Ungwe: Merci beaucoup.
LiSa74: Chapitre préféré ? C'est vrai que c'est uil y en chapitre très spécial pour une histoire de Hunger Games, content que ça te plaise. Et n aura d'autres ;)
Manoirmalfoys: Pas sûr que la situation soit meilleure qu'avant...
Solene: Effectivement, GROSSE ERREUR de ma part : j'ai inversé Night et Sun à la fin du chapitre 22. Evidemment, Night n'était pas aux Moissons ce jour là, il ne pouvait donc pas savoir ce qu'a fait Sun. Donc il suppose que Sun a signé le registre, mais en face de son propre nom, pas de celui de Night. Maintenant, c'est corrigé. Merci beaucoup pour avoir insisté à me montrer ma bourde (c'est ce qui arrive quand on fait des histoires avec des jumeaux!)
Moajackspa: C'est une vision qui se défend. Comme ce n'est pas mentionné dans les livres originaux, on peut inventer. Moi, je pense qu'ils ont quand même gardé les ouvrages scientifiques, c'est précieux !
Leorette: Merci !
Il est bientôt midi.
Et toujours personne pour m'arrêter.
S'ils avaient trouvé une preuve évidente, ils seraient venu tout de suite, ils ne m'auraient pas fait patienter autant de temps. Ça veut sûrement dire qu'ils n'ont rien trouvé, qu'ils n'ont pas de preuves. Après tout, j'ai quand même fait suffisamment attention. Après être parti, Silka est parti remettre discrètement la clé à l'accueil, elle m'a dit n'y avoir trouvé personne, l'hôtesse d'accueil était partie s'enquérir de l'état du feu, sans prendre la peine de fermer la porte derrière elle. Et j'ai bien fait gaffe de ne pas montrer mon visage au gardien. Et même si j'ai laissé échapper quelque chose, le feu a dû le détruire. J'ai regardé la chaîne d'information du Capitole, ils ont quand même parlé un peu de l'incendie (sans préciser qu'il était criminel, provoqué à cause d'une brèche dans la sécurité), et il semblerait qu'il ait assez vite été maîtrise, ne se propageant pas plus loin que la section des archives. Aucune chance qu'ils fassent le lien avec le livre des Moissons du district 7 de cette année, maintenant.
Du coup, avec toutes ces affaires successives, je n'ai pas fermé l'œil depuis un moment. Les météorites, la mort de Riley, puis de Cole, et d'Epsilon, l'arrivée du vrai Night et ses révélations sur son frère Sun, puis enfin la recherche du livre et l'incendie... Ça fait beaucoup d'émotion en une journée. Mais vu la pression que j'ai maintenant sur les épaules, je n'ai aucune chance d'arriver à m'endormir.
– Et Sun ? je demande. Comment ça va ?
– Passablement bien, dit Epsilon. On est pour l'instant dans un temps mort, après la journée apocalyptique d'hier. Sun est encore loin des autres tributs, il a pu se reposer, boire et manger. Sa blessure sur le flanc droit n'est pas belle à voir, et je pense qu'elle doit le faire souffrir...
– Il en a connu d'autres, croyez moi, intervient Night. Il est déterminé à aller loin, je le vois, je le sens. Avec ça, il peut ignorer toute les blessures.
– Night, je dis, tu es bien au courant que...
– Si on me trouve ici ça va aller mal ? Oui, vous me l'avez déjà dit.
– Il faut qu'on trouve une cachette efficace pour toi, au cas-où...
– Oh, j'ai déjà fait le tour de l'appartement, et j'ai trouvé quelques coins...
Je regarde la télévision. Sun est en train de dormir. Mon regard sur lui est complètement différent maintenant que je me suis rendu compte de l'énorme mensonge qu'il a échafaudé pour sauver son frère. Et, au fond de moi, ça me donne encore plus envie de le sauver. J'ai rarement eu à m'occuper d'un tribut aussi spécial. Je repense également à Epsilon, et mon cœur se serre... Avec la succession d'événements, je n'ai pas trop eu le temps de repenser à sa mort, mais avec ce temps de répit, la violence et la brutalité de sa mort me revient en plein visage. Et toute la déception qui l'accompagne. Mais il ne faut pas que ça vienne me déranger, pas maintenant, pour la première fois, je dois m'occuper de choses « de l'autre côté de l'écran ». J'ai un vrai rôle, si j'échoue, tout le monde échouera.
Quelqu'un frappe à la porte.
Nous n'attendons personne, tout le monde est là.
– Night, va te cacher dans ma chambre, vite !
Night est effrayé, et il ne se fait pas prier pour suivre mon commandement. J'échange un regard avec Cashade. S'il le faut, ce n'est rien, juste une fausse alerte, rien qui n'implique une panique, mais c'est plus fort que moi.
– Je vais ouvrir, dit Silka, se rendant compte qu'on tergiverse.
– Non, c'est à moi d'ouvrir, c'est moi le mentor.
Je m'approche lentement de la porte, à laquelle on martèle à nouveau. Si c'était une personne lambda, elle ne s'acharnerait pas ainsi ! Mon cœur se serre un peu plus.
J'ouvre la porte, et je l'aperçois devant moi.
Mon pire cauchemar.
– Bonjour, monsieur Spencey, me dit le Commissaire Général Worthcow avec une voix mielleuse. Je ne vous dérange pas j'espère.
Non, ce n'est pas possible. S'il est là, ça ne peut pas être un hasard. Pourquoi viendrait-il sinon ? Mais non, il peut y avoir des tas d'autres raisons, ne serait-ce que pour m'embêter. Et il n'est ici qu'accompagné de deux pacificateurs, s'il avait quelque chose de compromettant sur moi, il serait venu avec plus de renforts. A ce moment là, je me rends compte que je n'ai pas répondu à sa question.
– O... Oui... Enfin non... C'est que...
– Il va y avoir les interviews, et je vous dérange, c'est ça ? Ne vous en faites pas, je pourrais les regarder avec vous, j'ai pas mal de temps qui s'est libéré depuis que ce sur quoi on devait travailler est parti en fumée. Vous êtes au courant pour l'incendie, n'est-ce pas ?
– Ben... J'en ai entendu parler un peu...
– Oui, difficile de le manquer. Au lieu de rester sur le seuil, on pourrait rentrer, non ?
– Euh... oui, oui, évidemment...
Worthcow et ses deux gardes du corps entrent, sous le regard désabusé de ceux qui s'y trouvaient. Il commence déjà à regarder autour de lui, à examiner les lieux. Ce n'est pas bon signe.
– En fait, les interviews du District 7 vont commencer d'un instant à l'autre. Nous devrions mettre la bonne chaîne, fait remarquer Worthcow.
Les interviews. J'avais oublié que c'était aujourd'hui. Encore une mauvaise nouvelle, espérons que les gens du 7 tiennent leurs langues sur les jumeaux.
Worthcow attrape la télécommande et met la chaîne en question, avant de s'asseoir confortablement dans un canapé. Effectivement, les interviewers du Capitole sont dans le District 7, je reconnais les lieux.
– Vous auriez un peu de thé ? demande Worthcow. J'en prendrait bien une tasse !
– Je ne crois pas, répond Silka, visiblement gênée. Mais je peux en faire !
– Merci bien, Miss Glool. Dites, monsieur Spencey, c'est la deuxième fois de suite que votre garçon atteint les huit derniers, c'est une belle performance, quand on connaît votre district.
– Oui, oui...
– Et puis cette histoire avec le jeune du huitième district, mort sous les yeux de vos tributs... Et la mort de la petite Epsilon... Quelle violence !
Mais qu'est-ce qu'il me veut ? Voir les interviews ? Mais pourquoi ? Il ne peut pas se douter de quelque chose, ce n'est pas possible ! Alors je me hasarde alors à lui poser la question :
– Euh... Je... Pourquoi vous êtes là ? Enfin, je veux dire... Vous n'êtes pas venu là uniquement pour regarder les interviews en notre compagnie.
– Oh... Vous doutez de mes intentions...
–Ben...
– Eh bien oui, vous avez raison ! Je viens pour une autre chose, mais comme j'arrive pendant les interviews, j'en profite !
Silka revient avec a tasse de thé et la donne au Commissaire Worthcow.
– Merci bien, Miss Glool.
Il se saisit de la tasse et la sirote doucement.
– Et, si je peux me permettre... je dis alors. Pour quelle raison venez vous ?
– Monsieur Spencey, vous ne vous rappelez pas ? La dernière fois que je suis venu, je vous ai dit que je devais fouiller vos appartements, mais, par manque de temps, je n'avais pas pu ? Eh bien je suis là pour ça !
J'évite tant bien que mal d'échanger un regard paniqué avec Cashade. Ça, c'est peut-être la pire chose qui puisse m'arriver ! Night est là, et ils vont lui tomber dessus.
– Ah, l'interview commence ! s'exclame Worthcow.
A l'écran, il y a une dame, aveugle, que les caméras braquent d'un peu trop près. A n'en pas douter, vu sa chevelure rousse, c'est la mère. On lui pose une question sur sa fierté envers son jeune fils, mais j'ai une tellement grosse urgence à régler que je n'écoute même pas.
– Mais... je bredouille. Vous... Je me souviens que vous aviez dit que c'était pour vérifier que les tributs n'avaient pas ramené d'arme... Et je ne comprends pas : ils sont partis, pourquoi est-ce que vous devriez fouiller maintenant ?!
– Oh, mais puisque à présent mon emploi du temps s'est grandement allégé, j'ai tout mon temps pour effectuer les tâches qui n'ont pas été faites !
– Mais...
Mon corps commence à trembler de toutes parts. L'interview à la télé me passe complètement au-dessus de la tête, même si c'est très important. Mon regard croise celui de Cashade, qui est tout aussi impuissante que moi.
– La pauvre femme, dit Worthcow. Aveugle, et qui doit s'occuper seule de son enfant. Quel triste destin !
Cashade me fait signe de faire quelque chose, de tenter de convaincre Worthcow de ne pas fouiller, mais je lui fait comprendre que je ne peux pas. Si j'insiste trop, il va deviner que je cache quelque chose. Mais en même temps, si je ne le fait pas, c'est certain qu'il va trouver !
– Déjà terminé ? s'étonne le commissaire. Ils n'ont posé que deux questions !
Je n'ai absolument rien suivi. Apparemment, la mère n'a rien révélé, elle avait donc bien compris les enjeux. Et les interviewers n'ont pas trop insisté. Une chance que Sun et Night vivent dans les quartiers défavorisés, là où ceux du Capitole n'aiment pas trop s'attarder.
– Eh bien, nous allons pouvoir commencer ! s'enjoue Worthcow. Je tiens personnellement à visiter votre chambre, monsieur Spencey ! Vous pouvez me suivre si vous le voulez !
J'ai à peine le temps de le suivre quand il se lève. Je lui emboîte le pas avec empressement.
– Monsieur le Commissaire Général, ma chambre ? Mais c'est...
J'ai envie de dire personnel, mais je sais que c'est une excuse qui ne l'influencera pas du tout.
– Je n'en ai que pour deux petites minutes, monsieur Spencey, me répond-il.
Il entre dans dans la chambre, et mon cœur sursaute. Au premier coup d'œil, il n'y a rien, mais c'est parce que Night s'est caché. Mais où ? Il n'y a presque aucun endroit qui ferait office d'une bonne cachette !
– Pour l'instant je ne vois rien de spécial, dit Worthcow. Et j'espère bien ne rien trouver !
C'est ça, vu son sourire angélique, il n'attend que ça.
– Je vais commencer par vos étagère. Juste vérifier vos affaires...
Où Night peut-il bien être ? Dans ma petite salle de bain ? C'est trop petit pour y trouver une cachette. Sous le lit ? Ça me semble ridicule. Mais dans une étagère, c'est pareil...
Worthcow retourne un après l'autre les vêtements d'un tiroir, puis d'un autre. Que des trucs donné par le Capitole auquel je n'ai même pas touché.
– Rien. Passons à la suivante.
J'essaie de ne pas laisser transparaître mon inquiétude, de retenir mon souffle, mais je suis sûr que si Worthcow se retournai, il devinerai tout de suite que je cache quelque chose. Mais il ouvre ma grande étagère qui fait dressing, et regarde avec attention tous les vêtements suspendus. Au lieu de regarder les poches ou un objet spécial quel qu'il soit, il inspecte plutôt l'état du vêtement lui-même, l'état du... tissus ? Mais pourquoi ? Que peut-il chercher sur le tissus, à part... Une trace de brûlure !
Non. Je sais que j'ai bien vérifié que je n'en avait pas, et donc qu'il n'en trouvera pas. Mais, s'il en recherche une, c'est qu'il a des doutes. Et s'il a le moindre doute, c'est...
Mes pensées sont stoppées nettes. Je viens d'apercevoir, caché derrière des vêtements, sur le plus haut compartiment du dressing, Night. La cachette n'est pas mauvaise, mais moi, je l'ai vu. Et c'est uniquement parce que je suis un peu plus reculé que Worthcow que je le vois et pas lui. Mais le commissaire est toujours en train d'inspecter les vêtements, et ce n'est qu'une question de secondes avant qu'il ne l'aperçoive. au travers de sa cachette, Night me regarde, avec une peur démesurée, et je ne peux que partager son sentiment. Il faut que j'agisse, et vite. Si je n'obtient pas tout de suite un coup de pouce du destin, je serai obligé d'assommer Worthcow par derrière. J'essaierai de trouver une excuse pour mon geste, j'improviserai, au pire je prendrai tout sur moi, et mon district ne sera que peu touché. A moins que...
– Commissaire ! s'écrie un pacificateur On a trouvé quelque chose, venez voir !
– Oh, laisse échapper Worthcow. Allons voir ça !
S'il y a un dieu, je le remercie. Worthcow s'en retourne à la pièce principale sans même prendre le temps de refermer l'étagère, et je le suis, tout en dépressurisant. Mais le répis n'est que de courte durée, car je ne sais pas ce qu'ils ont pu trouver.
Dans le salon, je retrouve les deux pacificateurs, Rokas, Silka et Cashade, qui me regardent avec inquiétude. Une inquiétude très communicative ! Worthcow se rapproche de ses hommes, et ils échangent à voix basse quelques mots. Ce faisant, un pacificateur indique avec son doigt le bar situé derrière lui.
Coup d'électrochoc. J'en suis sûr maintenant : Worthcow n'est pas là par hasard, il avait des doutes, je ne sais pas comment il les a eux, mais maintenant, ce n'est plus des doutes, c'est des certitudes. En fouillant dans le bar, les pacificateurs n'ont évidemment pas trouvé la bouteille d'alcool pur qui devait s'y trouver. Bien sûr, nous aurions pu la boire, diluée avec un autre liquide comme c'est censé être consommé, son absence n'est en rien une preuve, mais je ne pense pas que Worthcow croie aux coïncidences, dans son esprit, ça aura tout d'une preuve.
Worthcow a fini de parler à ses hommes, et commence à s'en retourner vers moi, et me il me dit :
– Monsieur Spencey, il faut que l'on éclaircisse ensemble deux ou trois petits points...
Ça y est. Cette fois je suis cuit.
– Il y a une chose qui m'embête, monsieur Spencey. La nuit dernière...
Worthcow est coupé net dans sa phrase par une sonnerie de téléphone. Tout le monde se retourne vers le téléphone mural, nous en sommes à a peine deux pas, et il semble évident que le bruit ne provient pas de celui-ci.
Nouvel électrochoc.
Je pensais pourtant que les dieux étaient avec moi.
Le talkie-walkie de Daril ! Je l'avais complètement oublié ! J'étais tellement focalisé sur Night que je l'ai zappé ! Et pourtant, Worthcow aurait pu tomber dessus à tout moment, une preuve qui m'aurait fait chuter moi, mais aussi Daril !
Je regarde Worthcow. Il a bien compris que quelque chose clochait, et que la sonnerie me dérange au plus au point. Il sait qu'il ne devrait pas y avoir dans cet appartement d'autres objet que le téléphone habituel qui fait ce bruit. Et petit à petit, il commence à comprendre.
– Euh... je bafouille.
Worthcow se dirige sans prévenir dans la direction du bruit, droit vers ma chambre. Il a été plus rapide que moi, que j'ai été bête ! J'aurais immédiatement dû aller cacher le talkie-walkie avant qu'il n'ait le temps de l'apercevoir ! Je le suis, mais il est trop tard, il va le trouver, et je serai encore plus dans la merde, lui qui ne cherche qu'à trouver une preuve que je complote dans son dos !
Worthcow entre en ouvrant brutalement la porte, et tente de localiser la provenance du bruit. Mais brutalement, la sonnerie s'est arrêtée. Une expression de rage se fige sur le visage de Worthcow, il reste fixe, attendant qu'un quelconque bruit ne lui indique vers où chercher. Je devine aisément ce qui s'est passé : ça aurait pu être Daril qui aurait raccroché, mais il est bien trop tenace pour attendre si peu de temps qu'on décroche. Non, je pense plutôt que c'est Night qui a bondi de sa cachette et qui a éteint le talkie-walkie tout en retournant à se cacher. Je ne lui avais pas révélé l'existence de cet objet, mais Cashade a dû le faire pendant que j'étais absent.
Worthcow se retourne vers moi, enragé, bien décidé à tirer cet événement au clair.
– D'où venait ce bruit ! s'écrie-t-il. D'où !
– Je... euh... C'était l'alarme de mon réveil.
– N'importe quoi !
– Mais si ! J'ai dû me tromper d'heure en le réglant...
– Les réveils ne font pas cette sonnerie !
– Eh bien je l'ai changée ! Regardez...
Je ne me ferai pas devancer deux fois. Je m'approche vers le réveil, faisant mine de vouloir le faire fonctionner, mais je le fait tomber par terre d'un geste brusque de la main, et je shoote dedans avec le pied en faisant mine de vouloir amortir sa chute, balançant l'objet qui s'écrase en mille morceau contre un mur.
– Ça alors, mince ! Comme je suis maladroit ! je dis d'un ton peu convaincant.
Personne n'est dupe, ma tentative de faire passer la destruction de l'objet pour un accident n'a trompée personne, mais il est hors de question de laisser à Worthcow le temps de vérifier mes dires. Sa réaction ne se fait pas attendre. Au lieu de me dire que je suis mal barré, il me le fait bien comprendre en me lançant des éclairs avec ses yeux perçants. Il est dans un tel état de rage que des gouttes de transpirations apparaissent sur son crâne chauve. Cette fois ci, je ne me laisse pas abbatre par la peur, et je lui rend un regard de défi. Je ne sais pas comment tout cela va finir. Il y a malheureusement de forte chance pour que ce soit mal.
– Je sais que c'est vous qui avez mis le feu à la bibliothèque ! me susurre Worthcow. J'en suis persuadé.
J'essaie de ne pas tenir compte de l'expression alarmée de Silka derrière l'épaule de Worthcow. Après tout, je m'y attendais.
– Je n'ai rien à voir avec tout ça ! je réponds avec force. Pourquoi est-ce que j'aurai fait cela !
– Je n'en sais rien, mais je suis sûr que c'est vous, monsieur Spencey ! Je sais que vous n'êtes pas net, vous vous foutez de l'autorité du Capitole !
– Et alors ?! C'est pas parce que je n'aime pas le Capitole que je mettrais le feu à sa bibliothèque !
– Je sais que c'est vous ! D'après les premiers éléments de l'enquête, le feu est de provenance criminelle, et il se serait déclaré juste devant les archives de Votre district ! Vous allez me dire que ça ne prouve rien, mais figurez vous que dans le même temps, notre hôtesse d'accueil jure de vous avoir vu, vous et miss Silka Glool seulement quelques minutes avant l'accident ! Est-ce que je mens, là, hein ?!
Je savais que se présenter à l'accueil n'était pas une bonne idée.
– Je voulait juste consulter un livre en urgence ! je réponds. J'avais des informations à récolter... Pour l'arène. Car oui, c'est mon métier de m'informer !
– En pleine nuit ?
– Pourquoi pas ? J'ai du mal à dormir !
– Et il vous manque une bouteille dans votre bar. Une bouteille d'alcool pur ! Un excellent combustible pour démarrer un feu d'une telle intensité !
– Il manque une bouteille ? Peut-être parce que je l'ai bue !
– Vous n'avez pas l'habitude de boire, monsieur Spencey.
– J'ai un de mes tributs qui vient juste de se faire tuer, avec une violence que vous avez vous-même souligné !
– C'est vous le coupable, il n'y a aucun doute possible, je le sens. C'est écrit sur votre visage !
– Vous n'avez aucune preuve !
– Je les trouverai !
– Sortez de chez moi ! Tout de suite !
Worthcow souffle. Jamais je n'ai vu tant de haine dans ses yeux, un tel rictus sur son visages. Je suis à deux doigts de le faire exploser, ça ne m'étonnerai pas que ça pète.
– Arrêtez-le, commande Worthcow à ses deux hommes de main. Mettez-le aux arrêts.
Les deux pacificateurs se dirigent vers moi et commence à me saisir les bras.
– EH ! s'écrie Cashade. Vous n'avez pas le droit de faire ça !
– Je fais ce que je veux ! Je suis le glaive de la justice, et je frappe quand je veux !
– Je ne vous le laisserai pas l'emmener ! dit-elle en s'interposant.
– Vous n'avez pas conscience de tout ce que je peux faire...
– Si j'étais vous, je ne ferai pas ça.
Worthcow se retourne vers moi, tout étonné que ces derniers mots proviennent de ma bouche. Après un temps d'hésitation, il se rapproche de moi et me murmure à l'oreille en souriant.
– Et pourquoi est-ce que j'aurais envie de ne pas le faire ?
– Parce que je suis un mentor. Et un mentor très respecté. Ça ne fais pas tellement longtemps que je suis là, les gens se souviennent encore bien de ma victoire, et ils en garde un très bon souvenir. Je suis quelqu'un de très respecté par le peuple, contrairement à vous, monsieur le Commissaire Général Worthcow. Car votre unique but est de surveiller les anciens vainqueurs à longueur de temps, qui sont pour ainsi dire les héros de notre âge. Les gens vous déteste tous.
Worthcow recule d'un pas, et je n'en ai pas fini.
– Quand ils apprendrons que vous m'avez arrêté pour avoir mis le feu à la bibliothèque, ils vont dans un premier temps être étonnés. Puis quand ils vont apprendre que c'est vous qui m'avez arrêtésans aucune preuve et sans aucun mobile, je peux vous jurer que ça va être terrible pour vous. Le peuple sera mécontent, il va sûrement se plaindre, voire même demander ma libération, chose que bien sûr, vous ne m'accorderez pas. Mais ça vous descendra dans l'opinion publique, et, comme vous représentez le Capitole, ça leur fera une très mauvaise publicité. Et s'il y a une chose que j'ai apprise pendant toutes ces années, c'est que le Capitole déteste les mauvaises publicités. Et sur qui vont ils se venger, à votre avis ?
Worthcow est bouche bée, incapable de répondre. Il est tellement bien placé pour savoir que j'ai raison.
– Oui, si j'étais vous et que je tenais à mon poste, je me relâcherai tout de suite.
Worthcow souffle. Il finit par dire :
– C'est loin d'être terminé. Vous pouvez être sûr de m'avoir sur votre dos à chacun de vos pas, et à la première erreur... Relâchez-le.
Les deux pacificateurs desserrent leur étreinte.
– Sur ce, au revoir, monsieur Spencey. Nous nous reverrons très bientôt.
Le commissaire général, suivi par ses deux chiens de garde, referme la porte en claquant.
– Eh ben, tu l'as bien mouché... commente Cashade.
J'ai gagné ce face à face, mais la guerre n'est pas finie. Elle n'a même jamais été aussi forte, et ça va sûrement empirer.
– J'aimerai bien savoir ce que voulais me dire Daril, dis-je.
Je me dirige vers l'armoire et j'en sors Night. Il a effectivement le Talkie-walkie dans les mains.
– Il sont partis ? me demande-t-il.
– Oui. Merci pour le Talkie-walkie, passe le moi maintenant.
J'appelle. Daril ne met pas bien longtemps pour répondre.
– Allô, Keen, c'est toi ? Il faut que je te prévienne : le commissaire Worthcow va arriver d'une minute à l'autre !
