Comme toujours je suis touchée par vos reviews...

je profite de l'occasion pour vous mettre à contribution et pour faire de Lisa Edelstein l'actirce du mois pour son anniversaire ! Je crois qu'elle le mérite amplement:

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== Actress_of_the_Month/2011/05 .com/Actress_of_the_Month/2011/05

Comme promis et sans plus attendre voilà la suite !

Bonne lecture !


Bientôt cinq mois que je suis là. Cinq mois et aucun progrès, aucun véritable souvenir de ma vie d'avant.

Je l'attends recroquevillée sur moi-même à l'ombre d'un arbre : je me sens mal, je me sens perdue et plus que tout j'ai peur. J'ai fini mon repas en vitesse et l'attends désespérée dans ce parc que je connais désormais par cœur. Je suis tellement absorbée par mes pensées que je ne l'entends pas approcher.

« Ola t'as une sale tête, je suis pas en retard pourtant. »

Mon cœur bondit dans ma poitrine.

« House ! »

Dès que je l'aperçois je ne peux m'empêcher de me jeter dans ses bras. Je l'ai à peine effleuré que déjà les larmes coulent sur mes joues pâles. L'inquiétude prend le dessus sur tout le reste.

« Et en plus tu prends le risque de te jeter sur moi après notre discussion de l'autre jour, qu'est ce qui va pas ? »

Je me souviens de ses refus, de sa phobie des contacts mais je m'en fiche, j'ai besoin de lui pour me rassurer. Voyant que les larmes inondent mon visage, il se résigne et m'enlace tendrement, soufflant quelques mots à mon oreille.

« Chut, calme toi. Calme-toi Lisa. »

Je ne peux pas me calmer, l'avenir m'effraie trop. Je cède à la panique dans ses bras et pleure de plus belle, serrant dans ma main la photo pliée qu'il m'a laissée quelques jours plutôt. Seules de brèves excuses parviennent à franchir mes lèvres.

« Je suis désolée, je suis désolée…

- C'est pas grave. Sèche ces larmes et explique moi »

Du bout des doigts je sens qu'il caresse mes épaules et me serre un peu plus contre lui. Il est mon refuge. Encouragée par ses gestes délicats, je consens enfin à le laisser respirer un peu tout en restant accrochée à son t-shirt de peur qu'il s'éloigne. Il est inquiet et son angoisse s'accroit encore quand il croise mon regard larmoyant.

« Qu'est ce qui t'arrive?

- Ils veulent me changer de clinique

- Comment ça ? »

Les mots sont enfin sortis pourtant je ne me sens pas mieux. Depuis que je suis au courant je lutte pour ne pas m'effondrer, je veux rester fière mais je n'en ai pas la force. Je vais perdre le peu que j'ai. Doucement il m'entraine vers le sol et, prudent, me garde contre lui. Ma tête trouve refuge au creux de son cou et il enfouit son nez dans mes cheveux, effleure mon bras avec tendresse.

« Raconte-moi »

Ses mots sont comme un murmure, sa voix est douce et rassurante alors enfin je lui raconte.

Je lui raconte comment j'ai pris l'habitude d'écouter aux portes, comment j'ai entendu ma mère se disputer avec mon médecin.

Je lui raconte qu'elle veut me changer de clinique, qu'elle veut me rapprocher de chez elle.

Je lui raconte qu'elle regrette d'avoir écouter les médecins de l'hôpital, qu'elle croit que ses décisions seront meilleures pour moi.

Je lui parle à cœur ouvert de ma peur, de mes doutes. Je sais d'avance que je verrais moins Julia, moins Rachel… que je le verrais moins.

House écoute simplement et me cale entre ses grands bras. J'ai l'air d'une enfant.

« Tu es sûre de tout ça ?

- Oui. Les visites étaient finies, j'étais là plus ou moins par hasard. Ils ne m'ont pas vu. Tu connais l'endroit où elle veut m'envoyer ?

- Ça peut être plusieurs cliniques, comment veux tu que je devine ?

- Tu mens, tu as tout de suite pensé à un endroit ! »

J'avais été brusque, plus que je ne l'aurais souhaité. Malgré tout, il ne m'en tient pas rigueur et affiche une vague sourire.

« C'est vrai.

- Comment c'est ?

- C'est un établissement réputé.

- Tu sais très bien que je m'en fiche. Tu pourras venir ? »

- Ça sera moins facile mais je me débrouillerai bien. Au pire je soudoierai quelqu'un ! »

Il essaie de détendre l'atmosphère, de me rassurer mais je ne crois pas un mot de tout ça : j'y ai trop réfléchi. Alors je craque, je craque encore.

« J'en ai marre de tout ça. Je veux sortir d'ici, je veux faire ce dont j'ai envie, voir les endroits où j'ai vécu, prendre mes propres décisions.

-Tu dis ça parce que tu t'inquiètes. Ça ira t'en fais pas.

- Ça n'ira pas du tout ! »

House se fige et me dévisage, attendant la suite avec inquiétude.

« Ma mère va forcément leur parler de toi : on va me surveiller pendant des semaines et tu ne me laisseras même pas le téléphone. Au mieux quand tu pourras tenter de revenir on sera au milieu de l'automne. Il fera moche, je ne pourrais plus te voir et même si par miracle il fait beau tu prendras encore plus de risques en allant là bas. Julia et Rachel auront encore plus de route à faire. Je ne peux même pas voir ma fille quand je veux !

- Ta mère n'écoutera pas.

- Je sais… »

D'un geste, il essuie mes larmes et replace une mèche de cheveux rebelle. Pour la première fois il se permet un geste affectueux et ne semble pas le regretter. Je sais qu'il a aperçu le morceau de papier glacé dans ma main : un mince sourire a brièvement éclairé son visage. Durant un long moment nos regards s'accrochent et je me sens mieux. Serrée dans ses bras comme une enfant, apaisée par ses yeux doux, protégée par son étreinte.

« Je vais trouver quelque chose tu verras, manipuler les gens c'est ma spécialité !

- J'en vois une de solutions House.

- Si elle n'implique pas de manipulation ça n'a aucun intérêt ! »

Sa bêtise finit par m'arracher un sourire. Il s'efface cependant bien vite quand je pense à ce que je m'apprête à dire. Cela fait des semaines que cette idée hante mes nuits, des semaines que j'imagine cette scène et finalement c'est au moment où je m'y attendais le moins que l'occasion se présente. Après une longue inspiration, je me décide enfin à prononcer ces mots dans un souffle.

« Je veux partir avec toi »

TBC