Alors, les reviews...
Leorette: Merci ! Si tu trouves Night bizarre, c'est normal, c'est parce qu'il l'est.
Manoirmalfoys: Mon reviewer officiel ! Pour sauver les deux tributs, je ne peux rien garantir, mais je peux certifier que ce ne sera pas une édition comme les autres.
Soph28: "je trouve que ta fiction est l'une des meilleures" Merciiiiiiiiiiii !
Marauder a day: Toutes les reviews me donnent du courage, merci ! Sinon, bientôt, c'est maintenant :
Je me réveille en sursaut. A la porte de ma chambre, quelqu'un est en train de frapper très fort. Je grogne car j'étais profondément endormi, et que j'ai irrésistiblement envie de continuer de dormir. Je regarde mon réveil, et il est 6 heures du matin. Je maudis celui qui continue de frapper à la porte sans interruption. Je réfléchis qui pourrait bien vouloir me voir à une telle heure, avant même que les tributs ne doivent se lever pour aller à l'entrainement. Et pourquoi uniquement à la porte de ma chambre, et pas à celle de l'appartement. Ça doit être forcément quelque chose d'important. Heureusement, ce ne doit pas être trop grave. S'ils avaient voulu m'arrêter ou quelque chose comme ça, ils n'auraient pas hésité à forcer la porte de ma chambre.
Je me décide finalement, après un intense effort, à me lever. J'enfile à la va-vite un pantalon et une veste présentables, et j'ouvre la porte. J'ai alors une mauvaise surprise comme je ne souhaite à personne d'avoir le matin au lever.
– Bonjour, monsieur Keen Spencey. J'ai des choses importantes à vous dire, et j'ai besoin de toute votre attention. Je suis désolé de venir si tôt, mais j'ai énormément de travail en ce moment, et je m'arrange comme je peux avec mon emploi du temps.
L'homme qui vient de dire ça s'appelle Worthcow. Le Commissaire Général Worthcow. C'est à lui que revient la charge de vérifier qu'il n'y ait pas d'irrégularités pendant les Hunger Games. Il est escorté par deux pacificateurs. A première vue, on pourrait se dire que c'est un job sympa, étant donné qu'il n'y a quasiment pas de règles dans les Hunger Games. Mas Worthcow s'occupe en fait de tout ce qui se passe au Capitole, comme par exemple de nous, les mentors. Et il prend son métier beaucoup à cœur. Il aimerait pouvoir nous surveiller 24 heures sur 24, mais il dit manquer de personnel pour pouvoir le faire, et il rage contre les habitants du Capitole qui refusent qu'on nous embête. Il a aussi la fâcheuse tendance à croire qu'on essaye de tricher, alors que c'est impossible, étant donné l'éloignement de l'arène. Pas étonnant que les mentors ne l'apprécient pas. Et, en l'occurrence, le réveil de ce matin ne va pas faire évoluer mon jugement en sa faveur.
Worthcow est chauve, totalement imberbe, a la mâchoire carrée, et doit avoir une quarantaine d'année. Il est habillé d'un costume noir propre à sa fonction, et se pare d'un pesant collier en or portant un médaillon où est poinçonné l'emblème du Capitole. Tout cela est bien sûr pour indiquer aux autres l'importance de son poste. Mais ce qui me choque chez lui est son regard, il est toujours à nous fixer dans les yeux, guettant nos moindres faiblesses, comme s'il essayait de voir à travers nous.
– Allons dans la salle à manger, ce sera plus simple de pouvoir se parler autour d'une table.
Je le suis à contrecœur. Dans la salle à manger, je m'assois tandis que le commissaire Worthcow récupère quelques feuilles de papier auprès d'un pacificateur.
– Ne me dites pas que vous allez me faire le rappel des règles, comme à chaque fois ? je demande.
– C'est dans le règlement, monsieur Spencey, rappelle Worthcow. Et puis, vous n'êtes pas contre une petite visite de ma part ?
– Absolument pas, je réponds sans cacher l'ironie.
– Très bien, je vais donc vous rappeler les règles qui vous concernent en tant que mentor des tributs du District 7.
– Oui, oui, faites vite…
– Faire vite ? Mais pourquoi donc ? Rien ne presse !
– Je croyais que vous aviez du travail.
– Mais c'est ça mon travail !
Worthcow, sans un sourire, commence à lire ses fiches.
– En tant que mentor du District 7, votre rôle est de faire tout en sorte pour que vos tributs soient le mieux préparé, psychologiquement, physiquement et tactiquement pour le combat dans l'arène, afin qu'ils puissent offrir un spectacle digne du prestige des Hunger Games…
Il faut ici noter la formule : il faut entrainer nos tributs pour qu'ils offrent un bon spectacle aux téléspectateurs, pas pour qu'ils survivent.
– …Vous bénéficiez pour cela de tout le temps que vous voulez pour leur parler pendant les quelques jours qui précèdent la compétition. Vous pouvez leur communiquer toutes les informations que vous désirez, mais sachez que vous ne pouvez en aucun cas entrer en relation avec le tribut d'un autre district. Toute tentative de déstabilisation de votre part sera sanctionnée. Je souligne également le fait que vous pouvez rencontrer l'un des mentors des autres district, mais qu'il vous est formellement interdit de vous battre contre ceux-ci. Les sorties de ce bâtiment sont autorisées, mais vous devez être escorté par des pacificateurs. (son regard se détache de ses feuilles et se tourne vers moi) Comme vous le savez, l'application de ces règles est moins strictes à partir du moment où l'épreuve à commencé, mais n'en abusez pas trop.
Worthcow reprend sa lecture. Je ne l'écoute qu'à moitié et je somnole.
– Vous n'avez aucune information sur la nature de l'arène. Cela, vous le découvrirez en même temps que nos téléspectateurs. Ensuite, votre rôle pendant les Jeux se limiteront à la gérance des cadeaux de sponsors. Ces sponsors se proposeront à vous par l'intermédiaire de l'hôtesse de votre district, Silka Glool. Elle pourra ainsi vous communiquer la somme dont vous bénéficiez pour l'envoi de parachutes dans l'arène. Vous vous chargez de proposer les cadeaux que vous souhaitez faire. Vous devez les proposer à l'avance à la Commission qui examinera votre paquet, et ils détermineront si ce paquet peut être envoyé et, dans ce cas, son prix.
Il prend une petite pause pour s'éclaircir la gorge.
– Il y a plusieurs règles pour ces paquets. Ils ne doivent évidemment pas contenir de message divers indiquant la façon dont doit se comporter votre tribut, c'est à lui de savoir ce qu'il doit faire. Vous pouvez envoyer les armes homologuées par le Comité, vous pouvez en retrouver la liste ici (il pose une feuille sur la table). La nourriture et les médicaments sont autorisés, mais vous n'avez pas le droit d'empoisonner volontairement vos tributs…
Je me demande bien quel genre de mentor voudrait envoyer un parachute piégé à ses tributs. Il y a bien un genre de paquet qui ressemble presque à un suicide : le « Mad Cocktail ». Il porte bien son nom : c'est un cocktail de produits chimiques et de drogues puissants qui permet de remettre sur pied un mourant pendant quelques heures avant de le mettre KO. Grosso modo, si l'un de nos tributs est à l'article de la mort et qu'il ne reste presque personne en compétition, on peut lui envoyer ce produit, il oubliera alors miraculeusement toutes ses blessures pendant quelques temps. Il faut alors espérer qu'il arrive à tuer tous ses ennemis avant que l'effet ne s'estompe, car les effets secondaires finaux risquent de laisser le tribut sur la paille. Si le tribut gagne, il pourra être soigné avant de passer l'arme à gauche.
Ce produit a parfois été utilisé à la toute fin des Hunger Games, pour que le duel final soit plus impressionnant, au lieu d'opposer deux tributs moribonds, on a deux tributs boostés aux drogues. Étant donné que c'est un cadeau qui donne plus de spectacle, ça ne coûte pas très cher. Mais les mentors n'en donnent pas avant la toute fin de l'épreuve, car il parait que sans un antidote, la souffrance provoquée quand l'effet s'estompe est assez terrible.
– … Dès que vous aurez déposé votre paquet au Comité et que vous aurez payé la somme qu'ils vous auront indiqué, le parachute sera envoyé dès que vous nous en donnerez l'ordre, par téléphone, par exemple. S'il n'a pas été envoyé avant que votre tribut ne meure, il vous sera évidemment remboursé. Voilà, j'ai à peu près tout résumé. Maintenant, je souhaiterai fouiller votre appartement rapidement.
– Mais… Night et Epsilon ne sont même pas réveillés !
– Night et Epsilon ? Ah oui, les tributs ! C'est vrai, j'avais oublié ça…Je verrai cela peut-être plus tard, ou j'enverrai quelqu'un.
– Et pourquoi vous voulez fouiller, d'abord ?
– Nouvelles directives, vérifications d'usage. On fait le tour pour savoir si on ne trouve pas d'objet dangereux qui auraient pu être ramené illégalement. Vous savez, on a déjà chopé des gamins qui ramenaient des couteaux avec l'intention de se couper les veines ! Et puis, avec des armes, un tribut pourrait aussi se mettre à l'idée qu'il peut arriver à s'échapper. Ce n'est pas qu'il pourrait y arriver, mais il ne faudrait pas qu'il soit amoché lors d'une tentative de sortie ! Bon, ben, j'ai fini ce que je devais faire ici en avance, alors…
Voilà, c'est fini, je vais enfin être tranquille, j'aurais peut-être le temps de me recoucher un peu. Mais au moment où je pense qu'il va partir, il se dirige vers la machine à café.
– Ça me laisse un petit moment pour prendre un petit café en votre compagnie. Vous en voulez un ?
Je suis à deux doigts de tomber de ma chaise. Worthcow active la machine à café et commence à se servir. Quelle matinée pourrie !
– Alors ? Vous voulez un café, oui ou non ?
– Je déteste le café ! je grogne sans me contenir.
– Dommage, celui du Capitole est d'une qualité exceptionnelle ! Moi qui suis déjà allé dans les districts, je peux vous dire que celui-ci est infiniment meilleur que ce jus de chaussette infect qu'on sert là-bas !
Il touche le café du bout des lèvres.
– Bah ! Il est encore bouillant ! s'exclame-t-il. Il va falloir que j'attende qu'il refroidisse !
Il s'assoit à la table, attrape une cuillère et remue son café, alors qu'il n'y a même pas mis de lait ou un morceau de sucre. Il se rend bien compte qu'il m'énerve, alors pourquoi il s'amuse ainsi ? Ce n'est pas dans son habitude pourtant. On attend immobile pendant un moment, je n'ose pas bouger, je sais qu'il n'accepterait pas que je m'éclipse comme ça. Au bout d'un moment, il finit par parler.
– Vous savez, ce n'est pas facile d'être commissaire. On a beaucoup de boulot. Vous devez bien vous rendre compte, vous qui étiez au banquet, des tensions qui se sont nouées entre les mentors des carrières. Eh bien figurez vous que hier, pendant la journée, les mentors des districts 1, 2 et 4 se sont encore battus, et ce malgré tous les efforts que nous avions fait pour qu'ils ne se croisent plus ! Ils sont complètement ingérables ! Ils ne se rendent même pas compte que je suis à deux doigts de les sanctionner ! Ce serait quand même dommage qu'ils se retrouvent derrière des barreaux pendant tout le temps où ils peuvent parler à leurs tributs. Vous, vous devez être un peu au courant de ce que ça fait.
Je me remémore des quelques fois où Worthcow m'a sanctionné. Ça ne fait qu'augmenter mon aversion pour ce personnage. Je m'affaisse un peu plus dans mon siège.
– D'ailleurs, je tenais à m'excuser pour les dernières fois ou je vous ai sanctionné. Franchement, j'avoue que la coupure de courant, ce n'était vraiment pas très fair-play de ma part ! Mais bon… C'est de bonne guerre ! Et puis, ainsi, je peux être assuré que vous ne recommencerez pas à essayer de dénigrer le Capitole par vos interviews ou par n'importe quelle action illégale. Pas vrai, monsieur Spencey ?
La chose étrange est qu'il dit tout cela sans sourire une seule fois. Il retente une nouvelle approche de son café, qui semble avoir atteint une température appréciable cette fois. Moi, l'envie de parler m'est complètement passée, tout comme l'envie bien me tenir avec Worthcow, à qui je dois montrer par mon expression le sentiment que j'ai à son égard.
– Ah la la, reprend-il. Quand je pense à tout ce qu'il me reste à faire aujourd'hui, j'en ai les jambes qui tressaillent. Il reste tous les autres mentors à aller voir, tous les appartements à fouiller, ce soir, il y aura la salle d'entrainement à ranger, faire l'inventaire pour vérifier qu'il ne manque aucune arme, puis j'aurai un compte rendu complet à faire et à archiver… Et quand on aura fini tout ça, on devra reprendre tous les livres remplis pendant les Moissons pour faire un recensement complet de la population, faire les décomptes et vérifier les informations, prendre des sanctions s'il y a des jeunes qui ne se sont pas présentés… Normalement, c'est un truc qu'on devrait commencer maintenant, mais on n'a vraiment pas le temps en ce moment. Je pense qu'on va commencer quand les Jeux auront commencé, on sera un peu moins débordés. Après, il faudra faire tous les districts 1 par 1… Ah… Que de travail.
Il remue encore un peu son café.
– J'aimerai avoir un peu plus d'effectifs. Comme ça, je pourrai vraiment faire le travail qui m'est imposé. Vous savez, j'ai envie de vous dire : une des premières choses que je ferai quand j'aurai plus de monde dans mon service est de mettre des caméras dans tous les appartements. Je sais que vous les mentors n'en serez pas particulièrement heureux, mais ça nous éviterait quand même pas mal de problèmes ! Et puis, mon job est de surveiller tout ce qu'il se passe ici, non ?
Worthcow finit son café d'une gorgée et se lève
– Bon, il est temps que j'y aille. Vous passerez le bonjour à vos tributs de ma part !
Il se dirige vers la porte de sortie avant de s'arrêter.
– Ah oui, j'oubliais… Il y a une chose que je n'apprécie pas, monsieur Spencey : qu'on ne suive pas mes ordres. Pour cette fois, je veux bien être indulgent, ce n'est qu'un évènement mineur, mais ça m'embête un peu quand même, car je suis obligé de virer les hommes de mon équipe qui ne veillent pas bien sur vous.
Un frisson me parcourt : il sait pour mon escapade pour aller voir Daril.
– Alors faites attention à vous, car je vous ai à l'œil ! Sachez, monsieur Spencey, que je suis le glaive de la Justice du Capitole, et que je n'hésiterai pas à frapper ! Sur ce, bonne journée, monsieur Spencey.
Worthcow, suivi de ses deux pacificateurs, sort de l'appartement, me laissant seul avec mes doutes.
