CHAPITRE 8

POV ULQUIORRA

Je sors de l'appartement. Parce qu'il me répugne. Et même s'il me répugne, il m'attire en quelque sorte. Depuis que sa langue a dansé dans ma bouche. Dit comme ça, ça fait guimauve, je pourrais même me gifler pour propos nuls mais voilà, c'est la réalité. C'est un sentiment compliqué. C'est de l'amour caché mêlé à de la haine apparente. De la compassion dans les gestes mêlée à la cruauté dans la parole. De la colère dans le regard mêlée au pardon dans le cœur. Dit comme ça, ça fait " j'suis triste, ma chatte est morte, j'vais écrire des poèmes ouhouh".

Hier soir, il est rentré tard. Il empestait l'alcool, il a dû en consommer à forte dose. Il m'a pris par surprise dans la cuisine. J'ai senti sa poigne ferme sur mon épaule qui a craqué lorsqu'il m'a retourné pour plonger ses orbes bleues dans mes yeux, le contact chaud de ses lèvres sur les miennes, le passage forcé de sa langue à l'intérieur de ma cavité buccale. Je me suis débattu autant que je pouvais, mais en vain. Jusqu'à ce qu'il m'attrape fermement les fesses. Je revis ce jour là.

...

C'était un soir d'hiver, j'avais tout juste 4 ans. Mes parents étaient sortis, et j'étais seul chez moi, dans ma chambre. Jusqu'à ce que quelqu'un frappe à la porte. Lorsque j'ouvris, je le vis. Mon grand frère adoptif. Sosuke. Il était grand, beau, brun et musclé. Il avait 15 ans. De ses yeux chocolat émanait un regard tendre. Son sourire était rassurant et chaleureux. Je l'aimais, je l'admirais. Il était mon héros. Sauf que les quatre dernières phrases ne parlaient que de l'habitude. Cette nuit là, son regard était froid. Son sourire était malsain. Mais je ne l'avais pas remarqué. Il referma la porte doucement, me prit dans ses bras, et nous montâmes dans ma chambre. Il me posé par terre et me regarda jouer avec un ours en peluche. Puis il me dit " et si on jouait à cache cache dans le noir ? juste dans ta chambre". J'avais trouvé ça génial. Nous avions donc éteint les lumières. Je m'étais caché sous mon lit, et il n'eut pas de mal à me trouver. Lorsqu'il me retrouva, il me tira dans un énorme câlin. Je me souviens avoir fermé les yeux, et sourit, parce que j'aimais quand il me prenait dans ses bras . Mais...je les ai aussitôt rouverts quand j'ai senti une main m'enlever mon pantalon. J'avais ris. Évidemment, se faire enlever le pantalon, c'était un jeu drôle. Mais ensuite j'entendis un bruit métallique. Je n'avais pas compris que c'était la boucle d'une ceinture qui s'ouvrait. Que voulez-vous? L'innocence peut détruire. Et puis tout se passa tellement vite. Sa main se glissa sous mon boxer. Ses doigts jouaient avec mon intimité..Je me suis débattu comme j'ai pu, j'ai crié, hurlé, mais rien à faire... Il me retourna soudain sur le ventre, m'écarta les jambes, et je sentis aussitôt une douleur atroce au niveau du bassin, comme si j'étais fendu en deux, déchiré de l'intérieur. Il donnait d'innombrables coups de reins. J'étais sonné, jusqu'à ce qu'un liquide chaud m'envahisse. Je pleurai. J'avais envie de mourir, de disparaître de cette planète. Puis mon bourreau parla.

- Si tu pouvais savoir combien je te hais. Toi et ta famille . Parle de ça à qui que ce soit, et je ferai de ta vie un enfer.

Et il disparu, me laissant seul, nu et meurtri dans le noir. Je me sentais sale. J'avalai alors tout ce qui s'était passé comme de l'acide. Je cachai cet événement dans un coin reculé de mon coeur. Et je pris une douche. J'avais vidé tous les flacons de savon. Pour me éradiquer le vice. Et je m'endormis. Je ne dirais rien à mes parents.

Même aujourd'hui, ils ne savent pas. Mais je suis sûr que ma mère a remarqué un changement de comportement. Ma mère remarque toujours tout. Je lui dois tout.

...

Quand Grimmjow m'attrapa les fesses, je compris qu'il fallait réagir, et vite. Il me porta vers le salon et se mit au dessus de moi, assis sur mon bassin. Il s'attaqua à ma nuque, où je sentis un contact chaud. Des lèvres. Des dents. Il m'a sûrement marqué, et pour un bon bout de temps. Pendant qu'il était occupé, je pris la première chose qui me tomba sous la main. Une statuette de bois. Sûrement un cadeau inaperçu de la part de Sommarie. Je lui dois inconsciemment une fière chandelle pour l'avoir posée ici. Et je lui assenai un coup sur la tête. Grimmjow me tomba dessus.

Que faire à ce moment là ? J'aurais facilement pu le laisser dormir sur le canapé, sur le ventre. J'aurais même pu lui enfoncer son rat mort dans la bouche. Mais je ne l'ai pas fait. Parce que mon corps l'a voulu. J'avais promis de prendre soin de mon colocataire, sans pour autant lui montrer une once d'affection. Je ne l'aime pas. C'est un être qui ne mérite pas d'avoir sa place dans mon entourage.

Alors je fis ce que je dû faire. Je pris soin de lui. Et je me surpris à tout faire avec tendresse. J'agressais la panthère qu'il était, éveillé. Je dorlotais le chaton qu'il devenait dans son sommeil. Je l'ai déshabillé doucement pour qu'il ne se réveille pas. Je l'ai porté comme une victime. Je l'ai lavé comme une innocente créature qui découvrait à peine le concept de tendresse. Je lui ai changé ses sous-vêtements non sans détourner mon regard de sa virilité. Je l'ai rhabillé, et je l'ai bordé comme une mère. Tout en me promettant que ce serait la première et dernière fois que je me dévouerais de cette façon.

En résumé, je suis tiré entre l'envie de cogner sa face de con, et de l'enlacer pour lui faire rattraper toutes les années qu'il a vécu sans douceur. Maintenant, le hic, c'est que le fait que Grimmjow aie manqué d'affection pendant toutes ces années n'est qu'une hypothèse. Donc je penche pour l'option 1: le faire souffrir. Avec modération bien sûr.

Pourquoi je suis sorti ? Ah oui, je sorti aussi pour empailler le rat. Ah vous croyiez qu'il était déjà empaillé ? (Non, je n'allais pas promener un rat mort !) J'avais réussi à le mettre dans un cube de verre en attendant d'aller chez un spécialiste dont m'avait parlé ma mère. Qui aurait pu envisager que son adresse m'aurait servi ?

Je mets mes écouteurs, et je lance Are You Dead Yet*. Du screamo, oui, y a de quoi détendre les oreilles, sans ironie .

J'arrive chez le gars, et j'tape à la porte. Comme tout le monde hein ! Quelqu'un m'ouvre.

Dieu me hait. Bonjour Mayuri ! Mayuri empaille des animaux maintenant?

-Oh ! Mais qui vois-je là ? Ulquiorra-san ! Quel plaisir de vous voir ! A croire que vous cherchez ma compagnie même en dehors des cours ? Ca me touche vraiment !

Dans quoi je me suis embarqué ? Bon ben, rentrons.

-Donc, Ulquiorra-san, de quoi voulez-vous me parler ? Un problème avec v.. euh vous êtes venus empailler un animal ?

-Oui, un rat.

-Et pourquoi un rat ?

Et pourquoi pas lui dire. En tant que sadique, il pourrait m'enseigner ses techniques pour faire chier le monde. On tente ça.

-Eh bien voilà. Pour mon anniversaire, Jaeggerjacquez m'a offert un cadavre de rat avec un mot à l'intérieur de son..

-Oui ?

-son..

-Ah ! Son anus ? C'est une pratique très courante, en effet.

Euh.. je n'ai rien entendu ! JE N'AI RIEN ENTENDU.

-Oui, voilà. Et il se trouve maintenant que nous sommes colocataires pour certaines raisons compliquées. Et en signe de notre "amitié" (si nous pouvons l'appeler ainsi), je souhaiterai empailler ce rat et en faire une décoration intérieure. Serait-ce possible ?

-Oh mais évidemment ! Donnez moi jusqu'à Lundi ! Je vous le rendrai quand on se reverra.

-Bien, merci professeur.

-Mais c'est moi ! Par contre dîtes moi, vous vous entendez avec Jaeggerjacquez ?

Bonjour, Gad ! Encore un blaireau qui dit "c'est moi" après un remerciement. C'est pas toi, c'est moi ! Ok ?

-Pas spécialement. En fait, nous passons tout notre temps à nous enguirlander. C'est à qui aura le dernier mot.

-Et je suppose que dans ce domaine, vous êtes le vainqueur !

-Qui sait ? Je ne sais pas, mais vu ses réactions, on pourrait penser ça.

-Oh, je vois.. Et bien.. ne perdez pas la main !

-Pardon ?

C'est moi où.. il se sent confus ?

-Je voulais dire.. ne vous laissez pas faire ! Je sais que vous êtes capable de dompter la bête !

Il va bien ce gars ? C'est quoi ces manières de parler de ses élèves? Ah oui, j'oubliais, je parle à Mayuri.

-Oui, professeur, comptez sur moi. Bien, je vais devoir y aller.

-D'accord, je ne vous retiens pas plus longtemps. Au revoir, Ulquiorra-san.

Je ferme la porte derrière moi. Tiens, il est bizarre aujourd'hui, Mayuri. J'ai eu l'occasion de le voir.. confus. En fait, un Kurotsuchi confus, c'est comme un lépreux encore entier. C'est impossible.

Quoi faire ? Tiens, j'vais appeler mes parents, histoire d'aller les voir. Donc, premier passage au salon de ma mère, puis au bureau de mon père. Histoire de leur poser quelques questions? Ne rêvons pas, il ne me laisseront pas placer un mot durant toute la visite. Bien, laissons tomber.


* chanson mythique de Children of Bodom

Voili voilou, chapitre 8, j'ai essayé de me la jouer poète.. à voir ce que vous en penserez

Sinon après un mois et demi d'arrêt, j'ai ENFIN repris le basket ! J'ai tellement joué que j'ai la plante des pieds foutue en l'air ! Rentrée scolaire Mardi 6 Septembre, et je rentre au LYCEE ! Tadam (minute de gloire, me laissez pas de vent)

Anyway, Ulquiorra, ne me tape pas !

"vvvvveux revvvvviiiooouuuuueeeeee !"

oui, Margera, moi aussi j'en veux.

Anyway, passez un bon dimanche ! A bientôt pour le chapitre 9 ;)

TCHUSSSSSS ! (pas de moustique pour cette fois :\)