Nouveau chapitre !

Craline Jarrah : Merci beaucoup ! Pour la réaction de Night, c'est pas tout de suite...

Manoirmalfoys : Bah... J'avoue que c'est méchant d'avoir tué Sun, mais c'est dans le déroulement des choses...

Marauder a day: Merci ! Beaucoup de choses qui font plaisir dans ta review. Je veux juste dire que j'aime surprendre, car moi aussi j'en ai marre des histoires dont on sait déjà comment ça va finir !

Lisa: Merci !


– Il faut que tu te lève, Keen, me dit Cashade.

Je n'ai pas envie. A quoi bon...

– Worthcow... Il a remarqué que Night se comportait différemment... Il doute de plus en plus...

Qu'il aille au diable, ce satané de commissaire général...

– Et le Capitole annonce qu'il va se passer quelque chose aujourd'hui... Quelque chose d'énorme...

Et alors ? Est-ce que ça va me donner encore plus envie de regarder les Hunger Games ? Je ne peux plus regarder Night, j'ai... J'ai fait n'importe quoi...

– Keen, tu ne peux pas t'effondrer, tu as encore un tribut dans l'arène, il ne peut pas se passer de toi.

– Si...

Je me retourne vers Cashade, et la regarde droit dans les yeux.

– Il aurait bien pu se passer de moi jusqu'à maintenant. Il aurait mieux fait de ne jamais suivre mes conseils, alors pourquoi est-ce qu'il devrait les suivre maintenant ?!

– Keen, tu n'as pas bougé de ton lit depuis hier, tu ne peux pas te couper ainsi du monde. Tu te lamenteras sur ton sort autant que tu voudras quand ce sera fini, maintenant, tu dois t'occuper d'un enfant de 16 ans qui a besoin de toi !

– Non, il se débrouillera mieux tout seul...

– Non mais tu t'entends ! La seule chose qui fait qu'un tribut n'est pas complètement seul dans l'arène, c'est grâce à nous, les mentors ! Qu'est-ce qu'il va penser s'il sait que tu le laisses tomber ?!

– Et que va-t-il penser quand il saura que j'ai laissé mourir son frère ?

– Rien, car tu as fait tout ce que tu pouvais pour le sauver, alors que lui, tu peux encore l'aider.

– Il pourra me remercier de ne plus l'aider, vu ce que je fais...

– Pff, et moi qui croyais que tu étais un mentor qui voulait sauver ses tributs...

– Mais c'est ce que...

– Alors lève-toi de ce lit, et viens regarder les Hunger Games avec nous !

Sur ce, Cashade quitte ma chambre, me laissant seul avec ma rancœur. Une rancœur contre moi-même. Bien sûr qu'elle a raison, ça fait presque 24 heures que je n'ai pas bougé de mon lit, je me suis coupé du monde. Mais en même temps, je me sens incapable de faire quoi que ce soit, je me sens abattu. Une partie de moi me dit de me lever, d'agir, comme ce que je fais d'habitude.

Alors je me décide, à quoi bon rester là. Je jette la couverture, bondit sur mes pieds et quitte la pièce.

– Ah, enfin ! s'exclame Cashade avec un grand sourire victorieux. Ça tombe bien, tu te décide à venir pile au moment où ça se décante.

Je n'ai qu'à jeter un coup d'œil sur la télé pour me rendre compte de ce à quoi Cashade fait référence.

Le volcan rejette d'immenses panaches de fumées, comme d'habitude, mais en beaucoup, beaucoup plus grosses quantités. Sur les flancs de la montagne, on peut déjà voir dégouliner des flots rouges et brûlants : de la lave en fusion. Ça y est, on y est arrivé, c'était écrit dès le début, dès qu'on a su ce qu'était l'arène. C'est l'éruption volcanique.

Vent de panique. Sur les tributs, sur les mentors, sur tous ceux qui ont une personne à qui ils tiennent dans l'arène : Il va y avoir des morts, encore, s'il le faut, c'est le dernier jour des Hunger Games.

– Mon dieu, quel enfer ! s'extasie Rokas.

– C'est plus qu'un déluge d'effet pyrotechnique, en effet, relaie Cashade. Les organisateurs n'y vont pas de main morte.

Je commence à paniquer moi aussi. Je saisis la télécommande et met la chaîne de Night. Il est comme tous les autres, terrifié, sur le qui-vive, alerte à tout signe de danger. Pour l'instant, ce n'est qu'un épais nuage de cendres, mais il voit bien la nappe de lave qui s'approche de lui, mortelle, inarrêtable.

La chaleur monte déjà. L'atmosphère, naturellement suffocante, devient invivable, la sueur perle sur le front de Night, il va falloir qu'il fasse attention à tous les prochains mouvements qu'il fera, sinon, il mourra très vite de déshydratation et d'épuisement.

Mais il lui est impossible de ne pas bouger, car il ne peut pas rester là où il est. Sans aucun doute, la lave en fusion va engloutir une bonne partie de la ville, dont l'endroit où il est. S'il veut avoir une petite chance de s'en tirer vivant, il doit s'enfuir le plus loin possible du volcan.

Exactement comme tous les autres tributs.

Tous vont se ruer au même endroit, dans le même quartier, et ils vont se battre, au milieu des flammes, et mourir en offrant au tout Panem un spectacle comme il n'en aura jamais vu auparavant. La journée sera rouge.

Night, conscient de ce qu'il doit faire, va droit vers là où le Capitole veut qu'il aille. Il bondit de sa cachette, prend sa hache, et court, court de toute ses forces. Les gravats, obstacles qui se dressent sur son chemin sont bien piètres comparé à ce qui le poursuit, et à ce qui l'attend.

Et tous les autres font la même chose, et ils convergent vers le même coin de la ville.

La première rencontre ne tarde pas. Elle n'implique pas Night, mais Magnus et Héralia. Ces deux là ont évité toutes les tempêtes depuis le début, ils n'ont jamais menacé ni été menacé. Il n'y a qu'Héralia qui ait eu un pépin non négligeable au départ, blessée lors du conflit des carrières au bras droit, blessure qui a assez mal cicatrisé, et qui fait toujours mal.

Les deux qui étaient en train de courir s'arrêtent net. La fille est une carrière, une tueuse née, prête à terrasser du tribut. Magnus n'est pas venu aux Hunger Games de son plein gré, mais il est grand, fort, en bonne condition... Il ne reste plus que 5 tributs, si proche du but, il ne va pas laisser passer la chance d'éliminer une fille blessée. Alors les deux n'hésitent pas à se lancer dans la bataille.

Magnus avec un sabre, Héralia avec une épée, ils se jettent dessus et entames une formidable joute. Le tout se passe très vite, les deux faisant des prouesses à l'escrime. Cependant, très rapidement, Magnus est surpris par l'adresse d'Héralia qui, malgré sa blessure au bras, lui fait des misères.

– Mais fuit, petit con ! s'énerve Cashade. C'est une carrière, elle va te massacrer !

Trop tard. Le coup ne manque pas : en deux ou trois mouvements, Héralia déséquilibre son adversaire, qui lâche son épée, et tombe lourdement sur le côté, en plein sur un tas de gravats coupants. Il ne peut retenir un cris déchirant. Héralia tente de l'achever, mais se précipite trop, et laisse le temps à son adversaire de l'esquiver en roulant au sol. Ni une, ni deux, Magnus se relève péniblement et s'éclipse, poursuivi par la carrière du deux. La douleur déforme son visage, coupure, peut-être une ou plusieurs côtes cassées, les choses s'annoncent mal. Mais il se rend vite compte qu'un autre problème de taille l'attend.

La lave est déjà là, se dirigeant à toute vitesse droit sur eux. Après un court moment de panique, Les deux tributs qui cherchaient à se tuer quelques secondes auparavant prennent leurs jambes à leur cou et détalent le plus loin possible du danger. Ils sont imités par Raven, Ellian et Night, qui ne sont qu'à quelques centaines de mètres, voire moins.

Mais la lave est étonnamment rapide, elle les rattrape inexorablement. Ils arrivent aux frontières de la ville, délimitée par une barrière montagneuse infranchissable. A cet endroit, les bâtiments sont un peu moins détruits que dans les autres quartiers, ils atteignent parfois deux étages.

Alors, vu que la nappe de lave en fusion les talonnent, les tributs montent directement dans les étages.

– Regardez ! s'exclame Caesar, Ils se réfugient en altitude, à l'abri de la lave !

– Oui, mais attendez : Héralia est entré dans le même bâtiment de Magnus ! signale Claudius.

– Et ce n'est pas tout, car Night est dans le bâtiment juste à côté, et Raven et Ellian sont à tout juste un jet de pierre ! Je vous le dit, rester bien devant vos écrans, la journée est loin d'être terminée !

Magnus est stressé, il voit derrière lui la carrière qui n'est pas loin, alors il monte, monte... et arrive rapidement là où les escaliers s'arrêtent.

– Il est piégé ! s'écrie Caesar. Il va devoir faire face !

Magnus entre dans la pièce tout en haut aux fenêtres brisées qui donnent sur la rue envahie de lave, regarde à droite, à gauche, il n'y a rien, aucun endroit où s'enfuir. Héralia entre à son tour, et s'arrête à quelques mètres de Magnus, et se font face, se défiant du regard. Désarmé, blessé, Magnus, n'a aucune chance de s'en sortir.

D'un seul coup, Magnus s'élance, prenant Héralia au dépourvu. Mais ce n'est pas vers elle qu'il va.

Magnus arrive à la fenêtre, et saute. Le temps est suspendu, le vol au dessus de la lave semble durer une éternité, avant que le tribut du neuvième district ne s'écrase sur le mur du bâtiment en face, et il parvient à attraper une gouttière.

Et il est maintenu suspendu, les pieds dans le vide seulement deux mètres au dessus du magma en fusion. La gouttière a tenu le choc, mais c'est tout juste, incroyable qu'un tel plan ait fonctionné, il est maintenant hors d'atteinte d'Héralia. Il entame alors l'escalade de la façade pour atteindre la fenêtre qui se situe quelques mètres au dessus. Mais la manœuvre s'avère difficile : les pierres et la gouttière ne sont pas très stables, et la chaleur est tellement suffocante que l'image à l'écran ondule et que le tribut transpire à grosses gouttes. La fille le regarde grimper, serre les dents, ne sait pas trop quoi faire, n'ayant pas de quoi le toucher (son épée n'est pas pratique à lancer, et mieux ne vaut pas perdre son arme).

Mais elle ne peux pas se résoudre à le laisser s'échapper, il est faible, désarmé, tellement proche, non, elle ne peut se résoudre à le laisser s'échapper. Alors elle fait la seule chose possible. Elle prend quelques pas d'élan...

Et s'élance à son tour.

Le choc est tout aussi terrible qu'avec Magnus, elle s'écrase contre le mur, mais parvient avec agilité à se saisir de la gouttière un mètre en dessous de lui. Magnus la contemple avec horreur, elle le regarde avec une férocité à faire dresser les poils, et il la voit sortir son épée de sa main disponible. Et il est à portée !

Instantanément, il panique, tente d'accélérer son ascension, mais ses mouvements sont désordonnés, peu habiles, il choisit une mauvaise prise, glisse, ses mains quittent la gouttière, ses pied ne touchent plus le mur... Il tombe.

Les mots ne suffisent pas pour décrire toute la panique qu'il y a dans ses yeux lors de sa courte chute. Il s'écrase dans la lave dans un cri atroce, qui dure... dure... Jusqu'à ce que son corps ait fondu.

Ça y est, Magnus est mort.

Encore quatre...

– Quelle fin horrible ! s'horrifie Claudius.

– Vous avez bien raison ! répond Caesar. Et maintenant, Héralia est sur le bâtiment où il y a le tribut du 7 !

C'est pas vrai... Je ne l'avais pas remarqué. Tout comme Night, qui ignore encore ce qui peut lui arriver. Avec un sourire non dissimulé, Héralia remonte la gouttière en montrant bien plus de souplesse et d'attention que Magnus. Arrivée en haut, elle n'a qu'à faire quelques pas pour tomber nez à nez avec Night. Les emmerdes n'en finiront jamais.

La suite ne se fait pas attendre. Elle brandit son épée et se rue vers lui. Night, avec un très bon temps de réaction, parvient à mettre le tranchant de sa lame de sa hache en opposition, cassant par la même le bout de l'épée de son agresseur. Mais, emportée par son élan, Héralia rentre dans Night qui ne peut garder la main sur son arme, et les deux s'en vont valdinguer sur plusieurs mètres. Et Héralia est bien entendu la plus rapide à se relever.

Elle se jette sur lui, et verrouille ses mains autour de son cou.

Night se débat tant qu'il peut pour se défaire de l'étreinte mortelle. Mais, bien qu'ils soient de même âge, la fille est bien plus entraînée, bien plus forte... bien plus cruelle. Night n'a aucune chance, il va mourir ici, sur ce parquet.

Puis, tout d'un coup, Night lâche les mains de la fille, et lui assène un grand coup de poing bien placé dans le bras gauche. En plein sur sa blessure.

Héralia hurle, desserre ses mains, et roule sur le côté, en proie à une douleur incontrôlable. Elle avait pourtant caché sa blessure sous son vêtement, mais Night savait, il avait bien appris les faiblesses de ses adversaires, et ça, elle ne pouvait pas le savoir. Maintenant, toute personne qui se pencherait un peu sur ce cas devinerait que c'est impossible, que Night ne pouvait pas savoir qu'elle était blessée pile à cet endroit. Heureusement, pour l'instant, le Capitole est aveugle.

Night se remet sur ses pieds, et retombe, étourdi par le manque d'oxygène et par la chaleur. Puis il se relève péniblement, laissant le temps à Héralia de se ressaisir. Il fonce vers sa hache, talonné de près par la carrière qui a une flamme de colère au fond des yeux, saute, glisse au sol et met la main sur son arme, juste avant qu'Héralia lui arrive dessus. Il met la hache en opposition, et elle s'empale dessus.

Et la hache se plante dans son thorax de la fille avec une facilité déconcertante. Le sang gicle par la blessure, trempant les deux corps immobiles. La fille est morte, le garçon est sauvé.

Il reste là une bonne minute avant d'oser faire un mouvement. Laissant le temps à sa tenue de s'imprégner du liquide rouge. Puis il se relève, et réalise. Réalise ce qu'il vient de faire, réalise qu'il a éliminé le dernier carrière, réalise qu'il n'y a plus que trois tributs dans l'arène.

C'est bientôt la fin.

Derrière moi, quelqu'un frappe à la porte, je ne vois pas qui ça peut-être. La dernière fois, c'était Worthcow, et ça a faillit mal se finir. Après avoir échangé des regards alertes avec Cashade et Silka, je me décide à aller ouvrir. Et derrière la porte, je découvre Liver, la mentor du 9.

– Tiens, voilà ton pognon, mais n'en parlons plus, me dit-elle aigrie, en me balançant un sac en papier.

L'argent du pari. Je l'avais complètement oublié, et, avec la mort de Magnus, je l'ai gagné. Liver s'en va, dépitée, sans ajouter un mot. Bien sûr, c'est normal après que son dernier tribut soit mort si proche de la fin. Je met un petit temps à me remettre de ma surprise, puis j'attrape le sac, poursuit Liver et la retient par le bras.

– Attends !

– Lâche-moi, tu veux bien ! me rétorque-t-elle. N'en rajoute pas !

– Reprends ton argent, je ne devrai pas l'accepter...

– Tu as fait un pari, tu l'as emporté, tu prends l'argent, et tu fais pas chier. Maintenant, lâche moi !

– Mais ce pari, je ne l'ai pas vraiment gagné...

Elle me regarde d'un air trouble. Je n'aurai pas dû dire ça mais... Je ne pouvais pas m'en empêcher.

– Joue pas au con, Spencey. J'ai mieux à faire que t'entendre dire des conneries !

Liver s'en va, et cette fois, je la laisse partir. Je ne peux pas lui expliquer ce qu'il se passe, et pourquoi c'est elle qui a gagné... Mais accepter cet argent me fait me sentir tellement mal. Je crois que je deviens de plus en plus dingue.

Je retourne dans le salon, je n'ai même pas à expliquer ce qui vient de se passer, les autres ont parfaitement compris. Alors je me rassois sans dire un mot, et regarde Night. Dans son abri, il regarde par la fenêtre la lave qui s'écoule partout. Il souffre de la chaleur, il souffre terriblement, chaque geste demande une énergie considérable. Et c'est là qu'il les voit.

A la fenêtre en face, Raven et Ellian l'ont remarqué eux aussi. Ils ne peuvent pas le rejoindre, étant beaucoup trop loin et séparé par une marée de roches bouillantes. Mais dès que l'éruption sera terminée, plus rien ne pourra les empêcher de s'entre tuer.

Les tributs se défient du regard, chacun essayant de jauger la forme de l'autre, se préparant déjà pour la bataille. Soudainement, aussi inattendu que ça peut être, Raven prend la parole :

– Alors, Night, ça fait quoi d'être si proche du but ?! Tu as peur ?!

Night ne comprend pas pourquoi son adversaire demande ça, et moi non plus, je regarde Cashade, pour trouver une réponse.

– Ça s'appelle déstabilisation psychologique, dit-elle en devançant ma question. Raven est taré, ça ne m'étonne pas de lui. Voyons où ça va aller...

Night ne répond pas. Il n'y a rien à répondre.

– Tu sais ce qui va arriver ! On est deux, et on est plus fort que toi !

Toujours pas de réponse.

– Je t'ai vu à l'entraînement, et je peux te dire ce que j'ai vu ? Un minable bon à rien ! T'étais même pas capable de tenir une épée correctement !

– Tu dis n'importe quoi ! répond Night en commençant à s'énerver.

Quoi ? Il était pourtant si calme.

– Mais, je ne comprends pas... je m'étonne. Pourquoi est-ce qu'il...

Et je comprends : Raven a parlé de l'entraînement, il a donc injurié son frère. Et ça, Night ne peut pas le supporter.

– T'es rien, Night ! s'exclame Raven. Tu fuis comme les autres, t'es qu'un lâche !

– Je ne suis pas plus lâche que toi ! Toi, tu te réfugies derrière tes pions !

– Mais moi, je sais me battre. J'ai survécu aux révoltes dans le 6, j'ai survécu à l'arène et je n'ai même pas une once d'égratignure ! Tandis que toi, je t'ai à peine vu, mais je sais tout de suite faire la différence entre un gagnant et un looser !

Ne répond pas, Night, ne répond pas...

– Et moi, j'ai tué plus de monde que tu pourra en tuer !

– Tu ne sais pas ce que j'ai fait, tu ne sais pas de quoi je suis capable !

– Tu... Tu n'as rien fait !

– On a tué deux carrières ! Ils ne pouvaient rien contre nous ! Et le garçon du 12... Il m'a supplié au moment où je l'ai achevé !

– C'est faux, c'est Sara qui l'a tué !

Non.

Les yeux de Night s'agrandissent, et il se cache derrière le bord de la fenêtre se rendant compte de son énorme erreur.

Il n'est pas censé savoir ça ! Les tributs ne sont au courant de rien, ils sont seuls ! Et Night vient de se cramer devant tout Panem ! On est foutu !

Non, réfléchis, Keen, personne ne peut prouver, ni se douter de ce qui se passe réellement.

– Merde, merde, Merde ! Tout le monde va savoir ce qu'il a fait maintenant ! crie Cashade.

– Non, je dis froidement. Raven bluffe, pourquoi pas Night ? Et il suffit que ce soit un coup de chance qu'il soit tombé sur Sara...

– Mais là, ça commence à devenir évident qu'il y a quelque chose d'anormal ! Ils ne sont pas dupes à ce point !

– les gens du Capitole croient à tout quand il s'agit d'Hunger Games. Ils sont obnubilés par le spectacle.

– Worthcow ne l'est pas.

– Oui, il ne l'est pas...

Mais il ne peut pas deviner ce qui se passe. Mon attention se déporte alors sur la télévision. Le combat final approche, mais pas sûr que ce soit pour tout de suite. La lave crée une chaleur telle qu'elle fatigue énormément les tributs, alors pas sûr que le Capitole arrête l'éruption tout de suite, car le combat ne sera que plus exceptionnel si les tributs sont exténués.

Dans le bâtiment d'en face, Raven et Ellian préparent la suite. Ellian semble moins rassuré que Raven.

– Eh Raven, dit-il. Tu es sûr qu'il est si mauvais que ça ? Il... Il vient de tuer une carrière, là...

– Ne t'en fais pas, Ellian, tout se passera bien...

– Mais, il a tué Lilia, alors qu'on était trois à l'attaquer ! Et avec l'effet de surprise.

– Il a eu de la chance, là, il n'en aura pas. J'ai une tactique spéciale.

– Ah, et c'est quoi ?

– Tiens, je vais te montrer, ramasse tes armes dans le sac.

Ellian, pressé de savoir ce que Raven mijote, se retourne et se baisse pour atteindre le sac par terre.

Erreur.

Sans hésiter, Raven lui attrape la tête et lui tranche le cou avec l'un de ses poignards recourbés. Dans un grognement guttural infect, Ellian tombe par terre, sur le dos et, alors que le sang se déverse de sa blessure, ses yeux regardent son assassin en demandant pourquoi, mais Raven est déjà passé à autre chose, il prend le sac et, pendant que son ex-coéquipier se vise de son sang, il change de pièce sans lui accorder un regard. C'était ça, sa tactique spéciale.

Je suis terrorisé. Les choses comme ça arrivent aux Hunger Games, mais là, c'est fait avec une telle froideur... Mon sang est glacé, j'en oublie presque tout ce qui s'est passé avant, l'image du jeune garçon, étendu, trahi, mourrant. Ça me choque profondément.

– J'aurais pu le parier, soupire Cashade, quand même choquée malgré sa résistance naturelle à toutes les horreurs. Une équipe si proche de l'arrivée, s'il n'y a pas une confiance sans borne entre les deux, mieux vaut être le premier à tromper l'autre. Et franchement, être uni contre un autre tribut dès qu'on sait que, dès qu'on l'aura battu, il faudra se foutre sur la gueule... Raven est un monstre, mais il est loin d'être idiot.

Ça y est, Ellian est mort, le canon retentit, et on peut passer à autre chose.

Et là, le téléphone sonne. Je suis juste à côté, je le décroche presque inconsciemment.

– Allô ?

– C'est vous, monsieur Spencey ?!

La voix est reconnaissable entre mille, bien que le ton soit teinté d'une rage non dissimulée.

– Worth... Commissaire Général Worthcow ?

– C'est impossible... J'ai vérifié, votre tribut ne peut pas savoir tant de choses ! dit la voix à l'autre bout du fil.

– Mais...

– Vous avez triché ! Je le sais, j'en suis sûr depuis toujours !

– C'était des coups de chance, Night n'a...

– Vous avez communiqué avec lui, vous lui avez transmis des informations !

– Mais, comment est-ce qu'on aurait pu se voir, je n'ai aucun moyen d'accéder à l'arène ? Et je ne peux pas envoyer de message...

– Je ne sais pas comment vous avez fait, mais je vais le trouver, le prouver, et je vous jure que...

Il s'interrompt soudainement. Il ne dit plus rien, j'entends sa respiration au bout de la ligne. Puis, tout d'un coup, il raccroche.

Je ne comprends pas. Il était si déterminé, comment ce fait-il qu'il s'arrête comme ça ? Il était comme prêt à... à chercher ce que j'avais fait...

Je regarde la télévision. On y voit l'hovercraft qui vient chercher le corps d'Ellian.

Le téléphone me tombe des mains. Worthcow devait regarder les mêmes images que moi.

Le moyen d'accéder à l'arène.

Il sait.