Youpi, des reviews ! Merci guim0veX5, RoseKiwi et Leah-HG, ça me fait plaisir que vous suiviez ma deuxième fiction. Et comme vous étiez impatiente de lire la suite, la voici ! J'aime bien ce chapitre, j'espère que vous aussi vous l'aimerez. Par contre, je ne pourrai pas publier demain, et en plus il faudrait que j'avance ma première fiction (qui est dur à reprendre après la pause).
Bonne lecture !
Chap 2 : L'escapade
Le lendemain, j'ai accouru dès que les visites étaient possibles. Haymitch est arrivé peu de temps après moi et nous avons attendu ensemble. Lui aussi n'a pas dû beaucoup dormir à en juger par ses cernes. Il y a beaucoup de choses que je pourrais reprocher à Haymitch, mais à ce moment précis, il était là, et ça je m'en souviendrais longtemps après. Nous n'avons rien dit pendant tout le long, mais sa présence était amplement suffisante pour me donner du soutien. Au moment de l'annonce, j'ai glissé ma main dans la sienne et il l'a serré très fort, comme on serre les mains d'enfant. Mais le docteur avait un large sourire et ça m'a tout de suite détendu.
-Alors docteur ? Demandai-je comme si c'était un rituel.
-Très bien mes amis. Il a lutté un peu au départ, surtout lorsqu'il a reconnu la machine que nous avions utilisée, mais on l'a rapidement endormi.
Je suis devenue verte d'un coup et mes lèvres tremblèrent malgré moi.
-Quelle machine ?
-La même que celle du capitol. Nous n'avions d'autre choix…
Je ne le laisse pas finir. L'emprise d'une rage sans fin me gagne et je le repousse violemment. J'imagine Peeta effrayé et hurlant, suppliant pour ne pas être confronté une fois de plus à ses cauchemars, et de l'autre côté les docteurs sans pitié qui à coup de seringues l'endorment sans une once de compassion. Je crie sans même m'apercevoir son nom, et je le répète en rond. J'ouvre les battants de la porte. D'autres médecins entourent le visage qui m'est si familier. Ils sont étonnés de me voir là, mais je m'en fiche. J'accours à son chevet. Il est un peu pâle, mais je reconnais là bien mon Peeta. Il affiche un air assez serein et je me rassure aussitôt. Puis la panique me gagne. Ne serait-il pas plutôt mort ? Je colle mon oreille sur son torse juste assez pour l'entendre respirer avant que l'on ne me repousse en protestant que je n'ai pas le droit d'être là. Haymitch vient me récupérer.
-ça y est t'es contente ? Tu as pu l'admirer ton Peeta ?
Je ris. La pression qui m'oppressait depuis hier s'envole et je ris de plus belle. Peut-être suis-je folle, mais là maintenant, j'ai juste envie de sourire et de remercier les docteurs. Alors c'est ce que je fais. Je leur serre chaleureusement les mains, alors qu'un instant avant, je les repoussais en leur hurlant dessus.
-Katniss, tu es quelqu'un de vraiment bizarre, me confie Haymitch. Moi qui pensais être le seul.
Je lui souris et le prend dans mes bras.
-T'es pas si inutile que ça Haymitch.
Il fait des ronds de jambes d'une manière ridicule, mais reprend un visage sérieux.
-Alors, on l'entame où sa rééducation ?
-Dans un endroit calme, dis-je pensivement. Et qui ne rappelle pas trop de souvenirs.
-Je regrette mais vous n'aurez pas le choix, intervient le médecin. Ce devra obligatoirement commencer ici, à l'hôpital. Nous devons être en mesure de le surveiller. Durant les premiers mois tout du moins.
Je soupire. Je ne crois pas pouvoir m'y opposer, et c'est vrai que je ne veux rien risquer pour Peeta.
-Entendu. Mais alors quel prétexte vais-je sortir pour l'aborder ?
-Vous n'avez qu'à dire que vous êtes une de ses amies avant qu'il n'entre dans un coma, suggère le médecin.
-Non, dit Haymitch. Peeta n'y croira pas, c'est nul. Et puis vous imaginez la gêne qu'il y aurait ? Ah t'étais une très bonne amie dans le passé, génial ok, ça me va ! Non mais ! Dit Haymitch en se frappant la tête avec la paume. Voilà plutôt mon alibi, tu es son infirmière attitrée et tu dois surveiller son évolution.
Je n'ai soudain plus envie de rire. Surtout que je ne trouve pas de contre-argument, et que le médecin a l'air d'encourager l'idée :
-Oui ça passerait bien, et ça justifierait que vous lui fassiez de nombreuses visites et que vous l'aidiez.
-ça marchera jamais. Je ne suis pas bonne comédienne je te signale Haymitch.
-Il ne te connaît pas techniquement Katniss. Il n'y verra rien. Aie juste l'air naturel.
Je vois bien qu'il se retient de se marrer, et je ne peux le blâmer. Le moustachu blanc s'occupe de me trouver une chambre, et devinez laquelle il a choisi ? La 21 ! Génial, mon mentor est mon voisin. Que rêver de mieux ?
Et c'est ainsi que je me retrouve le lendemain au chevet de Peeta, en tenue d'infirmière. Rien de très sexy rassurez-vous, vous me connaissez bien, je n'aurais jamais accepté ! Il respire tranquillement, et sa sérénité m'apaise. J'ai pourtant des doutes affreux sur le comportement à adopter. C'est drôle de s'adresser à quelqu'un que vous connaissez alors que lui ne se rappelle plus de vous. Bon, je dois avoir l'air professionnel. Je me tiens droite et attends. Au bout d'une heure, je commence à trouver cela long. C'est bien sympa de l'admirer, mais je redoute beaucoup son réveil. Comme à dix heures, la belle au bois dormant refuse toujours de se réveiller, je me risque à lui prendre la main. Elle est douce mais froide. Ce contact me fait du bien et je reste ainsi de longues minutes. Toujours rien.
Je m'aventure un peu plus loin en osant lui toucher les cheveux. Je lui caresse longuement ses cheveux et pose finalement ma tête sur son ventre. Sa respiration est lente et calme. Son torse se soulève régulièrement. Si avec ce poids, il arrive encore à dormir, je lui tire mon chapeau. Ah, je le sens gigoter un peu plus. Il a l'air un peu moins à l'aise. Ça marche Katniss ! ça marche même un peu trop bien. Je n'ai pas eu le temps de retirer ma tête qu'il ouvre fébrilement les yeux. Merde.
Je me relève brusquement et il crie de surprise. Me surprenant à mon tour, je crie en retour et lui lâche la main.
-Qui êtes-vous ? S'exclame Peeta, visiblement très désorienté.
-Je…Je…
Allons Katniss, tu connais ton texte, dépêche-toi de le cracher !
-Je suis Katniss Everdeen, je travaille en tant qu'infirmière à l'hôpital du Capitol. Tout va bien Peeta.
Oups, suis-je censée le tutoyer ? Je me reprends rapidement avant qu'il ne doute de mes capacités.
-Vous souvenez-vous de quelque chose Monsieur Mellark ?
-Euh, eh bien…non pas vraiment.
-C'est tout à fait normal, vous venez de sortir d'un coma de plus d'un an.
-Un an ? Comment est-ce arrivé ?
Je recrache mon texte appris par cœur. Accident à la boulangerie, grosse explosion, et blablabla. Il est un peu suspicieux, mais heureusement le moustachu entre à ce moment et vient à ma rescousse.
-Peeta Mellark, on ne vous espérait plus. Vous devez sans doute avoir très faim, laissez Katniss vous chercher un petit truc. Attendez, laissez-moi débrancher ces perfusions d'abord, vous n'en aurez plus besoin.
Il se laisse faire, et je m'éclipse hors de la pièce. Haymitch me cueille à la sortie.
-Alors, il va bien ?
-Aussi bien que peut se porter quelqu'un qui sort d'un coma d'un an, répondis-je du tac au tac. Va te reposer un peu Haymitch, j'ai la situation bien en main.
Il se gratte un peu le menton puis accepte finalement de me laisser aux commandes. Je reviens un peu plus tard avec un plateau chaud. Je frappe puis entre. Le médecin est étendu par terre avec une belle bosse sur le crâne. Je réalise que Peeta s'est enfui. Je fais de suite demi-tour, manquant de tomber. Ah, ces satanés talons ! Je retire mes chaussures et parcourt l'hôpital pieds nus. Où es-tu Peeta ? J'avise une porte et déambule. Si je ne retrouve pas rapidement Peeta, Haymitch va me faire ma fête. Heureusement, une autre infirmière crie un peu paniquée qu'un individu a pénétré dans la salle 9 sans autorisation. Je le tiens, pensai-je en souriant. Je déboule dans la pièce noire. Le silence remplit la pièce mais je sais qu'il est là.
-Peeta allons, c'est un peu ridicule de fuir des gens qui veulent t'aider, dis-je pour le raisonner.
Sans succès, il ne se montre pas.
-Je vais lentement m'approcher de l'interrupteur Peeta, et quand j'allumerai, tout ira bien, d'accord ?
Je m'exécute quand je sens un mouvement derrière moi. J'anticipe facilement et arrête son mouvement. Je le tire vers moi et lui fais un croche-patte. Il tombe sans résistance, trop faible pour me contrer.
-Aïe, couine mon patient. Lâche-moi, sous-fifre du Capitol.
Je tremble un instant, en pensant que l'opération n'a pas marché. Puis je comprends d'un coup ce qu'il entend par là.
-Peeta, le Capitol n'existe plus. La guerre est finie. Maintenant c'est un hôpital ! Et je suis réellement infirmière.
-Tu es réellement infirmière ? S'étonne Peeta.
Je le laisse se relever. Il a l'air déboussolé.
-Comment ça la guerre est finie ?
Alors je le tire et l'emmène à la fenêtre pour lui faire voir le vrai monde. Il a l'air ébahi pendant que je lui explique que les districts n'existent plus.
-De quand datent tes souvenirs ? Le questionnai-je.
-De quand ? Je ne sais plus. J'ai le souvenir de Snow et de chars qui défilent avec…oh ça va paraître idiot, avec des adolescents déguisés de manière ridicule…
Je ne le laisse pas continuer plus loin, l'iceberg caché en lui risquerait de resurgir.
-Peu importe, Snow n'est plus, dis-je en souriant. Tout cela, c'est du passé, et il faut enterrer le passé.
Une petite fille avec un ballon nous a vu et me pointe du doigt d'une manière excitée. Mince, il ne faut pas qu'il apprenne que je suis le Geai Moqueur.
-Regarde Maman, c'est Katniss !
-Oh c'est vrai ! Katniss !
Je ne peux pas reculer, alors je les salue de la main. Heureusement qu'ils sont assez loin. Je fais signe à Peeta de rentrer la tête et ferme la fenêtre.
-Tu les connais ? Demande-t-il.
-Euh oui, j'ai pris soin de la petite. Allez suis-moi, il faut rentrer dans la chambre, le docteur doit se demander où tu es passé.
Il me suit à travers les couloirs mais à mi-chemin, il demande de s'asseoir.
-Pas étonnant que tu sois fatigué, je le taquine, tu as parcouru la moitié de l'hôpital et même assommé un pauvre médecin.
-Oui, d'ailleurs il faudra que je présente mes excuses, dit-il un peu honteux. Je croyais qu'il était sous l'égide de Snow et qu'il allait me faire subir je ne sais quelle torture. Enfin, c'est un peu idiot, puisque je n'ai jamais approché le Capitol.
Je reste silencieuse. J'aurais aimé lui dire la vérité, mais j'avais peur que le Peeta meurtrier ne resurgisse.
-Tu te ballades pieds nus, c'est la nouvelles mode des infirmières ? Rigole-t-il.
-Euh ouais, si l'on veut.
D'autres infirmières passent dans le couloir, et me saluent avec respect et admiration. Peeta regarde le manège, mais ne dit rien. J'aurais aimé qu'elles ne disent rien.
Quand il se sent prêt, nous nous relevons. Je vois qu'il est encore un peu faible et lui propose de le ramener en fauteuil, mais il refuse net.
-Je ne suis pas infirme ! Se récrie-t-il. Et puis, d'autres en ont sûrement plus besoin que moi. Non non, je vais très bien m'en sortir, ce n'est plus très loin, n'est-ce pas ?
Je hoche de la tête avec un sourire affiché, mais je crois bien qu'il lit en moi comme dans un livre. Au bout d'une vingtaine de mètres, je le vois peiner et je passe son bras autour de mon cou pour le soutenir. Il a l'air un peu gêné, mais ne refuse pas mon aide. Et c'est ainsi que nous arrivons à destination, aussi fatigués que si nous avions fait un trek à travers les districts. Ça fait rire Peeta de nous voir tout transpirants, et je ne peux m'empêcher de rire. Mon premier vrai rire depuis une éternité.
-ça vous va bien Mademoiselle l'infirmière quand vous riez, me fait-il remarquer.
-Mais qu'est-ce que vous racontez Monsieur Mellark ? Dis-je sur le même ton moqueur.
-Bah, vous m'aviez fait un peu peur au moment du réveil, avec votre mine d'enterrement.
Je ne dis rien, consciente qu'il devait avoir raison. Je l'aide à monter sur le lit réhaussé. Une autre infirmière passe dans la chambre pour nous informer que le médecin va bien. Puis elle me regarde faire le marchepied pour que Peeta puisse monter et rit un peu.
-Quoi ? Dis-je un peu vexée.
-Non rien, vous vous en sortez à merveille Mademoiselle, dit-elle en nous fixant tous les deux avant de s'en aller.
-Eh bien, il semblerait que j'ai l'infirmière la plus célèbre de tout l'hôpital, quelle veinard je suis, dit Peeta.
Je me tourne vers lui. Je dois être rouge.
-Vous n'êtes pas mon seul patient, dis-je un peu brutalement. Alors si vous voulez bien, mangez votre repas seul, je reviendrais plus tard.
J'ai peur de le fâcher d'un coup. Pourquoi ne puis-je pas dire des choses plus gentilles ! Ah Katniss ! que tu es haïssable ! J'ai peur de le perdre une fois encore. Mais il rit en guise de réponse et ça me rassure tout de suite.
-Très bien mon commandant. Je m'exécute immédiatement.
Je souris. Il m'a redonné le goût de vivre, je voudrais qu'il reste ainsi à jamais.
