comme toujours un grand merci pour vos reviews!
encore un petit effort et grâce à vous je passe la barre des 100 ;-)
bonne lecture !
Je sors à peine de la salle de bain, les cheveux encore humides et enveloppée dans une serviette quand je le trouve assis sur le lit, fasciné par un magasine qui trainait là. L'occasion est trop belle, je noue ma serviette autour de ma poitrine et m'approche sans un bruit.
House frissonne au contact de mes mains qui glissent sur ses épaules avant de trouver refuge sur son torse. Mon nez se fraye un chemin le long de sa nuque et je respire avec bonheur son parfum enivrant. Une goutte d'eau s'échappe de mes boucles rebelles et glisse sur son cou, provoquant un nouveau frisson.
« C'est moi où tes cheveux sont encore mouillés ?
- C'est possible en effet.
- Tu n'es pas vraiment habillée hein ?
- Pas vraiment non. »
Amusée par son trouble, je passe une main sous son bras et caresse son ventre du bout des doigts tout en promenant mes lèvres sur son cou. Un baiser puis deux et encore un autre, je goute sa peau douce avec délice, explore chaque recoin accessible. Mes mains rejoignent alors ma bouche, effleurent ses bras, glissent dans son dos.
« Cuddy »
Mon nom est prononcé dans un soupir. Sans arrêter mon petit manège, je mordille son oreille et y murmure quelques mots.
« Il n'y a absolument rien sous cette serviette. »
House semble se crisper en entendant ma voix. Lentement mes doigts remontent sur sa joue et je me fais la plus douce possible. Mes caresses reprennent alors de plus belle. Je me colle contre son dos et embrasse sa peau avec ferveur. Je sens son cœur battre plus vite que jamais et décide de saisir l'occasion. D'un geste je me redresse et me place face à lui, entourant ses hanches de mes genoux. Je noue à nouveau mes bras autour des ses épaules et me plaque contre son torse comme si rien n'avait plus d'importance que de sentir sa chaleur. Les sensations qui m'assaillent sont grisantes: mes mains tremblent, mon cœur s'emballe, ma peau s'embrase.
N'écoutant plus que mon instinct, je le pousse à s'allonger sur le lit et dévore sa peau avec toujours plus d'ardeur. Une main passe sous son t-shirt, l'autre rejoint sa nuque. L'instant est magique, sensuel.
« Cuddy bon sang arrête !
-Tu as dit qu'on ne pouvait ni s'embrasser ni faire l'amour… je respecte les règles. »
Alors que je m'apprête à reprendre mes caresses il attrape mes épaules et me relève.
« Ne joue pas sur les mots, ça suffit Lisa. »
Le choc est terrible. Les mots résonnent dans mans tête et je me sens affreusement mal. Je fixe son t-shirt avec insistance, tentant de reprendre contenance mais c'est trop dur. Sans un mot je finis par me relever et pars de la chambre en vitesse.
A peine ai-je rejoint la terrasse que les larmes coulent sur mes joues. La détresse qui m'habite à ce moment est bien plus grande que tout ce que j'ai pu connaitre à la clinique. Je pleure sans pouvoir m'arrêter, emmitouflée dans cette serviette trop grande.
House ne met pas plus de quelques minutes à me rejoindre, j'entends sa canne qui frappe sur le carrelage.
« Hey »
Sa voix se veut douce et rassurante mais je suis bien trop blessée pour y prêter attention. Les mots m'échappent sans que je puisse les retenir.
« Tu n'aurais jamais dit non avant... Tu t'envoies des call-girls mais moi je n'ai pas le droit de t'approcher ! »
Je m'arrête là, à nouveau secouer de violents sanglots. Tout ça n'a pas de sens.
« Tu aimes le docteur Cuddy, tu aimes celle que j'étais et c'est pour elle que tu fais tout ça.
- Qu'est ce que tu racontes ?
- Tu aimes la femme forte et indépendante, l'administratrice qui n'avait pas besoin de toi, qui savait se débrouiller. Tu n'es pas amoureux de moi, c'est son souvenir que tu aimes et que tu espères retrouver. »
House s'installe à mes côtés et m'observe un moment sans bouger. Les larmes dévalent mes joues sans un bruit.
« Ça fait très réflexion métaphysique de Wilson. C'est assez effrayant.
- Tu trouves ça drôle ?
- Non, effrayant. »
L'espace d'une seconde la colère prend le pas sur la peine et je lui lance un regard assassin qu'il soutient sans le moindre mal. J'abandonne alors la bataille et enfouis ma tête dans mes mains.
« Tu te trompes Lisa. »
Un bras entoure mes épaules, des doigts caressent vaguement ma peau mais peu importe, je ne veux pas le regarder : j'ai trop mal. Voyant que je suis peu encline à la discussion, il dépose un baiser sur ma nuque et poursuit.
« Le docteur Cuddy et la femme que j'ai soit disant enlevée ne font qu'un. Les souvenirs manquants ont fait resurgir cette insouciance et cette envie de vivre que tu avais à la fac mais tu n'as pas changé. C'est toi, tout à fait toi. Cette crise de panique ne fait que confirmer ce que je dis.
- Je ne paniquais pas.
- Bien sûr que si, tu ne le montrais que rarement c'est tout. Tu as toujours voulu être la meilleure, la plus forte, la plus indépendante mais tes peurs ne t'ont jamais quittée. »
Il me connait mieux que personne, mieux que moi-même. Malgré moi je commence à écouter ses paroles, je commence à croire. J'ai tellement envie d'avoir tord.
« Tu m'as quitté parce que je me choisissais toujours avant, tu passais toujours après moi »
Sa voix tremble légèrement et laisse percevoir sa peine. C'est la première fois qu'il évoque les causes de notre rupture et la douleur est toujours présente.
« Tu avais raison mais j'ai changé après ton accident, j'ai fini par comprendre. Si je refuse de te toucher c'est parce qu'aujourd'hui tu passes avant moi. Tu passeras toujours avant moi Lisa.
- J'en ai envie…
- Je ne veux pas que tu regrettes un jour, j'attendrai que tu retrouves la mémoire, que tu puisses décider en sachant vraiment ce que tu fais. Tu ne pensais pas que je pouvais faire mieux, je te prouverai le contraire.»
Nos regards se croisent et mes larmes cessent. Son air soucieux marque de nouveau son visage et ses yeux s'assombrissent, voilés par la gravité de la discussion. Hésitante, je pose ma tête contre lui et me laisse enlacer.
Les minutes passent sans un mot, sans un geste supplémentaire. Étrangement sa simple présence me suffit.
« Tu te rappelles de rien mais les call-girls ça tu t'en souviens ! C'est vraiment désespérant. »
House m'adresse un mince sourire tout en guettant ma réaction. Je le fixe un instant avant de l'imiter et de reposer mon front contre lui.
« Les grandes effusions c'est vraiment pas ton truc hein ?
- Pas vraiment non.
- Ce qui compte c'est pas les mots, c'est les actes…»
House se fige et attrape mon menton du bout des doigts. Il me pousse à relever la tête avec douceur et je devine un sourire sur ses lèvres.
« Tu t'en souviens ?
- Je sais que tu m'as dit ça un jour mais je ne me rappelle pas du reste. »
Son regard change du tout au tout, il est heureux, simplement heureux. L'espoir renait: ses yeux pétillent et ses lèvres s'étirent timidement. Je me laisse à mon tour gagné par cette douce euphorie.
« Tu peux sourire pour de vrai tu sais ?
- La ferme Cuddy.»
Cet homme me fait décidément passer du rire aux larmes en un clin d'œil. Les conflits nous réussissent au fond: ils nous rapprochent, nous unissent. Rachel surgit soudainement sur la terrasse un doudou à la main et se précipite vers nous. Je la serre un long moment dans mes bras avant de me redresser. Il est temps de se reprendre.
«Alors on va la chercher cette télé ? »
TBC
