Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.

Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.

Personnages : 1,2,3,4,5 et d'autres encore.

Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.

Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.

Bon courage aux courageux qui persistent.

Hahn tah Yhel


La part des ombres

Chapitre 59) Une rencontre perturbante

AC 201

Heero venait de terminer sa séance de rééducation du jour, il avait à peine regagné sa chambre que l'on frappait à sa porte.

Ne pouvant pas se permettre de faire comme s'il n'avait rien entendu, même s'il en avait très envie, il invita la personne qui venait de frapper à entrer, ce qu'elle ne tarda pas à faire.

Heero fixa avec perplexité le jeune homme qui venait de pénétrer dans la pièce.

Il le connaissait de vue, pour l'avoir aperçu dans le centre, mais n'avait jamais eu d'interaction avec lui.

Il se demandait donc ce qu'il pouvait bien lui vouloir.

- Excusez moi pour le dérangement, Duo n'est plus là ? Cela fait quelques jours qu'on ne le voit plus. Personne n'a su me dire pourquoi, alors j'ai pensé que vous, vous sauriez me répondre.

Heero se ferma aussitôt.

Il n'avait aucune envie de parler de Duo avec un inconnu, même si ce dernier était lui aussi dans un fauteuil roulant.

Il se contenta donc de fixer le curieux avec froideur.

L'autre resta silencieux quelques minutes, puis serra les poings et lui adressa un regard noir avant de faire pivoter son fauteuil pour repartir.

- Je comprends qu'il ait foutu le camps, ça devait être l'enfer de vivre avec quelqu'un comme vous pour quelqu'un comme lui. Lança t'il avant de passer la porte.

- Vous ne savez rien de lui, ni de moi. Riposta Heero.

- Je sais que lui aurait pris la peine de me répondre. C'est quelqu'un de sympa. Vous avez raison, je ne sais rien de vous, mais je n'ai pas envie de vous connaître, les gars comme vous, je préfère les éviter. Ma vie est déjà assez pénible, je n'ai pas besoin de fréquenter des gens sinistres en prime.

Heero resta muet face à ces propos.

Une personne sinistre ? C'était ce qu'il semblait être aux yeux des gens ?

Non...

Même s'il n'était pas d'un naturel ouvert comme Duo, il n'était pas pour autant sinistre...

Même s'il ne se mêlait guère aux autres patients du centre, qu'il préférait faire sa vie de son côté, cela ne faisait pas de lui quelqu'un de sinistre, pas vrai ?

Il essayait de s'en convaincre, mais les mots de son visiteur imprévu ne cessaient de lui revenir à l'esprit.

D'accord, il s'était montré froid et aurait pu faire l'effort de dire quelques mots avant que l'autre ne s'en irrite, mais il n'avait pas pour autant mérité qu'on lui parle de la sorte !

Il était un patient qui traversait une mauvaise passe, pas une personne sinistre.

Lorsque l'infirmier qui venait l'aider à la toilette du soir le rejoignit, il était toujours en train de ressasser cette rencontre et cet échange.

- Monsieur Lowe, qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda l'infirmier qui commençait à bien le connaître.

Heero hésita à répondre.

S'il le faisait, ne passerait il pas pour faible encore plus qu'il ne semblait l'être pour le moment ?

- Vous pouvez tout me dire, insista l'infirmier, je suis tenu par le secret médical, rien de ce que vous me direz ne sortira de cette pièce, je vous le promets.

- Est-ce que je suis quelqu'un de sinistre ? Demanda finalement Heero.

Il regretta la question à peine l'avait il posée, mais il était trop tard.

La réponse de l'infirmier l'étonna.

- Je ne trouve pas, vous n'êtes pas un patient facile, c'est vrai, ni très souriant, mais de là à vous dire sinistre, je n'irai pas jusqu'à là. Je ne sais pas ce qu'on a pu vous dire pour que vous demandiez cela, mais qui que soit la personne qui vous a mis cette idée en tête, elle ne vous a pas assez fréquenté pour être en droit de dire pareille sottise. Je vous conseille donc, soit d'oublier, soit d'aller la trouver et de lui démontrer que sa vision des choses n'est pas la vérité.

Heero hocha la tête en silence.

Une fois seul, confortablement installé dans son lit, il ne trouva pas le sommeil avant un bon moment.

Aller trouver celui qui lui avait parlé de la sorte et lui démontrer que sa vision des choses n'était pas la vérité ?

Plus facile à dire qu'à faire... après tout, il ignorait son nom, et comment l'aborder ? Sous quel motif ? Heero n'en avait pas la moindre idée.

L'infirmier lui n'avait pas manqué de noter que pour la première fois depuis qu'il était à sa charge, le jeune homme aux yeux bleus semblait vouloir s'ouvrir un peu.

Il trouvait cela assez prometteur et avait bien l'intention de tout faire pour que cela continue.

Puisqu'un autre des patients avait réussi à l'atteindre, il allait faire en sorte pour que ce ne soit qu'un début. Il avait une idée très précise de ce qu'il allait faire pour que ce début prometteur débouche sur quelque chose.

Ce serait peut être douloureux, pénible, mais c'était nécessaire.

De son point de vue, tout ce qui pouvait faire évoluer un patient était une bonne chose.

Il passa à l'action dès le lendemain matin.

Un peu avant l'heure du petit déjeuner Heero eut la surprise de le voir arriver en compagnie du jeune homme qui était passé le voir la veille.

L'infirmier portait un carton et le jeune homme en fauteuil avait un sac sur les genoux.

- Je peux savoir ce que cela signifie ? Questionna Heero avec un peu de nervosité.

Il avait un assez mauvais pressentiment.

- Navré monsieur Lowe, mais nous recevons de nouveaux patients aujourd'hui. Nous manquons de lits, comme il y en a deux dans cette chambre, nous avons procédé à un transfert. Je vous présente Ronan Pierce, il sera votre compagnon de chambre jusqu'à votre départ.

Heero ne savait que dire, ni comment réagir face à ce changement brutal qui bouleversait son quotidien.

Il n'aimait pas du tout l'idée de partager son espace vital avec un inconnu, encore moins considérant que l'inconnu en question n'avait pas fait mystère de ses sentiments envers lui.

Ronan ne disait rien lui non plus, mais son visage fermé trahissait un déplaisir égal à celui d'Heero.

L'infirmier fit mine de ne pas s'en rendre compte, aida Ronan à ranger ses affaires et se retira, les laissant en tête à tête.

Ronan termina d'arranger son coin de chambre et se retourna pour affronter Heero.

Lorsqu'il se décala pour avancer vers lui Heero découvrit, posé sur la commode, la photo d'une enfant dont le visage hantait encore sa mémoire malgré les années.

Il la fixa avec incrédulité.

Pourquoi Ronan Pierce avait il cette photo ?

Était-ce un piège ? Une tentative pour lui faire d'avantage de mal ?

Non... ce n'était pas possible, personne n'avait jamais su qu'il avait joué un rôle dans ce drame. Personne sauf les membres de l'organisation, et aucun d'eux n'avait d'enfant dont l'âge pouvait correspondre à celui de Ronan.

Alors pourquoi ? Pourquoi cette photo ?

Pourquoi maintenant ?

Bouleversé, il quitta la chambre, décidé à mettre le plus de distance possible entre lui et Ronan, entre lui et la photo de cette enfant.

Le poids de la culpabilité était encore si fort sur ses épaules, à tel point qu'il en tremblait presque.

Il gagna machinalement la salle à manger, mais ne parvint pas à manger, se contentant de grignoter du bout des dents.

Les souvenirs d'un passé lointain lui revenaient comme si ces événements s'étaient produits la veille.

Il lui semblait encore entendre la voix de la petite fille lui demander s'il était perdu, les jappements du chiot.

Il ne pleura pas, il était encore capable de se maîtriser à ce niveau.

Le reste de la journée il s'efforça de ne plus y penser, de se concentrer sur ce qu'il avait à faire.

Mais s'il parvint à rester loin de la chambre une bonne partie du jour, il n'avait d'autre choix que de s'y rendre au moment du coucher.

L'infirmier les aida tous deux à se préparer pour la nuit et s'en alla.

Heero ferma les yeux, s'empêchant de regarder en direction de la photo.

Il ne voulait pas la voir, il ne voulait plus la voir.

Il n'aurait cependant d'autre choix que de l'avoir sous les yeux pendant quelques jours encore.

Parviendrait il à tenir le coup jusqu'au moment du départ ?

Il n'en était pas certain, pas certain du tout.

Ce dont il était persuadé par contre, c'était qu'il ne pouvait pas avouer à Ronan sa part de responsabilité dans cette affaire.

Qu'il avait posé les bombes qui avaient tué cette enfant.

À suivre