, lui rappela Lisbon.
-Tu m'agaces, femme.
-Et si nous allions au but ? continua Lisbon sans relever sa remarque.
-J'ai contacté Cho et mis quelques choses en place, c'est tout.
-Pour quoi faire ? s'enquit Gorby, étonné.
-Pour trouver qui a tué Elly, répondit Jane. J'ai rassemblé les éléments dont nous avions besoin, et je profiterai de la projection de films de cet après-midi qui va rassembler tout le monde dans la salle de sport pour forcer le tueur à se révéler.
Gorby parut soudain bien plus vieux, le visage pâle, ridé, et ses yeux habituellement rieurs désormais noirs, presque éteints. Il se reprit, la voix chevrotante :
-Alors, vous avez trouvé ?
-Je sais pourquoi, mais j'ai besoin de quelques confirmations, reconnut Jane. Je ne voudrai pas vous dire un nom qui ne serait pas le bon.
Gorby acquiesça mécaniquement, comme hors de son propre corps douloureux.
-Pourquoi ? formula-t-il du bout des lèvres, sa voix trahissant l'émotion.
-Je pense qu'Elly avait découvert quelque chose dans le grenier, elle voulait dénoncer les responsables.
-Mais quoi ? Qu'avait-elle découvert ?
-Je dois attendre d'avoir les preuves, je suis navré, s'excusa Jane dans un sourire sincère.
Sous la table, il sentit les doigts de Lisbon attraper sa main avec douceur, un remerciement muet. Jane, qui d'habitude préférait affirmer sans preuve, démontrait le plus grand respect pour leur ami en ne prenant aucun risque de se tromper. Elle savait qu'il voulait éviter l'erreur pour éviter plus de douleur.
Gorby finit par acquiescer, faiblement, tristement. Lisbon retira sa main de celle de Jane et traversa la table pour attraper le poignet de son ami dans un geste doux.
-Nous serons fixés dans l'après-midi, le rassura-t-elle. Et ce soir, vous pourrez appeler Noah et lui dire que Justice a été rendue.
Les yeux du vieil homme s'embuèrent fugitivement puis il tourna sa main pour serrer les doigts de Teresa dans les siens, s'y accrochant comme à une bouée.
-Cho a dit qu'il viendrait avec Rigsby, reprit Jane. Il a pu avoir l'accord d'Hightower, ils seront là vers seize heures.
Gorby acquiesça, une fois encore incapable de parler, mais lorsqu'il redressa les épaules, son regard était déterminé, et la fermeté qu'il dégageait rassura Lisbon. Elle avait eu peur que l'émotion soit trop forte, lui qui attendait depuis si longtemps de savoir, de comprendre pourquoi sa vie s'était défaite. Depuis le début elle avait pensé au travers des dires de Gorby qu'Elly le méritait, mais aujourd'hui, elle aurait juré qu'Ary Gorby le méritait encore plus.
Lisbon observa Jane s'installer au fond de la salle et s'assit à côté de lui contre le mur. Il protesta immédiatement et la fit passer entre ses jambes, la calant contre son torse. Elle s'en amusa mais joua l'exaspérée, juste pour qu'il ne se repose pas sur ses lauriers. Mais lorsqu'elle sentit qu'il l'enlaçait et déposait une ligne de baisers sur sa nuque, elle dut avouer qu'il était doué et que s'il gardait la même ligne de conduite, elle n'aurait jamais à craindre ce qu'elle avait énoncé contre leur relation –quoi qu'étant indépendante elle savait que tôt ou tard un tel comportement pourrait lui peser. Elle faisait cependant confiance à Jane pour la lire assez facilement et décrypter lorsqu'elle aurait besoin d'espace.
Elle chassa ce genre de pensées afin de tourner la tête vers Jane.
-Merci de ne pas avoir partagé tes théories sans preuves avec Gorby, souffla-t-elle alors que le film débutait sur le mur devant eux.
Elle le vit sourire mais il ne répondit pas, se contentant de glisser son nez dans ses cheveux avec douceur. Lisbon entendit la porte à leur droite s'ouvrir et vit Mary, Matt, Parish et Gorby entrer. Mary sembla chercher quelqu'un du regard et fut visiblement attirée par la silhouette de Gorby qui se faufilait vers eux. Malgré la pénombre, Lisbon vit le regard douloureux de la jeune femme se poser sur elle et Jane. Elle s'étonna d'être désolée pour cette femme qui l'agaçait pourtant tellement.
Gorby s'assit à côté d'eux sur une chaise de camping qu'il avait amenée et qu'il déplia, arguant à mi-voix que son dos n'aimerait pas qu'il prenne place avec eux sur le sol. Lisbon capta son regard toujours autant déterminé grâce à la lumière que la projection renvoyait dans la salle. Elle espérait de tout son cœur que Jane n'ait omis aucun détail, et que les révélations ne briseraient pas plus le cœur du vieil homme. Elly et lui méritaient la paix après cette année de souffrance et d'éloignement.
-Ce n'est pas parce que je n'ai pas énoncé mes théories à voix haute qu'elles ne sont pas solides, murmura Jane à son oreille, assez bas pour que Gorby n'entende pas. Je suis sûr de moi, je n'ai rien laissé au hasard.
Lisbon acquiesça, un peu songeuse, puis elle se tourna vers lui avec un sourire doux :
-Je te fais confiance.
Je ne suis pas trop trop déçue de mon résultat, mais j'avoue que je suis plutôt stressée dans l'attente de vos réactions sur ce chapitre. A vos claviers, s'vous plaît ?
Prochain chapitre, dernier chapitre avant l'épilogue ! Et comme ils m'ont manqué, je vous mets un passage avec l'équipe en extrait ! =)
"-Alors, c'est comment ce séminaire ? s'enquit Rigsby.
-Un enfer total, déplora Lisbon, mais je vais en voir la fin bientôt, heureusement.
-Un enfer ? insista le brun.
Elle lui offrit un regard noir et il retrouva son professionnalisme immédiatement.
-Jane a dit qu'il y avait un type à arrêter dans le coin, lança Cho"
-Oui, c'est ce qu'il paraît, approuva Lisbon. Et pour éviter qu'il ne s'enfuie, j'aimerai que vous vous bloquiez les deux issues du bâtiment..."
A Mardi ? =)
