Disclaimer: L'histoire appartient à Domysticated et les personnages sont à Stephenie Meyer. Je ne suis que la traductrice.

Je la vois et mon estomac se resserre: elle est belle, les cheveux longs qui tombent librement dans son dos, les joues rougies par la chaleur de la salle, les yeux larges et brillants, ombragés par du maquillage noir. C'est une femme, elle est belle et vivante et elle est seule.

Elle est ici pour moi … si vulnérable et exposée, donc évidemment pas à sa place, et la ruée de préoccupation et le fait d'être protecteur qui me traverse,est déroutant et effrayant.

Je me détourne aussi vite que je le peux et prend conscience encore une fois de ma respiration saccadée. Avant que la panique ai pu prendre le relais, j'ai mis mes doigts sur le clavier, savourant la douceur familière des touches et leur solidité, cédant cependant à la texture.

Et puis je joue, je joue comme si ma vie en dépendait, car pour l'instant c'est le cas;je laisse mes doigts me guider jusqu'à ce qu'ils atteignent une mélodie familière et puis je laisse l'instinct et le souvenir prendre le relais.

Je joue, les yeux fermés, et tout le temps je sais qu'elle est là. Je peux la sentir me regarder, je sais qu'elle écoute et je perds la trace de ce qui est réel et de ce qui est imaginé, de ce que je veux et de ce que je ressens. Tout ce que je sais c'est que je suis à la dérive, que j'ai peur et je déteste le fait de perdre mon contrôle, mon contrôle sur moi-même s'affaiblit avec chaque note, chaque minute qui passe.

Je sais qu'il y a d'autres personnes dans cette salle, une foule, et pourtant tout ce qui compte c'est que je suis ici et qu'elle est ici et que ceci est réel,et c'est à la fois le sentiment le plus exaltant et le plus terrifiant.

Et je sais … je sais qui nous sommes, qui elle est, et c'est un orage d'émotions qui prends lentement le dessus sur chaque partie de mon être. Parce que Bella est l'amour; Bella est l'espoir; Bella est la beauté et la lumière. Mais Bella est aussi la perte, la douleur et le mal, et Bella connait mes ténèbres, l'obscurité qui ne peut jamais tout à fait me quitter.

La Bella de mes souvenirs pourrait avoir été un rêve, mais la Bella que je vois ici ce soir, cette Bella est réelle, elle est vivante et respire et curieusement, scandaleusement belle. Cette Bella me tire de l'intérieur et m'attire à elle alors que je la repousse avec toute ma volonté, toute ma force.

Et ma volonté, ma force … ils sont tout ce que j'ai, tout ce qui m'a propulsé et m'a soutenue au fil des ans. Je suis tellement habitué à repousser ceci que je ne me sens même pas mal.

Je ne sens pas que Victoria s'approche derrière moi, mais je prends le verre qu'elle tient comme un calice empoisonné que je veux boire on the rocks, la substance qu'elle sait que j'aime et moi je le vide en une seule fois et ça se sent bien, tout va bien, la brûlure me réveille et me refroidit en même temps. Elle me touche alors, et au début je la rejette, en reculant de son toucher impatient.

Et puis je me retourne et là elle est, ses yeux sont inébranlables, en attente et ils me dévorent vivant, exigeants de me posséder et ils me possèdent, exigeants que je me rende, que je lui revienne, que je retourne … en arrière.

Et ça serait si tentant, si naturel de répondre à l'attrait de ses yeux, de me laisser aller, et de me lever et d'aller jusqu'à elle et de plonger dans le rêve que j'ai refusé de rêver pendant tant d'années, d'accepter que c'est mon destin, et que je suis le sien, parce que sinon comment pourrait-il être? Comment n'importe lequel de cela pourrait-il avoir du sens du tout?

Je la vois ensuite, de façon claire et vivante, comme si pour la première fois, je vois son courage, sa force ,et comment elle est venu après moi, encore et encore, comment elle n'a jamais cessé de croire, n'a jamais cessé de rêver, comment elle est descendue dans toutes sortes d'enfer pour me trouver et se battre pour moi. Elle a bravé les ruelles sombres, les hôtels miteux, et maintenant cette fumée, palpitants endroits. Ceci est tout ce que je lui ai jamais donné et peut-être est-ce tout ce que je peux toujours lui donner.

Elle est si belle, si limpide, si banalisée par toute la laideur que je lui ai exposé, de tel sorte qu'elle ignore à quel point elle m'a déjà donné et combien plus je suis prêt à prendre d'elle.

Et ça paraît tout à coup si clair qu'avec elle je serais moi-même, celui que je suis vraiment, et qui va me détruire, et je vais la détruire, et elle va me laisser, et elle va me demander de, toutes pensées d'instinct de survie derrière elle. Et surtout que je partirai avec quelque chose qui était autrefois pur et beau et précieux et qui serait maintenant infecté et déguenillé et sans valeur.

La panique m'aveugle, le déni cours à travers moi.

Je prends la main de Victoria et la tire durement contre moi. Son corps est souple et familier, et quand j'embrasse ses lèvres disposées, elles ont un goût de décrépitude et de défaite. Tout le temps je regarde Bella, et vois le mal dans ses yeux, son visage en ruine, ses épaules affaissées comme si tout souffle l'avait quitté.

J'ai fait cela. Je l'ai fait quoi.

Tu vois quoi, Isabella? C'est moi. Cours loin. Évades-toi. Vas vivre ta vie. Sois intelligente, sois jolie, sois heureuse. Oublies-moi.

J'ai de mauvaises nouvelles pour toi, douce fille chérie. La laideur et la tristesse persévèrent en moi et toi, plus que quiconque devrait le savoir; toi, plus que quiconque, tu sais d'où je viens, qui j'étais... toi, plus que quiconque devrais mieux le savoir. Et si tu ne l'as pas fais et si tu ne le fais pas, regarde belle chose, regarde. Je suis ignoble et je suis cruel et je suis un putain morceau de merde.

Je pousse Victoria au loin et je reprends mon jeu, le spectacle doit continuer. Je bois après cela, verre de whisky après verre de whisky, en essayant d'effacer le goût d'une autre femme de mes lèvres, essayant d'effacer à ma connaissanceque je suis un menteur, un tricheur, un nuisible trou du cul.

Je bois et je joue et je ne sais pas ce que j'ai fait, ce que je fais, ce que je veux.

J'espère qu'elle est partie, j'espère qu'elle est en colère et énervée et pourtant je n'ose pas penser qu'elle est partie. Parce que si elle a disparu … si elle est partie, c'est tout.

Je n'ose pas me tourner pour vérifier, mais je mevoue à moi-même que si elle est, par n'importe quel miracle, encore ici, je vais courir jusqu'à elle et lui présenter des excuses et la supplier de me laisser la toucher, de me laisser la tenir. Je la supplierais de me tenir et de me pardonner. Je la supplierais de recommencer.

Lorsque mon jeu est enfin fini, je salut et je la vois, elle est debout et rassemble ses affaires, ses mouvements sont saccadés et automatiques, sa position anormalement raide. Je veux aller jusqu'à elle, si douloureusement, la prendre dans mes bras et lui montrer que je peux tout faire mieux, d'une façon ou d'une autre. Mais quelqu'un arrive d'abord jusqu'à moi et une autre foutue boisson est dans ma main, et je me déplace pour m'étendre et la toucher, mais mes sens sont trop lents et si engourdis par tout, la boisson et les rires autour de moi et quelque chose, quelqu'un doit être entrain de me parler tout de suite et ils me saisissent et me tournent et quand je me retourne à nouveau … elle est partie.

Tout combat me quitte alors et lorsque mon esprit refait surface de la brume d'alcool et d'adrénaline, il est perdu dans tout ce qui reste, c'est froid, et humiliant, et la solitude est si intense et aiguë qu'elle m'abasourdit presque. Qu'ai-je fait? Pourquoi, pourquoi l'ai-je interrompue? Pour quoi faire? Est-ce vraiment tout ce que je suis? Tout ce que je représente?

Je m'enfonce dans un fauteuil et y reste affaissé et hébété pendant un long moment. Le club se vide et Victoria vient à moi et essaie de passer ses doigts dans mes cheveux, mais je la repousse, dégouté de moi-même.

«Qu'est-ce qui ne va pas, bébé?» Sa voix est basse et sensuelle, mais pas malhonnête, je sais qu'elle se soucie véritablement de moi, et ça me fait sentir encore pire sur la manière dont je l'ai traitée, ce soir, et toutes ces autres nuits. Je secoue la tête, refusant de parler, en regardant ailleurs.

Ses épaules s'affaissent un peu, sa posture abandonne son attitude séductrice. Elle se penche et attrape mon visage dans ses mains, me forçant à la regarder dans les yeux:

«Toi, Edward Masen, est un complaisant, narcissique abruti. Et c'est bien, beaucoup de ton espèce sont comme ça et pour être honnête, je ne donnerais pasune merde à ce sujet, si ce n'était pas le fait que j'en ai « marre de tes sautes d'humeur et de ta culpabilité, ton auto-flagellation»si carrément ennuyeux. Donc tu embrasses tes tendances de bâtard et tu en jouis, ou tu arrêtes déjà ça.»

Elle me regarde durement et me lâche, se retourne et quitte le club, ses hanches se balancent, légèrement serrées contre sa robe brillante.

Ses mots m'ont frappé comme un coup de pied dans les tripes. Je ne veux pas être ce connard, ce froid, solitaire, auto-suffisant gars. Je fais de gros efforts pour m'accrocher à ça.

Ses mots me donnent la force et la clarté dont j'ai besoin pour sortir de ce bar, dans la nuit froide et humide; je sais où elle habite, même si je ne devrais pas, je l'ai suivi ici sonne à son interphone sans cesse, avec un désespoir en croissance et un craintif espoir écrasant. Cette fois, je n'abandonnerai pas, Bella, tu m'entends? Je ne vais pas renoncer à toi, je suis venu te trouver … laisses-moi entrer, laisses-moi juste faire cela.

Je sonne et sonne et sonne jusqu'à ce que sa voix résonne, lointaine dans la rue vide.

Je prie et plaide et présente mes excuses, et elle me laisse entrer.

ooo

Je cours dans les escaliers jusqu'à ce que je sois debout devant sa porte. Tremblant, je m'arrête là, pas sûr de ce que vais trouver, de ce que je dirai, de la façon dont je peux éventuellement faire mieux. Mon visage est humide, de la pluie, la sueur ou les larmes, je ne sais pas, et je ne m'inquiète pas. Je suis frénétique, affamé, impatient et terrifié.

Je mets ma main sur la porte etelle cède facilement à mon contact, déjà entrouverte.

Elle est là, debout, les cheveux mouillés contre ses épaules, ses yeux sont bouffis et rouges, sa peau pâle et translucide dans la lumière crue du expression est illisible.

«Bella … Bella, je suis désolé, vraiment désolé, s'il te plait, s'il te plait pardonnes-moi, je ferais n'importe quoi pour te reprendre … Je suis désolé.» Je commence à parler vite et à la hâte, mais la fureur déterminée dans ses yeux morts m'arrête dans mon élan.

Elle me laisse entrer et referme la porte derrière moi. Elle s'approche de moi, immobile, silencieuse, vibrante de colère. Pendant un long moment aucun de nous ne parle, mon halètement irrégulier et bruyant est toujours le seul bruit dans l'appartement.

Quand sa main frappe fortement ma joue, c'est fort, choquant et si juste. Je mérite cela, je veux plus. Je souhaite qu'elle me frappe encore. Je me réjouis de sa colère, de son indignation, de sa fureur.

Ma peau me pique là ou ses doigts sont entrés en collision avec elle et je veux graver la marque dans ma peau, je veux un tatouage permanent, je ne veux jamais perdre ce sentiment. Ne jamais oublier ce que j'ai fait et ne jamais cesser de m'expierpour ça.

«Pourquoi Edward?» Sa voix est rauque et fatiguée par trop de larmes. «Qui est-elle? Ta petite amie? Comment as-tu pu me faire venir à ton concert, que de m'humilier comme ça?»

Je secoue la tête, et tend ma main pour toucher la sienne. Elle fait un pas en arrière. Ça fait mal,et alors je pense juste que peut-être je l'ai perdu; qu'il est trop tard.

«S'il te plait Bella. Laisses-moi t'expliquer. Je suis tellement désolé.»

Elle s'appuie contre le mur et ferme les yeux. Je touche sa main à nouveau et cette fois elle me permet de la prendre, et je la tiens serrée dans la mienne, et mets mon corps près du sien, assez près pour que je puisse sentir la chaleur irradiant d'elle et la résistance qu'elle essaie d'avoir contre moi.

Elle ouvre les yeux et me regarde, et dans ce regard, dans ce regard c'est tout. C'est le pardon et l'attente et la colère et la douleur et la confusion. Dans ce regard il y a tout, y compris lessemences de ce que je veux le plus: le désir, la luxure, l'amour.

«Elle n'est personne, Bella. Personne. Je voulais … Je ne sais pas ce que je voulais. Pour te faire peur, je suppose. Pour voir si tu préférais rester. Pour te faire passer … J ne sais pas. Je ne sais pas. Elle n'est personne et je suis désolé, je suis désolé car je t'ai blessé, je suis désolé, je l'ai fait pour toi.»

Je veux la sentir, la goûter. Je le veux si mal , et maintenant il me semble que c'est la seule chose qui compte. J'apporte sa main à mes lèvres et je la presse contre elles, sens la texture rugueuse de ses doigts tremblants, mais je n'ose pas les laisser aller.

Bella pose sa main libre sur mon épaule et me force à la regarder dans les yeux.

«Pourquoi, Edward? Pourquoi cette distance? Pourquoi as-tu essayé de me repousser? Pourquoi as-tu eu envie de me blesser comme ça?»

A contrecœur, j'écarte mes lèvres de ses doigts, tenant toujours sa main.

«J'avais peur. J'ai encore. Je … de la façon dont je vivais lorsque tu m'as rencontré...qui j'étais ... J'avais honte de moi, Bella … J'ai toujours.» Elle essaie de m'interrompre, mais je ne la laisse pas faire. «Tu m'as vu au plus bas, et je ne veux plus me sentir ainsi. Tu m'as sauvé, et je ne veux plus être sauvé. Je suis un lâche, Bella.»

Elle se démêle et se détourne de moi, en marchant vers son petit salon, jusqu'à la fenêtre et presse sa tête contre la vitre. Je la suis et m'arrête juste derrière elle. La lumière de la rue jette une lueur surnaturelle dans la pièce, elle baigne dans une lumière rougeâtre qui semble rendre tout ceci doux et irréel.

Elle reste silencieuse un long moment. Quand elle parle, c'est sans se retourner, sans me regarder. « Tu ne peux jamais, jamais me blesser comme ça.»Ses mots m'humilient.«Tu comprends, Edward? Si jamais tu m'humilies comme ça, je vais partir et ne te laisserais jamais m'approcher de nouveau.»

Je sais ce qu'elle signifie et je hoche la tête, même si elle ne peux pas me voir. Et puis je dis, à voix haute:

« Si tu me laisses dans ta vie, je ne ferai jamais cela à nouveau pour toi, Bella. Je le promets.»

Je tends la main vers elle, place mes mains sur ses épaules, attendant la permission d'en faire plus. Quand elle ne bouge pas, je prends provisoirement l'initiative de refermer la distance entre nos corps et l'accole par derrière, d'abord doucement, puis plus fortement, et laisse ma tête reposer sur le dessus de la sienne. Je ferme mes yeux et alors que je la tiens, j'inhale profondément le parfum inconnu de ses cheveux. Peu à peu son corps se détend contre moi et elle lève ses mains pour les poser sur les miennes, c'est si bon, si incroyablement, injustement bon.

«Je promets. Maintenant s'il te plait … S'il te plait dis que tu me pardonnes.» Ma voix est à peine un murmure, et la sienne ne vient pas du tout: elle hoche la tête et se détend un peu plus loin en moi.

«S'il te plait, dis-le. Je ne le mérite pas, je sais, mais s'il te plait, dis-le de cette manière.»

«Je suis tellement folle … mais je te pardonne. Je veux, je veux … oublier cette soirée. Oublier tout. Oublier toutes ces années … t'oublier.»

Je la retourne et la tire contre moi, toute sa résistance a disparu. Elle tombe sur moi facilement, presque étourdie par l'épuisement, son corps léger et petit contre le mien.

« Ne pas oublier Bella … ne pas. Rien de tout cela. Je n'ai jamais oublié quelque chose sur toi … rien. Je me souviens de tout, à chaque fois que tu m'as embrassé, chaque fois que je t'ai touché. Chaque moment volé que nous avons passé ensemble il y a des anné fois que tu m'as manqué, et que j'ai rêvé de toi. Chaque fois que j'ai pensé que je t'avais perdu et ne pourrait jamais te revoir. Le jour ou je t'ai revu après toutes ces années … Je n'oublierai jamais ce jour-là.»

Mes lèvres embrassent ses cheveux et je suis proche de pleurer.

Elle parle contre ma poitrine, sa voix profonde résonne.

«Et maintenant … Edward, qu'est-ce que tu veux de moi maintenant? Pourquoi es-tu ici?»

Avec autant de tendresse que je peux rassembler, je prends son visage entre mes mains et l'approche du mien. Ses yeux sont noyés de larmes, et en ce moment elle est plus belle que je ne l'ai jamais cru possible.

«Je te veux. Je ne veux que toi, Bella. Seulement toi, tout ce temps. Seulement toi, maintenant. Personne d'autre. Je le sais maintenant. Je l'ai toujours su, je pense, mais j'avais trop peur de l'admettre.»

L'appartement est silencieux et presque complètement sombre, et je sens que ma vie entière, tout mon avenir dépend de ce moment-ci. Je suis debout au bord d'un précipice: ce moment décide de tout. Elle peux me dire de partir, et je devrais l'accepter, et je n'ai que moi à blâ peut fermer la porte derrière moi et la verrouiller, et je devrais vivre avec cette perte à jamais.

Ses mains glissent lentement sous mon manteau, sûre, prudentes, constantes. Elles tracent les contours de ma poitrine et voyagent jusqu'à mon visage. Elle dirige ses doigts sur mes lèvres, puis sur mes yeux. Je les ouvre et elle est à quelques centimètres de moi, m'observant attentivement, ses lèvres légèrement ouvertes. Son baiser, quand il vient, ne ressemble à rien de ce que j'ai jamais éprouvé et comme tout ce dont je me souvenais toujours. C'est doux d'abord, chaste, explorateur. Je la laisse faire, me montrer ce qu'elle veut, comment elle le veut, combien de, de force, à quelle mesure.

Mon cœur bat si vite et je tremble, me noyant dans l'intensité du moment.

Je garde les yeux grands ouverts, et elle fait la même chose. Nous nous embrassons avec nos bouches, avec nos yeux, avec nos mains. Quand elle se détache, c'est seulement pour me sourire, un sourire qui me brise le cœur et le répare encore.

«Ne sais-tu pas que tu m'as toujours eu, Edward? Comment peux-tu douter? Comment peux-tu essayer de nier cela?» Ses doigts jouent avec les boutons de ma chemise, et elle est à moi, toute à moi, et je l'attire encore plus près, et je sais que je ne pourrais jamais la laisser partir maintenant.

Ooo

Nous sommes assis sur le canapé et je la tiens pendant un long moment. Son corps se moule facilement dans le mien et le temps semble se contracter et se rétracter, graduellement. Je suis transporté dans le temps, à un autre endroit, un autre pays; nos corps sont la seule constante dans tous les bouleversements qu'ont été ma vie, nos vies, dans les années intermédiaires.

Je caresse ses cheveux, et avec révérence, lentement mes doigts se permettent de se familiariser à nouveau avec sa peau douce, la courbe de son cou, la forme de son visage.

Tout comme toutes ces années, je suis étonné de voir qu'elle est là, qu'elle ne se retourne pas, qu'elle n'a pas peur de moi.

Tout comme toutes ces années, je sais que je mérite à peine d'être ici avec elle, et comme toutes ces années, je veux plus, plus, plus et j'espère que contre la raison, elle le veut aussi.

Nous nous embrassons et nous nous embrassons, nos bouches et nos langues se refamiliarisant d'eux-mêmes l'un avec l'autre.

Nos mains tâtonnent, hésitantes au début, puis plus audacieuses et nos vêtements sont progressivement perdus et ensuite c'est uniquement moi et seulement elle, et elle est dans mes bras, sur mes genoux et nous sommes de nouveau des adolescents et rien d'autre n'importe, rien d'autre n'a jamais importé, rien d'autre ne comptera jamais plus.

Les choses se passent beaucoup plus rapidement qu'elles ne le devraient rationnellement, et pourtant tout semble anormalement lent, comme un rêve ou un fantasme que je ne m'étais jamais permis de satisfaire.

Déshabiller Bella, me déshabiller avec Bella dans son salon clairsemé ...cela devrait paraître maladroit et cela devrait sembler faux et pourtant c'est la chose la plus naturelle du monde. Un gémissement s'échappe de ma bouche lorsque j'enlève son t-shirt et la trouve nue en-dessous, la vue de sa peau, de ses seins, de son nombril me rendent fou de désir.

Je la prends, ralentissant mes baisers, mais sans m'arrêter, ses jambes enveloppées autour de ma taille lorsque je l'emmène vers son lit et elle est couchée sur le dos, ses mains dans mes cheveux, nos corps fermement pressés l'un contre l'autre.

Je sens tout d'elle et tout d'elle est sensation.

Je la veux, je la veux d'une tel sorte que je pourrais mourir de la vouloir.

«Edward». Elle s'éloigne de moi et sa voix est solennelle et sérieuse. « Je ne te connais pas. Qui es-tu? Je ne te connaissais pas alors, soit. Ça m'a tué pendant toutes ces années, que je ne t'ai jamais connu, que je n'ai jamais posé plus de questions, que je n'ai pas essayé assez durement...J'ai estimé que quand tu es parti … c'était de ma faute pour ne pas avoir fait assez d'efforts pour entrer dans ta vie, appris à tout connaître sur toi.»

Les larmes submergent ses yeux et je veux qu'elles partent, je veux que ses yeux expriment seulement la joie et l'amour. Pour moi, pour toujours.

«Tu sais tout ce qu'il y a à savoir sur moi. Tout ce que je suis … tu l'as toujours su … tu m'as toujours connu.»

Ma tête descend sur son épaule, et je goûte la salinité de sa peau; mes sens se souviennent de ce que mon corps avait oublié, ce que mon esprit a refusé de retenir.

«Tu as toujours le même goût», je chuchote dans son cou, ma langue se dardant dehors pour lécher son lobe d'oreille.

Elle frissonne au contact, sa respiration est irrégulière et laborieuse. Je l'éloigne et fais courir mes doigts sur son bras, jusqu'à son coté, à travers la vallée de ses seins. J'en prends un doucement en coupe, brosse mon pouce contre son mamelon, savourant la vue de ses frissons, à nouveau. Je lève les yeux vers elle, souriant.

«Ce sont toujours les mêmes, aussi.»

Elle essaie brusquement de se retirer, apparemment embarrassée.

«Paris que tu souhaitais qu'ils ne le soient pas. Toujours petits et insignifiants.»

Je secoue ma tête et la descends pour prendre un mamelon en bouche; je lèche et taquine, obtenant un gémissement délicieux qui s'abat directement dans mon aine, me rendant encore plus dur que je ne l'étais déjà.

«Toujours parfaits.»

Je voyage vers le bas, embrassant son abdomen mou, m'arrêtant pour tracer une cicatrice non familière à la gauche de son nombril.

«Ceci est nouveau ...» Je lève les yeux vers elle, et elle sourit, un fluide, indolent sourire, et elle amène sa main à mes cheveux, les tirant doucement.

«J'ai du faire enlever un grain de beauté.»

J'incline la tête, continue ensuite mon exploration plus loin vers le bas, de mes doigts et de ma bouche, désireux de me refamiliariser avec ce corps qui a une fois consommé chacune de mes pensées et chacun de mes désirs, de reenflammer les souvenirs qui vacillaient juste au bord de ma conscience. Et puis je suis dans des eaux inexplorées, explorant le nouveau territoire, prenant soudainement conscience qu'il y a tellement de choses de cette femme, que je ne connais pas, tant à propos de son corps que je n'ai jamais expérimenté.

Elle se raidit lorsqu'elle sent que mes lèvres atteignent son os pubien, ses jambes se resserrant, mais je les force à s'ouvrir avec mes mains. J'embrasse l'intérieur de ses cuisses, persistant, vénérant, regarde ensuite vers elle. Ses yeux sombres sont fixés sur moi, inquiets et fiévreux et désireux.

«Laisses-moi.» Je plaide et commande en même temps.

Elle penche sa tête en arrière dans son oreiller et de cette façon, s'arcboute légèrement, une de ses mains saisissant les draps du lit, l'autre fouillant dans mon cuir chevelu plus puissamment.

Elle frissonne et gémit lorsque je la lèche et la savoure et l'envahis. Son corps se meut parsaccades et se resserre et vibre, et je suis dur et en manque, et malgré que je veuille la boire pour toujours je la laisse me tirer vers le haut et m'attirer et me guider à l'intérieur d'elle. Sa bouche cherche la mienne et je pousse ma langue contre la sienne afin qu'elle puisse se goûter, ses yeux se ferment lorsqu'elle cède à l'érotisme de l'acte.

Elle pleurniche et monte ses jambes autour de ma taille, et je pousse, et je palpite, et je grogne lorsque je viens et elle crie, encore, et encore, et encore.

ooo

Nous dormons, nous nous réveillons, nous faisons l'amour, puis dérivons ensembles, bras et jambes et doigts et respirations entrelacés.

Toute la nuit nous échangeons des questions, des secrets, des souvenirs.

«Qu'est-ce qui te manques le plus … tu sais … d'avant?» Sa voix est hésitante et douce, lointaine, irréelle.

Je pense à ce sujet pendant un moment, puis me détourne d'elle pour faire face au plafond.

«L'eau. L'eau du robinet à un goût de merde dans ce pays.»

Elle rit, pensant que je plaisante ou évite la question. J'embrasse son estomac et souris à ça, sans qu'elle le voit. Comment expliquer que lorsque vous avez tout perdu, que c'est les petits détails qui nuisent le plus, que rouler jusqu'à la maison cause votre perte chaque jour? Comment expliquer le besoin de m'ancrer aux petits, banals détails, définissant qui je suis, d'où je viens?

«Il y avait cet endroit … cette piscine près de là où nous avons vécu. Ce n'était pas chic ou grand, juste un bassin public régulier, mais en été ils l'ouvraient et ils avaient cette glace, c'était ...délicieux, j'ai tout appris là-bas. Appris à nager … à plonger ...à me battre ...à embrasser.»

Je me manifeste en plaçant de petits baisers, doux sur sa clavicule et me perds dans l'immersion de son cou, si délicieux, si perfectionné. J'arrête, et l'attire à moi, savourant la façon dont ses cheveux chatouillent ma poitrine.

«Quelle est ta couleur préférée?» Une question pour commencer, une question que j'aurais dû poser il y a dix ans. Peut-être que je l'ai fait et que j'ai oublié. Peut-être que la réponse a changé.

«Je vais te le dire, mais ne ries pas.»

Je ris juste à l'entendre dire cela. Elle s'éloigne, feignant d'être offensée; je la retiens et la tiens serrée dans mes bras, l'embrasse rapidement sur le bout du nez.

«Dis-moi. Je ne vais pas rire, je le promets.»

«Gris. Ma couleur préférée est le monde qu'on méprise.» Elle fait une pause pendant quelques secondes, peut-être en attente que je me moque. Ça ne vient pas, et elle continue. «Pour moi … c'est la profondeur et la dissimulation. La couleur des nuages d'un ciel pluvieux, du néant qui peut éclater dans la vie avec un seul rayon de soleil.»

Je l'embrasse de nouveau, et fais courir mes doigts dans ses désormais sales cheveux noués. Sa respiration s'unifie et je pense qu'elle s'est rendormie.

Quelques minutes plus tard, sa voix me fait sursauter.

«Je t'ai aimé, Edward? A l'époque … Je t'ai aimé.»

Ma réponse sort si facilement, me stupéfiant presque.

«Je t'aime aussi.»

«J'aurais aimé savoir. J'aurais aimé te le dire.» Sa voix se brise presque avec les larmes, lorsqu'elle le dit, le regret teintant chacune de ses paroles.

Je suis silencieux pendant un long moment, lui caressant les cheveux dans un mouvement rythmé qui je l'espère, est aussi apaisant pour elle comme il l'est pour moi.

«Je te l'ai dit. Je te l'ai dit à chaque fois. Je te l'ai chanté, et le répète. Tu ne pouvais pas savoir.»

Elle lève les yeux vers moi, perplexe. Je dis les mots dans ma langue et la regarde lorsque de lareconnaissance apparaît lentement dans ses yeux. Elle enfouit son visage dans ma poitrine et je sens ses larmes couler sur ma peau, sens sa respiration irrégulière se répercuter dans mon propre corps. Je la tiens, et la balance, et lui bourdonne une longue berceuse méconnue dans son oreille.

Nous nous endormons comme ça et c'est des heures ou des minutes plus tard que sa voix me réveille en sursaut, me sortant du sommeil peu profond.

«Penses-tu que … tu crois qu'on peut s'aimer à nouveau? Penses-tu que ce soit fou d'espérer que, après toutes ces années, nous pouvons encore revenir à ce qu'on avait à l'époque?»

Je me bats pour nager vers la pleine conscience, me bats pour retrouver mes sensations, lutte pour transformer ces sentiments en mots cohérents.

«Bella … Je veux aimer à nouveau … Je veux t'aimer toi à nouveau. Je ne veux rien de plus. Je veux t'avoir et tout te donner de moi. Mais je ne peux pas te perdre à nouveau. Te perdre une fois m'a pratiquement détruit, et te perdre à nouveau … ça me tuerait.»

Elle se soulève sur ses coudes, son visage éthéré dans la lumière du petit matin. Ses mains en coupe sous son menton, pressant durement dans celui-ci. Ses yeux sont sérieux et intenses, mais son visage est doux, ses lèvres sont remontées dans un beau sourire.

«Tu ne me perdras pas, Edward. Et tu dois savoir maintenant, que si un jour tu le fais, je vais toujours te trouver.»

ooo