Je dois admettre que vos commentaires tous plus gentils les uns que les autres me sidèrent :o

écrire la fin de la saison 7, je ne pense pas avoir le talent mais ça me touche Sagmig merci ;)

Un immense merci à vous tous, vraiment !

Bonne lecture!


La nuit tombe sur la clinique et chacun rejoint sa chambre dans le calme. Je vérifie pour la centième fois que toutes mes affaires sont bien rangées dans le placard, pliées avec soin et prête à être emmenées. J'enfile un short et un débardeur puis jette un coup d'œil par la fenêtre, espérant vainement l'apercevoir. Le soleil est couché désormais, le parc est tellement sombre que je vois à peine les premiers arbres.

Je finis par m'étendre sur mon lit et ferme les yeux pour donner le change. Mon cœur bat plus fort que jamais et le temps semble s'être décidé à s'arrêter. J'ignore depuis combien de temps je suis réellement allongée là à l'attendre mais cela parait durer une éternité. Je commence à perdre espoir.

Soudain je distingue vaguement le bruit d'une poignée de porte. Immobile, je guette le moindre son, priant tous les dieux pour que ce soit enfin lui.

« Me dis pas que tu dors vraiment ? »

Je me relève avec un immense sourire aux lèvres et, folle de joie, je me précipite vers lui.

« Ola du calme, on est pas encore tiré d'affaire.

- Comment tu as pu entrer ?

- Crois moi tu ne veux pas vraiment le savoir. Prends tes affaires on dégage de là. »

Une fois n'est pas coutume, je m'exécute sans la moindre envie de protester. En moins d'une minute toutes mes affaires sont rangées dans deux sacs à dos et nous quittons la chambre à pas de loup. Avant de changer de couloir, il m'arrête et me glisse quelques mots à l'oreille.

« Histoire d'être sûr, combien de personnes sont censées circuler à cette heure ci ?

- Deux ou trois je crois.

- Mmm faut vraiment pas flâner, j'en ai vu que deux. Suis-moi. »

House attrape ma main et m'entraine avec lui dans les couloirs déserts. Malgré sa jambe, il avance étonnement vite et ne semble pas souffrir. Discrètement, nous traversons alors les couloirs des chambres, passons devant le bureau des infirmières et arrivons à la cuisine sans croiser qui que ce soit. Je m'étonne de ce coup de chance mais ne prend pas le temps de l'interroger : House parait soucieux.

Il entre avec prudence dans la cuisine et sort une lampe poche de sa veste. Tout à coup, ses doigts se serrent autour de ma main et il me tire vers le sol.

« Y'aurait pas un boulimique dans ta clinique ? Ou plus simple quelqu'un qui bouffe tout le temps ?

- Si. Matthew.

- Dans ce cas il se pourrait que Matthew ait un réveil difficile. Reste ici. »

A nouveau il sort un objet de sa poche, dépose son sac à dos à mes pieds et s'enfonce dans la pénombre, disparaissant complètement de ma vue. L'angoisse s'empare de moi aussitôt.

Un plat s'écrase subitement sur le sol. Un homme se débat, proteste puis s'effondre sur le carrelage froid de la cuisine. Ma respiration se coupe aussitôt. Heureusement, après quelques secondes interminables, je distingue la lumière de la lampe torche. House revient vers moi, attrape ma main et me traine vers une fenêtre.

« Qu'est ce que tu lui as fait ?

-Trichlorométhane.

- Du chloroforme ?

- Tu vois qu'il t'en reste des souvenirs. Allez donne ton sac et sors d'ici. »

Je lui tends alors mes affaires et grimpe prudemment sur le meuble avant de sauter dans le parc sans la moindre hésitation. Il me rejoint quelques instants plus tard et reprend aussitôt ma main. Malgré la situation, je ne peux retenir un sourire satisfait.

« Arrête de sourire bêtement et dépêche toi. »

Malgré le ton autoritaire qu'il essaie d'adopter, ses yeux pétillent de malice : il adore cette idée de fuite au fond. Une fois cachés par les grands arbres du parc, il éteint la lampe et semble se détendre un peu, prenant alors le temps de m'expliquer la suite des évènements.

« Il reste encore le gardien à contourner, je l'ai pas vu en arrivant il faisait sa ronde.

- Encore du chloroforme ?

- Si j'ai l'occasion. Faut bien admettre que c'est pratique ! »

Je devine son sourire dans la pénombre et serre un peu plus sa main, l'encourageant à continuer.

« Si on arrive à sortir sans trop de grabuge, on file directement chez ta frangine.

- Elle est au courant ?

- Non mais j'ai la clé. Tu iras chercher Rachel, elle paniquera moins. Ça ira ?

- Je crois oui. »

Satisfait par ma réponse, House m'entraine de nouveau à sa suite. Il n'a pas voulu rallumer la lumière de peur de nous faire repérer et nous avançons presque à tâtons entre les arbres. Malgré la situation périlleuse je me sens incroyablement bien, grisée par ce sentiment d'interdit et d'aventure. Je le suis aveuglement, remettant littéralement ma vie entre ses mains avec un bonheur sans limite. L'insouciance a du bon.

Il ne nous faut pas plus de cinq minutes pour apercevoir la grille d'entrée, fermée évidemment. Inquiète, je me tourne vers lui et lui demande :

« Tu le vois ?

-Cuddy bon sang tait toi ! »

Il avait sursauté en entendant mes mots, laissant ainsi la lampe torche se fracasser sur le sol. Un nouveau mouvement attire aussitôt notre attention et le gardien apparait devant la porte d'entrée, cherchant à identifier l'origine de ce bruit sourd. Je baisse la tête par réflexe et cesse tout mouvement. House s'accroupit à mes côtés et dépose son sac sur le sol avant de chuchoter quelques mots à mon oreille.

« Quoiqu'il se passe tu ne bouges pas d'ici avant que je t'ai appelée.

-Non laisse moi t'aider ! »

Un rayon de lune éclaire partiellement nos visages et nos regards s'accrochent. Il me détaille rapidement et semble finalement deviner mon idée. Sans rien ajouter, il hoche la tête et me laisse quitter notre abri. Le gardien n'est plus qu'à quelques mètres et j'entends House qui avance lui aussi.

Une profonde inspiration.

Un rapide coup d'œil vers lui. Ce n'est plus le moment d'hésiter.

D'un bond je sors de ma cachette et interpelle le gardien qui se retourne aussitôt au son de ma voix qui se veut séductrice.

« Bonsoir !

- Ne bougez plus ! Que faites-vous ici ?

- Un coup de chaud, je n'arrivais pas à dormir. »

House surgit alors dans son dos et l'endors comme il l'avait fait avec Matthew. Le gardien -trop surpris pour se débattre- glisse sur le sol sans un bruit et se laisse trainer sur le côté. Pendant que je vais chercher nos deux sacs, j'aperçois mon complice qui déverrouille la grille. Enfin je vais pouvoir sortir.

Tout est trop beau.

Je rejoins House au pas de course et l'enlace un bref instant, trop heureuse pour penser à me contenir. Il resserre tendrement sa prise autour de moi et murmure au creux de mon oreille.

« J'ai toujours su que tu adorais jouer les vilaines filles. Allez viens, t'es libre. »

Enfin nous passons la porte et je retrouve ma liberté. Les rues sont silencieuses et éclairées mais j'ai à peine le temps d'observer mon nouvel environnement que déjà House me rappelle. Je le rejoins, grimpe dans la voiture et ferme les yeux un instant, me laissant bercer par le bruit du moteur.

Le trajet se fait en silence et j'observe chaque maison, chaque recoin de Princeton comme si je n'y étais jamais venue. House me jette de temps à autre des coups d'œil amusés mais reste inquiet. La nuit est loin d'être finie.

TBC


la voilà dehors !

PS: House's fan: la fic se situe quelque part après le 7*15, la rupture est donc exactement la même que dans la série.