Et bien voilà le verdict tombe: une suite ;)

Merci encore à camcam59 pour le temps qu'elle me consacre ;)

Bonne lecture!


J'ouvre péniblement les yeux et découvre avec surprise que le jour s'est levé. Nous roulons toujours mais le décor semble avoir radicalement changé. De grands arbres longent la route et la forêt semble s'étendre à perte de vue, le ciel est encore un peu brumeux, il doit être très tôt.

« Le moins qu'on puisse dire c'est que tu n'es pas perturbée par ton kidnapping ! »

Sa bêtise me fait sourire et je le détaille un moment sans répondre. La fatigue ronge son visage et son sourire a disparu.

« Où est ce qu'on est ?

- Au canada.

- Tu as roulé toute la nuit ?

- Mis à part deux pauses pour prendre un café oui. La petite dort comme un loir, je vous envie.

- Je prends le volant si tu veux.

- Non, on est presque arrivé. Quelques dizaines de kilomètres tout au plus. »

Le reste du trajet se fait en silence, je n'ose pas le déconcentrer vu son état de fatigue. Enfin nous arrivons devant un immense chalet en bois caché au milieu des arbres. De nombreuses voitures sont arrêtées devant l'hôtel et nous croisons quelques quads qui partent en randonnée.

House s'arrête, pousse un profond soupir et sort directement de la voiture pour s'appuyer sur le capot. La nuit dernière l'a réellement épuisé.

Je le rejoins avec prudence, encore engourdie par les longues heures de routes. Ma tête trouve naturellement sa place contre son épaule et nous contemplons un moment le bâtiment qui nous fait face. Le chalet s'étend sur trois niveaux recouverts de bois clair et de magnifiques pierres grises, chaque balcon est décoré de fleurs et de gravures, chaque terrasse est gorgée de lumière.

« Tu aimes ?

-C'est merveilleux Greg. »

Je quitte finalement son épaule et viens me placer face à lui, glissant une main sur chacun de ses bras. Les yeux baissés, je me contente de l'effleurer lentement du bout des doigts. House ne proteste pas et me laisse approcher encore, nos fronts s'entrechoquent avec douceur et le temps s'arrête. Je ferme les yeux et me laisse bercer par ce sentiment de bien être qui nous entoure, mes doigts parcourent ses mains, dessinent ses muscles, courent sur ses épaules. Son souffle chaud enveloppe mon visage et je me risque alors à caresser sa joue.

« Tu devrais aller récupérer Rachel, on a une petite suite à visiter. »

C'était tellement prévisible que je finis par sourire. Sourire de ma bêtise, de son malaise, de notre envie. J'embrasse rapidement sa joue et retourne prendre Rachel dans la voiture. House, lui, attrape quelques sacs et se dirige vers l'accueil pour récupérer nos clés.

Une fois tous les bagages rangés dans la chambre, House nous rejoint sur la terrasse. Rachel est ravie de son nouvel environnement et ne me lâche plus la main de peur que je la laisse à nouveau. Dès qu'elle l'aperçoit un immense sourire illumine son visage et elle se précipite vers lui.

« Hooouse !

- Salut le monstre.

- Rachel.

- C'est pareil. »

Il vient s'assoir à mes côtés suivi de près par Rachel qui grimpe aussitôt sur mes genoux. Je l'enlace et la serre contre moi avec un bonheur sans limite. Elle rit sous mes baisers et je retrouve avec délice ce son merveilleux. Enfin je reprends mon rôle de mère.

House nous observe avec attention, ravi de nous avoir réunies. Je le gratifie d'un sourire avant de lui parler.

« Tu devrais aller dormir, tu tombes de sommeil.

- Ça va aller.

- Tu ne tiens plus. Vas-y, on va aller jouer nous. N'est ce pas Sweety? »

Rachel m'offre son plus beau sourire en guise de réponse et son regard s'illumine. De notre terrasse on aperçoit une aire de jeux pour enfants qui occupe une bonne part du jardin de l'hôtel et ses yeux se fixent automatiquement sur le toboggan. Je dépose ma fille sur le sol et l'envoie chercher ses affaires, House parait préoccupé.

« Ne t'éloigne pas.

- House…

- Ne t'éloigne pas.

- On va prendre un petit déjeuner et jouer dans le jardin. On est à des centaines de kilomètres de Princeton, tout va bien.»

Ses yeux clairs me fixent avec insistance et il semble attendre une nouvelle promesse. J'attrape sa main et l'observe un moment. Ses traits sont tirés, des larges cernes noires sont apparues sous ses yeux et cet air inquiet me fait froid dans le dos.

« Ne t'en fais pas on sera rentrées avant que tu te réveilles. »

Cette simple phrase suffit à le convaincre et je le vois retourner dans la chambre pour s'effondrer sur le lit.

Le trajet en voiture aura vite eu raison de l'enthousiasme de Rachel. Après avoir savouré un merveilleux chocolat chaud et joué près d'une heure dans le jardin, nous remontons donc dans la chambre en silence. Epuisée, elle me tend les bras et s'agrippe fortement à mon cou. Je l'étends le plus délicatement possible dans son lit et redessine son visage du bout des doigts en attendant qu'elle s'endorme.

J'avais oublié à quel point cette sensation était apaisante, à quel point ma fille était merveilleuse. Depuis que j'ai quitté cette clinique sombre je me sens revivre à leurs côtés. Découvrir de nouveaux horizons, sortir librement, pousser Rachel sur la balançoire… Tout ceci parait tellement insignifiant et pourtant, je réalise désormais qu'il s'agit là de l'essentiel.

Ses yeux se ferment pour de bon et je la vois partir au pays de rêves, un sourire sur le visage. Je dépose un nouveau baiser sur son front et remonte les couvertures avant de me retourner vers House. Lui aussi semble dormir profondément, il n'a même pas pris le temps de se changer. J'ôte mes chaussures et m'assieds le plus doucement possible de l'autre côté du lit. Malgré son sommeil, il parait toujours aussi soucieux. Je reste un long moment à le détailler et finis par caresser ses cheveux, sa joue. La tentation est trop forte et je m'aventure finalement sur son torse, redessinant les coutures de sa chemise avec application. J'ignore pendant combien de temps je suis restée là à le contempler, à savourer ma liberté toute nouvelle à ses côtés.

Il dort.

Il dort alors j'en profite encore. Je profite de sa chaleur et de sa peau douce, de son charme fou, de ses cheveux en bataille. Je m'étends doucement sur le côté, le plus près de lui possible mais sans pour autant le toucher. Il remue un peu et je m'inquiète aussitôt : je joue avec le feu. Je me contente alors de l'observer un moment puis reprend mes caresses avec plaisir, décrivant de petits cercles sur son épaule.

« Tu sais que je pourrais porter plainte pour attouchement ? »

Je manque de pousser un cri sous l'effet de surprise. Il ouvre lentement les yeux, sortant visiblement d'un profond sommeil.

« Tu pourrais si on ne t'accusait pas d'enlèvement »

Ma répartie lui arrache un sourire satisfait, il aime ses pseudo-disputes. House me détaille un long moment, fixant chaque recoin de mon visage avec attention.

« Et la môme ?

- Elle dort, la voiture l'a vraiment fatiguée. D'ailleurs tu devrais en profiter pour dormir encore, tu fais peur.

- Je dormirais encore si tu m'avais pas réveillé. »

Malgré le ton léger qu'il adopte, il ne m'en faut pas plus pour me sentir une fois de plus coupable. Je baisse les yeux et bredouille quelques mots qu'il n'écoute pas. Je sais qu'il croit faire ça pour mon bien, je sais que je ne devrais pas insister autant. Je me confonds alors en excuses, sincères pour une fois.

Il a fermé les yeux et affiche un sourire résolument moqueur.

« Tu es intenable. Je le savais. »

J'attends sagement qu'il continue, suspendant ma respiration à ses paroles.

« Je pensais que tu te contrôlerais plus longtemps. Je pensais aussi avoir assez de volonté pour t'envoyer balader. Visiblement je me trompais.»

Mon cœur s'emballe. Est-ce une autorisation ? Est ce qu'il cède enfin ? Sans prononcer un mot de plus, House se retourne et enfouis son visage dans l'oreiller avant de soupirer profondément.

« Puisque tout le monde dort tu devrais t'y mettre aussi, quand le gnome aura fini sa sieste on ira se balader. »

J'ai du mal à y croire : il ne me repousse pas, ne me rappelle pas à l'ordre. Pire, il m'encourage ! L'occasion est trop belle, je m'enfonce un peu plus dans le matelas et me fais le plus discrète possible, espérant ainsi pouvoir m'endormir contre lui.

« Même si tu te planques sous les draps je sais que tu es là Cuddy.

- Et tu me laisseras rester ?

- Dors. »

Dors.

Un simple mot pour ne pas dire oui directement. Je ferme les yeux, envahie par un sentiment de bonheur sans égal. Déjà sa respiration ralentit et je sens qu'il se rendort, me laissant étendue à ses côtés.

TBC