Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.

Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.

Personnages : 1,2,3,4,5 et d'autres encore.

Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.

Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.

Bon courage aux courageux qui persistent.

Hahn tah Yhel


La part des ombres

Chapitre 60) Le poids du passé

AC 201

Une journée de plus venait de s'écouler, une fois de plus Heero avait retardé le plus possible le moment de regagner la chambre qu'il partageait désormais avec un autre patient.

Plus que jamais Duo lui manquait, il aurait su que faire lui, comment parler à Ronan.

Désormais, Heero qui, quelques temps plus tôt redoutait le moment où il devrait partir pour le procès, espérait que ce moment arriverait vite. Qu'il pourrait enfin quitte le centre, s'éloigner de cette chambre, pour ne plus voir la photo de la petite fille.

Lorsqu'il passa la porte il constata avec un peu de soulagement que Ronan n'était pas encore là. Avec un peu de chance, il pourrait se coucher et s'endormir avant qu'il ne revienne.

Malgré lui, il tourna la tête vers la photo et ne parvint plus à en détacher le regard.

La fillette souriait, elle semblait heureuse sur cette photo. Elle était comme dans ses souvenirs, insouciante, pleine de joie et d'enthousiasme.

Une fois de plus il sentit son cœur se serrer et cette fois des larmes lui vinrent aux yeux.

Il avait mis un terme brutal à cette joie de vivre, à cet insouciance.

Il était coupable...

Le retour de Ronan le prit par surprise, alors qu'il regardait encore cette photo qui le ramenait si loin en arrière, à la pire erreur qu'il ait fait dans sa vie.

- La photo de ma sœur t'intéresse à ce point ? Questionna l'arrivant.

Heero tressaillit et tourna la tête vers lui.

- Ta.. sœur ?

- Oui, ma sœur, mais n'espère pas qu'elle vienne me rendre visite, elle est morte depuis des années. Cette photo est tout ce qu'il me reste d'elle, de ma famille. C'est son école qui me l'a fait parvenir après l'attentat qui a détruit ma vie. Dire que pendant qu'ils mourraient dans une explosion, je m'amusais avec mes amis à l'autre bout de la ville. J'aurai du être avec eux, partir avec eux, mais j'avais été invité à une soirée d'anniversaire et j'étais resté dormir chez celui qui m'invitait. Expliqua Ronan, la voix pleine de douleur.

Heero n'hésita plus, face à la souffrance qu'exprimait le frère de sa victime, il ne pouvait plus taire sa culpabilité.

- Elle n'aurait pas voulu que tu meures avec eux. Elle n'avait pas l'air d'être quelqu'un qui pense de la sorte. Elle ne serait pas venue me parler si elle avait été ainsi. Dit il.

Ronan le regarda avec surprise.

- Tu connaissais ma sœur ? S'étonna t'il.

- Je l'ai croisée avant l'attentat. Avoua Heero.

Ronan fronça les sourcils.

- Je ne t'ai pourtant jamais vu dans notre quartier.

- Je n'y suis allé qu'une seule fois. Pour poser des bombes. Murmura Heero. Je venais de terminer lorsque je l'ai rencontrée.

Un silence pesant salua ses mots. Ronan le fixait avec incrédulité. Ce n'était pas possible, il ne pouvait pas être face à celui qui lui avait arraché sa famille, vu son âge, il n'était qu'un gosse à l'époque.

- Tu... tu ne devrais pas te moquer de la sorte... articula t'il avec effort. Ce n'est pas bien.

- Je ne me moque pas ! Je ne plaisanterai jamais à ce sujet ! J'ai fait une erreur ce jour là. J'ai suivi de mauvais ordres et cela a eu de terribles conséquences. Les habitations n'auraient pas du être touchées. La personne qui avait conçu les bombes avait fait des charges trop puissantes. Si je l'avais su, je n'aurai jamais accepté de les poser, mais même si je l'ignorais, je n'en suis pas moins coupable.

À nouveau le silence.

Ronan tentait de rassembler ses idées.

Après toutes ces années, il tenait enfin un coupable, mais cela ne le soulageait en rien.

Celui qui lui faisait face n'était pas du tout comme il se l'était imaginé.

Il avait toujours cru que les responsables du drame étaient des adultes, des gens mauvais, qu'il pouvait haïr, mais à présent, face à ce jeune homme aux yeux brillants de larmes, il réalisait que sa vision des choses était bien trop enfantine. Il était temps pour lui de tourner la page. Il ne voyait pas beaucoup de façons de le faire.

En vouloir à celui qui venait d'avouer sa faute n'aurait aucun sens.

- Tu n'étais qu'un gosse. Tu obéissais aux adultes... souffla t'il. C'étaient eux les vrais coupables.

- Non ! Personne ne m'avait obligé à le faire, je voulais détruire la cible, je ne me souciais pas du sort de ceux qui s'y trouvaient. Mais je ne voulais pas faire du mal à des civils. Je ne visais qu'une installation militaire. Protesta Heero d'un ton âpre.

Il ne voulait pas être innocenté de ce crime, il était coupable et l'avait toujours su. Il ne l'oublierait jamais.

Il luttait pour ne pas baisser la tête.

C'était si dur..

Tu es perdu ?

Oui... il était perdu, depuis longtemps.

Ronan se secoua avec effort et fit avancer son fauteuil en direction de celui de son voisin de chambre.

Le fait d'être en fauteuil n'aidait pas vraiment, mais il allait faire au mieux dans la mesure du possible.

Tendant les bras, il referma les doigts sur les poignets de son interlocuteur et l'attira à lui.

Pris par surprise Heero manqua s'écrouler à bas de son fauteuil, mais Ronan le retint.

- Ma sœur ne t'en aurait pas voulu, moi non plus je ne t'en veux pas. Même si tu crois le contraire, tu n'es pas coupable de ce qu'il s'est produit.

- J'ai posé ces bombes !

- Tu les as posées oui. Tu l'as fait en ignorant le danger qu'elles représentaient. Tu aurais pu y rester aussi. Ces gens qui les avaient réalisées, qui t'avaient envoyé les poser, ces gens ont trahi ta confiance, ils n'avaient aucun respect pour toi, si tu étais mort aussi, par leur faute, cela leur aurait été égal. Mais toi, toi tu penses encore à ce jour là, tu as reconnu ma sœur sur la photo, une enfant que tu n'as rencontré qu'une seule fois, pendant quelques minutes, voila des années.

- Une enfant que j'ai tué !

- Une enfant que ceux qui t'avaient envoyé ont tué, pas toi !

Heero ne parvenait plus à retenir ses larmes, il s'en voulait de pleurer, mais il ne contrôlait plus cette réaction.

Pourquoi Ronan ne comprenait il pas à quel point il était coupable ? Pourquoi disait il qu'il ne lui en voulait pas ?

Ronan l'attira un peu plus près et le serra contre lui.

Ce n'était pas une position évidente, encore moins confortable, mais Heero fut plus bouleversé encore par ce geste.

Duo aussi aurait agi de la sorte...

Mais Ronan n'était pas Duo, Ronan ne serait jamais Duo. Il n'y avait qu'un seul Duo !

- Merci de m'avoir dit la vérité. Lui murmura Ronan. Merci de m'avoir permis de me délivrer de la haine. Je ne pardonnerai jamais à ceux qui t'avaient envoyé, mais maintenant, je me sens mieux.

Il repoussa Heero dans son fauteuil et lui fit face, regardant le visage mouillé de larmes de l'autre.

Il sentait ses propres larmes rouler sur ses joues, c'était douloureux et agréable à la fois.

- Je vais pouvoir recommencer à avancer, alors encore merci.

Heero secoua la tête avec nervosité.

Qu'on puisse lui pardonner était quelque chose à quoi il n'était pas préparé.

- Je ne vais pas aller jusqu'à te dire qu'on peut être amis, je ne te trouve pas très agréable comme type, mais je vais faire des efforts pour me montrer un minimum sympa. Sourit Ronan. Je crois que je commence à comprendre pourquoi Duo t'apprécie. Tu es limite dans ton comportement, mais tu sais reconnaître tes torts, ce n'est pas donné à tout le monde.

Il éclata de rire en voyant l'expression de Heero.

Il ne chercha pas à réprimer ce rire. Il se moquait des conséquences qu'il pourrait avoir sur l'autre, il en avait besoin.

Il riait mais ses larmes roulaient toujours sur ses joues.

Quelque part, il venait de perdre sa famille pour la seconde fois, pour de bon cette fois.

Plus personne ne viendrait lui parler de ce jour là, de sa sœur.

Son rire cessa aussi brusquement qu'il avait commencé et il se détourna d'Heero pour gagner son lit.

Cette fois, il était définitivement orphelin, il allait laisser les siens reposer en paix.

Il se retint de demander à l'autre de lui parler de sa sœur.

Ce serait cruel que de le faire, même si cela était tentant.

À suivre