Manoirmalfoys: Oui, c'est franchement dégueulasse que le District 6 oblige des innocents à se porter volontaires. Mais, s'il y a une chose qu'on peut tirer de l'œuvre originale des Hunger Games, c'est que la distinction entre gentils et méchants n'est pas si évidente (il n'y a qu'à voir la fin du 3° tome). Pourquoi les gens du 6 seraient ils tous gentils, alors ? Sinon, franchement, merci pour les reviews, je ne sais pas si je continuerai à écrire sans ça.
Je fini par atteindre le bâtiment où je serai logé avec les tributs pendant toute la durée de l'épreuve. C'est le même depuis des années. Ce bâtiment est commun à tous les districts, qui se partagent les différents étages. Si un mentor veut se foutre sur la gueule avec un autre mentor parce que leurs tributs se sont entretués, ils n'ont pas à beaucoup se déplacer.
Il n'y a pas pour l'instant beaucoup de pacificateurs. Il y en aura plus quand les tributs seront là, moins quand les Jeux commenceront. Je n'ai pas souvenir qu'un tribut soit déjà arrivé à s'enfuir d'ici. Par contre, je sais que certains ce sont déjà suicidés (ce n'est pas très compliqué, avec toutes les armes qu'il y a au centre d'entrainement).
Je passe devant les pacificateurs qui gardent le bâtiment. Immédiatement, ils me demandent pourquoi je ne suis pas escorté, sur quoi je leur réponds :
– A votre avis.
Je rentre à l'intérieur sans qu'ils ne m'arrêtent ou même me suive. Ils ont compris, mais ce n'est pas une raison suffisante pour m'arrêter : mon statut d'ancien vainqueur me donne certains privilèges, la population s'étonnerait de ne pas me voir à la cérémonie d'ouverture, et elle s'étonnerait de savoir que j'ai été arrêté juste parce que je suis allé faire un tour sans être escorté, moi, Keen Spencey, vainqueur honorable des 46° Hunger Games. Mieux vaut qu'ils se taisent.
J'entre dans l'ascenseur et je monte les étages. Quand j'arrive dans l'appartement, je suis accueilli par deux muets, qui me montrent les lieux, bien que je les connaisse déjà. J'aperçois Silka qui lit ses notes dans la salle principale, une grande pièce entièrement vitrée, avec une vue imprenable sur le Capitole. Elle me jette un regard dédaigneux. Apparemment, elle n'a pas apprécié ma fuite de tout à l'heure. Cashade n'est pas là, mais c'est normal. Elle a son petit appartement à elle dans le même bâtiment. Mais, évidemment, elle viendra me voir tous les jours.
Je regarde attentivement mon logement. Ils n'ont que très peu changé la décoration. C'est toujours aussi luxueux, les tables, les chaises, les canapés, les meubles, tout ce qui est ici représenterait quelques mois de salaire d'un habitant du 6. Mais ce qu'il y a certainement de plus cher est l'immense écran plat qu'il y a sur le mur de la pièce principale. Avec ça, je pourrai suivre parfaitement l'ensemble des Hunger Games. Le Capitole nous fournit en plus le bouquet extra Hunger Games, qui nous permet de suivre les tributs que l'on désire en multi-écrans, sans être obligé de regarder le programme commenté par Caesar Flickerman. C'est un bouquet qui vaut une petite fortune, et beaucoup des habitants du Capitole n'ont même pas les moyens de se le payer.
Je vais prendre une douche. J'ai beaucoup bougé aujourd'hui, et il a fait super chaud, ce qui fait que j'empeste sérieusement la sueur. Comme beaucoup d'habitants des districts, je manipule les boutons de la douche avec précaution, une mauvaise surprise est si vite arrivée.
Puis, enfin, je vais me coucher. A ma grande surprise, malgré toutes les choses auxquelles je devrai penser, je m'endors en seulement une heure. Je tombais vraiment de fatigue. Tant mieux, car je sais que ça ne se passera pas ainsi les prochains jours.
Le lendemain, je passe la journée à me repasser les Moissons et à me retaper des éditions précédentes des Hunger Games. J'ai envie de m'impliquer dans mon travail, mais je sais que c'est presque inutile. Ce n'est pas en regardant les Moissons que j'en apprendrai plus sur mes adversaires, c'est bien trop court pour se faire une idée, d'autant que beaucoup truquent ou sont sous le coup de l'émotion. Ça ne me dit rien sur leurs capacités. Et regarder ce qu'il s'est passé les années précédentes ne m'aide pas à grand-chose, à part peut-être à me remettre dans le bain. Je ne croise presque pas Silka, elle me fait toujours la gueule. A mon avis, elle est également en rogne parce qu'elle sent que nos tributs ne vont pas gagner cette année encore, et ce n'est pas ainsi qu'elle retrouvera son poste d'hôtesse dans le 4. Cashade vient me rendre visite, et, tout en regardant avec moi la télévision, elle fait quelques commentaires. Mais c'est plus pour se plaindre de la cruauté du Capitole ou des autres tributs plutôt que pour me donner des conseils.
Arrivée en fin de journée, Cashade rentre à ses quartiers, il faut se préparer pour les parades en char. Je regarde dans ma garde robe pour voir si je peux trouver un vêtement à ma convenance. Au final, je choisi le vêtement le plus sobre que je trouve (ce qui est très difficile dans un garde robe du Capitole) : un pantalon noir et une grosse veste en cuir. Quand je me suis changé, je me rends compte que j'ai encore une dizaine de minutes avant de devoir y aller. Je pourrai partir maintenant, mais à quoi bon arriver en avance, ma place est déjà réservée. Alors je m'affale dans le canapé, et j'attends, en essayant d'imaginer l'horreur de costume que Rokas a prévu pour mes tributs.
Silka passe à côté de moi en me regardant avec dédain. Elle porte une grande robe verte, sa couleur favorite, dont j'ai du mal à déterminer si elle est splendide ou ridicule, et elle rajuste sa grande chevelure blonde. Enfin, pour la première fois de la journée, elle m'adresse la parole.
– Vous pensez que nos tributs on une chance de gagner ?
– Non, je réponds juste pour l'agacer. Absolument aucune, ils vont mourir dans le bain de sang.
– Je sais que vous vous fichez éperdument de moi, mais essayez quand même de faire en sorte qu'ils ne soient pas trop ridicules, déclare-t-elle d'un air hautain. Si vous ne le faites pas pour moi, faites le pour eux, pour leur famille.
Elle s'éloigne, avant de s'arrêter, elle ajoute :
– Et, si vous pensez que je ne pense qu'à ma promotion, eh bien c'est faux. J'ai aussi une sensibilité, et je n'ai pas envie de les voir mourir. Mais j'aimerai aussi ne pas avoir honte d'eux.
Elle entre dans l'ascenseur et descend.
Je ne tarde pas à faire de même. Je descends à mon tour dans la rue et marche vers la place principale, suivi de trois pacificateurs (je pense qu'il serait hasardeux de tenter de leur échapper cette fois-ci). La nuit est tombée. Des milliers de personnes affluent de tous les côtés, et la foule se fait de plus en plus dense, jusqu'à ce qu'il soit difficile de se déplacer. J'aperçois de loin là où se déroulera la cérémonie. Comme chaque année, le Capitole a déployé d'immenses moyens pour la parade de chars, qui ne durera pourtant que quelques minutes. Mais leur investissement sera entièrement compensé par le prix des places. Les immenses gradins qui se dressent de chaque côté de la voie centrale peuvent accueillir des milliers, ou plutôt des centaines de milliers de personnes.
Les pacificateurs me mènent vers les tribunes réservées aux mentors. Après être grimpé tout en haut des marches et avoir longé les rangées jusqu'à ma place, je m'assois. Je suis à côté de Cashade, tandis que les autres mentors sont un peu plus loin, et les pacificateurs m'ont laissé seul. Cashade ne tarde pas à poser la question qui lui brûle les lèvres.
– Alors, Keen, raconte-moi ce que Daril t'a dit hier ?
Je m'y attendais. Nous n'avons pas abordé le sujet Daril aujourd'hui car nous étions devant Silka et les muets, mais maintenant que nous sommes en plein milieu de la foule, il n'y a plus de dangers. Je me couvre cependant les lèvres pour éviter que quelqu'un ne lise dessus, étant donné que nous sommes filmés.
– Il m'a donné quelques infos sur l'arène, mes elles sont un peu plus restreintes que d'habitude. Apparemment, l'arène est à moins d'une heure d'hovercraft du Capitole. Il a fallu beaucoup de temps pour la construire, et elle il y aura sans doute pas mal de constructions dedans. Il dit aussi qu'ils ont utilisés un gros altérateur de météo, des explosifs et tout un tas de produits dangereux. Il a aussi le sentiment que ça va être une arène tout à fait spéciale.
Cashade fait une moue dubitative. Elle n'a pas l'air vraiment satisfaite.
– Mouaip. Ça ne nous aide pas vraiment pour trouver une stratégie, conclue-t-elle. Explosifs, altérateur de météo, matériaux de construction… C'est des objets qui ont déjà été utilisés pour toutes les arènes. Tu as prévu quelque chose avec ça, toi ?
– Daril a l'air assez convaincu que l'arène sera vraiment très dangereuse. J'ai donc pensé qu'on pourrait orienter Night et Epsilon vers l'apprentissage de la survie. Si il y a beaucoup de morts à cause de l'arène et que nos protégés survivent, c'est tout bon pour nous.
Cashade hoche la tête.
– Faut quand même faire gaffe, si c'est un désert ou une montagne enneigée, ça va faire mal. Et c'est tout ce dont il t'a parlé ? Il ne t'as pas dit quelque chose à propos du District 6, par hasard ?
– Dans le mille.
Cashade sert le poing et fait un large sourire.
– Je le savais ! C'était trop louche pour que le Capitole ne soit pas impliqué ! Allez, raconte.
Je raconte à Cashade tout ce que Daril m'a dit. Elle est dans un premier temps étonnée par le principe des Moissons Pirates, puis est révoltée quand elle apprend ce que le Capitole a fait.
– Comment pouvaient-ils penser que ça pourrait marcher ?! commente-t-elle. Le Capitole aurait tout pigé quand il auraient vu deux volontaires dans le 6 et qu'ils se seraient rendus compte qu'ils avaient plein de tesserae à fournir !
– Mais ils n'auraient pas eu de preuve.
– Le Capitole n'a pas besoin de preuve pour tirer dans le tas !
Cashade a raison. A mon avis, les habitants du 6 ont eu une fausse bonne idée. La réalisation était vraiment impossible, et on ne trompe pas comme ça le Capitole. Mais je sais également tout ce qu'on peut être capable faire quand on a faim.
– Au final, ce n'est pas très bon, tout ça, note Cashade. Si le Capitole est en rogne et que l'arène est dangereuse, qu'est-ce que ça va être !
– C'est pour ça qu'il faut qu'on entraine nos tributs à la survie.
– Oui, c'est bien joli d'entrainer ses tributs à la survie, mais au bout d'un moment, faudra bien qu'ils se mettent à tuer ! Regarde ce qu'il s'est passé l'année dernière !
Oui, l'année dernière… C'est un souvenir qui me fait souffrir à chaque fois que j'y repense.
C'était une édition des Hunger Games qui s'annonçait plutôt bien, mon tribut féminin était une fillette de 15 ans, qui n'avait aucune chance de gagner, mais le second s'appelait Gil, un jeune homme de 18 ans, vigoureux, assez intelligent… J'avais quelques espoirs en lui. En plus, Daril m'avait fait comprendre que le Capitole avait envoyé des bateaux, ce qui m'a fait penser qu'il y aurait de l'eau dans l'arène.
Et effectivement, l'arène était un îlot minuscule perdu dans l'océan. Un endroit paradisiaque, avec une végétation dense entourée de sable. L'étroitesse de la zone faisait penser que mes tributs ne feraient pas long feu, d'ailleurs, la fille est morte dès le bain de sang.
Mais Gil a réussi à s'enfuir. Personne ne se souciait de lui, les carrières l'ignoraient tout simplement, ce qui fait qu'il était particulièrement tranquille. Et Gil a révélé de vrais talents pour la survie et pour le camouflage pendant cette édition. Il a donc passé des jours sans être inquiété, pendant que les autres se tiraient dans les pattes et tombaient comme des mouches.
Un jour, deux jours, trois jours, une semaine… Puis il ne reste plus que huit tributs. Il y a là une petite alerte, Gil est repéré par les trois carrières restant, mais il se révèle être aussi un excellent sprinter, et il arrive à s'échapper. J'ai commencé alors à y croire vraiment, c'était le premier tribut aussi doué que j'ai eu. Je ne dormais plus, je ne mangeais plus, je restais planté devant mon immense écran plat, à regarder comment se débrouillait mon protégé. J'ai même eu des sponsors, vers la fin, et j'ai pu lui envoyer de la nourriture et des médicaments. Puis il ne restait que quatre candidats, et mon tribut était encore en pleine forme.
Et c'est là que vint un problème que j'avais sous estimé : mon tribut était incapable de tuer. Il restait lui, deux carrières et une fille. Le 13° jour, la fille tombe dans un piège tendu par Gil, qui s'en rend compte. Elle ne peut plus bouger, lui tient un couteau à la main, il n'a plus qu'un geste à faire pour atteindre le top 3. Mais il ne peut pas le faire, et la fille en profite pour s'échapper. Gil se met alors à douter, et la dernière nuit, il n'arrive pas à dormir. Et le matin, trop perturbé, il fait sa dernière erreur…
Je soupire en repensant à mon tribut qui se fait transpercer la cage thoracique par Rash, le tribut du district 2, avec son épée en métal. Je n'ai jamais été aussi proche de la victoire que l'année dernière, avec Gil, et de très loin. Et, si les années précédentes avaient été plus expéditives pour mes tributs, c'est celle-là qui m'a fait le plus souffrir. Les mentors des carrières disent que plus on avance dans les Jeux, plus ils sont excités en voyant leurs tributs. Mais pour les autres mentors, c'est faux, on est juste plus stressés, et la chute n'en est que plus rude.
Et il y a ce problème de tuer les autres tributs. De sang froid, c'est presque impossible d'avoir un tribut qui tue. Et le combat ne tourne pas souvent en notre avantage. Pourtant, il n'existe pas de vainqueur qui n'ait eu à tuer personne. Les juges s'arrangeront toujours pour qu'il y ait des combats.
– Ça va commencer, m'interpelle Cashade, me sortant de mes rêveries. Ne rate pas les premiers, c'est l'occasion de voir de beaux costumes.
L'hymne du Capitole commence à retentir, et la foule réagit immédiatement, criant à tue tête. Dans quelques instants, les tributs vont apparaître.
Et ça y est, c'est parti.
Les premiers chars de métal déboulent devant les tribunes. Ils sont, comme d'habitudes, assortis à la couleur des chevaux par lesquels ils sont tirés : noirs comme la nuit. Je regarde chacun des costumes, m'attachant aux détails importants.
Le premier char à se présenter est celui du District 1, celui du luxe. Leurs costumes sont faits de fourrures de renard. Ils ont même laissé la tête du renard, qui pend sur leur poitrine. C'est sublime, comme d'habitude pour le District 1. En même temps, quand on crée des costumes pour le district du luxe, ce n'est pas compliqué. Mais là, c'est très ingénieux, car il y a un message caché : Le fait de bien faire apparaître les têtes de renard mort semblent montrer que les tributs sont capables de tuer. Et je dois avouer que l'effet est assez saisissant. Et la détermination affichée par le garçon, Cole, renforce cet effet inquiétant.
Pour le District 2, le styliste a choisi de respecter à la lettre la spécialité de son district : la maçonnerie. Les vêtements semblent être faits de marbre, avec une texture très travaillée dans ce sens, et, en plus de cela, les tributs portent chacun un énorme marteau, qu'ils brandissent ensemble au dessus de leur tête. Encore une fois, l'impression de menace est très forte, et je devine que ça doit plaire aux sponsors. D'autant que les tributs du 2 sont souvent les plus dangereux.
Les costumes du District 3 sont souvent assez décevants, mais cette année, ce n'est pas le cas. Le vêtement semble être en verre sous lequel des ampoules bleues clignotent harmonieusement. A défaut d'être agressif, ces costumes sont très beaux. Peut-être ont-ils changé de styliste ? Ça m'étonnerait, car le fait d'être un mauvais styliste n'est pas un motif de licenciement, il n'y a qu'à voir les costumes de Rokas (le char du 7 vient d'ailleurs d'apparaître, mais je préfère examiner les chars dans l'ordre, afin de m'épargner la vue des costumes de Rokas le plus longtemps possible).
C'est au tour du char du district de la pêche de passer devant moi. Là encore, le travail est impressionnant. L'idée de départ est étonnante : le styliste a transformé ses tributs en pieuvre. Mais là où la plupart des stylistes auraient fait n'importe quoi, le styliste du 4 s'est plutôt réussi. Les longs tentacules noirs donnent l'impression que les tributs ont une envergure gigantesque, que rien ne peut leur échapper. Je regarde le tribut masculin, Elroy, et il me semble toujours un peu différent des autres carrières. Il est un peu impressionné, il n'a pas l'air d'un imbécile qui ne pense qu'à tuer. En fait, il semble plus humain…
Vient ensuite le 5, spécialisé dans l'énergie. Le déguisement n'est pas exceptionnel, mais il se tient, composé de câbles électriques colorés enroulés autour des tributs. Là encore, j'ai vu pire dans la réalisation. Mais mon attention se détourne vite des costumes, pour se porter vers la fille aveugle, Cora. Son attitude sereine m'interpelle, et en même temps me fait du mal. Je préfère détourner mon regard vers le char suivant.
Le District 6 est aussi une bonne surprise. Au lieu des se déguiser en avion ou en train pour représenter le transport (ce qui s'est déjà fait), ils sont juste en costume de steward, soit un uniforme bleu avec des boutons dorés et une casquette de conducteur. Elégant, tout en respectant le thème du district. Par contre, l'attitude des tributs est moins réussie : la fille sourit timidement, bien trop impressionnée par les tribunes immenses qui se dressent devant elle, tandis que le garçon, lui, fait carrément la gueule. Ceux-là, je peux affirmer sans risque qu'ils n'auront aucun sponsor.
Je me prépare un petit instant mentalement avant de voir le char de mon district. Pour l'instant, tous les costumes étaient à peu près réussis, et j'ai bien peur que ceux du 7 soient les premiers ratés. D'un coup, je me décide et je regarde. Et j'avais raison.
Night et Epsilon sont sans doute déguisés en sapin, mais les costumes sont tellement grotesques que je ne pourrais pas l'affirmer. Leur corps est recouvert de bois et ils portent une coiffe faite d'aiguilles de pins. C'est moche. Très moche. Mais je m'y attendais, donc, pour oublier cette déception, je me concentre sur l'attitude de mes tributs. Epsilon, comme lors de l'arrivée des trains, salue la foule avec enthousiasme. Ca n'attirera peut-être pas les sponsors, mais ça la fera voir d'un bon œil par les spectateurs, donc par les juges. Night, lui, est plus discret, mais il sourit quand même. C'est un petit soulagement, car je me rends compte que ce n'est pas un cas désespéré.
Les tributs du 8° district portent des habits typés Capitole, donc moches. Mais ça, au moins, ça ne choquera pas les spectateurs. Ce choix de costume est logique, car le District 8 fournit les textiles du Capitole. Au-delà de ça, il n'y a pas grand-chose à noter.
Les prochains déguisements sont vraiment… bizarres. Le District 9 est celui du grain, et le styliste a à-priori voulu transformer ses tributs en sac de grain. Et, à vrai dire, le résultat n'est pas du tout saisissant, le tissu marron jure avec le métal du char, et les costumes sont bien trop amples pour que les tributs soient à l'aise dedans. Tellement qu'ils ne peuvent même pas saluer la foule. C'est un véritable Echec.
Mais ce n'est rien par rapport au désastreux District 10. Pour coller à la spécialité du district, l'élevage des animaux, le styliste a décidé de donner à ses tributs des petits porcelets tous mignons, mais totalement terrifiés par les bruits de la foule. Sauf que les deux tributs du 10 ont moins de 15 ans, et ont le plus grand mal à retenir les petites bêtes qui se débâtent. Fatalement, la fille finit par laisser échapper son porcelet, qui tombe sur les pieds du garçon, qui lâche à son tour le sien et est tout proche de tomber du char. Un désastre. En plus d'avoir fait un costume miteux, le styliste a ridiculisé ses jeunes tributs (et effrayé deux pauvres porcelets). Le District 7 ne sera peut-être pas le cancre de la soirée.
Les déguisements du char suivant sont laids, c'est indéniable. C'est sûr qu'en mettant des chapeaux de paille et des vêtements rapiécés à ses tributs, le styliste a respecté le thème de l'agriculture, mais à quoi bon montrer ses tributs sont un jour aussi mauvais. Heureusement, les deux chars qui l'entourent sont tellement ratés qu'on se rend à peine compte de celui du District 11.
Car les tributs du District 12 sont, comme d'habitude, déguisés en mineurs. Je me demande vraiment pourquoi le styliste du 12 s'entête à enlaidir ces pauvres enfants d'une telle façon. Les vêtements et le visage sont noircis par le charbon, les casques surmontés de loupiotes n'apportent rien, et les pioches sont bien trop lourdes pour les candidats. Un bouquet final de nullité.
Au final, je retiens un défilé séparé en deux parties : les costumes des 6 premiers districts étaient à peu près réussis, ceux des 6 derniers étaient complètement ratés. C'est courant de voir de tels écarts de niveau entre les costumes, mais jamais avec 2 groupes si distincts, jamais.
C'est maintenant le moment où le président Snow va annoncer le début des Hunger Games. J'ai hâte qu'il ait fini, car ce qui va arriver après est un moment bien particulier.
Le banquet des anciens vainqueurs.
Et non, pas de costumes exceptionnels pour le District 7. Comme cette édition des Hunger Games devrait être assez particulière, je fais en sorte que tout ne soit pas spécial. Désolé!
