Manoirmalfoys: Il va falloir patienter pour avoir ces réponses. Encore merci pour les reviews.

Solène: Bonne nouvelle, le début des Hunger Games arrive bientôt ! Sinon, je ne suis pas sûr que Night soit vraiment très intelligent, il est juste... spécial...


– Tu as de très beaux cheveux, Lilia, complimente Caesar.

– M-merci beaucoup, bégaye la jeune fille, impressionnée par la foule immense qui l'observe curieusement.

– Ils te viennent de ta mère ?

– O-oui… les miens sont plus longs…

– Je trouve qu'ils vont très bien avec ta robe, vraiment, tu es ravissante ainsi.

Lilia se décontracte un peu. Caesar a le chic pour mettre à l'aise les tributs lors des interviews. Moi, pendant que tous les participants des Hunger Games sont en train de défiler les uns après les autres sur la scène, je suis en coulisse, seul, proche de la scène, de sorte de pouvoir voir tout ce qui se passe de très près. C'est comme ça, j'ai besoin d'en savoir un maximum sur tous les concurrents et pour cela, je me sens obligé de tout écouter avec précision.

En ce moment, Lilia, la candidate du District 6, est en train de passer. Naturellement, je ne retire pas grand-chose de ce qu'elle est en train de raconter, elle parle de sa famille, de son appréhension à la veille de l'entrée dans l'arène… Et on sent qu'au fond d'elle, elle est effrayée. Tout cela n'apporte pas grand-chose, à part d'apprendre que c'est une fille normale, tout ce que l'on pourrait attendre d'une personne qu'on à enlevé à sa famille pour l'envoyer dans un jeu mortel. Évidemment, Caesar se tient bien d'évoquer les émeutes qui ont eux lieu dans son district.

Au final, pour l'instant, je n'ai pas apprit grand-chose. Ces interviews publiques retransmises à la télévision sont essentiellement dirigées vers les habitants du Capitole qui veulent mieux connaitre ceux dont ils verront le massacre, et vers les éventuels sponsors. Nous, les mentors, n'en retirons pas grand-chose, tout est tellement bien préparé à l'avance... Il n'y a jamais de district qui dit : « ma stratégie est d'empoisonner tous mes adversaires en empoisonnant toutes les réserves d'eau que je trouverai. Les poisons, c'est ma grande spécialité ! ».

Cependant, ça va bientôt être au tour du garçon du 6 de parler. Et ça, ça m'intéresse, ne serait-ce que par curiosité. Je dois dire que ce tribut a quelque chose d'intrigant, au-delà du fait qu'il ait été ''envoyé'' par le Capitole sur le champ de bataille. Par la façon dont il marche vers le siège qui lui est destiné, on sent que quelque chose de bizarre se dégage de lui.

– Il est vraiment spécial, n'est-ce pas ? dit une voix derrière moi.

Je me retourne et mes yeux s'ouvrent en grand. C'est Worthcow. Je manque de sursauter à sa vue. Mais que me veut-il ? Il ne devrait pas être ici, à me parler.

– Bonsoir, monsieur Worthcow, je lui dis froidement. Que puis-je faire pour vous ?

– J'ai deux trois papiers à vous faire signer…

– Dépêchez vous, j'aimerai pouvoir suivre les interviews, c'est mon job, je vous rappelle…

– Mais je ne suis pas pressé, je peux bien attendre que le jeune homme du District 6 ait finit, je suis moi-même très intéressé par ce qu'il a à dire.

La présence du Commissaire Général m'embête fortement, je n'y tenais vraiment pas. Mes pensées s'embrouille quelque peut, ce qui fait que je me décide à me concentrer sur l'interview en essayant de ne pas me soucier cette troublante présence.

– Bonsoir, jeune homme, dit Caesar au nouvel arrivant.

– Bonsoir, répond-il avec assurance.

– Comment t'appelles-tu ?

– Raven.

– Un tonnerre d'applaudissement pour Raven !

La foule répond par une grande acclamation. D'habitude, cela intimide un peu les tributs, mais ce n'est pas le cas de Raven, qui garde un certain aplomb. Caesar enchaîne rapidement :

– Je me souviens de toi pendant la parade en char. Tu avais un superbe costume de steward bleu tout à fait représentatif de ton district, celui des transports. Je trouve que votre styliste a eu une brillante idée, à la fois chic et représentative. N'est-ce pas ?

– Oui, répond courtement Raven.

– Mais ce qui m'a le plus sauté aux yeux, c'est l'attitude que tu avais. J'ai ressenti dans ton regard comme une volonté d'acier, une détermination absolue, comme si tu voulais nous faire comprendre à tous que tu était capable d'aller jusqu'au bout de l'aventure. Et je pense que je ne suis pas le seul à l'avoir remarquée, n'ais-je pas raison ? demande-t-il en se tournant vers le public.

Il reçoit par ci par là des cris d'affirmation. Il se retourne alors vers le garçon.

– Dis-moi, Raven, d'où te viens cette détermination, ce n'est pas ce qu'on a l'habitude de voir de la part d'un tribut venant d'un district défavorisé !

Raven réfléchit. Il n'a évidemment pas le droit de dire qu'il a été en fait désigné par le Capitole. Il trouve alors une solution de rechange.

– J'ai envie de montrer à tous les gens de mon district qu'ils peuvent avoir confiance en moi, que je ferai tout ce que je peux aller loin, beaucoup plus loin que ce qu'ils croient. Ce n'est pas parce qu'on vient du 6 qu'on doit mourir dès le début des Jeux. Je veux montrer à mon district, à mes proches, que je peux le faire.

Sans raison apparente, Worthcow se met à rire à mes côtés.

– Tu veux dire que tu voulais montrer qu'on pouvait espérer que tu gagne ? demande Caesar.

– Je veux représenter l'espoir, l'espoir qu'on peut faire mieux que ce à quoi on peut espérer. Dans mon district, je ne passai pas un jour sans dire à ma famille que tout allait aller mieux, qu'il suffirait d'attendre, de ne pas perdre l'espoir.

– Tu vis dans une famille pauvre ?

– Oui. Et avant de partir, j'ai dit à mes parents que je reviendrai et qu'il n'y aura plus à se soucier de l'avenir.

J'ai tout de suite un gros doute. Ses parents n'ont-ils pas été tués avant l'épreuve ? Je tourne la tête vers Worthcow, qui sourit.

– Un petit mensonge pour amadouer les sponsors… souffle-t-il. Ce tribut est doué.

– Je te remercie, Raven, conclut Caesar. Tu représenteras donc l'espoir pour ton district, et je te souhaite bonne chance pour ces Hunger Games.

Caesar et Raven se relèvent et se serrent la main. Worthcow est étonnement souriant à mes côtés.

– L'espoir… Quel espoir représente-t-il s'il meurt avant la fin… Il a du tempérament ce garçon. Mais moi, je ne crois pas en son beau discours.

– Et s'il gagne ? Je demande à Worthcow.

– S'il gagne.

Worthcow fouille dans une de ses poches et en sort une liasse de papiers et un crayon.

– Tenez, signez ici, c'est des trucs règlementaires, des autorisations de diffusions, des trucs dont on pourrait se passer, mais comme vous le savez, je préfère que les choses soient faites dans les règles.

Je signe les papiers et Worthcow les range immédiatement dans sa poche.

– Ça va-t-être à vos tributs, maintenant, non ? Alors je vous laisse. Bonne soirée, monsieur Spencey.

Et, sans ajouter un mot, il s'en va.

Tout de suite après, Caesar Flickermann appelle la prochaine personne : c'est Epsilon Blisstone. Timidement, elle avance vers la chaise et s'assoit à côté de Caesar. Celui-ci lui tend un sourire rassurant.

– Bonsoir. Comment tu t'appelles ?

– E-Epsilon.

– Un tonnerre d'applaudissement pour Epsilon, s'il vous plaît !

La foule applaudit à tout rompre, et Epsilon, contrairement à Raven juste avant, se raidit et s'affaisse un peu dans son siège. On sent qu'elle est loin d'être à l'aise.

– Très jolie robe, ma chère.

– M-merci…

La robe d'Epsilon n'est pas vraiment belle, elle en fait d'un vert assez sobre. Rokas n'est pas allé dans ses folies naturelles habituelles. Après le flop total des costumes de la parade en char, il semble être un peu rentré dans le rang. Tous les commentaires négatifs ont finit par le calmer, à mon grand bonheur.

– Quand je te vois, Epsilon, je dois t'avouer que je ne songerai pas un instant que tu vas participer aux Hunger Games. Pourtant, tu as obtenu un 7 lors des évaluations. C'est une note honorable pour une jeune fille comme toi !

De légers applaudissements montent de la foule. Epsilon adopte alors une petite moue modeste.

– Dis-moi, ma petite, que peut-on attendre de toi pendant ces Hunger Games ?

– Je… hésite Epsilon. Je suis intelligente. Je viens du 7, je connais donc beaucoup de choses sur la nature et les animaux. Et j'ai appris beaucoup de choses depuis que je suis ici…

– Tu aimes le Capitole ? Une telle ville doit t'impressionner par rapport aux grandes forêts du District 7 !

– Oui… J'avoue que c'est très surprenant… L'architecture est tellement… Hors norme ! J'avoue que je prends beaucoup de plaisir à observer le Capitole de notre appartement. Les gens sont différents aussi. C'est vraiment… Surprenant.

Faire un peu de compliment au Capitole devant la foule ne fait pas de mal. C'est un peu ce qu'on avait prévu avant les interviews : se montrer intelligente et charmante. C'est sa carte à elle. Le tout n'est pas de vouloir se cacher complètement lors des interviews, cela pourrait rebuter quelques sponsors potentiels. Et c'est justement l'effet inverse qui est recherché.

– Sinon, Epsilon, à quoi t'attends-tu, pour l'arène de cette année ? Si tu pouvais donner un pronostic ?

– Eh bien…J'espère qu'il y aura une forêt… Ce n'est pas très original, je sais, mais vous savez, quand on vient du District 7…

Caesar rit à la blague, même si ce n'en était pas une.

– Merci Epsilon, et bonne chance pour ces Hunger Games !

La foule applaudit, et Caesar embrasse Epsilon, qui quitte la scène en tremblant. Ça s'est bien passé, sans que ça soulève la foule. Maintenant, c'est au tour de Night.

Avec lui, je peux toujours avoir peur de quelque chose d'inattendu, car je ne l'ai toujours pas bien cerné. Caesar l'appelle, il entre sur scène, habillé d'un vêtement de la même couleur que ses cheveux roux. C'est assez moche, mais sobre quand même. Il est bien plus serein qu'Epsilon, en fait, je me demande simplement s'il est capable de paniquer.

– Comment t'appelles-tu, jeune homme ?

– Night.

– Applaudissons Night !

Comme à chaque fois, la foule se met à acclamer le nouveau venu. Night semble déjà concentré sur autre chose.

– Comment ça va, Night ? Pas trop stressé ?

– Non. Pour l'instant, j'arrive à peu près à gérer, même si ce n'est pas facile. Vous avez pu le voir à mes notes…

Caesar semble un peu gêné. Ce n'est pas souvent qu'un tribut aborde le sujet des notes quand celle qu'il a obtenu est mauvaise.

– Oui. Il est vrai que je ne m'attendais pas à un 3 d'un jeune homme comme toi.

– C'est vrai, mais c'est ce que les juges m'ont donné, il faut l'accepter. Et puis, vous savez, 3, ce n'est qu'un chiffre, ça ne représente pas vraiment ce qu'une personne est.

– Bien sûr, bien sûr. Mais les juges ont toutes les compétences pour évaluer les tributs, recadre Caesar.

– Oui… Si les tributs jouent le jeu…

Caesar lui jette un regard surpris. Parler ainsi des juges et des évaluations est très risqué pendant les interviews, mais il fallait faire quelque chose après ce 3 obtenu. Ce court discours n'est peut-être pas le plus réussi, mais il laisse éventuellement planer un doute comme quoi Night aurait un peu truqué son évaluation. Silka pourra brandir cela s'il faut négocier avec un sponsor. Caesar, lui, préfère changer vite fait de sujet.

– Je sais qu'aborder une telle épreuve n'est vraiment pas facile. Tu arrives à gérer ? Quel est ton secret ?

– En fait… C'est un peu différent pour moi… Je peux dire quelque chose ?

– Évidemment.

Night prend une grande inspiration.

– Vous ne comprendrez peut-être pas, mais que tout ce que je fais, c'est pour une certaine personne que je porte dans mon cœur, qui n'est pas ici. J'espère qu'elle saura me pardonner si j'échoue, pour ce que j'ai pu faire. Mais c'est comme ça que je suis, il faut toujours que j'aide les autres.

Je ne comprends pas. Pour qui parle-t-il ? Sa mère ? Quelqu'un resté au District 7 ? Epsilon ? Il a pourtant dit que cette personne n'était pas ici, mais c'est peut-être juste pour brouiller les pistes, il faudra que je le lui demande. Caesar ne sait pas trop comment le prendre, ce message étant très personnel, alors il préfère couper court à l'interview.

– Merci Night. Je te souhaite bonne chance pour les Hunger Games !

La foule applaudit, Night serre la main de Caesar et sort de scène, où je l'intercepte avant tout le monde.

– Ça s'est plutôt bien passé, non ? me demande-t-il.

– A part le message à la fin, tu a fais tout ce qu'on avait prévu.

– Oui… Il fallait vraiment que je dise ça…

– Dis, ce message n'était pas destiné à une personne qui participe aux Hunger Games cette année, j'espère ?

– Oh… Presque !

– Ce n'était pas Epsilon, au moins ?

– Ah… Non, c'est personnel. Mais vous finirez par comprendre…

A cet instant là, Silka, Cashade, Rokas et d'autres membres de notre équipe nous rejoignent, félicitant Night pour son passage. Moi, je préfère m'absenter un peu, et observer le reste des interviews.

D'autant que le prochain tribut m'intéresse tout autant que les miens. Car pour l'instant, je n'ai jamais entendu la voix de ce fameux Riley dont Epsilon a tant parlé. Du haut de ses 18 ans, il est assez grand, athlétique, plutôt bel homme… C'est sûr qu'avec lui, mes tributs auront une chance de profiter de ses cadeaux.

Il a une assez bonne assurance quand Caesar, ses mots sont bien trouvés, il arrive à peu près à se mettre le public dans la poche, mais tout cela ne m'indique pas si je peux lui faire confiance. Bien sûr, la conversation ne porte pas sur l'épreuve en elle-même, et les questions posées par Caesar ne sont pas piégeuses. Dans l'ensemble, je n'arrive pas à déceler une quelconque mauvaise foi, je n'ai pas un mauvais feeling, les voyants sont donc plutôt au verts.

J'observe ensuite successivement tous les autres tributs qui passent l'un après l'autre. A la fin de la soirée, je me fais à l'idée que je n'ai pas appris grand-chose, aucune grande révélation n'a été faite, les carrières se sont montrés confiants et les autres ont évité de parler de leurs chances de victoires. A part le message de Night, je n'ai pas grand-chose à retenir.

Je me dirige alors vers la sortie en passant par les coulisses, et c'est là que je me fais surprendre : un homme m'attrape par l'épaule et me retourne. C'est un pacificateur dont je ne peux voir le visage à cause de la visière noire de son casque.

– Eh, Keen, c'est moi !

– Daril ?! Mais… T'es pas censé me parler, ici, avec tout ce monde autour !

– J'en ai juste pour quelques secondes…

– Ça pourrait être dangereux, Worthcow à remarqué que je m'étais fait la malle dès le premier jour, il doit se douter de quelque chose…

– Worthcow se doute toujours de quelque chose… Tiens, prends ça.

Daril sort de sa poche un petit objet de la taille de la paume.

– C'est un émetteur-récepteur sans fil. Une sorte de Talkie-walkie, quoi… J'ai eu toutes les peines à en chourer un, tu sais avec tous les contrôles de matériel, j'ai dû en piquer un qu'ils allaient jeter, mais il marche encore assez bien. Tu sais, le Capitole fait vraiment tout pour limiter les moyens de communication, alors fais gaffe de ne pas te faire choper avec ça !

– Tu veux dire… Qu'on n'aura plus besoin de se rencontrer pour se parler ?

– N'en abuse pas trop, je ne serai pas trop disponible. Ces connards m'ont foutu en service pendant les Hunger Games ! Je vais devoir surveiller les tributs, voler en hovercraft au dessus de l'arène, larguer les parachutes, récupérer les corps, et tout ça… Je leur avais pourtant demandé un congé !

– Bon, je vais y aller, il ne faut pas trop qu'on reste ensemble.

– Ok, tchao.

Je m'éloigne rapidement. Je regarde l'émetteur-récepteur de Daril. Voilà quelque chose qui va bien emmerder Worthcow !