CHAPITRE 11 :

POV GRIMMJOW :

Qui est ce Sosuke ? Je sais que lorsque ce nom a été prononcé, un silence glacial s'est emparé de la salle. Ulquiorra a pris sa mère dans ses bras et l'a déposée sur un fauteuil de son bureau, tout en me demandant de fermer la porte pour qu'aucun client éventuel ne rentre. J'me suis assis près d'eux, et j'ai vu le brun réconforter sa mère. Cette dernière avait le visage plongé au creux de l'épaule de son fils. Il pleurait aussi, mais silencieusement, les rares larmes qui coulaient tombaient sur le sol. Mais je pouvais étrangement distinguer une sorte de.. micro sourire. Je l'savais sadique, mais à quel point ? Après une demie heure de sanglots, un homme est rentré. C'était le sosie d'Ulquiorra en plus âgé, mis à part la légère barbe qu'il s'était laissée pousser. Ifalna (oui, je connais son nom, j'ai bien dû le savoir hein) s'est précipité contre le torse de l'homme.

- Franz...

-Oui, ma chérie. Je suis au courant. Il sera bien là où il est..

-Je peux savoir ce qui est arrivé à Sosuke ?

-Oui fiston. Tu sais que Sosuke habite aux Etats Unis ? Eh bien, il se trouve qu'il est mort durant un assaut visant à arrêter un pédophile dans un super marché. Ce dernier portait le surnom d'AS. Il a été tué, mais beaucoup d'innocents ont rendu l'âme durant l'opération, car il était armé. Dont ton frère.

Sosuke est le frère d'Ulquiorra ? Comment ça se fait qu'il ne me l'ait pas dit ? Et oui effectivement, j'ai entendu parler de ce fameux AS aux informations, malheureusement, personne n'a jamais vu ni son vrai nom ni son visage. Il est mort ? Bien fait pour sa gueule.

-Qui vous a annoncé sa mort ?

-C'est Gin, il était là durant l'assaut. Il a juste dit que Sosuke était mort. D'ailleurs les informations sont dans quelques instants. Allumons la télévision.

Oui, j'oubliais de dire que mon père était commissaire de police. Donc maintenant, j'comprends c'était quoi cette "affaire urgente". Franz alluma la télévision, et nous vîmes un flash info.

"Bonjour à tous et bienvenue à ce flash info spécial ! Aujourd'hui, le dangereux pédophile surnommé "AS" vient de perdre la vie durant un assaut dans un supermarché de la ville de Desmoines, dans l'IOWA. Après avoir analysé ses papiers d'identité et fouillé sa maison, la police américaine a retrouvé un journal intime dans lequel il racontait sa vie dès l'âge de ses 15 ans, depuis son départ du Japon pour vivre aux États-Unis. D'après l'introduction de son journal, il disait précisément "Ma vraie vie a commencé le jour où j'ai ressenti le bonheur d'un orifice étroit: celui de mon petit frère de 4 ans. Dans sa famille, j'étais adopté, alors rien à foutre des deux gros cons avec leur gosse débile. C'est tellement marrant de se servir d'une famille d'accueil pour se faire du fric, mais que voulez-vous, l'humain est ignoble. Et je suis humain."D'après ses papiers d'identité, son vrai nom serait Aizen Sosuke. Il aurait été adopté par une famille allemande résidant actuellement au Japon. Étant un élève extrêmement doué, il eu son bac à l'âge de 15 ans, et décida donc de vivre à Desmoines et étudier dans une prestigieuse université. D'après le commissaire Ichimaru, venu tout droit du Japon pour participer à l'arrestation, Aizen Sosuke aurait commencé par rôder autour des écoles primaires, et aurait soudoyé les enfants grâce à une drogue contenue dans les friandises qu'il leur distribuait. Tous les mystères qui concernaient des enlèvements d'enfants ont été élucidés, et le peuple de Desmoines remercie chaleureusement les polices japonaise et américaine pour les efforts fournis afin d'arrêter le criminel. C'était Ayasegawa Yumichika, pour Hana TV. A bientôt pour un nouveau flash spécial !"

Bon, on se détend, Grimm. Après un flot d'informations aussi inattendues les unes que les autres. Il le faut. Durant la diffusion, je n'ai pas fixé l'écran du poste de télévision. J'ai écouté les propos du présentateur, tout en observant la réaction des Schiffer. Ils avaient tout d'abord écarquillé les yeux de surprise, puis de colère, et enfin de désolation. Une tension électrique s'était introduite dans la pièce.

Ulquiorra avait pris une teinte livide, et s'était laissé tomber sur le canapé, bouleversé. Il se pinçait très fort la cuisse. Il se mordait la lèvre inférieure jusqu'au sang. Il tremblait de tout son corps.

Un silence glacial envahit les alentours. A peine Franz a-t-il essayé de poser sa main sur l'épaule de son fils que ce dernier prit ses jambes à son cou. Je le suivis. Il quitta le salon et descendit les escaliers quatre à quatre. Putain il est vachement rapide, ce gosse ! J'ai eu du mal au début, mais j'ai réussi à le retrouver après dix minutes de course effrénée au fond d'un parc, sous un buisson, bien caché. Il était roulé en boule, et se mordait le pouce. Il tremblotait comme un petit enfant battu.

-Ulqui, ça va ?

-Tu vois bien que ça a l'air d'aller, gros con. Ta gueule et vas-t'en.

Ouh là là. Ca va pas être facile de le raisonner. J'ai approché ma main et j'ai effleuré son épaule. Pas de réaction. Visiblement, il se laissera toucher.

-Ecoute, Ulqui. Je te s'rai d'aucune utilité, et je l'sais. Mais s'il y a quelque chose que j'peux faire pour toi, je suis prêt.

-Je veux qu'on rentre à la maison.

Tu me demande quelque chose de vachement compliqué dis donc ! Bon bah en route vers l'appart. Faut dire que se trimballer dans les bras en gosse traumatisé dans la rue, c'est pas quelque chose qui rend indifférent. Et merde j'aurais dû prendre ma moto ! Sauf qu'elle est dans le parking souterrain de la résidence.. Argh quel con !

Je récapitule. Ulquiorra a donc été violé par son grand frère adoptif à l'âge de 4 ans. Et ce Sosuke a tellement aimé qu'il en a fait tout une passion et un mode de vie. Trouer des gosses. J'ai l'impression de comprendre pourquoi Ulquiorra m'a dit de ne plus boire. Il s'est sûrement souvenu du drame quand je l'ai pris par les fesses (il m'a raconté cette soirée en DÉTAIL).

Arrivés, chez nous, je le dépose sur son lit. Hmm.. je vais sortir. Vaut mieux qu'il reste seul. En me levant de son lit, sa main attrape mon bras.

-Reste.

Ses yeux m'appelaient. C'est pas comme si j'me vantais, mais je suis heureux qu'on aie besoin de moi. Mon père m'a détesté à cause de ma couleur de cheveux (plus con que ça tu crèves). Mais ma mère n'y a rien trouvé de mauvais, alors elle m'a éduqué seule. Mais un jour, mon père en a eu marre, alors il l'a tuée avant de se suicider. Ca a l'air simple dit comme ça, mais j'avais 2 ans quand c'est arrivé. Le 1er Septembre. Et le jour où j'ai rencontré pour la première fois Ulquiorra, c'était un 1er Septembre. Le jour de son anniversaire. C'est un peu le triste lien qui nous unit. Alors c'est normal que je me sente concerné par son état actuel. La chauve souris espiègle qu'il était d'habitude n'était plus. Il était fragile. Comme un chaton abandonné.

Je m'installais en dessous de lui, et il câla sa tête contre mon torse. J'enroulai mes bras autour de ses épaules. Il se mit à pleurer silencieusement, puis fut pris de spasmes. Il voulut se détacher, et se justifia quelque peu bêtement: "j'ai peur de mouiller ton tee-shirt.." Ta gueule, imbécile. Mon tee-shirt est bien la dernière chose à laquelle je pense. Pleure jusqu'à en perdre la conscience, tant que ça te soulage. "Je m'en fous". Il a tristement souri, et a serré son corps contre le mien. Il a enroulé ses jambes autour des miennes, et m'a tout dit. Il m'a parlé de cette fameuse nuit d'hiver. Il m'a décrit jusqu'au plus infime de ses sentiments ressentis ce jour-là. Il en a enduré, ce gosse..

Il a fermé les yeux. Mais il ne dormait pas. Je le savais. Parce qu'à force de l'observer dormir paisiblement la nuit, j'ai appris le rythme de sa respiration par cœur au fil du temps. Ce qui n'est paaas si déplaisant ! Tout à coup, il ouvrit les yeux, se dégagea de mon étreinte, et plongea ses émeraudes qui lui servaient d'yeux dans mes yeux. Puis il s'est sauvagement jeté sur moi, et m'a langoureusement embrassé, comme une bête en chaleur (Ulquiorra+bête en chaleur=la contradiction totale, vous voyez ?).

Vous croyez que ça m'a dérangé ? Ha! La bonne blague. Je n'ai jamais autant aimé un baiser de ma vie. J'ai ressenti une étrange sensation au niveau de mes reins, une espèce de chaleur qui te fout dans un état second. Je l'aime. Oui, j'aime ce gosse. J'devais bien me l'avouer un jour !

On s'est séparés. Et on a passé toute l'après midi assis dans le salon, l'un dans les bras de l'autre. Je ne peux pas savoir ce qu'il pense. On a écouté ses CDs. J'ai l'impression qu'il me cherche: il a mis du HIM. Un groupe qui ne chante que l'amour et la mort.

Je t'aime, petit. Ta gueule, et ne réagis pas.


Voilà le chapitre 11... je sens que j'dérappe. Il ne reste plus beaucoup pour la fin ;)

Petit clin d'oeil à Slipknot, Lylyne, j'espère que t'as compris .. :D

Une review ? J'ai l'impression de dégringoler. Les scènes guimauve, ça me réussit pas.
A bientôt pour le chapitre 12.

Tchuss !