Curiosity Killed the Karkat
Partie 4
...
Karkat
Pourquoi j'ai l'impression que ça devient toujours de plus en plus compliqué, toute cette histoire ?
C'était pas déjà suffisamment la merde en kismesis, maintenant il me parle de moitiesprit ? Putain de bordel de merde, faudrait vraiment qu'il remette son cerveau - s'il en a un... - en place, BORDEL.
Je tourne en rond en grommelant des insultes dans la pièce à mi-voix, espérant que ça m'aidera à réfléchir. Peine perdue. Quand il est dans les parages, j'ai cette impression bizarre que mon cerveau est tout à coup paralysé, c'est vraiment super chiant.
Au bout d'un moment, je finis par me calmer suffisamment pour m'asseoir sur ma chaise de bureau, et je contemple les notes des quatre cours de ce matin.
Mouais.
Y a beaucoup moins de notes que si je les avais prises moi, et puis c'est dix mille fois plus brouillon, mais je devrais pouvoir me débrouiller... et puis bon, faudrait pas trop que je me plaigne non plus, il a été plutôt sympa - bonne poire ? - de les prendre pour moi.
Sans lui jeter un regard, je sors ma trousse, mes cahiers de cours, et les pose à côté de ses notes dans le but évident de les recopier maintenant.
Déjà, ça m'évitera de penser à sa présence, et à ce qu'on a fait hier.
Ou plutôt ce que j'ai fait hier. Et à ses... enfin sa... enfin...
RAH PUTAIN J'VIENS DE DIRE QUE J'Y PENSAIS PAS !
Et puis ensuite, ça évitera aussi que je doive retourner le voir pour lui rendre les notes, si je fais tout maintenant.
Et de toute façon, s'il ne veut pas que j'y fasse maintenant, il a qu'à gueuler !
Voilà tout.
Satisfait de mon raisonnement parfait, je m'attelle à la tâche, ignorant totalement mon invité. Je commence par le premier cours du matin, déchiffrant l'écriture un peu brouillonne de mon partenaire de binôme pour en comprendre les phrases, les synthétiser puis les recopier dans mon propre cahier. Parfois il y a comme des trous, mais j'essaye de faire avec, en réfléchissant un peu à ce qui a pu être dit dans la suite logique des choses pour pouvoir compléter mes notes.
C'est quand j'arrive à la fin du premier cours, une bonne demi-heure plus tard, et que je n'entends toujours rien du côté du lit où il s'était assis que je commence à me poser des questions.
Pourquoi il est aussi silencieux ? Il a fait une attaque ou quoi ? Ou bien il s'est barré sans que je ne l'entende... ?
Je me retourne pour vérifier mon hypothèse, et lève un sourcil.
Ni l'une, ni l'autre.
Il s'est endormi.
Comme ça, tranquille, comme une fleur. Comme si ce PUTAIN de lit lui appartenait.
Eh, oh, je sais que je l'ai embrassé hier mais faudrait peut-être qu'il se rappelle où il est là, non ?!
Grognant un peu, je me lève et me rapproche du lit, bien décidé à le foutre en bas si nécessaire pour le réveiller.
Mais sitôt que ma main se pose sur son épaule, il fait un truc... bizarre.
Ouais. Ouais, bizarre, c'est le mot ouais.
Il penche un peu la tête de manière à se mettre un peu mieux, bougeant son épaule sous ma main, marmonnant dans son sommeil.
Un instant, j'ai l'impression que je le dérange - elle est bonne celle-là... - avant de comprendre que c'est plutôt l'inverse. C'est comme s'il... comme s'il se blottissait d'une drôle de manière contre ma main.
Putain mais...
Il est inconscient, ou quoi ?
Il se rappelle pas de ce qui s'est passé hier ?!
C'est forcément l'un des deux, me dis-je, tandis qu'il marmonne d'autres trucs incompréhensibles dans son sommeil.
Je pousse un soupir.
Bon... au moins s'il dort il ne me fera pas chier.
Libérant ma main, je vais en direction de mon placard et déniche tout en haut de celui-ci une couverture supplémentaire que je garde dans les cas de grand froid en hiver - faut dire que ces putains de chambres ne sont pas super bien isolées, des fois j'aurais bien besoin d'un radiateur d'appoint. Je la déplie et, m'approchant à pas de loup de l'humain endormi sur mon lit, j'étends la couverture sur lui.
Je préfère faire gaffe.
S'il dort comme ça le bide à l'air, il est encore capable de choper un rhume.
Et vu comme il me colle, je parie trois desserts qu'il me le refilerait sans aucun problème...
Avant de me remettre à mon travail, j'observe un instant son visage et fait la moue. Cet abruti s'est endormi avec ses lunettes... ça m'est déjà arrivé sur le bureau, et je sais que c'est très mauvais - autant pour la monture que pour le visage, parce que bon, c'est pas agréable de se réveiller avec la tronche imprimée par le cadre des lunettes. Soupirant - mais quel crétin, sérieux ! - j'attrape délicatement les deux branches et les tire vers moi le plus doucement possible pour les lui enlever sans le réveiller.
Faut dire que si là il se réveille, je suis plus ou moins dans la merde. Vraiment.
Une fois assuré qu'il roupillerait sans trop de problèmes, je retourne à mon bureau, terminer les trois autres cours qu'il avait pris en note pour moi.
Il me faut bien deux heures pour arriver à un résultat satisfaisant, ayant corrigé au passage certaines notes sur les feuilles de John. Voire, même, rajouté quelques annotations.
Pas pu m'en empêcher.
Faut dire que bon sang, il est pas mal brouillon dans son travail, comment il fait pour étudier correctement ?
...
Ouais, laissez tomber, j'ai ma réponse.
Rangeant mes cahiers dans mon bureau et ses propres feuilles dans le sac qu'il avait quand il est arrivé - putain, là aussi c'est une espèce de souk immonde... tu m'étonnes que ses feuilles soient dans cet état ... - je décide de le réveiller à présent.
D'une, il a suffisamment roupillé.
De deux, il a aussi suffisamment squatté mon lit.
De trois, j'aimerais bien qu'il se barre.
Avant que...
Enfin bref.
M'approchant du lit, je m'agenouille devant son visage à moitié caché par son coude, totalement paisible. Il n'a presque pas bougé depuis que je lui ai retiré ses lunettes, à peine de quoi poser correctement sa tête sur mon matelas.
Je lâche un soupir à demi amusé.
C'est quand même plutôt marrant, de le voir dormir.
Reposant, aussi. Quand il dort, il gueule pas, il me pose pas des questions chiantes - ou débiles... ou gênantes - et au moins, il est silencieux. J'aime bien.
Posant à mon tour un coude sur mon lit, j'appuie ma tête dessus pour venir enfoncer mon doigt dans sa joue, espérant que ça le réveillera. Ça marche pas. Tant pis, je recommence.
Une fois.
Deux fois.
Trois...
...
Zzzz...
John
J'ouvre doucement les yeux, encore un peu endormis.
Oh... Je me suis endormi ? Il fait déjà super sombre, j'ai dû dormir un bout de temps... Je devais vraiment être crevé. Je suis même pas dans mon lit. Karkat m'a pas réveillé ? Bizarre, ça. Je l'aurais plutôt imaginé, je sais pas... Me foutre par terre avec un bon coup de pied ?
Bah, je vais pas m'en plaindre, mais bon...
Je réalise soudain qu'un filet de bave coulait du rebord de mes lèvres. Je m'empresse de l'essuyer en vitesse, avant que Karkat ne le remarque. Argh, ça a laissé une trace sur l'oreiller... ! Je le retourne discrètement, espérant que le troll ne m'ait pas vu. Il est où, d'ailleurs ?
...Oh.
Pourquoi est-ce que Karkat est... ?
Il ne me faut que quelques secondes pour me réveiller totalement et comprendre la situation. Le jeune troll est assis par terre, à moitié allongé sur le lit, sa tête posée de côté sur ses bras croisés. Ouah... Ça fait bizarre de le voir dormir. C'est... Calme. Très calme.
Je me redresse très lentement pour être en position assise, faisant de mon mieux pour ne pas réveiller Karkat, poussant un peu la couverture de côté. ...Couverture ? J'avais une couverture, sur moi ? Maintenant que j'y pense, j'ai pas non plus mes lunettes... Pourtant je me rappelle pas les avoir posées.
Me dites pas qu'il les a enlevées pour moi ?
...
Une fois mes lunettes en place, je souris malgré moi. Au fond, il est pas aussi méchant qu'il s'en donne l'air. Je retiens un petit rire en imaginant la tête qu'il ferait si je lui disais ça. Il se mettrait probablement à hurler.
J'écarte délicatement une mèche de cheveux qui lui cachait le visage, et attarde un peu ma main sur sa tête, caressant les mèches noires. J'effleure rapidement une de ses cornes. Je vois pas pourquoi il veut pas qu'on y touche. Ça l'a vraiment énervé la dernière fois... Peut-être à cause de leur taille ? Il complexe là-dessus, ou quoi ?
Je ne m'y attarde pas trop, on sait jamais.
Hm...
J'aimerais bien voir un peu mieux son visage quand il dort. Il fait trop sombre, je vois pas bien... Je rapproche un peu mon visage du sien, plissant les yeux derrière mes lunettes, et m'appuie pour ne pas quand même tomber.
Sauf qu'au lieu de m'appuyer au lit, je m'appuie à son épaule. Le réveillant sur le coup.
Ses yeux grands ouverts, il me fixe pendant environ trois secondes.
Avant de se redresser d'un coup.
BAAAAAAAAANG !
« A- AÏE ! »
Je plaque mes deux mains sur mon front douloureux, imité par mon ami troll.
« BORDEL QU'EST-CE QUE TU... »
Il n'a pas le temps de terminer sa phrase. Déséquilibré d'avoir retiré mes deux mains du lit d'un seul coup, je tombe en avant, atterrissant directement sur Karkat, qui s'écrase lourdement au sol, avec moi par-dessus.
« Ouch... Ça va, Karkat... ? »
Je me redresse légèrement et rouvre un œil. Karkat me fixe, sourcils froncés. On reste silencieux quelques secondes. Mes yeux commencent à s'habituer à l'obscurité, et je peux alors contempler pleinement le visage du troll. Il est furieux, y'a pas à dire. Mais... Y'a aussi une drôle de lueur dans son regard. Je sais pas trop ce que c'est, mais ça ne me dit rien qui vaille.
« Tu me cherches, là ? »
Il me faut dix bonnes secondes pour comprendre à quoi il fait allusion. Allô, John ? T'es à peine un peu allongé sur lui, là ! Oups, faudrait pas qu'il se fasse des idées, surtout après ce qui s'est passé hier. Bon, je vais me dépêcher de dissiper ce malentendu.
« Euuuuuuh... »
…
BRAVO, JOHN.
T'as super bien dissipé le malentendu, là !
J'ai presque envie de me mettre une baffe, sérieux. Pour ça, et aussi pour avoir le regard complètement scotché aux lèvres de Karkat. J'y peux rien, je repense à hier !
Le jeune troll s'apprête à dire quelque chose, mais soudain la lumière s'allume.
« Hé, Karkat, t'aurais pas... »
Nous nous retournons aussitôt vers le visage de Sollux, qui vient d'entrer dans la pièce.
…
Silence total.
Sollux referme la porte derrière lui en sortant, sans un mot.
Je regarde Karkat, qui est encore plus blanc que d'habitude. Il ouvre la bouche, une main tendue vers la porte.
« Re... »
Puis soudain, il m'envoie m'écraser sur le côté et se relève d'un bond.
« REVIENS ESPÈCE D'ENCULÉ C'EST PAS CE QUE TU CROIIIIIIS ! »
Il se précipite vers la porte qu'il ouvre en grand, prêt à s'élancer dans le couloir. Encore un peu sonné, je me relève à sa suite.
« Karkat, bon sang ! Tu m'as fait mal !
- TA GUEULE PUTAIN C'EST PAS LE MOMENT ! »
Il part en courant dans le couloir. Je pousse un long soupir en massant mon épaule douloureuse. Bon... J'imagine qu'il me reste plus qu'à retourner dans ma chambre. J'attrape mon sac et quitte la pièce, refermant simplement la porte derrière moi. Je me demande quand même ce qui se serait passé si Sollux n'était pas entré.
…
…
Hmm...
Je... Je ferais mieux de retourner dans ma chambre. Je vais commencer à penser à des trucs bizarres, sinon.
...
De retour dans ma chambre, j'envoie mon sac se perdre sous mon bureau – il ne reverra pas la lumière du jour avant lundi matin, celui-là. J'allume ensuite mon ordinateur. Presque aussitôt, quelqu'un commence à me troller.
...
- terminallyCapricious [TC] began trolling ectoBiologist [EB] at 20:40 -
TC: HeY bRo. :o)
EB: salut gamzee !
EB: ça va ?
TC: Ça Va CoMmE uN pUtAiN dE mIrAcLe BrO.
TC: MaIs DiS mOi
TC: Tu SaIs PoUrQuOi MoN fIlS dE pUtE dE mOiRaIl HuRlE pArToUt DePuIs DeS hEuReS ?
TC: C'eSt PrEsQuE aUsSi FlIpPaNt Qu'UnE bOuTeIlLe De FaYgO vIdE.
EB: oh, karkat ?
TC: OuI
TC: HoNk
EB: hmm... c'est une longue histoire.
TC: OhH
TC: J'aImE bIeN lEs HiStOiReS :o)
EB: euh...
TC: BoH
TC: C'EsT pAs GrAvE sI tU vEuX pAs RaCoNtEr BrO hEiN.
TC: Ça Me DéRaNgE pAs.
TC: HoNk
EB: désolé, c'est un peu gênant...
TC: PoUrQuOi GêNaNt ? :o)
EB: ...
EB: dis...
TC: OuAiS bRo ?
EB: si jamais, disons... un troll embrassait un humain
EB: t'en penserais quoi ?
TC: Oh
TC: Tu PaRlEs De KaRkAt Et ToI ? :o)
EB: quoi ? qui t'a dit ça ?
TC: BaH
TC: KaRkAt
TC: QuI d'AuTrE, bRo ?
EB: oui, j'aurais dû m'en douter... :(
TC: HoNk :o)
EB: hmm, donc
EB: tu en penses quoi, toi ?
TC: BaH c'EsT uN pUtAiN dE mIrAcLe BrO.
TC: CoMmE uNe CaScAdE dE sLiMe Et De FaYgO :o)
EB: oh ! merci au fait pour le gâteau ! c'était vraiment super ! :D
TC: PaS dE qUoI bRo.
TC: C'éTaIt SuPeR cOoL à FaIrE aVeC dAvE :o)
TC: LuI aUsSi C'eSt Un EnCuLé De TyPe MiRaCuLeUsEmEnT cOoL.
TC: HoNk.
EB: vous avez l'air de bien vous entendre !
TC: BaH, cOmMe ToI eT kArKaT nOn ? :o)
EB: je sais pas... des fois j'ai l'impression qu'on est amis, et puis la minute d'après il essaie de me tuer.
EB: je comprends jamais rien avec lui !
TC: HoNk
TC: HoNk
TC: HoNk
TC: C'eSt NoRmAl BrO
TC: MoN eNcUlÉ dE mEiLlEuR aMi A sOn PuTaIn De CaRaCtèRe
TC: :o)
TC: MaIs
TC: DePuIs QuE vOuS vOuS pArLeZ iL a L'aIr DiFféReNt :o)
EB: différent ? comment ça ?
TC: ChAiS pAs.
TC: DiFfÉrEnT.
TC: MiEuX dAnS sA pEaU. :o)
TC: HoNk
EB: hmmm...
EB: honnêtement je sais pas trop quoi penser...
TC: PeNsE rIeN, bRo.
TC: C'EsT pLuS sImPlE cOmMe Ça :o)
EB: oui, j'imagine que t'as raison
EB: je dois pas me prendre la tête.
EB: merci ! :D
TC: De RiEn BrO :o)
EB: au fait, j'ai vu que tu étais tout seul dans ta chambre
EB: tu te sens pas trop seul ?
EB: comment ça se fait que certains trolls soient dans des chambres simples, d'abord ?
TC: Oh.
TC: C'eSt PoUr LeS cAs Un PeU sPéCiAuX
TC: QuAnD y'A eU dEs PrObLèMeS
TC: HoNk
EB: c'est ce qui s'est passé pour toi ? :(
TC: Oh...
TC: Je PréFèRe PaS eN pArLeR, bRo :o(
TC: C'eSt PaS dU tOuT mIrAcUlEuX cOmMe HiStOiRe
EB: oh, d'accord... pas de problème !
EB: si tu veux en parler un jour, hésite pas !
TC: T'iNqUiÈtE
TC: MeRcI bRo :o)
TC: T'eS uN pUtAiN dE mEc MiRaCuLeUx.
EB: de rien ! et, euh... merci, j'imagine ?
TC: HoNk ! :o)
- ectoBiologist [EB] ceased pestering terminallyCapricious [TC] at 21:00 -
...
Avoir parlé un peu avec Gamzee m'a remonté le moral.
Finalement, c'était bête d'être resté si longtemps sans parler aux trolls ! Ils sont plutôt sympas quand on sait les connaître ! Et... qu'ils n'essayent pas de nous manger, aussi.
Je me demande si je pourrais faire quelque chose pour qu'on se rapproche un peu. C'est pas marrant comment on est dans notre classe actuellement, à ne pas parler à ceux de l'autre espèce. Je suis sûr que si on pouvait tous se retrouver pour discuter, on apprendrait à nous connaître et on deviendrait amis. Comme dans ce film, où...
...Mais, oui, c'est ça ! Un film !
Je me dépêche d'aller concerter mon meilleur ami, afin de lui faire part de ma brillante idée.
...
-– ectoBiologist [EB] began pestering turntechGodhead [TG] at 21:05 -
EB: salut !
TG: sup
TG: ca va bro
TG: quoi de neuf
EB: héhé, tu viens de dire deux fois la même chose ! :D
TG: cest pour la coolitude de la chose bro
TG: tavais pas compris
EB: héhéhé
EB: autrement, j'ai un truc à te demander.
TG: jtecoute
EB: tu penses qu'on pourrait organiser une sortie ciné demain avec les trolls de la classe ?
EB: ce serait cool pour mieux se connaître !
TG: ouais pourquoi pas
TG: ca pourrait etre cool ouais
TG: tu voudrais inviter qui
EB: hmm... karkat, gamzee...
EB: terezi peut-être ?
EB: je connais pas trop les autres.
TG: mmmh
TG: ya sollux aussi
TG: kanaya
TG: au pire on peut les inviter et leur dire dinviter ensuite leurs potes
TG: plus simple non
EB: pas bête !
TG: bien sur
TG: tout ce qui vient de dave nest pas bete bro
TG: tu crois quoi
EB: pardon, j'oubliais à qui je parlais. :D
TG: oubliais ironiquement jespere
EB: bien sûr !
EB: héhéhé
EB: bon, je vais déjà inviter qui je peux !
EB: ça va être super !
TG: ok
TG: besoin daide ou ca va aller
EB: tu peux voir pour inviter sollux ? J'ai, euh... un peu de mal à lui parler là.
EB: j'ai mes raisons.
TG: ok bro
EB: merci ! on se retrouve demain alors !
TG: yep
TG: bye
EB: bye !
- turntechGodhead [TG] ceased pestering ectoBiologist [EB] at 21:15 -
...
Génial !
Le weekend s'annonce vraiment sympa, là !
Je m'empresse de contacter Jade, Rose, et Gamzee pour les inviter.
Le seul problème... Ça va être pour inviter Karkat.
...
Finalement, après une bonne nuit de sommeil pas du tout perturbée par ma sieste d'avant, le samedi arrive. Je passe toute la matinée à frétiller d'impatience. En plus, apparemment il y aura du monde ! J'avais eu un peu peur quand j'ai invité Terezi, avec son handicap et tout, sur le coup j'avais pas vraiment réfléchi, mais elle s'est pas du tout vexée, elle avait même l'air plutôt enthousiaste. Et du coup, elle a invité des amis à elle ! Je sais pas trop combien on sera en tout encore, mais ça s'annonce génial.
Reste le problème Karkat. Mais ça, je m'en occuperai au dernier moment. Pas question de lui laisser le temps de s'échapper !
D'ailleurs, il va bientôt être l'heure. Il est temps de passer à l'attaque !
C'est avec Terezi et Jade que je me poste devant la porte de mon ami troll. Ma sœur se couvre la bouche de la main, incapable de se retenir de rire. Terezi, elle, aborde un sourire quelque peu diabolique.
Je fais le décompte des secondes avec mes doigts, puis Jade ouvre la porte brusquement.
Je rentre sans attendre dans la chambre, la jeune troll aux lunettes sur mes talons.
« Karkat ! Je m'écrie sous sons regard étonné. On va au cinéma, tu viens !
- Au fait, précise Terezi, C'3ST P4S UN3 QU3ST1ON ! »
Il n'a pas le temps d'ouvrir la bouche que je l'attrape par un bras, Terezi par l'autre, et à nous deux on l'entraîne hors de sa chambre, insensibles aux hurlements, menaces et insultes en tout genre.
...
Finalement, après une bonne demi-heure de protestations, Karkat a fini par se calmer et nous suit tranquillement, les mains dans ses poches et en grommelant dans son coin. Devant le cinéma, nous retrouvons Dave et Rose, accompagnés par plusieurs visages familiers. Je salue tout de suite Gamzee de la main, qui me répond du même geste après quelques secondes de flottement. À côté de lui, une jeune troll coiffée d'un bonnet en forme de tête de chat – Nepeta de son prénom – fait de grands gestes en direction de Terezi. Juste à côté d'elle, un autre troll de la classe, Equius, se tient immobile, un peu mal à l'aise j'ai l'impression.
De l'autre côté, Kanaya est en pleine discussion avec Rose, mais s'interrompt en nous voyant arriver et nous observe en silence, bras croisés. Devant elles, je retrouve Sollux, accompagné par une jeune fille troll également dans notre classe, Aradia, qui le tient par le bras.
« Ouah, on est super nombreux ! Je m'exclame.
- C'est quoi ce plan ? Grogne Karkat. Pourquoi y'a tout le monde ?
- On t'aurait bien expliqué si t'avais voulu écouteeeeer ! Réponds Jade.
- J'aurais peut-être écouté plus si vous m'aviez pas kidnappé ?!
- Oh, arrête, je réponds. Ose dire que tu aurais accepté de venir si on t'avait juste demandé.
- Mais putain mais est-ce qu'un seul de vous s'intéresse seulement à mon avis, bande d'enfoirés ?!
- Caaalme, bro ! Fais Gamzee. On pouvait pas te laisser rater ce putain de miracle.
- Oui, Karkaaaaat ! Poursuis Terezi. Ça va être marraaant !
- En quoi c'est marrant de voir un film quand on peut pas voir, espèce d'enfoirée d'aveugle dégénérée ?!
- Allez, allez, arrêtez de vous disputer et dépêchons-nous de prendre nos places ! »
Karkat pousse un nouveau grognement, mais ne bataille pas plus.
La séance se déroule plutôt bien. Le film n'était pas si intéressant que ça (voilà ce qui arrive quand on laisse Jade choisir... Je les avais pourtant prévenus !), mais du coup, la salle était assez vide en dehors de nous, et on a pu discuter sans trop s'occuper de gêner les autres.
C'est vers la moitié de la séance que tout a commencé à dégénérer.
Un chien s'est mis à aboyer dans le film, et Nepeta a aussitôt sorti les griffes, se relevant sur son fauteuil en crachant comme un chat. En la voyant, Jade s'est mise à applaudir en riant, ce qui a apparemment mis Equius assez mal à l'aise, car il s'est mis à transpirer comme un malade, après quoi il a sorti une grande pile de serviettes d'un sac pour s'essuyer le visage.
Sollux et Aradia sont restés collés l'un à l'autre pendant tout le film, et leurs flirts incessants ont fini par mettre Karkat en rogne, le faisant se lever et se mettre à hurler comme pas possible que bordel-on-a-autre-chose-à-foutre-que-de-vous-voir- vous-bécoter. Sollux lui a répondu que peut-être qu'il serait de meilleure humeur s'il en faisait de même avec un certain humain, et Karkat s'est alors jeté sur lui avec fureur. Kanaya et Rose les ont observés se battre sans réagir, faisant juste quelques commentaires par moments.
Après ça, Terezi a sauté de son fauteuil et est allée se coller à l'écran qu'elle a inondé de bave en le léchant sans retenue, sous les plaintes et les protestations d'à peu près tout le monde, mis à par Dave qui devait probablement trouver ça ironiquement cool de baver sur un si mauvais film. Et Gamzee, lui... Ben, il est resté comme d'habitude.
Bref, la journée a été assez animée, mais au moins on peut pas dire qu'on s'est pas bien amusés ! Une fois tous sortis, on commence à se séparer. Je n'oublie pas de prendre le chumhandle de chacun avant de leur dire au revoir.
J'aperçois Karkat commencer à partir discrètement, mais décide de ne pas le laisser s'échapper comme ça. Je le rattrape en vitesse.
« Quoi ? Tu veux QUOI, bordel ?
- C'était plutôt marrant aujourd'hui, tu trouves pas ?
- Je me suis fait chier, et après je me suis fait casser la gueule par Sollux. Je vois pas en quoi c'était marrant. »
Il essaie de me semer, mais j'accélère le pas.
« Tu fais quoi ? Tu retournes au bahut ?
- Pas tes affaires.
- C'est pas marrant de rester enfermer ta chambre toute la journée !
- Ta gueule. J'ai pas envie de me rétamer aux examens comme toi.
- Oh... Tu veux que je vienne, alors ? Pour qu'on travaille sur l'exposé ? »
Il me jette un regard plein de haine, mais semble hésitant. Je lui fais mon plus joli sourire innocent. Il pousse un grognement suivi par un long soupir.
« OK, mais alors on va à la bibliothèque. Comme ça cette fois tu squatteras pas mon putain de lit.
- Oh, héhé, désolé pour ça. Mais t'aurais pu me réveiller si ça t'avait dérangé.
- ...Ta gueule. »
Il détourne le regard, et je ne peux pas m'empêcher de rire.
C'est qu'il serait presque mignon à être gêné pour un rien, comme ça !
...
Karkat
C'est quand même dingue tout ce gamin aura réussi à me faire faire.
Outre le fait que j'ai failli le violer encore une fois - mais bon sang, on n'a pas idée de faire ce genre de chose, non, il peut pas un peu faire gaffe où il fout ses mains et ne pas s'étaler sur moi toutes les trois putains de minute, non ? - j'ai quand même passé ma soirée à courir après Sollux pour le convaincre que tout ce qu'il avait vu n'était qu'un putain de bordel de merde de malentendu !
Même si ce dernier au bout d'un moment m'a dit qu'il ne s'imaginait rien... mais bizarrement je ne parvenais pas à le croire.
Après ça j'ai été me coucher, pensant prendre un peu de repos bien mérité.
TU PARLES !
Il avait laissé son odeur partout sur mon lit !
Vous avez déjà essayé de vous endormir avec le nez en plein dans l'odeur de celui à qui vous aimeriez bien faire des choses, vous ?
Bah je peux vous assurer que c'est pas facile.
Enfin, j'ai quand même fini par réussir à m'endormir, malgré tout.
Faut dire que la petite sieste juste avant a quand même un peu aidé, tout comme la course poursuite.
J'pensais ensuite pouvoir passer mon samedi tranquille, à travailler les cours et préparer mes fiches de révisions pour les deux épreuves qui nous attendent dans deux semaines, mais visiblement il avait pas fini de me pourrir la vie lui.
C'est ainsi que je me fais joyeusement kidnapper par cette bande de bâtards, qui m'entraîne inexorablement en direction du cinéma, tout cela évidemment contre ma volonté.
J'aimerais bien dire que je vais les tuer, mais vu tout ce monde ça pourrait poser des problèmes, et puis je n'ai pas envie de repeindre le cinéma avec leur sang, c'est pas trop mon truc ça.
Et puis ça pourrait énerver...
Ouais non.
Quand enfin cette torture de film - bon sang, mais qui l'a choisi, que je le démonte ?! - est finie, je me décide à m'éclipser discrètement pour retourner bosser, en en profitant pour faire un petit crochet en direction du magasin du coin pour aller refaire mes stocks en cas de révisions particulièrement intenses. C'est que ces 2-3 derniers jours passés à me planquer dans ma chambre n'ont pas aidé à ne pas trop les piller… et je préfère de loin être sûr d'avoir quelque chose au cas où, pour ne pas avoir à aller aux cuisines pour ça.
Pas sûr que les cuisinières accepteraient de m'en filer.
Pourtant, à peine ai-je fait quelques mètres que je sens près de moi une présence insistante, une présence avec deux grands yeux bleus et un putain de sourire de débile.
Je tourne un regard méchant à son encontre.
Qui n'a aucun effet. Comme d'habitude.
« Quoi ? Tu veux QUOI, bordel ?
- C'était plutôt marrant aujourd'hui, tu trouves pas ?
- Je me suis fait chier, et après je me suis fait casser la gueule par Sollux. Je vois pas en quoi c'était marrant. »
J'essaye de le semer en accélérant le pas, mais il ne se laisse pas faire le bougre ! Je savais pas qu'on pouvait avancer si vite avec d'aussi petites jambes, putain.
« Tu fais quoi ? Tu retournes au bahut ?
- Pas tes affaires.
- C'est pas marrant de rester enfermé dans ta chambre toute la journée !
- Ta gueule. J'ai pas envie de me rétamer aux examens comme toi.
- Oh... Tu veux que je vienne, alors ? Pour qu'on travaille sur l'exposé ? »
Je lui jette un regard haineux. Mais il a vraiment, vraiment décidé de me pourrir la journée putain, c'est pas possible ! Je pousse un grognement mêlé d'un soupir, comprenant à son petit sourire innocent que c'est peine perdue que d'essayer de l'empêcher de me suivre.
« OK, mais alors on va à la bibliothèque. Comme ça cette fois tu squatteras pas mon putain de lit.
- Oh, héhé, désolé pour ça. Mais t'aurais pu me réveiller si ça t'avait dérangé.
- ...Ta gueule. »
Et je reprends mon pas rapide.
À défaut de le semer, ça le fera au moins s'essouffler un peu et peut-être qu'il parlera moins.
Oui, je sais, c'est beau d'espérer.
Lorsque je tourne dans une ruelle pour prendre la direction de la supérette pas loin du bahut, je l'entends faire un bruit étonné.
« Eh mais… tu vas où ? C'est pas par là le lycée !
- Je sais, crétin.
- Bah… alors…
- J'ai un truc à faire. Si ça te plait pas, dégage. »
Il fait une sorte de petit rire qui me convainc qu'il ne me lâchera décidément pas les semelles, et se contente de me suivre. Une fois dans le magasin, je l'entends faire d'autres petits bruits étonnés – que j'ignore, évidemment.
Le temps de passer dans certains rayons pour récupérer des biscuits aux céréales complètes ou bien des barres du même genre, agrémentées de morceaux de fruits.
J'adore ces dernières, parce qu'en plus d'être bien sucrées – quoi, vous avez un problème ? – elles sont particulièrement bourratives en énergie, ça regonfle le cerveau à bloc pendant des révisions.
Tandis qu'on passe à la caisse, John profite de notre arrêt pour réattaquer.
« Pourquoi t'achètes tout ça au juste ?
- En quoi ça te regarde ?
- Roh allez, tu vas pas répondre comme ça à tout non, tu sais bien de toute façon que je te lâcherai pas tant que tu m'auras pas répondu ! »
Je pousse un soupir.
« Pour les révisions. C'est pratique d'avoir ça en cas de faim, en plus comme c'est sucré ça aide à se concentrer. »
Je foudroie au passage la caissière du regard quand elle nous fait un petit sourire qui, sans aucun doute, signifie « qu'est-ce que vous êtes mignon, comme couple ! ». Elle se ratatine sur son siège et me donne ma monnaie sans dire plus un mot.
Putain mais pourquoi tout le monde est tout le temps persuadé qu'on est ensemble ? C'est pas bientôt fini cette putain de manie, oui ?
Sitôt les en-cas dans un sac en plastique, je repars cette fois-ci bel et bien en direction du bahut, John toujours sur mes talons. Nous ne mettons que cinq minutes à rejoindre nos bâtiments. Arrivé là, je pars en direction de ma chambre pour poser mes achats et récupérer mes affaires pour réviser.
Voyant qu'il me suit, je me retourne, m'arrête – l'occasion pour lui de se cogner contre moi – et lui lance un regard suspect.
« Tu fous quoi là ?
- Bah…
- Tu comptes bosser sans tes affaires ? J'ai pas envie d'un putain de boulet sur les bras pendant que je révise, alors soit t'as tes affaires, soit tu viens pas. »
Il me fixe un instant, un peu surpris.
Finalement il fait demi-tour pour partir en direction de l'aile des humains, grommelant quelque chose qui ne m'intéresse pas.
Je me dépêche de récupérer mes différents cahiers concernant les épreuves à venir ainsi que les notes que j'ai déjà faites sur notre exposé d'histoire, fourre le tout dans mon sac et pars le plus vite possible à la bibliothèque.
Bon sang, raté. Cet abruti a été un peu plus rapide que moi et m'attend, tout sourire, devant cette dernière, son sac rempli de feuilles fourrées n'importe comment sur l'épaule.
Je pousse un soupir à peine déguisé, et prends la tête, me dirigeant dans la bibliothèque jusqu'à la petite table où je me mets habituellement pour avoir la paix.
Peut-être que si nous ne sommes pas sous les yeux de ce dragon de bibliothécaire, elle n'essayera pas de nous foutre dehors.
Et puis là, pas de chance qu'on nous voie et que je me fasse encore plus ruiner ma pauvre réputation.
John s'extasie un moment devant l'endroit, bien caché, discret et paisible, avant que je lui tape sur la tête.
« Silence, je lui dis. Je te rappelle que c'est une bibliothèque et qu'ici, le silence ou au moins le chuchotement est de mise, bordel.
- D'accord, d'accord… pas la peine d'être si agressif. »
Grumpf.
Je fais à peu près ce bruit-là tandis que je m'assois à l'une des chaises et sors mes notes sur l'exposé d'Histoire.
Comme je m'en doute, lui n'a pas fait grand-chose.
On reste un instant à se regarder, avant que je ne soupire.
« Le plus intéressant vu qu'on est un foutu binôme humain-troll, ça serait d'observer les deux côtés de la guerre du point de vue de nos deux espèces.
- Oui, c'est… c'est pas bête !
- C'était pas une question. »
Je roule des yeux tandis qu'il fait une moue un peu vexée.
Si seulement il pouvait se vexer assez pour se barrer…
Je sais que la bibliothèque est plus ou moins séparée en deux parties, une concernant les livres de provenance trolle, l'autre les livres humains. Je lui indique donc le rayon qui nous intéresse du côté humain en lui ordonnant de prendre tout ce qui pourrait nous être utile concernant la période qui nous concerne, tandis que je vais chercher du côté des livres de mon espèce, déjà plus durs à déchiffrer, car encore en alternian – les traducteurs trolls ne sont pas légions.
Nous revenons à nos places avec une bonne dizaine de livres chacun, que nous étalons devant nous pour commencer à piocher dedans.
Je le sens m'observer un moment tandis que je commence à lire le livre, prenant des notes rapides à côté que je synthétiserai plus tard sous forme de résumé de lecture, avant de se mettre à son tour à travailler.
C'est moi ou il est en train de m'imiter là ? Non non, je crois bien qu'il tente de faire la même chose que moi…
…
Bah il est pas si con que ça, s'il a compris que sa méthode brouillonne n'était peut-être pas la meilleure façon de travailler.
…
Par contre…
« Pas la peine de recopier mot pour mot, je lui lance en tapotant la page qu'il est en train de -littéralement – recopier. Résume juste, avec toute la matière qu'on a, ça sera bien suffisant.
- D'a- d'accord, me lance-t-il, visiblement étonné que je lui donne des conseils. »
Bah quoi ?
On est binôme de groupe, son travail est aussi le mien, je vais pas le laisser tout saboter.
Le temps passe, lentement, tandis que nous avançons au gré des différents livres que nous étudions et résumons. Il ne va pas très vite, mais ça compense le fait que je galère parfois un peu à traduire dans ma tête certaines phrases des livres écrits en alternian.
Comme nous sommes dans un lycée mixte, nous parlons et apprenons les deux langues – humaine et trolle – mais je dois quand même avouer que la grammaire de celle de mon peuple est bien, bien plus ardue que la leur.
Ce qui explique d'ailleurs pourquoi en général nous parlons toujours la langue des humains, de préférence.
Il nous faudra plus de trois heures pour parvenir à bout des différents livres, que nous ramenons ensuite sagement à leur place dans la bibliothèque, sous l'œil aiguisé de cette vieille chouette de bibliothécaire.
Revenus à nos places, je range les affaires d'histoire pour sortir celles de maths et d'alternian, les deux cours pour lesquels nous avons une épreuve dans deux semaines.
Je vois John me faire des yeux ronds tandis que j'étale mes feuilles sur la table.
Je hausse un sourcil.
« Quoi, putain ?
- Mais… pourquoi t'as pris ça avec ?
- Pour les épreuves, crétin.
- Les… épreuves ?
- Celles que l'on a le lundi 6 et le jeudi 9. »
À son tour de paraître interloqué.
« Mais… c'est dans deux semaines ! Tu commences déjà à réviser ?
- Bien sûr. Tu retiens mieux, si tu apprends la matière petit à petit, longtemps à l'avance. »
Je vois à la drôle de grimace qu'il me fait que pour sa part, il doit certainement réviser la veille au soir, avec une quantité de matière non négligeable à retenir, qu'il oublie certainement dix minutes après la fin de l'épreuve – quand il n'en oublie pas la moitié pendant cette dernière.
Je soupire.
« J'ose pas imaginer la tronche de tes notes. Je sais bien que t'es un humain, mais tu pourrais te servir de ton putain de cerveau, des fois, non ? »
Il me tire une nouvelle tête vexée.
« T'es vraiment pas sympa, tu pourrais pas arrêter de m'insulter tout le temps ?
- Je vois pas pourquoi je ferai ça.
- Pour être sympa, peut-être ?
- Même question. »
Il soupire à son tour, puis se penche sur les notes qui sont le plus près de sa jolie tête et siffle. Je lui jette un regard noir, destiné à lui rappeler qu'on est quand même dans un lieu où le silence est hautement privilégié.
Il m'ignore. Comme d'hab.
C'est exaspérant, à la longue.
« Tes notes sont super bien prises !
- C'est pour ça que je les prends, je réponds, sarcastique. »
Il roule des yeux avant de me fixer dans le fond des miens.
« Dis, tu voudrais pas m'aider à réviser, un peu ? Je révise toujours la veille mais avec les notes que je prends, souvent je comprends rien et du coup je me plante aux tests… »
Tiens, qu'est-ce que je disais.
Je hausse un sourcil lourd de sens, avant de lui lâcher la question fatidique :
« Et pourquoi je ferais ça ? »
Il paraît réfléchir un moment.
« Bah, ça nous ferait passer du temps ensemble, on pourrait être amis ?
- D'accord, ça te convainc pas. Pourtant je t'assure que ça serait cool. »
En interceptant mon regard plus que sceptique, il se tapote les lèvres du doigt à la recherche d'une autre idée.
« Euh… on m'a dit qu'on révisait toujours mieux à deux !
- Et pourquoi forcément avec toi ? Sachant qu'en plus tu serais certainement un boulet ?
- Hey ! »
Un autre soupir, un autre temps d'attente, et soudain ses yeux s'illuminent comme deux étoiles – ouah – preuve qu'une idée à percé dans son cerveau de dégénéré.
« Parce que moi, je te filerai mon dessert ! »
Oh...
Hmmm.
Ça demande réflexion, là.
Deux desserts au lieu d'un, et en plus je pourrais avoir l'entrée que je sacrifie toujours pour avoir les deux desserts ?
Intéressant.
Très, très intéressant.
Je pense que ça vaut bien la peine de supporter cette tête de cornichon un peu de temps en temps, et mon estomac est bien d'accord avec ma tête. Et puis il n'a pas tort, en général je suis tout seul à réviser, et j'aimerais bien avoir quelqu'un à côté de moi pour m'aider à vérifier ce que je raconte dans mes résumés de notes.
Il faudra juste espérer que ce crétin sache se tenir, parce que sinon ça risque encore de finir comme les deux autres soirs… même si ce n'est pas ça qui pourrait me déplaire.
Je pousse finalement un soupir – factice – de résignation.
« Très bien. Contre un dessert. Midi et soir.
- C'est dur.
- Tu peux aussi ne pas réviser avec moi…
- Hmmm… non. C'est dur, mais ça en vaut la chandelle ! Alors OK, tope-la ! »
Je lance un regard hautain à sa main tendue et reprends mon stylo.
« Si tu veux réviser avec moi, faut que tu ailles chercher tes notes. Et grouille-toi, je vais pas t'attendre des lustres.
- Ah, OK. Euh, je reviens alors ! »
Et il déguerpit…
Exactement 6 minutes et 35 secondes. Rapide.
Lorsqu'il revient, il est rouge et un peu essoufflé, preuve qu'il a dû courir tout le long du chemin. Il porte dans ses bras une petite tonne de feuilles.
Okaaaay… il va falloir qu'il revoie sa méthode.
Je tends la main pour qu'il me les donne, ce qu'il fait un peu maladroitement.
Un regard circonspect aux brouillons, petits dessins, taches d'encres, blanco et autres horreurs plus tard, je lui jette un regard sceptique.
« Bah t'as du boulot…
- Pourquoi ? »
Je lui tends les feuilles.
« T'as vu ce que tu prends comme notes ? Tu vas jamais y arriver. Faut que tu… »
Et je me lance dans de longues explications sur les différentes méthodes qu'il pourrait adopter pour améliorer sa prise de notes et les choses de ce genre. Voyant au bout d'un moment qu'il me fixe, la bouche un peu ouverte, comme un chat fixerait celui qui le nourrit, je hausse un sourcil.
« Tu comptes retenir tout ce que je te dis comme ça ?
- H-hein ? fait-il, comme s'il se réveillait d'un rêve. Non, mais sérieux…
- Prend des notes, crétin. Ça te servira. »
Il m'obéit et attrape un stylo et un bloc de feuilles.
Le mien, au demeurant. Mais tant pis, au moins il note.
Je reprends, tandis qu'il essaye de s'appliquer à noter tout ce que je lui dis – chose peu aisée vu que je ne prends pas vraiment la peine de ralentir le flot de paroles.
Finalement, on passe plus de temps sur sa façon de travailler que sur les épreuves réellement, mais je me dis que c'est un investissement nécessaire. S'il faut que je travaille avec lui jusqu'à la fin de l'année – parce que je ne doute pas qu'il ne me lâchera pas avant ça – il vaut mieux qu'il ait une façon de travailler un peu plus correcte, qu'on ne perde pas de temps.
Vers la fin de la journée – il doit pas être loin de 17h30 – on remballe nos affaires pour repartir en direction des dortoirs.
On traverse la petite cour qui relie les bâtiments au pas de course histoire de rentrer dans nos chambres assez vite – il est pas loin de l'heure du dîner, quand même.
Visiblement, le fait d'aller vite n'était pas une bonne idée.
Pas une bonne idée du tout.
Parce que ce crétin, en voulant courir un peu pour se remettre à ma hauteur – il doit faire ça tous les dix pas environ, c'est con qu'il ait des petites jambes et moi des grandes – réussit à s'emmêler les pieds et à trébucher, visiblement prêt à se jeter tout droit dans un des grands buissons pleins d'épines qu'ils ont planté tout le long du chemin.
Je n'ai pas le temps de réfléchir que mon corps a déjà réagi.
D'un bras je l'attrape, essayant de le retenir mais ne faisant que rajouter mon poids au sien, on s'écrase tous les deux à terre… en plein dans le buisson.
CHIER !
ÇA FAIT MAL, PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !
C'est en jurant comme un putain de bordel de sa race à la con de charretier que je m'extrais de cette espèce de grotte pleine d'épines, frottant l'arrière de ma tête qui a violemment frappé le sol.
Je frotte un peu une main sur mon bras quand j'entends un cri.
« AAHHHH ! »
Putain mais, pourquoi il gueule comme ça, cet abruti ? Il va pas bien dans sa tête ou quoi ?
Je n'ai pas le temps de réagir – décidément, ça devient une habitude – qu'il m'attrape par le poignet – aïe ! Pourquoi ça fait mal ? Il a pas une poigne si énorme, pourtant… - et se met à courir, me tirant à sa suite sans que je comprenne vraiment ce qui lui prend.
Il ne s'arrête que plusieurs centaines de mètres – et quatre couloirs – plus loin, dans le bâtiment des dortoirs, devant une porte – l'infirmerie.
Une fois entré, il me pousse vers un des lits – eh eh eh, quoi ?! Il fout quoi là ?! – et attrape un de mes poignets – celui qu'il m'a tenu tout du long, les yeux effarés.
« Tu… tu saignes ! »
…
Oh putain, merde, oui.
Je veux cacher la plaie – une écorchure plus ou moins banale, pleine de terre et de sang – rouge – mais il ne me laisse pas faire.
Putain, mais pourquoi il me lâche pas, bordel ?!
« Oh, tu vas me lâcher oui, PUTAIN ?! Ça te suffit pas de voir ça, il faut que tu m'humili… »
Je m'arrête au milieu de ma gueulante, trop choqué pour la continuer.
Sur son bras droit, un petit détail a capté mon importance.
Dans la chute, il s'est visiblement aussi blessé.
Il saigne.
...
Son sang…
« Tu… ton sang… »
...
...
Il est rouge…
John
Je dois mettre toutes mes forces pour retenir le poignet de Karkat, qui essaie de se dégager comme un malade. Mais pourquoi il faut qu'il réagisse toujours comme ça ? Il peut pas se laisser faire un peu ?!
Soudain, il s'immobilise. J'en profite pour regarder un peu sa main ; je vois pas bien à cause de toute cette terre. Faudrait peut-être lui passer sous l'eau ? Et après, euh... désinfecter ?
« Tu... ton sang... »
Quoi ? Quoi mon sang ? Qu'est-ce qu'il raconte, là ?
Je suis son regard jusqu'à mon bras. J'ai une petite coupure, mais pas de quoi en faire tout un plat. Je saigne à peine.
« C'est rien, je dis. Plus important, faut qu'on s'occupe de ta...
- C'est pas ça, dit-il doucement. Pourquoi il est... »
Je le regarde, interloqué, puis regarde les petites gouttes rouges qui perlent sur mon bras. Non, vraiment, je vois rien de bizarre.
« Ben quoi ? Il est normal, mon sang.
- Quoi, tu veux dire que... Vous les humains vous avez le sang... »
Il met quelques secondes à prononcer le dernier mot, comme s'il lui était pénible de le dire.
« ...Rouge ? »
Je cligne plusieurs fois des yeux, avant de laisser échapper un petit rire.
« Bah oui il est rouge ! Tu croyais quoi ? Enfin, je t'avoue qu'avec tous les trucs qu'on a de différent, moi aussi j'aurais cru que vous les trolls vous aviez le sang... J'en sais rien, vert ou quoi. En fait, vous êtes pareils que nous. »
Karkat grimace à mes paroles, et marmonne quelque chose en baissant les yeux.
« Quoi ? Je demande.
- J'ai dit : c'est pas le cas.
- Qu'est-ce qui est pas le cas ?
- Je suis en train de te dire que notre putain d'espèce a pas le sang rouge ! Ça arrive jamais. »
Je lève un sourcil, fixant sa main qui saigne toujours, d'un sang rouge vif.
« Mais... ?
- Bordel mais faut qu'on te l'explique comment pour que ça rentre dans ton putain de cerveau ?! ÇA ARRIVE JAMAIS, JE SUIS LE SEUL AVEC CETTE PUTAIN DE CONNERIE DE COULEUR DE MERDE ! »
Il s'est relevé pour crier ça, laissant tomber deux gouttes de sang qui viennent s'écraser au sol. Je les suis des yeux un moment, avant de revenir à Karkat, toujours un peu perdu.
« T'aimes pas le rouge ? »
Il me tire une tête de trois pieds de long, comme si je venais de dire la plus grosse connerie du siècle.
« T'es en train de te foutre de moi, là ?
- Mais non ! J'essaye juste de comprendre en quoi c'est dérangeant !
- Mais... MAIS T'ES COMPLÈTEMENT CON OU QUOI ?! BIEN SÛR QUE C'EST DÉRANGEANT !
- Tu veux pas arrêter de crier ? Je commence à avoir mal aux oreilles... »
Je crois que je l'ai un peu trop énervé là, car il ne trouve rien à répondre. Et, si y'a quelque chose que j'ai compris cette semaine, c'est que quand Karkat arrête de hurler, c'est que ça annonce rien de bon.
Et j'ai raison. Deux secondes après, Karkat m'attrape le col avec sa main valide et me tire vers lui pour mieux me hurler à la figure, crocs en avant.
« Pourquoi j'ai cette putain d'impression que t'es toujours en train de tout faire pour me mettre en rogne ? Tu me cherches ?!
- Mais... Mais non !
- PARCE QUE BORDEL SI TU ME CHERCHES... !
- Je te dis que non ! Je hurle. Pourquoi tu prends toujours tout comme ça ? T'as le sang rouge, et alors ? C'est pas comme si t'étais tout seul dans ce cas ! Moi aussi j'ai le sang rouge, je te rappelle ! Alors arrête de te prendre la tête avec ça ! »
Il s'arrête de hurler, et je ne lui laisse pas le temps de reprendre que je sors :
« Et d'abord, tu comptes rester combien de temps avec ta main comme ça ? Tu veux que ça s'infecte ? »
Karkat, surpris par ma réponse, me laisse me dégager. Je profite du calme temporairement revenu pour le faire se lever, et l'amène jusqu'à un évier. Je glisse sa main sous l'eau tiède, rinçant toute la terre, frottant délicatement dessus avec mes doigts. Karkat ne réagit toujours pas, je crois qu'il est vraiment choqué – quoi ? C'est si bizarre que ça que je m'énerve ?
Je referme le robinet une fois la plaie nettoyée. Bon... Finalement, ce n'était pas une si grande entaille que ça. Nous restons tous deux immobiles quelques secondes. Au bout d'un moment, Karkat commence à s'impatienter.
« Euh... Je commence.
- Quoi ? Grogne-t-il.
- Je... Je dois faire quoi, maintenant ? »
Il pousse un long soupir, se cognant le front de sa main libre. Je lui sers un petit rire gêné en guise d'excuse tandis qu'il se dirige vers un placard, d'où il sort un flacon de désinfectant et une boite de pansements. Se rasseyant sur le lit, il s'occupe tout seul de son éraflure. Lorsqu'enfin il a terminé, il tend sa main vers moi. Je le regarde sans comprendre.
« Bordel, bouge-toi un peu et ramène-toi ici que je te mette un pansement ! »
Je m'exécute en vitesse, m'asseyant à ses côtés. Il attrape alors mon bras avec sa délicatesse habituelle – c'est à dire super brutalement, en appuyant ses griffes contre ma peau au point de me laisser des marques – et rapproche un peu son visage de la coupure minuscule, mais qui saignait toujours. Je détourne le regard, pas trop à l'aise avec son visage juste à côté de moi comme ça, et attends.
…
Quand, au bout de dix secondes, je réalise que Karkat s'est arrêté de bouger, je tourne légèrement la tête pour le regarder timidement. Il a le regard rivé sur mon bras, comme... Un peu comme un chat qui regarde curieusement un oiseau... Avant de lui bondir dessus, griffes sorties. Oh mon Dieu, je commence à avoir peur.
« Karkat ?
- Quoi ? Répond-il, l'air ailleurs.
- Qu'est-ce que tu... fais ? »
Silence. Je déglutis.
« ...Karkat ? »
Pas de réponse, j'ai l'impression qu'il ne m'écoute même plus. Soudain, il rapproche un peu plus son visage de mon bras. Je n'ose pas bouger, le cœur battant. Quoi ? Il se passe quoi, là ?
Ma respiration se coupe lorsque je sens la langue de Karkat se poser sur mon bras, puis remonter lentement pour récupérer les gouttelettes de sang qui avaient glissé le long. Un frisson me parcourt l'échine et fait se crisper tout mon corps. J'essaie de comprendre ce qui se passe, et surtout comment je suis censé réagir, tandis que le jeune troll ne lâche pas prise, passant plusieurs fois sa langue sur ma coupure.
Finalement il recule, mais je n'ai pas le temps de souffler qu'il me plaque allongé contre le lit. Je laisse échapper un cri, totalement ignoré par le troll qui se baisse vers mon cou, me serrant les poignets de ses deux mains pour m'empêcher de m'échapper. Sa langue effleure la peau de ma nuque, et un hoquet de surprise sort de ma bouche à son contact. J'essaye de me dégager par réflexe, mais il m'en empêche.
Il pose ses crocs contre ma nuque, se met à mordiller doucement ma peau avant d'y passer sa langue à nouveau. Oh bon sang. Je retiens un gémissement de justesse, mais soudain je reprends vite mes esprits lorsque les crocs s'enfoncent d'un coup dans ma chair, me faisant crier de douleur.
« KARKAT ! »
Me dégageant les mains d'un coup, réveillé par la douleur, je pousse de toutes mes forces le torse du jeune troll, l'envoyant tomber hors du lit. Je me relève et plaque une main sur ma nuque, là où il m'a mordu, juste entre l'épaule et le haut du dos. Je sens déjà un liquide chaud s'étaler sur mes doigts. Putain, il m'a mordu jusqu'au sang !
« Non mais ça va pas ?! Je hurle. »
Assis par terre, Karkat me fixe avec de grands yeux.
« Q- Quoi ? Bégaie-t-il. Qu'est-ce qui s'est.. ?
- Comment ça, 'quoi' ?! Tu m'as fait super mal !
- Hein ? »
Je retire ma main en grimaçant sous les picotements que ça entraîne, et me dirige vers l'évier pour la rincer. J'incline ensuite ma tête, pour essayer de voir ma nuque dans le miroir. Une belle trace de morsure la décore à présent, je sens que ça va mettre longtemps avant de disparaître. Je jette un regard plein de mécontentement à Karkat, qui a changé de couleur soudainement, une expression sur le visage comme s'il venait seulement de réaliser ce qui venait de se passer.
Finalement, je me retourne et sors de l'infirmerie avant de me diriger en courant vers ma chambre. Ma nuque me picote un peu, mais c'est pas ça qui m'a fait fuir. En fait, ça fait même pas si mal que ça. Mais... Bon sang, quand il a passé sa langue sur moi et tout... C'était... C'était juste... !
Je secoue vivement la tête, comme si ça allait faire sortir ces pensées de ma tête. Sans résultat, bien sûr. Le visage brûlant, je traverse les couloirs qui me mènent jusqu'aux dortoirs. Je passe devant quelques élèves que je ne connais pas, mais n'y prête pas attention, la main toujours plaquée sur ma nuque pour cacher la morsure. Finalement j'atteins ma chambre, et rentre en claquant la porte derrière moi. Je me laisse ensuite tomber assis par terre, le dos contre la porte, et reste ainsi le temps que les battements de mon cœur se calment.
C'était juste...
Trop bizarre, et... et trop agréable, et...
Putain.
...
...
Note de Plume d'Eau :
Pour la review :
Merci pour ta review, Aka-Aoi, c'est juste un peu bête qu'on puisse pas te répondre par mp ! éè
Oui nous aussi on aime bien faire des chapitres longs, c'est peut-être pour ça qu'à la base, nos posts eux-mêmes sont longs ! xD
Pour le postage, on essaye de mettre ça le mercredi et le weekend ^^
[Aku : Oui, on essaye... Même si à vrai dire, on prend tellement de notre temps pour écrire cette fic, qu'après on trouve plus trop le temps de corriger et faire la mise en page pour poster ici ! xD Mais on va essayer de garder ce rythme, hein ^^]
L'histoire est très loin d'être finie, mais on poste à un rythme régulier et on a de nombreux chapitres d'avance, donc ne t'inquiète pas ! Pour l'écriture des parties, en général on se concerte pour les grandes lignes, mais on se laisse des surprises quand même au niveau de l'écriture, pour le plaisir.
Et je suis bien d'accord : c'est un pull. AHAH !
*se fait jeter par Aku*
