Épilogue

« Et là, vous voyez c'est le Château de Versailles, la demeure du roi Soleil! dit TK à Nancy en lui montrant un bon nombre de photos sur son téléphone.

- Waouh c'est immense, il vous a fallu combien de temps pour le visiter?

- Une bonne journée! Mais c'est vraiment magnifique! »

Les deux hommes étaient rentrés trois jours auparavant de leur voyage de noces, peut-être aussi fatigués qu'avant leur départ, mais cette fois c'était une bonne fatigue, celle d'un jeune couple qui avait passé le voyage de noces de leurs rêves.

Ils avaient bien visité Paris et avaient demandé à leurs hébergeurs un endroit à faire absolument en-dehors de la ville pour leur dernier jour, ce sur quoi les deux hommes étaient tombés immédiatement d'accord, le château de Versailles.

Étendu sur 815 hectares, l'ensemble était constitué du château principal ainsi que de plusieurs bâtiments, dont le Trianon qui fut la première résidence du roi Louis XIII en 1623. Le château avec sa fameuse galerie des glaces faisait lui 6 3154 m répartis en 2300 pièces.

Entre le trajet qui leur avait pris deux bonnes heures et la visite des bâtiments et de l'immense jardin dessiné par Lenôtre, ils avaient passé une bonne partie de leur journée là-bas. Ils étaient revenus à l'appartement fatigués, les pieds en compote, mais absolument ravis et émerveillés par la beauté des lieux. Il n'y avait rien de comparable dans leur pays.

Les jours précédents, ils avaient fait les choses essentielles à Paris: monter à bord du funiculaire de Montmartre pour visiter la Basilique du Sacré-Cœur, le musée de Montmartre et ses vignes. Ils avaient été déçus au Louvre d'avoir à peine pu apercevoir la fameuse Joconde à cause de la foule amassée devant. Heureusement, les très nombreuses œuvres à voir dans le musée le plus connu au monde leur permirent d'apprécier tout de même la visite. Ils furent, cependant, enchantés le lendemain au Musée d'Orsay. Dans cette ancienne gare transformée en musée en 1986 ils avaient pu admirer, comme au Louvre, de nombreuses œuvres de peintres impressionnistes telles que Manet, Degas, ou Renoir.

Le jour suivant, ils étaient allés au sommet de la Tour Eiffel, où Carlos avait été pris d'une crise de panique en voyant le vide sous ses pieds.

Eh oui, le latino s'était découvert une nouvelle phobie ce jour-là: en plus des reptiles, il avait un vertige terrible. Il aurait aimé être comme son mari, lui qui s'était tant vanté d'avoir fait un sauvetage en haut du Chrysler Building, et de n'avoir aucune peur du vide comme TK, mais là…Il devait se rendre à l'évidence, le vide n'était pas son ami… Pourtant, cette visite restera à jamais un des plus beaux souvenirs de sa vie.

« On redescend Babe, je…je n'en peux plus là! Babe? Tu… tu fais… tu fais quoi?

Le secouriste avait posé un genou à terre et tenait dans sa main une petite boîte… avec une bague.

· Tu vas sûrement trouver ça totalement cliché et un peu too much, mais… je ne pouvais rêver de meilleur endroit, ni meilleur moment, surtout si ça t'aide à faire oublier ton vertige, dit-il avec un sourire un peu moqueur. On est peut-être mariés aujourd'hui, mais… tu m'as devancé de peu il y a trois mois en me demandant en mariage. J'ai… j'ai toujours voulu le faire en sachant cette fois que je n'aurai pas un non. Alors Carlos, mon amour, veux-tu toujours être mon époux?" conclut le jeune homme, le regard ému et amoureux.

Des curieux s'étaient amassés autour d'eux, certains prenaient des photos. Il n'y avait aucun regard haineux, que des sourires attendris. Carlos, en larmes, avait effectivement totalement oublié son vertige. Le moment était parfait et si romantique. Alors évidemment, sans aucune hésitation, il avait relevé son époux du sol et l'avait embrassé plus tendrement que jamais sous les applaudissements des inconnus.

Même en étant déjà mariés, les deux hommes avaient bien eu du mal à garder leurs mains en place alors qu'ils prenaient leur pique-nique sur le champ de Mars, ou lorsqu'ils remontaient l'avenue des Champs-Élysées jusqu'à l'Arc de Triomphe en faisant du lèche-vitrine. Cette deuxième demande, totalement inattendue, n'avait fait qu'amplifier les sentiments amoureux de Carlos pour son mari. Quand ils étaient rentrés le soir, après un dîner rapide dans un restaurant de spécialités montagnardes, ils avaient fait l'amour toute la nuit, chacun leur tour tantôt tendrement, tantôt passionnément. C'était vraiment dingue ce qu'un geste aussi romantique pouvait provoquer.

Heureusement, le lendemain ils n'avaient pas prévu grand-chose, hormis une visite au Musée Grévin, célèbre pour ses nombreuses statues de cire inspirées de célébrités françaises, des acteurs et présentateurs dont ils n'avaient jamais entendu parler comme Cyril Hanouna ou Franck Dubosc, mais il y avait aussi un bon nombre de personnalités étrangères, telles que Mick Jagger, Louis Armstrong ou Gandhi.

Le soir, ils avaient fait une promenade-visite en péniche et avaient mangé à bord, permettant ainsi au couple de découvrir la ville de nuit. Une balade que TK avait adoré, les villes de nuit l'avaient toujours attiré.

Ils avaient ensuite terminé leur soirée dans un club du Marais, recommandé par Éric.

Ils s'étaient vraiment éclatés toute la nuit entre danses et chants, l'ambiance était chaleureuse et bon enfant. Bon comme dans tout club, quelques hommes s'étaient voulus insistants malgré leurs alliances dès qu'ils s'éloignaient l'un de l'autre pour prendre des verres, mais ça les avait plutôt fait rire, ne se gênant pas pour rabrouer gentiment les lourds en leur disant que leur « mari pompier/policier super chaud et canon l'attendait là-bas ».

Ce n'était pas le mot mari qui était le plus efficace, mais plutôt leurs fonctions, comme si leurs métiers étaient vraiment craints en France.

En fin de soirée, le mot était passé et plus aucun homme n'était venu les aborder, à leur grand soulagement.

En-dehors des soirées et nombreuses visites, ils s'étaient aussi fait plaisir, ainsi qu'à leurs proches, au niveau shopping. Ils avaient ramené une valise complète avec vêtements, bijoux, sacs, jouets pour enfants et friandises inédites aux États-Unis comme les bêtises de Cambrai, ce bonbon à la menthe créé par erreur au 19eme siècle par un apprenti confiseur et devenue une spécialité du Nord, des spéculoos ou des biscuits roses de Reims. L'addition était rapidement grimpée dans une des grandes enseignes du Boulevard Haussmann, mais tous ces achats valaient le coup, ils aimaient simplement faire plaisir à leurs proches et ces derniers le leur rendaient bien. En effet, ils avaient eu la surprise après cette journée shopping de recevoir une invitation par email pour se rendre dans un institut de beauté de la capitale le lendemain matin, afin de se faire masser et chouchouter en duo.

Ils avaient également mangé de très nombreuses spécialités françaises, telles que les escargots, les œufs meurette pour Carlos, mais pas pour TK vu la quantité de vin rouge présente dans cette recette, d'excellentes viennoiseries sans crème pâtissière, des macarons de la célèbre enseigne La Durée, des pâtisseries de toutes sortes, des huîtres froides venant de Bretagne… et la fameuse flamiche au Maroilles qui laissa un souvenir inoubliable à TK. Ce célèbre fromage du Nord, fort en goût lorsqu'il est froid, mais plus léger chaud en flamiche ou toasté, n'était vraiment pas ce qu'il préférait, rien que l'odeur le rendait nauséeux. Carlos l'avait gentiment taquiné d'ailleurs en le traitant de petite nature.

« Bref, vous nous avez invité ce soir à jouer à Catan pour nous rendre jaloux hein? affirma Nancy d'un air amusé.

Les deux époux échangèrent un regard avant de répondre en riant.

- Un peu oui!

- Suis content pour vous en tout cas, vous l'avez bien mérité! lança Paul avec un sourire sincère.

- C'est clair, toutes ces photos sont… oups, oh… s'interrompit Marjan en faisant défiler les nombreuses images prises par le couple, euh… joli point de vue! termina-t-elle avec un sourire gêné en rendant le téléphone à TK, sur l'écran figurait un arrêt sur image d'une vidéo du couple nu et dans une position… très explicite.

- Oups, désolé pour ça! répondit le jeune homme en rougissant jusqu'aux oreilles.

- Pas de mal! Au moins vous avez bien profité, ça se voit! renchérit Marjan en riant une fois la gène passée.

Les deux amoureux se regardèrent avec tendresse, oh que oui ils avaient profité et savouré et étaient plus amoureux que jamais, si c'était possible.

- Oh que oui! confirma TK avant de venir embrasser amoureusement son mari, sans se préoccuper un instant des soupirs de leurs quatre amis présents.

- Et voilà! ils sont encore plus dégoulinants d'amour qu'avant. Au secours!" râla Marjan avant de se diriger vers la cuisine pour chercher d'autres boissons.

Oui ils l'étaient encore plus mais comment leur reprocher? Leur histoire était très loin de celle des Bisounours mais, hormis les comas de TK, ils ne changeraient absolument rien. Alors qu'ils continuaient à s'embrasser sous les regards mi-exaspérés, mi-amusés de leurs amis, Carlos se dit qu'il serait temps d'envoyer un mail de remerciements à Alex pour avoir brisé le cœur de TK. Lui avait bien l'intention de ne jamais le briser.

Fin.