Disclaimer: Hetalia ne m'appartient pas. Le concept des 2P n'est pas de moi non plus, je ne fais qu'utiliser l'idée.
Personnages:. 2P!Amérique/Alexander, 2P!Canada/Matt, 2P!Native!Amerique. Mention de 2P!France/Lilian et de 2P!Angleterre/Oliver
Parings: Fruk sous-entendu (très léger)
Genre: Angst, hurt/comfort, Family
Rating: Rien de bien méchant.
Mukki et Kanata
Ils étaient deux.
Ils étaient ses successeurs. L'un pour le nord, l'autre pour le sud. L'aîné avait une peau blanche, des yeux ambrés et des boucles blondes qui lui tombaient sur les épaules. Une boucle plus longue que les autres pointait sur son crâne. Le cadet avait une peau dorée et des yeux tout aussi ambrés. Ses cheveux était brun rouge et étaient longs, tombant dans son dos.
Mais elle n'aimait que le deuxième. C'était lui qui parlait parfaitement les langues de leur peuple, qui allait au contact des gens, heureux et joyeux. Il se mettait plein de plumes dans les cheveux, courrait dans le campement du haut de ses deux ans physique, et se comportait comme l'un d'eux.
L'autre était trop semblable aux gens venu voler leurs terres. Trop semblable à son père qu'elle avait trompé pour avoir des héritiers. Au début, il parlait sa langue, se comportait comme l'un d'eux.
Sauf que ça changea du jour au lendemain. Il se mit à parler la langue des blancs et a ne plus comprendre celle des natifs. Il pleura beaucoup, ne saisissant plus ce qu'on lui disait. Et l'attitude envers lui changea encore plus qu'avant.
Il reconnaissait son nom.
Savait celui de son frère.
Et savait toujours dire «maman».
Depuis son plus jeune âge, les amérindiens l'avait rejeté. Il n'était pas comme son cadet, pas comme eux. Mukki avait une peau pâle aussi mais elle était colorée par le soleil, en plus d'être naturellement dorée. Et ses cheveux foncés pouvaient rattraper ce teint plus clair. L'enfant était trop différent. Les mots durs pleuvaient sur lui et personne ne faisait rien. Il ne comprenait plus mais devinait bien les sentiments envers lui. Comment aurait-il se défendre du haut de ses deux ans physique? Il était encore fragile, délicat. Alors Kanata n'insistait pas, allant jouer tout seul dans un coin ou avec le petit ours 'magique'' de sa mère. Mukki était sans cesse tiraillé entre ce jumeau tant aimé et les gens. Il renonçait à ses jeux pour rester avec lui. Ils étaient très proches, partageaient tout. Même s'ils ne parlaient plus la même langue, ils se comprenaient grâce au lien des jumeaux. Ou peut-être que Mukki comprenait cette étrange langue que parlait Katana? Ils parlaient si bas, à l'écart, qu'il était impossible de le savoir.
Une fois une pierre manqua d'atteindre Kanata. Furieux Mukki l'avait ramassé et jeté de toutes ses forces sur le responsable. C'est là qu'on se rendit compte de la force exceptionnelle de la petite nation, quand l'homme fut assommé par le choc. Un silence de mort était tombé sur le camps, tous les regards tournés vers l'enfant aux cheveux auburn. Celui-ci était ensuite retourné jouer avec son frère, lui tenant doucement la main. Il avait regardé sa mère avec incompréhension, ne comprenant pas pourquoi elle ne protégeait pas son frère.
La nation adulte craignait que Mukki ne finisse par rejeter son peuple pour les colons juste pour soutenir son frère. Elle avait eu ces enfants avec cette autre nation pour faire d'eux des protecteurs de leur peuple, qui feraient passer les colons en second, qui n'hésiteraient pas à trahir ceux-ci pour les natifs. Qui seraient la sauvegarde de leur peuple.
Elle n'avait pas prévu que Kanata soit si semblable à eux.
Cela lui rappelait les conflits au sud, entre cet homme étrange aux yeux bleus et elle. Cet homme si différent du père des jumeaux. Il massacrait son peuple sans sourciller. Dire que Kanata lui ressemblait, même s'il n'avait aucun lien avec lui. Et s'il devenait comme ça en grandissant? Cela serait terrible, peut-être même fatal pour son peuple. Elle utilisa la magie et vit que ses fils étaient rattachés à deux groupes.
Les colons et son peuple.
Dans le cas de Mukki, ils étaient équivalant. Aucun de prenait l'avantage sur l'autre. Il suffirait le le pousser dans le bon sens pour que le bon lien soit renforcé. Mais dans le cas de Kanata, le lien le rattachant à elle, aux siens était fragile, ténu. Il ne se briserait pas, car l'enfant ne pouvait pas rejeter totalement ces personnes, les tribus du nord. Mais il était clair qu'il rejetait en partie ce que ce peuple représentait, qu'il devenait de plus en plus comme les colons, comme les siens. Il ne comprenait déjà plus rien quand elle lui parlait. Et elle sentait les terres qui s'arrachaient à elles, ces peuples qu'elle perdait, et qui s'attachaient a u petit. A cet enfant qui ne ferait rien pour les protéger, pour proche des envahisseurs. Nul doute qu'il irait les rejoindre un jour. Et qu'il entrainerait son frère avec lui s'il le fallait.
Il pleurait beaucoup, perdu. Mais elle ne faisait rien. Il était devenu un inconnu. Elle le rejetait, autant qu'elle rejetait la culture des colons. Elle l'ignorait même, cajolait Mukki sans se préoccuper des regards tristes qu'il lui envoyait. Elle ne faisait que le nourrir, il profitait juste des chants pour son cadet et ne pouvait plus comprendre les histoires qu'elle racontait à son frère. Il la regardait souvent avec un air implorant, lui tendait les bras mais elle ne le tenait jamais et le repoussait. Il n'était plus son fils, il était une menace. Il pouvait devenir un danger pour son frère et elle.
Et le pire?
Il était plus fort que Mukki, plus fort que ce frère qu'il adorait. Même s'il n'avait pas cette puissance qu'avait son jumeau, il était spécial, à sa manière. Il deviendrait un représentant puissant, craint et respecté. Elle le sentait. Il serait quelqu'un qui se battrait jusqu'au bout, qui ne se laisserait jamais commander. Qui protégerait les siens avec toute sa force.
Cette force ne serait pas au service du peuple de sa mère.
Mais pour les autres...
Il était dangereux. Et s'il prenait les colons du sud sous sa protection, ne laissant à son frère que les tribus? Ce serait idéal mais cela finirait en guerre fratricide. Et si Mukki perdait...ce serait dramatique pour leur peuple. Son fils bien aimé deviendrait trop fragile et pouvait être fragilisé par ces étranges maux qu'avaient amené ces gens venus de la mer. Il avait déjà souffert de ça, alors que Kanata s'était vite relevé. Heureusement elle avait partagé cette douleur avec lui. Mais elle avait été furieuse de voir l'aîné se relever rapidement, même s'il avait souffert. Comme si il possédait une sorte d'immunité. Elle ne pouvait pas savoir que, lié fortement aux colons qui étaient habitués à ces maux, il y résistait mieux. Il était tombé malade à cause de son lien avec le peuple de sa mère mais avait guéri grâce au lien avec les gens venu de si loin.
Il lui arrivait de se mettre à chanter, d'une voix magnifique. Mais c'était la langue des colons du nord. Un jour, un homme voulut le frapper pour le faire taire. Mukki le poussa brutalement et le fit tomber avant de dire «Ne touche pas à mon frère!» puis il avait prit la main de Kanata et l'avait tiré sous leur tipi, sans un regard en arrière. Ils ne pouvaient plus se comprendre mais restaient très proches. Elle ne comprenait pas pourquoi.
Comment Mukki ne pouvait-il pas sentir ce danger?
Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Tant qu'il était jeune. Il fallait reprendre ces terres et...soit les donner à son cadet soit avoir un autre enfant. La première solution la tentait plus. L'enfant chéri pouvait représenter cet immense territoire, comme elle l'avait fait. Elle ne pouvait se douter qu'il ne supporterait jamais d'être deux pays et que elle le tuerait en faisant ça. Ou qu'une nouvelle nation verrait le jour pour représenter l'autre pays.
Il fallait qu'elle le fasse tant que Kanata était jeune, qu'il pouvait encore mourir puisqu'elle était là. Au mieux il deviendrait un simple humain et elle l'abandonnerait près d'un village, au pire elle faisait ça pour sauver son peuple. Il était dangereux.
Elle pénétra dans le tipi des enfants durant la nuit, un couteau à la main. Un rayon de lune tombait sur Kanata qui dormait paisiblement, un air si innocent et doux sur le visage. Son aura de nation était encore fragile mais bien présente. Mukki était roulé en boule près de lui, tenant une mèche claire entre ses doigts.
Elle leva l'arme quand un regard ambré se posèrent sur elle. Son second fils s'était redressé sur ses genoux et la fixait de ses grands yeux. Il ne disait rien mais semblait effrayé. Il regarda la lame puis sa mère et les larmes lui montèrent aux yeux. Il n'avait que deux ans physique et une mentalité proche de cet âge mais savait à quoi servait ces choses. Et sa mère en avait levé un au dessus de son frère bien-aimé. Des larmes se mirent à rouler sur ses joues.
«Pourquoi?»
Ces mots.
C'était la langue de son père.
Elle le prit comme un coup au cœur. Elle utilisa sa perception et vit que le lien avec son peuple venait se diminuer un peu. Elle recula. Et vit la colère dans le regard doré. Un regard qui semblait bien au delà de l'âge de l'enfant, et il semblait voir quelque chose que lui seul pouvait percevoir.
«Pourquoi?»
Elle fut incapable de soutenir ce regard. Un grondement lui fit baisser les yeux. Son ours Elan la fixait en grondant, se mettant entre le lit et elle. Son pelage brun était hérissé. Il la menaçait. Il la voyait comme une menace. Il allait l'attaquer si elle ne reculait pas.
Elle partit, se promettant que ce n'était que partie remise. Dès demain, elle ferait oublier ça à Mukki et n'aurait qu'à attendre le bon moment pour recommencer.
L'enfant secoua son frère. Celui-ci ouvrit les yeux. Il se redressa, se frottant les yeux. «Il faut partir.» il sauta du lit et prit des vêtements, les tendant à son frère.
Celui-ci les mit, perdu. Mukki lui prit la main et le tira dehors, suivit par l'ours. Ils coururent dans la forêt, s'arrêtant parfois pour reprendre leur souffle. Katana ne comprenait pas. Il suivait son frère sans savoir ce qui lui prenait, ni pourquoi il pleurait. Il sentait le chagrin de son cadet. Ils finirent par arriver, à l'aube, près d'une petite grotte, à proximité d'un village. Mukki hocha la tête. Ici ce serait parfait. Il serait recueilli par les gens. Ceux-ci prendraient soin de lui. Son frère était comme eux, il serait en sécurité avec ses semblables.
Mais comment lui dire? Il fixa son aîné qui regardait les toits, comme attiré. Il se concentra, cherchant au plus profond de lui les mots pour lui dire. Du plus profond de son cœur, venu de son lien avec les colons, les mots «Reste ici. Et trouve un semblable qui prendra soin de toi.» lui échappèrent. Épuisé par cette effort, il vacilla.
Katana le fixa, étonné «Pourquoi?» Mukki lui jeta un regard si triste qu'il eut un frisson. Il sentit ses yeux le brûler. Alors ils ne voulaient plus de lui? Il n'aurait pas du être étonné. Mais ça faisait mal. Il les aimait pourtant, vraiment et se préoccupait d'eux pour de vrai. «D'accord.»
Son frère le prit dans ses bras et le serra contre lui. Ils pleurèrent, sachant la séparation inévitable. Puis Mukki enleva la belle plume dans les cheveux de son jumeau, la mettant dans les siens. Il regarda son aîné et murmura, des sanglots dans la voix «Je ne t'oublierais jamais. On se reverra.»
Kanata ne comprit pas les mots, mais en sut le sens. Il renifla, et regarda son cadet partir dans les bois, les larmes coulant sur ses joues. Elan se pressa contre lui, et il le caressa, heureux qu'il soit avec lui. Il se tourna vers le village.
Peut-être que son père serait là?
Ce père qui était comme lui, comme son frère, comme sa mère.
Et peut-être que celui-ci l'aimerait et ne le rejetterait pas.
D'un pas décidé, le petit alla au village. Il fit qu'il y avait un échange entre le peuple de sa mère (et le sien...il supposait?) et les colons. Un sourire aux lèvres, il courut, sentant une énergie semblable à celle qui entourait sa mère.
Il y avait quelqu'un comme lui...Très proche
Mukki revint au camps à la nuit suivante. Il se contenta de fixer sa mère quand celle-ci lui demanda où était son frère. Il ne desserra pas les lèvres. Il n'était pas resté avec Kanata parce que il se sentait lié aux terres du sud. Il ne pouvait rester au nord. Il le dit à sa mère, d'un ton si sec et sérieux que celle-ci en fut surprise.
Elle ne désespéra pas. Une nuit, elle posa la main sur le front de son fils endormi et chuchota une formule. Une lueur éclaira le visage du petit tandis qu'elle effaçait de sa mémoire le souvenir de Kanata. Il redevint les jours qui suivirent l'enfant heureux et joueur qu'il était. Plus personne ne parlait de l'autre.
Et un jour, elle le laissa entre les mains d'une tribu du sud. Il avait 3 ans physique. Il ne comprit pas. Mais elle devait partir, il fallait qu'elle le laisse prendre son destin en main. Ses liens étaient forts, autant avec un peuple qu'avec l'autre. Il était prêt. Elle ne devait pas l'étouffer alors qu'elle représentait la même chose que lui. Elle se retirerait, sentant petit à petit son fils prendre les terres, renforcer ses liens qu'elle perdrait au fut et à mesure qu'il grandirait.
La rencontre avec les colons serait inévitable.
Elle espéra juste que ça soit le plus tard possible.
Qu'il puisse rester fidèle à tout jamais à son peuple de naissance.
