Petit mot de l'auteure : Voici un recueil visant à écrire ce qui pourrait se dérouler 10 ans après les événements de la cité corrompue. Je vais suivre le canon de SOC (désolée qui on sait), peut-être de Kings of scars (Hanne!)


Le texte 1 est né d'un atelier : votre personnage masculin raconte une partie de sa jeunesse à son enfant


- Dit, Papa J, tu as eu où ce pistolet ? Il est rare.

La question était tombée sans préavis. Jesper aurait dû être habitué, son fils ayant la grande tendance de poser des questions qui n'avaient aucun rapport avec la présente conversation, mais tout de même, il avait été surprit.

Il fut d'autant plus surprit lorsqu'il vit ce que tenait l'enfant : il s'agissait d'un authentique revolver de collection fjerdan. Du haut de ses six ans, son fils avait comprit d'un seul coup d'œil qu'il s'agissait d'un objet d'une grande valeur. Tout en songeant qu'il avait accomplit son rôle de père à la perfection, il s'empressa de répondre – non sans avoir récupéré l'objet des petites mains, il n'était pas complètement inconscient non plus.

- Tu vois Matthias... Ce pistolet vient d'un pays appelé Fjerda. C'était là d'où venait le Matthias à qui tu doit ton nom d'ailleurs.

- C'est lui qui t'as fait cadeau ?

Jesper fit un sourire amusé mais ému en imaginant son ancien ami lui faire un tel présent. Jamais de la vie cela aurait pu arriver... Même à la fin, où ils étaient devenus de véritables compagnons, le blond n'aurait jamais accepté de lui confier un tel trésor national. « Cela appartient à la grande nation fjerdanne ! Sa place est dans un musée », voilà ce qu'il aurait répondu. Comme toujours lorsqu'il pensait au soldat, son cœur se serra. Il préféra alors chasser le fantôme pour revenir à son fils.

- Non, ce n'est pas lui. Tu vois, je l'ai prit tout seul.

Là, deux grands yeux s'ouvrirent.

- Raconte ! Raconte !

- Très bien. Oncle Kaz avait un plan fou.

- Aussi fou que quand il a voulu voler sa gaufre à tata Nina ?

- Non, reconnu Jesper. Rien n'est aussi fou que ça. Mais presque.

Les yeux de l'enfant se remplirent d'effrois. « Presque », c'était terrifiant quand on connaissait la réaction de la Grisha.

- Donc, son plan, c'était d'aller à Fjerda, dans la prison la plus gardée du monde. Il y avait des soldats partout ! Des monstres de glaces ! Des tanks ! Plein de choses prêtes à nous arrêter. Là bas, nous devions trouver...

Jesper réfléchit un temps. Il refusait catégoriquement de qualifier Kuwei de « trésor » mais il voulait faire rêver Matthias...

- Nous devions trouver quelqu'un, finit-il par dire. Un chercheur. Finalement, nous avons trouvé son fils. Un vrai co... idiot. Mais enfin bref. Nous avons cherché partout, des heures et des heures, sans jamais nous faire prendre. Et c'est là que j'ai vu l'arme. Elle était mise dans une petite pièce, où se trouvaient de très beaux objets. Elle était au centre d'une belle vitrine. Alors j'ai décidé de la vol...

- De la demander gentiment au gardien de la salle, déclara alors une voix précipitamment.

Jesper se tourna pour voir son époux arriver en rougissant.

- Parce que c'est ce que font les gentilles personnes. Elles demandent avant de prendre quelque chose. Et comme Papa est très gentil, le gardien a accepté de lui donner. Et voilà.

Le petit paru se satisfaire de l'histoire et s'en alla jouer aussi vite qu'il était arrivé. Laissés seuls, les deux hommes se regardèrent.

- Qu'est-ce qu'on avait dit sur le fait de ne pas faire de notre fils un criminel ?

- Oui, oui, c'est vrai, soupira Jesper. Désolé. Je me suis un peu... emballé. Mais tu as raison, notre Matthias ne sera pas un voleur.

Il avait dit ceci d'un ton si décidé que Wylan ne put qu'acquiescer.

Toutefois, le roux finit par remarquer quelque chose.

- Dit... T'avais pas enfermé ce pistolet à double tour dans le coffre secret derrière le tableau du bureau ?

- Si... réalisa Jesper. Comment... ?

La réponse leur parvint en même temps.

- Kaz... grommelèrent les deux pères.

Quelle idée ils avaient eu d'utiliser le plus grand voleur de leur génération comme babysitter.

Leur fils était déjà perdu.