Moajackspa: Je ne voudrai pas dévoiler la suite de mon histoire, mais... Pour moi, une fanfiction se fait en respectant au maximum l'œuvre originale. Donc, désolé, mais pas de révolution. (Cependant, je pense que mon histoire ne devrait pas en être moins originale. A suivre...)

Manoirmalfoys : Évidemment qu'il va servir. D'un certain point de vue, il sera même essentiel.


Mes mains tremblent, tout mon corps tremble… C'est à chaque fois la même chose, chaque année, l'une après l'autre, c'est le moment où j'arrive le moins à me contrôler, le moment où je sens déferler en moins le plus de pression. Aujourd'hui, c'est le jour J, le jour où mes tributs seront envoyés dans l'arène, le jour à partir duquel ils pourront mourir. Je regarde mes mains trembler pendant une bonne minute, avant de m'y fourrer la tête à l'intérieur. Cette attente est vraiment insupportable.

Cashade essaye de me rassurer, mais avec son style plutôt franc, ses paroles sonnent plutôt comme « ne t'en fait pas, même s'il y a de bonnes chances que tes deux tributs se fassent exterminer en moins de deux ! ».

Silka est là aussi, toujours avec son air un peu détaché, pour faire genre qu'elle s'en fout. Mais je vois bien que ce n'est pas tout à fait le cas. Sa respiration est un peu saccadée, et manque parfois de se ronger les ongles. Elle a tout fait pour se persuader que cette année ne serait pas la bonne qu'il faudra encore attendre un peu avant qu'elle ait une chance d'être promue, mais au fond d'elle, elle ne peut pas s'empêcher de penser : « et si ça arrivait ? Et si cette année, un des deux allait assez loin ? ». Au fond, tous les gens, elle joue sa carrière sur les Hunger Games, tout son travail se concentre presque essentiellement sur cet évènement. Et c'est aujourd'hui qu'il commence.

Rokas, lui, n'est pas là. Comme tous les autres stylistes, il sera juste en dessous de l'arène, à-côté des ascenseurs qui emmèneront les tributs sur leur piédestal, où ils découvriront pour la première fois le champ de bataille. Son rôle se limitera à présenter le costume fabriqué par le Capitole pour l'arène, et, éventuellement, à donner quelques conseils, voire à rassurer le tribut. Mais, à ce que je sache, ce n'est pas la spécialité de Rokas (à vrai dire, je me demande bien quelle est la spécialité de Rokas, pas sûr que ce soit le stylisme…). Si ça avait été moi à sa place, j'aurais peut-être moins stressé. Ou plus… Difficile de savoir.

Ce matin, les pacificateurs sont venus chercher Night et epsilon, et ils les ont escortés jusqu'à la base de lancement. C'est là qu'ils retrouveront leur hovercraft qui les emmènera jusqu'à l'arène. Je me souviens encore bien de ma propre journée où j'ai été envoyé. La base de lancement est l'endroit où sont lancé la majorité des engins volant du Capitole, et, comme pour rejoindre l'arène, il faut passer par la voie aérienne, c'est le principal point de liaison entre l'arène et le Capitole. Dans cette base, il y a une multitude d'hovercraft et d'hoverplane entreposés, et un grand tarmac pour leur décollage. Daril m'avait expliqué une fois comment était cet endroit, qu'il disait connaitre comme sa poche, tellement on l'y avait envoyé pour ses missions. Il dit même savoir comment passer outre tous les systèmes de sécurité, mais je doute un peu sur ce point.

Après cela, tous les tributs sont embarqués dans le même hovercraft, qui les emporte vers l'arène. Je me souviens de l'ambiance dans l'hovercraft, certains essayaient d'impressionner les autres d'un regard, certains essayaient de penser à autre chose, d'autres n'arrivaient juste pas à contenir leur émotion… c'est aussi là qu'on nous injecte le mouchard dans le bras, celui qui permet au Capitole de localiser les tributs où qu'ils soient. Je me demande bien à quoi ils servent, étant donné qu'il y a des caméras partout. Eventuellement, si un tribut parvient à s'échapper de l'arène… mais je n'ai pas souvenir qu'un tribut y soit déjà parvenu, ni même ne l'ai tenté. Le Capitole est bien trop vigilant pour que ça arrive.

Ensuite, on nous emmène sous l'arène, et on nous montre le costume, première indication sur le paysage dans lequel on sera. Généralement, ça donne la tendance pour savoir s'il fera froid ou chaud, mais comme on entre dans l'arène une minute après, on n'a pas besoin de se poser toutes ces questions.

D'ailleurs, je me repasse tous les indices que j'ai sur l'arène : constructions, météo, Daril qui dit que ça risque d'être énorme… Pas grand-chose à se mettre sous la dent. J'espère le conseil que j'ai donné au tribut de se concentrer sur la survie sera payant.

Je me remémore mon dernier contact avec les tributs, très court, très dur. Je me remémore les derniers conseils que je leur ai donnés. Pendant le bain de sang, fuyez, ne perdez pas une seconde, si vous n'emportez rien, au moins, vous ne mourrez pas. Si vous vous êtes concentrés sur la survie, ce n'est pas pour rien, vous devez être capable de vous débrouiller sans rien. Et, au bout d'un moment, les armes et les objets finissent par se trouver, les carrières ne peuvent pas retenir éternellement auprès d'eux toutes les ressources. Je pense que je les ai convaincu de fuir le bain de sang, Night semblait déjà d'accord dès le départ, et Epsilon s'est laissée convaincre, d'autant qu'un 7 à l'examen lui montre qu'elle a quand même des capacités en survie.

Ensuite, il faut que vous fuyez, le plus loin possible des carrières, et que vous vous cachez, que vous laissiez passer les morts, jusqu'à ce qu'il ne reste plus suffisamment de monde pour que les carrières se fassent confiance, et qu'ils rompent l'alliance. A partir de là, tout devient possible.

Je leur ai quand même dit de faire attention à Riley. Peut-être qu'au début, il sera avec vous, mais ensuite, il se rendra peut-être compte qu'il serait mieux tout seul. Si vous vous apercevez à un seul instant qu'il pense que vous êtes des boulets, ou qu'il veut faire cavalier seul, ou juste qu'il se comporte bizarrement, surveillez-le. Vous êtes deux, ça ne devrait pas trop poser de problème.

Et enfin, je leur ai dit que si, à un moment, ils se trouvaient en position de tuer un ennemi, il ne faudrait pas hésiter. Ne pas avoir peur de la mort des autres, c'est tout ce que je peux leur conseiller. Je sais que ce ne sont que des mots, mais ça peut quand même aider. Arrivé au moment de faire un choix, il est plus facile de choisir ce que son mentor a conseillé.

Sur ce, ils sont partis. C'était la dernière fois où j'entrais en contact avec eux. Mon travail est déjà presque entièrement terminé. Les dés sont jetés.

Je continue à me morfondre dans mon mal être. La pression est vraiment trop insoutenable. Le Capitole a communiqué l'horaire de départ, il ne reste plus qu'une vingtaine de minutes maintenant. Vingt minutes avant le moment qui sera certainement le plus spectaculaire de l'année. On a beau dire, mais le bain de sang est toujours le moment le plus chargé en émotions, c'est toujours là où il y a le plus de morts, surtout depuis qu'il y a des tributs de carrière, qui ne voient en ce moment qu'un moyen de tuer le plus possible de monde. C'est aussi un des moments le plus apprécié par les habitants du Capitole. Tout ce sang… Tout ce sang qui gicle partout… Quel spectacle splendide ! Qu'est-ce qu'il y a de plus impressionnant qu'un immense combat à mort ?

Je ne comprendrai jamais la façon de penser de ces gens…

A cet instant, le téléphoner sonne. Qui donc a idée d'appeler à un moment pareil ? A l'heure qu'il est, tout le monde doit être comme moi, les yeux rivés sur le téléviseur, en attendant que les Hunger Games commencent. Mais tant mieux, j'ai besoin de me changer les idées. Je me lève donc d'un bon, je me dirige vers le téléphone et je le décroche. Mais, au bout du fil, il n'y a rien, juste la tonalité qui sonne à intervalles réguliers, et la sonnerie continue à retentir dans l'appartement.

Tout d'un coup, je me rends compte que ce n'est pas le téléphone qui sonne, mais l'émetteur que Daril m'a donné. Mon cœur fait un bond, c'est donc lui qui m'appelle ! Toutes les sonneries du Capitole sont normalisées, ce qui fait que je n'ai pas pu différencier celle du téléphone et de l'émetteur ! Je me rue vers ma chambre où j'ai laissé l'appareil et je le décroche en vitesse.

– Daril ?!

– T'en a mis du temps pour décrocher !

– Je sais, je sais…

– Faudrait pas que quelqu'un se rende compte que tu as ça chez toi… Ca pourrait…

– Qu'est-ce tu veux me dire, Daril ?!

– Eh bien figure toi, et écoute bien, ça va t'en boucher un coin, que j'ai réussi à te dénicher un truc très intéressant…

Il prend une pause et j'écoute. Mais il attend que je lui pose la question avant.

– Alors ?! Qu'est-ce que t'as trouvé ?!

– Enfin, c'est pas vraiment moi qui l'ai trouvé, c'est un pote à moi qui a un ami à l'organisation, qui, en fouillant dans les réserves…

– Allez !

– Bon… Bon… C'est un costume pour les Hunger Games… De cette année… Taille standard homme.

Silence.

– Tu veux dire que tu as entre les mains un costume officiel ? Ceux que les tributs vont porter ?

– Ouaip. En ce moment même !

– Mais tu pouvais pas l'avoir avant ! Maintenant c'est trop tard ! Les tributs sont partis, ça va me servir à quoi de savoir quels vêtements ils vont porter ?!

– Ben… Oui, t'as raison… mais avoue que c'est quand même un exploit d'avoir réussi à l'obtenir !

Je me frotte les yeux. Connaitre les vêtements à l'avance m'aurait surement beaucoup aidé. Mais maintenant, c'est inutile. A part par curiosité.

– Bon… Allez, décrit-le, je suis sûr que tu meurs d'envie de me dire à quoi il ressemble.

– C'est un vêtement pour un terrain chaud. Pas de manches, tissu assez fin… le bas est assez bizarre, une sorte de short prolongé en collant. Dominante noire, comme souvent. Rien pour se protéger de la pluie, désolé, mais je ne pense pas que l'eau tombera du ciel.

Terrain chaud, pas de pluie… Désert ? Ca sentirait assez mauvais. Il y a toujours des points d'eau dans ces cas là, évidemment pris d'assaut par les carrières. Mais les juges mettent aussi des plantes dont on peut retirer l'eau, et Epsilon a du apprendre cela, ça fait partie des bases de la survie en désert. Mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de pluie qu'il n'y aura pas de forêt. Les juges contrôlant la météo, ils peuvent bien mettre les tributs dans une jungle et faire en sorte qu'il ne pleuve pas. La seule chose vraiment sûre, c'est que l'environnement ne sera pas froid. Pas de toundra ou de montagne enneigée. Ouf.

– Enfin, tu te rendras bien compte du truc à l'écran, ajoute Daril. C'est assez standard, comme toujours… Bon, désolé, mais il faudrait pas que je me fasse surprendre, je préfère te laisser. A plus.

– Merci Daril.

Il raccroche. Je range l'émetteur à un endroit où personne ne pourra le trouver. Puis je reviens dans le salon.

A l'écran, ils sont en train de passer une rétrospective de tous les tributs, que j'ai déjà vue plusieurs fois. Je m'affale dans un fauteuil et j'attends pendant 10 minutes, qui me paraissent interminables, avant que l'émission ne commence.

– Rebonjour à tous, cher téléspectateurs ! s'exclame joyeusement Caesar Flickermann. Dans quelques instants, les 58° Hunger games vont commencer !

– On y est, Annonce froidement Cashade.

Caesar ne cache pas son enthousiasme devant un tel évènement. Il est, comme d'habitude, secondé par Claudius Templesmith, l'annonceur officiel des Hunger Games. Dans la pièce, tout le monde retient son souffle. Heureusement, ils ne sont pas très long, Claudius conclut brièvement en disant :

– Je sens que cette édition sera une grande, une très grande édition ! La présentation des tributs m'a fait une très forte impression. Puisse le sort être en leur faveur !

– Je regarde ma montre, Claudius, et je remarque qu'il est l'heure, interrompt Caesar avec un sourire malin. Mesdames et messieurs, que les 58° Hunger Games commencent !

Je retiens ma respiration pendant que l'image de Caesar se fond en celle de l'arène.

Mes yeux parcourent brièvement l'image…

Une dominante de noir et de rouge…

Eh bien la forêt, ce ne sera pas pour cette fois.


Désolé de finir là, mais c'est la dure loi des chapitres...