Yo ! La rentrée est passée~... (Punaise, profs de merde, le pire emploi du temps que j'aie jamais eu, et en plus à l'internat ils ont craqué leur slip et on a même plus le droit d'aller dans les chambres de nos potes sans autorisation... Et ma saleté de voisine a filé de la merde à bouffer à mon chien et il est malade ! RAH J'AI LA HAINE.)
Enfin bref... Je vous présente le dernier chapitre de "Une dernière danse". D'ailleurs, je ne l'ai pas encore dis, je viens de m'en rendre compte, mais cette fic est largement inspirée de la chanson de Kyo du même nom. J'aime pas vraiment Kyo, sauf cette chanson.
Prusse traversa d'un pas sûr ce manoir qu'il connaissait aussi bien que s'il était le sien et il avait de quoi, il y passait le plus clair de son temps depuis bientôt six ans. Quand il était à Brandebourg, il y entrait toutes les nuits par la fenêtre, ou, de plus rares fois, en plein après-midi aux côtés de sa sœur. Comme aujourd'hui.
-Je te laisse ici, dit Brandebourg au milieu du hall. J'en ai pour quelques heures avec Kaufmann ne fais rien que tu pourrais regretter.
-Bien sûr, ça fait six mois que je n'ai pas mis les pieds à Brandebourg, je te jure que je ne vais rien regretter, répondit Prusse avec un sourire entendu.
-Abruti…
La jeune femme roula des yeux et se fit accompagner par une bonne jusqu'au bureau du commandant Kaufmann, pendant que Prusse demanda à ce que l'on l'amène jusqu'à Anne.
Un servant le guida jusque dans les jardins, puis disposa après avoir demandé si la Nation désirait qu'il lui apporte quelque chose. Prusse lui répondit que non, et s'approcha lentement d'Anne qu'il devinait assise sous un arbre. Arrivé derrière elle, il posa ses mains sur ses yeux et sortit un tonitruant :
-Qui c'est ?
-Vu la couleur de la peau, ça ne peut être que vous, Gilbert, répondit Anne en gloussant. Vous êtes pâle à en faire mourir de jalousie toutes les dames de la cour.
La Nation sourit et s'assit à côté de la jeune femme, auparavant occupée à lire un quelconque livre assommant.
-Peut-être que si vous vous ajoutiez une mouche… Juste là…, reprit la jeune femme en touchant le coin de la bouche de Prusse.
-Là ? Même pas en rêve, fit l'albinos en frissonnant. Il faudrait que je mette des lunettes et des queues-de-pie aussi, tout en jouant au piano toute la journée ?
Anne gloussa et posa à côté d'elle son énorme livre, pour pouvoir prendre son amant dans ses bras.
-Dîtes-moi, vous n'avez pas changé en six mois Gilbert… Moi qui aurais espéré vous voir grandir un peu…
-Quoi ? Je ne suis pas assez beau comme ça ? répondit la Nation, visiblement vexé.
-Bien sûr que si. Vous êtes le plus beau, et le plus génial. Ca vous va ?
C'a suffit à enchanter l'albinos, qui posa un léger baiser sur le front d'Anne.
-Vous non plus, vous n'avez pas changé… Enfin, hésita Prusse en regardant son amante plus attentivement. Vous n'auriez pas pris un peu de poids ?
Il s'écarta un peu d'elle pour mieux observer l'étendue des dégâts.
-En fait, ne le prenez pas mal, mais vous êtes carrément presque devenue… Grosse. Enfin, non, non, je veux dire, que, malgré le fait que vous n'avez jamais eu une ligne des plus parfaites, vous étiez moins… comme ça...
-Gilbert, toujours autant de tact et de gentillesse à ce que je vois, fit Anne avec un de ces faux sourires qui gelaient les entrailles.
-Non, non, ne le prenez pas si mal ! geignit Prusse. Je suis sûr que c'est le manque de sport de chambre qui vous a fait ça ! Mais je suis de retour, je vous jure d'arranger ce problème au mieux ! Vous retrouverez votre ligne pas-parfaite-mais-c'est-pas-grave en quinze jours ! Commençons tout de suite ! Alors arrêtez de me regarder comme ça !
-Gilbert. Je suis enceinte.
Prusse s'arrêta deux secondes, estomaqué, pour digérer l'information. Le silence régnait entre les deux.
-Mmh… C'est une maladie ?
Anne soupira en tenant Prusse par les épaules, découragée.
-Non, Gilbert, ça veut dire que j'attends un enfant.
La Nation sembla revenir à la réalité et secoua la tête pour reprendre ses esprits.
-Oui, oui, c'est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire félicitations… Kaufmann doit être content. De… Depuis combien de temps ?
-Six mois, répondit simplement Anne.
-Ah.
Il y eu encore un petit silence à regarder les nuages, avant que Prusse ne demande :
-Euh… Six mois comme dans « Gilbert est partit il y a six mois » ?
-Oui.
-Donc six mois comme dans « Kaufmann ne doit pas être content du tout ».
-Plus six mois comme dans « Kaufmann ne serait pas content du tout, donc Anne a mentit à Kaufmann pour que Kaufmann soit content ».
-Tout ça ramène au six mois comme dans « Ca fait six mois qu'Anne envoie des lettres à Gilbert et ça fait six mois qu'elle n'a rien dit ».
Anne soupira et souri tristement. Gilbert la prit dans ses bras. Il le savait ce n'est pas le genre de choses qu'on dit par lettres interposées.
-Enfin, en tout cas, commença l'albinos, c'est…
C'est quoi ? Génial ? Pas le moins du monde. En posant son menton sur la tête d'Anne, il se senti commencer à pleurer. Une phrase que sa sœur lui répétait sans cesse depuis six ans lui revint en tête, et y resta, se répétant en boucle dans son esprit :
« Fais demi-tour et arrête tout tant qu'il en est encore temps.»
Maintenant, c'était trop tard. Beaucoup trop tard. Et c'est seulement maintenant qu'il s'en rendait compte. Il se rendait compte que malgré ces dernières années, malgré les années qu'il leur restait, Anne restait inaccessible. Inaccessible comme au premier jour. Si ce n'est plus.
Parce qu'une Nation n'avait pas le droit d'aimer un humain.
Les humains meurent et les Nations restent.
Et Prusse avait beau tentait de se voiler la face depuis des années, il le savait. Comme il savait que désormais, il n'aurait plus de retour en arrière possible. Comme il savait que cet enfant qu'Anne portait était le fruit d'amours contre-nature. Comme il savait que les autres Nations ne le laisseraient jamais vivre.
Prusse pleurait à chaudes larmes en regardant au loin, serrant Anne comme si elle était sa bouée de sauvetage.
-Gi… Gilbert ? fit Anne en sentant les larmes couler dans ses cheveux châtains.
-Oh mon Dieu… Qu'est-ce que j'ai fait…
Anne s'écarta de l'albinos pour pouvoir le regarder dans les yeux. Elle se sentait horrible, à le voir pleurer comme ça, mais elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire ou dire.
-Une horreur… Un traître… Je suis un traître…
-Gilbert, calmez-vous ! Je… Je ne pense pas que mon mari…
-Kaufmann n'a rien à voir là-dedans ! la coupa abruptement Prusse, haineux.
La jeune femme se recula comme elle le pu, surprise par la colère de son amant. Quand celui-ci la regarda, il ne vit que les larmes qui lui montaient aux yeux, et se rendit compte du ton qu'il venait de prendre.
-Désolé. Je n'aurais pas dû m'énerver comme ça… C'est juste que… Je ne peux pas. Je ne dois pas. C'est pas possible… Pas possible…
-Gil… Gilbert. Calmez-vous. Puisque je vous dis que mon…
-Je me moque bien de ce que pourrais dire cette lavette de Kaufmann… Je sais juste que maintenant, c'est trop tard… Bien trop tard… J'aurais dû écouter Brandebourg, depuis le début…
Anne tiqua quand Prusse dit « Brandebourg ». Elle s'approcha à nouveau de lui et le regarda dans les yeux.
-Gilbert… Si ce n'est pas mon mari, quel est le problème ?
-Il y en a tellement… Mais le pire d'entre tous, c'est que c'est seulement maintenant que je me rends compte que je ne pourrais jamais vous avoir. Que, jamais… Jamais on ne me laissera faire. Ni les autres, ni le temps.
La jeune femme regarda son amant, des questions plein les yeux.
-Qu'est-ce que vous voulez dire ? Je… Je ne suis peut-être pas mariée avec vous, mais… Vous m'avez. Autant que je vous ai. Et c'est…
-Faux. C'est faux. Anne… On n'a pas le droit…
-Je ne comprends pas, Gilbert.
-Je ne suis pas Gilbert, dit la Nation en tentant d'essuyer du mieux qu'il le pouvait les larmes qui commençaient à couler des yeux d'Anne. Je suis Prusse. Je suis une Nation…
-… Prusse…
Le nom sonnait faux dans la bouche d'Anne. Il n'avait rien à y faire.
-Gilbert… Appelle-moi Gilbert… quémanda Prusse en tenant les mains d'Anne. Je suis Prusse, mais mon nom est Gilbert !
-Je… Explique-moi. Explique-moi tout, Gilbert. Explique-moi pourquoi tu m'as menti, explique-moi pourquoi tu n'as rien dit. Explique-moi, dit Anne dans un murmure, ses mains se serrant comme elle pouvait autour de celles de son amant.
Et Prusse lui expliqua. Il lui expliqua pourquoi il avait menti, il lui expliqua pourquoi il n'avait rien dit. Il lui expliqua qui était Brandebourg, il lui expliqua pourquoi ils ne s'appartiendraient pas. Il lui expliqua en faisant danser ses doigts dans ses cheveux, il lui expliqua attardant ses mains sur sa peau. Il lui expliqua en évitant une seule partie d'elle.
Anne le remarqua. Quand Prusse finit de parler, elle lui prit doucement les mains, et les posa sur son ventre rond.
-Je ne peux pas devenir une Nation ?
-Non… Enfin, je veux dire… C'est lors du baptême que ça se décide…
-Dans ce cas, Gilbert, notre fils deviendra la plus grande et la plus belle Nation que le monde ait portée.
-Je… « Fils » ? Comment tu sais que… ?
-Instinct maternel, je suppose.
-Hors de question. Je refuse qu'il devienne une Nation, fit Prusse en serrant doucement les mains sur la robe d'Anne. S'il devient une Nation… Tu ne pourras pas… Tu n'auras pas le droit de t'en occuper. Les autres sauront… Ils sauront qu'il n'est qu'un bâtard. Ils sauront que nous…
-Tu t'en occuperas seulement toi, dans ce cas. Mais, Gilbert, je veux que cet enfant suive la même voie que toi, tu comprends ?
Prusse ne répondit pas tout de suite. Anne ne comprenait pas… Elle ne comprenait pas ce que c'était, d'être une Nation. Une Nation, c'était n'importe qui, que l'on baptisait spécialement à la naissance, à qui l'on offrait un territoire, un peuple, et qui devenait ces cadeaux. Une Nation, c'était quelqu'un qui avait d'infimes chances de survivre. Une Nation, c'était un enfant de Nations, ou alors, un enfant humain, recueilli par une Nation. Une Nation, ce n'était pas un bâtard, entre les deux.
-Non… Il ne deviendra pas une Nation. Je ne l'élèverais pas seul. Je ne pourrais pas… Pas sans toi…
-Gilbert… Baptise-toi-même cet enfant. Fais-le devenir une Nation. Ce n'est pas le fils de mon mari, mais le tien. Sa place ne sera pas ici. Elle sera parmi les Nations.
L'albinos ne répondit pas, se contentant de lever la tête vers les nuages, Anne dans les bras, les mains sur son ventre. Celle-ci s'installa plus confortablement, et lui glissa des litanies et des promesses d'amour à l'oreille.
Lui aussi l'aimait. Comme il aimait déjà ce fils à naître.
Mais, malgré tout, il ne pouvait pas les avoir.
-J'ai ramené la sage-femme ! cria Prusse en rentrant dans la chambre, talonné par une femme entre deux âges, au chignon serré.
La femme s'approcha rapidement du lit, où Anne était en train de souffrir comme une damnée, son énorme ventre prêt à exploser. Une bonne s'occupait de mettre des tissus frais sur son front, essuyant comme elle le pouvait la transpiration de sa maîtresse.
Brandebourg vint s'adosser contre le mur, à côté de son frère, qui regardait la scène sans vraiment savoir où se mettre et que faire.
-C'était vraiment la peine que je me ramène pour voir sortir ton bâtard ? Les accouchements ont l'air tellement douloureux qu'ils me retournent toujours les tripes.
Prusse ne dit rien, et se contenta de regarder la bonne et la sage-femme d'occuper au mieux d'Anne, juste sous ses yeux. Kaufmann était partit pour quinze jours, la Nation en avait immédiatement profité pour venir s'installer dans son manoir. Bien entendu, il ne s'attendait pas à ce que Anne aie des contractions, à près de dix jours de la date prévue. Aux premiers cris, il avait fait la première chose lui venant en tête : aller chercher sa sœur, une sage-femme, et laisser Anne aux soins de sa bonne en attendant.
Il avait besoin de sa sœur, car il savait que ce serait la seule qui accepterait de l'aider à faire de cet enfant une Nation, et il avait une entière confiance en la bonne et la sage-femme. La bonne n'irait jamais raconter à Kaufmann ce qu'il était advenu du bébé, et la sage-femme gardait pour elle de bien nombreux secrets à propos de toutes les naissances qu'elle avait dû assister au fil des années.
-Mademoiselle ! fit la bonne à l'adresse de Brandebourg. Venez nous aider, s'il vous plaît.
L'albinos grogna de mécontentement, puis se dirigea d'un pas lourd et peu motivé vers la femme hurlant de douleur. Rien de tout ça ne l'intéressait, et elle n'était pas spécialement enchantée des conneries que son frère lui laissait sur le dos.
Cependant, ce fut la première à sourire en tenant sa nièce, quelques heures plus tard.
-On dirait que ton instinct maternel n'était pas de très bonne qualité, fit doucement Prusse en tenant la main d'Anne, comme il l'avait fait pendant ses longues heures de travail.
La brune sourit faiblement, et s'assit comme elle le put dans le lit.
-Tu es sûre de toi ? demanda Prusse en regardant sa fille, chouchoutée entre la bonne et sa sœur.
-J'en suis sûre, chuchota Anne. Amène-la-moi, s'il te plaît… Juste une fois.
Prusse hocha la tête et embrassa le front d'Anne, avant d'aller prendre la petite dans ses bras et de l'amener à son aimée.
Anne, dans les bras de Prusse, embrassa délicatement le front de la petite fille, les larmes aux yeux.
-Tu deviendras une remarquable et grande Nation, ma fille. Belle et farouche comme la Rose. Je t'aime, ma fille.
Prusse questionna une nouvelle fois du regard Anne quand celle-ci lui tendit sa fille.
-Fais ce que tu as à faire, dit la jeune mère, pleurant.
Prusse hocha lentement la tête en se mordant les lèvres, puis quitta la pièce, avec sa fille et sa sœur.
Officiellement, l'enfant n'avait pas survécu.
Prusse ignorait bien depuis combien de temps il marchait vers l'Ouest. Il marchait, depuis des jours, une cape sur la tête, son bébé dans les bras. Désormais, sa fille était une Nation. Elle n'avait eu besoin que de quelques courtes pauses pour se nourrir, et le reste du temps, Prusse marchait, sans repos. Il ne pouvait pas l'abandonner à son sort, ici. Elle n'aurait aucune chance de s'en sortir. Il ne pouvait pas la donner à des humains. Elle ne faisait pas partie des leurs. Il ne pouvait pas la garder, seul. Il l'avait bien expliqué à Anne, qu'il refusait de s'occuper de l'enfant alors qu'elle ne pourrait même pas la voir. Et il ne pouvait pas, il ne devait pas. Si elle restait avec lui, sans mère, les autres sauraient qu'elle n'est qu'une bâtarde. Et il était aussi bien trop lâche, au fond. Il devait trouver une Nation, vite. De toutes les principautés du Saint-Empire, il n'en n'avait croisé aucune sur sa route. Alors il continuait de marcher.
-Oh là, toi… Qu'est- ce que tu fais sur mon territoire ?
Prusse leva légèrement sa tête, sous sa capuche. Un homme aux cheveux poivre et sel, de taille moyenne et enveloppé, se tenait au milieu de la route, avec derrière lui une gamine d'une dizaine d'années. Des Nations. Lesquelles, il s'en moquait. Il ignorait même dans quelle région du monde il était. Encore dans le Saint-Empire, en France, en Castille ? Peut-être même qu'il était parti vers la Russie, sans s'en rendre compte.
Prusse s'approcha lentement de lui et lui tendit sa fille. L'homme se frotta la moustache et réajusta ses petites lunettes rondes. Il n'y avait qu'une raison pour que la Nation en face de lui tente d'abandonner cette petite fille, qui était également une Nation.
Mais le vieil homme n'était pas du genre à s'en faire pour de telles choses. Il prit délicatement la petite dans ses bras et demanda à Prusse :
-Sa mère ?
Prusse sourit tristement sous sa capuche, dit d'une voix douce :
-Ce n'est pas la plus belle, et elle est sûrement un peu trop intelligente, mais c'est elle que j'ai choisi.
L'albinos s'approcha lentement de la petite et embrassa une dernière fois son front, les larmes aux yeux.
-Deviens belle et farouche, ma Rose. Une grande et remarquable Nation. Je t'aime, ma fille.
Sur ce, il la laissa dans les bras de l'homme. Aucun des deux n'avait cherché à en savoir plus sur l'autre, car il n'avait rien à savoir. Ils étaient seulement l'homme ayant enfanté d'un bâtard et l'homme ayant recueillit un bâtard. C'était la première et la dernière fois qu'ils se croisaient. C'était les adieux que Prusse avait fait à sa fille.
Aujourd'hui encore, il ignorait tout de cet homme, comme il ignorait tout de ce qu'était devenu son premier enfant.
Prusse revint, éreinté, quelques jours plus tard, dans le manoir de sa sœur. Il avait marché sans s'arrêter pendant près d'une semaine, mangeant à peine. Il ne savait pas ce dont il avait le plus besoin immédiatement. De l'alcool, du tabac, du sommeil, d'Anne.
Il laissa ses pieds le guider vers le petit salon, après avoir réussi à récupérer un verre et la dernière bouteille de whisky. Sa sœur désespérait de le voir vider ses caves, mais c'était pas vraiment ce qui l'importait immédiatement.
Sa sœur était déjà dans le salon, près de l'entrée, un verre de vin en main. Prusse partit se vautrer sur le fauteuil, la bouteille à la bouche. Visiblement, Brandebourg n'était pas seule. Buda et Hongrie étaient à côté de Brandebourg, prêts à partir, et regardaient, estomaqués, Prusse, pâle comme un mort et sale comme un porc qui tentait de lutter pour boire et ne pas s'endormir.
-Prusse, il restait de la bière, soupira Brandebourg. Tu n'étais pas obligé de prendre ma dernière bouteille de whisky…
-Tu sais combien de chopes il me faut pour être misérable ? J'aimerais être saoul rapidement, pour aller me coucher ensuite.
La jeune fille soupira devant la logique stupide de son frère, mais ne dit rien. Hongrie, elle, fronça les sourcils devant l'état de Prusse.
-Laisse-le faire, dit simplement Brandebourg.
-Mais regarde-le, il est sur le point de s'évanouir… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Hongrie, inquiète.
-Rien, cracha Prusse. Casse-toi chez Autriche et mêle-toi de ton cul.
Les deux Magyars ne dirent rien, choqués par l'agressivité de Prusse, qui, malgré son manque chronique de respect, restait tout de même un minimum poli, d'habitude.
Brandebourg soupira, et ouvrit la porte pour diriger Buda et Hongrie vers la sortie, quand Prusse prit la parole, la bouteille sur le ventre, les yeux fixés sur la cheminée dont le feu faiblissait :
-Comment va le gamin ?
-Saint-Empire ? demanda Hongrie en se retournant. Ton frère va bien.
-C'est bien… Le laisse pas faire de conneries. C'est bien que ce soit quelqu'un comme Autriche qui s'occupe de lui… Pas comme moi.
-Qu'est-ce que tu racontes ? demanda la brune. Tu ferais mieux de passer le voir, de temps en temps.
Prusse ne répondit rien et retourna à son whisky. Hongrie comprit qu'elle ne tirerait plus rien de lui et parti avec son frère et Brandebourg. L'albinos revint dans le salon quelques minutes plus tard, visiblement en colère.
-Tu es vraiment insupportable, dit-elle en sortant sa boîte à tabac.
-Laisse-moi ruminer. C'est le seul truc que je suis capable de faire correctement, visiblement. Je suis une horreur sur tous les plans. Un monstre…
-Prusse, t'as fait ce qu'il fallait…
Brandebourg se tut en croisant le regard haineux de son frère. A la place, elle lui envoya une pipe qu'elle avait bien garnie et de quoi l'allumer.
-Je suppose que tu n'en as rien à faire, de savoir pourquoi Hongrie et Buda étaient ici ? demanda la jeune fille en se vautrant plus confortablement.
-Absolument rien à foutre, répondit Prusse en terminant la bouteille.
Brandebourg ne dit rien, mais se contenta de sourire tristement en voyant les paupières de son frère se fermer doucement, avant qu'il ne s'endorme sur le fauteuil, la pipe encore en bouche.
Prusse regardait avec le cœur qui se tordait les premières rides apparaître sur le visage de son aimée.
Anne était vraiment restée une belle femme. Le temps était passé par là, mais la comtesse avait fait son possible pour qu'il n'en soit rien. Elle qui pensait rester toute sa vie une femme de livres, plutôt qu'une femme cherchant à paraître toujours plus jeune. Mais elle ne pouvait pas sembler avoir vingt ans de plus que son amant. Car cela rappelait à Anne que son homme ne la suivrait pas dans sa vieillesse. Que les humains meurent. Et que les Nations restent.
Mais Prusse appréciait toujours autant sa compagnie, et faisait son possible pour passer le temps qu'il pouvait avec elle. Il chérissait ces moments, car il les savait comptés. Chaque jour se rapprochant du dernier, tout doucement, s'égrenant.
Malheureusement, la guerre faisait des ravages en Europe.
Prusse et sa sœur s'étaient unis pour ne faire qu'un pays, quelques années auparavant, mais il devenait difficile de lutter. Brandebourg recevait les dommages de la guerre de plein fouet, et Prusse faisait son possible pour la soutenir. Maintenant, des années après, Prusse se dit qu'il aurait mieux fait de rester un peu plus aux côtés de sa sœur qu'à ceux d'Anne pendant cette période. Mais ce qui est fait est fait. Et Brandebourg était toujours vivante à la fin de la guerre de Trente ans, elle.
Le front était loin de Brandebourg, cette année-là. Mais Prusse n'y était pas. Peut-être ses troupes combattaient, peut-être pas, honnêtement, il n'en avait que faire.
Anne n'était pas si âgée. Prusse refusait de compter les années qu'elle avait vécues leur nombre, si minuscule, ne faisait qu'empirer son mal-être. Mais Anne était tombée malade.
Encore aujourd'hui, Prusse ne savait pas ce qu'elle avait. Il ne voulait pas le savoir, il ne voulait pas repenser à ses symptômes, il ne voulait pas regretter de savoir qu'aujourd'hui, il aurait pu la sauver. Il savait juste que ce n'était pas contagieux, et qu'Anne souffrait. Longtemps. Pour elle. Comme pour lui.
Lentement, elle bougeait de moins en moins. Et Prusse était de plus en plus à son chevet.
Kaufmann était au front. Les deux fils aînés de Kaufmann étaient au front. Dès qu'ils le pouvaient, les deux filles et le fils cadet se relayaient au chevet de leur mère, au côté de cet homme étrange qu'ils ne connaissaient pas.
-Gilbert, emmène-moi dehors.
-Anne, il fait nuit.
La femme ne fit que lui sourire, mais Gilbert soupira. Il ne pourrait jamais rien lui refuser. Lentement, il l'aida à se lever et l'emmena sur le balcon de la chambre. Elle s'accouda à la balustrade, les yeux rivés sur les étoiles, babillant à propos des étoiles filantes traversant le ciel étoilé. Gilbert eu l'impression de la revoir, des années en arrière. Il aurait toujours l'impression de la voir, des années en arrière, dès que ses yeux se poseraient sur le ciel. En fait, il aurait toujours l'impression de la voir. Elle faisait tellement partie de sa vie, ayant eu son mot à dire dans tous les sujets possibles et imaginables…
-Anne, je vous aime.
-Moi aussi, je vous aime.
Tous les deux sourirent. Cela faisait des années qu'ils ne s'étaient pas vouvoyés. Mais en la revoyant comme elle était, en ce temps, Prusse ne put s'en empêcher. La vouvoyer, comme au temps où ils pensaient à la vie qu'ils avaient devant eux.
-Gilbert, il y a quelque chose que nous n'avons fait qu'une fois, à mon grand malheur, dit tout à coup Anne, en tournant sa tête vers son amant.
-Et c'est ?
-Une volte ! Nous avons fait quelques autres danses depuis, mais pas de volte !
Prusse s'adoucit doucement, et s'éloigna légèrement d'elle.
-Vous souvenez-vous des pas, ma chère ? demanda-t-il avec un sourire narquois.
-C'est bien peu me demander, mon cher, répondit la brune avec véhémence. Pour qui me prenez-vous ?
Prusse la salua d'une petite révérence, les yeux toujours fixé sur elle. Les premiers pas se faisaient éloignés. Prusse en profitait pour jauger d'un sourire frondeur l'allure de sa demoiselle, qui soutenait son regard avec insistance.
Prusse aimait ces jeux de regards.
Leurs pas se rapprochaient, et Prusse pu enfin tenir la taille de sa cavalière. Ses pas étaient aussi légers qu'elle le pouvait, mais lents et hésitants. Il savait que ses jambes la faisaient souffrir, mais il savait qu'elle autant que lui avaient besoin de cette danse. Cette dernière danse.
Si semblable, mais si différente de leur première. Ils avaient vieilli, grandit, aimé et souffert entre temps. Tout avait commencé par une volte, et tout terminerait par une volte.
Une dizaine de jours plus tard, Anne ne dansait plus. Elle était allongée dans son lit. Elle respirait encore. Mais tous savaient que bientôt, ça serait terminé.
Les deux filles et le fils cadet étaient là, au chevet du lit. Ils regardaient leur mère mourante. Ils regardaient cet homme aux cheveux blancs lui tenir la main et refusant de la lâcher, quoi qu'il lui en coûte.
Aucun des deux ne pleurait. Ils se regardaient dans les yeux, sans sourire, sans parler. Prusse essayait de graver dans sa mémoire la couleur exacte de ces yeux, et tous les souvenirs qui allaient avec. Anne finit par couper ce calme silence. Sa voix fatiguée s'éleva doucement, ses mots étaient choisis avec soin, comme elle savait que ce serait parmi les derniers qu'elle pourrait prononcer.
-Gilbert… Promets-moi de veiller sur nos enfants.
Prusse fronça lentement les sourcils, interrogatif. Puis, son regard se posa lentement sur les trois enfants au pied du lit de leur mère.
-Oui… Tu croyais vraiment que j'aurais laissé mon mari me mettre enceinte ? rit doucement la brune. Ce privilège t'était réservé.
-Mais… Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
-Tu l'as dit toi même… Que tu risquais énormément si les autres Nations l'apprenaient. Du coup, je n'ai rien dit. Mais maintenant…
Prusse ne répondit rien. Les enfants, eux, n'avaient pas entendu ce que leur mère venait de dire, ou avaient fait comme si.
-Veille sur eux, Gilbert…
-Je le ferais.
-Veille-sur eux, et veille sur toi. Deviens fort, et puissant ! La plus belle et la plus grande Nation. Et l'homme génial et grandiose que j'ai connu. Que je sois fière de toi. Je t'attendrais, en haut, avec les autres femmes que tu as rencontrées dans ta longue vie, et on commèrera et commentera tout ce que tu fais en bas.
-Idiote… Tu crois vraiment qu'une seule des autres femmes que j'ai pu fréquenter dans ma vie vaut quelque chose, comparé à toi ?
-Ca me rendrait triste vis-à-vis du nombre de siècles que tu as vécus, si non, rit lentement Anne. Et ça me rendrait triste, parce que je ne veux pas que tu te morfondes. Je veux que… Tu ailles de l'avant, sans penser à moi. Que tu sois heureux.
-Ca ne changera rien au fait que je ne pourrais jamais aimer quelqu'un comme je t'ai aimé. Ni au fait que tu étais la seule, et tu le resteras. Quand bien même j'ai vu, et je verrais d'autres femmes, c'est toi seule qui restera mienne.
Le silence s'imposa encore quelques instants, avant qu'Anne ne le brise de nouveau avec ses chuchotements.
-Finalement, je n'aurais jamais deviné le prénom d'un inconnu.
Prusse la regarda avec un air étonné, ne sachant pas trop quoi répondre.
-Gilbert, tu ne t'appelles pas Gilbert, n'est-ce pas ?
-Eh bien, si…
-Non, c'est faux. Tu utilises un autre prénom, non ? Tu m'as dit que tu t'appelais Gilbert juste pour ne pas me froisser. J'ai vu tout de suite que tu mentais. C'est pour ça que je disais « Gilbert » dans toutes mes phrases, pour t'apprendre à mentir.
-Peut-être qu'à l'époque non, mais maintenant je m'appelle Gilbert. Parce que c'est le nom que tu m'as donné. Je ne suis pas Humaniste le moins du monde, par contre.
-Idiot.
La respiration d'Anne devenait de plus en plus calme. Prusse laissa doucement ses doigts glisser sur les joues blanchâtres de son aimée. Les yeux de la femme se fermèrent lentement, sa respiration devint paisible.
-Je t'aime, Anne.
L'homme enleva doucement les quelques larmes qui luisaient sur les joues pâles d'Anne.
-Moi aussi je t'aime, Gilbert.
Prusse pleurait, maintenant. Il était là, il la voyait partir. Mais il ne pouvait rien faire. Ni l'aider, ni la sauver, ni l'accompagner.
-Tu m'as fait connaître le bonheur.
Parce que les humains meurent. Et les Nations restent.
-Merci… D'avoir enchanté ma vie…
Prusse l'embrassa une dernière fois. Ce n'était pas la chose la plus douce, la chose la plus magnifique ou un moment magique. C'était ce que c'était.
Anne sourit doucement sentant Prusse poser ses lèvres sur les siennes. Elle ne se sentait plus la force de parler. Lentement, la prise qu'il avait sur sa main se serra dans le vide.
Il la vit partir, dans une simple respiration.
En arrivant au manoir de sa sœur, il vit Brandebourg debout dans l'embrasure de la porte. Elle le serra dans ses bras quand il arriva à sa hauteur, et se laissa enfin vraiment aller à pleurer. Brandebourg ne lui fit aucune remarque, ne dit aucun « Je t'avais prévenu. » Elle le laissa simplement pleurer de tout son soûl, pendant des jours entiers. Hongrie le remarqua, mais ne dit rien.
Prusse veilla sur ses enfants. Aucun ne sut qu'il était leur père. Du moins, aucun ne le dit. Il pensait bien que les trois qui étaient dans la chambre le savaient. Mais Prusse continua de veiller sur eux, dans l'ombre, d'une génération à l'autre.
Et puis, ce fut lui. Le seul qui savait qu'il était son ancêtre. Le seul qui avait deviné, le seul qui le lui avait demandé.
-Alors, le vieux Fritz, on retourne botter du Habsbourg aujourd'hui ?
-Je ne suis pas vieux, Opa.
-Je sais, mais on dirait que tu l'es plus que moi, gamin.
Son roi, son roi favori. Son descendant qu'il a protégé et chéri, mais dont il ne pu faire respecter le testament. Il n'avait rien à dire à ce propos. Après tout, qu'était-il, pour les autres ? Juste Gilbert Weilschmidt.
Il crachinait. Prusse était allongé, les yeux rivés sur les étoiles qu'il ne pouvait qu'imaginer sous les nuages. Il était dans la boue, le corps en sang, un sourire vissé aux lèvres.
Il était devenu une grande Nation. Maintenant, il était temps pour lui de partir.
-Attends-moi.
Mais on ne le laissa pas mourir.
On l'empêcha de partir. Parce qu'il n'avait pas le droit ? Parce qu'il aimait une mauvaise personne ?
Pourtant, son royaume venait de disparaître. Mourir. Il devait mourir. Forçant le destin, il ferma les yeux, priant pour ne plus jamais les rouvrir.
« Mon rêve, Gilbert, ça serait de créer… Une énorme encyclopédie, dans toutes les langues, sur tous les sujets ! Elle se mettrait automatiquement à jour et tout le monde pourrait y avoir accès et y participer… Ca s'appellerait... Nupédia. »
« Créons une langue internationale ! Le français est trop complexe, c'est une langue de cour. Il faudrait en créer une bien plus simple, pour que tout le monde puisse l'apprendre ! La langue de l'espérance ! »
« Que dis-tu de ça ? Fabriquer un appareil transportable qui enregistre la musique pour qu'on puisse l'écouter partout ! »
« Au lieu de payer des percepteurs pour les enfants fortunés, il faudrait créer un établissement où tous les enfants vont pour apprendre. Les filles, et les garçons. Parce que l'éducation, c'est important, Gilbert ! »
« Concept radical : le mariage d'amour ! Un jour, ça existera ! »
Gilbert n'avait jamais cru aux idées avant-gardistes d'Anne. Aujourd'hui, il avait mal au cœur à les utiliser.
-Prusse ! Prusse !
-Prusse, reviens-nous !
Les yeux de Prusse s'étaient finalement rouverts. Il était toujours sur le champ de bataille. Allemagne, Autriche et Hongrie étaient agenouillés autour de lui, les larmes aux yeux. Il devinait, plus loin, Angleterre, Amérique et France. Saxe, Hambourg, Bade. Et Brandebourg.
-Laissez-le mourir !
La voix de sa sœur avait claqué, comme un ordre. Les autres s'étaient tournés vers elle, qui gardait son regard rivé sur le sol boueux.
-Tu veux qu'on le laisse mourir ? demanda Allemagne, estomaqué. Mais…
-Laissez-le mourir. Il le mérite.
-Comment ça, il le mérite ? Ne décide pas de sa mort comme ça !
-Ca fait trois siècles qu'il attend ce moment ! Le moment où il sera devenu la plus grande Nation, la plus puissante, le moment où il mourra, encore fier et vigoureux, parce qu'il aura trop déployé ses ailes ! Il l'a promis, qu'il mourrait à ce moment ! Laissez-le partir !
Brandebourg s'était mise à pleurer, et semblait prête à sauter sur son frère pour l'étrangler elle-même. Saxe, derrière elle, la retient par les épaules pour l'empêcher de bouger.
-Je suis d'accord avec elle.
La voix de France était calme et posée. France qui n'était pas fier d'être vainqueur, comme l'étaient Angleterre et Amérique, mais France qui regardait Prusse lentement mourir devant ses yeux.
-Quoi ? Mais Prusse est ton ami ! s'écria Angleterre.
-Justement, c'est mon ami. Je sais ce qu'il ressent. Je sais ce qu'il veut. Je sais qu'il ne pourra pas continuer d'avancer en étant ici. Laissez-le mourir.
Prusse écoutait les autres débattre autour de lui, les yeux vissés sur les nuages pleurant. Il voulait mourir. Il voulait partir. Il voulait la rejoindre. Il ne voulait plus la faire attendre.
-Fermez-la…
Sa voix était rauque, cassée.
-Mon roi a abdiqué, je viens de me faire massacrer, j'ai perdu presque tout mon sang. Mais ils refusent de me laisser mourir.
Il n'avait pas le droit. C'était sa punition.
Sa punition pour avoir oublié que les humains meurent. Et que les Nations restent.
Sa peine à purger.
Prusse ne dit plus rien, ne pleura pas. Quand sa peine sera purgée, il partira.
On ne le laissa pas mourir en 1918. Il devint l'Etat Libre de Prusse.
On ne le laissa pas mourir en 1947. Son nom disparut. France le comprenait. C'est pour ça qu'il voulait le laisser partir. Russie refusa. Il devint la République Démocratique Allemande.
On ne le laissa pas mourir en 1990. Lui et son frère étaient réunis, de nouveau. Il n'avait plus aucun territoire. Il ne devint rien du tout.
Mais il était encore vivant.
Il n'était mort à aucun de ces moments, comme il n'était pas mort à Stalingrad. Ou à Iéna. Ou quand le tabouret était tombé, le jour où il avait mit cette corde autour du cou. Ou à Sadowa.
Aujourd'hui encore, il vit en attendant sa mort, sa mort qui refuse de venir car il a trahit la loi.
Et aujourd'hui encore, même en continuant de fréquenter des femmes, en continuant de boire, en continuant d'être un homme génial et grandiose, il savait qu'il n'oublierait jamais.
Qu'il est un lâche, ayant abandonné son enfant.
Qu'il est un homme ayant trop désiré ce qu'il ne pouvait pas avoir.
Qu'il est interdit d'aimer un humain.
Parce que les humains meurent.
Et les Nations restent.
Les braises s'éteignaient lentement dans l'âtre.
History Time !
Brandebourg-Prusse : Etat formée par l'union personnelle de Jean Sigismond de Hohenzollern sur la Marche de Brandebourg et le Duché de Prusse en 1618.
Guerre de 30 ans : 1618-1648. En gros, c'était le gros bordel, plus ou moins partout en Europe, ça dépendait des périodes. Le Brandebourg s'est fait ravager, entre -50% et -75% de population en fonction des régions.
Frédéric II : Ou « le vieux Friedrich ». Il était très apprécié par ses sujets, considéré comme un « despote éclairé », et a bien fait la guerre contre la dynastie des Habsbourg (régnant sur le Saint-Empire notamment). Il a demandé, dans son testament, à être enterré dans « le jardin de son palais, sans pompe et de nuit ». Cet enterrement selon son testament n'a été réalisé qu'après la réunification allemande.
1918 : fin de la WWI, le roi de Prusse et empereur du Reich Allemand abdique le 9 novembre. Le royaume de Prusse devient le plus grand des dix-sept Länder de la toute jeune République de Weimar, l'Etat libre de Prusse.
1947 : à la fin de la WWII, les occupants ont décidé de faire disparaître ce qui, symboliquement, est la base du militarisme allemand. Aujourd'hui, il n'existe donc plus de Land avec « Prusse » dans leur nom.
1949 : Séparation de la RFA et de la RDA.
1990 : Réunion de la RFA et de la RDA.
Stalingrad, Iéna, Sadowa : Batailles (Axe contre l'URSS en 42-43, Empire Français contre la Prusse et la Saxe en 1806, Prusse contre l'Autriche et la Saxe en 1866)
Pour moi, une Nation est un être humain ou un enfant de Nations que l'on baptise spécialement, et qui reçoit un territoire. De là, il grandit et s'endurcit, et change même de physique en fonction de ce territoire. Mais le plus souvent, c'est un humain qui a été trouvé et élevé par une Nation. On ne fait pas de différence entre Nation issue de Nation et les Nations issues d'humains, c'est tous des Nations au même titre, mais par contre, les bâtards sont totalement proscrits. Aussi, une Nation remarque immédiatement quand elle est en face d'une autre Nation. Vous comprenez ? MOI OUI.
Voilà, c'est terminé. Ca fait bizarre. J'espère que ça vous a plu, et je vous dis à la prochaine pour une autre fic !
