Solene: Ça arrive tout de suite

Leorette: Ça arrive tout de suite.

Manoirmalfoys:Ça arrive tout de suite. La supposition n'est pas si idiote mais... Non...

Jerem: Merciiiiiiiiiiiii ! Vraiment content que cette histoire te plaise autant, d'autant que les points positifs que tu relèves me tenaient particulièrement à cœur !

On arrive dans la phase 2 de la fic (sur 3, la 3° étant, je l'espère, complètement inédite). J'espère qu'elle te plaira autant, voire plus que la première, toi, lecteur que j'aime tant.


Incroyable.

Caesar Flickermann laisse le silence s'installer pour que les téléspectateurs aient le temps d'admirer le « chef d'œuvre » fabriqué par les juges cette année. Personne n'ose prononcer un mot dans la pièce. J'ai moi-même du mal à ne pas me frotter les yeux pour vérifier si ce que je vois est bien réel.

Apocalypse. Le premier mot qui me vient à l'esprit est apocalypse. Ce n'est pas la première fois que le Capitole nous propose un paysage apocalyptique, mais celui-ci est le premier que je vois qui me provoque des frissons. L'arène est une ville détruite, complètement détruite, les bâtiments ne sont plus que des pans de murs, les rues sont jonchées de débris, de briques et planches de bois entassés au sol. Bien sûr, cela a déjà été fait, mais ce n'est pas ce qui me saisit.

Tout est noir, brûlé, calciné, le sol est noir, les murs sont noirs, couverts de cendres, les montagnes alentours sont noires, tout n'est que désolation. La ville a prit entièrement feu. Et l'incendie n'est même pas terminé : il reste par ci par là des incendies en cours, des feus un peu partout, il me semble même apercevoir un feu repartir. Et il y a des braises encore incandescentes rouges qui trainent un peu partout. Se déplacer dans un tel enfer semble à la limite du possible, tellement les gravats et les braises sont dangereux.

Mes yeux s'élèvent un peu dans ce paysage dévasté. La ville est encaissée dans les montagnes. Mais ce ne sont pas des montagnes comme les autres, car il y a parmi elles un immense volcan. Et ce volcan est loin d'être endormi : des panaches de fumée et de cendres s'élèvent de sont immense cratère et s'envolent dans le ciel. Le ciel n'est ainsi plus qu'un énorme nuage noir, teinté d'un rouge feu inquiétant.

Noir et rouge. Ce sont les seules couleurs que je peux voir dans cette arène. Et c'est ça qui donne un aspect si saisissant. Je ne pourrais même pas vous dire si on est le jour ou la nuit, l'épais nuage ne laissant pas passer la lumière du soleil. Tout n'est éclairé que par la teinte rouge du nuage et les braises au sol. Je soupçonne d'ailleurs le Capitole d'avoir truqué la composition pour que sa rougeur soit assez intense pour éclairer convenablement le spectacle pour les téléspectateurs.

Je pense alors au conseil que j'ai donné aux tributs, celui de se concentrer sur la survie. Quel imbécile j'ai été. Ce qu'on apprend dans les livres de survie sert dans des paysages réels, on y apprend à survivre dans des lieux où on pourrait se retrouver, comme dans un décor enneigé, un désert, une jungle… Ici, c'est un lieu entièrement créé par le Capitole, totalement unique. Où trouver de l'eau dans un tel endroit ? Où trouver de la nourriture ? Il n'y a rien de vivant ici. Quand je pense à toutes les choses qu'Epsilon s'est embêté à apprendre toutes ces choses sur les plantes…

Je repense à toutes les indications que m'a données Daril. Elles s'avèrent être presque toutes justes. Il m'avait dit que l'arène n'était pas très loin du Capitole, pas étonnant quand on sait que le Capitole est dans la principale chaîne de montagne du pays. Il avait également parlé d'un gros modificateur de météo, et je pense que le Capitole devait en avoir besoin pour créer cet immense nuage de fumée. Quant au matériel de construction, n'en parlons pas. Daril avait dit qu'il sentait que cette édition serait exceptionnelle, et je peux dire que, juste en voyant l'arène, je peux déjà le confirmer.

Si le Capitole voulait des images exceptionnelles, il sera servi.

Tout d'un coup, sans un avertissement, Cashade se met à rire.

– Ah ! s'exclame-t-elle. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'on va s'amuser cette année !

– C'est pas bon pour nous, je dis. Comment veux-tu que la survie serve à quelque chose ici ?! Les carrières vont se planquer à côté de la Corne d'Abondance et attendre que tous les autres tributs crèvent un par un de soif ou de faim !

– Oh, le Capitole a surement pensé à ça, et je pense qu'il va nous réserver quelques surprises…

Cashade est coupée par Caesar qui reprend la parole :

– Et voici donc l'arène que vous attendiez tant, chers téléspectateurs ! Un paysage d'apocalypse pour ces 58° Hunger Games ! C'est vraiment exceptionnel ce qui s'étend devant nous en ce moment même, j'espère que comme moi, vous en prenez plein les yeux ! Une première réaction, Claudius ?

– Étant l'annonceur officiel, ça faisait longtemps que je connaissais la nature de l'arène, et je dois avouer que ça faisait un moment que j'attendais impatiemment qu'on la révèle à l'ensemble du Capitole ! Les designers de cette majestueuse arène ont fait un travail splendide !

– Je ne voudrais pas trop m'avancer, Claudius, mais je pense que que cette arène restera dans les annales comme l'une des plus exceptionnelle que l'on ai connu jusque là.

– Vous avez raisons, Caesar.

– Mais revenons au direct, le spectacle va bientôt commencer.

– Merde, ça va toujours trop vite, grince Cashade. Le bain de sang…

– Je ne tiens vraiment pas à voir ça, dis Silka. Je m'en vais.

Elle s'en va sans même qu'on la regarde. Nos yeux sont rivés vers les tributs que la caméra montre en ce moment. Ils sont tous sur leurs colonnes, la tension est plus que palpable sur leur visage. Ils sont sur ce qui semble (ou plutôt semblait) être la place centrale de la ville.

– Et ça y est ! S'exclame Caesar. Le compte à rebours d'une minute a commencé. Et là encore, une surprise pour nos tributs. Espérons qu'ils ont repéré le chronomètre de cette année !

En effet, les tributs cherchent du regard le chronomètre qui devrait s'afficher sur la Corne d'Abondance. Mais cette année, il n'y est pas. La Corne d'Abondance est d'ailleurs, comme le reste des bâtiments, entièrement noire, contrairement à sa couleur habituellement dorée. Comme d'habitude, des dizaines de sac contenant des armes, de la nourriture et des outils, sont rassemblés à proximité, mais il me semble qu'il y en a moins que d'habitude.

– Cette année, c'est l'horloge du village qui fera office de chronomètre ! énonce Caesar. Quand la grande aiguille pointera 0, il sera midi sur l'horloge, et les Hunger Games commenceront. Espérons que les tributs l'auront remarqué assez tôt !

Effectivement, il y a une horloge accrochée au clocher de la ville, situé sur la place centrale, le plus haut bâtiment qui tient encore debout. Sur cette horloge, il ne reste plus que trente secondes avant que ça ne passe à midi.

Il y a ensuite un plan large de tous les tributs. Instinctivement, je recherche du regard mes protégés. Je les repère, ils sont assez éloignés l'un de l'autre, Mais ils ont eu la chance de ne pas tomber juste à côté d'un carrière. Epsilon halète, la pression doit être insurmontable pour elle. D'autant qu'elle n'a toujours pas remarqué l'horloge. Night, lui, l'a vue, et est déjà prêt à courir. Son regard semble être déterminé. Cependant, je suis très inquiet, car il est tourné vers la Corne d'Abondance, et pas à l'opposé.

– Merde, qu'est-ce que Night fout ! je laisse échapper. Il devrait être tourné dans l'autre sens !

– Et Epsilon qui n'a pas vu l'horloge… ajoute Cashade. Elle est en train de paniquer !

Il ne reste que dix secondes, et les tributs commencent à remarquer l'horloge, mais pas Epsilon. Night vient de remarquer qu'elle ne l'a pas vue.

– Allez… je souffle.

– Cinq seconde ! crie avec joie Caesar.

Night regarde Epsilon, l'air embêté. Si elle rate son départ, ça peut être terrible.

– Quatre… Trois…

Soudainement, Night se décide.

– Epsilon ! s'écrie-t-il.

Tous les tributs se retournent vers lui, étonnés. D'habitude, on évite de se faire remarquer à cet instant.

– Le con… siffle Cashade en se tirant les cheveux.

En une fraction de secondes, Epsilon regarde Night, qui fait signe vers l'horloge. Epsilon la regarde, au moment où la grande aiguille passe de 58 à 59…

Puis de 59 à 0.

– C'est parti ! s'égosille Caesar.

La cloche du clocher se met à sonner. Immédiatement, les tributs s'élancent dans toutes les directions. Ni une, ni deux, Night se jette et court vers la Corne d'Abondance. Epsilon, elle, marque un petit temps d'arrêt avant de s'enfuir dans la direction opposée. Mais, en voyant que Night ne suit pas le plan attendu, elle ralentit un peu.

– Mais qu'est-ce qu'il fout… je rugis. Mais qu'est-ce qu'il fout !

Je remarque qu'un des carrières, Héralia, la fille du 2, l'a pris en chasse. Heureusement, il court plus vite qu'elle. Mais qu'elle idée de se faire remarquer de la sorte !

Tout d'un coup, un coup de canon résonne.

– Et voici notre premier mort ! jubile Caesar.

Les caméras se braquent sur la scène. C'est le tribut garçon du 10. J'essaye de comprendre ce qui s'est passé, mais ce n'est pas très difficile : Le garçon ne s'était pas aperçu de l'horloge, il a donc été surpris quand la cloche a résonné. Malheureusement pour lui, il avait à ses côté le carrière du 1, Cole, qui s'est immédiatement jeté sur lui…et l'a tué à mains nues. Le tribut du 1 lui a tordu le cou comme si c'était du papier crépon, l'enfant n'a même pas eu le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait.

Tout se passe si vite.

Cole, sans perdre de temps, lâche le corps sans vie de sa victime qui s'étale misérablement par terre, avant de se ruer vers la Corne d'abondance. Normalement, il aurait dû s'y précipiter tout de suite, mais il est assez fort et rapide pour se permettre ce genre de ''détours''.

– Montrez-nous Night ! s'énerve Cashade.

La caméra montre ensuite la fille du 4, qui a décidé de s'occuper de la fille du 11, qui a pris la funeste décision d'aller chercher un sac avant de filer. Étant donné sa lenteur et la détermination de la carrière, je doute qu'elle s'en sorte. Mais ce qui m'intéresse à moi, c'est Night.

– Change de chaîne, Keen ! crie Cashade, excédée comme moi.

J'attrape la télécommande. Canal 1 pour le garçon du 1, canal 2 pour la fille du 1… Il faut donc que je mette le canal 13. C'est un des avantages du Bouquet Extra Hunger Games, une chaîne par tribut, ce qui me permet de suivre tout ce que font mes tributs. Je cherche le bouton 13 et, au moment où je vais appuyer dessus, le canon tonne à nouveau. La carrière du 4 vient d'en finir avec la petite du 11 d'un poignard bien placé entre les deux épaules. La carrière à sur son visage un petit sourire de satisfaction. J'ai un petit moment d'hésitation à la vue de ce spectacle sordide.

– Allez, vas-y ! pousse Cashade. Ils vont tout remontrer après !

J'appuie sur le bouton, et Night s'affiche à l'écran, pile au moment où il va arriver vers un sac assez volumineux. Trop volumineux, il doit peser une vingtaine de kilos. Et Héralia est presque sur ses talons. Heureusement, elle fait un petit détour pour aller chercher une arme digne de ce nom. Pendant ce temps, Night saisit le sac mais, surpris par son poids, trébuche et manque de tomber.

– Aïe aïe aïe ! je dis en me rongeant les ongles.

Night se redresse en grimaçant. Il cherche des yeux là où est parti Epsilon. Encore quelques secondes de perdues. J'aimerai savoir si Epsilon a réussi à fuir, mais je ne peux pas me déscotcher de ce qui arrive à Night. Je sue, je tremble et j'ai un immense vide dans mon estomac. Je hurle intérieurement : dégage de là, dégage de là, dégage là !

Night reprend sa course, il est ralenti par son sac, avance difficilement au milieu des gravats où il piétine sévère. A quelques pas de lui, je peux apercevoir que le jeune tribut du 3 est en train de chiper un petit sac, tout en trébuchant au milieu des cailloux. Le petit ne devrait pas tarder à fuir s'il tient à sa vie. La lumière rouge n'arrange pas les choses, difficile de s'orienter avec un tel éclairage.

– Met la fille du 2, vite ! commande Cashade.

Je prend la télécommande qui me glisse à moitié des mains, et j'appuie sur la touche 4. A mon grand désarroi, la fille a pris une grande lance et s'est lancée dans les traces de Night. Et elle va bien plus vite que mon tribut, en plus de bondir entre les obstacles avec une folle aisance. Dans quelques instants, elle le rattrapera, et le tuera sans difficulté.

Je retourne sur le canal 13. Night est toujours en train de galérer. Il se retourne, et aperçoit la carrière qui le fixe avec son regard de tueuse décidée. Son sac est trop lourd, il ne pourra pas continuer avec ça sur le dos plus longtemps. Il est en train de paniquer, hésitant à lâcher son sac. Mais qu'elle idée de prendre un truc aussi gros !

Tout d'un coup, je réalise : Night fait tout ça pour Epsilon. Évidemment, s'il est capable de truquer son examen pour elle, pourquoi ne risquerait-il pas sa vie pour lui obtenir un sac ? J'ai vraiment sous-estimé son sens du sacrifice. J'aurais dû me méfier de cet enfant qui a passé sa vie à aider sa mère aveugle, ça doit être dans sa nature d'aider les autres à son dépend, et maintenant, il est trop tard pour le recadrer. Ça va peut-être lui coûter la vie.

Night regarde à gauche, à droite, essayant de chercher une solution à son problème, mais le seul moyen pour lui de s'en sortir est de lâcher son sac.

– Mais lâche-le ! s'égosille Cashade.

Il ne reste que quelques dizaines de mètres à Night pour s'enfuir de la place centrale, mais c'est trop pour pouvoir échapper aux griffes d'Héralia. Night se retourne, et la regarde droit dans les yeux, il n'a plus le choix, il va se débarrasser de son lourd fardeau. Mais, à cet instant là, le petit garçon du 3, qui a chipé un sac, passe juste à côté de lui, il va fuir la Corne d'Abondance par la même rue que Night, et il va plus vite. Les deux garçons échangent un regard apeuré, ils ne sont séparés que d'un mètre. Le petit du 3 aperçoit la fille qui court derrière eux, et il accélère. Tout d'un coup, Night tend la jambe, et le petit s'y prend dedans, s'étalant instantanément par terre, tandis que Night continue sa route.

Le petit essaye de se relever en vitesse, mais c'est trop tard. La carrière est là, elle hésite en voyant Night qui fuit, mais ne peux pas laisser passer cette occasion. Elle s'arrête et, ignorant le regard implorant de son jeune adversaire au sol, le transperce avec sa lance, en plein cœur. Le petit ne met qu'une seconde pour agoniser. Normalement, sur le canal principal, on aurait eu le droit à un cri de joie de Caesar, mais heureusement, on en est dispensé sur les canaux secondaires.

Héralia se retourne, le temps de faire ressortir la lance de la chair sanglante de son adversaire, Night est déjà loin. Elle pourrait bien le courser, elle le rattraperait sans doute au bout de deux ou trois minutes, mais elle ne doit pas s'éloigner de la Corne d'Abondance pour le moment, seule, sans l'appui des autres carrières, elle pourrait se retrouver prise au dépourvu par un ou deux adversaires. Elle rebrousse donc chemin et court vers la Corne d'Abondance.

Ouf.

Je suis étonné par Night. Je constate encore une fois que je n'ai rien compris à ce qu'il est. Je ne le voyais pas du tout capable de faire un coup si bas à l'un de ses adversaires. Et aussi tôt. Au moins, cela prouve qu'il a un désir de survie suffisant pour pouvoir continuer dans ces Jeux, mais j'ai du mal à m'en réjouir.

– Nos tributs sont hors de danger maintenant, glisse Cashade. Remet le canal principal.

Avec la fuite de Night et d'Epsilon, le pire est passé, il sont presque sûr d'être hors de danger, du moins jusqu'à ce que les carrières se jettent à leur poursuite. J'aurais besoin de savoir s'ils ont réussi à se rejoindre, et à rejoindre Riley. Mais avant, je me dois de suivre le bain de sang, c'est quand-même le premier moment clé des Jeux.

Je me remets donc sur la chaîne principale, pile au moment où l'un des tributs vient de se faire blesser au combat par l'un des carrières. Caesar indique que c'est la fille du 12. Elle a cependant la chance de n'avoir qu'une blessure superficielle, et peut s'enfuir, mais sans le moindre sac ou arme.

L'agitation générale a fait que la cendre au sol commence à s'envoler, et la peau des tributs commencent à se noircir. L'image renvoyée est prenante, ça ne fait que renforcer l'impression de combat terrible. Encore une trouvaille des organisateurs.

Le canon retentit à nouveau. C'est le carrière du 4, Elroy, qui a frappé cette fois ci, avec une très longue épée trouvée vraisemblablement au plus profond de la Corne d' Abondance. Il ne lui a suffit que d'un coup pour venir à bout de la fille du 10.

– Il tue comme les autres… je commente.

– C'est un carrière, en même temps, ajoute Cashade.

Cependant, Elroy, à l'inverse de ses compatriotes, s'arrête une seconde à contempler le corps dont il a ôté la vie. Sur son visage, on ressent non pas des regrets, mais une profonde appréhension. Il a tué, et ça n'a rien d'anodin pour lui. Mais ça ne l'empêche pas de repartir, à la recherche d'une autre victime.


Fin du chapitre. Il était censé être plus long, mais j'ai choisi de le couper en deux parties. La deuxième sera TRES importante.