Après le 7*20 je m'en veux un peu de faire passer Arlène pour la méchante alors qu'elle essaie de sauver le Huddy... mais tant pis je continue!
Voici donc la suite :)
Bonne lecture!
« Qu'est ce qui se passe ? »
House me fait sursauter une fois de plus, surgissant de nulle part. Il est tellement beau avec ses cheveux en bataille et moulé dans se chemise parme que je reste un instant à le contempler avant de répondre.
« Je dois partir vendredi matin.
- Et merde.»
Les mots ont franchi ses lèvres en un éclair, résumant à eux seuls sa pensée. Contrarié, il se laisse tomber contre un arbre et rumine quelques jurons dans son coin. Je m'installe à ses côtés et prend sa main avant de parler. Depuis sa dernière visite je n'ai cessé de retourner la situation dans tous les sens, d'imaginer toutes les solutions les plus absurdes et surtout, de penser à lui. J'ignore encore comment je pourrais me passer de sa présence mais, pour lui, je dois m'y résoudre.
« Je vais y aller Greg. »
L'emploi de son prénom l'interpelle et il ne pense même pas à retirer sa main, se contentant de me regarder sans comprendre ce brusque changement.
« Je sais ce que tu risques si tu m'aides et je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit, surtout à cause de moi. »
Un vague sourire traverse son visage et il pose sur moi des yeux d'une extrême douceur. Une main vient se loger sur ma nuque alors que l'autre resserre sa prise autour de mes doigts : je ne peux retenir un frisson. Doucement, House caresse mes cheveux et m'observe avant de murmurer quelques mots.
« Si je ne suis pas fichu de prendre des risques pour toi, je ne te mérite définitivement pas. »
Je reste bouche bée devant une telle déclaration. Les émotions se mélangent et me bouleversent : j'ai envie de rire, j'ai envie de pleurer… En un clin d'œil toutes mes belles résolutions s'effondrent.
Il ne me laisse pourtant pas le temps de réagir, soucieux de garder cette fichue distance à laquelle il est tellement attaché. Déjà sa main quitte mes cheveux et il reprend son air grave.
« J'ai parlé à ta sœur hier. J'ai fait celui qui ne savait rien et elle a pris le temps de me raconter comment tu allais, ce que tu faisais… Elle a parlé de la nouvelle clinique.
- Tu t'entends avec ma sœur ?
- Julia est quelqu'un de bien. Elle n'a jamais rien eu contre moi, elle voulait que je puisse te voir. D'ailleurs elle était contre l'idée de la clinique, elle voulait que tu vives chez elle. »
Encore sous le choc de ses douces paroles, je mets un certain temps à réaliser ce que je viens d'apprendre. Julia ne m'avait jamais parlé de tout ça.
« Elle n'a jamais parlé de toi »
Ma voix trahit l'immense déception qui m'envahit. Jamais Julia n'a fait part de son opposition à tout ça, se contentant d'approuver chaque décision de ma mère. Comme toujours, House semble lire dans mes pensées.
« Elle ne voulait pas contredire ta mère de peur que ça te perturbe encore plus. Ça n'empêche que ce changement la contrarie.
- Tu lui as parlé de mon idée?
- Non mais ta sœur est loin d'être bête Lisa. Elle m'a dit qu'elle ne pouvait rien faire pour toi.
- Ça n'est d'aucune utilité dans ce cas. »
Alors que je me résous peu à peu à mon triste sort, son visage semble au contraire s'éclairer. Ses yeux pétillent tout à coup comme ceux d'un enfant. Je l'interroge du regard, espérant comprendre ce qui le rend si joyeux.
« Julia a bien insisté sur le fait qu'Elle ne pouvait rien faire.
- Tu crois qu'elle t'encourageait ?
- Ça m'étonnerait pas. »
Son sourire s'agrandit et je comprends enfin son enthousiasme. L'espoir renait et je me surprends à rêver d'une vie nouvelle, loin de ces rendez vous médicaux et de ces murs gris. House m'observe un moment, ravi de son petit effet.
« Et puis, ta sœur sera utile pour récupérer Rachel »
Rachel. Sa simple évocation me réchauffe le cœur. Mes yeux s'embrument et je réalise la chance que j'ai. House lit en moi comme dans un livre ouvert et devine mes pensées d'un simple regard. Plus que jamais je suis heureuse de l'avoir à mes côtés. Je me confie alors dans un murmure.
« Je ne savais pas comment t'en parler.
-C'est ta fille. Il n'y aucun besoin d'en parler c'est une évidence. »
Il serre ma main pendant qu'une larme dévale ma joue et vient mourir sur le bord de mes lèvres. Je plonge mon visage contre son épaule et profite un moment de son parfum enivrant alors qu'il m'explique la suite des évènements.
« Je reviendrais pas te voir avant plusieurs jours, j'ai tout un tas de choses à régler. Tes affaires devront être prête jeudi soir, je veux qu'on puisse tout mettre dans un sac en trente secondes. »
Un immense sourire étire mes lèvres dès que j'entends ces mots : je vais partir avec lui, quitter cet endroit sinistre pour vivre avec l'homme que j'aime et mon adorable fille. Il poursuit son récit d'un ton grave.
« Une fois qu'on sera parti il n'y aura pas de retour en arrière Lisa. On devra vivre loin d'ici et tu ne reverras pas Julia avant longtemps.
- Tu as bien trouvé le moyen de rester en permanence en contact avec moi, on pourra trouver quelque chose pour Julia. J'ai confiance.
- Bien. Tu es sûre de toi ? »
Je me redresse et m'agenouille à ses côtés, plongeant mes yeux embrumés dans les siens. L'émotion qui me traverse est incomparable, inimaginable probablement. Je tends prudemment ma main vers son visage et caresse un long moment sa joue rugueuse du bout des doigts. Inconsciemment je m'approche encore de son visage, fixant ses lèvres avec insistance.
Évidement je suis sûre de moi. C'est sans doute le plus beau jour de ma vie.
Je me contente de hocher la tête, trop émue pour prononcer le moindre mot. Mes doigts caressent de nouveau sa joue, dessinent le contour de son visage, dévalent le long de son cou pour finir leur course sur le haut de son torse, cachés entre les pans de sa chemise entrouverte. Nos visages se rapprochent et plus rien ne compte, le temps s'arrête.
« Lisa…
- Je sais.»
Encore une fois il me rappelle à l'ordre mais rien de cet instant magique ne semble être perdu. Nos voix ne sont plus que des murmures qui se confondent avec l'air frais qui glisse entre les branches.
« Je dois y aller. Tu as ramené les photos et tout le reste ?
- Oui tout est là, tu ne veux vraiment pas me laisser le téléphone ?
- Non, c'est pas le moment de prendre des risques. »
Je lui tends mes affaires un peu déçue que ce moment s'achève déjà. Il se relève et s'éloigne aussitôt sans un regard. Sans un geste. Les mots brulent mes lèvres mais je dois me taire encore quelques jours. Il n'y a plus qu'à être patiente : bientôt il viendra me chercher et nous pourrons enfin vivre normalement.
TBC
Merci à tous d'avoir pris le temps de me laisser tous ces messages vraiment détaillés et encourageants!
J'espère que la suite ne vous déçoit pas.
